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Banque des politiques de l'AMC

Des politiques au service de la profession médicale et de la population canadienne


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Programme de crédits d'impôt pour personnes handicapées : Mémoire de l'AMC au Sous-comité de la condition des personnes handicapées (Chambre des communes)

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique1972
Dernière révision
2020-02-29
Date
2002-01-29
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Mémoires présentés au Parlement
Dernière révision
2020-02-29
Date
2002-01-29
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
L’Association médicale canadienne (AMC) est heureuse de pouvoir témoigner devant le Sous-comité de la condition des personnes handicapées afin de discuter de questions qui ont trait au crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH). Cette mesure fiscale, par laquelle le gouvernement fédéral reconnaît que les personnes atteintes d'un handicap grave peuvent avoir moins de revenus et plus de dépenses que les personnes non handicapées i, aide à tenir compte des coûts intangibles associés à une déficience grave et de longue durée. Elle tient compte aussi des dépenses reliées à l’incapacité qui ne figurent pas dans la liste des dépenses médicales déductibles ou qui sont exclues par le seuil de 3 % du crédit d’impôt pour frais médicaux. Les médecins sont une personne-ressource clé pour les personnes qui demandent le CIPH et, compte tenu de la structure du programme, jouent un rôle vital dans son administration. C’est pourquoi nous venons vous parler aujourd’hui de préoccupations précises qui ont trait au fonctionnement du programme. Nous souhaitons en outre discuter de la question plus générale que constitue l’élaboration d’une série cohérente de politiques fiscales à l’appui des politiques de santé et des politiques sociales. L’intégration de la politique fiscale aux politiques de santé et aux politiques sociales Par tout un éventail de moyens stratégiques comme la fiscalité, les dépenses, la réglementation et l’information, le gouvernement fédéral a joué un rôle clé dans l’évolution de notre système de santé et de nos programmes sociaux. Jusqu’à maintenant, toutefois, la discussion sur le rôle fédéral dans ce domaine a porté en grande partie sur les transferts fédéraux aux provinces et aux territoires, ainsi que sur la Loi canadienne sur la santé. Il ne faut cependant pas nous limiter à ces moyens traditionnels dans notre recherche de façons de renouveler le système de santé et les programmes sociaux du Canada. Notre système de santé actuel subit de nombreuses pressions qui mettront en danger sa viabilité. Ces pressions varient : population vieillissante et plus exigeante quant aux services de soins spécialisés et à la technologie qu’elle recherche; appel à l’expansion de la portée des soins médicaux pour y inclure les soins à domicile et l’assurance-médicament; pénurie de professionnels de la santé. Ce ne sont là que quelques-unes des raisons plus immédiates pour lesquelles il faut étudier d’autres moyens de financer les soins de santé et, par conséquent, de garantir la santé et le mieux-être de la population. Dans le document qu’elle a présenté au Comité permanent des finances ii dans le contexte des consultations prébudgétaires, l’AMC a recommandé que le gouvernement fédéral constitue un groupe de travail national d’experts chargé d’étudier l’élaboration de mécanismes fiscaux novateurs afin d’harmoniser la politique fiscale et les politiques de santé. Plus de 25 ans se sont écoulés depuis la dernière étude de ce genre, soit la Commission royale d’enquête de 1966 sur la fiscalité (Commission Carter). L’AMC lance de nouveau son appel pour la création d’un groupe de travail national chargé d’élaborer des moyens novateurs d’harmoniser la politique fiscale aux politiques de santé et aux politiques sociales. Une telle étude porterait sur tous les aspects du régime fiscal, y compris le régime d’impôt sur le revenu des particuliers, dont le CIPH fait partie. Dans le reste de notre mémoire, nous abordons des questions particulières au CIPH. Participation des médecins au programme du CIPH L’AMC s’est déjà exprimée au sujet du programme du CIPH. La relation de travail que nous avons avec l’Agence des douanes et du revenu du Canada (ADRC) au sujet du programme du CIPH repose sur des questions précises, limitées dans le temps et constructives. Le premier contact important que nous avons eu au sujet du programme du CIPH remonte à 1993, lorsque l’AMC a présenté à Revenu Canada une brève étude du programme et de la formule T2201. Il est intéressant de reprendre nos observations de 1993 au sujet de ce programme, parce que beaucoup d’entre elles valent toujours aujourd’hui. Voici quelques-unes des questions que l’AMC a soulevées en 1993 au moment de sa première étude du programme : * Il est possible que le programme de crédit d’impôt ne corresponde pas aux besoins des personnes handicapées, car il est trop aléatoire. Il faudrait soumettre le programme du CIPH à une évaluation intégrée afin de mesurer l’efficacité globale avec laquelle il répond aux besoins des personnes handicapées. * Le programme devait s’appeler «Programme de crédit d’impôt pour handicap lourd», ou l’équivalent, pour indiquer que ce ne sont pas toutes les personnes handicapées qui y ont droit. * Le programme place le médecin en conflit possible d’intérêts avec le patient — soit entre sa responsabilité de défenseur du patient et sa fonction de «gardien» pour le compte de Revenu Canada. Le rôle du médecin devrait être d’attester les demandes légitimes pour le compte des patients. * Revenu Canada devrait clarifier la multiplicité des programmes. Il existe de nombreux programmes fédéraux différents qui semblent tous avoir des processus et des formules différentes. Le chevauchement de ces efforts est une cause de difficulté pour les patients et les professionnels. * Il faut lancer une campagne majeure d’éducation des requérants éventuels, des conseillers fiscaux et des médecins. * Il faut entreprendre une évaluation convenable des éléments constituants du processus ayant trait au requérant et au médecin. L’AMC n’a pas de relation consultative normalisée avec l’ADRC au sujet de ce programme. La lettre que le ministre chargé de l’ADRC a envoyée récemment pour demander aux bénéficiaires actuels du CIPH de se qualifier de nouveau pour le crédit est un exemple de cette relation sporadique. L’AMC n’a été ni informée ni consultée à ce sujet. Si nous avions été informés, nous aurions mis en évidence ce qu’il en coûte en argent et en temps pour envoyer de 75 à 100 000 personnes voir leur médecin de famille pour renouveler leur attestation. Nous aurions aussi collaboré avec l’ADRC pour trouver d’autres moyens de mettre à jour les dossiers du CIPH. Nous ne pouvons malheureusement changer le passé, mais nous pouvons en tirer des leçons. Ce qui démontre clairement qu’il faut établir un dialogue ouvert et continu entre nos deux organisations. Mesure stratégique : L’AMC souhaite qu’on établisse un groupe consultatif de haut niveau chargé de surveiller et d’évaluer continuellement le fonctionnement du programme du CIPH afin d’assurer qu'il atteint son but et ses objectifs. Le groupe consultatif serait constitué au moins de hauts dirigeants du programme, de préférence au niveau de SMA, de représentants des groupes professionnels qualifiés pour remplir le certificat T2201, de diverses organisations de personnes handicapées et de groupes de représentation des patients. Nous voulons maintenant attirer l’attention du sous-comité sur trois aspects qui ont actuellement des retombées négatives sur la participation de la profession médicale au programme, soit l’intégrité du programme, sa normalisation (p. ex., uniformité terminologique et dépenses personnelles auxquelles font face les personnes handicapées) et la référence par des conseillers fiscaux à des professionnels de la santé. Intégrité du programme Ce qui préoccupe et irrite énormément les médecins qui collaborent au programme, c’est qu’il exerce une pression indue sur la relation patient–médecin. Cette tension peut aussi avoir un autre effet secondaire possible : une défaillance de l’intégrité du processus du programme du CIPH. Dans le contexte actuel du programme du CIPH, les médecins évaluent le patient, lui remettent cette évaluation et lui demandent ensuite de les payer. Cette façon de procéder cause des problème pour deux raisons. Tout d’abord, comme le patient reçoit la formule immédiatement après l’évaluation, il pourrait reprocher au médecin — et non aux arbitres du programme du CIPH — de lui avoir refusé le crédit d’impôt. Deuxièmement, les médecins ne se sentent pas à l’aise de demander à être payés lorsqu’ils savent que le requérant n’aura pas droit au crédit d’impôt. Pour assurer l’intégrité du programme du CIPH, les médecins doivent se sentir libres de tirer une conclusion indépendante de leur évaluation de l’état du patient. Compte tenu des pressions que le programme exerce sur la relation médecin-patient, les obligations légales et morales de fournir une évaluation objective de la condition du patient sont en conflit avec le premier principe du Code de déontologie des médecins qui stipule que l’on doit «tenir compte d’abord du mieux-être du patient». Il existe une solution à ce problème : c’est un modèle que le gouvernement utilise déjà, soit le Programme des prestations d’invalidité du Régime de pensions du Canada (RPC). Dans le contexte de ce programme, le médecin ne remet pas son évaluation au patient : il l’envoie plutôt directement au gouvernement et le programme même prend en charge ce qu’il en coûte pour faire remplir la formule d’admissibilité par un médecin. Ce système maintient l’intégrité de la relation patient–médecin et l’intégrité du programme. Mesure stratégique : L’AMC recommande que l’ADRC prenne les mesures nécessaires pour séparer le processus d’évaluation de celui de la décision. L’AMC recommande à cette fin que l’on suive le modèle du Programme de prestations d’invalidité du RPC. Justice et équité Le gouvernement fédéral a plusieurs programmes à l’intention des personnes handicapées. Certains portent sur la sécurité du revenu (p. ex., Prestations d’invalidité du Régime de pensions du Canada), d’autres ont trait à des questions d’emploi (p. ex., aide à l’employabilité des personnes handicapées) et d’autres encore portent sur des mesures fiscales (p. ex., crédit d’impôt pour personnes handicapées). Ces transferts gouvernementaux et avantages fiscaux aident à donner aux personnes handicapées les moyens de devenir des membres actifs de la société canadienne. Ces programmes ne sont toutefois pas uniformes par leur terminologie, leurs critères d’admissibilité, les protocoles de remboursement, les prestations, etc. L’AMC recommande d’appliquer les normes de justice et d’équité dans tous les programmes fédéraux de prestations d’invalidité, et en particulier à l’égard de deux aspects, soit la définition du concept de «l’incapacité» et les normes de rémunération des médecins. Nous abordons ces questions plus en détail ci dessous. 1) Définition du concept de l'«incapacité» Un des problèmes que pose l’évaluation de l’incapacité, c’est que le concept même est difficile à définir. Dans la plupart des définitions types, on définit le mot «incapacité» en termes très généraux et subjectifs. Une définition très utilisée provient de la Classification internationale des déficiences, incapacités et handicapes (CIDIH) de l’Organisation mondiale de la santé, qui définit l’incapacité comme «toute restriction (résultant d’une déficience) partielle ou totale de la capacité d’accomplir une activité d’une façon ou dans les limites considérées comme normales pour un être humain». Les formules de demande de CIPH et d’autres programmes de prestations d’invalidité n’utilisent pas de définitions normalisées du mot «invalidité». Outre la non-uniformité de la terminologie, les critères d’admission à ces programmes diffèrent parce qu’ils visent à répondre aux besoins différents des personnes handicapées. Pour être admissible au CIPH, une incapacité doit être «prolongée» (durer au moins 12 mois) et être «grave», c. à d. «(limiter) de façon marquée dans une activité courante de la vie quotidienne», ces activités étant définies. Même si les critères du RPC utilisent les mêmes mots «grave» et «prolongée», leur définition est différente (c. à d. «grave» signifie qui «empêche le requérant d’occuper régulièrement un emploi» et «prolongée» signifie un état qui doit «durer pendant une longue période ou s’il risque d’entraîner la mort»). D’autres programmes comme ceux des Affaires des anciens combattants ont des critères entièrement différents. Ce manque d’uniformité suscite la confusion chez les médecins, les patients et d’autres personnes (p. ex., les spécialistes en déclarations et les conseillers fiscaux) qui interviennent dans le processus de demande. Ce qui peut obliger les médecins à passer plus de temps qu’il n’en faut pour remplir la formule parce qu’ils doivent vérifier la terminologie. C’est pourquoi si la terminologie, les critères des programmes et l’information à leur sujet ne sont pas aussi clairs que possible, les médecins pourraient commettre des erreurs en remplissant les formules, ce qui pourrait alors désavantager par inadvertance des personnes qui ont en fait droit aux prestations. Mesures stratégiques : L’AMC souhaite qu’on uniformise les définitions des divers programmes gouvernementaux. Cela ne signifie pas qu’il faut uniformiser aussi les critères d’admissibilité. L’AMC souhaite en outre qu’on élabore, à l’intention des prestateurs de soins de santé, une trousse d’information complète décrivant chaque programme, ses critères d’admissibilité, l’éventail complet des prestations disponibles, et contenant des copies de formules et de l’information sur la rémunération des évaluations physiques et sur la façon de remplir des formules. 2) Rémunération La rémunération pour les évaluations et les formules remplies est un autre domaine où la normalisation entre les divers programmes gouvernementaux ferait disparaître les difficultés auxquelles font face actuellement des personnes handicapées. Les requérants qui présentent le certificat CIPH T2201 à leur médecin doivent payer eux-mêmes les coûts qui en découlent. Par ailleurs, si une personne présente une demande au Programme de prestations d’invalidité du RPC, le programme même prend en charge ce qu’il en coûte pour faire remplir la formule par un médecin. L’évaluation des incapacités d’un patient est complexe et tout professionnel de la santé doit y consacrer beaucoup de temps. Nos membres nous disent qu’il peut leur falloir autant de temps et d’effort pour remplir le certificat CIPH T2201 que pour fournir l’information nécessaire au Programme de prestations d’invalidité du RPC compte tenu, bien entendu, du patient et de la nature de l’incapacité. En dépit de tout cela, certains programmes reconnaissent le temps et les compétences spécialisées qu’il faut pour effectuer une évaluation comme il se doit, tandis que d’autres ne le feront pas. Même si les médecins peuvent demander aux requérants de les payer pour remplir la formule CIPH, ils hésitent à le faire parce que les personnes en question ont habituellement des moyens limités et, dans des cas très complexes, il peut en coûter jusqu’à 150 $ pour le temps d’un médecin qui remplit la formule CIPH T2201. Les médecins ne se sentent en outre pas à l’aise de demander qu’on les paye lorsqu’ils savent que le requérant n’aura pas droit au crédit d’impôt. L’harmonisation du financement entre tous les programmes représenterait un avantage important pour toutes les personnes handicapées, pour les professionnels qui remplissent les formules et pour les administrateurs des programmes. Mesure stratégique : Nous exhortons vivement le gouvernement fédéral à placer les programmes de crédit d’impôt pour personnes handicapées sur le même pied en ce qui concerne la rémunération du professionnel de la santé qui effectue l’examen. Références par des conseillers fiscaux Compte tenu de la complexité actuelle du régime de l’impôt sur le revenu, beaucoup de personnes consultent des conseillers fiscaux professionnels afin de s’assurer que les formules soient remplies comme il se doit et qu’elles reçoivent toutes les prestations auxquelles elles ont droit. Les conseillers fiscaux réfèrent très souvent leurs clients vers des professionnels de la santé pour que ceux ci les évaluent afin de déterminer si elles ont droit au CIPH. L’intention des conseillers fiscaux peut être louable, mais ils réfèrent souvent indûment des personnes à des professionnels de la santé. Ce qui non seulement fait perdre du temps précieux aux professionnels de la santé, dont il y a déjà pénurie, mais peut aussi susciter des attentes irréalistes chez le patient qui cherche à obtenir le crédit d’impôt. Le premier principe du Code de déontologie de l’AMC consiste à «tenir compte d’abord du mieux-être du patient». Un des rôles clés du médecin consiste à défendre et à appuyer le patient dans le contexte du système de santé. La formule de demande du CIPH fait du médecin un médiateur entre le patient et un tiers auquel le patient demande de l’aide financière. Ce rôle de «policier» peut exercer des pressions sur la relation médecin–patient – surtout si l’on refuse au patient un crédit d’impôt pour personne handicapée après qu’un arbitre tiers ait interprété la recommandation du médecin contenue dans le rapport médical. Les médecins et les autres professionnels de la santé doivent non seulement dire au patient qu’il n’a pas droit au crédit, mais aussi l’informer qu’il pourra être appelé à payer de sa poche le médecin qui a produit cette évaluation. Mesure stratégique : Une meilleure préparation des conseillers fiscaux serait avantageuse à la fois pour les patients et pour leurs prestateurs de soins de santé. L’AMC souhaite que l’ADRC produise, en collaboration avec les milieux des professionnels de la santé, un guide détaillé à l’intention des spécialistes en déclaration et de leurs clients, décrivant les critères d’admissibilité du programme et les étapes préliminaires à suivre pour entreprendre une évaluation personnelle d’invalidité. Un tel guide indiquerait s’il vaut la peine d’investir le temps, l’effort et les dépenses nécessaires pour obtenir une évaluation professionnelle d’un professionnel de la santé. Comme elle en a discuté au cours d’une réunion antérieure avec l’ADRC, l’AMC met de nouveau un représentant des médecins à la disposition des représentants du programme du CIPH pour les accompagner lorsqu’ils rencontrent les divers organismes de production de déclarations, avant chaque saison de l’impôt sur le revenu, afin de revoir le guide détaillé sur les critères d’admissibilité au programme et sur l’évaluation initiale et de souligner les répercussions d’une référence indue. Conclusion Le CIPH est une prestation valable pour les Canadiens handicapés. Une certaine normalisation s’impose toutefois entre les divers programmes afin d’assurer qu’ils soient efficaces et atteignent leur but premier. L’AMC souhaite donc présenter les suggestions suivantes : 1. L’AMC souhaite qu’on établisse un groupe consultatif de haut niveau chargé de surveiller et d’évaluer continuellement le fonctionnement du programme du CIPH afin d’assurer qu'il atteint son but et ses objectifs. Le groupe consultatif serait constitué au moins de hauts dirigeants du programme, de préférence au niveau de SMA, de représentants des groupes professionnels qualifiés pour remplir le certificat T2201, de diverses organisations de personnes handicapées et de groupes de représentation des patients. 2. L’AMC recommande que l’ADRC prenne les mesures nécessaires pour séparer le processus d’évaluation de celui de la décision. L’AMC recommande à cette fin que l’on suive le modèle du Programme de prestations d’invalidité du RPC. 3. Qu'on uniformise les définitions entre les divers programmes gouvernementaux. Cela ne signifie pas qu’il faut uniformiser aussi les critères d’admissibilité. 4. Qu’on élabore, à l’intention des prestateurs de soins de santé, une trousse d’information complète décrivant chaque programme, ses critères d’admissibilité, l’éventail complet des prestations disponibles, et contenant des copies de formules et de l’information sur la rémunération des évaluations physiques et sur la façon de remplir des formules. 5. Que le gouvernement fédéral place les programmes de crédit d’impôt pour personnes handicapées sur le même pied en ce qui concerne leur mode de financement et d'administration. 6. Que l’ADRC produise, en collaboration avec les milieux des professionnels de la santé, un guide détaillé à l’intention des spécialistes en déclaration et de leurs clients, décrivant les critères d’admissibilité du programme et les étapes préliminaires à suivre pour entreprendre une évaluation personnelle d’invalidité. 7. Que l'ADRC fasse appel à des prestateurs de soins de santé pour accompagner les représentants du programme de l'ADRC lorsqu’ils rencontrent les divers organismes de production de déclarations, afin de revoir le guide détaillé sur les critères d’admissibilité aux programmes et sur l’évaluation initiale et de souligner les répercussions d’une référence indue. Ces recommandations seraient certainement utiles pour toutes les personnes en cause – les patients, les prestateurs de soins de santé et les administrateurs des programmes, à court terme. Ce qui serait véritablement avantageux toutefois à long terme, ce serait une étude globale du régime fiscal dans l’optique des soins de santé. Cette étude produirait des retombées tangibles non seulement pour les personnes handicapées, mais aussi pour toute la population canadienne, et démontrerait aussi le leadership du gouvernement fédéral lorsqu’il s’agit de protéger la santé et le mieux-être de la population. i Santé Canada, The Role for the Tax System in Advancing the Health Agenda, Direction de la recherche appliquée et de l’analyse, Direction générale de l’analyse et de la connectivité, 21 septembre 2001. ii Association médicale canadienne, Pour garantir notre avenir… Établir l’équilibre entre les besoins actuels urgents et les grands défis de demain en matière de santé, Exposé présenté au Comité permanent des finances dans le contexte des consultations prébudgétaires, 1er novembre 2001.
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Vers un système de santé viable pour le nouveau millénaire : Mémoire présenté au Comité permanent des finances de la Chambre des communes dans le contexte des consultations prébudgétaires 2000

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique1977
Dernière révision
2018-03-03
Date
1999-09-10
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  2 documents  
Type de politique
Mémoires présentés au Parlement
Dernière révision
2018-03-03
Date
1999-09-10
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Au tournant du millénaire, il convient de revoir avec fierté le passé du Canada et de planifier l’avenir avec innovation et créativité. Le nouveau siècle nous présentera de nombreux défis lorsqu'il s'agira de répondre aux besoins des Canadiens en matière de santé. Nous devrons notamment tenir compte des nouveaux facteurs suivants : une population vieillissante, un savoir accru qui entraînera des progrès correspondants de la technologie et de la recherche, et la situation concurrentielle du Canada et à l’étranger. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] L’AMC reconnaît que nous vivons dans un monde de plus en plus interdépendant. Un monde où la mondialisation signifie que comme pays, nous devons regarder vers demain et au delà de nos frontières lorsqu’il s’agit de déterminer comment réaliser notre potentiel collectif. Alors que nous planifions l’avenir, il est crucial de reconnaître l’importance des programmes sociaux qui doivent demeurer une caractéristique essentielle de notre société. Notre système de santé est un de ces importants programmes, déterminants de la canadianité. L’AMC est d’avis qu’un système de santé viable, de qualité et disposant d’un financement suffisant doit être à l’avant-plan des priorités stratégiques du gouvernement fédéral. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] La précipitation avec laquelle on a cherché à réduire les coûts des soins de santé depuis quelques années a déstabilisé et démoralisé le système de santé. L’accès réduit à des services critiques et le manque de ressources humaines ne représentent que quelques-unes des retombées de ces compressions. Il ne sera pas facile de redonner aux Canadiens confiance dans leur système de santé. L’AMC a pris note du premier pas important que le gouvernement fédéral a franchi dans son budget de 1999. En réinvestissant 11,5 milliards de dollars dans la santé, il a fait passer un message important aux Canadiens. Toutefois, lorsque le financement sera rétabli au complet en 2003 2004, le système de santé ne sera toutefois revenu qu’à son niveau nominal de 1995, sept ans après coup - sans qu’on l’ait rajusté en fonction des besoins croissants des Canadiens, , de l’inflation ou de la croissance économique. Les initiatives que le gouvernement fédéral a prises récemment pour augmenter le financement consacré à la recherche sur la santé sont encourageantes. Il en découlera des avantages directs pour la santé des Canadiens, pour le système de santé, pour la promotion du développement des soins de santé comme industrie et pour assurer que nos cerveaux les meilleurs et les plus brillants des domaines des sciences médicales et de la recherche sur la santé soient formés au Canada et y demeurent. Mais il faut faire davantage pour garantir l’innovation et la compétitivité. Nous souhaitons reprendre les propos du premier ministre lorsqu’il disait que nous pensons que l’assurance-maladie est le meilleur exemple du fait qu’une bonne politique sociale peut aussi être une bonne politique économique. Car non seulement l’assurance-maladie reflète le souhait des Canadiens de faire preuve de compassion envers leurs concitoyens, mais en plus elle constitue l’un de nos plus importants avantages concurrentiels. Un système de santé disposant d’un financement suffisant garantira une population active et en bonne santé qui contribuera à la productivité nationale. En cherchant à mettre le système de santé sur les rails de la viabilité à long terme, l’AMC est déterminée à collaborer de près avec le gouvernement fédéral et d’autres intervenants pour définir, élaborer et mettre en œuvre des stratégies visant à renforcer l’accès des Canadiens à des soins de santé de qualité. L’AMC souhaite contribuer à la recherche de solutions et collaborer avec le gouvernement fédéral et d’autres intervenants pour édifier un système de santé viable, flexible et qui répond aux besoins de tous les Canadiens. C’est dans cet esprit de collaboration que l’AMC présente les recommandations suivantes : 1. Que le gouvernement fédéral accorde au système de santé financé par le secteur public du Canada un financement viable à long terme afin d'assurer des soins de santé de qualité pour tous les Canadiens. 2. Que le gouvernement fédéral réserve à la santé une partie des transferts fédéraux en argent versés aux provinces et aux territoires afin de promouvoir une imputabilité publique, une transparence et une visibilité plus grandes. 3. Que le gouvernement fédéral augmente d’au moins 1,5 milliard de dollars de plus, à compter du 1er avril 2000, l’argent fédéral consacré aux soins de santé. 4. Qu’à compter du 1er avril 2001, le gouvernement fédéral indexe entièrement le droit total en argent affecté aux soins de santé en se fondant sur une combinaison de facteurs qui tiendraient compte de l’évolution des besoins des Canadiens en fonction de la croissance et du vieillissement de la population, de l’épidémiologie, du savoir actuel et des technologies nouvelles, ainsi que sur de la croissance de l’économie. 5. Que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux adoptent le principe directeur de l’autosuffisance nationale dans la production et le maintien des effectifs médicaux afin de répondre aux besoins médicaux de la population, des soins de premier recours jusqu’aux soins médicaux très spécialisés, ainsi qu’au besoin d’une masse critique pour l’enseignement et la recherche. 6. Que le gouvernement fédéral établisse et finance un bassin national de postes de réintégration en éducation médicale postdoctorale. 7. Que le gouvernement fédéral établisse un Centre national de recherche sur les effectifs du secteur de la santé. 8. Que le gouvernement fédéral améliore le système d’aide financière aux étudiants en médecine, comme le Programme canadien de prêts aux étudiants, avant toute autre augmentation des frais de scolarité et qu’il veille à ce que ces systèmes d’appui soient fixés à des niveaux qui répondent aux besoins financiers des étudiants. 9. Que les services de santé financés par les provinces et les territoires soient détaxés. 10. Que le gouvernement fédéral établisse un Fonds national pour les technologies de santé, afin d'améliorer, partout au pays, l'accès aux technologies de santé nécessaires. 11. Que le gouvernement fédéral continue d'accroître les sommes qu'il accorde à la recherche sur la santé pour assurer à ce secteur un financement viable et de longue durée. 12. Que le gouvernement fédéral affecte un financement stable à une stratégie anti-tabac intégrée qui devrait assurer que les fonds sont investis dans des projets et des programmes anti-tabac fondés sur des données probantes, ce qui inclurait des programmes de prévention du tabagisme, d’abandon du tabac et de protection du public contre les effets nocifs du tabac. 13. Que le gouvernement fédéral appuie l’affectation de recettes fiscales tirées des produits du tabac à l’élaboration et à la mise en œuvre de programmes anti-tabac. 14. Que le gouvernement fédéral accorde une grande priorité au financement de programmes de prévention du tabagisme et d’abandon du tabac fondés sur des données probantes qui s’adresseraient aux jeunes Canadiens. 15. Que le gouvernement fédéral applique une politique intégrée complète de taxes sur les produits du tabac a) pour augmenter graduellement et sélectivement la taxe sur les produits du tabac afin (1) de réduire la consommation de produits du tabac, (2) de minimiser la contrebande interprovinciale-interterritoriale des produits du tabac et (3) de minimiser la contrebande internationale des produits du tabac; b) pour appliquer la taxe à l’exportation sur les produits du tabac et supprimer l’exemption disponible sur les expéditions de produits du tabac conformément au niveau historique de chaque fabricant; c) pour amorcer des pourparlers avec le gouvernement fédéral des États-Unis afin d’étudier les options relatives à la politique sur la fiscalité des produits du tabac et à une hausse des prix des produits du tabac canadiens pour les rapprocher de ceux que pratiquent les États frontaliers américains afin de minimiser la contrebande internationale. 16. Que le plafond des cotisations aux REER, fixé à 13 500 $, passe à 15 500 $ pour l’année 2000 2001. 17. Que le gouvernement fédéral étudie des moyens de hausser à l’avenir les plafonds des cotisations aux REER étant donné que la parité des pensions a pris du retard depuis 1988. 18. Que le plafond de 20 % sur les investissements en avoirs étrangers dans le cas des régimes à revenu différé comme les régimes enregistrés-d’épargne-retraite et les fonds enregistrés de revenu de retraite augmente de 2 % par année de manière à atteindre 30 % en cinq ans, à compter de l’an 2000. 19. Que le gouvernement fédéral étudie les changements réglementaires nécessaires pour faciliter l’accès aux fonds des REER afin qu’on puisse les investir dans des petites et moyennes entreprises. 20. Que le gouvernement fédéral prenne les mesures nécessaires pour protéger les REER et les FERR contre les créanciers. I. INTRODUCTION L’Association médicale canadienne (AMC) félicite le gouvernement fédéral de maintenir les consultations prébudgétaires au cours de son deuxième mandat. Ce mécanisme visible et transparent encourage le dialogue public dans le contexte de l’étude et de l’élaboration des politiques financières, économiques et sociales du Canada. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] Dans le cadre des consultations prébudgétaires 2000, l’AMC est heureuse de pouvoir faire part de sa position au Comité permanent des finances de la Chambre des communes et souhaite avoir l'occasion de rencontrer le Comité par la suite pour discuter plus en détail de ses recommandations et de leur justification. II. CONTEXTE STRATÉGIQUE Depuis quelques années, on accorde beaucoup d’attention au fait que le Canada vit dans un monde de plus en plus interdépendant. La mondialisation signifie que comme pays, nous devons regarder vers demain, vers l’extérieur et vers autrui lorsqu’il faut déterminer comment réaliser notre potentiel collectif. Le paysage politique et économique continuera à changer, mais il importe de reconnaître qu’il y a d’importants programmes sociaux qui doivent demeurer des caractéristiques essentielles de notre société. Notre système de santé est un de ces programmes sociaux - c'est aussi une caractéristique importante qui définit notre canadianité. L’AMC est d’avis que lorsqu’il est question de maintenir et d’améliorer la santé des Canadiens, un système de santé viable et disposant d’un financement suffisant doit être à l’avant-plan des priorités stratégiques du gouvernement fédéral. En 2002, on estime qu’il y aura 2,3 millions de Canadiens de plus et que le nombre des plus de 65 ans aura grossi de 444 000. C’est pourquoi le système de santé du Canada continuera d’avoir d’importants défis à relever à court terme. Partout au Canada, les gouvernements se sont précipités, au cours des dernières années, pour réduire les coûts des soins de santé le plus rapidement possible. Cette précipitation a déstabilisé et démoralisé le système de santé. La réduction de l’accès à des services de santé critiques et l’insuffisance des ressources humaines représentent une partie seulement des retombées. Le réinvestissement fédéral initial aidera à alléger une partie des pressions, mais il ne représentera pas beaucoup plus qu’une solution à court terme étant donné que les attentes et les exigences imposées au système continueront de s’alourdir. Il ne sera pas facile de redonner aux Canadiens confiance dans le système de santé. Entendre parler de salles d’urgence surpeuplées, de pénuries de médecins et d’infirmières et de patients que l’on envoie traiter aux États-Unis afin de réduire les périodes d’attente n’aidera pas à leur redonner cette confiance. L’AMC reconnaît sans réserve l’importance du premier pas qu’a fait le gouvernement fédéral. Il reste toutefois encore des questions fondamentales à régler sur les mesures futures à prendre, à court, moyen et long terme, pour soutenir le système de santé que nous chérissons et assurer que tous les Canadiens y auront facilement accès quand les membres de leur famille ou eux-mêmes en auront besoin. Compte tenu de cette première étape, l’AMC est d’avis qu’il faut concentrer maintenant notre attention sur la vision et le cadre stratégique d'ensemble que le gouvernement fédéral doit établir afin d’assurer un financement durable au système de santé. En cherchant à placer le système de santé sur les rails de la viabilité à long terme, l’AMC est déterminée à collaborer de près avec le gouvernement fédéral pour définir, élaborer et mettre en œuvre des initiatives stratégiques qui serviront à renforcer l’accès aux soins de santé de qualité pour les Canadiens. III. VERS UN SYSTÈME DE SANTÉ VIABLE Dans son budget de 1999, le gouvernement fédéral a franchi un premier pas important vers la stabilisation du système de santé du Canada en annonçant un cadre budgétaire de cinq ans, en vigueur le 1er avril 1999, qui a réinvesti dans le système de santé un total cumulatif de 11,5 milliards de dollars. Ce premier pas est important, mais il faut le placer en contexte. Les 11,5 milliards de dollars représentent un total cumulatif sur cinq années consécutives. D’une année sur l’autre, ce total signifie que l’argent fédéral consacré aux soins de santé doit augmenter de 2,0 milliards de dollars en 1999 2000, demeurer au même niveau en 2000 2001 et augmenter ensuite de 500 millions de dollars (pour passer à 2,5 milliards) en 2001 2002 et demeurer ensuite stable à ce palier en 2002 2003 et 2003 2004. C’est seulement au cours de la quatrième année que le plancher en argent du TCSPS augmente de 2,5 milliards de dollars au total1. En réinjectant 2,5 milliards de dollars dans le plancher en argent du Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux (TCSPS) en 2002 2003, soit au cours de la quatrième année de son calendrier de cinq ans, le gouvernement ne fera que ramener le système de santé au niveau des dépenses théoriques de 1995 sept ans après coup - sans y apporter de rajustement pour tenir compte de l’augmentation des besoins des Canadiens dans le domaine de la santé, de l’inflation ou de la croissance de l’économie 2. [LE CONTENU DE LA FIGURE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA FIGURE] En dollars courants, on estime que le gouvernement fédéral affecte aux soins de santé environ 41 % de l’argent du TCSPS. Si l’on se fonde sur un plancher en argent de 12,5 milliards de dollars, cela représente 5,13 milliards. L’AMC reconnaît que le gouvernement fédéral a augmenté le transfert en argent d’au moins 2,0 milliards de dollars en 1999 2000 pour le porter à 7,13 milliards. Là encore, il faut toutefois placer ce chiffre dans son contexte : 7,13 milliards de dollars ne représentent que 9 cents sur chaque dollar consacré aux soins de santé au Canada. Une autre façon d’exprimer les 11,5 milliards de dollars consiste à rajuster le chiffre en fonction du nombre de Canadiens (c. à d. par habitant - voir figure 1) 3. Le scénario 1 illustre le montant d’argent fédéral nominal par habitant au titre du TCSPS consacré aux soins de santé avant le budget de 1999 et les projections jusqu’en 2003 2004. Sans le cadre budgétaire de cinq ans annoncé par le gouvernement, l’argent fédéral consacré au TCSPS (ce qu’on appelait auparavant le financement des programmes établis et le Régime d’assistance publique du Canada) serait passé de 247 $ par habitant en 1990 1991 à 163 $ par habitant en 2003 2004 - ce qui représente une diminution de 34 %. Corrigé de l’inflation, l’argent fédéral du TCSPS consacré aux soins de santé serait tombé de 247 $ à 131 $ par Canadien - ce qui représente un recul de 47 %. Avec l’annonce des 11,5 milliards de dollars en 1999 (scénario 2), le total nominal de l’argent du TCSPS consacré aux soins de santé passe de 168 $ à 233 $ par habitant en 1999 2000, ce qui est toutefois loin des 258 $ par habitant de 1995 1996. Si l’on estime la population du Canada à 30,6 millions de personnes, l’écart défavorable du TCSPS s’établit à environ 765 millions de dollars (c. à d. 258 $ moins 233 $ x 30,6 millions). Si l’on tient compte du fait que l’inflation depuis 1995 a grugé la valeur de l’argent fédéral du TCSPS en 1999, on calcule que le chiffre se rapproche bien plus de 1,5 que de 1,0 milliard de dollars. L’argent fédéral du TCSPS n’est en outre pas indexé en fonction de l’inflation, de l’augmentation et du vieillissement de la population, des tendances épidémiologiques ou de la diffusion de technologies nouvelles. Il s’agit là d’un écart par rapport à la formule antérieure du financement des programmes établis (FPE) et du TCSPS comportant un dispositif d’indexation (c. à d. une moyenne mobile de trois ans du produit intérieur brut nominal) qui permettait d’augmenter la valeur du transfert en argent 4. En résumé, le contexte des 11,5 milliards de dollars est important, car il souligne l’importance du premier pas franchi par le gouvernement fédéral pour étayer le financement des soins de santé au Canada. L’enjeu critique consiste toutefois maintenant à déterminer les mesures immédiates et successives que le gouvernement prendra pour asseoir le financement de notre système de santé sur des rails à plus long terme et durables. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] L’AMC n’est pas la seule à penser qu’il faut rétablir complètement le transfert en argent du TCSPS. Le communiqué publié par les premiers ministres à la suite de la 40e Conférence annuelle des premiers ministres tenue récemment à Québec était clair quant à l’interprétation de la viabilité. Pendant que nous nous demandons comment garantir que le système de santé sera là pour tous les Canadiens à court, à moyen et à long termes, nous savons que notre population augmente et vieillit. On prévoit que le nombre des plus de 65 ans passera d’un peu plus d’un sur dix (12,2 %) en 1996 à un sur cinq (21,7 %) en 2031 5. La croissance de la population et son vieillissement exerceront des pressions supplémentaires sur les dépenses de santé. Les dépenses estimatives con-sacrées à la santé par habitant selon l’âge en 1994 (voir Tableau 1) montrent que les dépenses par habitant consacrées aux 65 ans et plus s’établissaient à 8068 $, comparativement à 2478 $ pour l’ensemble de la population, ce qui donne un ratio de plus de trois sur un 6. Il est intéressant de signaler que même si les 65 ans et plus représentaient moins de 12 % de la population en 1994, on estime qu’ils ont englouti presque 40 % du total des dépenses consacrées à la santé. Se fondant sur les dépenses par habitant consacrées à la santé selon l’âge, le vérificateur général du Canada a établi des projections selon lesquelles les dépenses consacrées à la santé par le gouvernement pourraient atteindre 12 % du PIB 7. Il s’agit d’une augmentation estimative importante étant donné qu’en 1998, le total des dépenses consacrées à la santé, qui inclut à la fois les dépenses du secteur public et celles du secteur privé, représentait environ 9 % du PIB. [LE CONTENU DU TABLEAU NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] TABLEAU 1 DÉPENSES CONSACRÉES À LA SANTÉ PAR HABITANT SELON LE GROUPE D’ÂGE, 1994 Groupe d’âge Dépenses par habitant 0 à 14 ans 1156 $ 15 à 44 ans 1663 $ 45 à 64 ans 2432 $ 65 ans et plus 8068 $ Source : Dépenses nationales de santé, ICIS, 1996. [FIN DU TABLEAU] Même si l’on peut soutenir qu’il s’agit d’estimations seulement, l’étude de l’OCDE sur la population montre que ces chiffres ne sont pas du tout atypiques par rapport à l’expérience internationale 8. Ces renseignements à eux seuls poseront au système de santé de nombreux défis lorsque viendra le temps de répondre aux besoins futurs de la population. Compte tenu des pressions qui s’exercent actuellement sur le système de santé et de celles qui sont imminentes, il incombe au gouvernement fédéral - le protecteur de l’assurance-maladie - de réfléchir à des moyens qui nous permettront, en tant que société, de maintenir notre système de santé longtemps après le début du nouveau millénaire. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] L’AMC recommande donc : 1. Que le gouvernement fédéral accorde au système de santé financé par le secteur public du Canada un financement viable à long terme afin d'assurer des soins de santé de qualité pour tous les Canadiens. 2. Que le gouvernement fédéral réserve à la santé une partie des transferts fédéraux en argent versés aux provinces et aux territoires afin de promouvoir une imputabilité publique, une transparence et une visibilité plus grandes. 3. Que le gouvernement fédéral augmente d’au moins 1,5 milliard de dollars de plus, à compter du 1er avril 2000, l’argent fédéral consacré aux soins de santé. 4. Qu’à compter du 1er avril 2001, le gouvernement fédéral indexe entièrement le droit total en argent affecté aux soins de santé en se fondant sur une combinaison de facteurs qui tiendraient compte de l’évolution des besoins des Canadiens en fonction de la croissance et du vieillissement de la population, de l’épidémiologie, du savoir actuel et des technologies nouvelles, ainsi que sur de la croissance de l’économie. La recommandation 1 repose sur un principe. Elle veut indiquer qu’il importe de cesser de se contenter de gérer les crises du système de santé du Canada. Même si l’équilibre entre la capacité de payer et la viabilité du système devrait être au premier plan de notre réflexion, il ne faut pas refuser aux Canadiens un accès raisonnable à des soins de santé de qualité. Cette recommandation reconnaît aussi que même si le gouvernement fédéral a un rôle essentiel à jouer, il ne peut tout faire seul. Il doit collaborer de près avec les provinces et les territoires. Conformément à l’appel lancé par le ministre de la Santé qui souhaite que notre système de santé soit plus transparent et imputable, la recommandation 2 préconise que le gouvernement fédéral soit soumis au même critère de mesure lorsqu’il s’agit de financer le système de santé du Canada. Cette recommandation est aussi conforme à l’accord sur l’union sociale qui préconise une plus grande imputabilité publique à tous les paliers de gouvernement. Même si l’affectation accordée l’année dernière aux soins de santé au titre du TCSPS fait passer un message important, il faut nous demander comment restructurer le TCSPS de façon à promouvoir une plus grande transparence et à resserrer les liens entre les sources du financement fédéral consacré aux soins de santé et l’utilisation que doivent faire de ces fonds les provinces et les territoires. Cette question est particulièrement importante étant donné qu’il faut mieux comprendre le lien entre les dépenses définies consacrées à la santé et les résultats sur la santé. On pourrait en fait soutenir que le budget fédéral de l’année dernière a relancé implicitement le concept qui consiste à réserver de l’argent du TCSPS aux soins de santé. À un moment où l’on exige davantage d’imputabilité, le mécanisme du TCSPS semble archaïque, car il comporte un transfert en argent indivis qui ne reconnaît pas explicitement la contribution fédérale à la santé dans un monde issu de l’accord sur l’union sociale. L’année dernière, l’AMC a recommandé au gouvernement fédéral de réinvestir dans le système de santé 3,5 milliards de dollars au total à compter du 1er avril 1999 afin surtout de stabiliser le système de santé et d’appuyer la transition vers l'expansion du continuum des soins. L’AMC a recommandé de créer notamment, avec les 3,5 milliards de dollars, un Fonds de renouvellement du système de santé axé sur quatre domaines discrétionnaires des besoins : (1) une infrastructure des soins actifs; (2) une infrastructure des soins communautaires; (3) le soutien des Canadiens à risque; (4) une technologie d’information sur la santé. Comme le gouvernement a réinvesti 2,0 milliards de dollars en 1999 2000, l’AMC recommande que le gouvernement fédéral consacre immédiatement 1,5 milliard de dollars de plus aux soins de santé afin de faciliter la stabilisation continue du système et de favoriser l’évolution vers un continuum de soins plus étendu. Ces ressources supplémentaires et nécessaires seraient bien accueillies et aideraient à relever les défis stratégiques liés aux besoins en ressources humaines du secteur de la santé - et en particulier ceux qui ont trait au besoin d’un bassin suffisant et stable de médecins et d’infirmières : c’est la pierre angulaire sur laquelle repose notre système de santé. De plus, ces ressources aideraient à créer l’infrastructure immobilisée nécessaire pour appuyer la transition à partir du modèle des soins institutionnels vers celui des soins communautaires dans le contexte d’un cadre plus intégré. Même si l’on s’attendrait à ce que tout nouveau programme partagé annoncé par les gouvernements fédéral et provinciaux ou territoriaux (p. ex., soins à domicile ou assurance-médicaments) soit assorti d’un financement plus précis et important, il faut s’assurer maintenant, pendant que le système est en état de mouvance, que personne ne tombe à travers les mailles du filet. Ce financement de transition aidera à stabiliser le système et servira aussi à assurer qu’à mesure qu’il évoluera vers un continuum de soins étendu, le système demeurera accessible et que l’interruption du service sera minime pour les Canadiens. Si l’on se fonde sur des estimations récentes de l’excédent budgétaire du gouvernement en 1999 (qui serait de 4,8 milliards de dollars au cours des trois premiers mois de l’exercice) et par la suite 9 , il semblerait que le gouvernement a l’occasion de tenir sa promesse de faire des soins de santé une priorité clé pour toute intervention future. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] La recommandation 4 porte sur le besoin d’une indexation complète pour assurer que la contribution en argent du gouvernement fédéral continuera d’augmenter afin de répondre aux besoins futurs des Canadiens dans le domaine de la santé. La formule d’indexation reconnaît que les besoins dans le domaine des soins de santé ne sont pas toujours synchronisés avec la croissance de l’économie. En fait, en période de difficultés économiques (p. ex., chômage, stress, et de mésentente familiale), le fardeau imposé au système de santé s’alourdit. Si l’on ne fait rien, le temps continuera de gruger la valeur actuelle de l’argent fédéral à cause des demandes croissantes provenant d’une population qui vieillit et augmente, sans oublier l’inflation. Ensemble, ces recommandations portent non seulement sur les principes fondamentaux de la nécessité d’avoir un système de soins de santé viable, mais aussi sur le fait que le gouvernement fédéral doit continuer à prendre les mesures concrètes de leadership qui s’imposent afin d’assurer qu’un financement suffisant et à long terme soit disponible pour répondre aux besoins de tous les Canadiens dans le domaine de la santé. Les recommandations sont stratégiques et ciblées et servent à renforcer l’assise fondamentale de notre système de santé. Si l’on veut que le système de soins de santé du Canada non seulement survive mais aussi prenne de la vigueur au cours du nouveau millénaire, il faut réfléchir sérieusement à tout un éventail de solutions possibles qui placent notre système, et le rôle que le gouvernement fédéral y joue, sur des rails financiers plus sûrs et durables. L’AMC est disposée à continuer de collaborer avec le gouvernement et d’autres intervenants pour mettre au point des solutions novatrices et viables aux défis que doit relever le système de santé. IV. SOINS DE SANTÉ VIABLES ET PRODUCTIVITÉ Dans le rapport qu’il a déposé l’année dernière à la Chambre des communes, le Comité permanent des finances a proposé de passer un pacte de productivité. Le pacte «devrait assujettir toutes les mesures existantes de l’administration publique (dépenses, impôt et réglementation) à une évaluation qui en mesurerait les effets attendus sur la productivité et, par conséquent, sur le niveau de vie des Canadiens. En outre, il faudrait que toute nouvelle initiative budgétaire soit jugée en fonction de ce nouveau point de repère 10. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] Dans le contexte du réinvestissement dans les soins de santé, le pacte proposé par le comité permanent demande qu’on présente un «argumentaire». L’AMC est d’avis qu’il existe un lien important entre un système de santé public viable et bien financé, d’une part, et la productivité de l’économie, de l’autre. Tout comme on considère en général que des assises économiques solides sont essentielles si l’on veut que le Canada ait un avenir prospère, il faudrait aussi considérer que des ressources stables, suffisantes et, au besoin,plus importantes consacrées au financement de la santé et des soins de santé constituent un investissement dans le mieux-être futur de la population canadienne et, par conséquent, dans la compétitivité de notre économie. Dans ce contexte, ces «investissements» renforcent la capacité des Canadiens de mener une vie enrichissante et productive. Sur le plan structurel, des études ont reconnu qu’un système de santé viable et disposant d’un financement suffisant contribue considérablement au rendement de l’économie du Canada 11. Les études indiquent que la façon dont le Canada finance en grande partie son système de santé, soit au moyen des impôts généraux, est plus efficiente que celle des États-Unis, qui financent leur système surtout au moyen de programmes d’employeurs. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] Comparativement aux États-Unis, le Canada finance son système de santé de façon plus équitable en étalant le risque financier sur tous les contribuables. En outre, la mobilité professionnelle et la transférabilité des services de santé ne sont pas remises en question dans le système canadien. Toutefois, le sous-financement fédéral récent des soins de santé a contribué énormément à réduire l'accès aux soins pour les travailleurs blessés ou malades, ce qui a retardé leur retour au travail et, par conséquent, a réduit à productivité et accru les coûts pour les entreprises et pour la société 12. On peut considérer qu’un système de santé viable et bien financé joue un rôle important dans la décision des entreprises de venir s’installer au Canada 13. Dans ce contexte, les Canadiens peuvent en tirer certains avantages individuels et collectifs. Le système peut, par exemple : * attirer des investissements commerciaux à moyen et à long termes; * entraîner l’aménagement de nouvelles infrastructures (p. ex., installations, matériel); * favoriser la création de nouveaux emplois (à valeur ajoutée) de longue durée; * produire des revenus réels et croissants; * accroître l’activité et la consommation économiques de l’individu et de la société, la richesse et les capitaux à investir; * réduire la dépendance globale à l’égard des programmes sociaux financés par le secteur public (p. ex., assurance-emploi, programmes de soutien du revenu); * contribuer à élargir l’assise fiscale et à la rendre viable. Un système de santé public efficient et doté d’un financement suffisant et une croissance économique soutenue mettent en évidence les liens importants qui existent entre la qualité de vie des Canadiens et la productivité. Comme les décisions stratégiques ont une incidence sur l’économie, il ne faudrait pas nécessairement considérer la santé et les soins de santé dans l’isolement. En fait, une bonne politique économique et une bonne politique de santé et de soins de santé devraient, dans la mesure du possible, se renforcer mutuellement, ou du moins être mieux synchronisées. Sur un marché de plus en plus mondialisé, interdépendant et concurrentiel, les entreprises ne cherchent pas à augmenter leurs coûts. Dans le domaine des soins de santé, elles ne cherchent pas à prendre en charge les cas très risqués et très coûteux dont le secteur public s’occupe actuellement. Elles sembleraient préférer un système de santé viable et bien financé qui répond aux besoins des Canadiens dans le domaine de la santé et des soins de santé 14. Un système de santé viable et financé par le secteur public donne en outre aux Canadiens une mobilité complète (c. à d. transférabilité) lorsqu’ils veulent profiter de possibilités d’emploi, ce qui améliore en retour la productivité. Une bonne politique économique et une bonne politique de santé sont des priorités compatibles pour la société canadienne. Il n’est pas nécessaire d’en sacrifier une pour réaliser l’autre et il ne faudrait pas considérer non plus qu’elles se font concurrence. L’accès à des services de santé et de soins de santé de qualité est un facteur important qui contribue à la capacité du Canada de demeurer concurrentiel dans un contexte économique mondial de plus en plus complexe. Tous les paliers de gouvernement doivent veiller à ce que le système de santé demeure sur une assise financière viable à long terme dans la mesure où il continue d’être avantageux pour les Canadiens, individuellement et collectivement, et de maximiser notre qualité de vie et notre capacité productive. V. ENJEUX LIÉS AUX EFFECTIFS MÉDICAUX Le Canada commence à connaître une pénurie de médecins qui s’aggravera considérablement au cours des premières décennies du prochain siècle. Une des principales causes de la pénurie émergente de médecins a été l'attitude presque uniforme adoptée par les gouvernements dans les efforts qu’ils ont déployés pour contenir les coûts des soins de santé au cours des années 1990. Une stratégie clé que les gouvernements ont mise en œuvre pour réduire la montée des coûts dans le secteur de la santé a consisté à réduire l’offre des médecins. Dans un accord en 12 points sur la gestion des effectifs médicaux qu’ils ont conclu à Banff (Alberta) en 1992, les ministres de la Santé ont recommandé notamment de réduire de 10 % l’effectif scolaire prémédical des facultés de médecine. La recommandation a été mise en œuvre à l’automne de 1993 et l’on a recommandé une réduction semblable du nombre de places de formation postdoctorale. La mise en œuvre, en 1992, de l’obligation de suivre une formation préalable d’au moins deux ans pour obtenir le permis d’exercice a en outre fait disparaître la majeure partie de la flexibilité qui existait auparavant dans le nombre de places de formation postdoctorale. Les médecins actifs ne pouvaient plus, par exemple, réintégrer la formation. Ces possibilités de réintégration assuraient que les jeunes diplômés (en médecine générale et familiale) qui avaient choisi des remplacements ou des affectations en milieu rural pouvaient ensuite revenir dans le système pour améliorer leurs compétences spécialisées ou suivre une formation dans une spécialité. Les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de la Santé ont toutefois oublié que la production des facultés de médecine du Canada a atteint son point culminant au milieu des années 1980. Entre 1986 et 1989, l’offre a augmenté en moyenne de 1900 médecins par année. Cette croissance a diminué de moitié entre 1989 et 1993 pour tomber en moyenne à 960 médecins par année. Après 1993, l’offre totale de médecins a reculé pendant trois années consécutives. La période de fléchissement de la croissance s’est produite bien avant que les réductions imposées en 1993 aient eu la chance de se répercuter dans les systèmes d’éducation de premier cycle et de formation postdoctorale. Le fléchissement de l’offre est attribuable en partie au nombre plus faible de diplômés de facultés de médecine canadiennes, mais aussi en grande partie à l’attrition accrue des effectifs médicaux. Le nombre croissant de médecins qui prennent leur retraite joue aussi. Le nombre annuel des médecins qui partent à la retraite a augmenté de 40 % entre la période 1985 à 1989 et celle de 1990 à 1995. Même si l’offre totale de médecins s’est redressée en 1997 (285) et en 1998 (960), il est peu probable que la tendance se maintienne parce que la production du système d’éducation est plus faible et l’attrition, plus élevée. La disparition de la plupart de ces postes a été malheureuse parce que la réintégration peut assouplir le système et permettre d’adapter plus rapidement les effectifs médicaux de façon à répondre aux besoins du public dans le domaine de la santé. Nous avons joint au mémoire, à titre d'information pour le Comité, un document de l’AMC qui porte sur un projet de principes d’un système de réintégration dans l’éducation médicale postdoctorale au Canada. Selon la projection établie par l’AMC au moyen du Guide d’évaluation des effectifs médicaux, si les tendances actuelles de l’inscription et de l’attrition se maintiennent, le Canada connaîtra certainement une pénurie de médecins au cours des premières décennies du prochain siècle, surtout après 2011, lorsque les médecins de la cohorte du baby-boom commenceront à partir à la retraite. D’autres preuves démontrent que le Canada connaît une pénurie de médecins. On peut d’abord prouver que les médecins travaillent plus fort que jamais. Les données tirées du Questionnaire de l’AMC sur les effectifs médicaux montrent que les médecins, qui travaillaient en moyenne 46,9 heures par semaine (sans compter les périodes de garde) en 1993 en travaillent 54,1 en 1999 : c’est une augmentation de 15,4 %. Deuxièmement, les données démographiques indiquent qu’il est de plus en plus difficile d’avoir accès aux services médicaux. Des sondages de suivi réalisés par le groupe Angus Reid pour le compte de l’AMC montrent qu’en 1998, environ 60 % de la population étaient d'avis que l’accès aux services de spécialistes s’était détérioré depuis trois ans - contre 41 % en 1996. De même, en 1998, 27 % des Canadiens ont signalé qu’il était plus difficile d’avoir accès aux services d’un médecin de famille - soit presque deux fois le total de 14 % indiqué en 1996 15. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] Dans un sondage réalisé en août 1999, le groupe Angus Reid a demandé aux Canadiens d’évaluer la disponibilité des médecins dans leur propre communauté. À peine plus de la moitié des Canadiens (52 %) sont d’avis que le nombre des médecins disponibles pour répondre aux besoins de leur communauté est suffisant. Ils s’attendent en outre à ce que la situation se détériore au cours des cinq prochaines années. Moins du tiers (29 %) sont d’avis que dans cinq ans, il y aura suffisamment de médecins pour répondre aux besoins de leur communauté dans le domaine de la santé 16. En résumé, les preuves ne manquent pas pour démontrer que non seulement une grave pénurie de médecins attend le Canada, mais que cette pénurie commence à se faire sentir depuis quelques années. Il faut par ailleurs reconnaître qu’à compter du début des études en médecine, il faut en moyenne six ans pour former un omnipraticien et de huit à douze ans pour former un spécialiste. Si nous voulons éviter une crise qui semble s’aggraver considérablement, il faut commencer à planifier l’avenir dès maintenant. C’est pourquoi l’AMC recommande : 5. Que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux adoptent le principe directeur de l’autosuffisance nationale dans la production et le maintien des effectifs médicaux afin de répondre aux besoins médicaux de la population, des soins de premier recours jusqu’aux soins médicaux très spécialisés, ainsi qu’au besoin d’une masse critique pour l’enseignement et la recherche. 6. Que le gouvernement fédéral établisse et finance un bassin national de postes de réintégration en éducation médicale postdoctorale. En consultant les provinces et les territoires et en collaborant de près avec eux, le gouvernement fédéral pourrait jouer un rôle de plus en plus vital pour assurer que le Canada forme suffisamment de médecins. Il pourrait en outre jouer un rôle en donnant aux médecins la flexibilité nécessaire s’ils ont besoin de formation supplémentaire pour répondre aux nouveaux besoins des Canadiens. Des mesures de confinement des coûts ont aussi entraîné une diminution du nombre des autres prestateurs de soins de santé d’un bout à l’autre du Canada, et de celui des infirmières en particulier. Le gouvernement fédéral pourrait jouer un rôle important en finançant et en coordonnant, partout au Canada, des recherches sur l’offre, la composition et la répartition appropriées de l'ensemble de l’effectif du secteur de la santé. La création d’une institution nationale qui pourrait puiser à même les bases de données nationales existantes et compiler des recherches réalisées par tous les centres d’un bout à l’autre du Canada faciliterait énormément la planification stratégique à court, à moyen et à long termes. C’est pourquoi l’AMC recommande : 7. Que le gouvernement fédéral établisse un Centre national de recherche sur les effectifs du secteur de la santé. ENJEUX DES RÉGIONS RURALES ET ÉLOIGNÉES Il s’il y a des pénuries de médecins d’un bout à l’autre du pays, mais elles seront particulièrement graves dans les régions rurales et éloignées du Canada. Pour toutes sortes de raisons personnelles et professionnelles, les médecins ne trouvent ni satisfaisant ni viable l’exercice de la profession en milieu rural et dans les régions éloignées. En 1999, l’AMC a réalisé un sondage auprès des médecins ruraux à qui l’on a demandé d’évaluer leur niveau de satisfaction personnelle et professionnelle face à l’exercice de la médecine en milieu rural. L’étude était financée par Santé Canada. On avait réalisé un sondage semblable en 1991 17. Le niveau de satisfaction personnelle et familiale n’a pas beaucoup changé. Celui de la satisfaction professionnelle a toutefois dégringolé. En 1991, la proportion des répondants qui se disaient très satisfaits des heures de travail, de l’appui professionnel, de la disponibilité des services de spécialistes et des possibilités d’éducation médicale continue a diminué d’au moins dix points dans tous les cas. De même, le pourcentage des répondants très satisfaits des services hospitaliers a chuté de plus de la moitié pour tomber de 40 % en 1991 à 17 % en 1999. En 1991, 42 % des répondants étaient très satisfaits de leurs possibilités de rémunération comparativement à 23 % en 1999. ESCALADE ET DÉRÉGLEMENTATION DES FRAIS DE SCOLARITÉ Les frais de scolarité des facultés de médecine sont élevés et grimpent en flèche, et ces augmentations d’un bout à l’autre du Canada continuent de préoccuper énormément l’AMC. Leurs répercussions subséquentes sur les effectifs médicaux et le système de soins de santé du Canada préoccupent particulièrement l’Association. Outre l’impact important que les frais de scolarité élevés ont sur les étudiants en médecine actuels et éventuels, l’AMC est d’avis que les frais de scolarité élevés auront de nombreuses répercussions : ils (1) créeront des obstacles à l’inscription aux facultés de médecine et menaceront la diversité socio-économique des futurs prestateurs de soins de santé qui serviront le public et (2) aggraveront «l’exode des cerveaux» médicaux vers les États-Unis qui permet aux nouveaux médecins de rembourser plus rapidement leurs dettes importantes et qui s’alourdissent. Pour donner suite à cette question prioritaire, le Conseil d’administration de l’AMC a créé un groupe de travail qu’il a chargé de produire un exposé de principe sur l’escalade et la déréglementation des frais de scolarité. Le groupe de travail prépare aussi une conférence nationale multi-intervenants et multiprofessionnelle sur la question. Outre la recommandation qui suit, l’AMC est d’avis que les gouvernements devraient augmenter le financement accordé aux facultés de médecine afin d’alléger les pressions qui propulsent les hausses des frais de scolarité, et que toute autre augmentation des frais de scolarité devrait être réglementée et raisonnable. L’AMC dénonce la déréglementation des frais de scolarité dans les facultés de médecine du Canada et recommande : 8. Que le gouvernement fédéral améliore les régimes d’aide financière aux étudiants en médecine, comme le Programme canadien de prêts aux étudiants, avant toute autre augmentation des frais de scolarité et qu’il veille à ce que ces régimes d’appui soient fixés à des niveaux qui répondent aux besoins financiers des étudiants. EXODE DES CERVEAUX La perte nette de médecins que le Canada subit en faveur d’autres pays a doublé depuis le début des années 1990. On a enregistré, en 1991, une perte nette de 223 médecins attribuable à la migration, mais le chiffre correspondant pour 1997 a atteint 432 médecins - ce qui représente à peu près la production annuelle de quatre à cinq facultés de médecine. Même si ces médecins partent pour toutes sortes de raisons professionnelles et personnelles, ce qui est particulièrement révélateur, c’est que le total des départs a doublé au cours des années 1990. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] Il y a des années que l’AMC prévient les gouvernements et les décideurs de la crise imminente que causeront les pénuries de médecins, ainsi que de leurs répercussions sur le système de santé. Les appels en faveur d’une stratégie plus mesurée, responsable et délibérée de planification des effectifs médicaux sont toutefois tombés dans l’oreille de sourds, et c’est regrettable. De nombreux facteurs incitent les médecins à quitter le Canada. Même si ces facteurs semblent combiner des raisons personnelles, professionnelles et financières, en fin de compte, notre exode des cerveaux constitue de facto un gain de cerveaux pour un autre pays - surtout les États-Unis. Dans son étude du problème de l’exode des cerveaux, Statistique Canada conclut qu’il y a un important exode net de professionnels de la santé et que l'immigration de professionnels dans le secteur de la santé ne suffit pas pour compenser l’exode en faveur des États-Unis 18. Le problème est très réel pour les médecins à qui l’on demande de faire davantage là où des collègues sont partis, ainsi que pour le public, à qui l’on demande une plus grande patience au moment où l’accès au système est ralenti ou compromis. Comme il n’y a pas de politique opportune, stratégique et durable, nous continuerons probablement de risquer de perdre des médecins - dont beaucoup de nos cerveaux les meilleurs et les plus brillants - en faveur d’autres pays. À cet égard, l’AMC est d’avis que le gouvernement fédéral a un rôle important à jouer lorsqu’il s’agit d’harmoniser les politiques dans les domaines des soins de santé, des finances et de l’économie. Notre structure fiscale est un facteur qui peut contribuer à la décision d’un médecin de quitter le Canada, ou de songer à le faire. Il importe de signaler que le Canada compte beaucoup plus que tout autre pays du G7 sur les impôts sur le revenu des particuliers 19. Même si ce facteur est important, ce qui préoccupe encore davantage, c’est la comparaison entre la structure fiscale marginale du Canada et celle des États-Unis. On comprend que le Canada suit une stratégie fondamentalement différente en ce qui concerne l’ordre de grandeur et le rôle du régime fiscal dans la politique sociale, mais on ne peut plus passer outre à l’écart entre les deux systèmes dans un contexte de mondialisation, d’interdépendance économique et de mobilité de la main-d'œuvre croissantes. Il faudrait revoir la grille de l’impôt sur le revenu des particuliers au Canada, mais le Comité ne devrait pas s’étonner que d’autres politiques fiscales - comme la taxe sur les produits et services (TPS) et la taxe de vente harmonisée (TVH) - ne servent qu’à rappeler aux médecins la gravité et l’injustice du problème. TAXE SUR LES PRODUITS ET SERVICES (TPS) Dans son rapport de 1997 à la Chambre des communes, le Comité permanent signalait les préoccupations soulevées dans la profession médicale par l’application de la TPS. En 1998, il indiquait que le gouvernement doit étudier la question de plus près. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] L’AMC est d’avis qu’elle a documenté rigoureusement ses préoccupations et que l’on a fait suffisamment d’études 20 - le moment est venu pour le gouvernement fédéral d’agir de façon concertée pour faire disparaître cet obstacle fiscal. Lorsqu’il est question de la politique fiscale du Canada et de son régime fiscal, l’AMC est convaincue qu’il faudrait administrer les deux de façon juste et équitable. L’Association a déjà affirmé ce principe au Comité permanent à de nombreuses occasions différentes. Même si ces principes sont rarement contestés, l’AMC a fait part de graves préoccupations au sujet de leur application - particulièrement dans le cas de la TPS et de la taxe de vente harmonisée (TVH) mise en œuvre récemment dans la région de l’Atlantique. Comme les services médicaux sont «détaxés» en vertu de la Loi sur la taxe d’accise, les médecins se trouvent dans la position peu enviable de ne pouvoir demander de remboursement de TPS (c. à d. de crédit de taxe sur les intrants - CTI) sur les fournitures médicales dont ils ont besoin pour dispenser des soins de santé de qualité. Ils ne peuvent non plus faire payer la taxe par les acheteurs des services en question. Il s’agit là d’un point critique lorsque l’on tient compte de la raison d’être à l’origine de la TPS : elle devait être une taxe à la consommation finale qui éviterait au producteur d’un bien ou d’un service d’en assumer le fardeau complet. C’est toutefois précisément l’effet de cette anomalie fiscale qui «coince» les médecins : ils ne peuvent réclamer de CTI à cause de la Loi sur la taxe d’accise, ni la faire payer aux consommateurs à cause de la Loi canadienne sur la santé. Nous précisons que l’AMC n’a jamais demandé pour les médecins de «traitement spécial» en vertu de la Loi sur la taxe d’accise et qu’elle n’en demande pas non plus. Or, si les médecins, comme travailleurs indépendants, sont considérés comme de petites entreprises pour les fins de la taxe, il nous semble alors clair qu'il serait raisonnable de leur appliquer les mêmes règles fiscales qu’aux autres petites entreprises. C’est une question fondamentale d’équité fiscale. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] Tandis que d’autres professionnels indépendants et les petites entreprises réclament des CTI, une étude indépendante (KPMG) a évalué que les médecins ont versé une «surcontribution» de 57,2 millions de dollars par année en CTI non réclamés. KPMG a en outre calculé que la mise en œuvre de la TVH dans la région de l’Atlantique coûtera aux médecins 4,686 millions de dollars de plus par année. À la fin de l’année civile en cours, les médecins auront été taxés injustement de plus de 500 millions de dollars. L’application actuelle de la TPS aux services médicaux constitue une mauvaise politique fiscale et la TVH aggravera considérablement une situation déjà mauvaise pour les médecins. Il y a d’autres prestateurs de soins de santé (p. ex., dentistes, physiothérapeutes, psychologues, chiropraticiens, infirmières) dont les services sont détaxés. Il y a toutefois une distinction importante entre les services assurés par le secteur public et ceux qui ne le sont pas. Les prestateurs de soins de santé qui fournissent des services dans le secteur privé peuvent faire payer la TPS grâce à leur grille d’honoraires. Il ne faut pas oublier que les médecins se retrouvent dans une position essentiellement différente étant donné qu’ils tirent 99 % de leurs revenus professionnels des régimes gouvernementaux d’assurance-maladie : sous le régime de la TPS et de la TVH, «les services de santé ne sont pas tous égaux». Certains soutiennent que la profession médicale devrait négocier la question de la TPS à l’échelon des provinces ou des territoires, mais aucune province ni aucun territoire ne veut prendre en charge les coûts supplémentaires délestés sur les médecins à la suite de modifications apportées à la politique fiscale fédérale. Ces gouvernements ne pensent pas non plus qu’il faudrait s’attendre à ce qu’ils le fassent. L’anomalie fiscale actuelle qui touche la profession médicale émane de la mise en œuvre de la TPS - et le problème doit se régler à l’échelon fédéral. Les principes qui sous-tendent la question fondamentale de l’équité fiscale décrite par le juge en chef Hall sont inattaquables et devraient se refléter dans la politique fiscale fédérale. C’est clairement l’équité et non pas un traitement spécial que la profession recherche. Dans le contexte actuel, la TPS et la TVH constituent pour les services médicaux une mauvaise politique fiscale qui n’appuie pas une saine politique de santé au Canada. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] L’AMC recommande fortement : 9. Que les services de santé financés par les provinces et les territoires soient détaxés. On pourrait mettre en œuvre cette recommandation en modifiant la Loi sur la taxe d’accise comme suit : (1). Remplacer l'article 5, Partie II, de l'Annexe V de la Loi sur la taxe d'accise par l'article suivant : «La fourniture (autre qu’une fourniture détaxée) par un médecin de services de consultation, de diagnostic, de traitement ou d’autres services de santé rendus à un particulier, à l’exclusion de services chirurgicaux ou dentaires exécutés à des fins esthétiques plutôt que médicales ou restauratrices.» (2). Abroger l’article 9, Partie II de l’Annexe V de la Loi sur la taxe d’accise. (3). Modifier la Partie II de l’Annexe VI de la Loi sur la taxe d’accise en ajoutant ce qui suit après l’article 40 : 41. La fourniture de tout bien ou service, mais seulement si, et dans la mesure où, la contrepartie de la fourniture est payable ou remboursée par le gouvernement dans le contexte d’un régime établi en vertu d’une loi de l’assemblée législative de la province pour dispenser des services de soins de santé à toutes les personnes assurées de la province. La recommandation de l’AMC satisfait à au moins deux objectifs stratégiques primordiaux : (1) elle resserre les liens entre une bonne politique économique et une bonne politique de santé au Canada et (2) elle applique à tous les cas les principes fondamentaux qui sous-tendent notre régime fiscal (équité, efficience, efficacité). À cet égard, l’AMC est déterminée à collaborer de près et continuellement avec le gouvernement pour trouver à cette anomalie fiscale des solutions qui seront fondées sur la collaboration. DIFFUSION DES TECHNOLOGIES DE SANTÉ On a soulevé récemment des préoccupations au sujet du manque d’accès aux technologies nécessaires de diagnostic et de traitement au Canada. Beaucoup de ces technologies sont essentielles à la détection précoce du cancer (p. ex., sein, prostate, poumon), de tumeurs, de problèmes circulatoires (p. ex., accident vasculaire cérébral, artériosclérose) et d’autres maladies. Une étude récente a conclu que le Canada se classe en général au tiers inférieur des pays de l’OCDE pour la disponibilité des technologies. Le Canada vient au 18e rang (sur 29 pays de l’OCDE) pour la disponibilité de la tomographie assistée par ordinateur, au 19e (sur 24 pays de l’OCDE) pour la disponibilité de lithotriteurs et au 18e (sur 27 pays de l’OCDE) pour la disponibilité d’appareils à imagerie par résonance magnétique. Le Canada se classe à un rang avantageux seulement pour la disponibilité de machines de radiothérapie (5e sur 16 pays de l’OCDE) 21. Compte tenu des préoccupations très réelles soulevées par les listes d’attente d’un bout à l’autre du Canada, les Canadiens méritent mieux lorsqu’il s’agit de mettre à leur disposition des technologies de santé dont ils ont besoin et qui peuvent permettre de diagnostiquer et de traiter efficacement des maladies. Il est en outre clair que nous devons favoriser la diffusion des technologies de santé efficaces au plan des coûts, convenablement évaluées et répondant à des normes établies de qualité. Les médecins ont la formation voulue pour dispenser des soins médicaux de qualité à tous les Canadiens. Il faut cependant leur donner les «outils» nécessaires. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] Dans ce contexte, le gouvernement fédéral devrait créer un fonds national pour les technologies de la santé qui donnerait aux provinces et aux territoires accès à du financement. Les provinces et les territoires devraient établir leurs propres priorités sur le plan technologique, mais le gouvernement fédéral établirait des liens très clairs entre les sources de financement et l’utilisation prévue des fonds et reconnaîtrait pleinement un investissement essentiel dans les soins de santé de la population canadienne. L’AMC recommande : 10. Que le gouvernement fédéral établisse un Fonds national pour les technologies de santé, afin d'améliorer, partout au pays, l'accès aux technologies de santé nécessaires. L’AMC est prête à collaborer de près avec le gouvernement fédéral pour aider à définir les objectifs d’un tel fonds et les résultats qu’il devrait produire dans un délai raisonnable. Ce faisant, le gouvernement fédéral collaborerait avec les provinces et les territoires dans le contexte d’un partenariat stratégique de telle façon qu’ils appuieraient l’argent reçu du fonds pour acheter du matériel en assurant les ressources opérationnelles voulues au point de prestation. VI. H ARMONISATION DES POLITIQUES FÉDÉRALES : LE POINT DE CONVERGENCE DES FINANCES, DE L’ÉCONOMIE ET DES SOINS DE SANTÉ En comparaissant devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes, l’AMC sait très bien que des facteurs stratégiques dans les domaines des finances et de l’économie ont une incidence importante et directe sur le financement et la prestation des soins de santé au Canada. Dans le monde des politiques publiques, il est rare que les décisions difficiles soient simples. Dans la plupart des cas, lorsqu’on fait des choix difficiles entre une série de fins divergentes, les décisions prennent souvent divers tons de gris. Même si c’est vrai en ce qui concerne la politique de santé au Canada ou toute autre discipline, il importe de placer ces décisions dans un contexte plus général où elles doivent être conformes avec d’autres bons choix stratégiques qui ont été mis en œuvre, ou les renforcer. Ce concept est critique lorsqu’il s’agit de veiller si possible à ce que les décisions stratégiques tirent uniformément dans le même sens. Il faut en fait les harmoniser de telle façon que sur le plan de «l'ensemble des politiques», le tout soit plus grand que la somme de chacune de ses parties. Une telle façon de procéder garantit aussi que les décisions stratégiques prises dans un secteur n’iront pas à l’encontre de décisions prises dans d’autres secteurs. RECHERCHE SUR LA SANTÉ AU CANADA Dans des mémoires qu’elle a présentés par le passé au Comité permanent des finances, l’AMC a encouragé le gouvernement fédéral à prendre les mesures nécessaires afin de fixer un objectif national pour la recherche sur la santé au Canada et d’établir un plan de mise en œuvre. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] Le gouvernement fédéral a annoncé, dans son budget de l’année dernière, qu’il consacrerait des ressources importantes à la création des Instituts canadiens de recherche sur la santé (ICRS), ce qui a vivement encouragé l’AMC. En 2001, le financement consacré aux ICRS devrait grimper à 484 millions de dollars. L’AMC se réjouit aussi que le ministre ait annoncé récemment qu’il affecterait 147 millions de dollars pour attirer des chercheurs dans le domaine de la santé et les garder au Canada. Il faut féliciter le gouvernement de formuler une vision et de proposer une structure pour faciliter la recherche sur la santé au Canada. L’AMC est d’avis qu’une augmentation considérable du financement affecté à la recherche sur la santé a des retombées bénéfiques directes sur (1) la santé des Canadiens, (2) le système du santé du Canada et (3) l’évolution des soins de santé comme industrie. C’est là qu’une bonne politique économique va de pair avec une bonne politique de santé et de soins de santé au Canada. L’AMC appuie vivement le modèle des ICRS et est préparée à collaborer de près avec le gouvernement et d’autres intervenants pour que les instituts deviennent réalité. Reconnaissant que le Canada aborde une nouvelle étape lorsqu’il est question du financement et de l’exécution de recherches sur la santé, le gouvernement a pris une mesure importante pour faire en sorte que nos chercheurs en médecine et en santé les meilleurs et les plus brillants soient formés au Canada et y demeurent. Comme organisation nationale qui représente les médecins actifs d’un bout à l’autre du Canada, l’AMC est fermement convaincue qu’elle a une contribution importante à apporter pour faire progresser le modèle des ICRS, particulièrement dans les domaines suivants : * gestion du savoir (l’AMC a contribué énormément à stimuler la recherche sur les services cliniques et les services de santé au Canada); * contribution au programme de recherches (l’AMC contribue au programme de recherches sur les services de santé, notamment au projet sur les listes d’attente dans l’ouest du Canada financé par le Fonds pour l’adaptation des services de santé); * recherche de qualité soumise à l’examen critique par des pairs (l’AMC publie le principal journal médical critiqué par des pairs au Canada); * transfert de recherches (l’AMC joue un rôle de premier plan dans la création d’outils de transfert de la recherche dans la pratique - comme la base de données sur les guides de pratique clinique); * éthique (l’AMC a un comité permanent d’éthique); * durabilité (l’AMC préconise une solide présence canadienne dans le domaine de la recherche sur la santé). Même si les ICRS auront un vaste mandat en recherche sur la santé, les médecins auront un rôle clé à jouer dans la recherche sur les services médicaux et les services de santé. L’AMC a hâte de jouer un rôle plus important à mesure que le modèle prendra forme. L’AMC recommande : 11. Que le gouvernement fédéral continue d'accroître les sommes qu'il accorde à la recherche sur la santé pour assurer à ce secteur un financement viable et de longue durée. PROGRAMMES ANTI-TABAC Il faudrait conjuguer la politique fiscale sur le tabac à d’autres stratégies pour promouvoir une saine politique publique, comme des programmes d’éducation du public afin de réduire le tabagisme. [LE CONTENU DE LA BOITE NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] [FIN DE LA BOITE] L’AMC continue toutefois de soutenir qu’un investissement limité dans le temps ne suffit pas. Il faut un financement important et durable pour les programmes de prévention du tabagisme et d’abandon du tabac 22. Les recettes fiscales tirées du tabac ou la surtaxe sur les produits du tabac pourraient constituer une source de financement pour un tel programme. L’AMC est d’avis que le gouvernement fédéral devrait affecter 0,6 cents par cigarette vendue à un fonds qui servirait à financer les coûts des interventions anti-tabac, y compris celles des médecins qui ont la compétence spécialisée nécessaire pour traiter l'accoutumance à la nicotine. Une telle mesure produirait environ 250 millions de dollars par année pour aider les fumeurs à abandonner le tabac 23. L’AMC recommande : 12. Que le gouvernement fédéral affecte un financement stable à une stratégie anti-tabac intégrée qui devrait assurer que les fonds sont investis dans des projets et des programmes anti-tabac fondés sur des données probantes, ce qui inclurait des programmes de prévention du tabagisme, d’abandon du tabac et de protection du public contre les effets nocifs du tabac. 13. Que le gouvernement fédéral appuie l’affectation de recettes fiscales tirées des produits du tabac à l’élaboration et à la mise en œuvre de programmes anti-tabac. 14. Que le gouvernement fédéral accorde une grande priorité au financement de programmes de prévention du tabagisme et d’abandon du tabac fondés sur des données probantes qui s’adresseraient aux jeunes Canadiens, dès l'âge de l'école primaire. POLITIQUE SUR LA FISCALITÉ DU TABAC Le tabagisme est la principale cause évitable de mortalité prématurée au Canada. Les estimations les plus récentes indiquent que le tabagisme cause directement plus de 45 000 morts par année au Canada. On a calculé que le tabagisme au Canada coûte de 11 à 15 milliards de dollars à la société 24. Il coûte directement de 3 à 3,5 milliards de dollars par année 25 au système de santé du Canada. Ces estimations ne tiennent pas compte de coûts intangibles comme la douleur et la souffrance. L’AMC craint que la réduction de la taxe fédérale sur les cigarettes imposée en 1994 ait eu un effet important sur le ralentissement de la baisse du tabagisme dans la population canadienne, et en particulier chez les plus jeunes - où le nombre de fumeurs est de l’ordre de 22 % à 30 % chez les 15 à 19 ans et de 14 % chez les 10 à 14 ans 26. Un Sondage Santé Canada réalisé en 1997 a révélé que 42 % des adolescents de 15 à 19 ans fument 27. Une étude réalisée au Québec a montré que les taux de tabagisme chez les élèves du secondaire ont grimpé de 19 % à 38 % entre 1991 et 1996 28. L’AMC félicite le gouvernement fédéral des initiatives qu’il a prises pour augmenter de façon sélective les taxes d’accise fédérales sur les cigarettes et les bâtonnets de tabac. Il s’agit là d’un premier pas vers l’élaboration d’une stratégie fédérale intégrée de taxation des produits du tabac qui illustre l’importance de resserrer les liens entre une bonne politique de santé et une bonne politique fiscale au Canada. L’AMC comprend que les stratégies relatives à la fiscalité des produits du tabac sont extrêmement complexes. Elles doivent tenir compte des effets des hausses des taxes sur une baisse de la consommation des produits du tabac et sur des augmentations de la contrebande interprovinciale, interterritoriale et internationale. Afin de s’attaquer au problème, le gouvernement devrait envisager une stratégie fiscale sélective qui augmenterait graduellement et continuellement les taxes sur les produits du tabac dans les régions où elles sont plus basses (c. à d. Ontario, Québec et région de l’Atlantique). Les hausses sélectives des taxes sur les produits du tabac visent à augmenter avec le temps les prix pour le consommateur (de 65 % à 70 % des produits du tabac sont vendus en Ontario et au Québec). Les augmentations sélectives graduelles de la taxe refermeront l’écart entre les provinces mais ne réaliseront peut-être pas la parité. La taxe sur les produits du tabac atteindra toutefois un niveau qui rendra non rentable la contrebande interprovinciale ou interterritoriale. Il faudrait suivre les augmentations graduelles sélectives afin que le nouveau niveau de la taxe et les taux de change Canada-É. U. ne rendent pas rentable la contrebande internationale. Il est possible de conjuguer l’augmentation sélective et graduelle des taxes sur les produits du tabac à d’autres stratégies fiscales. Il faudrait féliciter le gouvernement fédéral d’avoir réduit, de 3 % des expéditions à 2,5%, l’exemption à l’exportation disponible sur les expéditions en fonction du niveau historique de chaque fabricant. L’AMC croit toutefois que le gouvernement fédéral devrait supprimer l’exemption. La mise en œuvre de la taxe à l’exportation viserait à rendre non rentable la contrebande transfrontalière. Le gouvernement fédéral devrait amorcer un dialogue avec le gouvernement fédéral des États-Unis. Le Canada et les États-Unis devraient tenir des pourparlers sur l’harmonisation des taxes américaines sur les produits du tabac avec les taxes canadiennes à l’usine. En revanche, la politique canadienne sur la fiscalité des produits du tabac devrait porter les prix à des niveaux qui les rapprocheraient de ceux des produits du tabac aux États-Unis. C’est pourquoi l’AMC recommande : 15. Que le gouvernement fédéral applique une politique intégrée complète de taxes sur les produits du tabac a) pour augmenter graduellement et sélectivement la taxe sur les produits du tabac afin (1) de réduire la consommation de produits du tabac, (2) de minimiser la contrebande interprovinciale-interterritoriale des produits du tabac et (3) de minimiser la contrebande internationale des produits du tabac; b) pour appliquer la taxe à l’exportation sur les produits du tabac et supprimer l’exemption disponible sur les expéditions de produits du tabac conformément au niveau historique de chaque fabricant; c) pour amorcer des pourparlers avec le gouvernement fédéral des États-Unis afin d’étudier les options relatives à la politique sur la fiscalité des produits du tabac et à une hausse des prix des produits du tabac canadiens pour les rapprocher de ceux que pratiquent les États frontaliers américains afin de minimiser la contrebande internationale. RÉGIMES ENREGISTRÉS D’ÉPARGNE-RETRAITE (REER) L’épargne-retraite a au moins deux buts fondamentaux qui sont (1) de garantir à tous les Canadiens un revenu de retraite de base et (2) d’aider les Canadiens à éviter une baisse sérieuse de leur niveau de vie lorsqu’ils prennent leur retraite. Une analyse du tableau démographique du Canada montre qu’une proportion croissante de la société non seulement vieillit, mais aussi vit plus longtemps. Si l’on suppose que les tendances actuelles se maintiennent et atteignent leur point culminant au cours du premier quart du prochain siècle, il importe de reconnaître le rôle que l’épargne-retraite privée jouera en assurant que les Canadiens peuvent continuer de vivre dans la dignité longtemps après avoir quitté la population active. Dans son budget de 1996, le gouvernement fédéral a annoncé que les plafonds des cotisations aux REER seraient bloqués à 13 500 $ jusqu’en 2002 2003 et passeraient ensuite à 14 500 $ et 15 500 $ en 2003 2004 et 2004 2005 respectivement. Dans le cas des régimes de retraite agréés à prestations déterminées, le plafond des cotisations demeurera bloqué à son niveau actuel de 1722 $ par année de service jusqu’en 2004 2005. Il s’agit en réalité d’une augmentation de l’impôt à payer. Cette politique va à l’encontre du Livre blanc de 1983 publié par le gouvernement fédéral sur le traitement fiscal de l’épargne-retraite, où le Comité spécial de la Chambre des communes sur la réforme des pensions a recommandé de modifier les plafonds des cotisations aux régimes d’épargne-retraite exonérés d’impôt afin que le même plafond global s’applique peu importe le moyen d’épargne-retraite ou la combinaison de moyens utilisées. Bref, ce document reconnaissait et approuvait implicitement le principe de la «parité des pensions». Depuis, dans trois documents distincts publiés par le gouvernement fédéral (1983, 1984, 1987), on aurait réalisé le principe de la parité des pensions entre les régimes à cotisations déterminées (c.-à-d. les REER) et les régimes à prestations déterminées (c.-à-d. les régimes de pension agréés, ou RPA) si les plafonds des cotisations aux REER avaient grimpé à 15 500 $ en 1988. Comme membre fondateur de la Coalition pour les REER, l’AMC est frustrée, comme d’autres intervenants, de voir que onze années de planification minutieuse et délibérée de la réforme des pensions par le gouvernement fédéral n’aient pas porté fruit. En fait, si la politique actuelle demeure en vigueur, il aura fallu plus de 17 ans (de 1988 à 2005) pour mettre en œuvre la réforme nécessaire afin de réaliser la parité. Même s’il y aura parité entre les REER et les RPA en 2004 2005, la parité aura été réalisée sur le dos des Canadiens dont les plafonds des cotisations aux REER auront été bloqués beaucoup trop longtemps. La politique actuelle qui consiste à bloquer les plafonds des cotisations aux REER et aux RPA sans permettre de rajustement des plafonds des cotisations aux REER pour établir la parité sert donc à maintenir les iniquités entre les deux régimes jusqu’en 2004 2005. La mise en œuvre de la politique complique encore davantage la situation parce que les REER et les RPA sont bloqués et ne peuvent donc croître au rythme du maximum des gains annuels ouvrant droit à pension (MGAP). Plus précisément, si la politique recommandée sur la parité des pensions avait été mise en œuvre en 1988, les plafonds des cotisations aux REER et aux RPA auraient pu grimper parallèlement au maximum des gains annuels ouvrant droit à pension - ils atteindraient environ 21 000 $ aujourd’hui. [LE CONTENU DU TABLEAU NE S'AFFICHE PAS CORRECTEMENT. VOIR LE PDF POUR L'AFFICHAGE VOULU] TABLEAU 2 -Plafonds des cotisations aux REER rajustés en fonction du maximum des gains annuels ouvrant droit à pension (MGAP) Année MGAP % changement Plafonds des REER 1988 27 700 $ 15 500 $ 1989 28 500 $ 2,89 15 948 $ 1990 28 900 $ 1,40 16 171 $ 1991 30 500 $ 5,54 17 067 $ 1992 32 200 $ 5,57 18 018 $ 1993 33 400 $ 3,73 18 690 $ 1994 34 400 $ 2,99 19 249 $ 1995 34 900 $ 1,45 19 529 $ 1996 35 400 $ 1,43 19 809 $ 1997 35 800 $ 1,13 20 032 $ 1998 36 900 $ 3,07 20 648 $ 1999 37 400 $ 1,36 20 928 $ Source MGAP : Revenu Canada, avril 1999 [FIN DU TABLEAU] Le ministère des Finances publie chaque année le manque à gagner qu’entraînent certaines initiatives stratégiques pour le Trésor fédéral. En 1998, la dépense fiscale nette (c.-à-d. les revenus fiscaux non perçus) a été estimée à 7,5 milliards de dollars dans le cas des cotisations aux REER et à 6,2 milliards de dollars dans celui des RPA Dans ce contexte, il est crucial de comprendre la différence entre l’évitement fiscal et le report d’impôt. Les REER permettent aux Canadiens d’épargner en vue de la retraite. À moyen et à long termes, lorsque les REER sont convertis en rentes, ils augmentent les recettes fiscales du gouvernement. Même si les cotisations actuelles dépassent les retraits, la tendance ne durera pas indéfiniment, car de plus en plus de membres de la génération du baby-boom prendront leur retraite. En résumé, au moment où il étudie le rôle des services publics dans la société, le gouvernement a une responsabilité sociale : il doit veiller à ce qu’il y ait un environnement de planification financière stable qui encourage une plus grande autosuffisance fondée sur l’épargne-retraite privée. Si l’on veut harmoniser une bonne politique fiscale avec une bonne politique sociale, il est essentiel d’étendre le régime des REER de façon à permettre aux Canadiens de se préparer à la retraite et à les y encourager tout en allégeant tout fardeau futur imposé aux programmes publics. L’AMC recommande : 16. Que le plafond des cotisations aux REER, fixé à 13 500 $, passe à 15 500 $ pour l’année 2000 2001. 17. Que le gouvernement fédéral étudie des moyens de hausser à l’avenir les plafonds des cotisations aux REER étant donné que la parité des pensions a pris du retard depuis 1988. La législation fiscale fédérale en vigueur permet d’investir dans des «avoirs étrangers» 20 % du portefeuille d’un REER, d’un FERR ou d’un régime de pension agréé. Le reste est investi dans des avoirs «canadiens». Si le plafond des 20 % de contenu étranger est dépassé à la fin d’un mois, le REER paie une pénalité de 1 % de l’excédent. Au cours de ses consultations prébudgétaires de décembre 1999, le Comité permanent des finances a formulé les recommandations suivantes (p. 61) : «Le Comité recommande que le plafond de 20 % sur les investissements en biens étrangers soit haussé par tranches de 2 % de manière à atteindre 30 % en cinq ans. La diversification permettra aux Canadiens d’obtenir un meilleur rendement de leur épargne-retraite et de réduire les risques qu’ils courent, ce qui profitera à tous les Canadiens au moment où ils prendront leur retraite.» Une étude réalisée par Ernst and Young a démontré que les investisseurs canadiens ont tiré de leurs placements des rendements beaucoup plus élevés depuis 20 ans lorsque les limites du contenu étranger étaient plus élevées. En outre, le Conference Board du Canada a conclu qu’un plafond de 30 % pour le contenu étranger aurait un effet neutre sur l’économie du Canada. L’AMC appuie fermement la position du Comité permanent et est d’avis que les preuves suffisent pour indiquer que les Canadiens bénéficieraient d’une augmentation de 20 % à 30 % du plafond des investissements en avoirs étrangers. C’est pourquoi l’AMC recommande : 18. Que le plafond de 20 % sur les investissements en avoirs étrangers dans le cas des régimes à revenu différé comme les régimes enregistrés-d’épargne-retraite et les fonds enregistrés de revenu de retraite augmente de 2 % par année de manière à atteindre 30 % en cinq ans, à compter de l’an 2000. Dans le cadre de l’effort qui vise à revitaliser et à appuyer notre économie, on s’attend à ce que le secteur privé crée davantage de possibilités d’emploi de longue durée. Même si ces attentes indiquent qu’il faut réexaminer l’équilibre actuel entre la création d’emplois dans les secteurs public et privé, le gouvernement a néanmoins une responsabilité importante : il doit favoriser un environnement qui accélérera la création d’emplois. Dans ce contexte, l’AMC est convaincue qu’il faudrait considérer les REER actuels comme un actif plutôt que comme un passif. Si les bons mécanismes sont en place, les réserves de capitaux des REER pourraient jouer un rôle important dans la convergence des capitaux de risque et des petites et moyennes entreprises et des entrepreneurs. L’AMC encourage le gouvernement fédéral à étudier les obstacles de la réglementation actuelle qui nuisent à la convergence des capitaux et des petites et moyennes entreprises. L’AMC recommande : 19. Que le gouvernement fédéral étudie les changements réglementaires nécessaires pour faciliter l’accès aux fonds des REER afin qu’on puisse les investir dans des petites et moyennes entreprises. Si une personne déclare faillite, ses créanciers peuvent actuellement présenter une réclamation à l’égard des biens qu’elle détient dans des REER ou des FERR. Dans le cas des Canadiens indépendants qui comptent sur leurs REER comme source de revenu de retraite, une faillite menace donc leur qualité de vie au cours de la retraite. Par ailleurs, si des employés déclarent faillite, les créanciers ne peuvent présenter de réclamations à l’égard de leurs revenus ouvrant droit à pension. On corrigerait cette iniquité en protégeant les REER contre les créanciers. L’AMC recommande : 20. Que le gouvernement fédéral prenne les mesures nécessaires pour protéger les REER et les FERR contre les créanciers. NOTES : 1. Il importe de ne pas oublier qu’en plus du TCSPS, on a créé une procédure distincte de comptabilité au moyen de ce qu’on a appelé un supplément au TCSPS. Le supplément, qui totalise 3,5 milliards de dollars, a été comptabilisé dans les comptes publics de 1998 du gouvernement fédéral, mais il est réparti sur trois ans (c. à d. 2,0 milliards de dollars, 1,0 milliard et 0,5 milliard). Une province ou un territoire peut toutefois prendre n’importe quand sa partie des 3,5 milliards de dollars. 2. Les 2,5 milliards de dollars à réinvestir représentent la ponction d’argent fédéral pratiquée au moment de la mise en œuvre du Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux (TCSPS), en avril 1996, jusqu’en 1998. Le calcul du montant est fondé sur l’affectation fédérale historique récente en argent (environ 41 %) aux titres du FPE et du RAPC (devenus le TCSPS) aux soins de santé en proportion des 6,0 milliards de dollars nécessaires pour ramener le plancher en argent du TCSPS à 18,5 milliards de dollars (niveaux de 1995 et 1996). 3. Les données de la Figure 1 proviennent des sources suivantes : (1) TCSPS - Association médicale canadienne, Regard vers demain, septembre 1998, p. 4.; (2) Transferts nationaux historiques en argent pour la santé - tiré des Rapports sur le financement des programmes établis, Division des relations fédérales-provinciales, ministère des Finances; (3) Statistiques démographiques - Statistique Canada no 91-213 au catalogue; (4) changement annuel en % de l’IPC - source pour 1990 1996 : l’Observateur économique canadien, no 11 210 XPB au catalogue, Supplément statistique historique 1996 1997, p. 45; pour 1996, 1997 et 1998, la source est l’Observateur économique canadien, no 11 010 XPB, avril 1999; pour 1999 et 2000, la source est l’Econoscope de la Banque Royale du Canada, mai 1999, p. 14; pour 2001, 2002 et 2003, on suppose que le changement en % de l’IPC demeurera constant au niveau de l’an 2000, soit 1,3 %. 4 Thomson A. Federal Support for Health Care. Groupe d’intervention action santé. Juin 1991, p. 13. 5. Statistique Canada, Projections démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires, 1993-2016, Scénario de croissance moyenne. Décembre 1994 (no de cat. 91-520. 6. Santé Canada, Dépenses nationales de santé au Canada, 1975-1994. Janvier 1996. 7. Rapport de 1998 du Vérificateur général du Canada, chapitre 6, Le vieillissement de la population et l’information destinée au Parlement : pour comprendre les choix, avril. WWW: http://www.oag-bvg.gc.ca/domino/reports.nsf/html/9860ee1.html, disponible le 06/09/99 à 17 h 38:37. 8. Préserver la prospérité dans une société vieillissante.Organisation pour la coopération et le développement économiques, Paris, 1998. 9. La revue financière, ministère des Finances, août 1999. Current Analysis, la Banque Royale du Canada, août 1999. La Banque estime que le dividende fiscal atteindra 25,9 milliards de dollars en 2004 2005 et 41,2 milliards en 2007 2008. 10. Affronter l’avenir : Les défis et les choix d’une ère nouvelle. Rapport du Comité des permanent des finances, décembre 1998, p. 30-31. 11. Green JP, MacBride-King J. Corporate Health Care Costs in Canada and the U.S.: Does Canada’s Medicare System Make a Difference? Conference Board du Canada, 1999. Purchase B. Health Care and Competitiveness. École des politiques publiques, Université Queen’s, 1996. KPMG. The Competitive Alternative: A Comparison of Business Costs in Canada and the United States, 1996. Amanor-Boadu, Martin LJ. Canada’s Social Programs, Tax System and the Competitiveness of the Agri-Food Sector, Guelph, Conseil de la compétitivité agroalimentaire, 1994. 12. Green JP, MacBride-King J. Corporate Health Care Costs in Canada and the U.S.: Does Canada’s Medicare System Make a Difference? Conference Board du Canada, 1999 13. KPMG, The Competitive Alternative: A Comparison of Business Costs in Canada and the United States, 1996. 14. Baillie C. Health Care in Canada: Preserving a Competitive Advantage, discours prononcé devant le Vancouver Board of Trade, avril 1999. 15. Sondage national Angus Reid, 1998. 16. Sondage national Angus Reid, 1998. 17. Association médicale canadienne. Sondage de 1991 auprès des médecins en pratique médicale rurale, 1991. Association médicale canadienne. L’exercice de la médecine en milieu rural au Canada, 1999. 18. Exposé présenté par des dirigeants de Statistique Canada au Comité permanent de l’industrie, mai 1999. 19. Conseil canadien des chefs d’entreprise : Créer des possibilités et bâtir la prospérité. Octobre 1998, p. 7. 20. KPMG, Review of the Goods and Services Tax on Canadian Physicians, 12 juin 1992. KPMG, Review of the Impact of a Provincial Value Added Tax on Physicians in New Brunswick, Nova Scotia and Newfoundland, 12 août 1996. 21. Harriman D, McArthur W, Zelder M. The Availability of Medical Technology in Canada: An International Comparative Study. L’Institut Fraser. Août 1999. 22. En Californie, entre 1988 et 1993, lorsque l’État menait une campagne anti-tabac publique dynamique, le tabagisme a diminué de plus de 25 %. Goldman LK, Glantz SA. Evaluation of Antismoking Advertising Campaigns. JAMA 1988; 279: 772-777. 23. En 1998, il s’est vendu 45,613 milliards de cigarettes au Canada (Statistique Canada, no 32-022 au catalogue, décembre 1998). En 1997-1998, le total des revenus du tabac s'élevait à 2,04 milliards de dollars (Comptes publics, volume II, partie I, sur la taxe d'accise). Le montant de 0,6 cents par cigarette est calculé à partir d'un total de 25 cents par paquet, total auquel les gouvernements fédéral et provinciaux-territoriaux contribueraient à part égale (soit 12 cents chacun). La Californie a récemment accepté la «Proposition 99», qui a ajouté 25 cents à chaque paquet de cigarettes. 24. Santé Canada, Coûts attribuables au tabagisme (feuillet d’information). Ottawa : Santé Canada, novembre 1996. 25. Santé Canada, Coûts attribuables au tabagisme (feuillet d’information). Ottawa : Santé Canada, novembre 1996. 26. Santé Canada, Le tabagisme chez les jeunes - comportements et attitudes (feuillet d’information). Ottawa : Santé Canada, novembre 1996. 27. Sondage Santé Canada, rapport des points saillants, sondage 15. Price Waterhouse, janvier-février 1997. 28. Éditorial. Raise Tobacco Taxes. The Gazette [Montréal] 23 septembre 1997. Sect. B:2.
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Améliorer l’inclusion et la qualité de vie des aînés

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique13729
Date
2017-10-26
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Mémoires présentés au Parlement
Date
2017-10-26
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Les Canadiens vivent plus longtemps et en meilleure santé que jamais auparavant. Le nombre d’aînés susceptibles d’avoir besoin d’aide ou de soins doublera au cours des 30 prochaines années, ce qui représentera un défi sans précédent pour le système de santé du Canada. Le fait que nous soyons confrontés à ce défi témoigne de l’immense succès de la médecine moderne, mais ne minimise d’aucune façon la tâche qui nous attend. Le système public de soins de santé a été créé il y a une cinquantaine d’années, alors que le Canada comptait un peu plus de 20 millions d’habitants et que l’espérance de vie moyenne était de 71 ans. Aujourd’hui, le pays compte plus de 36 millions d’habitants, et l’espérance de vie moyenne a augmenté de 10 ans. Les gens de 85 ans et plus représentent le groupe d’âge qui connaît la croissance la plus rapide au pays, et on s’attend à ce que les centenaires soient de plus en plus nombreux. L’Association médicale canadienne se réjouit que le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées de la Chambre des communes examine les façons de relever ces défis pour le Canada. Nous soumettons à votre attention 15 recommandations exhaustives qui aideraient nos aînés à demeurer des citoyens actifs au sein de leur communauté tout en améliorant leur qualité de vie. Ces recommandations vont de l’augmentation des investissements dans l’infrastructure des soins de longue durée jusqu’à la promotion de mesures visant à créer des collectivités adaptées aux aînés, en passant par l’augmentation de l’aide financière accordée aux aidants naturels. La tâche qui attend le Comité – et par le fait même le Canada en entier – est colossale, mais pas impossible. Nous pouvons accomplir de réels progrès au profit des aînés, ce qui en définitive procurerait des avantages pour tous les Canadiens, tant sur le plan de la santé que sur le plan financier. Le président de l’AMC, Dr Laurent Marcoux L’Association médicale canadienne (AMC) est heureuse de présenter ce mémoire au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées dans le contexte de son étude portant sur la façon dont le gouvernement peut soutenir aujourd’hui les aînés vulnérables tout en se préparant à soutenir la population d’aînés diversifiée et croissante de demain. Ce mémoire aborde directement les trois thèmes que le Comité étudie :
la façon dont le gouvernement peut améliorer l’accès des aînés au logement, notamment la possibilité de vieillir chez soi et le logement abordable et accessible;
la manière dont le gouvernement peut améliorer la sécurité du revenu des aînés vulnérables;
la manière dont le gouvernement peut améliorer l’ensemble de la qualité de vie et du bien-être des aînés, notamment sur le plan des programmes communautaires, de l’inclusion sociale et des déterminants sociaux de la santé. Améliorer l’accès des aînés au logement Dans le contexte d’une nouvelle Stratégie nationale sur le logement, le gouvernement fédéral a annoncé dans le Budget 2017 qu’il injecterait plus de 11,2 milliards de dollars dans tout un éventail d’initiatives visant à construire, renouveler et réparer le parc de logements abordables du Canada et à aider à faire en sorte que les Canadiens aient accès à des logements abordables et adéquats qui répondent à leurs besoins. Même si cette mesure est la bienvenue, les médecins voient toujours les problèmes auxquels font face les personnes âgées à cause du manque d’options en matière de logement et de moyens de soutien – problèmes qui se répercutent en cascade sur tout le système de soins de santé. Le placement inapproprié des patients, et en particulier des personnes âgées, dans les hôpitaux constitue un obstacle majeur à l’équité sociale dans la prestation des soins de santé et une cause sérieuse de temps d’attente. Dans les hôpitaux de soins de courte durée, des lits d’autres niveaux de soins (ANS) servent souvent pour accueillir des patients – dont la plupart sont des personnes âgées stables sur le plan médical – qui attendent de recevoir des niveaux appropriés de soins à domicile ou d’avoir accès à un centre ou à un établissement de soins de longue durée. Les taux élevés de patients en ANS dans les hôpitaux ont une incidence sur tous les patients, car ils contribuent à l’encombrement des hôpitaux, à la longueur des temps d’attente dans les services d’urgence, aux reports d’admissions à l’hôpital, à l’annulation de chirurgies électives et à la tenue à l’écart des ambulances qui attendent de déposer les nouveaux patients (ce qu’on appelle souvent le code engorgement)1. De plus, les hospitalisations inutilement longues peuvent rendre les patients vulnérables aux maladies nosocomiales et à des incapacités comme le délire, le déconditionnement et les chutes. Frais journaliers - Ontario 842 $ : soins actifs en milieu hospitalier, par patient soins dans un établissement de soins de longue durée, 126 $: par patient 42 $ : soins à domicile, par patient Nombre de lits d’h pital = 18 571 en soins actifs Proportion de patients qui X = 14 % attendent d’être placés = 2 600 lits Des solutions plus rentables et efficaces optimiseront l’utilisation des ressources consacrées aux soins de santé. On a calculé qu’un lit d’hôpital coûte 842 $ par jour comparativement à 126 $ pour un lit de soins de longue durée et à 42 $ pour des services de soins à domicile2. Un investissement dans les services appropriés de soins à domicile ou de soins de longue durée, qui peuvent prendre de nombreuses formes différentes, réduira le nombre des hospitalisations inappropriées et facilitera les départs rapides. Le secteur des soins en établissement a d’importants défis à relever à cause de l’augmentation du nombre d’aînés plus âgés et parce qu’ils ont besoin de soins de plus en plus complexes. La demande de soins en établissement augmentera considérablement au cours des prochaines années à cause du nombre accru d’aînés frêles qui auront besoin du service. Il faudra construire de nouveaux établissements et moderniser des établissements existants afin de les rendre conformes aux exigences réglementaires plus rigoureuses et de répondre aux besoins plus importants en soins des bénéficiaires. Le Conference Board du Canada a produit une prévision du nombre de lits de soins en établissement qui est liée à la croissance démographique de cohortes d’âge. On calcule que le Canada aura besoin en moyenne de 10 500 nouveaux lits par année au cours des 19 prochaines années, ce qui représente un total de 199 000 nouveaux lits d’ici à 2035. Ces prévisions ne tiennent pas compte des investissements requis pour la rénovation et la modernisation des établissements de soins de longue durée existants3. Dans un récent rapport, l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) a reconnu que la capacité en soins de longue durée devra doubler au cours des 20 prochaines années (si l’on suppose que la façon actuelle de fournir de soins ne changera pas), ce qui obligera à transformer la façon de fournir des soins aux aînés sur tout le continuum de soins4. Ces constatations donnent une idée des défis énormes que le Canada doit relever pour répondre aux besoins en soins de longue durée des aînés plus âgés. Des investissements dans l’infrastructure et les services de soins de longue durée amélioreront les soins aux aînés tout en réduisant considérablement la durée des périodes d’attente dans les hôpitaux et dans tout le système, ce dont tous les patients bénéficieront. La clé réside dans les efforts déployés pour déshospitaliser le système et aborder les options possibles sur les plans du logement et des soins en établissement pour la population vieillissante du Canada. Le gouvernement fédéral peut fournir une importante aide nationale en investissant dans l’infrastructure de soins de longue durée. RECOMMANDATION 1 L’AMC recommande que le gouvernement fédéral investisse dans l’infrastructure des soins de longue durée, y compris dans la modernisation et la rénovation, conformément à l’engagement qu’il a pris d’investir dans l’infrastructure sociale. Améliorer la sécurité du revenu des aînés vulnérables Le revenu est un facteur clé qui a une incidence sur la santé des personnes et des communautés. Il y a un lien entre un revenu et un statut social plus élevés et un meilleur état de santé5. Revenu adéquat : La pauvreté chez les aînés du Canada a dégringolé rapidement au cours des décennies 1970 et 1980, mais elle prend de l’ampleur depuis quelques années. En 2012, l’incidence du faible revenu chez les 65 ans et plus s’établissait à 12,1 %. Ce taux était beaucoup plus élevé chez les aînés vivant seuls, atteignant 28,5 %6. Proportion des aînés à faible revenu (2012 Tous les aînés : 12,1 % Aînés vivant seuls : 28,5 % La plupart des Canadiens âgés comptent sur la sécurité de la vieillesse (SV), le Régime de pensions du Canada (RPC) et leurs pensions ou placements personnels pour maintenir leur niveau de vie de base au cours de la retraite. Des aînés ont aussi droit au supplément de revenu garanti (SRG) afin d’améliorer leur sécurité financière. L’AMC reconnaît les mesures prises par le gouvernement fédéral pour renforcer ces programmes et ces initiatives afin d’en garantir la viabilité et de fournir un allégement fiscal durable. Ces mesures doivent persister et évoluer pour aider les Canadiens âgés afin qu’ils aient les moyens de vivre chez eux ou dans des communautés amies des aînés à mesure qu’ils vieillissent. Les mesures prises par le gouvernement pour garantir un revenu adéquat aideront aussi les Canadiens vieillissants à s’occuper de leur santé, à demeurer autonomes et à continuer de vivre en toute sécurité sans avoir besoin de soins en établissement. En ce concerne la sécurité du revenu des aînés, l’exploitation financière des personnes âgées ne peut passer sous silence. La maltraitance des aînés prend de nombreuses formes : elle peut être financière, physique, psychologique, sexuelle, sans oublier la négligence. Le maltraitant est souvent un membre de la famille, un ami ou une autre personne en position de confiance. Les chercheurs estiment que de 4 à 10 % des personnes âgées du Canada sont victimes de maltraitance ou de négligence, dont une faible partie seulement est signalée. L’AMC appuie les initiatives de sensibilisation de la population qui attirent l’attention sur la maltraitance des aînés, ainsi que les programmes d’intervention auprès des personnes âgées maltraitées et des maltraitants. RECOMMANDATION 2 L’AMC recommande que le gouvernement fédéral prenne des mesures pour fournir un soutien du revenu adéquat aux Canadiens âgés, ainsi que de la protection contre l’exploitation financière et de l’éducation en la matière. Améliorer l’ensemble de la qualité de vie et du bien-être des aînés L’amélioration de notre façon d’aider la population âgée de plus en plus nombreuse du Canada et de nous en occuper constitue une priorité de l’AMC depuis plusieurs années. Pour la première fois dans l’histoire du Canada, les 65 ans et plus sont plus nombreux que les 15 ans et moins7. Les projections indiquent que les aînés représenteront plus de 20 % de la population en 2024 et jusqu’à 25 % en 20368. Les 85 ans et plus constituent le groupe d’âge qui augmente le plus rapidement au Canada – il a augmenté de 127 % entre 1993 et 20139. En se basant sur un scénario de croissance moyenne, Statistique Canada prévoit qu’il y aura plus de 11 100 Canadiens de 100 ans et plus en 2021, 14 800 en 2026 et 20300 en 20367. L’âge ne signifie pas automatiquement un mauvais état de santé ou une incapacité, mais le risque augmente avec l’âge dans les deux cas. De 75 à 80 % environ des aînés du Canada déclarent avoir un problème chronique ou plus10. À cause de l’augmentation des taux d’incapacité et de maladies chroniques, la demande de services de santé devrait augmenter à mesure que la population du Canada vieillit. Le Conference Board du Canada a calculé que 2,4 millions de Canadiens de 65 ans et plus auront besoin de soins continus, tant rémunérés que non rémunérés, d’ici à 2026 – ce qui représente une augmentation de 71 % depuis 201111. Une demande croissante Proportion d’aînés parmi la 20 % population totale d’ici 2024 Augmentation du nom re d’aînés 127 % de 85 ans et plus de 1993 à 2013 Proportion d’aînés atteints d'au 80 % moins une maladie chronique Augmentation du nom re d’aînés ayant 71 % esoin de soins continus de 2011 à 2026 Lorsque les soins de santé financés par le Trésor ont été créés il y a une cinquantaine d’années, le Canada comptait un peu plus de 20 millions d’habitants, et l’espérance de vie moyenne était de 71 ans. Aujourd’hui, le pays compte plus de 36 millions d’habitants, et l’espérance de vie moyenne a augmenté de 10 ans. Le vieillissement de la population constitue à la fois une réussite et un impératif pressant des politiques sur la santé. Stratégie nationale sur les aînés Le Canada a besoin d’une nouvelle approche si nous voulons réussir à fournir à notre population vieillissante et aux autres Canadiens les soins dont ils ont besoin, au moment et à l’endroit où ils en ont besoin. L’AMC est d’avis que le gouvernement fédéral doit investir maintenant dans les soins aux aînés en s’appuyant pour cela sur une stratégie pancanadienne. Il peut ainsi aider les Canadiens vieillissants à être aussi productifs que possible – au travail, dans leur communauté et chez eux. L’AMC se réjouit de la publication, en juin 2017, du rapport où le Comité sénatorial permanent des finances nationales demandait au gouvernement fédéral d’élaborer, en collaboration avec les provinces, les territoires et des partenaires autochtones, une stratégie nationale sur les aînés afin de contrôler l’augmentation des dépenses tout en garantissant des soins appropriés et accessibles12. L’AMC se réjouit aussi que le député Marc Serré (Nickel Belt) ait mobilisé des appuis pour sa motion d’initiative parlementaire préconisant l’élaboration d’une stratégie nationale sur les aînés. Plus de 50 000 Canadiens appuient déjà cette cause (voir www.Exigeonsunplan.ca). RECOMMANDATION 3 L’AMC recommande que le gouvernement fédéral fournisse du financement ciblé pour appuyer l’élaboration d’une stratégie nationale sur les aînés afin de répondre aux besoins de la population vieillissante. Améliorer l’aide aux soins à domicile et aux proches aidants du Canada Beaucoup des services dont les personnes âgées ont besoin, en particulier les services de soins à domicile et de soins de longue durée, ne sont pas couverts par la Loi canadienne sur la santé. Le financement affecté à ces services varie considérablement entre les provinces. La disparité de la capacité budgétaire des provinces dans le contexte économique actuel signifiera que l’amélioration des soins aux aînés sera inégale. Le financement et la prestation de services de soins à domicile accessibles aideront davantage de Canadiens vieillissants à se rétablir d’une maladie, à vivre chez eux plus longtemps et à contribuer à leur famille et à leur communauté. Il faudrait envisager attentivement des arrangements financiers pluriannuels afin de renforcer l’engagement à l’égard des soins à domicile et le financement qui y est affecté13. Il importe aussi d’établir des partenariats et des modèles innovateurs afin d’aider à garantir les services et les ressources nécessaires pour assurer la transition transparente des aînés sur tout le continuum des soins. RECOMMANDATION 4 L’AMC recommande que les gouvernements collaborent avec les secteurs des services de santé et des services sociaux, ainsi qu’avec des assureurs du secteur privé, afin d’établir un cadre de financement et de prestation de services accessibles et durables de soins à domicile et de soins de longue durée. Les membres de la famille et les amis qui sont des proches aidants constituent un rouage très important du système de santé. Une étude menée par Statistique Canada en 2012 a révélé que 5,4 millions de Canadiens s’occupaient d’une personne âgée membre de leur famille ou amie et que 62 % des proches aidants qui aident des personnes âgées ont déclaré que les bénéficiaires des soins vivaient dans une résidence privée autre que la leur14. Selon un rapport de l’association Proches aidants au Canada, de l’Association canadienne de soins et services à domicile et du Réseau canadien de lutte contre le cancer, les proches aidants fournissent tout un éventail de services, y compris des soins personnels ou médicaux, des services d’entretien ménager, de représentation, de gestion financière, de même que du soutien social ou émotionnel. Le rapport a aussi indiqué que les proches aidants apportent une contribution de 25 milliards de dollars en travail non rémunéré dans notre système de santé15. Étant donné leurs contributions énormes, les proches aidants du Canada ont besoin de soutien sous forme d’aide financière, d’éducation, d’appui de leurs pairs et de soins de relève. Une stratégie nationale sur les proches aidants s’impose pour veiller à ce qu’on leur fournisse l’aide dont ils ont besoin15. Les proches aidants fournissent des services... de soins personnels ou médicaux Valeur de d'entretien ménager 25 milliards de dollars de représentation en travail de gestion non fnancière rémunéré de soutien social ou émotionnel RECOMMANDATION 5 L’AMC recommande que le gouvernement fédéral et d’autres parties prenantes conjuguent leurs efforts pour élaborer et appliquer une stratégie nationale sur les proches aidants et étendre les programmes d’aide actuellement offerts aux proches aidants non rémunérés. Les Canadiens souhaitent que les gouvernements fassent davantage pour aider les aînés et leurs proches aidants16. Le nouveau crédit canadien pour aidant naturel (CCAN) combiné du gouvernement fédéral est un crédit non remboursable versé aux personnes qui s’occupent de proches à leur charge vivant avec une incapacité (y compris les personnes handicapées). Le crédit sera plus accessible et accordera un allégement fiscal à plus d’aidants naturels en incluant les proches à charge qui ne vivent pas avec leurs aidants naturels et en haussant le seuil de revenu. L’AMC recommande de transformer le nouveau CCAN en crédit d’impôt remboursable pour les proches aidants dont l’impôt exigible n’atteint pas le crédit total, ce qui entraînerait un remboursement constituant une aide financière plus importante pour les familles à faible revenu. RECOMMANDATION 6 L’AMC recommande que le gouvernement fédéral fasse mieux connaître le nouveau crédit canadien pour aidant naturel et le transforme en crédit d’impôt remboursable aux aidants naturels. L’engagement que le gouvernement fédéral a pris récemment de verser aux provinces et aux territoires 6 milliards de dollars en 10 ans pour les soins à domicile, y compris le soutien aux proches aidants, a été bien accueilli et aidera à améliorer les possibilités pour les aînés de demeurer chez eux. Comme dans le cas des ententes bilatérales antérieures de financement, il est important d’établir des principes opérationnels clairs entre les parties afin de surveiller l’utilisation du financement et l’élaboration de paramètres clairs de mesure de rendement. RECOMMANDATION 7 L’AMC recommande que le gouvernement fédéral établisse, au sujet du financement des soins à domicile qui a été négocié avec les provinces et les territoires, des principes opérationnels clairs pour reconnaître le financement destiné aux aidants naturels et aux soins de relève comme des domaines admissibles où investir. Le financement injecté récemment par le gouvernement fédéral dans les services de soins à domicile et de santé mentale reconnaît l’importance de ces aspects du système de santé. Il indique aussi que le Canada n’a pas suffisamment investi dans les soins à domicile et les soins communautaires jusqu’à maintenant. D’autres pays ont mis en place des systèmes et des programmes qui appuient davantage le secteur et que le Canada devrait envisager de reproduire. RECOMMANDATION 8 L’AMC recommande que le gouvernement fédéral convoque une étude internationale parlementaire de tous les partis qui inclura des parties prenantes afin d’examiner les approches suivies par les autres pays pour atténuer l’utilisation indue des soins actifs pour les personnes âgées et fournir de l’aide aux aidants naturels. Programmes et moyens de soutien pour promouvoir le vieillissement en santé L’AMC est d’avis que tous les ordres de gouvernement devraient investir dans des programmes et des moyens de soutien pour promouvoir le vieillissement en santé, un continuum complet de services de santé afin d’optimiser les soins et le soutien fournis aux Canadiens âgés, ainsi qu’un environnement et une société qui sont « amis des aînés »17. Selon l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), le vieillissement en santé s’entend du « processus qui consiste à optimiser les possibilités de maintenir une bonne santé physique, sociale ou mentale pour permettre aux aînés de préserver leur autonomie, de jouir d’une belle qualité de vie et de jouer un rôle actif dans la société, à l’abri de la discrimination »18. On croit que des initiatives visant à promouvoir le vieillissement en santé et à permettre aux Canadiens âgés de demeurer en santé aideront à faire baisser les coûts des soins de santé en allégeant le fardeau global imposé par l’incapacité et la maladie chronique. De telles initiatives devraient viser avant tout l’activité physique, une bonne alimentation, la prévention des traumatismes (p. ex., chutes) et la santé mentale des aînés (y compris la dépression). RECOMMANDATION 9 L’AMC recommande que tous les ordres de gouvernement appuient des programmes de promotion de l’activité physique, de la nutrition, de la prévention des traumatismes et de la santé mentale chez les Canadiens âgés. Les aînés qui ont de multiples maladies chroniques ou incapacités ont besoin de soins qui peuvent être complexes, peuvent varier énormément selon la personne et mettre à contribution de nombreux fournisseurs de soins de santé. Pour répondre aux besoins en soins complexes, il faut un système de santé souple et à l’écoute. L’AMC est d’avis que les soins de santé de qualité pour les Canadiens âgés devraient être fournis sur un continuum qui s’étend des soins de santé communautaires (p. ex., programmes de soins de santé primaires et de prise en charge des maladies chroniques) jusqu’aux soins de longue durée et aux soins palliatifs, en passant par les soins à domicile (p. ex., travailleurs en soins de santé à domicile qui donnent des bains et des soins des pieds). Ce continuum de soins devrait idéalement être géré de façon à permettre aux aînés de demeurer chez eux et d’éviter les salles d’urgence, les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée, sauf dans les cas où c’est nécessaire, d’avoir facilement accès au niveau de soins dont ils ont besoin et de passer de façon transparente d’un niveau de soins à un autre au besoin. RECOMMANDATION 10 L’AMC recommande que les gouvernements et d’autres parties prenantes conjuguent leurs efforts pour créer et appliquer des modèles de prestation aux Canadiens âgés de services de santé interdisciplinaires et intégrés. Chaque personne âgée devrait avoir un médecin de famille ou pouvoir faire partie d’un cabinet de médecine de famille qui constituerait le centre de médecine de famille du patient. C’est le point de convergence de la prestation et de la coordination opportunes du menu complet de services sanitaires et médicaux. Le centre de médecine de famille d’un patient devrait lui garantir l’accès aux conseils d’un médecin et la prestation des soins nécessaires ou l’orientation vers ceux-ci 24 heures sur 24, sept jours sur sept et 365 jours par année. Une recherche menée en 2014 par le Fonds du Commonwealth a révélé que le pourcentage des Canadiens âgés qui ont un médecin de famille ou un lieu de soins réguliers est très élevé (98 %), mais que leur capacité à y avoir rapidement accès en obtenant un rendez-vous le jour même ou le lendemain figurait parmi les plus faibles sur 11 pays19. Les aînés du Canada étaient aussi plus susceptibles que ceux de la plupart des autres pays sondés de recourir aux services d’urgence et d’avoir des problèmes de coordination des soins. RECOMMANDATION 11 L’AMC recommande que les gouvernements poursuivent leurs efforts afin de veiller à ce que les Canadiens aient accès à un médecin de famille et bénéficient le cas échéant de services gériatriques spécialisés. Les médicaments d’ordonnance constituent l’élément du budget de la santé qui connaît la croissance la plus rapide, et ils représentent en importance la deuxième catégorie de coûts des dépenses de santé. À mesure que le nombre des aînés augmentera, on aura constamment besoin de renseignements détaillés sur l’utilisation des médicaments par les aînés et les dépenses nécessaires à la gestion globale des programmes publics d’assurance médicaments20. Même si les aînés de l’ensemble des provinces et des territoires bénéficient d’une couverture sur le plan des médicaments, certains sautent toujours des doses ou évitent de faire remplir des ordonnances à cause du coût et une recherche plus poussée sur l’ampleur du problème s’impose21. L’AMC appuie la création d’un programme national équitable et complet d’assurance médicaments. Comme étape vers la couverture universelle et complète, l’AMC a demandé à maintes reprises au gouvernement fédéral de mettre en place un système d’assurance pour les médicaments d’ordonnance onéreux afin de réduire les obstacles aux traitements que constituent les coûts et d’éviter aux Canadiens des difficultés financières indues. De plus, comme il y a plus de médicaments disponibles pour traiter un nombre important de problèmes de santé complexes et chroniques, l’AMC appuie l’élaboration d’une approche nationale coordonnée afin de réduire la polypharmacie chez les aînés. RECOMMANDATION 12 L’AMC recommande que les gouvernements et d’autres parties prenantes conjuguent leurs efforts pour créer et appliquer une stratégie pharmaceutique nationale qui porte à la fois sur la couverture complète des médicaments essentiels pour tous les Canadiens et sur des programmes visant à encourager l’optimisation de l’établissement d’ordonnances et de la pharmacothérapie. Les soins et le soutien optimaux aux Canadiens âgés passent aussi par la détermination, l’adaptation et la mise en application de pratiques exemplaires de soins aux aînés. Le Portail des pratiques exemplaires22 de l’ASPC constitue une initiative digne de mention et le système doit étendre les pratiques exemplaires et en adapter l’ordre de grandeur en exploitant et améliorant des ressources nationales qui renforcent la capacité et améliorent le rendement des soins à domicile et d’autres secteurs13. RECOMMANDATION 13 L’AMC recommande que les gouvernements et d’autres parties prenantes appuient des recherches soutenues visant à déterminer les pratiques exemplaires de soins aux aînés et surveillent l’effet de diverses interventions sur l’évolution de l’état de santé et les coûts. Un environnement et une société « amis des aînés » Un des objectifs premiers d’une politique sur les aînés au Canada consiste à promouvoir l’autonomie des Canadiens âgés et à éviter ainsi l’institutionnalisation coûteuse aussi longtemps que c’est possible. Afin d’aider les Canadiens âgés à demeurer autonomes, les gouvernements et la société doivent tenir compte des déterminants sociaux de la santé dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques qui touchent les aînés. Il importe aussi d’éliminer la discrimination faite aux aînés et de promouvoir les messages positifs au sujet du vieillissement. Une société amie des aînés respecte l’expérience, le savoir et les capacités de ses membres âgés à qui elle accorde la même valeur et la même dignité qu’aux autres citoyens. L’emploi est aussi important pour les aînés qui ont besoin de travailler ou qui souhaitent le faire. Beaucoup d’aînés décident de demeurer actifs sur le marché du travail pour toutes sortes de raisons, notamment pour augmenter leurs ressources financières et demeurer en contact avec un réseau social23. L’AMC reconnaît l’aide que le gouvernement fédéral accorde aux aînés qui décident de continuer de travailler. Beaucoup d’employeurs encouragent les travailleurs âgés et tiennent compte de leurs besoins, mais il peut être difficile de trouver un emploi dans des lieux de travail qui ne veulent pas embaucher des travailleurs âgés. RECOMMANDATION 14 L’AMC recommande que tous les ordres de gouvernement et d’autres partenaires donnent aux Canadiens âgés accès à des possibilités d’emplois valables s’ils le souhaitent. L’environnement physique, y compris le milieu construit, peut aider à promouvoir l’autonomie des aînés et les aider à bien vieillir en bonne santé. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, des « environnements favorables aux aînés » s’entendent des milieux qui favorisent la santé, le bien-être et la participation des personnes à mesure qu’elles vieillissent24. Les environnements favorables aux aînés sont accessibles, équitables, inclusifs, sécuritaires, protégés, et conviviaux. Ils favorisent la santé et préviennent ou retardent l’apparition des maladies et du déclin fonctionnel. Ils fournissent des services axés sur les personnes et de l’aide pour leur permettre de se rétablir et de compenser la perte de fonctions afin que les intéressés puissent continuer à faire ce qui est important pour eux24. Les concepteurs et les constructeurs de ces communautés doivent tenir compte de ces facteurs. Par exemple, il faut concevoir des édifices dotés de rampes d’accès et d’ascenseurs, des trottoirs à bordure inclinée pour les déambulateurs et les fauteuils roulants, et fournir du transport public fréquent et accessible dans les quartiers à fortes concentrations d’aînés. RECOMMANDATION 15 L’AMC recommande que les gouvernements et les communautés tiennent compte des besoins des Canadiens âgés dans la conception d’édifices, d’allées, de systèmes de transport et d’autres aspects du milieu construit. Conclusion L’AMC reconnaît l’engagement que le gouvernement fédéral a pris de soutenir aujourd’hui les aînés vulnérables tout en se préparant à soutenir la population d’aînés diversifiée et croissante de demain. Les recommandations que l’AMC présente dans ce mémoire peuvent aider le gouvernement au moment où il cherche à améliorer l’accès des aînés au logement, à bonifier la sécurité du revenu des aînés vulnérables et à améliorer l’ensemble de la qualité de vie et du bien-être des aînés, de façon à promouvoir l’inclusion, le bien-être et la santé de la population vieillissante du Canada. Afin de maximiser la santé et le bien-être des Canadiens âgés et d’assurer leur participation active et leur autonomie aussi longtemps que possible, l’AMC croit que le système de santé, les gouvernements et la société devraient collaborer avec les Canadiens âgés pour promouvoir le vieillissement en santé, fournir des services de soins de santé et de soutien de qualité et axés sur les patients et créer des communautés qui accordent de la valeur aux Canadiens de tous les âges. Références 1 Simpson C. L’engorgement des hôpitaux : pourquoi le Canada a besoin d’une stratégie nationale sur les soins aux aînés. Allocution prononcée devant le Canadian Club d’Ottawa par le Dr Christopher Simpson, président, Association médicale canadienne. Le 18 novembre 2014. Ottawa : Ontario [En ligne]. Accessible ici : https://www.cma.ca/Fr/Lists/Medias/Code_Gridlock_final_FRENCH.pdf (consulté le 22sept.2016). 2 RLISS du Nord-Est. HOME First Shifts care of Seniors to HOME. 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Une nouvelle vision des soins de santé au Canada : Atténuer les effets d’une population vieillissante. Mémoire prébudgétaire 2016 présenté au ministre des Finances

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11803
Date
2016-02-09
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Mémoires présentés au Parlement
Date
2016-02-09
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
L'Association médicale canadienne (AMC) est heureuse de confirmer qu'elle appuie fermement les engagements que le gouvernement fédéral a pris à l'égard des politiques sociales et de santé et qu'il a décrits dans les lettres de mandat des ministres. Dans ce mémoire, l'AMC présente sept recommandations portant sur une intervention fédérale réelle et essentielle afin de voir à ce que le Canada soit prêt à répondre aux besoins de sa population vieillissante dans le domaine des soins de santé. Les recommandations de l'AMC doivent être mises en œuvre au cours de l'exercice financier 2016-2017 de façon à appuyer immédiatement les provinces et les territoires et afin qu'en bénificie la population canadienne. Il est essentiel de donner suite sur-le-champ à ces recommandations, étant donné les pénuries courantes et croissantes qui se font sentir sur tout le continuum des soins dans les provinces et les territoires d'un bout à l'autre du Canada. En 2014, l'AMC a lancé une initiative de consultation générale sur les défis liés au soin des aînés dont elle a résumé les résultats dans le rapport intitulé Cadre d'action visant à orienter la stratégie nationale pour les aînés du Canada. Ce rapport met en évidence les défis importants qui se posent actuellement dans le domaine des soins aux aînés et met l'accent sur le besoin d'un engagement fédéral accru. Enfin, si elles sont appliquées, les recommandations de l'AMC aideront le gouvernement fédéral à tenir ses promesses stratégiques dans le domaine de la santé, notamment celle de conclure un nouvel accord sur la santé. 1) Un engagement fédéral accru dans le domaine de la santé Un grand changement s'annonce au Canada. La nation canadienne est sur le point de connaître des bouleversements majeurs en raison des facteurs sociaux et économiques associés aux grands changements démographiques déjà en cours, auxquels s'ajoute le climat d'incertitude qui caractérise actuellement l'économie mondiale. Le gouvernement fédéral doit, plus que jamais, agir et faire preuve de leadership. En 2015, pour la première fois de son histoire, le Canada comptait plus d'aînés de 65 ans et plus que de jeunes de moins de 15 ans1. Si la tendance se maintient, les aînés devraient représenter plus de 20 % de la population en 2024 et jusqu'à 25 % en 20362. On reconnaît de plus en plus que la flambée prévue de la demande de services pour les aînés, qui coïncidera avec un ralentissement de la croissance économique et un fléchissement des recettes de l'État, alourdira les pressions qui s'exercent sur les budgets des gouvernements provinciaux et territoriaux3. Même s'ils représentent environ le sixième de la population, les aînés entraînent aujourd'hui environ la moitié des dépenses de santé publique4. Si l'on se fonde sur les tendances et les approches courantes, les soins aux aînés devraient engloutir presque 62 % des budgets de la santé des provinces et des territoires en 20365. Dans son dernier rapport sur les dépenses nationales de santé, l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) prévoit qu'elles devaient dépasser 219 milliards de dollars en 2015, soit 10,9 % du produit intérieur brut (PIB) du Canada6. Afin de mieux comprendre l'importance des dépenses de santé dans le contexte national, pensons que le total des dépenses liées aux programmes fédéraux représente 13,4 % du PIB7. Enfin, les budgets de la santé représentent maintenant en moyenne 38 % des budgets totaux des provinces et des territoires8. Le dernier rapport du directeur parlementaire du budget sur la viabilité budgétaire explique que les demandes de la population vieillissante du Canada entraîneront une " dégradation constante des finances " des provinces et des territoires à qui " la politique actuelle ne permet pas de relever les défis liés au vieillissement de la population9 ", ce qui est alarmant. Globalement, les indicateurs résumés ci-dessus montrent qu'il est clairement impératif et dans l'intérêt national que le gouvernement fédéral s'engage encore plus, fasse preuve d'un plus grand leadership et appuie davantage la prestation des soins de santé au Canada. 2) Réponses aux questions de la consultation prébudgétaire Question 1 : Comment mieux appuyer notre classe moyenne? A) Intervention fédérale pour aider à réduire le coût des médicaments d'ordonnance L'AMC encourage vivement le gouvernement fédéral à appuyer des mesures visant à réduire le coût des médicaments d'ordonnance au Canada. L'Alliance pancanadienne pharmaceutique pilotée par les provinces et les territoires constitue une initiative clé en cours. L'AMC appuie l'annonce faite récemment par le gouvernement fédéral qu'il établira un partenariat avec les provinces et les territoires dans le contexte de l'Alliance pancanadienne pharmaceutique. Comme la majorité des Canadiens en âge de travailler ont de l'assurance privée pour les médicaments d'ordonnance10, l'AMC recommande que le gouvernement fédéral appuie les efforts déployés pour inviter l'industrie privée de l'assurance maladie à participer au travail de l'Alliance pancanadienne pharmaceutique. Les médicaments d'ordonnance ont un rôle crucial à jouer comme élément d'un système de santé de grande qualité, axé sur les patients et dont les coûts sont efficaces. Le Canada se démarque comme le seul pays à avoir un régime de soins de santé universel sans assurance médicaments universelle11. Il est malheureux de constater que le caractère abordable des médicaments d'ordonnance soit devenu un obstacle majeur à l'accès aux soins pour beaucoup de Canadiens. Selon l'Institut Angus Reid, plus d'un Canadien sur cinq (23 %) déclare qu' au cours des 12 derniers mois un membre de sa famille ou lui-même n'a pas pris de médicaments prescrits à cause des coûts12. L'Enquête sur les dépenses des ménages menée par Statistique Canada révèle que les ménages dirigés par une personne âgée dépensent 724 $ par année en médicaments d'ordonnance, total le plus élevé parmi tous les groupes d'âge. C'est aussi plus de 60 % de plus que le ménage moyen13. Une autre étude récente a révélé que 7 % des aînés du Canada ont déclaré ne pas prendre un médicament ou ne pas faire remplir une ordonnance en raison des coûts14. L'AMC demande depuis longtemps au gouvernement fédéral de mettre en œuvre un système de protection contre le coût exorbitant des médicaments d'ordonnance afin d'éviter des difficultés financières indues aux Canadiens et d'abaisser les obstacles au traitement que représentent les coûts. Comme une avancé positive franchie vers l'assurance universelle et complète des médicaments d'ordonnance, l'AMC recommande que le gouvernement fédéral établisse un nouveau programme de financement qui protégera contre le coût exorbitant des médicaments d'ordonnance. Ce programme assurerait la couverture des coûts dépassant 1500 $ par année ou 3 % du revenu brut annuel des ménages. Selon les estimations présentées dans une étude commandée par l'AMC, ce projet coûterait 1,57 milliard de dollars en 2016-2017 (Tableau 1). Tableau 1 : Projection des coûts d'une couverture fédérale des médicaments onéreux, selon le groupe d'âge, 2016-2020 (en millions de dollars)15 Groupe d'âge 2016 2017 2018 2019 2020 Pourcentage des coûts Moins de 35 ans 113,3 116,3 119,4 122,5 125,2 7% 35 à 44 ans 177,2 183,5 190,5 197,8 204,3 11% 45 à 54s 290,2 291,9 298,0 299,2 301,0 18% 55 à 64 ans 383,7 400,6 417,6 433,1 444,6 25% 65 à 74 ans 309,2 328,5 348,4 369,8 391,6 21% 75 ans et plus 303,0 315,5 329,8 345,2 360,1 20% Tous les groupes 1 566,8 1 617,9 1 670,5 1 724,2 1 773,1 100% B) Fournir un appui fédéral immédiat aux aidants naturels non rémunérés du Canada Environ 8,1 millions de Canadiens sont aidants naturels non rémunérés, rôle crucial dans le secteur de la santé et des services sociaux du Canada16. Le Conference Board du Canada signale qu'en 2007, les aidants naturels ont fourni plus de 1,5 milliard d'heures de soins à domicile : c'est plus de 10 fois le nombre d'heures rémunérées au cours de la même année17. La contribution économique des aidants naturels a été estimée à environ 25 milliards de dollars en 200918. Au cours de la même étude, on a calculé que les aidants naturels avaient dépensé personnellement plus de 80 millions de dollars pour fournir des soins en 2009. En dépit de leur valeur énorme et de leur rôle important, un faible pourcentage seulement des aidants naturels qui s'occupent d'un membre de leur famille reçoivent de l'aide du gouvernement19. Seulement 5 % des aidants naturels qui s'occupent d'un membre de leur famille ont déclaré avoir reçu de l'aide financière, tandis que 28 % ont signalé avoir besoin de plus d'aide qu'ils en ont reçu20. Il est clair que les aidants naturels du Canada ont besoin de plus d'aide. Dans un premier temps, l'AMC recommande au gouvernement fédéral de rendre remboursables les crédits d'impôt pour aidants familiaux. Les aidants familiaux bénéficieraient ainsi de plus d'aide financière. On estime que cette mesure coûterait 90,8 millions de dollars en 2016-201721. C) Créer un nouveau Fonds d'innovation en soins à domicile L'AMC appuie fermement l'engagement important que le gouvernement fédéral a pris de fournir des services de soins à domicile plus nombreux et meilleurs comme il l'a dévoilé dans la lettre de mandat de la ministre de la Santé. Les soins à domicile intégrés et accessibles ont un rôle important à jouer dans le secteur de la santé au Canada, notamment en ce qui concerne le problème des patients à un autre niveau de soins (ANS) qui attendent à l'hôpital pour des soins à domicile ou des soins de longue durée. Comme l'a signalé l'ICIS, presque 1 million de Canadiens reçoivent des soins à domicile et ont en majorité 65 ans ou plus22. À mesure que la population continue de vieillir, on peut s'attendre à ce que la demande de soins à domicile augmente. En dépit de son importance, il est généralement reconnu que des pénuries sévissent dans tout le secteur des soins à domicile23. Il y a certes des innovations dans le secteur, mais le financement constitue un obstacle clé à l'augmentation et à l'expansion des services. Pour que le gouvernement fédéral tienne sa promesse d'accroître la disponibilité des soins à domicile, l'AMC recommande la création d'un nouveau fonds ciblé d'innovation en soins à domicile. L'AMC recommande que le fonds distribue 3 milliards de dollars sur quatre ans, y compris 400 millions de dollars au cours de l'exercice financier de 2016-2017, comme le Parti libéral du Canada l'a décrit dans son programme électoral. Question 2 : Quels sont les besoins en infrastructure qui peuvent le mieux aider l'économie à prendre de l'expansion... et répondre aux priorités locales? Affecter l'investissement fédéral dans le secteur des soins de longue durée comme élément de l'infrastructure sociale. Toutes les provinces et les territoires du Canada sont aux prises avec des pénuries dans le secteur des soins continus. Même si les soins à domicile sont plus accessibles, une étude commandée par l'AMC indique que les changements démographiques vont provoquer une flambée de la demande d'établissements de soins continus24. En 2012, on a déclaré qu'il faillait attendre de 27 à 230 jours pour avoir accès à un établissement de soins de longue durée. Plus de 50 % des patients en ANS occupent ces lits d'hôpital parce qu'il n'y a pas de lits de soins de longue durée disponibles25. À cause de l'écart important entre le coût des soins hospitaliers (environ 846 $ par jour) et celui des soins de longue durée (126 $ par jour), l'AMC estime que les pénuries dans le secteur des soins de longue durée représentent, pour le système de santé, un coût d'inefficience de 2,3 milliards de dollars par année26. Même si l'on reconnaît qu'il faut investir dans l'infrastructure du secteur des soins continus, jusqu'à maintenant, celui-ci a été indûment exclu de l'investissement fédéral dans les infrastructures, c.-à-d. du plan Chantiers Canada. L'AMC recommande que le gouvernement fédéral inclue les investissements dans l'infrastructure des soins continus, y compris la modernisation et la rénovation, dans l'engagement qu'il a pris d'investir dans l'infrastructure sociale. Compte tenu d'estimations antérieures, l'AMC recommande d'affecter 540 millions de dollars en 2016-2017 (Tableau 2), en mode de partage des coûts. Tableau 2 : Estimation des coûts à prévoir pour combler le manque de lits en établissements de soins de longue durée, 2016-2020 (en millions de dollars)27 Projection du nombre de lits manquant en établissements de soins de longue durée Estimation des coûts pour combler ce manque Portion assume par le gouvernement fédéral (le tiers) 2016 6 028 1 621,5 540,5 2017 6 604 1 776.5 592,2 2018 8 015 2 156.0 718,7 2019 8 656 2 328.5 776,2 2020 8 910 2 396.8 798,9 Total 38 213 10 279.3 3 426,4 Sans compter la prestation améliorée des ressources du secteur de la santé, les investissements dans le secteur des soins de longue durée contribueraient considérablement à la croissance de l'économie. Selon des estimations antérieures du Conference Board du Canada, les immobilisations nécessaires pour combler les écarts de 2013 à 2047 produiraient des retombées économiques directes annualisées comportant une contribution de 1,23 milliard de dollars au PIB et 14 141 emplois de grande valeur au cours de la phase d'investissement, de même qu'une contribution de 637 millions de dollars au PIB et de 11 604 emplois de grande valeur au cours de la phase d'exploitation des installations (compte tenu d'immobilisations annuelles moyennes). Question 3 : Comment créer de la croissance économique, protéger l'environnement et répondre aux priorités locales tout en garantissant que les plus vulnérables ne sont pas oubliés? Fournir du nouveau financement pour aider les provinces et les territoires à répondre aux besoins en soins des personnes âgées Les dirigeants des provinces et des territoires du Canada ont de la difficulté à répondre aux besoins en soins de santé à cause du virage démographique. En juillet dernier, les premiers ministres ont diffusé une déclaration demandant de porter le transfert canadien en matière de santé (TCS) à 25 % des coûts des soins de santé des provinces et des territoires afin de répondre aux besoins d'une population vieillissante. Il est reconnu qu'en tant que transfert égal par habitant, le TCS ne tient pas compte actuellement des groupes démographiques qui ont des besoins plus importants en santé, en particulier les aînés. L'AMC se réjouit de voir que le premier ministre a reconnu le problème dans la lettre qu'il a envoyée le printemps dernier au premier ministre du Québec, Philippe Couillard. L'AMC craint toutefois qu'une stratégie de modification de la formule de calcul du transfert ne retarde la prestation de l'aide fédérale destinée à répondre aux besoins d'une population vieillissante. C'est pourquoi au lieu de modifier la formule de transfert, l'AMC a élaboré une approche qui aide les provinces et territoires essayant de répondre aux besoins de leur population vieillissante tout en respectant l'accord de transfert déjà en vigueur. L'AMC a demandé au Conference Board du Canada de calculer le montant d'appoint du TCS en se basant sur une projection fondée sur les besoins. Le montant d'appoint à verser à chaque province et territoire est basé sur l'augmentation prévue des dépenses liées à une population vieillissante. Afin d'appuyer l'innovation et la transformation qui s'imposent pour répondre aux besoins en santé de la population vieillissante, l'AMC recommande que le gouvernement fédéral accorde aux provinces et aux territoires un financement annuel supplémentaire à compter de 2016-2017 sous forme de paiement d'appoint basé sur les caractéristiques démographiques qui s'ajouterait au Transfert canadien en matière de santé (Tableau 3). Pour l'exercice 2016-2017, ce paiement d'appoint représenterait un investissement fédéral de 1,6 milliard de dollars. Tableau 3 : Répartition du paiement d'appoint fédéral fondé sur des facteurs démographiques, 2016-2020 (en millions de dollars)28 Province ou territoire 2016 2017 2018 2019 2020 Canada 1 602,1 1 663,6 1 724,2 1 765,8 1 879,0 Ontario 652,2 677,9 692,1 708,6 731,6 Quebec 405,8 413,7 418,8 429,0 459,5 Columbie-Britanique 251,6 258,7 270,3 270,1 291,3 Alberta 118,5 123,3 138,9 141,5 157,5 Nouvelle-Écosse 53,6 58,6 62,3 64,4 66,6 Nouveau-Brunswick 45,9 50,7 52,2 54,1 57,2 Terre-Neuve-et-Labrador 29,7 30,5 33,6 36,6 46,1 Manitoba 28,6 30,6 33,5 32,5 36,6 Saskatchewan 3,5 4,9 7,3 12,7 15,4 Île-du-Prince-Édouard 9,1 9,7 1,.6 10,9 11,5 Yukon 1,4 2,6 2,1 2,5 2,5 Question 4 : Les nouvelles priorités et initiatives du gouvernement sont-elles réalistes? Aideront-elles l'économie à prendre de l'expansion? Veiller à ce que l'équité fiscale pour les professionnels de la santé du Canada soit maintenue Le gouvernement s'est engagé notamment à réduire le taux de l'impôt sur le revenu des petites entreprises pour le ramener de 11 à 9 %. L'AMC appuie cet engagement d'appuyer les petites entreprises, comme les cabinets de médecins, reconnaissant les défis importants que le secteur doit relever. On ne sait toutefois pas clairement si, dans le contexte de cet engagement, le gouvernement fédéral a l'intention de modifier le cadre qui régit les sociétés privées sous contrôle canadien (SPCC). La formulation de cet engagement pris par le gouvernement, telle que dévoilée dans la lettre de mandat de la ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme, a suscité de la confusion et soulevé des préoccupations. Les médecins du Canada sont des professionnels très qualifiés qui fournissent un service public important et contribuent considérablement à l'économie du savoir du Canada. Ils créent directement ou indirectement des centaines de milliers d'emplois au Canada et investissent des millions de dollars dans les communautés locales, garantissant ainsi que les Canadiens peuvent avoir accès aux soins dont ils ont besoin aussi près de chez eux que possible. Compte tenu de la conception du système de soins de santé du Canada, les médecins sont en majorité des professionnels autonomes. Ils sont en fait propriétaires de leur petite entreprise. En tant que petits entrepreneurs indépendants, ils n'ont habituellement pas accès aux prestations de retraite ou de santé. Comme employeurs, ils sont en outre responsables de ces prestations pour les employés. Sans compter qu'ils doivent gérer les nombreux coûts associés à la gestion d'un cabinet médical, les médecins du Canada doivent relever des défis que beaucoup d'autres petites entreprises ne connaissent pas. En tant que professionnels très qualifiés, les médecins arrivent habituellement dans la population active plus tard dans la vie et très endettés. Dans certains cas, le lancement d'une pratique après la formation oblige à investir considérablement dans une clinique ou un cabinet. Enfin, il importe de reconnaître que les médecins ne peuvent faire payer aux patients les coûts accrus imposés par les gouvernements, tels qu'apportés par des changements du cadre régissant les SPCC, comme d'autres entreprises le feraient avec leurs clients. Pour un pourcentage important de médecins du Canada, le cadre régissant les SPCC représente une mesure d'équité fiscale pour des particuliers qui ont une responsabilité et un fardeau financiers personnels importants dans le cadre de notre système public de soins de santé. Dans beaucoup de cas aussi, un cabinet serait financièrement insensé sans les dispositions du régime régissant les SPCC. Compte tenu de l'importance du cadre des SPCC pour la pratique de la médecine, des modifications pourraient avoir des conséquences inattendues sur les ressources de la santé, et pourraient aller jusqu'à réduire l'accès à des soins des plus nécessaires. L'AMC recommande que le gouvernement fédéral maintienne l'équité fiscale pour les professionnels de la médecine en affirmant son engagement envers le cadre actuel qui régit les sociétés privées sous contrôle canadien. 3) Conclusion L'AMC reconnaît que le gouvernement fédéral doit faire face à des prévisions économiques incertaines et attache la priorité à des mesures qui appuieront la croissance de l'économie. L'AMC encourage vivement le gouvernement fédéral à adopter les sept recommandations présentées dans son mémoire comme élément de ces efforts. Sans compter qu'elles contribueront vraiment à répondre aux besoins futurs en soins de la population vieillissante du Canada, ces recommandations atténueront les répercussions des pressions économiques qui s'exercent sur les particuliers ainsi que sur les provinces et territoires. L'AMC sera heureuse de fournir plus d'information, ainsi qu'une justification de chacune des recommandations. Résumé des recommandations 1. L'AMC recommande que le gouvernement fédéral établisse un nouveau programme de financement qui protégera contre le coût exorbitant des médicaments d'ordonnance, ce qui constituerait un pas positif franchi vers l'assurance universelle et complète des médicaments d'ordonnance. 2. L'AMC recommande que le gouvernement fédéral appuie les efforts déployés pour inviter l'industrie privée de l'assurance maladie à participer au travail de l'Alliance pancanadienne pharmaceutique. 3. L'AMC recommande que le gouvernement fédéral modifie, afin de les rendre remboursables, les crédits d'impôt pour les aidants familiaux. 4. Pour que le gouvernement fédéral tienne sa promesse d'accroître la disponibilité des soins à domicile, l'AMC recommande la création d'un nouveau fonds ciblé d'innovation en soins à domicile. 5. L'AMC recommande que le gouvernement fédéral inclue les investissements dans l'infrastructure des soins continus, y compris la modernisation et la rénovation, dans l'engagement qu'il a pris d'investir dans l'infrastructure sociale. 6. L'AMC recommande que le gouvernement fédéral accorde aux provinces et aux territoires un financement annuel supplémentaire à compter de 2016-2017 sous forme de paiement d'appoint basé sur les caractéristiques démographiques, qui s'ajouterait au Transfert canadien en matière de santé. 7. L'AMC recommande que le gouvernement fédéral maintienne l'équité fiscale pour les professionnels de la médecine en affirmant son engagement envers le cadre actuel qui régit les sociétés privées sous contrôle canadien. Bibliographie 1 Statistique Canada. Projections démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires, 2013 à 2063. Le Quotidien, mercredi 17 septembre 2014. Accessible ici : http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/140917/dq140917a-fra.htm. 2 Statistique Canada. Annuaire du Canada 2012. Aînés. Accessible ici : http://www.statcan.gc.ca/pub/11-402-x/2012000/chap/seniors-aines/seniors-aines-fra.htm. 3 Conference Board du Canada. Un parcours difficile à négocier : Les perspectives économiques et budgétaires du Canada. Accessible ici : http://www.conferenceboard.ca/e-library/abstract.aspx?did=6442. 4 Institut canadien d'information sur la santé. Tendances des dépenses nationales de santé, 1975 à 2014, Ottawa, 2014. Ottawa : L'Institut; 2014. Accessible ici : http://www.cihi.ca/web/resource/en/nhex_2014_report_fr.pdf. 5 Calcul de l'Association médicale canadienne basé sur les projections démographiques M1 de Statistique Canada et le profil des dépenses provinciales et territoriales de la santé selon l'âge et le sexe établi par l'Institut canadien d'information sur la santé. 6 ICIS. Tendances des dépenses nationales de santé, 1975 à 2015. Accessible ici : https://secure.cihi.ca/free_products/nhex_trends_narrative_report_2015_fr.pdf. 7 Ministère des Finances du Canada. Mise à jour des projections économiques et budgétaires de 2015. http://www.budget.gc.ca/efp-peb/2015/pub/efp-peb-15-fr.pdf. 8 ICIS. Tendances des dépenses nationales de santé, 1975 à 2015. Accessible ici : https://secure.cihi.ca/free_products/nhex_trends_narrative_report_2015_fr.pdf. 9 Bureau du directeur parlementaire du budget. Rapport sur la viabilité financière de 2015. Ottawa : le Bureau; 2015. Accessible ici : http://www.pbo-dpb.gc.ca/files/files/FSR_2015_FR.pdf. 10 IBM for the Pan-Canadian Pharmaceutical Alliance. Pan Canadian Drugs Negotiations Report. Accessible ici : http://canadaspremiers.ca/phocadownload/pcpa/pan_canadian_drugs_negotiations_report_march22_2014.pdf. 11 Morgan SG, Martin D, Gagnon MA, Mintzes B, Daw JR, Lexchin J. Pharmacare 2020: The future of drug coverage in Canada. Vancouver : Pharmaceutical Policy Research Collaboration, Université de la Colombie-Britannique; 2015. Accessible ici : http://pharmacare2020.ca/assets/pdf/The_Future_of_Drug_Coverage_in_Canada.pdf. 12 Institut Angus Reid. Prescription drug access and affordability an issue for nearly a quarter of Canadian households. Accessible ici : http://angusreid.org/wp-content/uploads/2015/07/2015.07.09-Pharma.pdf. 13 Statistique Canada. Enquête sur les dépenses des ménages. Ottawa : Statistique Canada; 2013. 14 Institut canadien d'information sur la santé. Résultats du Canada : Enquête internationale de 2014 auprès des adultes âgés sur les politiques de santé du Fonds du Commonwealth. Accessible ici : https://www.cihi.ca/fr/performance-du-systeme-de-sante/rapports-sur-la-performance/international/lenquete-du-commonwealth-1. 15 Conference Board du Canada. Recherche commandée par l'AMC, juillet 2015. 16 Statistique Canada. Être aidant familial : quelles sont les conséquences? Accessible ici : http://www.statcan.gc.ca/pub/75-006-x/2013001/article/11858-fra.htm. 17 Conference Board du Canada. Les soins à domicile et communautaires au Canada : quelle est leur empreinte économique? Ottawa, 2012. Accessible ici : http://www.conferenceboard.ca/e-library/abstract.aspx?did=4938. 18 Hollander MJ, Liu G et Chappeel NL. " Who cares and how much? The imputed economic contribution to the Canadian health care system of middle aged and older unpaid caregivers providing care to the elderly ". Healthc Q. 2009; vol. 12, no 2 : p. 42-59. 19 Rapport du groupe d'employeurs sur la question des aidants naturels. Quand il faut jongler entre travail et soins : comment les employeurs peuvent soutenir les aidants naturels au sein de leur personnel. Accessible ici : http://www.edsc.gc.ca/fra/aines/rapports/pcsean.shtml. 20 Ibid. 21 Conference Board du Canada. Recherche commandée par l'AMC, juillet 2015. 22 ICIS. Les personnes âgées et les niveaux de soins alternatifs : mettre à profit nos connaissances. Accessible ici : https://secure.cihi.ca/free_products/ALC_AIB_FR.pdf. 23 AMC Cadre d'action visant à orienter la stratégie nationale pour les aînés du Canada. Accessible ici : https://www.cma.ca/Assets/assets-library/document/fr/about-us/gc2015/cadre-daction-fr.pdf. 24 Conference Board du Canada. Recherche commandée par l'AMC, janvier 2013. 25 ICIS. Les personnes âgées et les niveaux de soins alternatifs : mettre à profit nos connaissances. Accessible ici : https://secure.cihi.ca/free_products/ALC_AIB_FR.pdf. 26 AMC. Mémoire de l'AMC : Le besoin d'une infrastructure de la santé au Canada. Accessible ici : https://www.cma.ca/Assets/assets-library/document/fr/advocacy/Health-Infrastructure_fr.pdf. 27 Ibid. 28 Conference Board du Canada. Recherche commandée par l'AMC, juillet 2015. -
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Consultations prébudgétaires 2015: Notre population vieillissante a besoin d’un leadership fédéral solide

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11753
Date
2015-07-31
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Mémoires présentés au Parlement
Date
2015-07-31
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Aider les médecins à prendre soin des patients Helping physicians care for patients L'Association médicale canadienne (AMC) est le porte-parole national des médecins du Canada. Fondée en 1867, l'AMC a pour mission d'aider les médecins à prendre soin des patients. Pour le compte de ses 80 000 membres et plus et de la population canadienne, l'AMC s'acquitte d'un vaste éventail de fonctions dont les principales sont de préconiser des politiques et des stratégies de promotion de la santé et de prévention des maladies, de promouvoir l'accès à des soins de santé de qualité, de faciliter le changement au sein de la profession médicale et d'offrir aux médecins le leadership et les conseils qui les aideront à orienter les changements de la prestation des soins de santé, à les gérer et à s'y adapter. L'AMC est un organisme professionnel sans but lucratif qui représente la majorité des médecins du Canada et regroupe 12 associations médicales provinciales et territoriales et 51 organisations médicales nationales. La nation canadienne est sur le point de connaître des bouleversements majeurs en raison des facteurs sociaux et économiques associés aux grands changements démographiques déjà en cours, auxquels s'ajoute le climat d'incertitude qui caractérise actuellement l'économie mondiale. Plus que jamais, le gouvernement fédéral doit agir et faire preuve de leadership. Dans le présent mémoire, l'Association médicale canadienne (AMC) présente au Comité permanent des finances de la Chambre des communes quatre recommandations que pourrait prendre le gouvernement fédéral en appui à une stratégie nationale sur les aînés. Il s'agit de mesures essentielles pour se préparer au vieillissement de la population. Portrait démographique et économique du Canada En 2011, la première vague de la génération du baby-boom a atteint l'âge de 65 ans, et le nombre d'aînés canadiens a franchi le cap des 5 millions1. D'ici 2036, les aînés représenteront près de 25 % de la population2. Les répercussions du vieillissement de la population du Canada sur la productivité économique prennent de multiples formes. L'une des répercussions les plus prévisibles est la diminution du nombre de travailleurs et, par le fait même, le rétrécissement de l'assiette fiscale. Il y a actuellement cinq personnes actives pour chaque aîné au Canada. Selon le ministère des Finances du Canada, d'ici 2030, cette proportion chutera pour atteindre 2,7 Canadiens actifs pour chaque aîné3. La flambée prévue de la demande de services pour les aînés, en coïncidant avec un ralentissement de la croissance économique et une diminution des recettes publiques, rendra encore plus difficile l'établissement des budgets des gouvernements des provinces et des territoires. En effet, bien que les aînés représentent actuellement à peu près un sixième de la population, ils génèrent près de 50 % des dépenses publiques en santé4. Selon les tendances et les approches actuelles, les soins aux aînés accapareront près de 62 % des budgets provinciaux et territoriaux en santé d'ici 20365. D'après le dernier rapport sur la viabilité financière du Bureau du directeur parlementaire du budget, la multiplication des demandes découlant du vieillissement de la population canadienne résultera en une détérioration graduelle des finances dans les provinces et les territoires, car leur " politique actuelle ne permet pas [...] de relever les défis liés au vieillissement de la population "6. Facteur no 1 : La productivité A) Nouveau financement fédéral pour les gouvernements provinciaux et territoriaux Les dirigeants des provinces et des territoires du Canada sont conscients des défis à l'horizon. En juillet dernier, les premiers ministres ont demandé au gouvernement fédéral que le Transfert canadien en matière de santé couvre 25 % de leurs coûts en santé afin de répondre aux besoins de la population vieillissante. Pour être en mesure d'appuyer l'innovation et les transformations nécessaires pour combler ces besoins, l'AMC recommande que le gouvernement fédéral fournisse aux provinces et aux territoires un financement annuel plus élevé à compter de 2016-2017, et ce, au moyen d'une prestation complémentaire au Transfert canadien en matière de santé fondée sur des facteurs démographiques (Tableau 1). La prestation complémentaire pour l'exercice 2016-2017 représenterait un investissement de 1,6 milliard de dollars. Tableau 1 : Allocation d'une prestation complémentaire fédérale fondée sur des facteurs démographiques, pour 2016-2020 (en millions de dollars)7. Province ou territoire 2016 2017 2018 2019 2020 Canada 1 602,1 1 663,6 1 724,2 1 765,8 1 879,0 Ontario 652,2 677,9 692,1 708,6 731,6 Québec 405,8 413,7 418,8 429,0 459,5 Columbie-Britanique 251,6 258,7 270,3 270,1 291,3 Alberta 118,5 123,3 138,9 141,5 157,5 Nouvelle-Écosse 53,6 58,6 62,3 64,4 66,6 Nouveau-Brunswick 45,9 50,7 52,2 54,1 57,2 Terre-Neuve-et-Labrador 29,7 30,5 33,6 36,6 46,1 Manitoba 28,6 30,6 33,5 32,5 36,6 Saskatchewan 3,5 4,9 7,3 12,7 15,4 Île-du-Prince-Édouard 9,1 9,7 10,6 10,9 11,5 Yukon 1,4 2,6 2,1 2,5 2,5 Territoires du Nord-Ouest 1,4 1,6 1,7 1,8 2,1 Nunavut 0,9 0,6 0,8 1,0 1,0 B) Aide du gouvernement fédéral pour la couverture des médicaments onéreux L'une des principales lacunes de notre système public de soins de santé est l'accès non universel aux médicaments d'ordonnance. On sait depuis longtemps qu'il s'agit du principal dossier non résolu du régime d'assurance-maladie. En effet, le Canada est le seul pays doté d'un système de santé universel qui n'offre pas la couverture universelle des produits pharmaceutiques8. Selon l'Institut Angus Reid, 23 % des Canadiens (plus d'un sur cinq) indiquent qu'eux-mêmes ou un membre de leur ménage n'ont pas pris un médicament prescrit par leur médecin au cours des 12 derniers mois en raison du coût9. L'Enquête sur les dépenses des ménages de Statistique Canada révèle qu'en moyenne, les aînés constituent le groupe d'âge qui consacre le montant le plus élevé aux médicaments d'ordonnance - 724 $ par année, dépassant la moyenne canadienne de 60 %10. D'après une autre étude récente, 7 % des aînés canadiens ne suivent pas la posologie à la lettre ou ne font pas remplir leur ordonnance en raison des coûts11. En plus des préjudices réels auxquels sont exposées les personnes concernées, le manque de couverture contribue à l'utilisation inefficace de nos maigres ressources en santé. Bien que les données économiques sur ce sujet soient rares, des recherches antérieures laissent croire que cette inefficacité, responsable entre autres de visites et d'admissions à l'hôpital évitables, représente des coûts supplémentaires de 1 à 9 milliards de dollars par année12. Afin d'améliorer la santé des Canadiens et la productivité du secteur de la santé dans l'immédiat, l'AMC recommande au gouvernement fédéral de mettre sur pied un nouveau programme de financement pour la couverture des médicaments d'ordonnance onéreux. Ce programme assurerait la couverture des coûts excédant 1500 $ par année ou 3 % du revenu brut annuel des ménages. Selon les estimations présentées dans une étude commandée par l'AMC, ce projet coûterait 1,57 milliard de dollars en 2016-2017 (Tableau 2). Ce serait là une mesure positive vers l'établissement d'une couverture universelle exhaustive des médicaments d'ordonnance. Tableau 2 : Projection des coûts d'une couverture fédérale des médicaments onéreux, par groupe d'âge, 2016-2020 (en millions de dollars)13. Gr ou p e d' âg e 2016 2017 2018 2019 2020 Pourcentage des coûts 35 ans et moins 113,3 116,3 119,4 122,5 125,2 7 % 35 à 44 ans 177,2 183,5 190,5 197,8 204,3 11 % 45 à 54 ans 290,2 291,9 298,0 299,2 301,0 18 % 55 à 64 ans 383,7 400,6 417,6 433,1 444,6 25 % 65 à 74 ans 309,2 328,5 348,4 369,8 391,6 21 % 75 ans et plus 303,0 315,5 329,8 345,2 360,1 20 % Tous les groupes 1 566,8 1 617,9 1 670,5 1 724,2 1 773,1 100 % Thème 2 : L'infrastructure et les communautés Dans toutes les régions du Canada, le secteur des soins continus présente des lacunes. Même si les soins à domicile sont plus accessibles, une étude commandée par l'AMC indique que les changements démographiques vont provoquer une flambée de la demande pour la livraison de soins continus14. En 2012, on évaluait le temps d'attente pour avoir accès à un établissement de soins de longue durée de 27 à 230 jours. On estime que 85 % des patients occupant un lit d'hôpital qui auraient besoin d'un autre niveau de soins (c.-à-d. les patients qui n'ont pas besoin d'être hospitalisés) s'y trouvent faute d'accès à des soins de longue durée. Et comme les soins prodigués en milieu hospitalier sont largement plus coûteux que les soins de longue durée - environ 846 $ par jour contre 126 $ par jour -, l'AMC estime que cet accès insuffisant représente des coûts supplémentaires de 2,3 milliards de dollars. En dépit du besoin bien clair d'investir dans l'infrastructure du secteur des soins continus, ce dernier ne fait toujours pas partie du plan Chantiers Canada. C'est pourquoi l'AMC recommande au gouvernement fédéral de modifier ce plan et d'attribuer des fonds à l'infrastructure de ce secteur, notamment aux fins de modernisation et de rénovation. Se fondant sur des estimations antérieures, l'AMC propose une allocation de 540 millions de dollars pour 2016-2017 (Tableau 3). Tableau 3 : Estimation des coûts à prévoir pour combler le manque de lits en établissements de soins de longue durée, 2016-2020 (en millions de dollars)15. Projection du nombre de lits manquant en établissements de soins de longue durée Estimation des coûts pour combler ce manque Portion assumée par le gouvernement fédéral (le tiers) 2016 6 028 1 621,5 540,5 2017 6 604 1 776,5 592,2 2018 8,015 2 156,0 718,7 2019 8 656 2 328,5 776,2 2020 8 910 2 396,8 798,9 Total 38 213 10 279,3 3 426,4 Thème 3 : Les emplois Encore une fois, le vieillissement de la population canadienne transformera considérablement l'image de la population active. Moins nombreux, les Canadiens actifs seront probablement appelés plus souvent à agir comme aidants auprès de proches ou d'amis. D'après le rapport du groupe d'employeurs sur la question des aidants naturels du gouvernement fédéral, les employeurs canadiens " étaient surpris et préoccupés par le fait que cette situation touchait déjà 35 % de la population active au Canada "16. Par ailleurs, ce rapport met en évidence les principales conclusions de l'Enquête sociale générale de 2012 : 1,6 million d'aidants naturels se sont absentés du travail, près de 600 000 ont diminué leurs heures de travail, 160 000 ont refusé un emploi rémunéré en raison de leurs responsabilités d'aidant et 390 000 ont quitté leur emploi pour prendre soin d'un proche. On estime que cela représente une perte de 1,3 milliard de dollars en productivité au travail, et les changements démographiques ne feront qu'amplifier cette perte. Parallèlement à ces répercussions sur la population active, les besoins croissants de soins personnels et gériatriques de la population vieillissante entraîneront une hausse de la demande pour tous les professionnels des soins de santé et des services sociaux17. Thème 4 : La fiscalité Nous avons décrit ci-dessus les répercussions économique du nombre d'aidants sur le marché du travail. Penchons-nous maintenant sur la valeur économique que génèrent les aidants alors qu'ils assument un fardeau économique accru. Les recherches les plus récentes de Statistique Canada ont conclu que 8,1 millions de Canadiens sont des aidants naturels et que 39 % d'entre eux prennent surtout soin d'un parent18. Le Conference Board du Canada rapporte qu'en 2007, les aidants naturels ont consacré plus de 1,5 milliard d'heures aux soins à domicile - soit plus de 10 fois le nombre d'heures de travail rémunéré qu'ils ont accumulées durant la même année19. En 2009, leur contribution économique était évaluée à environ 25 milliards de dollars20, et on estime qu'ils ont dépensé de leur poche plus de 80 millions de dollars dans le cadre des soins prodigués. Malgré l'immensité de leur contribution, les aidants naturels prenant soin d'un parent sont extrêmement peu nombreux à avoir reçu une aide quelconque du gouvernement21. En fait, seulement 5 % d'entre eux ont reçu une aide financière, et 28 % de ceux-ci ont affirmé que l'aide reçue était insuffisante22. Pour aider davantage les aidants naturels au Canada, l'AMC recommande au gouvernement fédéral de rendre les crédits d'impôt pour aidants familiaux remboursables. Ainsi, un plus grand nombre de Canadiens bénéficieraient d'une aide financière plus grande. D'après les estimations, cette mesure coûterait 90,8 millions de dollars pour 2016-2017. Conclusion L'AMC est consciente qu'en raison de la conjoncture économique incertaine qui perdure, le gouvernement fédéral pourrait être contraint d'éviter toute nouvelle dépense. Néanmoins, l'AMC encourage fortement le gouvernement fédéral à adopter les quatre recommandations formulées dans le présent mémoire au lieu de remettre à plus tard une contribution substantielle aux besoins futurs de soins de santé de la population canadienne vieillissante. L'AMC sera heureuse de fournir plus d'information ainsi qu'une justification de chacune des recommandations. 1 Statistique Canada. Les générations au Canada, no 98-311-X2011003 au catalogue, Ottawa, 2012. En ligne : www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2011/as-sa/98-311-x/98-311-x2011003_2-fra.pdf. 2 Statistique Canada. Annuaire du Canada 2012, Aînés. En ligne : http://www.statcan.gc.ca/pub/11-402- x/2012000/chap/seniors-aines/seniors-aines-fra.htm. 3 Ministère des Finances du Canada. Répercussions économiques et budgétaires du vieillissement de la population, Ottawa, 2012. En ligne : http://www.fin.gc.ca/pub/eficap-rebvpc/eficap-rebvpc-fra.pdf. 4 Institut canadien d'information sur la santé. Tendances de dépenses nationales de santé, 1975 à 2014, Ottawa, 2014. En ligne : http://www.cihi.ca/web/resource/en/nhex_2014_report_fr.pdf. 5 Calcul de l'Association médicale canadienne basé sur les projections démographiques M1 de Statistique Canada et le profil des dépenses provinciales et territoriales de la santé selon l'âge et le sexe établi par l'Institut canadien d'information sur la santé. 6 Bureau du directeur parlementaire du budget. Rapport sur la viabilité financière de 2015, Ottawa, 2015. En ligne : http://www.pbo-dpb.gc.ca/files/files/FSR_2015_FR.pdf. 7 Conference Board du Canada. Recherche commandée par l'AMC, juillet 2015. 8 Morgan SG, Martin D, Gagnon MA, Mintzes B, Daw JR et Lexchin J. Pharmacare 2020: The future of drug coverage in Canada, Vancouver : Pharmaceutical Policy Research Collaboration, Université de la Colombie-Britannique, 2015. En ligne : http://pharmacare2020.ca/assets/pdf/The_Future_of_Drug_Coverage_in_Canada.pdf. 9 Angus Reid Institute. Prescription drug access and affordability an issue for nearly a quarter of Canadian households. En ligne : http://angusreid.org/wp-content/uploads/2015/07/2015.07.09-Pharma.pdf. 10 Statistique Canada. Enquête sur les dépenses des ménages, Ottawa, 2013. 11 Institut canadien d'information sur la santé. Résultats du Canada : Enquête internationale de 2014 auprès des adultes âgés sur les politiques de santé du Fonds du Commonwealth. En ligne : https://www.cihi.ca/fr/performance-du-systeme-de-sante/rapports-sur-la-performance/international/lenquete- du-commonwealth-1. 12 British Columbia Pharmacy Association. Clinical service proposal: medication adherence services, Vancouver, 2013. En ligne : www.bcpharmacy.ca/uploads/Medication_Adherence.pdf. 13 Supra à la note 7. 14 Conference Board du Canada. Recherche commandée par l'AMC, janvier 2013. 15 Ibid. 16 Gouvernement du Canada. Rapport du groupe d'employeurs sur la question des aidants naturels. Quand il faut jongler entre travail et soins : comment les employeurs peuvent soutenir les aidants naturels au sein de leur personnel. En ligne : http://www.edsc.gc.ca/fra/aines/rapports/pcsean.shtml. 17 Stall S, Cummings G et Sullivan T. Caring for Canada's seniors will take our entire health care workforce. En ligne : http://healthydebate.ca/2013/09/topic/community-long-term-care/non-md-geriatrics. 18 Statistique Canada. Être aidant familial : quelles sont les conséquences? En ligne : http://www.statcan.gc.ca/pub/75-006-x/2013001/article/11858-fra.htm. 19 Conference Board du Canada. Les soins à domicile et communautaires au Canada : quelle est leur empreinte économique? Ottawa, 2012. En ligne : http://www.conferenceboard.ca/e-library/abstract.aspx?did=4938. 20 Hollander MJ, Liu G et Chappeel NL. Who cares and how much? The imputed economic contribution to the Canadian health care system of middle aged and older unpaid caregivers providing care to the elderly. Healthc Q. 2009;12(2):42-59. 21 Supra à la note 16. 22 Ibid.
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Les maladies chroniques liées au vieillissement : Mémoire de l'AMC au Comité permanent de la santé de la Chambre des communes

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique10226
Date
2011-10-17
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Mémoires présentés au Parlement
Date
2011-10-17
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
L'Association médicale canadienne félicite le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes d'avoir entrepris cette étude sur l'enjeu des maladies chroniques liées au vieillissement. La question est opportune puisque les premiers membres de la génération du baby-boom ont eu 65 ans en 2011 et que l'on prévoit qu'en 2031, le quart de la population du Canada sera âgée de 65 ans ou plus. Les maladies chroniques ne frappent pas exclusivement les personnes âgées, mais leur prévalence augmente avec l'âge : selon Statistique Canada, environ 74 % des Canadiens de plus de 65 ans ont au moins un problème chronique comme le diabète, l'hypertension artérielle, l'arthrite ou la dépression et presque 25 % en ont trois ou plus. Le pourcentage est plus élevé chez les 85 ans et plus. Quelles sont les causes des maladies chroniques ? Elles sont nombreuses. Certaines d'entre elles découlent de comportements malsains : tabagisme, mauvaise alimentation et, en particulier, inactivité physique. La montée des taux d'obésité au Canada, par exemple, préoccupe les médecins parce que l'obésité accroît le risque d'apparition de maladies chroniques plus tard au cours de la vie. Il n'y a toutefois pas que les comportements malsains qui soient reliés aux maladies chroniques. La constitution biologique et génétique d'une personne entre aussi en ligne de compte, tout comme son environnement social. Les niveaux de revenu et d'instruction moins élevés, le logement médiocre et l'isolement social, problème plus grave pour les personnes âgées que pour d'autres groupes, sont tous des facteurs liés à un état de santé médiocre. Maintenant la bonne nouvelle : les maladies chroniques ne sont pas une conséquence inévitable du vieillissement. Nous pouvons retarder l'apparition des maladies chroniques et réduire peut-être le risque de les voir apparaître. Quant aux patients qui sont déjà atteints d'une maladie chronique, il est souvent possible de contrôler leur problème par des soins de santé appropriés et une bonne prise en charge de la maladie, ce qui leur permet de continuer de mener une vie active et indépendante. L'AMC appuie donc les initiatives de promotion du vieillissement en santé que l'Agence de la santé publique du Canda définit comme " l'optimisation des possibilités de santé physique, mentale et sociale ". Il faut encourager les habitudes de vie saines à tout âge. Les Directives canadiennes en matière d'activité physique, par exemple, que l'AMC appuie, recommandent que les 65 ans et plus accumulent au moins deux heures et demie par semaine d'activité physique aérobie, comme la marche, la natation ou la bicyclette. Les experts croient que le vieillissement en santé réduira la durée de la maladie et de l'incapacité d'une personne à une brève période avant la mort, ce qui lui permettra de mener plus longtemps une vie saine, autonome et satisfaisante. Pour les personnes déjà atteintes de maladie chronique, le traitement est de longue durée et peut être très complexe. Les personnes qui souffrent de diabète, par exemple, ont besoin d'un programme permanent continu de contrôle de leur glycémie pour la maintenir à un niveau approprié. Les personnes qui ont de l'arthrite ou d'autres problèmes de mobilité peuvent avoir besoin de physiothérapie régulière. Pour le patient, une maladie chronique signifie un traitement continu beaucoup plus compliqué que le simple fait de prendre des antibiotiques contre une infection. Les personnes qui ont deux maladies chroniques ou plus peuvent avoir à consulter un spécialiste différent dans chaque cas et à demander l'aide d'infirmières conseillères, de diététistes, de pharmaciens, d'ergothérapeutes, de travailleurs sociaux ou d'autres professionnels de la santé. Souvent, ces personnes doivent prendre des médicaments. La majorité des Canadiens de plus de 65 ans prennent au moins un médicament d'ordonnance et presque 15 % en prennent cinq ou plus, ce qui accroît notamment le risque d'une interaction négative entre deux médicaments pouvant produire des effets secondaires désagréables et même graves. Le soin à long terme des maladies chroniques complexes constitue en fait le nouveau paradigme de notre système de santé. Environ 80 % des soins maintenant fournis aux États-Unis visent à traiter des maladies chroniques et il n'y a pas lieu de croire que le Canada soit très différent. C'est pourquoi il vaut la peine de réfléchir à la forme idéale qu'un programme intégré de prise en charge des maladies chroniques devrait avoir pour les patients de tous âges. L'AMC croit qu'un tel programme devrait inclure les quatre éléments suivants : * Tout d'abord, l'accès à un fournisseur de soins primaires qui est chargé du soin global du patient. Pour plus de 30 millions de Canadiens, ce fournisseur de soins primaires est un médecin de famille. Les médecins de famille, qui ont établi avec leurs patients des relations professionnelles de longue date, peuvent mieux comprendre les besoins et les préférences de leurs patients. Ils peuvent créer une relation de confiance qui rend les patients à l'aise de discuter franchement de la façon dont ils veulent traiter leurs problèmes : par exemple, faut-il prendre des antidépresseurs ou consulter un thérapeute ? Le médecin de famille peut aussi coordonner les soins fournis par d'autres professionnels, ce qui débouche sur le deuxième volet de nos recommandations : * Les soins concertés et coordonnés. L'AMC croit qu'étant donné le nombre de fournisseurs qui peuvent intervenir dans le soin des maladies chroniques, le système de santé devrait encourager la création d'équipes interdisciplinaires ou, au moins, favoriser une communication et une coordination soutenues entre chaque fournisseur. Nous croyons que tous les gouvernements devraient appuyer : o les pratiques interdisciplinaires de soins primaires, comme les Réseaux Santé famille en Ontario qui réunissent sous un même toit divers professionnels de la santé et leur savoir-faire; o l'usage généralisé du dossier de santé électronique, ce qui peut faciliter l'échange d'information et la communication entre fournisseurs; o un processus de référence transparent : par exemple, du médecin de famille au spécialiste, ou du médecin de famille au physiothérapeute. L'AMC collabore avec d'autres intervenants des milieux de la médecine à créer une trousse de référence que les gouvernements, les organisations de soins de santé et les praticiens pourront utiliser pour appuyer la création de systèmes de référence plus efficaces et efficients. Il se peut que le patient ait aussi besoin de services d'aide non médicale pour vivre avec une incapacité reliée à une maladie chronique. Par exemple, une personne qui a de l'arthrite et veut continuer de vivre chez elle peut avoir besoin de barres d'appui, de rampes ou d'un monte-escalier. Idéalement, un système coordonné de prise en charge des maladies chroniques inclurait aussi la référence vers ceux qui peuvent fournir ces services. * L'appui des aidants naturels constitue le troisième élément indispensable. Ils sont les héros obscurs du soin des personnes âgées. On estime que quatre millions de Canadiens fournissent des soins informels et non rémunérés à un membre de leur famille ou à un ami. Environ le quart de ces aidants naturels ont eux-mêmes 65 ans ou plus. Leur fardeau peut être lourd en termes à la fois du temps et des dépenses. Le stress et l'isolement sont courants chez les aidants naturels. Le gouvernement fédéral a pris des mesures pour fournir aux aidants naturels un appui dont ils ont grand besoin. Le dernier budget fédéral, par exemple, a augmenté le montant du crédit d'impôt aux aidants naturels. Nous recommandons que le gouvernement bâtisse sur ces mesures pour leur offrir un réseau solide d'appui, financier et autre. * L'amélioration de l'accès aux services nécessaires constitue le quatrième et dernier élément. La Loi canadienne sur la santé couvre seulement les services médicaux et hospitaliers, et beaucoup d'autres services ne sont pas couverts. Toutes les provinces ont des programmes d'assurance-maladie pour les plus de 65 ans, mais la couverture varie énormément selon la province; beaucoup de gens, et en particulier ceux qui ont un faible revenu, ont de la difficulté à payer les médicaments nécessaires. Les personnes âgées qui n'ont pas de régime d'avantages sociaux après la retraite - et elles constituent la majorité - doivent aussi payer elles-mêmes les soins dentaires, les services de physiothérapie, de soins de santé mentale et autres dont elles ont besoin. Nous recommandons que tous les ordres de gouvernement étudient la possibilité d'adapter le panier de services fournis dans le secteur public afin d'assurer qu'il reflète les besoins des Canadiens de plus en plus nombreux vivant avec une maladie chronique. Nous recommandons plus particulièrement que le gouvernement fédéral négocie avec les gouvernements provinciaux et territoriaux un programme à frais partagés d'assurance-médicaments intégrée. En terminant, l'AMC croit que le comité est sage de se pencher sur des façons possibles de diminuer l'impact - sur les patients en particulier, sur le système de santé et sur la société - des maladies chroniques liées au vieillissement. La prise en charge des maladies chroniques pose des problèmes complexes qui justifient toutefois une attention rapprochée, car il s'agit de la principale forme de soins de santé au Canada. Nous attendons avec impatience les résultats des délibérations du Comité.
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Une population en santé pour une économie plus robuste : Mémoire de l’AMC présenté au Comité permanent des finances dans le contexte des consultations prébudgétaires

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique10224
Date
2011-08-12
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Mémoires présentés au Parlement
Date
2011-08-12
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Dans le mémoire qu'elle présente au Comité permanent des finances de la Chambre des communes, l'Association médicale canadienne (AMC) examine la façon dont l'augmentation des options d'épargne-retraite, l'amélioration de l'accès aux médicaments d'ordonnance et la planification d'une Alliance canadienne de la qualité en santé pour promouvoir l'innovation dans la prestation de soins de santé de grande qualité peuvent améliorer notre système de santé et, en retour, rendre l'économie plus productive. Des soins de santé de plus grande qualité et davantage de choix pour répondre aux besoins des Canadiens retraités et âgés contribueront à atteindre le but final, soit la prestation de meilleurs soins aux patients et l'amélioration de la santé de la population, et aideront notre pays à réaliser son plein potentiel. Les sondages montrent que l'avenir de leur système de santé, et en particulier leur capacité d'avoir accès aux soins essentiels, préoccupe de plus en plus la population canadienne. Dans son mémoire prébudgétaire de 2011, l'AMC répond à ces préoccupations et appuie une population en santé, une profession médicale en santé et une saine reprise de l'économie. Nos recommandations sont les suivantes : Recommandation 1 Le gouvernement fédéral devrait étudier des options qui permettraient d'élargir la définition actuelle des RRAC au-delà des régimes de retraite à cotisations déterminées. Le gouvernement fédéral devrait aussi élargir la définition d'administrateur admissible des RRAC au-delà des institutions financières pour inclure des organisations telles que les associations professionnelles. Recommandation 2 Les gouvernements devraient établir, en consultation avec l'industrie de l'assurance-vie et de l'assurance-santé, ainsi qu'avec le public, un programme de couverture complète des médicaments d'ordonnance qui serait administré sous forme de remboursement aux régimes provinciaux-territoriaux et privés d'assurance-médicaments d'ordonnance afin d'assurer que tous les Canadiens ont accès à des pharmacothérapies médicalement nécessaires. Recommandation 3 Le gouvernement fédéral devrait créer un comité directeur national doté d'un mandat d'une durée limitée qui mettrait à contribution des intervenants clés pour élaborer une proposition portant sur une Alliance pancanadienne de la qualité en santé. Cette dernière serait chargée de collaborer à l'établissement de stratégies intégrées visant à instaurer un système de santé viable par des pratiques innovatrices de prestation des soins de santé de grande qualité. Introduction Au cours de l'année écoulée, l'AMC a mobilisé les Canadiens d'un bout à l'autre du pays dans une consultation publique générale sur les soins de santé et les a entendus exprimer leurs préoccupations et parler de leur vécu dans le système. Cet exercice s'inscrivait dans le cadre de l'initiative de l'AMC sur la transformation des soins de santé (TSS), plan stratégique visant à moderniser le système de santé du Canadai de façon à ce qu'il soit axé sur les patients d'abord et en donne plus pour son argent à la population canadienne. Au cours de ces consultations, les Canadiens nous ont dit qu'ils ne croient pas obtenir actuellement une bonne valeur de leur système de santé, ce que confirment d'ailleurs les études qui comparent le système de santé du Canada à ceux des principaux pays d'Europe. Nous avons aussi entendu les Canadiens exprimer leurs préoccupations face aux inégalités d'accès aux soins autres que les services assurés de base couverts par l'assurance-santé, particulièrement en ce qui concerne les médicaments d'ordonnance. À cet égard, tous les paliers de gouvernement doivent certes intervenir, mais c'est le gouvernement fédéral qui doit diriger la transformation du programme social qui nous est le plus cher. 1. Amélioration du revenu de retraite Enjeu : Augmenter les possibilités d'épargne-retraite pour les Canadiens en cherchant d'abord à améliorer leur capacité de satisfaire à leurs besoins en soins de longue durée. Contexte La situation du système de revenu de retraite du Canada et la capacité future des personnes âgées de financer adéquatement leurs besoins en soins de longue durée et en services de soutien préoccupent toujours l'AMC. Le pourcentage des personnes âgées au Canada (65 ans et plus) devrait doubler ou presque comparativement à son niveau actuel de 13 % pour atteindre presque 25 % d'ici 2036. Les projections de Statistique Canada montrent qu'entre 2015 et 2021, il y aura pour la première fois plus de personnes âgées que d'enfants de moins de 14 ansii. L'AMC intervient proactivement dans ce dossier de plusieurs façons, notamment par l'entremise de la Coalition pour l'amélioration du revenu de retraite (CARR), groupe de grande envergure créé récemment et qui regroupe onze organismes représentant plus d'un million de professionnels travaillant à leur compte. La Coalition a déjà recommandé au gouvernement fédéral de prendre les mesures suivantes : * augmenter le nombre des moyens possibles d'épargne-retraite pour tous les Canadiens, et en particulier les travailleurs autonomes; * modifier la Loi de l'impôt sur le revenu, le Règlement de l'impôt sur le revenu et la Loi sur les normes d'emploi afin de permettre aux travailleurs autonomes de participer à des régimes de retraite; * approuver les régimes de pension de retraite collectifs (RPRC) comme programme d'épargne-retraite pour les travailleurs autonomes; * modifier les programmes actuels d'épargne avec report d'impôt (augmenter le pourcentage du revenu gagné ou hausser le plafond de la cotisation maximale aux REER); * prévoir que l'enregistrement de tous les modes d'épargne-retraite soit volontaire (facultatif); * offrir aux Canadiens des possibilités de mieux s'informer au sujet des moyens possibles d'épargne-retraite (littératie financière)iii. L'AMC reconnaît que les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux des Finances vont de l'avant en lançant les régimes de retraite agréés collectifs (RRAC). Comme membre de la CARR, l'AMC a contribué à l'exercice de consultation. Les RRAC ne représentent toutefois qu'un seul des éléments d'une structure d'épargne-retraite plus complète. Recommandation 1 Le gouvernement fédéral devrait étudier des options qui ne limiteraient pas les RRAC aux régimes de retraite à cotisations déterminées. Il faudrait autoriser et encourager les régimes à prestations cibles qui permettent de mettre en commun les risques entre les participants et offrent un véhicule plus sécuritaire que les régimes à cotisations déterminées. En outre, il ne faudrait pas que les institutions financières soient les seuls administrateurs des RRAC. Les organisations bien dirigées qui représentent des groupes particuliers devraient pouvoir commanditer et administrer des RPA et des RRAC pour leurs propres membres, y compris ceux qui sont travailleurs autonomes. La capacité des Canadiens d'épargner pour répondre à leurs besoins en soins de longue durée préoccupe toujours l'AMC. L'Alliance sur les temps d'attente - regroupement de 14 organisations médicales nationales dont les membres fournissent des soins spécialisés aux patients - a déclaré récemment que beaucoup de patients, et en particulier de patients âgés, sont hospitalisés en attente d'arrangements de soins plus convenables et appropriés. Comme ils ont pour la plupart besoin surtout d'aide et non de soins médicaux, ces patients sont en quelque sorte prisonniers du manque d'options à leur disposition, souvent à cause de leur revenu personnel limité. L'AMC a déjà recommandé que le gouvernement fédéral étudie des possibilités de préfinancement des soins de longue durée, y compris l'assurance privée, des stratégies d'épargne à report d'impôt et à impôt prépayé, de même que l'assurance sociale à base de cotisations. Cette recommandation vaut toujours. 2. Accès universel aux médicaments d'ordonnance Enjeu : Veiller à ce que tous les Canadiens aient accès à des médicaments d'ordonnance de base. Contexte L'accès universel aux médicaments d'ordonnance est généralement reconnu comme un élément resté " en suspens " de l'assurance-santé au Canada. En 1964, la Commission Hall recommandait que le gouvernement fédéral paie 50 % du coût des médicaments d'ordonnance dans le contexte du Programme des services de santé. La Commission recommandait également que l'acheteur contribue 1 $ par ordonnance. Cette recommandation n'a jamais été appliquéeiv. Ce qui a émergé depuis, c'est une combinaison de financement public et privé des médicaments d'ordonnance. L'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) a calculé qu'en 2010, le secteur public payait 46 % des dépenses reliées aux médicaments d'ordonnance, l'assurance privée, 36 %, et les particuliers, 18 %v. À l'échelle nationale, les données indiquent que les niveaux de couverture de l'assurance-médicaments varient considérablement. Selon Statistique Canada, 3 % des ménages ont consacré plus de 5 % de leur revenu après impôt aux médicaments d'ordonnance en 2008. Dans les provinces, ce pourcentage a varié de 2,2 % en Ontario et en Alberta à 5,8 % à l'Î.-P.-É et 5,9 % en Saskatchewanvi. De plus, la couverture assurée par les différents régimes provinciaux varie considérablement d'une région à l'autre du pays. Par exemple, le programme d'assurance-médicaments du Manitoba est basé sur le revenu total et prévoit des rajustements pour les conjoints et les personnes à charge de moins de 18 ans, tandis qu'à Terre-Neuve-et-Labrador, le régime est basé sur le revenu familial netvii,viii. L'édition 2010 du Sondage international sur les politiques de santé réalisé par le Fonds du Commonwealth a révélé que 10 % des répondants canadiens ont affirmé n'avoir pas fait remplir une ordonnance ou avoir sauté des doses de médicaments à cause du coûtix. De plus, de nombreux reportages dans les médias ont parlé des inégalités d'accès qui existent entre les provinces pour les médicaments contre le cancer et les médicaments très coûteux servant à traiter des maladies rares. Au cours de nos consultations publiques de cette année, les participants ont souvent parlé du coût élevé des médicaments d'ordonnance. Le besoin d'une stratégie pharmaceutique nationale ou d'un régime d'assurance-médicaments a été mentionné par une majorité écrasante de répondants, dont beaucoup ont expliqué en détail comment ils ont été affectés par le coût élevé des médicaments. Le coût pour le gouvernement fédéral d'un programme qui garantirait l'accès universel aux médicaments d'ordonnance dépendrait du seuil des contributions directes et du pourcentage des dépenses qu'il accepterait de partager avec les régimes privés et publics des provinces et des territoires. Les estimations vont de 500 millions de dollarsx à un milliard de dollarsxi, jusqu'à l'estimation la plus récente établie par les ministres provinciaux et territoriaux de la Santé, soit 2,5 milliards (2006)xii. Recommandation 2 Les gouvernements devraient établir, en consultation avec l'industrie de l'assurance-vie et de l'assurance-santé, ainsi qu'avec le public, un programme de couverture complète des médicaments d'ordonnance qui serait administré sous forme de remboursement aux régimes provinciaux-territoriaux et privés d'assurance-médicaments d'ordonnance afin d'assurer que tous les Canadiens ont accès à des pharmacothérapies médicalement nécessaires. Un tel programme devrait inclure : * l'obligation pour tous les Canadiens d'adhérer à un régime privé ou public d'assurance-médicaments d'ordonnance; * un plafond basé sur le revenu et uniforme (entre les régimes public et privé et entre les provinces et les territoires) pour les dépenses directes, les primes d'assurance-médicaments et les médicaments d'ordonnance; * le partage fédéral-provincial-territorial des dépenses en médicaments d'ordonnance dépassant un plafond du revenu des ménages, sous réserve d'un maximum de contribution totale fédérale-provinciale-territoriale établi soit en rajustant le partage fédéral-provincial-territorial du remboursement, soit en indexant le plafond du revenu des ménages, soit en prenant ces deux moyens; * l'obligation pour les régimes d'assurance collective et les administrateurs de régimes d'avantages sociaux d'employés de mettre en commun les risques qui dépassent un seuil relié à la taille du groupe; * un rôle solide soutenu pour les régimes privés d'assurance complémentaire et les régimes publics d'assurance-médicament, qui seraient placés sur un pied d'égalité (c.-à-d. primes et copaiements pour couvrir les coûts du régime). 3. Innovation pour la qualité dans les soins de santé au Canada Enjeu : Élaboration d'une proposition visant à établir une Alliance canadienne de la qualité en santé afin de promouvoir l'innovation dans la prestation de soins de santé de grande qualité au pays. Contexte On reconnaît en général que le système de santé du Canada n'est plus très performant comparativement à celui de pays semblables. Il est clair que nous pouvons faire mieux. On ne progresse guère, toutefois, dans l'établissement d'un programme intégré de qualité pour notre système de santé. À l'échelle nationale, il n'y a aucune coordination ni entité chargée de promouvoir une stratégie intégrée d'amélioration de la qualité. Au cours des deux dernières décennies, les intervenants du secteur de la santé au Canada en sont venus graduellement à adopter un concept multidimensionnel de la qualité dans les soins de santé qui englobe la sécurité, la pertinence, l'efficacité, l'accessibilité, la compétence et l'efficience. Les compressions unilatérales du financement fédéral affecté aux transferts au titre de la santé qui sont entrées en vigueur en 1996 ont déclenché des préoccupations qui persistent toujours à l'égard de la dimension de l'accessibilité, préoccupations que les premiers ministres ont fini par reconnaître dans leur Accord de 2004 en créant le Fonds de réduction des temps d'attente. La dimension sécurité a été reconnue par la création de l'Institut canadien pour la sécurité des patients (ICSP) en 2003. Les organisations professionnelles et les organismes de réglementation du secteur de la santé en ont reconnu la dimension compétence en créant des programmes d'examen par les pairs et en imposant le développement professionnel tout au long de la carrière. Six provinces ont créé sous une forme ou un autre un conseil de la qualité en santé (C.-B., Alb., Sask., Ont., Qc, N.-B.), mais il n'existe pas de stratégie nationale d'amélioration de la qualité au-delà de la dimension sécurité. Comme les soins de santé constituent la grande priorité nationale pour la population canadienne et représentent une enveloppe budgétaire très importante pour tous les paliers de gouvernement, l'absence de stratégie nationale d'amélioration de la qualité constitue une lacune majeure. Aux États-Unis, l'Institute for Healthcare Improvement a pour mandat de mettre au point et de promulguer des méthodes et des processus d'amélioration de la prestation des soins dans le monde entierxiii. Le National Health Service (NHS) de l'Angleterre a aussi créé des points de convergence au cours de la dernière décennie afin d'accélérer l'innovation et l'amélioration dans l'ensemble du système de santé. Il y a eu progrès dans le domaine de la santé au Canada lorsqu'il y a eu fusion du savoir-faire et du point de vue de tout un éventail d'intervenants. L'ICSP, par exemple, a été créé dans le sillage des délibérations et du rapport du Comité directeur national sur la sécurité du patientxiv. On calcule qu'il en coûterait moins de 500 000 $ pour mettre sur pied un comité multilatéral chargé d'élaborer une proposition d'alliance nationale sur l'amélioration de la qualité, ce qui comprendrait le coût de toute recherche commandée. Recommandation 3 Le gouvernement fédéral devrait créer un comité directeur national doté d'un mandat d'une durée limitée qui mettrait à contribution des intervenants clés pour élaborer une proposition portant sur une Alliance pancanadienne de la qualité en santé. Cette dernière serait chargée de collaborer à l'établissement de stratégies intégrées visant à instaurer un système de santé viable par des pratiques innovatrices de prestation des soins de santé de grande qualité. Afin de moderniser les services de soins de santé, cette alliance devrait notamment : * promouvoir une approche intégrée d'amélioration de la qualité des soins de santé; * promouvoir le partage pancanadien des pratiques innovatrices et exemplaires; * créer et diffuser des moyens de mettre à contribution les cliniciens des premières lignes dans le contexte d'exercices d'amélioration de la qualité; * établir des partenariats internationaux d'échange de pratiques innovatrices. Il y aurait toutes sortes de façons de créer une telle alliance : * virtuellement, en utilisant la stratégie des Réseaux de centres d'excellencexv; * en élargissant le mandat d'une entité existante; * en créant une nouvelle entité. RÉFÉRENCES i Association médicale canadienne. La Transformation des soins de santé au Canada. Des changements réels. Des soins durables. http://www.cma.ca/multimedia/CMA/Content_Images/Inside_cma/Advocacy/HCT/HCT-2010report_fr.pdf. Consulté le 13/07/11. ii Statistique Canada. Projections démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires. http://www.statcan.gc.ca/pub/91-520-x/2010001/aftertoc-aprestdm1-fra.htm. Consulté le 13/07/11. iii Coalition pour l'amélioration du revenu de retraite. Lettre au ministre fédéral des Finances et au ministre d'État (Finances). Le 17 mars 2011. ivHall, E. Commission royale d'enquête sur les services de santé. Volume 1. Ottawa : Imprimeur de la Reine, 1964. vInstitut canadien d'information sur la santé. Dépenses en médicaments au Canada, de 1985 à 2010. Ottawa, 2010. viStatistique Canada. Tableau CANSIM 109-5012. Dépenses des ménages consacrées aux médicaments prescrits, en pourcentage du revenu net d'impôt, Canada et provinces, annuel (pourcentage). http://www5.statcan.gc.ca/cansim/pick-choisir?id=1095012&searchTypeByValue=1&lang=fra. Consulté le 05/29/11. vii Santé Manitoba. Outil d'estimation de la franchise du Régime d'assurance-médicaments. http://www.gov.mb.ca/health/pharmacare/estimator.fr.html. Consulté le 07/28/11. viii Ministère de la Santé et des Services communautaires de Terre-Neuve. Newfoundland and Labrador Prescription Drug Program (NLPDP). http://www.health.gov.nl.ca/health/prescription/nlpdp_application_form.pdf. Consulté le 07/29/11. ixFonds du Commonwealth. Sondage international sur les politiques de santé dans 11 pays. http://www.commonwealthfund.org/~/media/Files/Publications/Chartbook/2010/PDF_2010_IHP_Survey_Chartpack_FULL_12022010.pdf. Consulté le 05/29/11. x Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie. La santé des Canadiens - le rôle du gouvernement fédéral. Volume six : Recommandations en vue d'une réforme. Ottawa, 2002. xi Commission sur l'avenir des soins de santé au Canada. Guidé par nos valeurs : L'avenir des soins de santé au Canada. Ottawa, 2002. xii Secrétariat des conférences intergouvernementales canadiennes. Document d'information : Stratégie nationale relative aux produits pharmaceutiques. Document décisionnel. http://www.scics.gc.ca/francais/conferences.asp?a=viewdocument&id=112. Consulté le 23/07/11. xiii http://www.ihi.org. Consulté le 29/07/10. xiv Comité directeur national sur la sécurité du patient. Accroître la sécurité du système : Une stratégie intégrée pour améliorer la sécurité des patients dans le système de santé canadien. http://crmcc.medical.org/publications/building_a_safer_system_f.pdf. Consulté le 23/07/11. xv http://www.nce-rce.gc.ca/index_fra.asp. Consulté le 29/07/10.
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Les bons médicaments, au bon moment et au bon prix : Vers une politique sur les médicaments d’ordonnance pour le Canada : Mémoire de l'AMC au Comité permanent de la santé de la Chambre des communes

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique1955
Dernière révision
2011-03-05
Date
2003-11-06
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
  2 documents  
Type de politique
Mémoires présentés au Parlement
Dernière révision
2011-03-05
Date
2003-11-06
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
Text
Au Canada, il se remplit chaque année 300 millions d’ordonnances – soit une dizaine pour chaque homme, femme et enfant. Les médicaments d’ordonnance ont eu des retombées bénéfiques à la fois pour la santé de la population canadienne et pour le système de santé : ils ont amélioré de façon spectaculaire la qualité de vie de beaucoup de gens et évité au Canada énormément de frais d’hospitalisation, de services sociaux et autres. On pourrait toutefois se demander si tous les médicaments d'ordonnance sont bien utilisés au Canada. Il se peut que des patients reçoivent trop peu de médicaments, en reçoivent trop ou reçoivent une médication sous-optimale pour leurs problèmes. En outre, les médicaments d’ordonnance coûtent cher. Depuis 1975, les dépenses en médicaments d’ordonnance ont grimpé plus rapidement que les autres dépenses du secteur de la santé au Canada et elles dépassent maintenant celles des services médicaux. Les gouvernements, les prestateurs de soins de santé, les fabricants de médicaments et le public doivent veiller constamment à ce que les Canadiens reçoivent une thérapie optimale et appropriée aux médicaments d’ordonnance : le bon médicament, au bon moment et au bon prix. En ce qui concerne une politique sur les médicaments d’ordonnance, une stratégie réfléchie, cohérente, intégrée et «faite au Canada» devrait : * faire passer la santé des patients d’abord; * promouvoir et améliorer la qualité des ordonnances; * respecter, appuyer et améliorer la relation thérapeutique entre les patients et les professionnels de la santé; * promouvoir chez les patients l’observation de la pharmacothérapie; * respecter le principe de la confidentialité des renseignements des patients et protéger les renseignements des patients et des prescripteurs. Une politique sur les médicaments d’ordonnance au Canada devrait porter sur les éléments suivants : * Accès à * de nouveaux médicaments efficaces dans un délai approprié; * la couverture de la médication nécessaire pour le traitement médical et dont le coût est exorbitant; * des médicaments génériques à des prix raisonnables; * une consultation patient–médecin dans le contexte du processus d’établissement de l’ordonnance; * maintien d’une capacité de recherche-développement au Canada. Information équilibrée et exacte à l’intention des prestateurs de soins de santé et du public. Sécurité : par des mécanismes de surveillance systématique des médicaments d’ordonnance et de leurs effets. Les médecins du Canada sont déterminés à collaborer avec les autres intervenants pour assurer que les Canadiens reçoivent les bons médicaments, au bon moment et au bon prix. Sommaire des recommandations de l’AMC 1. Que le gouvernement fédéral mette en œuvre un mécanisme opportun et efficient d'examen des médicaments afin de ramener les délais d'examen à un niveau égal ou inférieur à celui d’autres pays de l’OCDE. 2. Que l’industrie pharmaceutique accorde la priorité à la recherche-développement sur des médicaments et des modes d'administration présentant une amélioration importante par rapport à des produits déjà en vente. 3. Que Santé Canada soumette à un mécanisme d’examen prioritaire tous les médicaments représentant une amélioration importante par rapport à des produits déjà en vente. 4. Que les gouvernements et les fournisseurs d’assurance effectuent des recherches pour déterminer les lacunes actuelles de la couverture des Canadiens en ce qui a trait aux médicaments d’ordonnance et mettent de l'avant divers choix stratégiques possibles pour fournir cette couverture et, ce faisant, tiennent compte notamment des rôles des payeurs publics et privés. 5. Que le gouvernement fédéral surveille et réglemente au besoin l’exportation des médicaments d’ordonnance afin d’assurer qu’ils demeurent disponibles pour les Canadiens. 6. Que la prescription de médicaments se fasse dans le contexte de la relation thérapeutique patient–médecin. 7. Que la publicité directe au consommateur (PDC) spécifique à une marque de médicament soit interdite au Canada. 8. Que le gouvernement fédéral applique dans toute leur force les restrictions imposées actuellement à la PDC par la Loi sur les aliments et drogues. 9. Que le gouvernement fédéral élabore et finance un programme intégré afin de fournir aux patients des renseignements exacts et impartiaux sur les médicaments d’ordonnance. 10. Que tous les intervenants unissent leurs efforts pour appuyer et favoriser la recherche fondée sur les résultats afin d'établir les pratiques exemplaires de prescription. 11. Que le gouvernement accélère les activités visant à établir l’Institut de la sécurité du patient en suivant une démarche systémique afin d’appuyer une culture de sécurité. 12. Que l’on mette en œuvre un système de surveillance postcommercialisation afin de surveiller continuellement la sûreté des médicaments vendus. OBJET L’Association médicale canadienne (AMC) a produit ce mémoire dans le contexte de l’étude sur les médicaments d’ordonnance au Canada entreprise par le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes. Nous nous réjouissons de cette étude et de la possibilité de faire entendre l’opinion des milieux médicaux du Canada. Notre vision est simple : tous les Canadiens devraient recevoir au besoin les bons médicaments pour leurs problèmes, au bon moment et au bon prix. Les gouvernements, les prestateurs de soins de santé, les fabricants de médicaments et le public devraient tous conjuguer leurs efforts pour élaborer une politique «faite au Canada» sur les médicaments d’ordonnance afin de concrétiser cette vision. Cette politique doit être réfléchie, cohérente, intégrée et exhaustive, et doit : * faire passer la santé des patients d’abord; * promouvoir et améliorer la qualité des ordonnances; * respecter, appuyer et améliorer la relation thérapeutique entre les patients et les professionnels de la santé; * promouvoir chez les patients l’observation de la pharmacothérapie; * respecter le principe de la confidentialité des renseignements des patients et protéger les renseignements des patients et des prescripteurs. En élaborant cette politique, nous jugeons qu’il importe particulièrement d’aborder les enjeux suivants : Accès à des soins de qualité Dans ce contexte, la vision d’une Stratégie nationale sur l’accès formulée par l’AMC comprend un accès approprié aux éléments suivants : * de nouveaux médicaments efficaces dans un délai approprié; * la couverture de la médication nécessaire pour le traitement médical et dont le coût est exorbitant; * des médicaments génériques à des prix raisonnables; * une consultation patient–médecin dans le contexte du processus d’établissement de l’ordonnance; * maintien d’une capacité de recherche-développement au Canada. * Information équilibrée et exacte à l’intention des prestateurs de soins de santé et du public. * Sécurité : par des mécanismes de surveillance systématique des médicaments d’ordonnance et de leurs effets. Les médecins du Canada ont hâte de collaborer avec les autres intervenants pour concrétiser leur vision. Dans ce mémoire, nous aborderons les mesures que l’AMC recommande de prendre. INTRODUCTION La valeur des médicaments d’ordonnance Les médicaments d’ordonnance jouent un rôle important dans la prévention et le traitement des problèmes de santé. Il se remplit chaque année 300 millions d’ordonnances – soit quelque 10 par homme, femme et enfant – au Canada1. Depuis quelques années, de nouveaux médicaments puissants ont amélioré de façon spectaculaire la qualité de vie de beaucoup de Canadiens ou ont transformé radicalement les modes de traitement et les tendances. Les traitements aux agents antirétroviraux ont évité à des milliers de personnes infectées par le VIH une évolution rapide et fatale vers le SIDA. Grâce aux inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS), des millions de personnes atteintes de dépression qui, autrement, auraient pu être incapables ou institutionnalisées peuvent mener une vie normale et productive dans la communauté. Des médicaments contre l’ulcère gastroduodénal ont transformé le profil du traitement : auparavant basé principalement sur la chirurgie, il est surtout médical maintenant. Même si l’on n’a pas quantifié les économies cumulatives réalisées aux chapitres des soins hospitaliers, de la perte de productivité de la main-d'œuvre, des avantages sociaux et des paiements d’assurance-invalidité attribuables aux médicaments d’ordonnance, elles ont certainement été importantes. Préoccupations En deux mots, les médicaments d’ordonnance ont eu des retombées bénéfiques à la fois pour la santé des Canadiens et pour celle du système de santé même. Ils sont toutefois à l’origine aussi de préoccupations auxquelles il faut donner suite. L’utilisation est-elle appropriée? Les experts se demandent si l’utilisation des médicaments d’ordonnance au Canada est entièrement appropriée : les patients reçoivent-ils trop de médicaments, trop peu de médicaments ou une médication sous-optimale pour traiter leurs problèmes? Le recours excessif aux médicaments d’ordonnance a attiré l’attention, mais il existe aussi certaines sous-utilisations. Il se peut, par exemple, que jusqu’à 60 % des personnes qui ont de l’hypertension artérielle ne reçoivent pas de traitement : beaucoup de ces gens ne savent même pas qu’ils ont ce problème2. On reconnaît en outre de plus en plus que l’observation par les patients d’une thérapie aux médicaments d’ordonnance pose un problème, particulièrement dans le cas des maladies chroniques ou de longue durée. L’observation peut poser un problème dans tous les traitements, mais elle préoccupe principalement dans les cas où les symptômes cliniques sont peu nombreux : dans les cas d’hypertension, par exemple, où le non-traitement à long terme peut causer des dommages rénaux, vasculaires et ophtalmiques, des accidents cérébraux vasculaires ou des cardiopathies. Une étude a révélé que 50 % seulement des patients se conforment à une pharmacothérapie de longue durée et qu’un pourcentage encore plus faible respectent des changements de leurs habitudes de vie3. L’observation partielle des thérapies aux antibiotiques contre les maladies infectieuses est reconnue comme une des causes de la résistance des agents pathogènes infectieux courants aux antimicrobiens. Le coût est il trop élevé? On dépense actuellement plus en médicaments d’ordonnance qu’en services médicaux. Depuis 1975, les dépenses en médicaments d’ordonnance ont grimpé plus rapidement que celles de toute autre catégorie4 : au cours des années 90, elles ont augmenté plus que deux fois plus rapidement que les dépenses globales consacrées aux soins de santé5. On a calculé qu’en 2002, les dépenses de détail consacrées aux médicaments au Canada (médicaments d’ordonnance et médicaments en vente libre) représentaient au moins 16 % du total des dépenses de la santé. Les médicaments d’ordonnance représentent 80 % de cette catégorie, total en hausse par rapport à 70,3 % en 19902. Qu’est ce qui propulse les dépenses en médicaments au Canada? Les débats sur la question sont nombreux, mais on croit que les forces motrices de l’utilisation comprennent les suivantes : * Utilisation accrue : à mesure que la population vieillit, la prévalence de problèmes comme l’hypertension, le diabète sucré de type 2 et l'ostéoarthrite, qu’il faut souvent traiter au moyen de médicaments, augmente. * Les nouveaux médicaments (brevetés), qui coûtent plus cher que les médicaments génériques, dominent le marché des ordonnances. Entre 1995 et 2000, cinq catégories de médicaments (dont les agents servant à abaisser le cholestérol, les médicaments servant à abaisser la tension artérielle, les agents servant à réduire d'acide d'estomac et les antidépresseurs) ont contribué considérablement à la montée globale des coûts des médicaments5. Ces catégories sont dominées par de nouveaux médicaments brevetés dont beaucoup font l’objet d’une promotion importante. * Même s’ils sont plus bas que ceux des médicaments brevetés, les prix des médicaments génériques sont plus élevés au Canada qu’ailleurs. Ils coûtent 26 % moins cher en Allemagne et 68 % moins cher en Nouvelle-Zélande, par exemple6. * Des pratiques de marketing comme la publicité directe au consommateur (PDC) diffusée dans les médias généraux aux États-Unis et leur «débordement» connexe sur le marché canadien peuvent contribuer à l’utilisation accrue. Au Canada, le Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB) contrôle les prix des médicaments de marque. Il existe des mécanismes semblables de contrôle des prix dans des pays de l’Union européenne, mais ces contrôles n’existent pas dans le cas des médicaments génériques au Canada. Tout compte fait, les médicaments d’ordonnance peuvent être coûteux pour les Canadiens, et en particulier pour ceux qui n’ont pas d’assurance. Le rôle des médecins et de l’Association médicale canadienne Les médecins du Canada tiennent à ce que les Canadiens aient accès aux bons médicaments, au bon moment et au bon prix, pour les aider à obtenir les bons résultats – autrement dit, le meilleur résultat possible pour la santé. La pharmacothérapie vise à améliorer l’état de santé des patients et leur qualité de vie en prévenant, évitant ou contrôlant des maladies ou des symptômes. Patients, médecins et pharmaciens doivent collaborer pour atteindre ce but. Le rôle des médecins dans la pharmacothérapie va beaucoup plus loin que le simple fait de rédiger une ordonnance. Il consiste aussi à : * diagnostiquer des maladies, évaluer le besoin de pharmacothérapie et concevoir le régime de traitement; * collaborer avec les patients pour fixer les buts du traitement et suivre les progrès réalisés; * surveiller la réponse du patient à la pharmacothérapie, réviser au besoin le plan de soin afin d’en favoriser l’observation et d’atteindre les meilleurs résultats possibles pour la santé; * communiquer aux patients des renseignements précis sur les maladies et la pharmacothérapie (y compris ses effets et ses effets secondaires possibles, et notamment, dans certains cas, l’asservissement possible aux médicaments d’ordonnance)7. L’activité de l’AMC a visé avant tout à promouvoir l’excellence dans l’établissement d’ordonnances et à diffuser aux médecins de l’information sur les médicaments8. En 1999, l’AMC a collaboré avec Santé Canada et l’Association des pharmaciens du Canada (APhC) pour convoquer une table ronde d’experts sur les «Meilleures pratiques de prescription». Il s’agissait seulement d’un des efforts déployés par la profession afin de déterminer pourquoi certaines thérapies semblent insuffisamment prescrites tandis que d’autres semblent l’être excessivement. L'AMC a formulé des principes sur deux questions : les renseignements des médecins; la prestation aux consommateurs de renseignements sur les médicaments d'ordonnance. L’AMC et l’APhC ont aussi produit un énoncé de principe conjoint sur des façons d’améliorer la qualité de la pharmacothérapie (joint à l’Annexe I). L’AMC cofinance en outre, avec les Instituts de recherche en santé du Canada, une équipe de recherche interdisciplinaire qui s’intéresse avant tout aux Politiques de l’avenir en matière de médicaments. L’équipe se penche notamment sur les domaines suivants : financement et attentes du public; amélioration de la qualité; évaluation des soins de santé et de la technologie; consultation du public dans le domaine de la cybersanté. L’AMC publie Drugs of Choice, guide canadien qui fait autorité sur les pharmacothérapies de première et de seconde intention contre des centaines de problèmes cliniques. L’ouvrage en est maintenant à sa troisième édition. L’AMC tient en outre une importante base de guides de pratique clinique, y compris des guides sur l’établissement d’ordonnances, auxquels les médecins et le public ont accès par le site web de l’AMC. L’Association a aussi créé, à l’intention des médecins, un cours en ligne sur la sécurité des pratiques de médication. Le site web amc.ca donne aussi accès à une base de données canadienne en direct sur les médicaments qu’il est possible de télécharger et d’utiliser au point de soins cliniques grâce à des assistants numériques personnels à la fine pointe de la technologie. INTERVENTIONS PRIORITAIRES POUR L’AMC A) Accès à des soins de santé de qualité Il y a des années que l’AMC préconise l’accès aux services de soins de santé nécessaires. En 2004, une Stratégie nationale sur l’accès constituera une des grandes priorités de l’Association. Il y a plusieurs problèmes d’accès en ce qui concerne les médicaments d’ordonnance : lenteur du processus d’approbation des nouveaux médicaments, inégalité de l’assurance et conséquences possibles du magasinage outre-frontière sur la disponibilité des médicaments au Canada. i) Approbation des médicaments : les bons médicaments au bon moment L’AMC recommande : 1. Que le gouvernement fédéral mette en œuvre un mécanisme opportun et efficient d'examen des médicaments afin de ramener les délais d'examen à un niveau égal ou inférieur à celui d’autres pays de l’OCDE. 2. Que l’industrie pharmaceutique accorde la priorité à la recherche-développement sur des médicaments et des modes d'administration présentant une amélioration importante par rapport à des produits déjà en vente. 3. Que Santé Canada soumette à un mécanisme d’examen prioritaire tous les médicaments représentant une amélioration importante par rapport à des produits déjà en vente. Des intervenants ont attiré à maintes reprises l’attention sur la lenteur du mécanisme d’examen des médicaments du Canada. Entre 1996 et 1998, l’approbation prenait beaucoup plus de temps au Canada (médiane de 518 jours) qu’en Suède (médiane de 371 jours), au Royaume-Uni (médiane de 308 jours) et aux États-Unis (médiane de 369 jours). Ces périodes n’ont pas raccourci pour la peine même après que Santé Canada a mis en œuvre une stratégie de recouvrement des coûts pour financer le mécanisme d’examen des médicaments. La lenteur du mécanisme d’examen des médicaments retarde l’accès à de nouveaux médicaments qui pourraient sauver des vies. Quinze autres pays ont approuvé le Singulair, percée importante dans le traitement de l’asthme, avant qu’il soit approuvé au Canada, par exemple, même si le médicament a été mis au point à Montréal! Environ 10 % des enfants de cinq à 14 ans sont atteints d’asthme et auraient pu bénéficier de ce médicament relativement sûr. L’activateur tissulaire du plasminogène intraveineux (tPA), médicament servant à traiter l’accident cérébral vasculaire aigu, a été approuvé en 1996 aux États-Unis, mais en 1999 seulement au Canada. La longueur des périodes d’examen des médicaments au Canada est attribuable principalement au manque de ressources à Santé Canada. L’AMC recommande que le Canada mette en œuvre un mécanisme rapide et efficient d’examen des médicaments afin de ramener à une longueur appropriée la durée des périodes d’approbation. Les 190 millions de dollars en cinq ans annoncés dans le Budget fédéral de 2003 pour accélérer le mécanisme de réglementation sont encourageants. Nous espérons que la durée du processus d’approbation des médicaments diminuera considérablement avant longtemps. Beaucoup de médicaments dont on demande l’approbation ne sont pas vraiment innovateurs. Certains sont virtuellement des copies de médicaments déjà en vente. D’autres pourraient toutefois offrir une amélioration importante par rapport à ceux qui sont actuellement disponibles. Ils pourraient être plus efficaces sur le plan clinique, produire moins d’effets secondaires ou encore leur mécanisme d'administration pourrait accroître l’observation (p. ex., médicament que l’on peut prendre une fois par jour seulement au lieu de trois ou quatre fois par jour). L’AMC recommande que l’industrie pharmaceutique accorde la priorité à la recherche-développement portant sur des produits qui offrent des avantages supplémentaires importants aux patients du Canada. Il semble logique que les médicaments qui offrent des avantages auxquels les Canadiens n’ont pas encore accès atteignent plus rapidement les patients qui en ont besoin. Santé Canada a mis en œuvre récemment un mécanisme d’examen prioritaire des médicaments qui doivent traiter des problèmes graves, menaçants pour la vie ou invalidants à l’égard desquels des preuves importantes démontrent que le médicament constitue une amélioration importante par rapport aux thérapies existantes. Cette décision est prometteuse. L’AMC recommande que Santé Canada applique un mécanisme d’examen prioritaire à tous les médicaments qui représentent une amélioration importante par rapport à ceux qui existent déjà sur le marché. Le mécanisme incitera aussi l’industrie pharmaceutique à mettre l’accent, dans ses plans de recherche-développement, sur les médicaments qui offrent des avantages importants. ii) Couverture : pour que le système fonctionne L’AMC recommande : 4. Que les gouvernements et les fournisseurs d’assurance effectuent des recherches pour déterminer les lacunes actuelles de la couverture des Canadiens en ce qui a trait aux médicaments d’ordonnance et mettent de l'avant divers choix stratégiques possibles pour fournir cette couverture et, ce faisant, tiennent compte notamment des rôles des payeurs publics et privés. Couverture pour tous les Canadiens. Les médicaments d’ordonnance constituent l’exemple le plus notable de partenariat public-privé dans la prestation des services de santé au Canada. Le régime public et privé d’assurance-médicaments du Canada fonctionne raisonnablement bien, mais il est possible d’y apporter des améliorations. Le mandat de la Loi canadienne sur la santé porte sur «les produits pharmaceutiques, substances biologiques et préparations connexes administrés à l’hôpital». Les régimes provinciaux et territoriaux d’assurance-médicaments varient et la plupart couvrent seulement les personnes âgées et les bénéficiaires de l’aide sociale9. Beaucoup de Canadiens obtiennent leur assurance-médicaments de régimes privés offerts par leur employeur. Il y a toutefois beaucoup de gens au Canada qui n’ont pas d’assurance-médicaments. Nous ne savons exactement combien. Selon un rapport produit pour l’Association canadienne des compagnies d’assurance de personnes, de 2 à 4 % des Canadiens n’ont aucune couverture, mais selon d’autres rapports, ce chiffre se rapprocherait davantage de 10 %10,11. Il y a au moins d’un à trois millions de Canadiens qui ont besoin d’assurance de base pour les médicaments d’ordonnance. La pharmacothérapie peut être plus efficace que certaines formes de soins hospitaliers. Le système actuel de soins de santé favorise t il l’inefficience en couvrant les services hospitaliers plus complètement que les médicaments d’ordonnance? En 1997, le Forum national sur la santé a recommandé que le système public inclue les médicaments. Un tel système serait toutefois d’un coût prohibitif : les estimations varient de 12,4 milliards de dollars pour un modèle public et privé combiné (comportant des copaiements) à 13,8 milliards pour un modèle entièrement financé par le secteur public (aucun copaiement)12. La Commission Romanow l’a reconnu dans son rapport lorsqu’elle a affirmé qu’il faudrait «viser à ce que les médicaments d’ordonnance soient davantage intégrés au continuum des soins et ce, de façon progressive mais délibérée». À court terme, la Commission a recommandé un transfert pour les médicaments à coût exorbitant afin d’assurer que les Canadiens qui font face au fardeau financier le plus lourd puissent continuer d’avoir accès aux médicaments dont ils ont besoin. Le programme Trillium en Ontario est un exemple de ce genre de programme. Nous devons en savoir davantage sur le nombre de personnes qui ont besoin d’assurance-médicaments et sur les meilleurs moyens de la leur fournir. L’AMC recommande pour commencer que le gouvernement, les fournisseurs d’assurance et tous les partenaires des secteurs public et privé effectuent des recherches afin de définir avec plus de précision les lacunes actuelles de l’assurance-médicaments d’ordonnance et qu’ils élaborent des politiques possibles pour les combler. Étant donné le rôle encore plus important que les pharmacothérapies aux médicaments d’ordonnance jouent dans les soins de santé au Canada, les gouvernements devraient envisager de grossir le panier actuel des «services de base» afin d’y inclure les médicaments d’ordonnance. La Loi canadienne sur la santé prévoit que les provinces et les territoires doivent s’assurer que les services médicaux et hospitaliers médicalement nécessaires sont entièrement payés. L’AMC a recommandé que l’on mette à jour régulièrement la grosseur du panier des services de base afin de tenir compte des réalités de la prestation des soins de santé et des besoins de la population canadienne. Comme les médicaments d’ordonnance pourraient améliorer la rentabilité du système, nous sommes d’avis que les gouvernements du Canada doivent demander s’il faut réviser le concept des «services de base» pour en refléter l’importance, à condition que ceci ne compromette pas davantage l’accès aux services médicalement nécessaires des hôpitaux et des médecins. Politiques d’établissement des prix des médicaments : Vers une politique pour tous les médicaments au Canada : Comme on l’a déjà dit, le CEPMB contrôle les prix des médicaments de marque brevetés au Canada. Or, 40 % des médicaments prescrits au Canada sont des médicaments génériques. Le Canada n’a pas de moyen de contrôler les prix des médicaments génériques comme d’autres pays (la France, par exemple, a adopté un décret indiquant que le prix d’un produit générique doit être d’au moins 30 % inférieur à celui de la marque brevetée à l’origine6). La plupart des provinces ont des politiques qui encouragent le remplacement d’un médicament de marque par un médicament générique comparable lorsque c’est possible. L’AMC est d’avis qu’il est temps que les gouvernements du Canada étudient des moyens d’assurer l’établissement du prix approprié des médicaments génériques. Substitution des produits : Accorder la première priorité à la santé. Même dans leur régime actuel de couverture limitée, les gouvernements fédéral et provinciaux ont exprimé des inquiétudes au sujet du coût de leurs programmes de médicaments et mis en œuvre des mesures pour le réduire. Une de ces mesures prévoit la substitution de médicaments. La substitution par des médicaments génériques, dont il a été question plus tôt, est maintenant courante. La Colombie-Britannique a poussé le concept plus loin avec son système d’établissement du coût en fonction du produit de référence. Même si l’AMC reconnaît les raisons qui sous-tendent la substitution de médicaments, nous sommes d’avis qu’il ne faudrait l’implanter que si elle ne met pas en danger la qualité des soins ou la confidentialité des renseignements des patients. Les médecins seraient heureux de participer à des discussions sur des initiatives relatives à la substitution de médicaments afin d’assurer que la santé du patient demeure la grande priorité de tous les intervenants. iii) Exportation et prescription transfrontalières L’AMC recommande : 5. Que le gouvernement fédéral surveille et réglemente au besoin l’exportation des médicaments d’ordonnance afin d’assurer qu’ils demeurent disponibles pour les Canadiens. 6. Que la prescription de médicaments se fasse dans le contexte de la relation thérapeutique patient–médecin. Les médicaments d’ordonnance de marque coûtent plus cher aux États-Unis, où il n’existe pas de conseil d’examen des prix, qu’au Canada. C’est pourquoi l’accès à ces médicaments impose des difficultés financières importantes, particulièrement pour les personnes âgées et les pauvres des États-Unis. La montée du coût des médicaments de marque aux États-Unis a poussé de nombreux Américains à se tourner vers le Canada pour y trouver des solutions de rechange meilleur marché. Au moins une ville des États-Unis, Springfield, au Massachusetts, a lancé un programme volontaire d’achat de médicaments d’ordonnance au Canada pour ses travailleurs et ses retraités13. L’État de l’Illinois étudie la possibilité d’emboîter le pas14. Les coûts des médicaments aux États-Unis sont aussi à l’origine d’une industrie de croissance au Canada : les pharmacies Internet. Selon des estimations publiées dans les médias américains, il se vend pour environ 650 millions de dollars (US) de médicaments d’ordonnance en ligne chaque année15. La perspective d’avoir accès à des médicaments canadiens meilleur marché est particulièrement attrayante pour les Américains âgés qui se sont tournés vers Internet pour acheter des médicaments d’ordonnance qu’ils ne pourraient se payer chez eux. L’exportation transfrontalière florissante de produits pharmaceutiques a eu des répercussions. Plusieurs multinationales qui fabriquent des produits pharmaceutiques de marque ont pris des mesures pour bloquer ou limiter les approvisionnements aux pharmacies canadiennes qui vendent selon elles des médicaments par Internet. Ces pharmacies doivent maintenant commander directement du fabricant au lieu de grossistes16. Les fabricants de médicaments de marque ont aussi évoqué la possibilité de boycotter le Canada à la suite d’une mesure législative adoptée par la Chambre des représentants des États-Unis qui permettrait aux Américains d’importer des médicaments17. La mesure législative est maintenant au Comité de la santé, de l’éducation, du travail et des pensions du Sénat américain. La Food and Drug Administration des États-Unis s’est opposée à l’importation pour des raisons de sécurité. L’AMC craint elle aussi, comme c’est de plus en plus le cas, que les exportations transfrontalières ne réduisent l’accès aux médicaments d’ordonnance au Canada et n’endommagent la capacité de recherche-développement des fabricants de médicaments d’ordonnance de marque au Canada. C’est pourquoi l’AMC recommande que le Canada surveille et réglemente au besoin l’exportation de médicaments de marque afin d’assurer qu’ils demeureront disponibles au Canada. Beaucoup de pharmacies Internet offrent les services de médecins qui signent des ordonnances sans voir le patient. Une telle pratique est inacceptable pour l’AMC, pour les Collèges des médecins et chirurgiens (qui sont les organismes de réglementation), et pour l’Association canadienne de protection médicale, car il est évident que pour établir une relation thérapeutique appropriée, le médecin doit en principe consigner des antécédents, procéder à un examen médical approprié et prescrire et interpréter des examens diagnostiques appropriés pour ses patients. En pharmacothérapie, le rôle du médecin est complexe : pour être le plus efficace, il doit se fonder sur une solide relation professionnelle continue avec son patient. Notre relation constitue l’assise même de la pratique de la médecine : elle joue un rôle clé dans la décision d’établir une ordonnance et il faut la maintenir. Nous abordons cette question plus en détail dans notre énoncé sur l'Internet et les ordonnances (joint en Annexe II). B) Information sur les médicaments pour les consommateurs : de la PDC à l’IDC L’AMC recommande : 7. Que la publicité directe au consommateur (PDC) spécifique à une marque de médicament soit interdite au Canada. 8. Que le gouvernement fédéral applique dans toute leur force les restrictions imposées actuellement à la PDC par la Loi sur les aliments et drogues. 9. Que le gouvernement fédéral élabore et finance un programme intégré afin de fournir aux patients des renseignements exacts et impartiaux sur les médicaments d’ordonnance. On met de plus en plus d’information sur les médicaments d’ordonnance à la disposition des consommateurs depuis quelques années. Une grande partie de cette information atteint les Canadiens sous forme de publicité directe au consommateur (PDC) qui porte sur des marques précises et provient des États-Unis où elle constitue une activité de l’ordre du milliard de dollars. La PDC n’est pas légale au Canada, sauf pour indiquer le prix, la quantité et le nom du médicament. Les annonceurs ont toutefois profité de lacunes de la loi pour promouvoir des médicaments de marque au Canada – c’est le cas, par exemple, de la campagne télévisée controversée sur le Viagra. La PDC est aussi transmise par les médias imprimés et la télévision en provenance des États-Unis, et dans le monde par Internet. Un puissant lobby exerce des pressions pour qu’on relâche les restrictions sur la PDC au Canada. La PDC gonfle les ventes des médicaments annoncés. En 1999, 25 médicaments ont représenté 40 % de l’augmentation des dépenses de médicaments au détail au cours de la même année : tous ces médicaments ont été annoncés au public18. La PDC a en outre des effets indésirables sur la relation patient/médecin. Les médecins signalent ressentir des pressions et de l’ambivalence lorsque leurs patients leur demandent de leur prescrire un médicament de marque en particulier19,20. Environ 20 % des répondants au Questionnaire sur les effectifs médicaux de 2003 de l’AMC étaient d’avis que le fait que leurs patients leur demandent un médicament annoncé a un effet négatif sur la relation patient/médecin21. Les promoteurs de la PDC soutiennent qu’elle fournit aux «consommateurs» l’information dont ils ont besoin pour devenir des partenaires de leurs propres soins de santé. Ils soutiennent aussi que la PDC ne mine pas la relation patient/médecin parce qu’elle ne change rien au fait que c’est le médecin qui garde le pouvoir final de prescrire. L’AMC juge toutefois inappropriée la publicité directe au consommateur sur les médicaments d’ordonnance. La PDC * n’informe pas adéquatement sur le risque ou ne fournit pas suffisamment d’information pour permettre aux consommateurs de choisir les bons médicaments. Elle ne fournit généralement pas d’information sur d’autres produits ou traitements qui pourraient traiter le même problème; * stimule la demande en exagérant les risques posés par une maladie et suscitant une crainte inutile; * contribue à une culture de «surmédicalisation» en traitant des problèmes humains normaux comme le vieillissant et la calvitie comme des maladies et en offrant «une pilule pour chaque mal». La publicité directe au consommateur qui porte sur des marques précises de médicaments d’ordonnance et devrait être interdite au Canada. L’AMC demande au gouvernement fédéral d’appliquer rigoureusement les restrictions en vigueur sur la PDC que l’on trouve dans la Loi sur les aliments et drogues. Nous croyons que le public a droit à de l’information directe au consommateur (IDC) impartiale et exacte sur les médicaments et d’autres thérapies afin que les patients puissent prendre des décisions éclairées sur leurs propres soins de santé. Cette information pourrait contribuer à améliorer l'usage approprié des médicaments; par exemple, elle pourrait encourager les consommateurs à se faire soigner pour des problèmes actuellement insuffisamment traités. Il y a toutefois des moyens plus efficaces que la publicité sur les marques de commerce pour diffuser cette information. L’AMC a produit, comme solution de rechange à la PDC, «Principes de la diffusion au consommateur d’information sur les médicaments d’ordonnance», document joint à l’Annexe III. Nous demandons aux intervenants du Canada, y compris les gouvernements, les professionnels de la santé, les groupes de consommateurs et l’industrie, de conjuguer leurs efforts pour informer le public en se fondant sur ces principes. L’AMC demande de plus au gouvernement fédéral d’établir et de financer un programme intégré de diffusion aux patients d’information exacte et impartiale sur les médicaments d’ordonnance. C) Sécurité : Pour instaurer les pratiques exemplaires de prescription L’AMC recommande : 10. Que tous les intervenants unissent leurs efforts pour appuyer et favoriser la recherche fondée sur les résultats afin d'établir les pratiques exemplaires de prescription. 11. Que le gouvernement accélère les activités visant à établir l’Institut de la sécurité du patient en suivant une démarche systémique afin d’appuyer une culture de sécurité. 12. Que l’on mette en œuvre un système de surveillance postcommercialisation afin de surveiller continuellement la sûreté des médicaments vendus. Le système de soins de santé est complexe et comporte de nombreux facteurs interdépendants et interreliés qui pourraient jouer contre des pratiques optimales de prescription et influencer la fréquence et l’intensité des incidents liés aux médicaments. Ces «facteurs systémiques» peuvent inclure les suivants : * pénurie de professionnels de la santé qualifiés (médecins, infirmières et autres); * utilisation indue de technologies nouvelles; * étiquetage non clair ou préparations de médicaments qui se ressemblent; * utilisation erronée des médicaments d’ordonnance, comme la prescription excessive ou insuffisante de certains médicaments. Les médecins du Canada cherchent à promouvoir l’innocuité des médicaments sur de nombreux fronts. L’AMC collabore, par exemple, avec des gouvernements à tous les paliers pour assurer que nous «n’enrichissons pas l’urine du pays» en prescrivant inutilement. Le Journal de l’Association médicale canadienne publie régulièrement des résultats de recherche sur les habitudes d’établissement d’ordonnances. L’AMC publie aussi Sécurité des pratiques de médication, guide du médecin sur la sécurité du patient. Un cours en ligne est disponible sur le site Web amc.ca. Nous proposons que le système de soins de santé cherche à instaurer une culture de promotion de l’établissement optimal d’ordonnances en favorisant la recherche factuelle, créant des infrastructures d’appui, renforçant la capacité de surveillance postcommercialisation et faisant la meilleure utilisation possible de la technologie. Nous discutons ci dessous de nos suggestions. Refermer l’écart des soins. Compte tenu de l’état actuel des connaissances, il est souvent difficile de déterminer si les tendances actuelles de l’utilisation des médicaments débouchent sur des améliorations de la santé. La recherche sur l’observation de la pharmacothérapie et les facteurs qui l’améliorent en est à ses premiers pas. Même si nous savons que la publicité directe au consommateur a des répercussions sur les ventes de médicaments, nous n’avons pas encore déterminé si elle a des effets sur l’évolution de l’état de santé. L’engagement à l’égard de la recherche sur l’utilisation des médicaments fondée sur les résultats nous aiderait à trouver les réponses à ces questions et à d’autres encore. La recherche sur les tendances d'ordonnance devrait respecter les conditions énoncées dans le document de l'AMC «Principes régissant les renseignements sur les médecins » (voir l'Annexe IV). L’AMC demande à tous les intervenants (gouvernements, professionnels de la santé et secteur privé) d'agir de concert pour appuyer et encourager la recherche factuelle afin de déterminer les pratiques exemplaires en utilisation des médicaments et établissement d’ordonnances, et de refermer les écarts définis. Créer une infrastructure de sécurité. L’AMC est certaine de la qualité globale des médicaments d’ordonnance dont l’utilisation est approuvée au Canada. Plus on utilise des médicaments, plus leur possibilité de causer des méfaits non intentionnels augmente toutefois. Des études réalisées aux États-Unis ont révélé que presque 2 % des patients hospitalisés étaient victimes d’un événement médicamenteux indésirable important et que le nombre de décès causés par les médicaments avait augmenté de plus de 200 % en cinq ans22. Même si des études sont toujours en cours au Canada, nous supposons que les taux d’effets indésirables des médicaments se ressemblent dans les deux pays. Dans son budget de 2003, le gouvernement fédéral a engagé 10 millions de dollars par année pour établir un Institut de la sécurité du patient afin de surveiller et de prévenir les incidents médicaux. Il s’agit là d’une étape importante dans l’édification d’un système de santé plus sûr, et les médecins du Canada sont déterminés à faire avancer cette initiative. Avec 11 autres organisations du secteur des soins de santé, l’AMC est membre de la Coalition canadienne pour la déclaration et la prévention des incidents médicamenteux. Cette initiative dirigée par Santé Canada a reçu récemment du financement dans le contexte de l’Initiative sur la sécurité des patients. Les médecins du Canada sont décidés à faire progresser cette initiative. Le gouvernement fédéral a aussi financé récemment le Système canadien de déclaration et de prévention des incidents médicamenteux afin de recueillir des données sur les incidents médicamenteux et de diffuser de l’information visant à en réduire le risque. L’AMC est d’avis que pour être efficace, une initiative sur la sécurité du patient doit : * être volontaire; * ne pas viser à punir; * protéger le caractère confidentiel des renseignements sur les médecins et les patients et leur vie privée. Les efforts qui visent à assurer la sécurité des patients doivent de plus s’attaquer en temps opportun aux enjeux «systémiques» mentionnés ci dessus, et appuyer et favoriser une culture de la sécurité. L’AMC demande au gouvernement d’accélérer les activités visant à établir l’Institut de la sécurité du patient en suivant une approche «système». Renforcement de la surveillance postcommercialisation. Aussi rigoureux le mécanisme d’approbation et d’examen des médicaments soit il, il ne peut déterminer tous les effets d’un médicament. Beaucoup de ces effets ne se manifestent que lorsque l’utilisation du médicament est généralisée dans la population. Il faut un solide système de surveillance postcommercialisation pour réunir ces connaissances et garantir la sécurité des patients. Un système de surveillance postcommercialisation doit inclure la collecte en temps opportun de données portant sur les aspects suivants : * Effets indésirables des médicaments * Incidents médicamenteux * Études ciblées sur l’efficacité de médicaments * Utilisation optimale des médicaments. Un système amélioré de surveillance postcommercialisation vise à contrôler l’innocuité continue et le ratio risque/avantage des médicaments lorsqu’ils ont été approuvés et sont utilisés dans la population en général. Un système de surveillance idéal irait plus loin que la collecte et le rassemblement de données : il analyserait ces données et produirait de l’information que les professionnels de la santé et les responsables des politiques pourraient utiliser dans la prise de décisions à l’échelon de la population. Les données pourraient servir, par exemple, à : * diffuser aux professionnels de la santé et aux patients les risques reliés aux produits; * déterminer l’incidence d’effets indésirables d’un médicament et d’incidents médicamenteux dans la population canadienne en général et dans divers sous-groupes au fil du temps, ainsi que leurs répercussions sur la santé et l’économie. La surveillance postcommercialisation des médicaments au Canada est actuellement inadéquate et fondée sur des notifications souvent erratiques et manquant de cohérence, et pour lesquelles les participants ne reçoivent aucune rémunération. Le Canada a besoin d’un système coordonné de surveillance postcommercialisation afin de contrôler l’innocuité continue des médicaments vendus. La surveillance devrait porter notamment sur les incidents médicamenteux et les effets indésirables des médicaments, et documenter l’effet des «facteurs systémiques» qui y contribuent et en tenir compte. Utilisation de technologies d’appui. Nous avons dit que le système actuel de déclaration était erratique et non cohérent. Un investissement dans une technologie d’appui réduirait les incohérences en améliorant la capacité des médecins de déclarer les incidents médicamenteux et même de les prévenir. Dans l’Accord fédéral/provincial de septembre 2000 sur la santé, le gouvernement du Canada a annoncé 500 millions de dollars pour étendre l’utilisation des technologies de l’information et de la communication en santé, y compris l’adoption du dossier de santé électronique (DSE). Un des avantages mentionnés d’un DSE pancanadien, c’est qu’il pourrait réduire l’occurrence d’effets indésirables des médicaments – p. ex., les erreurs dans les ordonnances manuscrites et les interprétations. Les progrès ont été lents, mais l’AMC suivra avec intérêt le Projet pilote sur le DSE que l’on vient tout juste d’annoncer en Alberta. Même si nous nous attendons à des améliorations des habitudes de prescription et des résultats dans le contexte de tels programmes, nous nous attendons à ce qu’ils respectent les principes de la protection du caractère confidentiel des renseignements sur les patients et le droit des prescripteurs à la protection de leurs renseignements sur leurs habitudes d’établissement d’ordonnances. La technologie peut aussi faciliter énormément la communication en temps réel dans le système de santé et l’AMC recommande vivement qu’on investisse dans des systèmes qui relient les médecins entre eux et avec le reste du système de santé. Dans le mémoire de 2003 qu’elle a présenté au Comité des finances dans le contexte de ses audiences prébudgétaires, l’AMC a recommandé que le gouvernement fédéral finance sans tarder une connectivité Internet exclusive pour tous les médecins du Canada. L’AMC a aussi préconisé à maintes reprises un investissement soutenu et important dans une initiative «RAFALE» (rapide, fiable, accessible, lié et efficace) de communication et de coordination en santé afin d’améliorer la capacité technique de communiquer en temps réel avec des prestateurs de soins de santé des premières lignes. L’information en temps réel est essentielle aux soins de santé efficaces au jour le jour et constituera la pierre angulaire d’un programme de diffusion des effets indésirables des médicaments au XXIe siècle. Conclusion Il est vital pour les médecins du Canada que nos patients reçoivent les bons médicaments pour leur problème, au bon moment et au bon prix. L’AMC demande au gouvernement fédéral et à tous les autres intervenants de conjuguer leurs efforts pour établir une politique intégrée «faite au Canada» sur les médicaments d’ordonnance afin de concrétiser cette vision – qui favorise l’établissement optimal d’ordonnances, fait passer la santé des patients d’abord et respecte la relation patient–médecin et patient–pharmacien, et respecte le principe de la protection de la vie privée et de la confidentialité des renseignements des patients et des prescripteurs. Il a été question d’enjeux relatifs à une politique sur les médicaments d’ordonnance au Canada dans les rapports de la Commission Romanow sur l’avenir des soins de santé au Canada et du Comité sénatorial permanent des sciences, des affaires sociales et de la technologie. Nous espérons que l’étude de votre comité parlementaire débouchera sur des interventions rapides et décisives. ANNEXE I POLITIQUE DE L’AMC STRATÉGIE D'AMÉLIORATION DE LA PHARMACOTHÉRAPIE DÉCLARATION CONJOINTE DE L'AMC ET DE L'ASSOCIATION PHARMACEUTIQUE CANADIENNE Cette déclaration conjointe a été élaborée par l'AMC et l'Association pharmaceutique canadienne et présente le but de la pharmacothérapie, des stratégies de collaboration afin d'optimiser la pharmacothérapie et les responsabilités des médecins et des pharmaciens en pharmacothérapie. La déclaration reconnaît qu'il importe que les médecins, les patients et les pharmaciens collaborent de près et travaillent en partenariat pour optimiser les résultats de la pharmacothérapie. But de cette déclaration conjointe Cette déclaration conjointe a pour but de promouvoir une pharmacothérapie optimale en améliorant la communication et les relations de travail entre les patients, les médecins et les pharmaciens. Elle doit aussi servir de moyen d'éducation des pharmaciens et des médecins afin qu'ils comprennent plus clairement leurs responsabilités mutuelles en pharmacothérapie. Dans le contexte de la présente déclaration, on peut entendre par «patient» un représentant désigné du patient comme un proche, un conjoint, un membre de la famille, un défenseur des patients ou un fournisseur de soins de santé. Les médecins et les pharmaciens ont la responsabilité de collaborer avec leurs patients pour atteindre des résultats optimaux en fournissant une pharmacothérapie de grande qualité. On reconnaît la contribution importante de tous les membres de l'équipe de soins de santé et le besoin de relations de travail marquées par la collaboration. La présente déclaration met toutefois l'accent sur les relations précises entre les médecins, les pharmaciens et les patients en ce qui a trait à la pharmacothérapie. Cette déclaration est un guide général et ne vise pas à décrire tous les aspects des activités des médecins ou des pharmaciens. Elle n'entend pas être restrictive et ne devrait pas inhiber l'évolution positive des relations pharmacien–médecin ou de leurs pratiques respectives qui contribuent à optimiser la pharmacothérapie. Il faudrait de plus utiliser et interpréter cette déclaration conformément aux mesures législatives et aux autres exigences légales qui s'appliquent. On reverra et évaluera régulièrement cette déclaration pour s'assurer qu'elle continue de s'appliquer à la pratique de la médecine et de la pharmacie. But de la pharmacothérapie La pharmacothérapie a pour but d'améliorer l'état de santé des patients et leur qualité de vie en prévenant, éliminant ou contrôlant des maladies ou des symptômes. Une pharmacothérapie optimale est sûre, efficace, appropriée, abordable, rentable et adaptée aux besoins des patients qui participent, au meilleur de leur capacité, à la prise de décisions éclairées au sujet de leur traitement. Les patients doivent avoir accès à la pharmacothérapie requise et à des renseignements précis et impartiaux sur les médicaments pour répondre à leurs besoins particuliers. Pour fournir une pharmacothérapie optimale, il faut aussi disposer d'une base d'information valide et accessible issue de la recherche fondamentale, clinique, pharmaceutique, ainsi que d'autres activités de recherche scientifique. Collaborer pour optimiser la pharmacothérapie Les médecins et les pharmaciens ont des responsabilités qui se complètent et s'appuient mutuellement dans la prestation d'une pharmacothérapie optimale. Afin d'atteindre ce but et pour s'assurer que les patients reçoivent des renseignements uniformes, les patients, les pharmaciens et les médecins doivent collaborer et travailler en partenariat. Cette collaboration passe par une communication efficace, le respect, la confiance, la reconnaissance mutuelle et la compréhension des responsabilités complémentaires de chaque partie. En pharmacothérapie, le rôle de chaque profession dépend de nombreux facteurs, y compris le patient en cause et sa pharmacothérapie, le statut de l'ordonnance du médicament en cause, le contexte et la relation patient–médecin–pharmacien. On reconnaît toutefois qu'en général, chaque profession peut concentrer davantage ses efforts sur certains aspects plutôt que sur d'autres. Par exemple, lorsqu'il conseille des patients au sujet de leur pharmacothérapie, il se peut que le médecin leur donne surtout des conseils spécifiques sur leur maladie et leur parle surtout des buts de la thérapie, des risques, des avantages et des effets secondaires rares, tandis que le pharmacien insistera plutôt sur la bonne utilisation du médicament, la fidélité au traitement, la posologie, les précautions, les restrictions alimentaires et l'entreposage du médicament. Les aspects qui se chevauchent peuvent comprendre le but de la thérapie, les effets secondaires courants et leur traitement, ainsi que les avertissements relatifs aux interactions entre les médicaments et certains aspects liés au style de vie. De même, lorsqu'il suit une pharmacothérapie, un médecin concentrera son attention sur les progrès cliniques vers les buts du traitement, tandis que le pharmacien pourra suivre avant tout les effets du médicament, les interactions et l'observation du traitement. Médecin et pharmacien surveilleraient les effets indésirables. Les deux professions devraient adapter la pharmacothérapie, y compris l'éducation, aux besoins de chaque patient. Pour assurer la continuité des soins et promouvoir la cohérence des renseignements fournis, il importe que les pharmaciens et les médecins évaluent les connaissances des patients et définissent et renforcent le volet éducatif fourni par l'autre profession. Stratégies de collaboration pour optimiser la pharmacothérapie Les patients, les médecins et les pharmaciens doivent collaborer de près et travailler en partenariat pour optimiser les résultats de la pharmacothérapie. Les stratégies qui visent à faciliter ce travail d'équipe comprennent entre autres : Respecter et appuyer les droits des patients de prendre des décisions éclairées au sujet de leur pharmacothérapie. Promouvoir la connaissance, la compréhension et l'acceptation, par les médecins et les pharmaciens, de leurs responsabilités en pharmacothérapie et favoriser la diffusion générale de ces responsabilités afin que tous les intéressés les comprennent clairement. Appuyer les relations des deux professions avec les patients et promouvoir, dans l'équipe de soins de santé, une stratégie de collaboration face à la pharmacothérapie. Il faut veiller à maintenir la confiance des patients et leurs relations avec d'autres soignants. Mettre en commun l'information relative au patient afin d'améliorer les soins qui lui sont prodigués, conformément à tous les aspects suivants : normes éthiques relatives à la protection des renseignements personnels du patient, pratiques acceptées en médecine et en pharmacie, et en droit. Les patients devraient communiquer à leur médecin et à leur pharmacien tout renseignement qui peut aider à optimiser les résultats de la pharmacothérapie. Sensibiliser davantage les médecins et les pharmaciens à l'importance de se rendre facilement accessibles les uns aux autres afin de communiquer au sujet d'un patient dont les deux s'occupent. Améliorer la documentation (p. ex., ordonnances et communications lisibles) et optimiser l'utilisation de la technologie (p. ex., courrier électronique, audiomessagerie et télécopieur) dans les pratiques individuelles afin d'améliorer les communications et l'efficacité, et d'appuyer la cohérence de l'information fournie aux patients. Établir des procédures efficaces de communication et de gestion entre les établissements de santé et les pharmaciens et les médecins de la communauté afin d'appuyer la continuité des soins. Créer des voies de communication locales et encourager le dialogue entre les professions (p. ex., par des programmes conjoints d'éducation permanente et des réunions locales) afin de promouvoir au sein de la communauté une stratégie d'examen critique par les pairs sur la manière de prescrire et sur l'utilisation des médicaments. Apprendre aux pharmaciens et aux médecins, le plus tôt possible au cours de leur formation, à adopter une attitude de collaboration en ce qui a trait au soin des patients. Établir des voies de communication efficaces et encourager le dialogue entre les patients, les médecins et les pharmaciens, aux échelons régional, provincial, territorial et national, afin d'aborder des questions comme la politique sur l'utilisation des médicaments, les lignes directrices relatives à l'établissement d'ordonnances et la formation professionnelle continue. Collaborer à la mise au point de technologies afin d'améliorer la communication dans les pratiques (p. ex., bases de données communes sur les patients quant à leur pharmacothérapie). Collaborer à des comités et des projets sur des aspects de la pharmacothérapie comme l'éducation des patients, la fidélité au traitement, les formulaires et les guides de pratique, le transfert des soins de l'hôpital à la communauté, les stratégies de contrôle des coûts, l'échantillonnage et d'autres enjeux politiques pertinents qui ont trait à la pharmacothérapie. Favoriser la création et l'utilisation d'une base d'information clinique et scientifique de grande qualité afin d'appuyer la prise de décisions fondées sur des données probantes. Les responsabilités du médecin Les médecins et les pharmaciens reconnaissent qu'en pharmacothérapie, la pratique des médecins englobe les responsabilités suivantes à cause de facteurs comme leur formation et leurs connaissances spécialisées, leur relation avec les patients et le contexte de la pratique. Certaines responsabilités peuvent chevaucher celles des pharmaciens (voir Les responsabilités du pharmacien). On reconnaît en outre que les contextes de pratique en médecine peuvent différer et peuvent modifier le rôle du médecin. Évaluer l'état de santé, diagnostiquer les maladies, évaluer le besoin de pharmacothérapie et fournir une pharmacothérapie curative, préventive, palliative et de réadaptation en consultation avec les patients et en collaboration avec les soignants, les pharmaciens et d'autres professionnels de la santé, le cas échéant. Collaborer avec les patients pour fixer des objectifs thérapeutiques et suivre l'évolution vers l'atteinte de ces objectifs en consultant des soignants, des pharmaciens et d'autres fournisseurs de soins de santé, le cas échéant. Surveiller et évaluer la réponse à la pharmacothérapie, les progrès réalisés vers les objectifs thérapeutiques et la fidélité du patient au plan thérapeutique. Au besoin, réviser le plan en fonction des résultats de la présente thérapie et des progrès réalisés en fonction des buts visés, en consultant les patients et en collaborant avec les soignants, les pharmaciens et d'autres fournisseurs de soins de santé, le cas échéant. Surveiller les patients et les évaluer pour repérer toute réaction indésirable aux médicaments et d'autres problèmes imprévus liés à la pharmacothérapie, modifier la thérapie et, le cas échéant, signaler aux autorités de la santé les réactions indésirables et les autres complications. Fournir aux patients et aux soignants des renseignements précis sur le diagnostic, les indications et les buts du traitement, et leur préciser l'action, les avantages, les risques et les effets secondaires possibles de la pharmacothérapie. Fournir et mettre en commun des renseignements et des conseils généraux et précis au sujet de maladie et des médicaments aux patients, aux soignants, aux fournisseurs de soins de santé et à la population. Tenir, au sujet de la pharmacothérapie de chaque patient, des dossiers suffisants qui comprendront, le cas échéant, des renseignements comme les buts du traitement, le traitement prescrit, les progrès réalisés en fonction des buts visés, les modifications du traitement, la liste de médicaments (y compris les médicaments prescrits et les médicaments en vente libre) pris par le patient, les réactions indésirables au traitement, les antécédents d'allergies connues aux médicaments, les antécédents de tabagisme, l'exposition ou le risque professionnels, les tendances connues de consommation d'alcool ou de substances qui peuvent modifier la réponse aux médicaments, les antécédents de fidélité au traitement et les attitudes face aux médicaments. Le dossier devrait aussi documenter le counselling au patient et les conseils donnés, le cas échéant. Assurer l'acquisition, l'entreposage, la manipulation, la préparation, la distribution et la dispensation sécuritaires des médicaments et la tenue des dossiers (conformément aux réglementations fédérales et provinciales et au sommaire de politique de l'AMC intitulé «Les médecins et l'industrie pharmaceutique (Mise à jour de 1994)» (Can Med Assoc J 1994; 150:256A-C.) lorsque le patient ne peut raisonnablement recevoir ces services d'un pharmacien. Demeurer à la fine pointe de la pharmacothérapie par l'analyse critique des écrits et le perfectionnement professionnel continu. Il faut fournir les soins conformément à la législation et dans un contexte de respect de la vie privée, et maintenir la confidentialité des patients. Il faut aussi fournir les soins conformément aux normes et aux procédures éthiques et scientifiques reconnues. Les responsabilités du pharmacien Les pharmaciens et les médecins reconnaissent qu'en pharmacothérapie, la pratique des pharmaciens englobe les responsabilités suivantes à cause de facteurs comme leur formation et leurs connaissances spécialisées, leur relation avec les patients et le contexte de la pratique. Certaines responsabilités peuvent chevaucher celles des médecins (voir Les responsabilités du médecin). On reconnaît en outre que dans certains contextes de pratique, le rôle des pharmaciens peut différer considérablement. Évaluer le dossier pharmacothérapeutique des patients («profil pharmaceutique») et examiner les ordonnances afin d'assurer qu'une thérapie prescrite est sûre et de repérer, de résoudre et de prévenir des problèmes ou des préoccupations réels ou potentiels liés aux médicaments. Les contre-indications, les interactions entre les médicaments ou le double emploi thérapeutique, les réactions allergiques et l'inobservation du traitement par les patients en sont des exemples. Il faudrait discuter des préoccupations importantes avec l'auteur de l'ordonnance. Assurer l'acquisition, l'entreposage, la préparation, la distribution et la dispensation sécuritaires des produits pharmaceutiques (conformément aux réglementations fédérales, provinciales et autres applicables). Discuter de problèmes ou de préoccupations pharmaceutiques réels ou potentiels et du but de la pharmacothérapie avec les patients, en consultant les soignants, les médecins et les fournisseurs de soins de santé, le cas échéant. Surveiller la pharmacothérapie afin de repérer les problèmes ou les préoccupations reliés aux médicaments comme le manque d'amélioration des symptômes, l'inobservation du plan de traitement et les effets indésirables soupçonnés. Il faudrait discuter des préoccupations importantes avec le médecin. Conseiller les patients et les soignants au sujet de la sélection et de l'utilisation des médicaments non prescrits et du traitement de symptômes ou d'affections mineurs. Conseiller aux patients de consulter leur médecin pour obtenir un diagnostic et un traitement au besoin. Les pharmaciens peuvent être le premier point de contact pour les personnes qui recherchent des conseils de santé. Une évaluation de base du patient (p. ex., observation et questions) devrait leur permettre de déterminer si le patient doit consulter un médecin ou un service d'urgence. Prévenir les médecins de réactions indésirables réelles ou soupçonnées aux médicaments et, le cas échéant, signaler ces réactions aux autorités de la santé. Fournir aux patients et aux soignants des renseignements précis sur la pharmacothérapie en tenant compte de ce que les patients connaissent de leur pharmacothérapie. Ces renseignements peuvent comprendre le nom du médicament, son but, ses interactions ou effets secondaires potentiels, les précautions nécessaires, l'usage adéquat, les façons de promouvoir la fidélité au plan de traitement et tout autre renseignement sur la santé qui convient aux besoins du patient. Fournir et faire part aux patients, aux soignants, aux médecins, aux fournisseurs de soins de santé et à la population des renseignements et des conseils généraux et précis sur les médicaments. Tenir des dossiers appropriés sur la pharmacothérapie afin de faciliter la prévention, l'identification et le traitement de problèmes ou de préoccupations liés aux médicaments. Ces dossiers devraient contenir notamment la pharmacothérapie courante et passée du patient (y compris les médicaments prescrits et certains médicaments en vente libre), les antécédents d'allergies connues aux médicaments, des données démographiques appropriées et, le cas échéant, le but du traitement et les progrès réalisés en fonction des objectifs du traitement, les réactions indésirables au traitement, les antécédents de fidélité au traitement, les attitudes à l'égard des médicaments, les antécédents de tabagisme, l'exposition aux risques professionnels et les tendances connues de consommation d'alcool ou de substances qui peuvent modifier la réponse aux médicaments. Les dossiers devraient aussi contenir les conseils donnés aux patients, le cas échéant. Demeurer à la fine pointe de la pharmacothérapie par l'analyse critique des écrits et le perfectionnement professionnel continu. Il faut fournir des soins conformément à la législation et dans un contexte de respect de la vie privée, et maintenir la confidentialité des patients. Il faut fournir des produits et des services conformément aux normes et aux procédures scientifiques et éthiques reconnues. ANNEXE II POLITIQUE DE L’AMC Énoncé sur l’établissement d’ordonnances par Internet L’acte qui consiste à prescrire des médicaments est un acte médical exécuté dans le contexte d’une relation patient–médecin. Il est donc assujetti aux normes cliniques de pratique, ainsi qu’aux lignes directrices déontologiques de la profession médicale, de même qu’aux lois applicables. Les médecins doivent connaître les exigences des lois de leur province ou territoire et s’y conformer. Un médecin qui veut signer une ordonnance pour une personne qui n’a pas déjà été son patient, ou un patient de sa pratique de groupe ou d’un groupe de garde partagée doit appliquer les principes fondamentaux de l’évaluation et du diagnostic. Il incombe au médecin d’obtenir des antécédents adéquats et de procéder à un examen physique approprié pour poser un diagnostic qui assurera que les médicaments prescrits conviennent. On doit pouvoir attendre du médecin qu'il donne des conseils sur tout médicament prescrit et, le cas échéant, sur la surveillance qui s’impose. On recommande au médecin de documenter entièrement le contact. Il est inacceptable qu’un médecin signe une ordonnance sans évaluer dûment le patient. ANNEXE III POLITIQUE DE L’AMC Principes de la diffusion aux consommateurs d’information sur les médicaments d’ordonnance Approuvé par le Conseil d'administration de l'AMC Mars 2003 Les dépenses consacrées à la publicité directe aux consommateurs (PDC) des médicaments d’ordonnance aux États-Unis ont grimpé en flèche depuis la fin des années 1990. Même si la PDC à l’américaine n’est pas légale au Canada23, elle parvient aux Canadiens, transmise par les médias imprimés et électroniques transfrontaliers et par Internet. On croit qu’elle a eu un effet sur les ventes de médicaments et le comportement des patients au Canada. D’autres produits thérapeutiques comme les vaccins et les tests de diagnostic font aussi l’objet de campagnes de marketing direct auprès du public. Les partisans de la PDC soutiennent qu’ils fournissent aux consommateurs de l’information dont ceux ci ont grand besoin au sujet des médicaments et des problèmes qu’ils traitent. D’autres interlocuteurs affirment que le but inavoué de cette publicité est d’augmenter les revenus ou la part de marché et qu’il est donc impossible de la considérer comme de l’information impartiale. L’AMC est d’avis que les consommateurs ont le droit d’obtenir de l’information exacte sur les médicaments d’ordonnance et d’autres interventions thérapeutiques, ce qui leur permet de prendre des décisions éclairées sur leur propre santé. Cette information est particulièrement nécessaire au moment où de plus en plus de Canadiens vivent avec des problèmes chroniques et où nous prévoyons l’apparition de nouveaux produits qui peuvent découler de la «révolution biologique», comme les génothérapies. L’AMC recommande de revoir les mécanismes actuels de diffusion de cette information au public, y compris les communications dans les médias généraux. L’AMC est d’avis qu’il faudrait informer le public au sujet des médicaments d’ordonnance en se conformant aux principes suivants24. Principe 1 : Le but, c’est la santé La mesure finale de l’efficacité de l’information sur les médicaments destinées aux consommateurs devrait être l’impact qu’elle a sur la santé et le mieux-être des Canadiens et sur la qualité des soins de santé. Principe 2 : Facilité d’accès Les Canadiens devraient avoir facilement accès à de l’information crédible et de grande qualité sur les médicaments d’ordonnance. Cette information devrait viser avant tout à éduquer et l'auteur ne doit pas se préoccuper de vendre des médicaments. Principe 3 : Participation des patients L’information sur les médicaments destinée aux consommateurs devrait aider les Canadiens à prendre des décisions éclairées sur la prise en charge de leur santé et faciliter la discussion informée avec leur médecin et d’autres professionnels de la santé. L’AMC encourage les Canadiens à s’informer au sujet de leur état de santé et des soins de santé qu’ils reçoivent et à évaluer l’information sur la santé d’un œil critique. Principe 4 : Contenu factuel L’information sur les médicaments destinée aux consommateurs devrait être factuelle et fondée sur des lignes directrices relatives aux ordonnances généralement reconnues comme source lorsqu’elles sont disponibles. Principe 5 : Information appropriée L’information sur les médicaments destinée aux consommateurs devrait reposer le plus possible sur les catégories de médicaments et l’utilisation de noms génériques. Lorsqu’il est question de médicaments de marque, la discussion ne devrait pas être limitée à une seule marque et les noms génériques devraient toujours précéder les noms de marque. L’information doit renseigner sur les aspects suivants : * indications sur l’utilisation du médicament; * contre-indications; * effets secondaires; * coût relatif. L’information sur les médicaments destinée aux consommateurs devrait en outre décrire le médicament dans le contexte de la prise en charge globale du problème pour lequel il est indiqué (p. ex., information sur d’autres thérapies, prise en charge des habitudes de vie et stratégies d’adaptation). Principe 6 : Objectivité des sources d’information Il faudrait fournir l’information sur les médicaments destinée aux consommateurs de façon à réduire au minimum l’impact des intérêts commerciaux sur son contenu. Les prestateurs de soins de santé ou des organismes de recherche indépendants sont au nombre des sources possibles. Les sociétés pharmaceutiques et les groupes de personnes ou de consommateurs peuvent être des partenaires précieux à cet égard, mais ils ne doivent pas constituer les seuls fournisseurs d’information. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient fournir un appui durable et approprié à la création et à la tenue à jour de l’information sur les médicaments destinée aux consommateurs. Principe 7 : Aval ou accréditation Une entité impartiale et réputée devrait avaliser ou accréditer l’information sur les médicaments destinée aux consommateurs. Un conseil indépendant devrait autoriser au préalable l’information diffusée au public par les médias généraux. Principe 8 : Contrôle et révision Il faut contrôler continuellement l’information sur les médicaments destinée aux consommateurs afin d’assurer qu’elle reflète fidèlement les données probantes courantes et la mettre à jour lorsque les résultats de recherche l’indiquent. Principe 9 : Les médecins comme partenaires L’information sur les médicaments destinée aux consommateurs devrait appuyer et encourager la communication ouverte entre patients et médecins afin que le plan de soins qui en découle, y compris la pharmacothérapie, soit satisfaisant pour les deux parties. Les médecins jouent un rôle vital en collaborant avec des patients et d’autres prestateurs de soins de santé pour optimiser la pharmacothérapie non seulement en rédigeant des ordonnances, mais aussi en discutant des médicaments proposés et de leur utilisation dans le contexte de la prise en charge globale de l’état du patient. Les médecins et les autres prestateurs de soins de santé, de même que leurs associations, peuvent en outre jouer un rôle précieux en diffusant au public de l’information sur les médicaments et d’autres renseignements sur la santé. Principe 10 : Recherche et évaluation Il faudrait effectuer une recherche continue sur l’impact de l’information sur les médicaments et de la publicité directe aux consommateurs sur le système de santé, en insistant particulièrement sur ses effets en ce qui concerne la pertinence de l’établissement des ordonnances et l’évolution de l’état de santé des intéressés. ANNEXE IV POLITIQUE DE L’AMC PRINCIPES RÉGISSANT LES RENSEIGNEMENTS SUR LES MÉDECINS Dans un environnement où la capacité de saisir, de relier et de transmettre des renseignements prend de l’ampleur et où émerge le besoin d'une meilleure imputabilité, la demande de renseignements sur les médecins est à la hausse, tout comme le nombre des personnes et des organisations qui cherchent à en recueillir. Les renseignements sur les médecins, c’est à-dire qui comprennent des renseignements personnels sur la santé d'un médecin ou d'un groupe de médecins identifiables ou qui se rapportent ou peuvent se rapporter à leur activité professionnelle, ont de la valeur pour diverses raisons. La légitimité et l’importance de ces raisons varient énormément et, par conséquent, la justification et les règles se rapportant à l'utilisation, à la consultation ou à la divulgation de renseignements sur les médecins varient elles aussi. L’Association médicale canadienne (AMC) a produit cette politique afin d’établir des principes directeurs à l’intention de tous ceux qui recueillent, utilisent, consultent ou divulguent des renseignements sur les médecins. «Gardiens» de l’information en cause, ces personnes devraient être tenues de rendre des comptes au public. Ces principes s'harmonisent au Code de protection des renseignements personnels sur la santé de l'AMC25, qu'ils complètent. Le Code estime sacro-sainte l'information sur la santé des patients. Les médecins ont des intérêts légitimes en ce qui concernent les renseignements recueillis à leur sujet, l’autorité qui permet de les recueillir, par qui et à quelles fins on les recueille, et les mesures de protection et de contrôle qui existent. Ces intérêts comprennent notamment les suivants : protection de la vie privée et droit de contrôler dans une certaine mesure l’information, protection contre la possibilité pour l’information en question de causer un préjudice injustifié, que ce soit à une personne ou à un groupe, et volonté d’assurer que l’interprétation des renseignements en question soit exacte et impartiale. Ces intérêts légitimes s’étendent aux renseignements sur les médecins qui ont été rendus anonymes ou sont agrégés (p. ex., pour protéger contre la possibilité d’identifier un médecin ou un groupe de médecins ou de les pointer injustement du doigt). Les renseignements présentés ainsi peuvent toutefois être de nature moins délicate que ceux qui permettent d’identifier facilement un médecin en particulier et peuvent donc justifier une protection moindre. Les raisons de l’utilisation de renseignements sur les médecins peuvent être plus ou moins convaincantes. Une utilisation convaincante a trait au fait que puisqu’ils appartiennent à une profession autoréglementée, les médecins ont une imputabilité professionnelle à l’endroit de leurs patients, de la profession et de la société. Les médecins appuient cette imputabilité professionnelle par le mandat que la loi accorde aux ordres qui les réglementent. Les médecins reconnaissent aussi l’importance de l’examen critique par les pairs dans le contexte du perfectionnement professionnel et du maintien de la compétence. L’AMC appuie la collecte, l'utilisation, la consultation et la divulgation des renseignements sur les médecins, aux conditions énoncées ci-dessous. Raison(s) : Il faut préciser avant de les recueillir ou au moment de le faire la ou les raisons pour lesquelles on recueille des renseignements sur les médecins et toute autre raison pour lesquelles ces renseignements pourraient être utilisés, consultés ou divulgués par la suite. Les renseignements devraient avoir des chances raisonnables d’atteindre la ou les fins énoncées. La politique n'empêche pas l'utilisation de renseignements à des fins imprévues ou que l'on ne pouvait raisonnablement prévoir dans la mesure où les principes 3 et 4 sont respectés. 1. Consentement : En règle générale, les renseignements devraient être recueillis directement du médecin. Sous réserve du principe 4, il faudrait demander aux médecins leur consentement pour recueillir, utiliser, consulter ou divulguer des renseignements à leur sujet. Le médecins devrait être mis au courant de toutes les utilisations ou consultations visées et prévues ou de la divulgation des renseignements. 2. Conditions régissant la collecte, l'utilisation, l'utilisation, la consultation et la divulgation : Les renseignements devraient : * être limités au minimum nécessaire pour la ou les fins indiquées, * être dans le format le moins envahissant possible, compte tenu de la ou des fins indiquées, et être recueillis, utilisés, consultés et divulgués sans empiéter sur le devoir de confidentialité du médecin vis-à-vis ces renseignements. 3. Utilisation de renseignements sans consentement : Il peut être justifié de recueillir, d’utiliser, de consulter ou de divulguer des renseignements au sujet d'un médecin sans son consentement si, à condition de respecter les conditions énoncées au principe 3, le gardien des renseignements démontre publiquement que, en regard de la ou des fins, dans un sens général : * l’on ne pourrait satisfaire à la ou aux fins énoncées ou qu’elles seraient sérieusement compromises s’il fallait obtenir le consentement de l’intéressé, * la ou les fins énoncées sont suffisamment importantes pour que l’intérêt public l’emporte en grande partie sur le droit à la vie privée du médecin et sur son droit au consentement dans une société libre et démocratique, * la collecte, l'utilisation, la consultation ou la divulgation des renseignements sur le médecin pour la ou aux fins énoncées garantit toujours la justice et l'équité au médecin en respectant le principe 6 de la présente politique. 4. Accès par les médecins à leurs propres renseignements : Les médecins ont le droit de consulter en temps opportun les renseignements recueillis à leur sujet et de s’assurer qu’ils sont exacts. Ce principe ne s'applique pas s'il existe une raison de croire que la divulgation au médecin causera des préjudices graves à un tiers. Le fardeau de la preuve repose sur le gardien pour justifier le refus de consultation. 5. Qualité et interprétation des renseignements : Les gardiens des renseignements doivent prendre des mesures raisonnables pour assurer que les renseignements qu’ils recueillent, utilisent, consultent et divulguent sont exacts, complets et corrects. Ils doivent utiliser des méthodes de collecte valides et fiables et faire participer des médecins, le cas échéant, à l’interprétation de renseignements; les médecins en question doivent posséder des caractéristiques d'exercice et des titres et compétences similaires à ceux des médecins dont ils interprètent les renseignements. 6. Sécurité : Il doit exister des mesures de protection physique et humaine pour assurer l’intégrité et la fiabilité des renseignements sur les médecins et les protéger contre la collecte, l'utilisation, la consultation ou la divulgation non autorisés. 7. Garde et destruction : Il faut garder les renseignements sur les médecins seulement pendant la période où l’on en a besoin pour la ou les fins indiquées. Il faut ensuite les détruire. 8. Demandes de renseignements et plaintes : Les gardiens des renseignements doivent avoir mis en œuvre un mécanisme de réception, de traitement et de règlement équitable et rapide des demandes de renseignements et des plaintes. Le mécanisme de plainte doit être divulgué aux médecins, y compris la procédure à suivre pour déposer une plainte. 9. Ouverture et transparence : Les gardiens doivent avoir des politiques, des pratiques et des systèmes transparents et explicites de tenue de dossiers ou de gestion de base de données ouverts à l’examen public, ce qui comprend la ou les fins de la collecte, de l’utilisation, de la consultation et de la divulgation de renseignements sur les médecins. 10. L’existence de tout système de tenue de dossiers contenant des renseignements sur les médecins ou de tout système de base de données doit être connue et les médecins doivent pouvoir y avoir accès sur demande. 11. Imputabilité : Les gardiens de renseignements sur les médecins doivent s’assurer qu’ils ont l’autorisation et le mandat nécessaires pour recueillir, utiliser, consulter ou divulguer des renseignements sur les médecins. Les gardiens doivent avoir des politiques et des procédures à suivre pour appliquer les principes énoncés dans le présent document. Ils doivent charger une personne désignée de surveiller les pratiques et d’assurer le respect des politiques et des procédures. 1 Romanow R. Guidé par nos valeurs : L’avenir des soins de santé au Canada. Rapport de la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada; novembre 2002. 2 Chobanian et al. Seventh report of the Joint National Committee on Prevention, Detection, Evaluation and Treatment of High Blood Pressure. JAMA 2003; 289. 3 Butler C, Rollnick S, Stott N. The practitioner, the patient and resistance to change. Recent Ideas on Compliance 1996;14(9):1357-62. 4 Institut canadien d’information sur la santé. Les dépenses de santé atteindraient 112 milliards de dollars en 2002, selon l’ICIS. Communiqué. 18 décembre 2002. http://secure.cihi.ca/cihiweb/dispPage.jsp?cw_page=media_18dec2002_f 5 Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés. Évolution du prix des médicaments, 1995 1996, 1999 2000. Préparée pour le Groupe d’étude fédéral/provincial/territorial sur les prix des médicaments; septembre 2001. 6 Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés. Étude sur les prix des médicaments produits par des sources multiples les plus vendus au Canada. Novembre 2002. 7 Stratégie d’amélioration de la pharmacothérapie : déclaration conjointe de l’Association médicale canadienne et de l’Association pharmaceutique canadienne. 8 Il convient de signaler que l’AMC n’a pas le pouvoir d’imposer aux médecins des directives sur l’établissement d’ordonnances. Les questions de licence et de réglementation relèvent de la compétence des collèges des médecins des provinces et des territoires. 9 Le Manitoba, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan assurent une certaine couverture à tous les résidents une fois les copaiements et les franchises payés. Le Québec assure la couverture universelle aux personnes qui n’ont pas de régime privé. 10 Fraser Group et Tristat Resources. L’assurance-médicaments au Canada – Protection contre les frais élevés. ACCAP. Août 2002. 11 Palmer D’Angelo Consulting Inc. Étude de mise à jour sur le coût de financement des régimes d’assurance-médicaments. Sommaire. 4 septembre 2002. 12 Ibid. 13 Tynan T. Cash-strapped Springfield, Mass., begins buying Canadian prescription drugs. Edmonton Journal 29 juillet 2003. http://www.canada.com/edmonton/story.asp?id=21FB8445-1143-4C13-B282-76F380CB4FE1 14 CBSNews.com. Illinois looks to Canada for drugs. CBS News 15 septembre 2003. http://www.cbsnews.com/stories/2003/07/29/health/main565611.shtml 15Kedrosky P. Dangerous popularity of online pharmacies. National Post 13 août 2003. 16 Harris G. Pfizer moves to stem Canadian drug imports. New York Times 7 août 2003. http://www.nytimes.com/2003/08/07/business/07DRUG.html 17 Cusack B., Stinson S. US drug firms set to boycott Canada. National Post 7 août 2003. http://www.nationalpost.com/home/story.html?id=363CC2EA-1832-42F2-954C-0F52D1828E23 18 «Prescription Drugs and Mass Media Advertising.» National Institute for Health Care Management Research. Washington, DC, 2001. 19 Mintzes B, Barer ML, Kravitz RL at al. How does direct to consumer advertising affect prescribing? a survey in primary care environments with and without legal DTCA. JAMC 169 (2003): 405 –412. 20 Food and Drug Administration. Direct to consumer advertising of prescription drugs: physician survey preliminary results. Consulté à www.fda.gov/cder/ddmac. 21Survey shows strong opposition to direct to consumer advertising. Consulté à http://www.cma.ca/cma/ 22 Coalition canadienne pour la déclaration et la préventation des incidents médicamenteux. Un système canadien de déclaration et de prévention des incidents médicamenteux – Plan de développement. Mars 2002. 23 La PDC n’est pas légale au Canada, sauf en ce qui concerne la notification du prix, de la quantité et du nom du médicament. Des annonces «d’information» sur les médicaments d’ordonnance, qui peuvent fournir le nom du médicament sans mentionner ses indications, ou qui annoncent que des traitements sont disponibles pour des indications précises sans mentionner de médicament par son nom, ont toutefois fait leur apparition dans les médias du Canada. 24 Même si le document traite principalement d’information sur les médicaments d’ordonnance, ses principes s’appliquent aussi à l’information sur la santé en général. 25 Association médicale canadienne. Code de protection des renseignements personnels sur la santé. JAMC 1998:159(8)997-1016.
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Étude sur les abus envers les personnes aînées et personnes handicapées : Témoignage de l'AMC devant le Comité Parlementaire sur les Soins Palliatifs et Soins de Compassion

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique10060
Date
2010-10-25
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Mémoires présentés au Parlement
Date
2010-10-25
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
L'Association médicale canadienne (AMC) félicite le groupe de députés de tous les partis qui se sont réunis pour créer le Comité parlementaire sur les soins palliatifs et soins de compassion. Le défi que nous devons relever aujourd'hui pour nous occuper de notre population vieillissante ne fera que s'alourdir. Statistique Canada prévoit que le pourcentage des personnes âgées dans la population augmentera rapidement. Les premiers membres de la génération du baby-boom auront 65 ans l'an prochain. En 2031, les personnes âgées constitueront environ le quart de la population, ce qui est presque deux fois plus que les 13,9 % de 20091. Il est clair que les Canadiens sont préoccupés par leur capacité de faire face aux dépenses futures en soins de santé, qu'il s'agisse des leurs ou de celles de leurs parents. Les répondants au sondage sur lequel repose l'édition annuelle 2010 du Bulletin national sur la santé de l'AMC prévoient que le vieillissement de la population aura toutes sortes de répercussions : * 29 % ont déclaré qu'ils modifieront probablement leurs plans de retraite (p. ex., en travaillant plus longtemps) afin d'aider à payer leurs coûts futurs ou ceux de leurs parents; * presque un répondant sur cinq (19 %) prévoit installer ses parents chez lui et les aider financièrement; * un répondant sur six (16 %) prévoit payer pour que ses parents vivent dans une maison de soins infirmiers2. L'AMC est d'avis que le gouvernement fédéral pourrait jouer un rôle clé pour dissiper les préoccupations des Canadiens au sujet de l'avenir en dirigeant des négociations avec les provinces et les territoires et en intervenant directement pour élargir l'accès dans tout le continuum des soins. Les interventions devraient porter sur trois éléments prioritaires : * accroître pour tous les Canadiens l'accès à des médicaments d'ordonnance abordables; * appuyer les aidants naturels; * accroître l'accès aux soins palliatifs en fin de vie. Si l'on ne se fait rien pour étendre l'assurance-maladie à une plus grande partie du continuum des soins, ce programme national s'érodera au fil du temps. Lorsque la Loi canadienne sur la santé (LCS) a été adoptée en 1984, les services médicaux et hospitaliers comptaient pour 57 % du total des dépenses de santé. En 2009, cette proportion était passée à 42 %3. Il y a certes des dépenses publiques importantes en plus des services couverts par la LCS (plus de 25 % du total des dépenses), notamment des programmes comme l'assurance-médicaments pour les personnes âgées et les soins à domicile, mais ces programmes ne sont pas assujettis aux principes de la LCS et leur couverture varie énormément entre les provinces et les territoires. Accès aux médicaments d'ordonnance Le gouvernement fédéral a raté une excellente occasion de moderniser l'assurance-maladie en juillet 2004 lorsque les premiers ministres lui ont demandé d'assumer la responsabilité des programmes d'assurance-médicaments. Les premiers ministres avait alors déclaré : " Un programme national d'assurance-médicaments devrait être mis sur pied immédiatement. Le gouvernement fédéral devrait assumer la pleine responsabilité financière d'un régime intégré d'assurance-médicaments général pour tous les Canadiens et il devrait rendre compte des résultats4. " Le gouvernement fédéral n'a pas accordé la moindre considération à cette offre. Le Plan décennal pour consolider les soins de santé de septembre 2004 contenait plutôt une version édulcorée de l'engagement que les premiers ministres avaient pris en 2003 de veiller à ce que tous les Canadiens aient un accès raisonnable à une protection contre les coûts catastrophiques des médicaments avant la fin de 2005-2006. L'Accord de 2004 a réduit cet engagement à l'élaboration de moyens possibles de calculer le coût de l'assurance-médicaments dans le cadre d'une Stratégie nationale en neuf points relative aux produits pharmaceutiques (SNPP)5. Le rapport d'étape de 2006 sur la SNPP comportait des calculs possibles des coûts mais incluaient toutefois des estimations du coût de la protection contre le coût catastrophique des médicaments qui dépassaient de très loin celles des rapports Romanow et Kirby, variant de 6,6 à 10,3 milliards de dollars6. On n'a plus entendu parler de la stratégie depuis les consultations des intervenants à l'automne 2007. En septembre 2008, les provinces et les territoires souhaitaient toujours voir le fédéral participer à l'assurance-médicaments. Dans le communiqué publié à la fin de leur assemblée annuelle, les ministres provinciaux et territoriaux de la Santé ont préconisé une formule de financement en trois points pour appuyer une norme nationale d'assurance-médicaments : * flexibilité pour les provinces et les territoires et autonomie au niveau de la conception du programme; * coûts des médicaments d'ordonnance qui ne devraient pas dépasser 5 % du revenu net; * les gouvernements fédéral et provinciaux et territoriaux devaient partager moitié-moitié les coûts estimés à 2,52 milliards de dollars pour chaque partie en 20067. Là encore, le gouvernement fédéral n'a pas réagi. Depuis, les gouvernements provinciaux et territoriaux semblent ne plus espérer que le gouvernement fédéral participe à l'accès aux médicaments. Au cours de leur réunion de juin 2009, les premiers ministres de l'Ouest ont annoncé qu'ils mettraient sur pied un plan commun d'achat de médicaments pour l'Ouest8 et les premiers ministres ont convenu plus récemment, au cours de la réunion d'août 2010 du Conseil de la fédération, de créer une alliance pancanadienne d'achat de médicaments courants, de fournitures médicales et d'équipement9. Les ministres de la Santé ont réaffirmé cet engagement au cours de leur réunion de septembre 201010. On peut supposer que si le gouvernement fédéral avait accepté l'offre des premiers ministres en 2004, beaucoup d'aspects de la stratégie seraient maintenant en place. Entre-temps, beaucoup de Canadiens n'ont pas les moyens de payer leurs médicaments d'ordonnance. Le sondage à l'origine de l'édition 2009 du Bulletin national de l'AMC a révélé que presque un répondant sur six (14 %) a signalé avoir retardé l'achat de certains médicaments d'ordonnance ou avoir cessé de les acheter. Ces chiffres ont varié de plus d'un sur cinq (22 %) chez les personnes dont le revenu annuel n'atteint pas 30 000 $ à un peu plus d'un sur vingt (7 %) chez celles dont le revenu dépasse 90 000 $11. Le tableau qui suit, tiré de l'Enquête sur les dépenses des ménages de 2008 de Statistique Canada, illustre la vaste disparité géographique au niveau des dépenses directes en médicaments. Le Tableau 1 présente le pourcentage des ménages qui ont consacré aux médicaments d'ordonnance plus de 3 % et plus de 5 % de leur revenu après impôt selon la province, au cours de l'année précédant le sondage. Pourcentage des ménages qui consacrent plus de 3 % et plus de 5 % de leur revenu après impôt aux médicaments d'ordonnance, Canada et provinces, 2008 [N.B. : pour afficher correctement le contenu du tableau, consultez le PDF] Géographie > 3 % > 5 % Terre-Neuve-et-Labrador 11,6 5,4E Île-du-Prince-Édouard 13,3 5,8E Nouvelle-Écosse 8,9 3,8 Nouveau-Brunswick 9,1 4,1E Québec 11,6 3,3 Ontario 4,7 2,2E Manitoba 12,0 5,2 Saskatchewan 11,5 5,9 Alberta 4,6E 2,2E Colombie-Britannique 7,5 3,6 E - Utiliser avec prudence : coefficient de variation élevé. Source : Statistique Canada, Tableau CANSIM 109-5012. Sous les deux seuils, l'incidence des coûts catastrophiques des médicaments varie d'un facteur de plus de deux entre les provinces. Au seuil de 5 %, l'intervalle varie de 2,2 % des ménages en Ontario et en Alberta à 5,8 % à l'Î.-P.-É. et 5,9 % en Saskatchewan. Comme des médicaments plus coûteux sont de plus en plus disponibles, cette variation ne peut que s'aggraver au cours des prochaines années. Recommandation 1 Le gouvernement fédéral devrait négocier avec les gouvernements provinciaux et territoriaux un programme à frais partagés d'assurance-médicaments intégrée. Il faudrait que des régimes provinciaux et territoriaux et des régimes privés d'assurance-médicaments d'ordonnance administrent le programme afin d'assurer que tous les Canadiens auront accès aux pharmacothérapies médicalement nécessaires. Un tel programme devrait inclure les éléments suivants : * l'obligation pour tous les Canadiens d'adhérer à un régime privé ou public d'assurance-médicaments d'ordonnance; * un plafond uniforme (entre les régimes public et privé des provinces et des territoires) basé sur le revenu pour ce qui est des dépenses directes en primes d'assurances ou en médicaments d'ordonnance (p. ex., 5 % du revenu après impôt); * le partage fédéral-provincial-territorial des dépenses en médicaments d'ordonnance dépassant un certain plafond du revenu du ménage, sous réserve du plafonnement des contributions totales fédérales ou provinciales et territoriales établi soit en rajustant le partage fédéral-provincial-territorial du remboursement, soit en indexant le plafond du revenu des ménages, soit en prenant les deux moyens; * les régimes d'assurance collective et les administrateurs de régimes d'avantages sociaux d'employés devront mettre en commun les risques qui dépassent un seuil relié à la taille du groupe; * un rôle solide soutenu pour les régimes privés d'assurance complémentaire et les régimes publics d'assurance-médicaments qui seraient placés sur un pied d'égalité (c.-à-d. primes et copaiements pour couvrir les coûts du régime). Les négociations sur ce régime devraient tenir compte des aspects suivants : * établissement d'un programme d'accès aux médicaments coûteux contre les maladies rares lorsque les médicaments en question ont démontré leur efficacité; * évaluation des possibilités de mise en commun des risques pour couvrir l'inclusion des médicaments coûteux dans les formulaires des régimes publics et privés d'assurance-médicaments; * versement d'une indemnité financière suffisante aux gouvernements provinciaux et territoriaux qui ont créé, appliqué et financé leur propre régime public d'assurance-médicaments d'ordonnance; * création d'une couverture intégrée des médicaments d'ordonnance et des vaccins pour tous les enfants du Canada. Soutien aux aidants naturels On prévoit que l'incidence des maladies apparentées à la démence montera en flèche à mesure que la population vieillira. Une étude commandée en 2010 par la Société Alzheimer du Canada a révélé que le nombre de nouveaux cas de démence diagnostiqués chaque année, estimé à 103 728 en 2008, devrait plus que doubler pour atteindre 257 811 par année d'ici 2038. Au cours de cette période, la demande de services d'aidants naturels grimpera en flèche. Toujours selon la Société Alzheimer, le coût d'opportunité des services des aidants naturels non rémunérés était estimé à presque 5 milliards de dollars en 2008. On prévoit qu'en 2038, ce coût augmentera d'un facteur de 11 pour atteindre 56 milliards de dollars, car la prévalence globale de la démence aura atteint 1,1 million de personnes, ce qui représentera 2,8 % de la population canadienne12. Le fardeau des services dispensés par les aidants naturels dépasse toutefois les coûts reliés à la démence. L'Enquête sociale générale de 2007 de Statistique Canada a documenté dans quelle mesure les Canadiens fournissent de l'aide non rémunérée à des membres de leur famille, des amis ou d'autres personnes atteintes d'un problème de santé chronique ou d'une limitation physique. À l'échelle nationale, 1,4 million d'adultes de 45 ans ou plus vivant dans la communauté recevaient des soins en 2007. De ce total, presque un sur deux (46,9 %) recevait à la fois des soins rémunérés et des soins non rémunérés, presque trois sur dix (27,4 %) recevaient des soins non rémunérés seulement et un peu moins d'un sur cinq (18,8 %) recevait des soins rémunérés seulement. Ces chiffres soulignent l'importance du secteur non rémunéré. Pour ce qui est de savoir qui fournissait ces soins, on estime que 4 millions de Canadiens fournissaient des soins, dont 1 million avaient 65 ans ou plus, tandis que presque deux millions (1,8) étaient dans la force de l'âge actif, soit de 45 à 54 ans. La prestation de soins non rémunérés représente un engagement important en temps. Les aidants qui ont déclaré aider à effectuer au moins une activité y consacraient en moyenne 11,6 heures au cours d'une semaine normale. Ceux qui fournissaient des soins ont signalé des répercussions personnelles importantes. Un aidant sur trois a déclaré consacrer moins de temps aux activités sociales (33,7 %) ou engager des dépenses supplémentaires (32,7 %); presque un sur cinq a annulé des plans de vacances (18,7 %) ou a passé moins de temps avec son conjoint (18,7 %); plus d'un sur dix (13,7 %) a signalé que sa santé en avait souffert. Les 2,5 millions d'aidants naturels faisant partie de la population active étaient susceptibles de signaler aussi que leurs services d'aidant naturel avaient un effet important sur leur emploi. Presque un sur quatre (24,3 %) a déclaré manquer des journées complètes de travail et un sur six (15,5 %) a signalé faire moins d'heures de travail. Comparativement à la population totale, les aidants naturels étaient plus susceptibles de signaler du stress dans leur vie. Presque trois sur dix (27,9 %) ont signalé que leur niveau de stress était très important ou extrême la plupart du temps comparativement à moins d'un sur quatre (23,2 %) dans la population totale13. Plus la demande de services d'aidants naturels prend de l'ampleur, moins il semble probable que le fardeau de ces services sera viable sans aide supplémentaire. Le gouvernement fédéral a pris la décision positive, en 2004-2005, de créer les prestations de compassion de l'assurance-emploi pour les personnes qui quittent leur travail temporairement afin de s'occuper d'un membre de la famille gravement malade et qui risque de mourir dans les 26 semaines14. L'adoption du programme est toutefois limitée jusqu'à maintenant. En 2007-2008, 5706 nouvelles demandes ont été payées15. Le total pâlit toutefois en comparaison des 235 217 décès survenus au cours de la même année (même si tous les cas ne seraient pas des candidats à de tels soins)16. Recommandation 2 Le gouvernement fédéral devrait appliquer dans son secteur de compétence des mesures comme le recours aux crédits d'impôt pour appuyer les aidants naturels. L'augmentation de l'accès aux soins palliatifs en fin de vie Le Sénat du Canada, et la sénatrice Sharon Carstairs en particulier, font preuve d'un leadership exemplaire depuis 15 ans en braquant les projecteurs à la fois sur les progrès réalisés et sur la variabilité qui persiste au Canada au niveau de l'accès aux soins de qualité en fin de vie. Dans son rapport de 2005 intitulé Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, la sénatrice signalait que 15 % seulement des Canadiens ont accès aux soins palliatifs et que pour les enfants, le total dégringole encore davantage à un peu plus de 3 %17. Le rapport de 2005 reprenait l'appel lancé en 1995 en faveur d'une stratégie sur les soins palliatifs et en fin de vie. Jusqu'à maintenant, les soins palliatifs au Canada ont visé surtout les services aux personnes qui meurent du cancer. Le cancer cause toutefois moins du tiers (30 %) des décès au Canada. On prévoit que les maladies en fin de vie, comme la démence et les multiples problèmes chroniques, deviendront beaucoup plus prévalentes au cours des années à venir. La demande de soins de qualité en fin de vie ne manquera pas d'augmenter à mesure que la génération du baby-boom vieillira. On estime que le nombre des décès augmentera de 40 % par année d'ici 2020. Le pourcentage des Canadiens qui meurent à l'hôpital diminue depuis dix ans, mais beaucoup plus d'entre eux préféreraient certainement avoir le choix des soins palliatifs en fin de vie si la capacité actuelle le permettait. Dans leur Accord sur la santé de 2004, les premiers ministres se sont appuyés sur leur Accord de 2003 en convenant de couvrir intégralement certains services de soins à domicile en 2006, y compris les soins en fin de vie (ce qui comprenait la gestion des cas, les soins infirmiers, les produits pharmaceutiques particuliers aux soins palliatifs et les soins personnels). Sept ans plus tard, nous n'avons aucun tableau détaillé de la disponibilité de ces soins au Canada. Le Conseil canadien de la santé a publié en 2006 son dernier rapport détaillé sur la mise en œuvre de l'Accord de 2003. La Colombie-Britannique a été la seule province à signaler à l'époque des soins de fin de vie complets18. La plupart des autres administrations faisaient état des soins de fin de vie à la rubrique des " étapes suivantes ". Depuis, le Conseil de la santé a cessé de produire des rapports détaillés sur l'Accord. Au cours de l'édition 2007 du Sondage national des médecins, les médecins du Canada devaient évaluer l'accessibilité de l'éventail des services pour leurs patients. Un sur trois (32 %) seulement a jugé excellent ou très bon l'accès aux services de soins palliatifs19. En 2006, l'Association canadienne de soins palliatifs et l'Association canadienne de soins et services à domicile ont publié conjointement, pour les soins palliatifs à domicile, un " étalon-or " en 35 points portant sur la gestion des cas, les soins infirmiers, les médicaments et les soins personnels et ils l'ont recommandé aux gouvernements20. Dans son rapport d'avril 2009, le Comité sénatorial spécial sur le vieillissement a recommandé un partenariat national subventionné par le fédéral, conclu avec les provinces, les territoires et des organismes communautaires, pour promouvoir des soins de fin de vie de qualité et intégrés pour tous les Canadiens, l'application des étalons-or en soins palliatifs à domicile aux anciens combattants, aux Inuits et aux membres des Premières nations, ainsi qu'aux détenus fédéraux, et un financement renouvelé pour la recherche en soins palliatifs21. En 2010, la Coalition pour des soins de fin de vie de qualité du Canada, dont l'AMC est membre, a publié son Plan d'action 2010 à 2020 dont les quatre priorités sont les suivantes : * assurer que tous les Canadiens ont accès à des soins palliatifs et de fin vie de grande qualité; * offrir un meilleur soutien aux aidants naturels; * améliorer la qualité et l'uniformité des soins palliatifs et de fin de vie au Canada; * encourager les Canadiens à discuter des soins de fin de vie et à les planifier22. Ce plan regroupe les idées solides qui ont pris forme au cours de la dernière décennie. En juin 2010, la sénatrice Carstairs a publié son dernier rapport, Monter la barre, où, tout en reconnaissant certaines des réalisations qui se sont concrétisées en soins palliatifs, elle relance ses appels antérieurs en faveur d'un rôle national et de la participation active du gouvernement fédéral23. La question des soins palliatifs est un enjeu important, ou devrait en être un, pour un vaste éventail d'intervenants, y compris les patients et les organisations qui les représentent, les soignants (à la fois rémunérés et aidants naturels), les secteurs institutionnel et communautaire de la santé, ainsi que les employeurs et les milieux d'affaires. Recommandation 3 L'AMC exhorte le gouvernement fédéral à collaborer avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour convoquer une conférence nationale en 2011 afin d'évaluer la situation des soins palliatifs au Canada. Notes 1 Statistique Canada. Projections démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires 2009 à 2036. No de catalogue 91-520-X. Ottawa. Ministère de l'Industrie, 2010. 2 Association médicale canadienne. 10e Bulletin national annuel sur la santé, août 2010. http://www.cma.ca/multimedia/CMA/Content_Images/Inside_cma/Media_Release/2010/report_card/2010-National-Report-Card_fr.pdf. Consulté le 09/28/10. 3 Institut canadien d'information sur la santé. Tendances des dépenses nationales de santé, 1975 à 2009. Ottawa, 2009. 4 Secrétariat des conférences intergouvernementales canadiennes. Plan d'action des premiers ministres pour améliorer les soins de santé : résoudre les problèmes dans l'esprit du fédéralisme véritable. Le 30 juillet 2004. http://www.scics.gc.ca/cinfo04/850098004_f.html. Consulté le 09/28/10. 5 Secrétariat des conférences intergouvernementales canadiennes. Un plan décennal pour consolider les soins de santé. http://www.scics.gc.ca/cinfo04/800042005_f.pdf. Consulté le 09/28/10. 6 Santé Canada. Stratégie nationale relative aux produits pharmaceutiques - Rapport d'étape. Juin 2006. http://www.hc-sc.gc.ca/hcs-sss/alt_formats/hpb-dgps/pdf/pubs/2006-nps-snpp/2006-nps-snpp-fra.pdf. Consulté le 09/28/10. 7 Secrétariat des conférences intergouvernementales canadiennes. Conférence nationale annuelle des ministres provinciaux et territoriaux de la Santé. Le 4 septembre 2008. http://www.scics.gc.ca/cinfo08/860556005_f.html. Consulté le 09/28/10. 8 Secrétariat des conférences intergouvernementales canadiennes. Les premiers ministres agissent dans le dossier des produits pharmaceutiques. Le 19 juin 2009. http://www.scics.gc.ca/cinfo09/850114004_f.html. Consulté le 09/28/10. 9 Conseil de la Fédération. Les premiers ministres travaillent à la préservation des systèmes de santé du Canada. http://www.conseildelafederation.ca/pdfsfrancais/FR_PremiersProtectingHealthCare.pdf. Consulté le 09/28/10. 10 Secrétariat des conférences intergouvernementales canadiennes. Les ministres provinciaux et territoriaux de la santé collaborent à faire progresser des dossiers communs. Le 13 septembre 2010. http://www.scics.gc.ca/cinfo10/860578004_f.html. Consulté le 09/28/10. 11 Association médicale canadienne. 9e Bulletin national annuel sur la santé. http://www.cma.ca/multimedia/CMA/Content_Images/Inside_cma/Media_Release/2009/report_card/Report-Card_fr.pdf. Consulté le 09/28/10. 12Société Alzheimer du Canada. Raz-de-marée : Impact de la maladie d'Alzheimer et des affections connexes au Canada. http://www.alzheimer.ca/docs/RisingTide/Secured_AS%20Rising%20Tide%20Full%20Report%20FINAL%20FR.pdf. Consulté le 09/28/10. 13 Statistique Canada. Enquête sociale générale de 2007 : Tableaux de soins. No de catalogue 89-633-X. Ottawa. Ministère de l'Industrie, 2009. 14 Ressources humaines et Développement des compétences Canada. Renseignements pour les professionnels de la santé : prestations de compassion. http://www.rhdcc.gc.ca/fra/publications_ressources/soins_sante/ae_ps.shtml. Consulté le 09/28/10. 15 Ressources humaines et Développement des compétences Canada. Annexe 2.12 - Prestations de compassion. http://www.hrsdc.gc.ca/eng/employment/ei/reports/eimar_2009/annex/annex2_12.shtml. Consulté le 09/28/10. 16 Statistique Canada. Décès 2007. Le Quotidien. Le mardi 23 février 2010. 17 Carstairs S. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Des soins de fin de vie de qualité : Rapport d'étape. http://sen.parl.gc.ca/scarstairs/PalliativeCare/Still%20Not%20There%20French.pdf. Consulté le 09/24/09. 18 Conseil canadien de la santé. Tableaux sur le renouvellement de soins de santé selon les secteurs de compétence. Document d'accompagnement au Rapport annuel aux Canadiens 2006. Renouvellement des soins de santé au Canada - À la hauteur ? Toronto (Ont.) 2007. 19 Collège des médecins de famille du Canada. Association médicale canadienne. Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. Sondage national des médecins, édition 2007. Q25a. Veuillez évaluer l'accessibilité des services suivants pour vos patients. http://www.sondagenationaldesmedecins.ca/nps/2007_Survey/Results/FR/National/pdf/Q25/Q25aFP.only_NON.CORE.only.fr.pdf. Consulté le 09/28/10. 20 Association canadienne de soins palliatifs. Association canadienne des soins et services à domicile. Normes de référence pancanadiennes en matière de soins palliatifs à domicile. http://www.acsp.net/normes_de_practique/normes_de_reference_pancanadiennes.html. Consulté le 09/28/10. 21 Comité sénatorial spécial sur le vieillissement. Rapport final. Le vieillissement de la population, un phénomène à valoriser. Avril 2009. http://www.parl.gc.ca/40/2/parlbus/commbus/senate/com-f/agei-f/rep-f/AgingFinalReport-f.pdf. Consulté le 09/28/10. 22 La Coalition pour des soins de fin de vie de qualité au Canada. Plan d'action 2010 à 2020. http://www.acsp.net/csfvqc/information-et-ressources/Plan_d-action_2010_a_2020_April_2010.pdf. Consulté le 09/28/10. 23Carstairs S. Monter la barre : Plan d'action pour de meilleurs soins palliatifs au Canada. Juin 2010. http://sen.parl.gc.ca/scarstairs/PalliativeCare/Monter%20la%20barre%20Juin%202010%20(2).pdf. Consulté le 09/29/10.
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