Passer en-tête et de la navigation
Banque des politiques de l'AMC

Des politiques au service de la profession médicale et de la population canadienne


100 notices – page 1 de 5.

Rationalisation des processus de référence et de consultation : une exigence essentielle pour améliorer l'accès aux soins spécialisés

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11299
Dernière révision
2020-02-29
Date
2014-10-25
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Dernière révision
2020-02-29
Date
2014-10-25
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Text
Quand les médecins estiment que leurs patients peuvent bénéficier de l'expertise d'un autre médecin, il est essentiel d'établir, en temps opportun, une communication efficace et informative entre tous les médecins pour assurer l'utilisation appropriée des services de soins spécialisés. Les résultats de sondages auprès des médecins indiquent un manque de communication informative concernant les références au Canada. Il existe d'importantes différences dans les processus de demande de référence*. Cela contribue à la qualité médiocre de l'accès aux soins spécialisés que de nombreux patients connaissent. Cependant, certaines de ces différences sont nécessaires. Il n'est donc pas possible d'avoir recours à une seule solution normalisée pour améliorer l'ensemble du processus de référence et de consultation. Néanmoins, bien que les processus de communication et les exigences relatives aux renseignements à inclure dans les demandes de référence varient considérablement, la communication et les renseignements que les médecins spécialistes doivent fournir sont essentiellement les mêmes pour tous les médecins traitants. Malheureusement, on note souvent des lacunes à ce niveau. Ce problème peut être résolu grâce à la mise en application de protocoles de communication normalisés, car il est utile à tous les médecins traitants de recevoir les mêmes types de renseignements en réponse à leurs demandes de référence, par exemple, un accusé de réception de la demande ou des rapports de consultation. En outre, lorsque les médecins traitants préparent des demandes de référence, il serait souhaitable de normaliser les méthodes de communication et les renseignements exigés pour certains types de demandes. Certaines régions au Canada ont déjà adopté de telles méthodes. Ces initiatives réussies, utilisées ensemble comme moyens complémentaires de satisfaire les besoins variés des diverses demandes de référence, devraient être adoptées dans tout le pays. Pour en voir des exemples, veuillez consulter la boîte à outils sur le processus de référence et de consultation de l'AMC1. La reconnaissance, sous forme d'une rémunération appropriée, doit également être accordée à la fois pour le temps consacré à la préparation de la demande de référence et à son analyse ainsi que pour la consultation comme telle. Offrir du soutien pour l'utilisation de l'infrastructure de technologie de l'information, là où elle est offerte, facilitera également les efforts visant à rationaliser les processus de référence et de consultation. Il convient de mentionner que bien que cet énoncé de politique porte essentiellement sur les demandes de référence des soins primaires aux soins spécialisés, les concepts et recommandations s'appliquent aux références entre toutes les spécialités. RECOMMANDATIONS * Tous les intervenants, en particulier les médecins, mais aussi, le cas échéant, les adjoints administratifs, les infirmières, les autres fournisseurs de soins de santé ainsi que les patients, doivent participer dès le départ et de manière significative à toute initiative dont l'objectif est d'améliorer les processus de référence et de consultation. * Il n'y a pas qu'une seule bonne façon d'accéder à l'expertise de spécialistes; par conséquent, une combinaison d'initiatives complémentaires (par exemple, des systèmes de consultation officiels, des processus de référence normalisés combinés à des systèmes centralisés de référence ou des répertoires de médecins) doit être mise en œuvre pour réduire les différences dans les approches utilisées et faciliter un accès plus rapide aux soins spécialisés pour les patients. * Le médecin traitant est certes capable d'interpréter certains résultats de tests, mais lorsqu'il fait une demande de référence, celle-ci doit inclure des renseignements adéquats pour permettre au médecin spécialiste d'évaluer entièrement la demande. Le médecin traitant doit être informé de ce qui est " approprié ". * Le médecin traitant (et le médecin de famille, si ce n'est pas la même personne), ainsi que le patient, doivent être informés, en temps opportun, de l'état de la demande de référence, selon des procédures normalisées, des renseignements minimaux requis et des délais. * Les médecins et(ou) les pratiques des médecins doivent recevoir une rémunération et un soutien en reconnaissance du temps et des efforts consacrés à la communication de renseignements appropriés pour les demandes de référence, ainsi que pour le temps consacré à des consultations, en personne ou par voie électronique. Introduction Lorsqu'un médecin décide qu'un patient a besoin de l'expertise d'un autre spécialiste, la prochaine étape la plus appropriée peut être la réponse d'un spécialiste à une question afin d'évaluer la nécessité de procéder à une intervention ou à un traitement particulier. Peu importe le degré de complexité de la participation du spécialiste, il est essentiel que tous les médecins concernés entretiennent une bonne communication entre eux. Malheureusement, cela ne se produit pas aussi souvent qu'il le faudrait. En octobre 2012, un sondage auprès des médecins sur le processus de référence a révélé que même si plus de la moitié des médecins de famille (52 %) et d'autres spécialistes (69 %) sont d'avis que la communication relative aux demandes de référence est efficace, les deux tiers des médecins de famille ont fait remarquer que certains problèmes de communication étaient la principale source de frustration pour eux (p. ex., ne pas être informé de la réception de la demande de référence, de la date du rendez-vous du patient, du plan de traitement ou du fait qu'un spécialiste n'offre pas le service demandé). Un pourcentage similaire de spécialistes a mentionné un manque de renseignements de base ou de soutien de la part du médecin traitant (p. ex., le motif de la demande de référence ou les résultats des examens de laboratoire) comme source principale de frustration concernant les demandes de référence2. La méthode la plus appropriée de communication varie selon le degré de participation du spécialiste qui est nécessaire. Il n'existe pas de normes quant à la méthode de communication la plus appropriée ou la plus efficace, ou aux renseignements nécessaires. Cela dépend de la situation. Les processus de demande de référence† varient considérablement; non seulement entre les spécialités, mais aussi entre les spécialistes d'une même spécialité ou à l'intérieur d'une région géographique donnée. Voici des exemples de ces différences : certains spécialistes n'accepteront des demandes de référence que si le médecin traitant a utilisé leur propre formulaire; d'autres acceptent des demandes de référence envoyées selon une seule méthode de communication particulière (p. ex., par télécopieur); et d'autres acceptent des demandes de référence seulement une journée par mois. De telles variations entraînent des inefficacités puisque les médecins traitants doivent connaître le processus de demande de référence que chaque spécialiste exige. La gamme et la qualité des informations fournies dans une demande de référence varient également considérablement. Par exemple, trop peu d'information (aucun motif de la demande de référence fourni), des renseignements insuffisants (c.-à-d. non à jour ou manque de tests de laboratoire ou d'imagerie), ou trop d'information (antécédents familiaux non pertinents) sont fournis. Ce manque de normalisation est problématique. Dans ce contexte, on entend par normalisation la simplification plutôt que l'obligation. Les processus normalisés facilitent la communication pour les demandes de référence en éliminant les ambiguïtés, à savoir quelle est la méthode est la plus appropriée pour chaque situation. Les modes de communication et les types de renseignements qui sont transmis entre les médecins traitants et les médecins spécialistes varient en fonction de nombreux facteurs, notamment ceux sur lesquels les médecins n'ont aucun contrôle, tels que les règlements et les technologies disponibles, et ceux sur lesquels ils ont un contrôle complet, tels que leurs préférences individuelles. Un moyen efficace de faciliter l'accès approprié et en temps opportun à des soins spécialisés sur lequel les professionnels de la santé exercent un contrôle est d'examiner pourquoi il existe diverses formes de communication et préférences en matière de renseignements et de les éliminer en élaborant, avec la participation significative et l'approbation des médecins et de leur personnel administratif, des processus normalisés pour faire une demande de référence auprès d'un spécialiste et pour communiquer avec le médecin traitant. Certains collèges provinciaux des médecins et chirurgiens ont établi des lignes directrices ou des normes de pratique concernant les processus de référence et de consultation. Les plus complètes sont les lignes directrices du Collège des médecins et chirurgiens de la Nouvelle-Écosse (Guidelines for Physicians Regarding Referral and Consultation3) et les normes de pratique du Collège des médecins et chirurgiens de l'Alberta (The Referral Consultation Process4). De plus, le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) et le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (Collège royal) ont élaboré ensemble un Guide pour l'amélioration de l'aiguillage et de la consultation entre les médecins5. Bien que ces documents ne mentionnent pas quelle méthode de communication doit être utilisée pour chaque demande de référence, ils fournissent des conseils sur certains points, dont les suivants : * les exigences minimales en matière de renseignements qui doivent être inclus dans toutes les demandes de référence * les renseignements qui doivent être transmis aux patients (p. ex., pourquoi ils sont référés à un spécialiste, renseignements sur le rendez-vous avec le spécialiste, etc.) et qui devrait fournir cette information * les processus qui doivent être suivis pour les patients nécessitant des soins continus de la part du médecin spécialiste. Bien que la normalisation des renseignements minimaux qui devraient être inclus dans les communications entre les médecins traitants et les médecins spécialistes soit essentielle pour améliorer les processus de référence, de telles efficiences ne seront pas pleinement réalisées sans l'analyse adéquate de l'infrastructure de technologie de l'information utilisée pour transmettre cette information. La façon dont l'information est fournie ne devrait pas exiger des efforts supplémentaires de la part de l'expéditeur ou du destinataire. L'utilisation de systèmes de référence électroniques, selon lesquels le médecin en cause peut obtenir facilement toutes les données nécessaires pour une référence informative à partir du dossier de santé électronique du patient, serait la meilleure façon de veiller à leur réalisation. Toutefois, jusqu'à ce que cela devienne une réalité, un compromis acceptable serait de faire preuve de souplesse en ce qui concerne le format utilisé pour communiquer les données. Communication des soins de santé primaires avec les soins spécialisés Lorsque la participation d'un spécialiste aux soins de patients se limite à fournir une deuxième opinion ou des conseils sur les prochaines étapes appropriées, la normalisation du processus de ce type de communication est relativement simple. Cela est possible parce que les différences qui existent dans ce type de situation sont principalement dues à la disponibilité du spécialiste et aux méthodes de communication que chaque médecin traitant peut utiliser pour communiquer avec le spécialiste. Certaines régions du pays ont mis en place des services de consultation dans le cadre desquels les spécialistes qui participent au programme doivent répondre aux demandes de consultation dans un laps de temps précis. Des exemples de systèmes efficaces de consultation incluent la ligne d'assistance téléphonique connue sous le nom de Rapid Access to Consultative Expertise (RACE)6 (accès rapide à une expertise consultative) en Colombie-Britannique ou le système de consultation électronique sécurisé appelé Building Access to Specialist Care through e-Consultation (BASE)7 (favoriser l'accès aux soins spécialisés par le biais des consultations électroniques) dans le Réseau local d'intégration des services de santé (RLISS) de Champlain, en Ontario. Ces services se sont avérés très efficaces pour réduire le nombre de demandes de référence inutiles8,9, assurer une utilisation plus appropriée des soins spécialisés et contribuer à réduire les temps d'attente pour ces soins. Grâce à ces deux systèmes, les spécialistes s'assurent qu'ils sont disponibles pour répondre à la question de la consultation en temps opportun, et chaque système utilise une seule forme de communication. À l'autre extrémité du spectre de la participation du spécialiste aux soins des patients, soit quand le patient consulte le spécialiste, il y a un plus grand degré de différences en ce qui a trait aux exigences du spécialiste - des interventions ponctuelles, telles que les interventions chirurgicales, aux soins des patients atteints de maladies chroniques, etc. La meilleure approche pour simplifier le processus de référence dans ces situations plus complexes varie, selon le type de soins spécialisés requis. Systèmes centralisés de référence Dans le cas d'un système centralisé de référence, le médecin traitant envoie une demande de référence à un seul endroit. Cet endroit central peut être organisé de deux façons : triage central ou demandes de référence regroupées. Dans un système de triage central, les demandes de référence sont assignées à des spécialistes en fonction de leur degré d'urgence. Selon un système de demandes de référence regroupées, chaque demande est attribuée au prochain spécialiste disponible, qui fait alors le triage. Les différences en matière de triage sont fonction d'un certain nombre de facteurs, y compris le type de soins que le spécialiste offre ainsi que le nombre de spécialistes dans la région géographique en question. Cependant, pour les deux types de système centralisés, le médecin traitant suit un processus normalisé, peu importe le spécialiste qui prend en charge le patient. Quel que soit le type de système centralisé utilisé, il doit toujours être possible de choisir un spécialiste en particulier. Cependant, même cette option n'est pas idéale dans tous les cas, un système centralisé n'étant pas nécessairement la solution la plus appropriée pour toutes les spécialités. C'est souvent le cas lorsque des relations continues entre le patient et le spécialiste sont fréquentes. Par exemple, une femme pourrait préférer que le même obstétricien la suive pendant toutes ses grossesses, ou des patients atteints de maladies chroniques telles que l'arthrite ou le diabète nécessitent des soins tout au long de leur vie. Dans ces situations, il s'avère difficile de coordonner un système centralisé de référence où une proportion importante des rendez-vous avec les spécialistes sont des visites répétées. Répertoire de médecins Un répertoire de médecins pourrait être un outil de référence plus utile dans les situations où les spécialités n'ont pas un nombre suffisant de spécialistes dans une région géographique donnée ou pour ceux qui ont un haut degré de surspécialisation. Ces répertoires fournissent, au minimum, des détails sur les services que chaque spécialiste fournit ou non. Ceux qui fournissent des renseignements sur les temps d'attente, en particulier sur le temps d'attente pour la première consultation d'un spécialiste, sont extrêmement utiles pour les médecins traitants, car ils leur permettent de choisir un spécialiste dont le temps d'attente est le plus court pour leurs patients et, le cas échéant, il permet au médecin traitant d'élaborer un plan de soins approprié en fonction du temps que le patient doit attendre pour obtenir des soins spécialisés. Malgré le fait que la complexité des consultations spécialisées signifie qu'il n'y a pas une solution qui convient à tous les types de spécialités, les différences extrêmes de processus qui existent actuellement sont également inutiles. Certaines régions ont établi avec succès des exigences en matière de renseignements requis relativement aux demandes de référence pour les groupes de spécialistes ayant des besoins similaires, comme la plupart des spécialités chirurgicales. Par exemple, à Calgary, en Alberta, une importante initiative connue sous le nom de Medical Access to Service10, a, entre autres, élaboré avec succès un formulaire et un processus de référence normalisé pour un système centralisé de référence à plusieurs spécialités. Bien que la plupart de ces spécialités exigent des renseignements supplémentaires, chaque spécialité a convenu d'un ensemble normalisé d'exigences minimales. Ces normes ont été élaborées en collaboration avec les médecins et pourraient être étendues à l'échelle nationale, tout en prenant en compte des différences réglementaires et technologiques. Lors de l'établissement des exigences pour une demande de référence informative, les spécialistes doivent reconnaître que le médecin traitant peut ne pas avoir l'expertise nécessaire pour interpréter correctement les résultats de certains tests. Dans de tels cas, ce sont les médecins spécialistes qui devraient demander ces tests. Communication des soins spécialisés avec les soins primaires Il ne faut pas oublier le fait que la communication relative aux demandes de référence est bilatérale. La communication informative et en temps opportun du médecin spécialiste avec le médecin traitant est également essentielle à la réussite de la référence. Le succès peut être défini comme une situation où le patient reçoit des soins appropriés et en temps opportun et où tous les intervenants - patients, spécialiste(s), médecin traitant et médecin de famille (lorsque le médecin traitant n'est pas le médecin de famille du patient) - sont au courant de toutes les interactions pertinentes du patient dans le système de santé ainsi que des soins de suivi qui pourraient être nécessaires. Pour s'en assurer, après le début du processus de demande de référence, le médecin traitant (et le médecin de famille, s'il y a lieu) devraient être informés, en temps opportun, de l'état de la demande de référence à toutes les étapes suivantes du processus : * réception de la demande de référence * demande de plus de renseignements * acceptation ou rejet de la demande de référence (avec des explications et des solutions de rechange proposées) * date du rendez-vous du patient * notes de consultation du patient (y compris le plan de traitement recommandé et le suivi) Il est nécessaire de préciser ce que l'on entend par " en temps opportun ". Les normes doivent être établies en fonction de ce qui est considéré comme un délai de réponse acceptable à chaque étape. Le patient doit également être informé rapidement de l'état de la demande de référence tout au long du processus. Voici des exemples du genre de renseignements qui devraient être transmis (s'il y a lieu) : * comment la demande de référence sera traitée, p. ex., demandes de référence regroupées ou triage central * durée d'attente avant la consultation ou date du rendez-vous * si on a contacté un autre spécialiste * si une visite de suivi est nécessaire * si on a pris contact avec le patient au sujet de tout ce qui est pertinent pour lui, p. ex., référé ailleurs, le temps d'attente, le ou les rendez-vous prévus. Les renseignements et la communication que le médecin traitant exige du médecin spécialiste pour toutes les demandes de référence sont beaucoup plus homogènes. En outre, il n'y a pas de barrières réglementaires ou technologiques qui empêchent la transmission de ces renseignements aux étapes appropriées du processus de référence. C'est un volet où les médecins ont le contrôle sur la communication. Par conséquent, il est beaucoup plus facile d'améliorer la communication pour les réponses aux demandes de référence en ayant recours à des processus normalisés. Malheureusement, ce n'est pas le cas, ce qui nécessite des efforts considérables de la part des médecins traitants ou de leur personnel de bureau pour suivre l'état des demandes de référence. Beaucoup moins d'attention a été accordée à cette partie du processus. Toutefois, certaines activités décrites dans la boîte à outils sur le processus de référence et de consultation1 offrent des solutions concernant la réponse aux demandes de référence. Les systèmes centralisés de référence en sont un exemple. Ceux-ci comprennent souvent les délais raisonnables de réponse pour au moins les trois premières étapes mentionnées ci-dessus, ainsi que des informations sur le spécialiste qui a reçu la demande de référence. Les directives citées précédemment élaborées par le Collège des médecins et chirurgiens de la Nouvelle-Écosse3, les normes de pratique du Collège des médecins et chirurgiens de l'Alberta4 et le Guide pour l'amélioration de l'aiguillage et de la consultation entre les médecins du CMFC et du Collège royal5 font aussi des recommandations concernant les réponses de spécialistes aux demandes de référence (y compris les renseignements requis et les délais). Ces ressources peuvent être le point de départ pour établir des normes de communication de référence entre les médecins et avec les patients. Le fait que les lignes directrices des deux collèges provinciaux indiquent précisément qu'il incombe au médecin spécialiste de fixer des rendez-vous avec le patient et d'informer le médecin traitant de la ou des dates est un exemple important. Rémunération et soutien Un autre aspect du processus de référence dont on ne tient pas suffisamment compte est le temps et les efforts que les médecins consacrent à la préparation d'une demande de référence et à y répondre. Préparer une demande de référence informative et y répondre prend du temps. Or, on reconnaît à peine ce travail. Dans certaines régions du pays, les médecins reçoivent une rémunération pour leur participation à des programmes de consultation électroniques ou téléphoniques. Cette forme de reconnaissance a contribué avec succès à éviter les demandes de référence inutiles et devrait être utilisée à l'échelle nationale. Cependant, il faut faire beaucoup plus pour reconnaître ces efforts, surtout quand une visite chez un spécialiste s'avère nécessaire. Le temps que les médecins traitants consacrent à recueillir les données qu'ils doivent joindre à une demande de référence, ou le temps que les spécialistes consacrent à l'analyse de ces données, le triage des demandes de référence et la préparation des notes de la consultation ne sont presque jamais reconnus comme faisant partie du programme de rémunération des médecins. Dans la plupart des provinces, on estime que ce travail n'est qu'une simple composante d'une visite typique du patient. Comme de nombreuses pratiques de groupe de soins primaires emploient du personnel administratif qui agit à titre de " coordonnateurs de consultation ", dont le rôle principal est d'aider les médecins à recueillir les données et à préparer la demande de référence informative, ainsi que de voir au suivi de ces demandes, le processus de référence d'un patient aux soins spécialisés est beaucoup plus qu'une " simple composante d'une visite typique d'un patient ". Soutenir la mise en application généralisée des infrastructures efficaces de technologie de l'information peut faciliter la préparation des demandes et les réponses des spécialistes et favoriser la communication informative et en temps opportun entre les médecins traitants et les médecins spécialistes. Conclusion Le nombre considérable de différences entre les deux modes de communication et les renseignements transmis entre les médecins est un obstacle important à l'accès en temps opportun à des soins spécialisés pour les patients. Les médecins et leur personnel de bureau déploient inutilement des efforts substantiels dans le processus de référence, non seulement pour préparer une demande ou y répondre, mais aussi pour faire le suivi des demandes. Bien qu'il n'existe pas de solution unique qui résoudra tous les problèmes de communication relatifs aux demandes de référence, il existe plusieurs solutions complémentaires qui peuvent réduire ces différences et le gaspillage d'efforts, simplifiant ainsi le processus et facilitant une communication appropriée et informative, en temps opportun, entre les médecins traitants et les médecins spécialistes. On trouvera des exemples de telles initiatives dans la boîte à outils sur le processus de référence et de consultation de l'AMC1. *Aux fins de cet énoncé de politique, ce terme s'applique à toutes les situations où un autre médecin est contacté concernant les soins d'un patient. † Aux fins de cet énoncé de politique, ce terme s'applique à toutes les situations où un autre médecin est contacté concernant les soins d'un patient. 1 Association médicale canadienne. Référence et consultation. En ligne : https://www.cma.ca/fr/Pages/referrals-consultation.aspx. Consulté le 29 novembre 2013. 2 Association médicale canadienne. Challenges with patient referrals - a survey of family physicians and other specialists; octobre 2012 (non publié). 3 Collège des médecins et chirurgiens de la Nouvelle-Écosse. Guidelines for Physicians Regarding Referral and Consultation. En ligne: http://www.cpsns.ns.ca/Portals/0/Guidelines-policies/guidelines-referral-consultation.pdf. Consulté le 15 novembre 2013. 4 Collège des médecins et chirurgiens de l'Alberta. The Referral Consultation Process. En ligne: http://www.cpsa.ab.ca/Libraries/standards-of-practice/the-referral-consultation-process.pdf?sfvrsn=0. Consulté le16 septembre 2014. 5 Collège des médecins de famille du Canada, Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. Guide pour l'amélioration de l'aiguillage et de la consultation entre les médecins. En ligne : http://www.cfpc.ca/ProjectAssets/Templates/Resource.aspx?id=3448&langType=3084. Consulté le 27 novembre 2013. 6 Rapid Access to Specialist Expertise. En ligne : www.raceconnect.ca. Consulté le 27 novembre 2013. 7 Liddy C, Rowan MS, Afkham A, Maranger J, Keely E. Building access to specialist care through e-consultation. Open Med. Le 8 janvier 2013; 7(1):e1-8. En ligne : http://www.openmedicine.ca/article/view/551/492. Consulté le 27 novembre 2013. 8 Wilson M. Rapid Access to Consultative Expertise: An innovative model for shared care. En ligne : https://www.cma.ca/Assets/assets-library/document/en/advocacy/RACE-Overview-March-2014.pdf. Consulté le 16 septembre 2014. 9Afkham A. Champlain BASE project: Building Access to Specialists Through e-Consultation. En ligne : https://www.cma.ca/Assets/assets-library/document/en/advocacy/Champlain-BASE-Dec2013-e.pdf. Consulté le 16 septembre 2014. 10 Alberta Health Services, University of Calgary Department of Medicine. Medical Access to Service (MAS). En ligne : http://www.departmentofmedicine.com/MAS/. Consulté le 15 novembre 2013.
Documents
Moins de détails

Développement de la petite enfance

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11476
Dernière révision
2020-02-29
Date
2014-12-06
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Dernière révision
2020-02-29
Date
2014-12-06
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
L'état de santé de l'adulte est en grande partie prédéterminé à la petite enfance, voire avant la naissance. La période allant de la conception au début de l'école est cruciale dans le développement physique, social, cognitif, affectif et linguistique de l'enfant. Les perturbations survenant durant cette période peuvent affaiblir la capacité de réponse physiologique, influer sur l'architecture du cerveau et affecter le développement systémique (neuroendocrinien, cardiovasculaire, etc.)1,2. Les expériences vécues à la petite enfance peuvent même modifier le mode d'expression de certains gènes3,4. Les expériences négatives comme la pauvreté ou la violence familiale peuvent avoir des effets considérables sur cette période importante du développement. Même les enfants qui ne se butent pas à ces types d'obstacles peuvent présenter des problèmes au cours des premières années de vie. Des recherches indiquent qu'il faudrait considérer les maladies de l'adulte comme des troubles du développement commençant à la petite enfance5. Les petits enfants sont particulièrement vulnérables aux influences négatives, mais ils sont tout aussi sensibles à des influences positives au cours de cette période de développement rapide; ainsi, des interventions efficaces peuvent réduire, voire d'éliminer les effets néfastes. Il a été démontré que les interventions au cours de la petite enfance peuvent agir sur la trajectoire du développement et protéger les enfants contre les facteurs de risque présents dans leur environnement au quotidien6. À l'échelle gouvernementale et nationale, on dégage quatre principaux domaines d'intervention : garde et éducation des jeunes enfants, soutien aux parents, réduction de la pauvreté, et collecte de données pour le développement de la petite enfance. L'AMC recommande que : 1. Le gouvernement fédéral, de concert avec les instances provinciales et territoriales, instaure un programme national de garde et d'éducation des jeunes enfants garantissant à ces derniers un accès équitable à des services de grande qualité. 2. Le gouvernement fédéral s'engage à hausser les investissements dans le développement de la petite enfance à 1 % du PIB afin d'atteindre le même seuil de contribution que les autres pays de l'OCDE. 3. Divers programmes, par exemple de visites à domicile à la petite enfance, soient offerts à toutes les familles canadiennes vulnérables. 4. Les gouvernements appuient l'augmentation des ressources communautaires fournissant des programmes pour les parents et des services de soutien familial. 5. Les gouvernements provinciaux et territoriaux élaborent et appliquent une stratégie nationale pour réduire la violence familiale et la maltraitance des enfants, notamment par l'offre de ressources communautaires appropriées. 6. Le gouvernement fédéral collabore avec les provinces et les territoires en vue d'adopter une stratégie nationale visant à éliminer la pauvreté chez les enfants au Canada, établissant clairement les responsabilités à cette fin et comportant des objectifs mesurables. 7. Les provinces et les territoires appliquent des stratégies globales de réduction de la pauvreté établissant clairement les responsabilités à cette fin et comportant des objectifs mesurables. 8. Le gouvernement fédéral collabore avec les provinces et les territoires à la création d'un système de déclaration robuste et unifié sur la petite enfance, afin d'assurer un suivi adéquat des tendances et de permettre ainsi des interventions adéquates. 9. Le gouvernement fédéral travaille avec les provinces et les territoires pour poursuivre la mise en œuvre pancanadienne de l'indice de développement de la petite enfance. En outre, il faudrait appuyer la création d'outils semblables pour les enfants de 18 mois et de la phase intermédiaire de l'enfance. 10. Le gouvernement fédéral appuie la mise au point d'une plateforme pancanadienne permettant d'échanger des données probantes et des pratiques exemplaires et d'orienter les questions de recherche sur la petite enfance. Bien que les gouvernements et des intervenants extérieurs au système de santé soient responsables de la majorité des interventions nécessaires pour favoriser le développement de la petite enfance, les médecins ont eux aussi l'occasion d'influencer ce déterminant social important dans le cadre de programmes d'éducation médicale et de pratique clinique. L'AMC recommande que : 11. Toutes les facultés de médecine du Canada offrent des cours sur le jeune cerveau, le développement biologique et l'apprentissage des jeunes enfants. 12. Tous les fournisseurs de soins de première ligne devant fournir des soins de santé aux enfants aient accès à des cours d'EMC portant sur le jeune cerveau, le développement biologique et l'apprentissage des jeunes enfants. 13. Les provinces et les territoires établissent un bilan de santé amélioré à 18 mois, assorti d'une rémunération appropriée et de services communautaires de soutien. 14. Les médecins et les autres fournisseurs de soins primaires intègrent le bilan de santé amélioré à 18 mois à leur pratique clinique courante. 15. Des ressources complètes soient élaborées pour aider les fournisseurs de soins primaires à trouver les soutiens et services communautaires, et ainsi soient mieux en mesure d'y référer les parents et les enfants. 16. Des efforts soient déployés afin d'assurer l'accès en temps opportun aux ressources et aux programmes pour les enfants présentant des besoins d'ordre développemental connus. 17. Les médecins agissent en tant que représentants pour les questions relatives au développement de la petite enfance. Ils devraient faire appel à leurs connaissances, à leur expertise et à leur influence pour faire connaître la nécessité et l'importance du développement sain au cours de la petite enfance. 18. Les médecins continuent de promouvoir l'alphabétisation lors des consultations de routine avec les enfants de tous âges. 19. Les associations médicales nationales travaillent avec les gouvernements et le secteur sans but lucratif pour étudier la possibilité de créer au Canada un programme d'alphabétisation des enfants en milieu clinique. Contexte L'état de santé de l'adulte est en grande partie prédéterminé à la petite enfance, voire avant la naissance. La période allant de la conception au début de l'école est cruciale dans le développement physique, social, cognitif, affectif et linguistique de l'enfant. La petite enfance est la période la plus importante du développement d'une personne7. Les perturbations survenant durant cette période peuvent affaiblir la capacité de réponse physiologique, influer sur l'architecture du cerveau et affecter le développement systémique (neuroendocrinien, cardiovasculaire, etc.)8,9. Les expériences vécues à la petite enfance peuvent même modifier le mode d'expression de certains gènes10,11. Selon des recherches effectuées par les Centres for Disease Control and Prevention dans l'étude sur les événements indésirables pour les enfantsa, la maltraitance des enfants, la négligence à leur endroit et leur exposition à la violence peuvent avoir une incidence importante sur leur développement. Dans leur étude, les chercheurs ont dressé un portrait rétrospectif des expériences vécues à la petite enfance par 17 000 adultes américains et ont évalué l'incidence de ces événements sur leurs problèmes de santé et de comportement ultérieurs. Un nombre accru d'événements indésirables a été associé à une hausse des comportements à risque au cours de l'enfance et de l'adolescence12 et à certains problèmes de santé chez les adultes, dont l'alcoolisme, la toxicomanie, la dépression, le diabète, l'hypertension, l'accident vasculaire cérébral, l'obésité, les maladies cardiovasculaires et certaines formes de cancer13,14. Plus une personne vit d'événements indésirables pendant son enfance, plus elle est susceptible d'éprouver des problèmes de santé à l'âge adulte15. La survenue d'un grand nombre d'événements indésirables a été liée à des troubles cognitifs, affectifs et du langage, facteurs qui influent sur la réussite scolaire et le fonctionnement à l'âge adulte16. Enfin, chez les personnes touchées par des événements indésirables durant l'enfance, l'étude a établi une corrélation entre ceux-ci, le suicide et la violence conjugale (en tant que victime ou en tant qu'agresseur)17. La pauvreté pose un obstacle important au développement sain de l'enfant. L'enfant qui évolue dans une famille ou une collectivité défavorisée est particulièrement vulnérable aux changements physiologiques et biologiques liés au risque de maladie18. On associe la pauvreté à plusieurs facteurs de risque de développement inadéquat, notamment : manque de soutien parental, nutrition et éducation déficientes, niveaux élevés d'événements traumatiques et stressants19, y compris des taux supérieurs de lésions traumatiques20, piètres conditions de logement, manque de services et accès limité à l'activité physique21. Les enfants issus de familles à faible revenu obtiennent des résultats inférieurs à ceux des enfants issus de familles à revenu élevé pour une variété de mesures de la préparation à l'école, du développement cognitif et du rendement scolaire22,23, et cet écart se creuse au fil du temps, la probabilité que les enfants issus de familles à faible revenu poursuivent des études postsecondaires et décrochent un emploi décent étant moindre24. Par rapport au reste de la population, les enfants qui grandissent dans la pauvreté sont également plus susceptibles d'être démunis à l'âge adulte25,26 et d'avoir des enfants qui vivront eux aussi dans la pauvreté27,28. En outre, ces enfants présentent un plus grand nombre de comportements problématiques : toxicomanie, grossesse précoce, agissements criminels, etc.29 Enfin, un lien a été établi entre les difficultés économiques durant l'enfance et un décès prématuré et des maladies chroniques à l'âge adulte30. Si les événements indésirables et la pauvreté vécus durant l'enfance posent de sérieux obstacles au développement sain, les enfants défavorisés ne sont toutefois pas seuls à nécessiter une attention particulière. En effet, la petite enfance est une période cruciale pour tous les enfants, peu importe leur statut socioéconomique. Des recherches ont montré qu'il faudrait considérer les maladies de l'adulte comme des troubles du développement commençant à la petite enfance31. En 2030, 90 % de la morbidité dans les pays à revenu élevé sera liée à des maladies chroniques32. Or, ces maladies sont en grande partie attribuables à des facteurs de risque comme le tabagisme, la malnutrition, l'alcoolisme, la toxicomanie et la sédentarité33. Ces facteurs peuvent être fortement influencés par le milieu de vie et être exacerbés par de mauvaises expériences vécues à la petite enfance34,35. Les programmes de promotion de la santé et de prévention des maladies et des blessures destinés aux adultes seraient plus efficaces si les investissements étaient effectués plus tôt dans leur vie afin de s'attaquer aux origines de leurs problèmes de santé36,37. Domaines d'intervention Si l'on a raison de s'inquiéter du développement de la petite enfance, tout n'est pas noir pour autant. En effet, durant cette période de développement rapide, même si les enfants sont particulièrement vulnérables aux influences négatives, des interventions efficaces permettent de réduire, voire d'éliminer les effets néfastes. Il a été démontré que les interventions au cours de la petite enfance peuvent agir sur la trajectoire du développement et protéger les enfants contre les facteurs de risque présents dans leur environnement au quotidien38. Échelle gouvernementale et nationale Garde et éducation des jeunes enfants Selon une étude, 90 % des capacités cérébrales se développent avant l'âge de cinq ans - bien avant le début de la formation scolaire pour bon nombre d'enfants39. Plus du quart des enfants canadiens qui entrent à la maternelle accusent un retard dans au moins un aspect de leur développement40, et on estime qu'environ les deux tiers de ces carences auraient pu être prévenues. En outre, des recherches indiquent que chaque tranche de 1 % de vulnérabilité jugée excessive en ce qui a trait à la préparation à l'école, entraîne une réduction du PIB de 1 % au long de la vie active de ces enfants41. Comparativement à leurs pairs, les enfants qui ne sont pas prêts à entamer la maternelle sont deux fois moins nombreux à pouvoir lire en troisième année, ce qui augmente considérablement le risque qu'ils décrochent avant d'avoir obtenu leur diplôme d'études secondaires42. Bien qu'il ne soit jamais trop tard pour prendre les choses en main, les interventions effectuées à ce stade sont moins efficaces et beaucoup plus coûteuses que celles réalisées à la petite enfance43. Il existe un forte corrélation entre les bons programmes de développement de la petite enfance, notamment ceux visant à accompagner et à stimuler les enfants et à sensibiliser les parents, et l'amélioration des effets inhérents à une situation défavorisée sur le développement cognitif, affectif et physique des enfants44,45. Une analyse récente de 84 programmes préscolaires américains a conclu que la participation à des programmes préscolaires efficaces permet d'acquérir l'équivalent d'environ un tiers d'année scolaire de compétences supplémentaires en mathématiques, en maîtrise du langage et en lecture46. Avant la mise en œuvre du programme universel de garderies au Québec, les résultats des élèves de cette province aux tests normalisés étaient inférieurs à la moyenne nationale; depuis, ils sont supérieurs à la moyenne47. En outre, l'investissement dans des programmes efficaces d'apprentissage destinés à la petite enfance produit d'importants rendements. Des recherches portant sur les programmes préscolaires américains ont révélé que chaque dollar investi dans un programme génère un rendement de quatre à dix-sept dollars. Des données sur le programme universel de garderies du Québec indiquent que les coûts du programme sont amplement compensés par les recettes fiscales que génèrent le nombre accru de mères sur le marché du travail. Pour chaque dollar investi dans ce programme, le gouvernement provincial touche 1,05 $ et le gouvernement fédéral, 0,44 $48. Sur le plan de la garde et de l'éducation des jeunes enfants, le Canada fait piètre figure : parmi 25 pays, il se classe ex aequo au dernier rang pour les indicateurs de développement de la petite enfance de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)b,49. De tous ces pays, le Canada est celui qui investit le moins dans la garde et l'éducation des jeunes enfants, y affectant des sommes équivalant à seulement 0,25 % de son PIB50, ce qui correspond au quart de la proportion recommandés par l'OCDE. Soulignons que ces investissements sont attribuables à 65 % au programme universel de garderies du Québec51. Partout au pays, les familles canadiennes subissent d'énormes pressions quand vient le temps de trouver une place abordable dans une garderie ou un programme préscolaire de qualité pour leurs enfants. Au Québec, 69 % des enfants de 2 à 4 ans fréquentent un programme préscolaire de façon régulière, comparativement à seulement 38,6 % ailleurs au Canada. Les défis sont encore plus importants pour les familles à faible revenu : près de 65 % des enfants de 0 à 5 ans de familles pauvres n'ont pas accès à des services de garde hors de leur domicile52. Les instances gouvernementales fédérales, provinciales et territoriales doivent conjuguer leurs efforts afin que le Canada rejoigne les autres pays de l'OCDE sur le plan de la garde et de l'éducation des jeunes enfants. L'AMC recommande que : 1. Le gouvernement fédéral, de concert avec les instances provinciales et territoriales, instaure un programme national de garde et d'éducation des jeunes enfants garantissant à ces derniers un accès équitable à des services de grande qualité. 2. Le gouvernement fédéral s'engage à hausser les investissements dans le développement de la petite enfance à 1 % du PIB afin d'atteindre le même seuil de contribution que les autres pays de l'OCDE. Soutien aux parents Par rapport à ses pairs, l'enfant dont les parents l'entourent de soins et d'attentions aura une meilleure santé physique et psychologique, moins de problèmes comportementaux, un rendement scolaire accru, une carrière plus productive et moins de démêlés avec la justice et de rencontres avec des intervenants sociaux53. Des études ont démontré que l'amélioration des relations parents-enfant permet d'atténuer les effets des stress intenses, prolongés et fréquents - les stress dits " toxiques "54,55 -, et qu'il est possible de réduire au minimum les effets de la pauvreté en assurant à l'enfant une présence aimante et un soutien parental réconfortant56. Les programmes de soutien aux parents peuvent servir de rempart pour les enfants tout en renforçant la capacité des parents à répondre aux besoins d'ordre développemental de leurs enfants57. Les parents aux prises avec des problèmes comme la dépression ou la pauvreté pourraient ne pas être en mesure de prodiguer à leurs enfants l'attention dont ils ont besoin, ce qui fragiliserait les relations d'attachement qui se forment à la petite enfance. L'intérêt relativement limité porté au problème du manque de temps et de ressources pour les parents de tous les groupes socioéconomiques peut également nuire au développement de l'enfant58. Les programmes de visites à domicile à la petite enfance, parfois appelés " partenariats entre les infirmières et les familles " font partie des méthodes éprouvées pour améliorer la dynamique parentale et réduire la négligence et la violence envers les enfants. Dans le cadre de ces programmes, les jeunes mères vulnérables reçoivent la visite d'infirmières du début de leur grossesse jusqu'à ce que leur enfant atteigne l'âge de deux à six ans (la durée varie d'un programme à l'autre). Les visites à domicile visent à offrir un soutien prénatal, à renseigner les parents sur les étapes du développement de la petite enfance, à encourager les bonnes pratiques parentales, à diriger les parents vers les ressources pertinentes et à surveiller les signes de violence ou de négligence59. Les résultats de plusieurs essais cliniques randomisés réalisés aux États-Unis montrent que ces programmes réduisent la maltraitance et les blessures et améliorent les résultats cognitifs, sociaux et affectifs des enfants. Une étude de suivi d'une durée de 15 ans a révélé que les mères et les enfants qui participent à ces programmes sont moins susceptibles de commettre des crimes ou de manifester des comportements antisociaux que ceux qui n'y prennent pas part60. Au Canada, les partenariats entre les infirmières et les familles ont d'abord été mis à l'essai à Hamilton, en Ontario. Une autre province, la Colombie-Britannique, procède actuellement à la mise en œuvre et à l'évaluation de ces partenariats. Il faut continuer à financer ces programmes et les offrir à toutes les familles qui pourraient bénéficier d'une méthode éprouvée d'intervention auprès de la petite enfance. De nombreuses provinces canadiennes ont mis en place des ressources communautaires à l'intention des parents. Pensons notamment à l'Alberta, qui a récemment annoncé son intention de créer des centres d'appui parental partout dans la province. Ces centres offriront des programmes pour les parents et hébergeront des ressources et des programmes communautaires61. On trouve des programmes semblables ailleurs au Canada, notamment en Ontario (les centres de développement de la petite enfance)62 et au Manitoba (les centres de ressources familiales)63. Enfin, dans les provinces de l'Atlantique, les centres de développement de la petite enfance combinent services de garde, maternelle et soutien aux familles et sont au diapason avec les écoles64. Bien que ces programmes puissent contribuer grandement à réduire la maltraitance et la négligence, il n'en faut pas moins adopter une stratégie globale pour l'ensemble du pays. Comme l'étude américaine sur les événements indésirables pour les enfants l'a clairement démontré, les expériences négatives vécues à l'enfance, comme la violence familiale ou la négligence, peuvent avoir des conséquences inquiétantes sur la santé et les comportements à l'âge adulte65. Nous devons agir afin de prévenir les événements indésirables évitables. L'AMC recommande que : 3. Divers programmes, par exemple de visites à domicile à la petite enfance, soient offerts à toutes les familles canadiennes vulnérables. 4. Les gouvernements appuient l'augmentation des ressources communautaires fournissant des programmes pour les parents et des services de soutien familial. 5. Les gouvernements provinciaux et territoriaux élaborent et appliquent une stratégie nationale pour réduire la violence familiale et la maltraitance des enfants, notamment par l'offre de ressources communautaires appropriées. Réduction de la pauvreté En 1989, le gouvernement fédéral s'est engagé à éliminer la pauvreté des enfants au Canada avant l'an 2000. Pourtant, en 2011, il y avait plus de familles et d'enfants canadiens vivant dans la pauvreté qu'au moment de la déclaration originale66. Sur 17 pays comparables, le Canada se classe au 15e rang à ce chapitre, plus d'un enfant sur sept étant touché par la pauvreté (15,1 %)67. Le Canada est l'un des seuls pays riches où le taux de pauvreté des enfants est supérieur au taux de pauvreté global68. La pauvreté des enfants est également un domaine de compétence provinciale et territoriale. En 2012, seules quatre provinces disposaient de stratégies de réduction de la pauvreté des enfants qui respectaient les lignes directrices de la Société canadienne de pédiatrie (SCP)c,69. Les enfants démunis évoluent dans des familles démunies; par conséquent, les solutions à la pauvreté des enfants passent nécessairement par une réduction de celle de leurs parents70. Les mesures visant à augmenter le revenu et les possibilités d'emploi pour les parents, en particulier pour les chefs de familles monoparentales, doivent faire partie intégrante de toute stratégie de réduction de la pauvreté71. Les programmes qui permettent aux parents d'intégrer le marché du travail, notamment des services de garde abordables, représentent une avenue possible72,73. Depuis l'instauration du programme de garderies du Québec, le nombre de femmes faisant partie de la population active occupée a augmenté de 70 000, et le taux de pauvreté des enfants a diminué de 50 %74. La lutte contre la pauvreté pourrait permettre d'atténuer les problèmes de développement de l'enfant. D'après un rapport publié en 2009 par l'administrateur en chef de la santé publique du Canada, 80 % des 27 facteurs considérés comme ayant une incidence sur le développement de l'enfant connaissent une amélioration avec l'augmentation du revenu familial75. Plus la hausse du revenu a lieu tôt dans la vie de l'enfant, plus les retombées sur le plan de ses capacités cognitives sont importantes76. Les instances gouvernementales fédérales, provinciales et territoriales doivent agir pour faire en sorte que la pauvreté ne soit plus un obstacle au développement sain des enfants canadiens. L'AMC recommande que : 6. Le gouvernement fédéral collabore avec les provinces et les territoires en vue d'adopter une stratégie nationale visant à éliminer la pauvreté chez les enfants au Canada, établissant clairement les responsabilités à cette fin et comportant des objectifs mesurables. 7. Les provinces et les territoires appliquent des stratégies globales de réduction de la pauvreté établissant clairement les responsabilités à cette fin et comportant des objectifs mesurables. Collecte de données pour le développement de la petite enfance Les données montrent l'importance du développement de la petite enfance pour la réussite et la santé plus tard dans la vie. Afin de concevoir adéquatement des interventions efficaces pour atténuer les problèmes de développement, il faut disposer de données pertinentes sur les indicateurs de santé et les interventions en santé auprès de la petite enfance. Compte tenu des différences observées entre les résultats des enfants selon leur communauté et leur groupe démographique, il est nécessaire de recueillir des données individuelles couplées à des données communautaires afin de permettre aux fournisseurs de soins de santé et aux gouvernements de mettre au point des interventions appropriées. Cette approche est utilisée par le Manitoba Centre for Health Policy (Manitoba), le Human Early Learning Partnership (Colombie-Britannique) et Health Data Nova Scotia (Nouvelle-Écosse). Les chercheurs de ces centres s'emploient à créer un ensemble de données longitudinales en couplant les données administratives de diverses sources77. Les provinces et les territoires devraient tous appuyer l'élaboration de tels ensembles de données. Un autre outil utilisé pour évaluer les progrès des enfants canadiens est l'Instrument de mesure du développement de la petite enfance. Il s'agit d'une liste de vérification en 104 points que les enseignants remplissent pour chaque enfant vers la moitié de leur première année de scolarité. Cette liste sert à mesurer cinq dimensions fondamentales du développement de la petite enfance reconnus comme étant de bons indicateurs prévisionnels de la santé, du niveau de scolarité et des aptitudes sociales à l'âge adulte. Ces cinq dimensions fondamentales sont les suivantes : la santé physique et le bien-être, le développement cognitif et la maîtrise du langage, les compétences sociales, la maturité affective, les habiletés de communication et les connaissances générales78,79. La plupart des provinces et des territoires ont eu recours à cet outil au moins une fois, et la plupart se sont engagés à poursuivre la surveillance80. Bien qu'il s'agisse d'un bon point de départ, cet instrument ne donne qu'un aperçu du développement à un point fixe dans le temps. Idéalement, un système de surveillance devrait rendre compte de plusieurs périodes afin de suivre les trajectoires de développement des enfants. L'Ontario a mis en place un bilan de santé amélioré à 18 mois. Cette intervention clinique pourrait permettre de recueillir des données développementales plus tôt dans la vie de l'enfant. Il importe en effet d'obtenir des renseignements plus détaillés sur les enfants de 18 mois et de la phase intermédiaire de l'enfance81. L'AMC recommande que : 8. Le gouvernement fédéral collabore avec les provinces et les territoires à la création d'un système de déclaration robuste et unifié sur la petite enfance, afin d'assurer un suivi adéquat des tendances et de permettre ainsi des interventions adéquates. 9. Le gouvernement fédéral travaille avec les provinces et les territoires pour poursuivre la mise en œuvre pancanadienne de l'indice de développement de la petite enfance. En outre, il faudrait appuyer la création d'outils semblables pour les enfants de 18 mois et de la phase intermédiaire de l'enfance. 10. Le gouvernement fédéral appuie la mise au point d'une plateforme pancanadienne permettant d'échanger des données probantes et des pratiques exemplaires et d'orienter les questions de recherche sur la petite enfance. Éducation médicale Étant donné l'importance des expériences vécues à la petite enfance pour la santé de l'adulte, il s'impose de mieux comprendre les fondements biologiques des maladies de l'adulte. La communauté médicale doit s'attarder davantage aux origines des maladies et des invalidités et concentrer ses efforts de prévention sur le renversement ou l'atténuation de ces liens précoces avec un mauvais état de santé ultérieur82. La science du développement et de la biologie du cerveau chez l'enfant évolue rapidement. Il faut que les médecins actuels et futurs soient au courant de ces renseignements et de leur incidence sur la pratique clinique83. L'Association des facultés de médecine du Canada et la Fondation Norlien se sont associées afin de fournir du financement et du soutien pour une série d'outils électroniques d'apprentissage portant sur les premières étapes du développement cérébral et biologique84. Des cours d'éducation médicale continue existent déjà pour certains éléments du développement de la petite enfance et d'autres sont en cours d'élaboration. Par exemple, le Collège des médecins de famille de l'Ontario a monté un cours à l'intention des praticiens85. Il faut appuyer ces initiatives et les étendre à l'ensemble des médecins qui fournissent des soins primaires aux enfants et à leur famille. L'AMC recommande que : 11. Toutes les facultés de médecine du Canada offrent des cours sur le jeune cerveau, le développement biologique et l'apprentissage des jeunes enfants. 12. Tous les fournisseurs de soins de première ligne devant fournir des soins de santé aux enfants aient accès à des cours d'EMC portant sur le jeune cerveau, le développement biologique et l'apprentissage des jeunes enfants. Pratique clinique En dépit du fait que bon nombre des menaces au développement de la petite enfance émanent de sources extérieures à l'hôpital ou à la clinique, les médecins peuvent quand même intervenir de plusieurs façons sur important déterminant de la santé. Les fournisseurs de soins de première ligne sont les mieux qualifiés pour aborder cet enjeu fondamental de santé des populations86 et peuvent offrir une composante essentielle dans une stratégie multisectorielle visant le développement sain de la petite enfance87. Dépistage et soutien des parents Le système de santé est le premier point de contact pour de nombreuses mères; aussi, pour beaucoup de familles, les fournisseurs de soins de santé sont les seuls professionnels avec qui elles ont des contacts réguliers durant les premières années de leurs enfants88,89. Selon des données de l'Institute for Clinical Evaluative Sciences, 97 % des enfants ontariens de 0 à 2 ans sont vus par un médecin de famille90. Dans un centre médical axé sur les patients, les fournisseurs de soins peuvent offrir du soutien et de l'information aux parents sur des questions comme les compétences parentales ou la sécurité et la nutrition, et peuvent les diriger vers des ressources spécialisées en petite enfanced et vers d'autres services de soutien comme des programmes de logement et de sécurité alimentaire91,92. Pour leur part, les fournisseurs de soins de première ligne aider les patients à entrer en contact avec les services de santé publique où sont offerts de nombreux programmes en santé des nourrissons et des enfants93. Les fournisseurs de soins de première ligne peuvent veiller à ce qu'un dépistage soit effectué afin de repérer les facteurs de risque de développement inadéquat94. Ces interventions de dépistage devraient avoir lieu dès la période prénatale et être répétées tout au long de l'enfance. Les fournisseurs devraient évaluer régulièrement des caractéristiques physiques comme la taille, le poids, la vue, l'ouïe, etc. En outre, ils peuvent détecter la présence de facteurs de risque tels la dépression maternelle, la toxicomanie et les signes de négligence ou de maltraitance95. Étant donné les conséquences néfastes de la violence et de la négligence des sur le développement de la petite enfance96, les fournisseurs de soins de première ligne ont un rôle essentiel à jouer dans ce domaine. Ils devraient également procéder au dépistage de problèmes sociaux comme la pauvreté, les piètres conditions de logement et l'insécurité alimentaire97. Il est particulièrement important d'effectuer un dépistage à l'âge de 18 mois. L'enfant reçoit alors sa dernière série de vaccins, et il s'agit souvent de son dernier rendez-vous régulier avec un médecin avant le début de l'école98. Le bilan de santé à 18 mois donne l'occasion de dépister non seulement les problèmes d'ordre médical, mais également ceux d'ordre développemental. Conçu en Ontario, le bilan de santé amélioré à 18 moise combine les observations des parents à l'avis des fournisseurs de soins de première ligne afin de dépister tout risque guettant l'enfant99. En Ontarioi, les observations des parents sont recueillies par l'intermédiaire d'un outil de dépistage, le Nipissing District Developmental Screen, un questionnaire normalisé que les parents remplissent et retournent à leur fournisseur de soins de première ligne. Ce questionnaire ne se veut pas un outil diagnostique, mais plutôt un moyen de mettre en évidence tout problème potentiel et de renseigner les parents sur le développement de l'enfant. La section " Activités pour votre enfant ", qui accompagne l'outil, peut aussi contribuer à sensibiliser les parents à l'importance du développement100. Quant aux fournisseurs de soins de première ligne, ils remplissent le Relevé postnatal Rourke. Ce guide normalisé, un outil factuel, les aide à effectuer le bilan de santé amélioré. Ensemble, le Relevé postnatal Rourke et l'outil de dépistage Nipissing District Developmental Screen permettent de dresser un portrait complet de la santé physique et développementale de l'enfant à 18 mois. Les fournisseurs de soins de première ligne peuvent se servir des résultats pour aborder les questions du rôle parental et du développement de l'enfant et pour diriger les enfants vers des services spécialisés, au besoin, et vers d'autres services de soutien et ressources communautaires. En Ontario, un système d'accès aux ressources en développement de la petite enfance et aide aux parents a été mis en place dans un grand nombre de communautés pour tenir les fournisseurs de soins de première ligne au courant des ressources et des services de soutien offerts à leurs patients101. Comme on l'a signalé plus haut, près des deux tiers des vulnérabilités développementales que présentent les enfants à leur arrivée à l'école peuvent être prévenues102. Le dépistage adéquat de ces problèmes constitue un premier pas vers une solution. La Nouvelle-Écosse étudie actuellement la possibilité d'emboîter le pas à l'Ontario. En fait, il faudrait étendre cette stratégie à l'ensemble des provinces et des territoires, en prenant soin de mettre en place des mécanismes de rémunération et des soutiens communautaires appropriés. L'AMC recommande que : 13. Les provinces et les territoires établissent un bilan de santé amélioré à 18 mois, assorti d'une rémunération appropriée et de services communautaires de soutien. 14. Les médecins et les autres fournisseurs de soins primaires intègrent le bilan de santé amélioré à 18 mois à leur pratique clinique courante. 15. Des ressources complètes soient élaborées pour aider les fournisseurs de soins primaires à trouver les soutiens et services communautaires, et ainsi soient mieux en mesure d'y référer les parents et les enfants. 16. Des efforts soient déployés afin d'assurer l'accès en temps opportun aux ressources et aux programmes pour les enfants présentant des besoins d'ordre développemental connus. 17. Les médecins agissent en tant que représentants pour les questions relatives au développement de la petite enfance. Ils devraient faire appel à leurs connaissances, à leur expertise et à leur influence pour faire connaître la nécessité et l'importance du développement sain au cours de la petite enfance. Alphabétisation À partir de 18 mois, on commence à constater des écarts sur le plan de l'acquisition du langage103. Selon une étude américaine, les enfants de familles bénéficiaires de l'aide sociale auront à quatre ans entendu 30 millions de mots de moins que ceux dont les parents exercent une profession libérale104. Les écarts d'apprentissage sont ainsi susceptibles de subsister, des études indiquant que l'exposition à la lecture et au langage par les parents est essentielle à la réussite des enfants en lecture105. Les médecins et les autres fournisseurs de soins de première ligne peuvent aider à réduire ces écarts. Ils peuvent encourager les parents à lire, à parler, à chanter et à raconter des histoires à leurs enfants sur une base quotidiennef. Des études ont démontré que lorsque les médecins discutent de l'alphabétisation avec les parents et qu'ils leur fournissent des ressources adéquates, comme des livres adaptés au stade de développement de l'enfant, la fréquence de lecture et les résultats préscolaires en langage s'améliorent106. Un programme américain, le " Reach out and Read ", a intégré la lecture et l'alphabétisation à la médecine clinique. Ce programme fait appel à des médecins, à des pédiatres et à des infirmières praticiennes pour fournir aux enfants de 6 mois à 5 ans des livres adaptés à leur stade de développement, ainsi que pour conscientiser leurs parents à l'importance de la lecture107,108. Ce programme connaît un franc succès : par rapport à des personnes comparables, les parents qui y participent sont de quatre à dix fois plus susceptibles de lire souvent avec leurs enfants, et ces derniers obtiennent des résultats beaucoup plus élevés en langage réceptif et expressif aux tests normalisés109. Vu la réussite de ce programme chez les enfants américains, il serait pertinent d'envisager la mise en place d'un tel programme en contexte canadien. L'AMC recommande que : 18. Les médecins continuent de promouvoir l'alphabétisation lors des consultations de routine avec les enfants de tous âges. 19. Les associations médicales nationales travaillent avec les gouvernements et le secteur sans but lucratif pour étudier la possibilité de créer au Canada un programme d'alphabétisation des enfants en milieu clinique. Conclusion La petite enfance est la période la plus importante sur le plan du développement. Les cinq premières années peuvent laisser des traces profondes qui influenceront l'évolution de la personne sa vie durant. Les expériences négatives comme la pauvreté, la violence, la malnutrition et des soins inadéquats de la part des parents peuvent déterminer les comportements et l'état de santé à l'âge adulte. Des interventions précoces efficaces peuvent toutefois contribuer à atténuer les effets de ces expériences ou à en tirer le meilleur parti. Des mesures gouvernementales et des soutiens visant à réduire la pauvreté et la maltraitance des enfants et à aider les parents à s'occuper de leurs enfants sont nécessaires. Il faut également offrir à tous les Canadiens des services de garde et des programmes d'éducation des jeunes enfants, peu importe leur statut socioéconomique. Enfin, les fournisseurs de soins de santé peuvent intervenir pour repérer les enfants vulnérables, soutenir leurs parents afin de favoriser le développement sain de l'enfant et préconiser des communautés qui veillent à ce que tous les enfants canadiens aient l'occasion de grandir heureux et en bonne santé. Références a Étude ACE (Adverse Childhood Events). Les événements indésirables pour les enfants sont les suivants : abus psychologique, physique ou sexuel; négligence psychologique ou physique; mère violentée; consommation d'alcool ou de drogue à la maison; présence de maladie mentale à la maison; séparation ou divorce des parents; membre de la famille incarcéré. http://www.cdc.gov/ace/prevalence.htm#ACED b Les indicateurs suivants ont été utilisés : congé parental d'un an à 50 % du salaire; plan national donnant la priorité aux enfants défavorisés; services de garde subventionnés et réglementés pour 25 % des enfants de moins de 3 ans; services d'éducation des jeunes enfants subventionnés et agréés pour 80 % des enfants de 4 ans; formation obligatoire pour 80 % de tous les membres du personnel s'occupant des enfants; formation de niveau tertiaire et qualification correspondante pour 50 % du personnel des services agréés d'éducation à la petite enfance (il s'agit du seul indicateur atteint par le Canada); rapport d'encadrement minimum de 1 enfant pour 15 employés dans les services d'éducation préscolaire; 1,0 % du PIB alloué aux services à la petite enfance; taux de pauvreté des enfants inférieur à 10 %; portée quasi universelle des services de santé de base pour les enfants. UNICEF (2008), La transition en cours dans la garde et l'éducation de l'enfant : Tableau de classement des services de garde et d'éducation des jeunes enfants dans les pays économiquement avancés. En ligne : http://www.unicef-irc.org/publications/pdf/rc8_fre.pdf. c Pour respecter les lignes directrices de la SCP, la province ou le territoire doit s'être doté d'une loi contre la pauvreté favorisant des mesures à long terme et la responsabilisation du gouvernement depuis au moins trois ans et doit posséder une stratégie de réduction de la pauvreté comportant des objectifs précis. d Pour une liste des ressources en développement de la petite enfance offertes au Canada, consulter la page de la Société canadienne de pédiatrie : http://www.cps.ca/fr/first-debut//le-developpement-de-la-petite-enfance. e Pour en savoir plus sur le bilan de santé amélioré à 18 mois, consulter l'énoncé de principes de la Société canadienne de pédiatrie : R. Williams et J. Clinton, Bien faire ce qu'il faut à 18 mois : en appui au bilan de santé amélioré. Société canadienne de pédiatrie. Ottawa (Ont.), 2011. En ligne : http://www.cps.ca/fr/documents/position/bilan-sante-ameliore (consulté le 24 janvier 2014). Pour une liste de ressources offertes aux fournisseurs de soins de première ligne en Ontario, consulter : http://machealth.ca/programs/18-month-fr/default.aspx. f Pour des renseignements et des ressources concernant l'alphabétisation précoce, consulter le site Web de la Société canadienne de pédiatrie : http://www.cps.ca/fr/issues-questions/alphabetisation-precoce. 1 Williams R et coll. The promise of the early years: How long should children wait? Paediatr Child Health, vol. 17, no 10, décembre 2012. En ligne : http://www.cps.ca/issues/2012-early-years-commentary.pdf (consulté le 21 février 2014). 2 Shonkoff JP et coll.. The Foundations of Lifelong Health Are Built in Early Childhood. Center on the Developing Child, Université Harvard. Cambridge (MA); 2010. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/reports_and_working_papers/foundations-of-lifelong-health/ (consulté le 13 décembre 2013). 3 Norrie McCain H.M, Mustard JF, McCuaig, K. Early Years Study 3: Making decisions Taking Action. Margaret and Wallace McCain Foundation. Toronto (Ont.); 2011. En ligne : http://earlyyearsstudy.ca/media/uploads/report-pdfs-en/i_115_eys3_en_2nd_072412.pdf (consulté le 11 février 2014). 4 Braveman P, Egerter S. Robert Wood Johnson Foundation Commission to Build a Healthier America: Overcoming Obstacles to Health in 2013 and Beyond. Robert Wood Johnson Foundation. Princeton (NJ); 2013. En ligne : http://www.rwjf.org/content/dam/farm/reports/reports/2013/rwjf406474 (consulté le 10 janvier 2014). 5 Shonkoff JP et Garner AS. The Lifelong Effects of Early Childhood Adversity and Toxic Stress. Pediatrics. Le 26 décembre 2011. En ligne : http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2011/12/21/peds.2011-2663.full.pdf+html (consulté le 28 octobre 2013). 6 Hutchison P Chair. Inquiry into improving child health outcomes and preventing child abuse, with a focus on pre-conception until three years of age. New Zealand House of Representatives. Wellington (Nouvelle-Zélande); 2013. En ligne : http://media.nzherald.co.nz/webcontent/document/pdf/201347/Full-report-text1.pdf (consulté le 3 mars 2014). 7 Organisation mondiale de la santé. Closing the Health Equity Gap: Policy options and opportunities for action. Genève (Suisse); 2013. En ligne : http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/78335/1/9789241505178_eng.pdf?ua=1 (consulté le 20 décembre 2013) 8 Williams R et. coll. The promise of the early years: How long should children wait? Paediatr Child Health. Vol. 17, no 10, décembre 2012. En ligne : http://www.cps.ca/issues/2012-early-years-commentary.pdf (consulté le 21 février 2014). 9 Shonkoff JP et coll.. The Foundations of Lifelong Health Are Built in Early Childhood. Center on the Developing Child, Université Harvard. Cambridge (MA); 2010. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/reports_and_working_papers/foundations-of-lifelong-health/ (consulté le 13 décembre 2013). 10 Norrie McCain H.M, Mustard JF, McCuaig, K. Early Years Study 3: Making decisions Taking Action. Margaret and Wallace McCain Foundation. Toronto (Ont.); 2011. En ligne : http://earlyyearsstudy.ca/media/uploads/report-pdfs-en/i_115_eys3_en_2nd_072412.pdf (consulté le 11 février 2014). 11 Braveman P, Egerter S. Robert Wood Johnson Foundation Commission to Build a Healthier America: Overcoming Obstacles to Health in 2013 and Beyond. Robert Wood Johnson Foundation. Princeton (NJ); 2013. En ligne : http://www.rwjf.org/content/dam/farm/reports/reports/2013/rwjf406474 (consulté 10 janvier 2014). 12 Middlebrooks JS, Audage NC. The Effects of Childhood Stress on Health Across the Lifespan. U.S. Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention. Atlanta (GA); 2008. En ligne : http://www.cdc.gov/ncipc/pub-res/pdf/childhood_stress.pdf (consulté le 24 février 2014). 13 Center on the Developing Child, Harvard University. Five Numbers to Remember About Early Childhood Development. Cambridge (MA); s.d. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/multimedia/interactive_features/five-numbers/ (consulté le 10 février 2014). 14 Middlebrooks JS, Audage NC. The Effects of Childhood Stress on Health Across the Lifespan. U.S. Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention. Atlanta (GA); 2008. En ligne : http://www.cdc.gov/ncipc/pub-res/pdf/childhood_stress.pdf (consulté le 24 février 2014). 15 Shonkoff JP et coll.. The Foundations of Lifelong Health Are Built in Early Childhood. Center on the Developing Child, Harvard University. Cambridge (MA); 2010. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/reports_and_working_papers/foundations-of-lifelong-health/ (consulté le 13 décembre 2013). 16 Center on the Developing Child, Harvard University. Five Numbers to Remember About Early Childhood Development. Cambridge (MA); s.d. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/multimedia/interactive_features/five-numbers/ (consulté 10 février 2014). 17 Middlebrooks JS, Audage NC. The Effects of Childhood Stress on Health Across the Lifespan. U.S. Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention. Atlanta (GA); 2008. En ligne : http://www.cdc.gov/ncipc/pub-res/pdf/childhood_stress.pdf (consulté le 24 février 2014). 18 Shonkoff JP et coll. The Foundations of Lifelong Health Are Built in Early Childhood. Center on the Developing Child, Harvard University. Cambridge (MA); 2010. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/reports_and_working_papers/foundations-of-lifelong-health/ (consulté le 13 décembre 2013). 19 Luby J et coll. The Effects of Poverty on Childhood Brain Development: The Mediating Effect of Caregiving and Stressful Life Events. JAMA Pediatr. Publié en ligne le 28 octobre 2013. 20 Oliver LN, Kohen DE. Neighbourhood variation in hospitalization for un intentional injury among children and teenagers. Health Rep 2010;21(4):9-17 21 Braveman P, Egerter S. Robert Wood Johnson Foundation Commission to Build a Healthier America: Overcoming Obstacles to Health in 2013 and Beyond. Robert Wood Johnson Foundation. Princeton (NJ); 2013. En ligne : http://www.rwjf.org/content/dam/farm/reports/reports/2013/rwjf406474 (consulté le 10 janvier 2014). 22 Piano M. Canada 2020 Analytical Commentary No. 6: Are we ready for universal childcare in Canada? Recommendations for equality of opportunity through childcare in Canada. Canada 2020, Ottawa (Ont.); 2014. En ligne : http://canada2020.ca/wp-content/uploads/2014/01/Canada-2020-Analytical-Commentary-No.-6-Universal-childcare-Jan-29-2014.pdf (consulté le 13 février 2014). 23 Cooper K et Stewart K. Does Money Affect Children's Outcomes? Joseph Rowntree Foundation. London (Royaume-Uni); 2013. En ligne : http://www.jrf.org.uk/sites/files/jrf/money-children-outcomes-full.pdf (consulté le 20 février 2014). 24 Piano M. Canada 2020 Analytical Commentary No. 6: Are we ready for universal childcare in Canada? Recommendations for equality of opportunity through childcare in Canada. Canada 2020, Ottawa (Ont.); 2014. En ligne : http://canada2020.ca/wp-content/uploads/2014/01/Canada-2020-Analytical-Commentary-No.-6-Universal-childcare-Jan-29-2014.pdf (consulté le 13 février 2014). 25 APA Task Force on Childhood Poverty. A Strategic Road-Map: Committed to Bringing the Voice of Pediatricians to the Most Important Problem Facing Children in the US Today. The American Academy of Pediatrics. Elk Grove Village (IL); 2013. En ligne : http://www.academicpeds.org/public_policy/pdf/APA_Task_Force_Strategic_Road_Mapver3.pdf (consulté le 9 décembre 2013). 26 HM Treasury. Ending child poverty: mapping the route to 2020. London (Royaume-Uni); 2010. En ligne : http://www.endchildpoverty.org.uk/images/ecp/budget2010_childpoverty.pdf (consulté le 17 janvier 2014). 27 Commission des déterminants sociaux de la santé. Combler le fossé en une génération - Instaurer l'équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux de la santé : Résumé analytique du rapport final. Genève (Suisse). Organisation mondiale de la santé; 2008. En ligne : http://whqlibdoc.who.int/hq/2008/WHO_IER_CSDH_08.1_fre.pdf (consulté le 7 janvier 2011). 28 HM Treasury. Ending child poverty: mapping the route to 2020. London (Royaume-Uni); 2010. En ligne : http://www.endchildpoverty.org.uk/images/ecp/budget2010_childpoverty.pdf (consulté le 17 janvier 2014). 29 Dreyer BP. To Create a Better World for Children and Families: The Case for Ending Childhood Poverty. Acad. Pediat. Vol. 13, no 2. Mars-avril 2013. En ligne : http://download.journals.elsevierhealth.com/pdfs/journals/1876-2859/PIIS1876285913000065.pdf (consulté le 10 décembre 2013). 30 Braveman P, Egerter S. Robert Wood Johnson Foundation Commission to Build a Healthier America: Overcoming Obstacles to Health in 2013 and Beyond. Robert Wood Johnson Foundation. Princeton (NJ); 2013. En ligne : http://www.rwjf.org/content/dam/farm/reports/reports/2013/rwjf406474 (consulté le 10 janvier 2014). 31 Shonkoff JP et Garner AS. The Lifelong Effects of Early Childhood Adversity and Toxic Stress. Pediatrics. Le 26 décembre 2011. En ligne : http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2011/12/21/peds.2011-2663.full.pdf+html (consulté le 28 octobre 2013). 32 Bygbjerg IC. Double Burden of Noncommunicable and Infectious Diseases in Developing Countries. Science. Vol. 337, le 21 septembre 2012, p. 1499-1501. En ligne : http://health-equity.pitt.edu/3994/1/Double_Burden_of_Noncommunicable_and_Infectious_Diseases.pdf (consulté le 11 mars 2014). 33 Organisation mondiale de la santé. Rapport sur la situation mondiale des maladies non transmissibles 2010. Chapter 1: Burden: mortality, morbidity and risk factors. Genève (Suisse); 2010. En ligne : Résumé d'orientation : http://www.who.int/nmh/publications/ncd_report2010/fr; rapport intégral en anglais : http://www.who.int/nmh/publications/ncd_report_full_en.pdf?ua=1 : (consulté le 11 mars 2014). 34 Middlebrooks JS, Audage NC. The Effects of Childhood Stress on Health Across the Lifespan. U.S. Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention. Atlanta (GA); 2008. 35 Dreyer BP. To Create a Better World for Children and Families: The Case for Ending Childhood Poverty. Acad Pediat. Vol. 13, no 2, mars-avril 2013. En ligne : http://download.journals.elsevierhealth.com/pdfs/journals/1876-2859/PIIS1876285913000065.pdf (consulté le 10 décembre 2013). 36 Shonkoff JP et Garner AS. The Lifelong Effects of Early Childhood Adversity and Toxic Stress. Pediatrics. Le 26 décembre 2011. En ligne : http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2011/12/21/peds.2011-2663.full.pdf+html (consulté le 28 octobre 2013). 37 Shonkoff JP et coll. The Foundations of Lifelong Health Are Built in Early Childhood. Center on the Developing Child, Harvard University. Cambridge (MA); 2010. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/reports_and_working_papers/foundations-of-lifelong-health/ (consulté le 13 décembre 2013). 38 Hutchison P Chair. Inquiry into improving child health outcomes and preventing child abuse, with a focus on pre-conception until three years of age. New Zealand House of Representatives. Wellington (Nouvelle-Zélande); 2013. En ligne : http://media.nzherald.co.nz/webcontent/document/pdf/201347/Full-report-text1.pdf (consulté le 3 mars 2014). 39 Arkin E, Braveman P, Egerter S et Williams D. Time to Act: Investing in the Health of Our Children and Communities: Recommendations From the Robert Wood Johnson Foundation Commission to Build a Healthier America. Robert Wood Johnson Foundation. Princeton (NJ); 2014. En ligne : http://www.rwjf.org/content/dam/farm/reports/reports/2014/rwjf409002 (consulté le 6 février 2014). 40 Little L. Early Childhood Education and Care: Issues and Initiatives. Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. Ottawa (Ont.); 2012. 41 Williams R et Clinton J. Bien faire ce qu'il faut à 18 mois : en appui au bilan de santé amélioré. Société canadienne de pédiatrie. Ottawa (Ont.); 2011. En ligne : http://www.cps.ca/fr/documents/position/bilan-sante-ameliore (consulté le 20 février 2012). 42 Arkin E, Braveman P, Egerter S et Williams D. Time to Act: Investing in the Health of Our Children and Communities: Recommendations From the Robert Wood Johnson Foundation Commission to Build a Healthier America. Robert Wood Johnson Foundation. Princeton (NJ); 2014. En ligne : http://www.rwjf.org/content/dam/farm/reports/reports/2014/rwjf409002 (consulté le 6 février 2014). 43 Heckman JJ. The Case for Investing in Disadvantaged Young Children. En ligne : http://heckmanequation.org/content/resource/case-investing-disadvantaged-young-children (consulté le 6 février 2014). 44 Braveman P, Egerter D et Williams DR. The Social Determinants of Health: Coming of Age. Annu Rev Publ Health. 32:3.1-3.18. 2011. 45 Union européenne. Recommandation de la Commission du 20 février 2013 - Investir dans l'enfance pour briser le cercle vicieux de l'inégalité. Bruxelles (Belgique); 2013. En ligne : http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2013:059:0005:0016:FR:PDF (consulté le 24 janvier 2013). 46 Yoshikawa H et coll. Investing in Our Future: The Evidence Base on Preschool Education. Society for Research in Child Development et Foundation for Child Development. New York (NY); 2013. En ligne : http://fcd-us.org/sites/default/files/Evidence%20Base%20on%20Preschool%20Education%20FINAL.pdf (consulté le 6 février 2014). 47 Piano M. Canada 2020 Analytical Commentary No. 6: Are we ready for universal childcare in Canada? Recommendations for equality of opportunity through childcare in Canada. Canada 2020, Ottawa (Ont.); 2014. En ligne : http://canada2020.ca/wp-content/uploads/2014/01/Canada-2020-Analytical-Commentary-No.-6-Universal-childcare-Jan-29-2014.pdf (consulté le 13 février 2014). 48 Norrie McCain H.M, Mustard JF, McCuaig, K. Early Years Study 3: Making decisions Taking Action. Margaret and Wallace McCain Foundation. Toronto (Ont.); 2011. En ligne : http://earlyyearsstudy.ca/media/uploads/report-pdfs-en/i_115_eys3_en_2nd_072412.pdf (consulté le 11 février 2014). 49 Mikkonen J, Raphael D. Social Determinants of Health: The Canadian Facts. Toronto (Ont.); 2010. En ligne : http://www.thecanadianfacts.org/The_Canadian_Facts.pdf (consulté le 24 janvier 2012). 50 Denburg A, Daneman D. The Link between Social Inequality and Child Health Outcomes. Healthcare Quarterly. Vol. 14, octobre 2010. 51 Campaign 2000. Canada's Real Economic Action Plan Begins with Poverty Eradication: 2013 Report Card on Child and Family Poverty in Canada. Family Service Toronto. Toronto (Ont.); 2013. En ligne : http://www.campaign2000.ca/reportCards/national/2013C2000NATIONALREPORTCARDNOV26.pdf (consulté le 5 mars 2014). 52 Norrie McCain H.M, Mustard JF, McCuaig, K. Early Years Study 3: Making decisions Taking Action. Margaret and Wallace McCain Foundation. Toronto (Ont.); 2011. En ligne : http://earlyyearsstudy.ca/media/uploads/report-pdfs-en/i_115_eys3_en_2nd_072412.pdf (consulté le 11 février 2014). 53 Shonkoff JP et coll. The Foundations of Lifelong Health Are Built in Early Childhood. Center on the Developing Child, Harvard University. Cambridge (MA); 2010. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/reports_and_working_papers/foundations-of-lifelong-health/ (consulté le 13 décembre 2013). 54 Arkin E, Braveman P, Egerter S et Williams D. Time to Act: Investing in the Health of Our Children and Communities: Recommendations From the Robert Wood Johnson Foundation Commission to Build a Healthier America. Robert Wood Johnson Foundation. Princeton (NJ); 2014. En ligne : http://www.rwjf.org/content/dam/farm/reports/reports/2014/rwjf409002 (consulté le 6 février 2014). 55 Shonkoff JP et Garner AS. The Lifelong Effects of Early Childhood Adversity and Toxic Stress. Pediatrics. Le 26 décembre 2011. En ligne : http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2011/12/21/peds.2011-2663.full.pdf+html (consulté le 28 octobre 2013). 56 Luby J et coll. The Effects of Poverty on Childhood Brain Development: The Mediating Effect of Caregiving and Stressful Life Events. JAMA Pediatr. Publié en ligne le 28 octobre 2013. 57 Arkin E, Braveman P, Egerter S et Williams D. Time to Act: Investing in the Health of Our Children and Communities: Recommendations From the Robert Wood Johnson Foundation Commission to Build a Healthier America. Robert Wood Johnson Foundation. Princeton (NJ); 2014. En ligne : http://www.rwjf.org/content/dam/farm/reports/reports/2014/rwjf409002 (consulté le 6 février 2014). 58 Shonkoff JP et coll. The Foundations of Lifelong Health Are Built in Early Childhood. Center on the Developing Child, Harvard University. Cambridge (MA); 2010. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/reports_and_working_papers/foundations-of-lifelong-health (consulté le 13 décembre 2013). 59 Knoke D. Early childhood home visiting programs. Centres of Excellence for Children's Well-Being. Toronto (Ont.); 2009. En ligne : http://cwrp.ca/sites/default/files/publications/en/HomeVisiting73E.pdf (consulté le 7 mars 2014). 60 Mercy JA, Saul J. Creating a Healthier Future Through Early Interventions for Children. JAMA. Le 3 juin 2009, vol. 301, no 21. 61 Gouvernement de l'Alberta. Alberta improves supports for families. Edmonton (Alb.); 2014. En ligne : http://alberta.ca/release.cfm?xID=356434F454042-9B0A-23FD-4AD0402F87D70805 (consulté le 7 janvier 2014). 62 Ministère de l'Éducation de l'Ontario. Centres de la petite enfance de l'Ontario : Questions. Toronto (Ont.). S.d. En ligne : http://www.oeyc.edu.gov.on.ca/French/questions/index.aspx (consulté le 30 janvier 2015). 63 Comité ministériel pour Enfants en santé. Commencez tôt, commencez bien - Cadre de travail du Manitoba pour le développement de la petite enfance. Gouvernement du Manitoba, Winnipeg (Man.); 2013. En ligne : http://www.gov.mb.ca/cyo/pdfs/sess_ECD_framework.fr.pdf (consulté le 10 janvier 2014). 64 Norrie McCain H.M, Mustard JF, McCuaig, K. Early Years Study 3: Making decisions Taking Action. Margaret and Wallace McCain Foundation. Toronto (Ont.); 2011. En ligne : http://earlyyearsstudy.ca/media/uploads/report-pdfs-en/i_115_eys3_en_2nd_072412.pdf (consulté le 11 février 2014). 65 Middlebrooks JS, Audage NC. The Effects of Childhood Stress on Health Across the Lifespan. U.S. Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention. Atlanta (GA); 2008. En ligne : http://www.cdc.gov/ncipc/pub-res/pdf/childhood_stress.pdf (consulté le 24 février 2014). 66 Campaign 2000. Canada's Real Economic Action Plan Begins with Poverty Eradication: 2013 Report Card on Child and Family Poverty in Canada. Family Service Toronto. Toronto (Ont.); 2013. En ligne : http://www.campaign2000.ca/reportCards/national/2013C2000NATIONALREPORTCARDNOV26.pdf (consulté le 5 mars 2014). 67 Conference Board du Canada. Child Poverty. Ottawa (Ont.); 2013. En ligne : http://www.conferenceboard.ca/hcp/details/society/child-poverty.aspx (consulté le 20 juin 2013). 68 Société canadienne de pédiatrie. En faisons-nous assez? Un rapport de la situation des politiques publiques canadiennes et de la santé des enfants et des adolescents. Édition 2012. Ottawa (Ont.); 2012. En ligne : http://www.cps.ca/advocacy/RapportSituation2012_.pdf (consulté le 14 février 2014). 69 Ibid. 70 APA Task Force on Childhood Poverty. A Strategic Road-Map: Committed to Bringing the Voice of Pediatricians to the Most Important Problem Facing Children in the US Today. The American Academy of Pediatrics. Elk Grove Village (IL); 2013. En ligne : http://www.academicpeds.org/public_policy/pdf/APA_Task_Force_Strategic_Road_Mapver3.pdf (consulté le 9 décembre 2013). 71 Campaign 2000. Canada's Real Economic Action Plan Begins with Poverty Eradication: 2013 Report Card on Child and Family Poverty in Canada. Family Service Toronto. Toronto (Ont.); 2013. En ligne : http://www.campaign2000.ca/reportCards/national/2013C2000NATIONALREPORTCARDNOV26.pdf (consulté le 5 mars 2014). 72 HM Treasury. Ending child poverty: mapping the route to 2020. London (Royaume-Uni); 2010. En ligne : http://www.endchildpoverty.org.uk/images/ecp/budget2010_childpoverty.pdf (consulté le 17 janvier 2014). 73 Fauth B, Renton Z et Solomon E. Tackling child poverty and promoting children's well-being: lessons from abroad. National Children's Bureau. London (Royaume-Uni); 2013. En ligne : http://www.ncb.org.uk/media/892335/tackling_child_poverty_1302013_final.pdf (consulté le 10 janvier 2014). 74 Norrie McCain H.M, Mustard JF, McCuaig, K. Early Years Study 3: Making decisions Taking Action. Margaret and Wallace McCain Foundation. Toronto (Ont.); 2011. En ligne : http://earlyyearsstudy.ca/media/uploads/report-pdfs-en/i_115_eys3_en_2nd_072412.pdf (consulté le 11 février 2014). 75 Little L. Early Childhood Education and Care: Issues and Initiatives. Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. Ottawa (Ont.); 2012. 76 Cooper K et Stewart K. Does Money Affect Children's Outcomes? Joseph Rowntree Foundation. London (Royaume-Uni); 2013. En ligne : http://www.jrf.org.uk/sites/files/jrf/money-children-outcomes-full.pdf (consulté le 20 février 2014). 77 Hertzman C, Clinton J, Lynk A. Les mesures, en appui au développement de la petite enfance. Société canadienne de pédiatrie, Ottawa (Ont.); 2011. En ligne : http://www.cps.ca/fr/documents/position/developpement-petite-enfance (consulté le 25 février 2014). 78 Human Early Learning Partnership. Early Development Instrument. S.d. En ligne : http://earlylearning.ubc.ca/edi/ (consulté le 8 octobre 2014). 79 Adamson P. Le bien-être des enfants dans les pays riches - Vue d'ensemble comparative. Bilan Innocenti 11. UNICEF, Florence (Italie); 2013. En ligne : http://www.unicef-irc.org/publications/pdf/rc11_eng.pdf (consulté le 10 janvier 2014). 80 Norrie McCain H.M, Mustard JF, McCuaig, K. Early Years Study 3: Making decisions Taking Action. Margaret and Wallace McCain Foundation. Toronto (Ont.); 2011. En ligne : http://firstwords.ca/wp-content/uploads/2014/05/Early-Years-Study-3.pdf (consulté le 11 février 2014). 81 Hertzman C, Clinton J, Lynk A. Les mesures, en appui au développement de la petite enfance. Société canadienne de pédiatrie, Ottawa (Ont.); 2011. En ligne : http://www.cps.ca/fr/documents/position/developpement-petite-enfance (consulté le 25 février 2014). 82 Shonkoff JP et Garner AS. The Lifelong Effects of Early Childhood Adversity and Toxic Stress. Pediatrics. Le 26 décembre 2011. En ligne : http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2011/12/21/peds.2011-2663.full.pdf+html (consulté le 28 octobre 2013). 83 Garner AS et coll. Early Childhood Adversity, Toxic Stress, and the Role of the Pediatrician: Translating Developmental Science Into Lifelong Health. Pediatrics 2012;129;e224. En ligne : http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2011/12/21/peds.2011-2662.full.pdf+html (consulté le 11 février 2014). 84 Little L. Early Childhood Education and Care: Issues and Initiatives. Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. Ottawa (Ont.); 2012. 85 Comley L, Mousmanis P. Improving the Odds: Healthy Child Development: Toolkit: Interdisciplinary MAINPRO CME for Family Physicians and other Primary Healthcare Providers, 6e édition. Toronto (Ont.); 2010. En ligne : http://ocfp.on.ca/docs/research-projects/improving-the-odds-healthy-child-development-manual-2010-6th-edition.pdf (consulté le 2 décembre 2013). 86 Williams R et Clinton J. Bien faire ce qu'il faut à 18 mois : en appui au bilan de santé amélioré. Société canadienne de pédiatrie. Ottawa (Ont.); 2011. En ligne : http://www.cps.ca/fr/documents/position/bilan-sante-ameliore (consulté le 20 février 2012). 87 Shonkoff JP et coll. The Foundations of Lifelong Health Are Built in Early Childhood. Center on the Developing Child, Harvard University. Cambridge (MA); 2010. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/reports_and_working_papers/foundations-of-lifelong-health (consulté le 13 décembre 2013). 88 Commission des déterminants sociaux de la santé. Combler le fossé en une génération - Instaurer l'équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux de la santé : Résumé analytique du rapport final. Genève (Suisse). Organisation mondiale de la santé; 2008. En ligne : http://whqlibdoc.who.int/hq/2008/WHO_IER_CSDH_08.1_fre.pdf (consulté le 7 janvier 2011). 89 Williams RC, Clinton J, Price DJ, Novak NE. Ontario's Enhanced 18-Month Well-Baby Visit: program overview, implications for physicians. OMR, février 2010. En ligne : http://omr.dgtlpub.com/2010/2010-02-28/home.php (consulté le 20 février 2012). 90 The Minister of Children and Youth announces that every child will receive an enhanced 18-month visit: Family Physicians Play Key Roles in Healthy Child Development. Toronto (Ont.). En ligne : http://ocfp.on.ca/docs/cme/enhanced-18-month-well-baby-visit-key-messages-for-family-physicians.pdf?sfvrsn=1 (consulté le 20 février 2012). 91 Comley L, Mousmanis P. Improving the Odds: Healthy Child Development: Toolkit: Interdisciplinary MAINPRO CME for Family Physicians and other Primary Healthcare Providers, 6th Edition. Toronto (Ont.);2010. En ligne : http://ocfp.on.ca/docs/research-projects/improving-the-odds-healthy-child-development-manual-2010-6th-edition.pdf (consulté le 2 décembre 2013). 92 Garg A, Jack B, Zuckerman B. Addressing the Social Determinants of Health Within the Patient-Centred Medical Home. JAMA. Le 15 mai 2013, vol. 309, no 19. 93 Comley L, Mousmanis P. Improving the Odds: Healthy Child Development: Toolkit: Interdisciplinary MAINPRO CME for Family Physicians and other Primary Healthcare Providers, 6th Edition. Toronto (Ont.); 2010. En ligne : http://ocfp.on.ca/docs/research-projects/improving-the-odds-healthy-child-development-manual-2010-6th-edition.pdf (consulté le 2 décembre 2013). 94 Commission des déterminants sociaux de la santé. Combler le fossé en une génération - Instaurer l'équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux de la santé : Résumé analytique du rapport final. Genève (Suisse). Organisation mondiale de la santé; 2008. En ligne : http://whqlibdoc.who.int/hq/2008/WHO_IER_CSDH_08.1_fre.pdf (consulté le 7 janvier 2011). 95 Williams R et coll. The promise of the early years: How long should children wait? Paediatr Child Health, Vol. 17, no 10, décembre 2012. En ligne : http://www.cps.ca/issues/2012-early-years-commentary.pdf (consulté le 21 février 2014). 96 Middlebrooks JS, Audage NC. The Effects of Childhood Stress on Health Across the Lifespan. U.S. Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention. Atlanta (GA); 2008. En ligne : http://www.cdc.gov/ncipc/pub-res/pdf/childhood_stress.pdf (consulté le 24 février 2014). 97 Garg A, Jack B, Zuckerman B. Addressing the Social Determinants of Health Within the Patient-Centred Medical Home. JAMA. Le 15 mai 2013. Vol. 309, no 19. 98 Williams R et Clinton J. Bien faire ce qu'il faut à 18 mois : en appui au bilan de santé amélioré. Société canadienne de pédiatrie. Ottawa (Ont.); 2011. En ligne : http://www.cps.ca/fr/documents/position/bilan-sante-ameliore (consulté le 20 février 2012). 99 Société canadienne de pédiatrie. En faisons-nous assez? Un rapport de la situation des politiques publiques canadiennes et de la santé des enfants et des adolescents. Édition 2012. Ottawa (Ont.); 2012. En ligne : http://www.cps.ca/advocacy/RapportSituation2012_.pdf (consulté le 14 février 2014). 100 Williams RC, Clinton J, Price DJ, Novak NE. Ontario's Enhanced 18-Month Well-Baby Visit: program overview, implications for physicians. OMR, février 2010. En ligne : http://omr.dgtlpub.com/2010/2010-02-28/home.php (consulté le 20 février 2012). 101 Williams R et Clinton J. Bien faire ce qu'il faut à 18 mois : en appui au bilan de santé amélioré. Société canadienne de pédiatrie. Ottawa (Ont.); 2011. En ligne : http://www.cps.ca/fr/documents/position/bilan-sante-ameliore (consulté le 20 février 2012). 102 Williams R et Clinton J. Bien faire ce qu'il faut à 18 mois : en appui au bilan de santé amélioré. Société canadienne de pédiatrie. Ottawa (Ont.); 2011. En ligne : http://www.cps.ca/fr/documents/position/bilan-sante-ameliore (consulté le 20 février 2012). 103 Center on the Developing Child, Harvard University. Five Numbers to Remember About Early Childhood Development. Cambridge (MA); s.d. En ligne : http://developingchild.harvard.edu/resources/multimedia/interactive_features/five-numbers/ (consulté le 10 février 2014). 104 Denburg A, Daneman D. The Link between Social Inequality and Child Health Outcomes. Healthcare Quarterly. Vol. 14, octobre 2010. 105 Shaw A. Read, speak, sing: Promoting literacy in the physician's office. Canadian Paediatric Society, Ottawa (Ont.); 2006. En ligne : http://www.cps.ca/documents/position/read-speak-sing-promoting-literacy (consulté le 10 février 2014). 106 Ibid. 107 Reach out and Read. Reach Out And Read: The Evidence. Boston (MA); 2013. En ligne : https://www.reachoutandread.org/FileRepository/Research_Summary.pdf (consulté le 5 mars 2014). 108 Commission des déterminants sociaux de la santé. Combler le fossé en une génération - Instaurer l'équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux de la santé : Résumé analytique du rapport final. Genève (Suisse). Organisation mondiale de la santé; 2008. En ligne : http://whqlibdoc.who.int/hq/2008/WHO_IER_CSDH_08.1_fre.pdf (consulté le 7 janvier 2011). 109 Shaw A. Read, speak, sing: Promoting literacy in the physician's office. Canadian Paediatric Society, Ottawa (Ont.); 2006. En ligne : http://www.cps.ca/documents/position/read-speak-sing-promoting-literacy (consulté le 10 février 2014).
Documents
Moins de détails

Pertinence des soins de santé

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11516
Dernière révision
2020-02-29
Date
2014-12-06
Thèmes
Soin de santé et sécurité des patients
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Dernière révision
2020-02-29
Date
2014-12-06
Thèmes
Soin de santé et sécurité des patients
Text
POLITIQUE DE L'AMC Pertinence des soins de santé Sommaire Ce document traite de la notion de pertinence des soins de santé et avance la définition suivante : L'Association médicale canadienne adopte la définition suivante de la pertinence des soins de santé : Les bons soins fournis par les bons fournisseurs au bon patient, au bon endroit et au bon moment, aboutissant à des soins d'une qualité optimale. S'appuyant sur cette définition, l'AMC fait les recommandations suivantes : * Les provinces et les territoires doivent travailler en collaboration avec les fournisseurs de soins à l'élaboration d'un cadre global permettant d'évaluer la pertinence des soins de santé. * Les provinces et les territoires doivent travailler en collaboration avec les fournisseurs à la création de produits éducatifs solides sur la pertinence des soins de santé et diffuser des stratégies factuelles pour la mise en œuvre des changements nécessaires dans les processus de soins. * Les provinces et les territoires doivent travailler en collaboration avec les fournisseurs à la mise en place d'incitatifs afin de réduire la prestation de soins inutiles ou marginalement utiles. Introduction Comme les systèmes de santé sont aux prises avec des problèmes de viabilité et que l'on constate, preuves à l'appui, une qualité de soins souvent sous-optimale, la notion de pertinence intéresse de plus en plus. Une étude de l'Organisation mondiale de la santé publiée en 2000 décrit la pertinence comme étant " une question floue et complexe "1. Et pourtant, si le terme doit être appliqué de façon avantageuse aux systèmes de santé, il faut en clarifier la définition. Ce document stratégique présente la définition de pertinence adoptée par l'Association médicale canadienne, qui traite à la fois de la qualité et de la valeur des soins. Les racines de la définition sont ancrées dans l'évolution des soins de santé au Canada au cours des vingt dernières années. Le document examine ensuite les nombreux problèmes liés à la mise en application du terme. Il conclut que la pertinence peut jouer un rôle central dans la transformation positive du système de santé. Définition Au Conseil général de l'Association médicale canadienne en 2013, la résolution suivante a été adoptée : L'Association médicale canadienne adopte la définition suivante de la pertinence en soins de santé : Les bons soins fournis par les bons fournisseurs au bon patient, au bon endroit et au bon moment, aboutissant à des soins d'une qualité optimale. Cette définition comporte cinq éléments clés : * les " bons soins " sont ceux dont la littérature clinique a démontré l'efficience et l'efficacité, la définition englobant non seulement l'utilisation mais aussi la non-utilisation; * le " bon fournisseur " est celui qui, de par son champ d'exercice, peut fournir le plus adéquatement les soins, sans que ses compétences et connaissances dépassent de beaucoup les exigences de la tâche; * la définition de " bon patient " reconnaît qu'il faut adapter les choix de soins en fonction des caractéristiques et des préférences de chaque patient, et que la conciliation des perceptions du patient et de celles du praticien peut poser des défis; * la définition du " bon endroit " reconnaît que certains lieux sont mieux adaptés que d'autres du point de vue de la sécurité et de l'efficacité pour fournir un type particulier de soins plutôt qu'un autre; * par " bon moment " on entend les soins dispensés en temps opportun conformément aux points de repère convenus. Il est essentiel de bien comprendre que les " bons coûts " découlent de la prestation des " bons soins ", donc qu'il s'agit d'un résultat plutôt qu'un intrant. Autrement dit, si les cinq éléments de la définition sont présents, le patient aura reçu des soins de haute qualité et les ressources auront été utilisées de façon appropriée, c'est-à-dire au bon coût. En revanche, il convient de signaler que le bon coût n'est pas nécessairement le coût abordable. Par exemple, un nouveau médicament ou une nouvelle technologie d'imagerie peut offrir de petits avantages démontrables par rapport aux anciennes pratiques, mais au prix d'une forte hausse des coûts. Dans un tel cas, certains affirment que les bons soins doivent prévoir l'utilisation du nouveau médicament ou de la nouvelle technologie, tandis que d'autres soutiennent qu'il faut tenir compte des coûts d'opportunité excessifs, de sorte que les anciennes pratiques demeureront la référence de bons soins. Une évolution de la perspective canadienne de 1996 à 2013 Dans un article éclairant publié en 1996, Lavis et Anderson écrivaient : ...Il y a deux types distincts de pertinence : la pertinence d'un service et la pertinence du milieu où les soins sont prodigués. Les différences entre les deux sont parallèles aux différences entre deux autres concepts en soins de santé : l'efficacité et la maîtrise des coûts... Un service pertinent est un service qui devrait faire plus de bien que de mal pour un patient présentant un trouble donné... La pertinence du milieu où les soins sont fournis est liée à l'efficacité des coûts [traduction]2. Cette définition très concrète va au-delà de la conception clinique étroite fondée uniquement sur l'impact thérapeutique d'une intervention sur un patient, pour adopter une vue contextuelle plus large axée sur le milieu de prestation des soins. Par exemple, les soins qui sont pertinents dans un cadre de soins à domicile pourraient ne pas être pertinents du tout dans un centre de soins tertiaires. D'ailleurs, les auteurs ajoutent cette observation importante : " Le milieu où les soins sont fournis peut servir de mesure des ressources utilisées pour fournir les soins " [traduction]2. Cette phrase invite à élargir la définition originale de Lavis et Anderson pour englober d'autres ressources et intrants identifiés au cours des décennies qui ont suivi. Trois éléments sont particulièrement importants. D'abord, la question de la prestation des soins en temps opportun, qui commençait à poser problème dans les soins de santé au Canada au moment de la parution de l'article de Lavis et d'Anderson. En 1997, près des deux tiers des Canadiens interrogés estimaient que les temps d'attente pour une chirurgie étaient excessifs, alors qu'un peu plus de la moitié des répondants étaient de cet avis un an plus tôt3. En 2004, les préoccupations concernant les temps d'attente avaient pris une telle ampleur que lorsque le gouvernement fédéral et les provinces ont conclu l'Accord des premiers ministres, ils ont inclus l'obligation de fournir l'accès en temps opportun aux traitements du cancer, aux soins cardiaques, à l'imagerie diagnostique, au remplacement d'articulations et au rétablissement de la vue4. Cette rapide évolution indique que la prestation des soins en temps opportun était maintenant perçue comme élément essentiel dans la détermination de la pertinence des soins. Un deuxième thème a pris de l'importance dans les soins de santé au cours des vingt dernières années : la notion des soins axés sur le patient. Lorsque l'Association médicale canadienne a publié en 2010 son document La transformation des soins de santé au Canada, qui a été très bien reçu, le premier principe de la réforme était celui de l'implantation d'une culture de soins centrés sur le patient. En bref, cela signifiait que " les services de soins de santé sont fournis d'une manière qui donne le meilleur résultat pour les patients "5. Pour démarrer le processus de mise en application de ce concept, l'AMC a proposé une Charte des soins axés sur les patients. Structurée autour de sept domaines, la Charte traitait de l'importance de permettre aux patients de participer pleinement aux décisions concernant leur santé, du respect de la confidentialité des dossiers de santé et de l'assurance que les soins fournis sont sûrs et pertinents. Il ressort de cette vision globale que des soins qui ne sont pas adaptés à chaque patient ne peuvent pas être des soins pertinents. Un troisième élément marquant s'est dégagé au cours des vingt dernières années, soit une prise de conscience accrue de l'importance des champs de pratique, en raison notamment de l'accent mis sur le travail d'équipe dans les nouveaux modèles de soins primaires6, mais aussi de l'émergence de nouvelles professions telles que les adjoints au médecin, et de l'expansion des champs de pratique d'autres professionnels, dont les pharmaciens7. Comme il arrivait de plus en plus souvent qu'une même activité en soins de santé puisse être effectuée par un éventail élargi de professionnels, il devenait essentiel, dans la définition de la pertinence, d'assurer la meilleure concordance possible entre les compétences requises et le service fourni. En effet, des praticiens sous-qualifiés ne peuvent pas fournir des soins de qualité, tandis que le recours à des fournisseurs surqualifiés constitue une mauvaise utilisation des ressources rares. En résumé, comme l'a suggéré une récente étude exploratoire, pour une conceptualisation complète de la pertinence en 2013, il est nécessaire d'ajouter le bon moment, le bon patient et le bon fournisseur aux éléments mentionnés précédemment, à savoir les bons soins et le bon milieu8. Pourquoi la pertinence compte L'argument le plus souvent invoqué pour justifier d'accorder de l'attention à la pertinence dans les politiques, c'est le coût du système de santé. Une abondance de preuves démontrent que les soins inappropriés - hospitalisations évitables, par exemple, ou patients ayant besoin d'un autre niveau de soins qui occupent des lits de soins de courte durée - sont très répandus au Canada9; il est essentiel d'éliminer ce gaspillage pour assurer la viabilité du système. En Saskatchewan, par exemple, les villes de Regina et de Saskatoon ont signé des contrats en 2011 avec des cliniques privées pour fournir 34 différentes interventions chirurgicales. Non seulement les temps d'attente ont-ils été réduits, mais les coûts étaient 26 % plus faibles dans les cliniques de chirurgie que dans les hôpitaux où étaient pratiquées les mêmes interventions10. Il y a cependant un autre problème, tout aussi important, qui souligne l'importance de la pertinence des soins : la qualité sous-optimale des soins de santé. Aux États-Unis, par exemple, une étude qui a évalué la performance en regard de 439 indicateurs de qualité pour 30 affections aiguës et chroniques a révélé que les patients ont reçu 54,9 % des soins recommandés (de 78,7 % pour les cataractes séniles à 10,5 % pour la dépendance à l'alcool)11. Une étude australienne plus récente qui a utilisé 522 indicateurs de qualité pour évaluer les soins liés à 22 affections courantes a révélé pour sa part que les patients ont reçu des soins cliniquement pertinents dans 57 % des rencontres (de 90 % pour une maladie coronarienne à 13 % pour la dépendance à l'alcool)12. Bien qu'il n'existe pas de données exhaustives comparables pour le Canada, il est peu probable que les pratiques dans notre système de santé s'écartent considérablement de celles de pays pairs. Mettre l'accent sur la pertinence des soins est alors justifié par des préoccupations relatives à la fois au budget et à la qualité des soins. Méthodologie : le défi de cerner la pertinence Bien qu'il existe un besoin évident de parler de pertinence - dans toutes ses dimensions -, les méthodes permettant d'évaluer la pertinence des soins sont limitées et, à ce jour, ont surtout porté sur les dimensions cliniques. L'approche la plus fréquemment utilisée est la méthode Rand de l'Université de la Californie à Los Angeles. Elle fournit à des groupes d'experts la documentation pertinente sur une pratique particulière et facilite la discussion itérative et le classement des indications possibles pour l'utilisation de la pratique en question. Les pratiques sont classées comme étant pertinentes, équivoques ou inappropriées13. Une revue systématique réalisée en 2012 a permis de constater que lorsqu'elle est utilisée pour les interventions chirurgicales, la méthode Rand avait une bonne fiabilité de test-retest, de fiabilité intergroupe et de validité conceptuelle14. Cependant, cette méthode a été critiquée en raison d'autres lacunes : des groupes de différents pays peuvent parvenir à des conclusions différentes lors de l'examen de la même preuve; la validité peut seulement être testée par rapport à des instruments tels que les guides de pratique clinique qui eux-mêmes peuvent avoir une forte composante d'opinions d'experts2; les scores de Rand sur la pertinence s'appliquent à un patient " moyen " et ne peuvent pas tenir compte des différences entre les individus; et, enfin, les scores de Rand se concentrent sur la pertinence lorsqu'un service est fourni, mais ne tiennent pas compte de la sous-utilisation, c'est-à-dire de la non-prestation d'un service qui aurait été pertinent9. En dépit de ses imperfections, la méthode Rand est actuellement l'approche la plus rigoureuse que l'on puisse adopter pour déterminer la pertinence clinique. On a récemment suggéré qu'une méthode basée sur un examen approfondi de la littérature pourrait cerner les pratiques potentiellement inefficaces ou nocives; lorsqu'une telle méthode a été appliquée à près de 6 000 éléments de l'Australian Medical Benefits Schedule, 156 pratiques ont été identifiées comme étant potentiellement inappropriées15. Cette méthode présente également des défis. Par exemple, les auteurs d'une étude utilisant les revues Cochrane pour cerner les pratiques offrant une faible valeur font remarquer que l'étiquette de " faible valeur " avait été appliquée principalement en raison d'un manque de preuves randomisées d'efficacité16. L'évaluation de la pertinence du milieu de soins a porté presque exclusivement sur les hôpitaux. On sait que certaines maladies peuvent être prises en charge en milieu communautaire dans des cliniques de soins primaires ou de soins spécialisés. Le taux d'admission pour ces affections gérables en soins ambulatoires - qui est passé de 459 par 100 000 habitants en 2001-2002 à 320 par 100 000 habitants en 2008-2009 - est une façon de mesurer la pertinence de l'hôpital comme milieu de soins9. Le nombre de patients hospitalisés qui n'ont pas besoin de traitement initial ou prolongé dans un établissement de soins de courte durée constitue une deuxième mesure. Des instruments appartenant à des intérêts privés comme l'Appropriateness Evaluation Protocol17 ou l'InterQual Intensity of Service, Severity of Illness and Discharge Screen for Acute Care18 ont été utilisés pour évaluer la pertinence des soins en milieu hospitalier pour des patients individuels. Bien que ces instruments aient été appliqués à des données d'hôpitaux canadiens19,20, il y a un manque de consensus dans la littérature quant à leur fiabilité et leur utilité21-23. Il existe des points de repères sur les temps d'attente appropriés pour certains types de soins au Canada grâce au travail de l'Alliance sur les temps d'attente4. Il s'agit notamment des temps d'attente pour le traitement de la douleur chronique, le traitement du cancer, les soins cardiaques, les soins de santé digestive, l'urgence, le remplacement d'articulations, la médecine nucléaire, la radiologie, l'obstétrique et la gynécologie, la chirurgie pédiatrique, la chirurgie plastique, les maladies psychiatriques et le rétablissement de la vue. Les recommandations sont fondées sur l'opinion d'experts formulée à partir de de données probantes. Quant aux deux autres domaines de pertinence, à savoir le " bon patient " et le " bon fournisseur ", il n'existe pas encore d'instruments objectifs permettant d'en évaluer la pertinence. Obstacles Pour déterminer la pertinence, il faut adopter une approche complexe et chronophage, dont la mise en œuvre est parsemée d'obstacles. La disponibilité de certains services de santé peut être soumise à l'influence politique, qui outrepasse alors les critères de pertinence. Par exemple, des recommandations visant à fermer les petits hôpitaux jugés redondants ou inefficaces ne seront peut-être pas mise en œuvre pour des raisons politiques. Les attentes des patients peuvent aller à l'encontre des critères de pertinence fondés factuels. Dans un centre de soins primaires, par exemple, il peut être difficile de convaincre un patient ayant une entorse à la cheville qu'une radiographie n'est probablement pas utile. L'insistance du patient est aggravée par la possibilité de poursuites médico-légales si jamais ce jugement clinique devait se révéler par la suite erroné. Choisir avec soin recommande aux médecins et aux patients d'avoir des discussions éclairées sur les soins potentiellement nécessaires24. Les rôles cliniques traditionnels sont difficiles à revoir pour s'assurer que les soins sont fournis par le professionnel de la santé le plus approprié. Ceci est particulièrement vrai si les silos du financement existant ne sont pas réalignés en fonction du changement souhaité dans les modèles de pratique. Enfin, et c'est peut-être le point le plus important, même si des critères de pertinence convenus sont élaborés, il est extrêmement difficile de tenir les praticiens responsables de leur application dans la pratique clinique en raison de problèmes liés aux données25. On pourrait faire une vérification des dossiers pour voir si les critères de pertinence ont été respectés lorsque des activités cliniques particulières ont été effectuées, mais cela n'est pas réalisable à grande échelle. Les taux d'utilisation de certaines pratiques pourraient être comparés entre pairs à partir de données administratives, mais des variations dans la population de pratique pourraient légitimement justifier des variations de la pratique. Pour les procédures de diagnostic, on a suggéré d'utiliser le pourcentage de résultats négatifs comme indicateur d'utilisation inappropriée, mais, la plupart des bases de données sur les réclamations administratives ne contiendraient pas de données sur les résultats positifs ou négatifs des tests26. Cette question du déficit de données doit être abordée avec les ministères de la Santé et les régies régionales de la santé. Avertissements importants Il existe plusieurs contraintes supplémentaires relatives à l'utilisation du concept de pertinence par les gestionnaires du système de santé. Tout d'abord, la grande majorité des pratiques n'ont jamais été soumises à la méthode Rand ou à toute autre évaluation de la pertinence. Même pour les interventions chirurgicales, il n'existe des critères de pertinence clinique que pour 10 des 25 interventions les plus courantes pour les patients hospitalisés et pour 6 des 15 principales chirurgies ambulatoires aux États-Unis. Qui plus est, la plupart des études remontent à plus de 5 ans27. Deuxièmement, même si la notion est peut-être attrayante pour les décideurs, il est incorrect de supposer que l'utilisation élevée d'une pratique équivaut à une mauvaise utilisation : lorsque les pratiques à forte utilisation sont comparées à celles à faible utilisation, il a été régulièrement observé que le taux d'utilisation inappropriée n'est pas plus élevé pour les pratiques à haute utilisation28,29. Enfin, on ne sait pas à quel point on pourrait économiser en éliminant les soins cliniques problématiques. Par exemples, une étude américaine qui a modélisé la mise en œuvre des recommandations pour les soins primaires a révélé que l'on pourrait certes économiser considérablement si l'on décidait de prescrire de façon préférentielle des médicaments génériques, mais la plupart des autres éléments sur la liste des activités discutables " ne sont pas les principaux contributeurs aux coûts des soins de santé "30. Il importe de souligner que même si l'on ne réalise aucune économie en argent, on obtiendra une meilleure valeur pour chaque dollar dépensé en réduisant les soins inappropriés. Recommandations de politiques Malgré ces défis méthodologiques et autres31, l'Association médicale canadienne présente les recommandations suivantes relatives à la mise en application du concept de pertinence dans la pratique clinique. 1. Les provinces et les territoires doivent travailler en collaboration avec les fournisseurs de soins à l'élaboration d'un cadre global permettant d'évaluer la pertinence des soins de santé. Les provinces et les territoires doivent élaborer un cadre de travail32 permettant de cerner les soins potentiellement inappropriés, ce qui comprend la sous-utilisation des soins. Pour ce faire, il faudra 1) préciser des critères de sélection afin de cerner et de hiérarchiser les pratiques à évaluer; 2) élaborer et appliquer une méthodologie d'évaluation robuste; 3) créer des mécanismes de diffusion et d'application des résultats. Les cadres doivent également tenir compte des milieux de soins, de la prestation en temps opportun, des préférences des patients et des champs de pratique des professionnels de la santé. On trouve des exemples ailleurs dans le monde pour certains aspects de cet exercice. Il faudrait les adapter aux contextes propres aux provinces et aux territoires. Forcément, pour créer un tel cadre, il faudra recueillir des données d'appui d'une manière conforme à la résolution suivante du Conseil général de 2013 : L'Association médicale canadienne appuie la création de données sur la prestation des soins de santé et les résultats pour les patients afin d'aider la profession médicale à élaborer un cadre sur la pertinence des actes et des normes connexes d'imputabilité, à condition que la confidentialité des patients et des médecins soit préservée. 2. Les provinces et les territoires doivent travailler en collaboration avec les fournisseurs à la création de produits éducatifs solides sur la pertinence des soins de santé et diffuser des stratégies factuelles pour la mise en œuvre des changements nécessaires dans les processus de soins. Les médecins en formation et les médecins actifs doivent avoir accès à une formation et à des conseils sur la pertinence et sur les pratiques qui sont mal utilisées, sous-utilisées, ou surutilisées. On a démontré qu'une formation continue conçue adéquatement peut modifier les pratiques des médecins. Des conseils accessibles au point de soin, par le biais du dossier médical électronique, offriraient une occasion supplémentaire d'alerter les cliniciens à des pratiques qui devraient ou ne devraient pas être utilisées dans le cadre d'une rencontre avec un patient33. Choisir avec soin est une initiative codirigée par l'Association médicale canadienne qui vise à sensibiliser la profession médicale à la surutilisation inappropriée de certaines interventions diagnostiques et thérapeutiques. En premier lieu, l'objectif est d'améliorer la qualité des soins et, en deuxième lieu, de réduire les dépenses inutiles. L'initiative est conforme à l'intention des deux résolutions suivantes adoptées par le Conseil général de 2013 : L'Association médicale canadienne créera un groupe de travail collaboratif chargé d'établir des listes de tests cliniques et d'interventions spécifiques à chaque spécialité dont les avantages ne l'emportent généralement pas sur les risques. L'Association médicale canadienne est d'avis que les avantages fiscaux et financiers découlant des efforts d'imputabilité et de pertinence des soins cliniques sont un sous-produit de ces efforts et non leur but premier. 3. Les provinces et les territoires doivent travailler en collaboration avec les fournisseurs à la mise en place d'incitatifs afin de réduire la prestation de soins inutiles ou marginalement utiles. Il faut offrir aux praticiens des incitatifs pour éliminer des soins inappropriés. Ces incitatifs peuvent être d'ordre financier - rayer de la liste des activités marginales ou fournir des bonus pour l'atteinte d'objectifs d'utilisation de soins appropriés, mais sous-utilisés. Toutes les économies théoriques pourraient aussi être marquées aux fins de réinvestissement dans le système de santé, par exemple, pour améliorer l'accès. Donner aux médecins la capacité de participer aux vérifications et à la rétroaction concernant leur utilisation des pratiques marginales par rapport à leurs pairs crée généralement une incitation personnelle à éviter le statut marginal. La production de rapports publics par groupe ou établissement peut également déplacer la pratique vers la moyenne30. Lorsqu'on prend de telles mesures pour améliorer la qualité ou réduire les coûts par des changements de comportement de pratique, il est essentiel que la profession médicale joue un rôle central. Ce point important a été saisi dans une résolution du Conseil général en 2013 : L'Association médicale canadienne préconisera une contribution adéquate des médecins à l'identification des données probantes servant à évaluer les coûts et la qualité liés aux changements de la pratique clinique. Conclusion Lorsque la pertinence est évaluée uniquement en fonction de l'avantage clinique des soins, elle peut justifier des " désinvestissements " ou des " désinscriptions " d'interventions diagnostiques ou thérapeutiques particulières. Toutefois, une telle conceptualisation étroite de la pertinence ne permettra pas d'assurer la prestation de soins de haute qualité en même temps qu'une utilisation optimale des ressources. Il faut comprendre la pertinence dans toutes ses dimensions (les bons soins fournis par les bons fournisseurs au bon patient, au bon endroit et au bon moment) si elle doit véritablement servir à promouvoir la qualité et la valeur. La réalisation de ces cinq éléments de la pertinence des soins de santé comportera certes des défis importants, à commencer par la définition des termes, puis la tenue de discussions complexes sur les méthodes de mesure. Cet objectif théorique pourrait se révéler assez difficile à atteindre dans la réalité. Mais si, à chaque rencontre dans le système de santé - que ce soit une hospitalisation, une visite à un fournisseur de soins primaires, une admission aux soins à domicile - on tentait d'atteindre ou de presque atteindre chacun des cinq critères de pertinence, nous aurions franchi une étape importante vers l'atteinte de soins optimaux et la réalisation d'une meilleure valeur dans le continuum. Vue sous cet angle, la pertinence a la capacité de devenir un concept organisateur extraordinairement utile pour la transformation des soins de santé au Canada. Approuvé par le Conseil d'administration de l'AMC le 6 décembre 2014. Références 1. Organisation mondiale de la santé. Appropriateness in Health Care Services, Report on a WHO Workshop. Copenhague : OMS; 2000. 2. Lavis JN, Anderson GM. Appropriateness in health care delivery: definitions, measurement and policy implications. CMAJ. 1996;154(3):321-8. 3. Sanmartin C, Shortt SE, Barer ML, Sheps S, Lewis S, McDonald PW. Waiting for medical services in Canada: lots of heat, but little light. CMAJ. 2000;162(9):1305-10. 4. Alliance sur les temps d'attente. Working to Improve Wait Times Across Canada. Toronto: Wait Time Alliance; 2014. En ligne : http://www.waittimealliance.ca. (consulté le 18 avril 2013) 5. Association médicale canadienne. La transformation des soins de santé au Canada. Ottawa : Association médicale canadienne; 2010. 6. Association médicale canadienne. POlitique de l'AMC : Implantation des soins en collaboration axés sur les patients. Ottawa : Association médicale canadienne; 2008. 7. Maxwell-Alleyne A, Farber A. Pharmacists' expanded scope of practice: Professional obligations for physicians and pharmacists working collaboratively. Ont Med Rev. 2013;80(4):17-9. 8. Sanmartin C, Murphy K, Choptain N, et coll. Appropriateness of healthcare interventions: concepts and scoping of the published literature. Int J Technol Assess Health Care. 2008;24(3)342-9. 9. Institut canadien d'information sur la santé. Les soins de santé au Canada 2010. Ottawa: ICIS; 2010. 10. MacKinnon J. Health Care Reform from the Cradle of Medicare. Ottawa : Macdonald-Laurier Institute; 2013. 11. McGlynn EA, Asch SM, Adams J, et coll. The quality of health care delivered to adults in the United States. NEJM. 2003;348(26):2635-45. 12. Runciman WB, Hunt TD, Hannaford NA, et coll. CareTrack: assessing the appropriateness of health care delivery in Australia. Med J Aust. 2012;197(2):100-5. 13. Brook RH, Chassin MR, Fink A, Solomon DH, Kosecoff J, Park RE. A method for the detailed assessment of the appropriateness of medical technologies. Int J Technol Assess Health Care. 1986;2(1):53-63. 14. Lawson EH, Gibbons MM, Ko CY, Shekelle PG. The appropriateness method has acceptable reliability and validity for assessing overuse and underuse of surgical procedures. J Clin Epidemiol. 2012;65(11):1133-43. 15. Elshaug AG, Watt AM, Mundy L, Willis CD. Over 150 potentially low-value health care practices: an Australian study. Med J Aust. 2012;197(10):556-60. 16. Garner S, Docherty M, Somner J, et coll. Reducing ineffective practice: challenges in identifying low-value health care using Cochrane systematic reviews. J Health Serv Res Policy. 2013;18(1):6-12. 17. Gertman PM, Restuccia JD. The appropriateness evaluation protocol: a technique for assessing unnecessary days of hospital care. Med Care. 1981;19(8):855-71. 18. Mitus AJ. The birth of InterQual: evidence-based decision support criteria that helped change healthcare. Prof Case Manag. 2008;13(4):228-33. 19. DeCoster C, Roos NP, Carriere KC, Peterson S. Inappropriate hospital use by patients receiving care for medical conditions: targeting utilization review. CMAJ. 1997;157(7):889-96. 20. Flintoft VF, Williams JI, Williams RC, Basinski AS, Blackstien-Hirsch P, Naylor CD. The need for acute, subacute and nonacute care at 105 general hospital sites in Ontario. Joint Policy and Planning Committee Non-Acute Hospitalization Project Working Group. CMAJ. 1998;158(10):1289-96. 21. Kalant N, Berlinguet M, Diodati JG, Dragatakis L, Marcotte F. How valid are utilization review tools in assessing appropriate use of acute care beds? CMAJ. 2000;162(13):1809-13. 22. McDonagh MS, Smith DH, Goddard M. Measuring appropriate use of acute beds. A systematic review of methods and results. Health policy. 2000;53(3):157-84. 23. Vetter N. Inappropriately delayed discharge from hospital: what do we know? BMJ. 2003;326(7395):927-8. 24. Choisir avec soin. Actualités. Ottawa : Choisir avec soin; 2015. En ligne : www.choisiravecsoin.org. (consulté en décembre 2014) 25. Garner S, Littlejohns P. Disinvestment from low value clinical interventions: NICEly done? BMJ. 2011;343:d4519. 26. Baker DW, Qaseem A, Reynolds PP, Gardner LA, Schneider EC. Design and use of performance measures to decrease low-value services and achieve cost-conscious care. Ann Intern Med. 2013;158(1):55-9. 27. Lawson EH, Gibbons MM, Ingraham AM, Shekelle PG, Ko CY. Appropriateness criteria to assess variations in surgical procedure use in the United States. Arch Surg. 2011;146(12):1433-40. 28. Chassin MR, Kosecoff J, Park RE, et al. Does inappropriate use explain geographic variations in the use of health care services? A study of three procedures. JAMA. 1987;258(18):2533-7. 29. Keyhani S, Falk R, Bishop T, Howell E, Korenstein D. The relationship between geographic variations and overuse of healthcare services: a systematic review. Med Care. 2012;50(3):257-61. 30. Kale MS, Bishop TF, Federman AD, Keyhani S. "Top 5" lists top $5 billion. Arch Intern Med. 2011;171(20):1856-8. 31. Elshaug AG, Hiller JE, Tunis SR, Moss JR. Challenges in Australian policy processes for disinvestment from existing, ineffective health care practices. Aust New Zealand Health Policy. 2007;4:23. 32. Elshaug AG, Moss JR, Littlejohns P, Karnon J, Merlin TL, Hiller JE. Identifying existing health care services that do not provide value for money. Med J Aust. 2009;190(5):269-73. 33. Shortt S GM, Gorbet S. Making medical practice safer: the role of public policy. Int J Risk Saf Med. 2010;22(3):159-68.
Documents
Moins de détails

Stratégie d'amélioration de la pharmacothérapie : déclaration conjointe de l'AMC et de l'Association pharmaceutique canadienne

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique187
Dernière révision
2019-03-03
Date
1996-05-04
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Dernière révision
2019-03-03
Date
1996-05-04
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
Text
STRATÉGIE D'AMÉLIORATION DE LA PHARMACOTHÉRAPIE DÉCLARATION CONJOINTE DE L'AMC ET DE L'ASSOCIATION PHARMACEUTIQUE CANADIENNE Cette déclaration conjointe a été élaborée par l'AMC et l'Association pharmaceutique canadienne et présente le but de la pharmacothérapie, des stratégies de collaboration afin d'optimiser la pharmacothérapie et les responsabilités des médecins et des pharmaciens en pharmacothérapie. La déclaration reconnaît qu'il importe que les médecins, les patients et les pharmaciens collaborent de près et travaillent en partenariat pour optimiser les résultats de la pharmacothérapie. But de cette déclaration conjointe Cette déclaration conjointe a pour but de promouvoir une pharmacothérapie optimale en améliorant la communication et les relations de travail entre les patients, les médecins et les pharmaciens. Elle doit aussi servir de moyen d'éducation des pharmaciens et des médecins afin qu'ils comprennent plus clairement leurs responsabilités mutuelles en pharmacothérapie. Dans le contexte de la présente déclaration, on peut entendre par «patient» un représentant désigné du patient comme un proche, un conjoint, un membre de la famille, un défenseur des patients ou un fournisseur de soins de santé. Les médecins et les pharmaciens ont la responsabilité de collaborer avec leurs patients pour atteindre des résultats optimaux en fournissant une pharmacothérapie de grande qualité. On reconnaît la contribution importante de tous les membres de l'équipe de soins de santé et le besoin de relations de travail marquées par la collaboration. La présente déclaration met toutefois l'accent sur les relations précises entre les médecins, les pharmaciens et les patients en ce qui a trait à la pharmacothérapie. Cette déclaration est un guide général et ne vise pas à décrire tous les aspects des activités des médecins ou des pharmaciens. Elle n'entend pas être restrictive et ne devrait pas inhiber l'évolution positive des relations pharmacien–médecin ou de leurs pratiques respectives qui contribuent à optimiser la pharmacothérapie. Il faudrait de plus utiliser et interpréter cette déclaration conformément aux mesures législatives et aux autres exigences légales qui s'appliquent. On reverra et évaluera régulièrement cette déclaration pour s'assurer qu'elle continue de s'appliquer à la pratique de la médecine et de la pharmacie. But de la pharmacothérapie La pharmacothérapie a pour but d'améliorer l'état de santé des patients et leur qualité de vie en prévenant, éliminant ou contrôlant des maladies ou des symptômes. Une pharmacothérapie optimale est sûre, efficace, appropriée, abordable, rentable et adaptée aux besoins des patients qui participent, au meilleur de leur capacité, à la prise de décisions éclairées au sujet de leur traitement. Les patients doivent avoir accès à la pharmacothérapie requise et à des renseignements précis et impartiaux sur les médicaments pour répondre à leurs besoins particuliers. Pour fournir une pharmacothérapie optimale, il faut aussi disposer d'une base d'information valide et accessible issue de la recherche fondamentale, clinique, pharmaceutique, ainsi que d'autres activités de recherche scientifique. Collaborer pour optimiser la pharmacothérapie Les médecins et les pharmaciens ont des responsabilités qui se complètent et s'appuient mutuellement dans la prestation d'une pharmacothérapie optimale. Afin d'atteindre ce but et pour s'assurer que les patients reçoivent des renseignements uniformes, les patients, les pharmaciens et les médecins doivent collaborer et travailler en partenariat. Cette collaboration passe par une communication efficace, le respect, la confiance, la reconnaissance mutuelle et la compréhension des responsabilités complémentaires de chaque partie. En pharmacothérapie, le rôle de chaque profession dépend de nombreux facteurs, y compris le patient en cause et sa pharmacothérapie, le statut de l'ordonnance du médicament en cause, le contexte et la relation patient–médecin–pharmacien. On reconnaît toutefois qu'en général, chaque profession peut concentrer davantage ses efforts sur certains aspects plutôt que sur d'autres. Par exemple, lorsqu'il conseille des patients au sujet de leur pharmacothérapie, il se peut que le médecin leur donne surtout des conseils spécifiques sur leur maladie et leur parle surtout des buts de la thérapie, des risques, des avantages et des effets secondaires rares, tandis que le pharmacien insistera plutôt sur la bonne utilisation du médicament, la fidélité au traitement, la posologie, les précautions, les restrictions alimentaires et l'entreposage du médicament. Les aspects qui se chevauchent peuvent comprendre le but de la thérapie, les effets secondaires courants et leur traitement, ainsi que les avertissements relatifs aux interactions entre les médicaments et certains aspects liés au style de vie. De même, lorsqu'il suit une pharmacothérapie, un médecin concentrera son attention sur les progrès cliniques vers les buts du traitement, tandis que le pharmacien pourra suivre avant tout les effets du médicament, les interactions et l'observation du traitement. Médecin et pharmacien surveilleraient les effets indésirables. Les deux professions devraient adapter la pharmacothérapie, y compris l'éducation, aux besoins de chaque patient. Pour assurer la continuité des soins et promouvoir la cohérence des renseignements fournis, il importe que les pharmaciens et les médecins évaluent les connaissances des patients et définissent et renforcent le volet éducatif fourni par l'autre profession. Stratégies de collaboration pour optimiser la pharmacothérapie Les patients, les médecins et les pharmaciens doivent collaborer de près et travailler en partenariat pour optimiser les résultats de la pharmacothérapie. Les stratégies qui visent à faciliter ce travail d'équipe comprennent entre autres : Respecter et appuyer les droits des patients de prendre des décisions éclairées au sujet de leur pharmacothérapie. Promouvoir la connaissance, la compréhension et l'acceptation, par les médecins et les pharmaciens, de leurs responsabilités en pharmacothérapie et favoriser la diffusion générale de ces responsabilités afin que tous les intéressés les comprennent clairement. Appuyer les relations des deux professions avec les patients et promouvoir, dans l'équipe de soins de santé, une stratégie de collaboration face à la pharmacothérapie. Il faut veiller à maintenir la confiance des patients et leurs relations avec d'autres soignants. Mettre en commun l'information relative au patient afin d'améliorer les soins qui lui sont prodigués, conformément à tous les aspects suivants : normes éthiques relatives à la protection des renseignements personnels du patient, pratiques acceptées en médecine et en pharmacie, et en droit. Les patients devraient communiquer à leur médecin et à leur pharmacien tout renseignement qui peut aider à optimiser les résultats de la pharmacothérapie. Sensibiliser davantage les médecins et les pharmaciens à l'importance de se rendre facilement accessibles les uns aux autres afin de communiquer au sujet d'un patient dont les deux s'occupent. Améliorer la documentation (p. ex., ordonnances et communications lisibles) et optimiser l'utilisation de la technologie (p. ex., courrier électronique, audiomessagerie et télécopieur) dans les pratiques individuelles afin d'améliorer les communications et l'efficacité, et d'appuyer la cohérence de l'information fournie aux patients. Établir des procédures efficaces de communication et de gestion entre les établissements de santé et les pharmaciens et les médecins de la communauté afin d'appuyer la continuité des soins. Créer des voies de communication locales et encourager le dialogue entre les professions (p. ex., par des programmes conjoints d'éducation permanente et des réunions locales) afin de promouvoir au sein de la communauté une stratégie d'examen critique par les pairs sur la manière de prescrire et sur l'utilisation des médicaments. Apprendre aux pharmaciens et aux médecins, le plus tôt possible au cours de leur formation, à adopter une attitude de collaboration en ce qui a trait au soin des patients. Établir des voies de communication efficaces et encourager le dialogue entre les patients, les médecins et les pharmaciens, aux échelons régional, provincial, territorial et national, afin d'aborder des questions comme la politique sur l'utilisation des médicaments, les lignes directrices relatives à l'établissement d'ordonnances et la formation professionnelle continue. Collaborer à la mise au point de technologies afin d'améliorer la communication dans les pratiques (p. ex., bases de données communes sur les patients quant à leur pharmacothérapie). Collaborer à des comités et des projets sur des aspects de la pharmacothérapie comme l'éducation des patients, la fidélité au traitement, les formulaires et les guides de pratique, le transfert des soins de l'hôpital à la communauté, les stratégies de contrôle des coûts, l'échantillonnage et d'autres enjeux politiques pertinents qui ont trait à la pharmacothérapie. Favoriser la création et l'utilisation d'une base d'information clinique et scientifique de grande qualité afin d'appuyer la prise de décisions fondées sur des données probantes. Les responsabilités du médecin Les médecins et les pharmaciens reconnaissent qu'en pharmacothérapie, la pratique des médecins englobe les responsabilités suivantes à cause de facteurs comme leur formation et leurs connaissances spécialisées, leur relation avec les patients et le contexte de la pratique. Certaines responsabilités peuvent chevaucher celles des pharmaciens (voir Les responsabilités du pharmacien). On reconnaît en outre que les contextes de pratique en médecine peuvent différer et peuvent modifier le rôle du médecin. Évaluer l'état de santé, diagnostiquer les maladies, évaluer le besoin de pharmacothérapie et fournir une pharmacothérapie curative, préventive, palliative et de réadaptation en consultation avec les patients et en collaboration avec les soignants, les pharmaciens et d'autres professionnels de la santé, le cas échéant. Collaborer avec les patients pour fixer des objectifs thérapeutiques et suivre l'évolution vers l'atteinte de ces objectifs en consultant des soignants, des pharmaciens et d'autres fournisseurs de soins de santé, le cas échéant. Surveiller et évaluer la réponse à la pharmacothérapie, les progrès réalisés vers les objectifs thérapeutiques et la fidélité du patient au plan thérapeutique. Au besoin, réviser le plan en fonction des résultats de la présente thérapie et des progrès réalisés en fonction des buts visés, en consultant les patients et en collaborant avec les soignants, les pharmaciens et d'autres fournisseurs de soins de santé, le cas échéant. Surveiller les patients et les évaluer pour repérer toute réaction indésirable aux médicaments et d'autres problèmes imprévus liés à la pharmacothérapie, modifier la thérapie et, le cas échéant, signaler aux autorités de la santé les réactions indésirables et les autres complications. Fournir aux patients et aux soignants des renseignements précis sur le diagnostic, les indications et les buts du traitement, et leur préciser l'action, les avantages, les risques et les effets secondaires possibles de la pharmacothérapie. Fournir et mettre en commun des renseignements et des conseils généraux et précis au sujet de maladie et des médicaments aux patients, aux soignants, aux fournisseurs de soins de santé et à la population. Tenir, au sujet de la pharmacothérapie de chaque patient, des dossiers suffisants qui comprendront, le cas échéant, des renseignements comme les buts du traitement, le traitement prescrit, les progrès réalisés en fonction des buts visés, les modifications du traitement, la liste de médicaments (y compris les médicaments prescrits et les médicaments en vente libre) pris par le patient, les réactions indésirables au traitement, les antécédents d'allergies connues aux médicaments, les antécédents de tabagisme, l'exposition ou le risque professionnels, les tendances connues de consommation d'alcool ou de substances qui peuvent modifier la réponse aux médicaments, les antécédents de fidélité au traitement et les attitudes face aux médicaments. Le dossier devrait aussi documenter le counselling au patient et les conseils donnés, le cas échéant. Assurer l'acquisition, l'entreposage, la manipulation, la préparation, la distribution et la dispensation sécuritaires des médicaments et la tenue des dossiers (conformément aux réglementations fédérales et provinciales et au sommaire de politique de l'AMC intitulé «Les médecins et l'industrie pharmaceutique (Mise à jour de 1994)» (Can Med Assoc J 1994; 150:256A-C.) lorsque le patient ne peut raisonnablement recevoir ces services d'un pharmacien. Demeurer à la fine pointe de la pharmacothérapie par l'analyse critique des écrits et le perfectionnement professionnel continu. Il faut fournir les soins conformément à la législation et dans un contexte de respect de la vie privée, et maintenir la confidentialité des patients. Il faut aussi fournir les soins conformément aux normes et aux procédures éthiques et scientifiques reconnues. Les responsabilités du pharmacien Les pharmaciens et les médecins reconnaissent qu'en pharmacothérapie, la pratique des pharmaciens englobe les responsabilités suivantes à cause de facteurs comme leur formation et leurs connaissances spécialisées, leur relation avec les patients et le contexte de la pratique. Certaines responsabilités peuvent chevaucher celles des médecins (voir Les responsabilités du médecin). On reconnaît en outre que dans certains contextes de pratique, le rôle des pharmaciens peut différer considérablement. Évaluer le dossier pharmacothérapeutique des patients («profil pharmaceutique») et examiner les ordonnances afin d'assurer qu'une thérapie prescrite est sûre et de repérer, de résoudre et de prévenir des problèmes ou des préoccupations réels ou potentiels liés aux médicaments. Les contre-indications, les interactions entre les médicaments ou le double emploi thérapeutique, les réactions allergiques et l'inobservation du traitement par les patients en sont des exemples. Il faudrait discuter des préoccupations importantes avec l'auteur de l'ordonnance. Assurer l'acquisition, l'entreposage, la préparation, la distribution et la dispensation sécuritaires des produits pharmaceutiques (conformément aux réglementations fédérales, provinciales et autres applicables). Discuter de problèmes ou de préoccupations pharmaceutiques réels ou potentiels et du but de la pharmacothérapie avec les patients, en consultant les soignants, les médecins et les fournisseurs de soins de santé, le cas échéant. Surveiller la pharmacothérapie afin de repérer les problèmes ou les préoccupations reliés aux médicaments comme le manque d'amélioration des symptômes, l'inobservation du plan de traitement et les effets indésirables soupçonnés. Il faudrait discuter des préoccupations importantes avec le médecin. Conseiller les patients et les soignants au sujet de la sélection et de l'utilisation des médicaments non prescrits et du traitement de symptômes ou d'affections mineurs. Conseiller aux patients de consulter leur médecin pour obtenir un diagnostic et un traitement au besoin. Les pharmaciens peuvent être le premier point de contact pour les personnes qui recherchent des conseils de santé. Une évaluation de base du patient (p. ex., observation et questions) devrait leur permettre de déterminer si le patient doit consulter un médecin ou un service d'urgence. Prévenir les médecins de réactions indésirables réelles ou soupçonnées aux médicaments et, le cas échéant, signaler ces réactions aux autorités de la santé. Fournir aux patients et aux soignants des renseignements précis sur la pharmacothérapie en tenant compte de ce que les patients connaissent de leur pharmacothérapie. Ces renseignements peuvent comprendre le nom du médicament, son but, ses interactions ou effets secondaires potentiels, les précautions nécessaires, l'usage adéquat, les façons de promouvoir la fidélité au plan de traitement et tout autre renseignement sur la santé qui convient aux besoins du patient. Fournir et faire part aux patients, aux soignants, aux médecins, aux fournisseurs de soins de santé et à la population des renseignements et des conseils généraux et précis sur les médicaments. Tenir des dossiers appropriés sur la pharmacothérapie afin de faciliter la prévention, l'identification et le traitement de problèmes ou de préoccupations liés aux médicaments. Ces dossiers devraient contenir notamment la pharmacothérapie courante et passée du patient (y compris les médicaments prescrits et certains médicaments en vente libre), les antécédents d'allergies connues aux médicaments, des données démographiques appropriées et, le cas échéant, le but du traitement et les progrès réalisés en fonction des objectifs du traitement, les réactions indésirables au traitement, les antécédents de fidélité au traitement, les attitudes à l'égard des médicaments, les antécédents de tabagisme, l'exposition aux risques professionnels et les tendances connues de consommation d'alcool ou de substances qui peuvent modifier la réponse aux médicaments. Les dossiers devraient aussi contenir les conseils donnés aux patients, le cas échéant. Demeurer à la fine pointe de la pharmacothérapie par l'analyse critique des écrits et le perfectionnement professionnel continu. Il faut fournir des soins conformément à la législation et dans un contexte de respect de la vie privée, et maintenir la confidentialité des patients. Il faut fournir des produits et des services conformément aux normes et aux procédures scientifiques et éthiques reconnues.
Documents
Moins de détails

Bâtir des ponts : le lien entre la politique de santé et la politique économique au Canada : document préparé par l'Association médicale canadienne

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique1990
Dernière révision
2019-03-03
Date
1996-01-30
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
  1 document  
Type de politique
Mémoires présentés au Parlement
Dernière révision
2019-03-03
Date
1996-01-30
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Text
I. OBJET Ce document a un double objectif : 1) permettre au gouvernement fédéral de mieux comprendre les questions d'actualité qui préoccupent les médecins de toutes les régions du Canada et qui sont importantes pour la préparation du budget fédéral de 1996-1997; 2) proposer des solutions. Dans le cadre des consultations prébudgétaires organisées par le gouvernement, l'AMC a présenté officiellement un mémoire au Comité permanent des finances de la Chambre des communes le 23 novembre 1995. II. CONTEXTE STRATÉGIQUE À la veille du XXIe siècle, le Canada a de nombreux défis stratégiques importants à relever. Il y a d'abord et avant tout le défi budgétaire qui consiste à réduire la dette et le déficit du Canada tout en créant un environnement propice à la croissance future de l'économie dans un marché mondialisé. Le 31 mars 1995, la dette publique totale (gouvernements fédéral/provinciaux/territoriaux) s'établissait à 787,7 milliards de dollars. En 1994, l'intérêt payé sur la dette totale a atteint 64,3 milliards et le déficit public total, 40,8 milliards. Le gouvernement doit au moins relever le défi posé par les objectifs de la politique économique à court et à long terme tout en répondant à des impératifs précis des politiques sociales. En période de restrictions budgétaires constantes et de rareté des ressources financières dans le secteur public, il continuera d'y avoir des choix difficiles à faire. L'AMC reconnaît qu'il est urgent plus que jamais que le gouvernement fédéral établisse un équilibre entre des défis stratégiques rivaux. Au moment où de lourdes mesures de réduction du déficit s'imposent, on demande à tous les secteurs de la société de faire plus avec la même chose, ou avec moins. Comme le secteur de la santé vit cette réalité depuis assez longtemps déjà, ce fardeau n'est pas nouveau pour lui. Pour faire des choix stratégiques, il faut réfléchir sérieusement et délibérément aux répercussions que ces décisions auront sur le Canada de demain, ainsi que sur la santé et le mieux-être de sa population. Il faut établir un équilibre entre, d'une part, toute attaque livrée contre la dette et le déficit du fédéral pour en tirer des avantages économiques à court terme et, de l'autre, toute décision qui alourdirait notre déficit «social» à long terme. Au moment où le Canada vit d'importantes transformations sociales, politiques et économiques, l'AMC demeure vouée à la prestation de soins de santé de grande qualité et à la protection de l'intégrité nationale du système de santé. Cependant, comme le gouvernement fédéral doit contrôler le déficit et la dette nationale, il semble évident qu'il demeure très urgent pour le Canada de mettre de l'ordre dans ses affaires budgétaires. Cela dit, le gouvernement doit aussi préciser clairement à la population canadienne ses intentions et ses priorités en ce qui a trait à un engagement à long terme envers la santé et les programmes sociaux, y compris un engagement en argent. La population canadienne craint vraiment que la réduction du déficit fédéral impose à d'autres paliers de gouvernements des coûts que ceux-ci ne peuvent absorber, ce qui pourrait très bien réduire l'accès aux programmes et aux services gouvernementaux et augmenter un jour les coûts sociaux. Un sondage récent au cours duquel 58 % des Canadiens ont déclaré s'attendre à ce que le système de soins de santé se dégrade au cours des dix prochaines années le démontre 1. La population canadienne semble croire que le programme budgétaire l'emportera sur le programme social, au point où les valeurs sociales et les idéaux qui les sous-tendent seront oubliés ou, encore pire, disparaîtront. Des sondages indiquent que 84 % des Canadiens considèrent l'assurance-maladie comme une caractéristique particulière à la canadianité. De plus, 84 % des Canadiens sont d'avis que le système fournit des soins de grande qualité. L'accessibilité continue à un éventail complet de services financés par l'État préoccupe toutefois 65 % de la population canadienne. Le même sondage a révélé que 83 % des Canadiens considèrent que le financement actuel du système ne peut être «viable» à long terme 2. Si la viabilité future du système actuel de soins de santé préoccupe vivement la population canadienne, elle préoccupe aussi les médecins. Au cours d'un sondage récent, 76 % des médecins interviewés se rangeaient derrière l'affirmation selon laquelle les soins de santé au Canada seront en plus mauvais état dans dix ans 3. III. GÉRER LE CHANGEMENT ET ATTEINDRE LES OBJECTIFS STRATÉGIQUES Si l'on reconnaît que le changement est une constante qui définira la société canadienne dans l'avenir prévisible, il faut aussi envisager d'autres changements stratégiques qui toucheront le système de soins de santé dans le contexte des valeurs et de la politique économique du Canada. Une bonne politique de santé et une bonne politique économique doivent se renforcer mutuellement. L'AMC craint que toute décision économique à court terme du gouvernement qui ne renforce pas une bonne politique de santé ne nuise aux meilleurs intérêts du Canada. Si le changement doit se produire dans un cadre de politique global stratégique, coordonné et équitable, et qui préserve (ou augmente) l'intégrité du système de santé du Canada, nous devons agir avec prudence et éviter les mesures bouche-trou à court terme. Comme le gouvernement le disait dans son discours du Trône de 1994 : «...le plan d'action du gouvernement repose sur la complémentarité des mesures prises dans les domaines sociaux et économiques et dans les secteurs de l'environnement et de la politique étrangère». C'est pourquoi, si l'on veut établir un cadre budgétaire approprié pour la santé et les soins de santé, le changement doit se produire dans le contexte d'une optique intégrée à long terme. Le principe qui consiste à aligner une bonne politique de santé sur une solide politique économique est crucial à la gestion du changement et sert aussi à jeter une assise solide pour la croissance économique et la prospérité à venir du Canada. De plus, en synchronisant mieux la politique de santé et la politique économique comme priorité nationale, on peut créer des occasions d'atteindre de nombreux objectifs stratégiques importants «de niveau élevé» : (i) édification du Canada; (ii) développement de l'économie; (iii) mieux-être de la population canadienne et avenir de la santé et des soins de santé au Canada, et (iv) redressement des affaires financières du Canada. Nous abordons chacun de ces objectifs ci-dessous. i. Édification du Canada À de nombreux égards, le Canada est à un tournant social, politique et économique. Le défi du gouvernement consiste à établir un équilibre entre les pressions budgétaires à court terme et la nécessité à long terme de repositionner le Canada pour profiter de possibilités économiques plus grandes tout en préservant ce qui est d'importance fondamentale pour toute la société canadienne. À cet égard, dans tout l'éventail des programmes sociaux appuyés par le gouvernement fédéral, l'assurance-maladie est considérée en général comme une caractéristique qui définit la canadianité. L'assurance-maladie est une grande priorité pour les Canadiens. Certains ont soutenu que la diminution de l'argent que le gouvernement fédéral affecte au financement de l'assurance-maladie fragmente encore davantage notre système de soins de santé et accélère la décentralisation du gouvernement. Le gouvernement fédéral a-t-il une meilleure occasion de clarifier l'appui financier qu'il accorde aux soins de santé et ses liens avec le système au Canada? Par un engagement financier clair, important et stable pour appuyer les soins de santé, le gouvernement affirmera qu'il est disposé à jouer un rôle de premier plan pour assurer que la population canadienne bénéficie d'un système de soins de santé «national», de grande qualité et durable, valeur qui tient profondément à cœur aux Canadiens. ii. Développement de l'économie Sur la scène internationale, le système d'assurance-maladie du Canada est reconnu comme un de nos plus grands atouts. Des organismes comme le Forum économique mondial nous disent que notre méthode de financement des soins de santé est un de nos avantages économiques comparatifs dans un nouvel ordre économique mondial en pleine évolution. Comparativement à ce qui se passe aux États-Unis, nos secteurs public et privé dépensent moins en soins de santé, mais nous réussissons à maintenir un état de santé équivalent ou meilleur. Face à nos partenaires commerciaux européens, comme nos programmes d'assurance santé sont financés d'abord par le Trésor (plutôt que par des taxes sur l'emploi), cela donne aussi aux exportateurs canadiens un avantage sur le plan du coût unitaire. En ce sens, une bonne politique de santé et une bonne politique économique se renforcent mutuellement et il faudrait resserrer le lien entre les deux. En produisant des personnes «en meilleure santé» à un coût moindre, cet avantage relatif sur le plan des coûts peut se traduire en avantages économiques que toute la population canadienne peut se partager sous forme d'augmentation des possibilités d'emploi, de la richesse et de la croissance économique. Comme on l'affirme dans un rapport de 1995 du Conference Board du Canada, «[les milieux d'affaires du Canada sont] clairs en ce qui concerne la valeur élevée qu'ils accordent au système de soins de santé du Canada. Leur appui repose sur le fait qu'ils croient que le système peut fournir des soins de grande qualité tout en contrôlant les coûts publics. Ils savent aussi que le système d'assurance-santé du Canada semble donner aux employeurs un avantage concurrentiel sur les entreprises des États-Unis» 4. Si l'AMC appuie un système de santé financé par l'État, on craint par ailleurs sérieusement que les réformes récentes n'aient pas été mises en œuvre de façon raisonnable et rationnelle. Avant de procéder à d'autres réformes, il est urgent d'évaluer les répercussions de ces changements. Il ne faudrait pas continuer de considérer les compressions seulement comme un catalyseur de changement. Comme investissement dans l'avenir du Canada, les soins de santé sont de loin trop précieux. S'ils veulent mieux synchroniser la politique de santé et la politique économique, les gouvernements doivent non seulement tenir compte du niveau des ressources publiques affectées actuellement au système de soins de santé, mais aussi remettre en question les rôles actuels des secteurs public et privé. iii. Le mieux-être de la population canadienne et l'avenir de la santé et des soins de santé au Canada Depuis plus de vingt-cinq ans, le système d'assurance-maladie garantit à tous les Canadiens qu'il «sera toujours là lorsqu'on en aura besoin», sans qu'ils aient à craindre qu'une personne ou une famille soit acculée à la faillite par les soins de santé dont elle a besoin. La sécurité dont les Canadiens jouissaient en sachant que leur système de soins de santé était toujours là lorsqu'ils en avaient besoin est toutefois remise en question tous les jours. Par exemple, les fermetures d'hôpitaux, l'allongement des listes d'attente et les médecins qui quittent leur communauté causent des difficultés d'accès aux Canadiens. En outre, les médecins et les patients ont de plus en plus de difficulté à avoir accès aux nouvelles technologies médicales. Les Canadiens craignent de plus en plus que le système universel d'assurance-maladie qu'ils connaissent et appuient avec l'argent de leurs impôts ne soit pas disponible lorsqu'ils en auront le plus besoin. En sortant du rang et jouant un rôle de premier plan, le gouvernement fédéral peut rassurer les Canadiens et leur montrer que la préservation des éléments fondamentaux de notre système de soins de santé demeure une grande priorité en y consacrant une contribution financière en argent importante et prévisible. iv. Redressement des affaires financières du Canada L'AMC reconnaît que le gouvernement fédéral doit s'occuper de ses affaires financières et qu'il atteint ses objectifs à cet égard. L'AMC est d'avis que nous ne devons pas transmettre aux générations futures ce lourd fardeau de la dette -- à cause duquel le service de la dette engloutit 36 % de l'argent des impôts fédéraux. Cela ne veut toutefois pas dire qu'il faut adopter une stratégie de «coupe à blanc». Il faudrait plutôt chercher une approche mesurée qui permet de contrôler les dépenses tout en créant un environnement propice à la croissance économique, ce qui augmenterait les possibilités d'emploi et la richesse de la société. Une telle démarche devrait être mesurée, délibérée et responsable. La réduction du déficit ne doit pas se faire excessivement aux dépens des soins de santé qui, envisagés dans le contexte approprié, devraient être considérés comme un bien d'investissement et non de consommation. Les soins de santé sont un actif et non un passif pour tous les Canadiens. IV. CONCLUSION L'AMC a essayé d'établir un cadre qui servira à définir des objectifs stratégiques sur lesquels le gouvernement devrait se pencher sérieusement. Ces quatre «piliers» sont : 1) l'édification du Canada; 2) le développement économique; 3) le mieux-être des Canadiens et l'avenir de la santé et des soins de santé au Canada; 4) le redressement des affaires financières du Canada. Lorsqu'on cherche à resserrer les liens entre ces objectifs stratégiques, on fait face au principe incontournable selon lequel une bonne politique de santé et une bonne politique économique doivent aller de pair et se renforcer au lieu de se neutraliser. Les quatre piliers de l'AMC sont conformes aux objectifs stratégiques que le gouvernement a établis dans le Livre rouge et dans son discours du Trône de 1994. Compte tenu des quatre piliers, les enjeux clés qui préoccupent le plus la profession médicale dans le contexte des consultations prébudgétaires sont les suivants : * le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux; * la taxe sur les produits et services (TPS); * les régimes enregistrés d'épargne-retraite; * les services de santé supplémentaires non imposables; * le Programme national de recherche et d'innovation en santé; * les taxes sur la tabac. L'AMC est disposée à collaborer avec le gouvernement et d'autres intervenants, dans le contexte du cadre ci-dessus, pour atteindre les objectifs de solides politiques sociales, de santé, économiques et budgétaires. ______________ 1. Posner, M., Condition Critical. Maclean's. Vol. 108, no 46, 13 novembre 1995, p. 46-59. 2. The Angus Reid Group, The Reid Report. Vol. 8, no 7, juillet/août 1993 et vol. 8, no 8, septembre 1993. 3. The Medical Post 1995 National Survey of Doctors, Automne 1995, page 24. 4. Alvi, S. : Health Costs and Private Sector Competitiveness, Conference Board du Canada, rapport 139-95, Ottawa, juin 1995, page 11. ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE ÉNONCÉ DE PRINCIPE LE TRANSFERT CANADIEN EN MATIÈRE DE SANTÉ ET DE PROGRAMMES SOCIAUX ENJEU L'Association médicale canadienne (AMC) craint que la réduction de l'engagement en argent du gouvernement fédéral envers les soins de santé finisse par faire disparaître un jour l'argent fédéral que reçoivent certaines provinces. Sa disparition minera gravement la capacité du gouvernement fédéral d'établir et de maintenir des objectifs et des normes dans le domaine des soins de santé au Canada. CONTEXTE * L'AMC reconnaît qu'il faut mieux contrôler les finances fédérales. Cependant, 60 % des Canadiens pensent que le gouvernement fédéral doit protéger les programmes sociaux en période de réduction des dépenses1. Les réformes des programmes sociaux doivent être mises en œuvre graduellement pendant une période de planification définie. * À compter de 1996-1997, le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux (TCSPS), qui combine le Financement des programmes établis et le Régime d'assistance publique du Canada, réduira de 7 milliards de dollars les transferts en argent aux provinces et aux territoires. POINT DE VUE DES MÉDECINS * Accès à des soins de santé de qualité : notre première priorité Les médecins du Canada veulent maintenir et améliorer la prestation de services de santé de grande qualité. Les fermetures d'hôpitaux, l'allongement des listes d'attente et les communautés qui perdent leur médecin causent des difficultés d'accès à la population canadienne. De plus, les médecins et leurs patients ont de plus en plus de difficulté à avoir accès aux nouvelles technologies de santé. Les Canadiens commencent à craindre que le système universe l d'assurance-maladie qu'ils appuient avec l'argent de leurs impôts ne soit pas disponible lorsqu'ils en auront le plus besoin. * Le TCSPS menace les principes de l'assurance santé nationale À cause des réductions continues du TCSPS, il sera de plus en plus difficile pour le gouvernement fédéral de maintenir des normes nationales pour les soins de santé. Un financement réservé aux soins de santé permettra au gouvernement fédéral d'assurer la protection des principes énoncés dans la Loi canadienne sur la santé. * Il faut maintenir un rôle fédéral important Le système d'assurance-maladie garantit à tous les Canadiens qu'il «sera là lorsqu'ils en auront besoin» et que «votre famille et vous ne serez pas acculés à la ruine financière». Des sondages indiquent que 80 % des Canadiens considèrent l'assurance-maladie comme une caractéristique particulière de la canadianité. De plus, 84 % des Canadiens sont d'avis que le système fournit des soins de grande qualité. La population canadienne veut que les gouvernements consacrent davantage d'énergie à la protection de l'assurance-maladie et des autres programmes sociaux 2. Sur la scène internationale, le système d'assurance-maladie du Canada est reconnu comme un de nos plus grands atouts. Comparativement à ce qui se passe aux États-Unis, nos secteurs public et privé dépensent moins en soins de santé, mais nous réussissons à maintenir un état de santé équivalent ou meilleur. L'AMC RECOMMANDE... * Il faut des transferts en espèces stables, prévisibles et réservés, comportant une formule de croissance, pour permettre aux provinces et aux territoires de planifier et de fournir à toute la population canadienne un ensemble défini de services comparables de soins de santé de grande qualité. * Il faudrait établir et garantir, dans le cadre du TCSPS, un transfert en argent de 250 $ par habitant au titre des soins de santé au cours 5 prochaines années. Une fois la période de 5 ans écoulée, le gouvernement fédéral devrait préserver la valeur réelle du transfert en argent en l'indexant de la façon appropriée. JUSTIFICATION * Compte tenu de toutes les options, un transfert par habitant représente la façon la plus équitable et la plus juste d'affecter de l'argent au système de soins de santé. Ce mode de financement rendra aussi opérationnel le TCSPS de façon à rassurer la population canadienne en indiquant que le gouvernement fédéral continuera de lui fournir de l'argent pour maintenir le système de santé. * Le système d'assurance-maladie est une valeur unificatrice et une caractéristique particulière reconnue comme une ressource précieuse par les milieux d'affaires et qui donne à la population canadienne un sentiment important de mieux-être. * Les recommandations qui précèdent aideraient à assurer que le gouvernement fédéral joue un rôle important en établissant et maintenant des normes nationales sur les soins de santé, comme il l'a promis dans le Livre rouge. S'il donne suite à ces recommandations, le gouvernement fédéral démontrera à la population canadienne qu'il a écouté ses préoccupations au sujet du TCSPS et de l'avenir du système de soins de santé. Une contribution fédérale en argent aux soins de santé au Canada est importante pour des raisons économiques. * Les milieux d'affaires craignent de plus en plus que l'avantage concurrentiel que leur fournit le système canadien de soins de santé s'effrite. De plus, à cause de son universalité, notre système de santé ne peut être considéré comme une subvention en vertu des accords commerciaux en vigueur (p. ex., l'ALENA). ___________ 1. .Southam News/CTV/Angus Reid, Public Opinion On Government Cutbacks And The Policy Challenges Facing Canada, 27 décembre 1995. 2. . The Angus Reid Group, The Reid Report, vol. 3, no 7, juillet/août 1993 et vol. 8, no 8, septembre 1993. ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE ÉNONCÉ DE PRINCIPE TAXE SUR LES PRODUITS ET SERVICES (TPS) ENJEU La plupart des services médicaux sont considérés comme exonérés de la TPS, ce qui préoccupe vivement l'AMC. Contrairement à d'autres professionnels à leur compte, les médecins sont désavantagés parce qu'ils ne peuvent réclamer un remboursement de la TPS payée ou recevoir des crédits de taxe sur les intrants. Comme les services médicaux sont considérés comme exonérés de la taxe, les médecins doivent absorber la taxe supplémentaire payable à cause de la TPS. De plus, si le gouvernement va de l'avant avec l'harmonisation, la situation se compliquera. CONTEXTE * La TPS a été conçue comme une taxe imposée aux «consommateurs» et non aux entreprises qui fournissent des biens et des services. Les provinces paient environ 95 % des services des médecins. Les provinces ne paient pas la TPS à cause de leur exemption constitutionnelle et à la suite d'une entente conclue avec le gouvernement fédéral. Comme les services médicaux sont exonérés, le fournisseur du service doit payer la TPS qu'il ne peut recouvrer comme crédit de taxe sur les intrants. C'est pourquoi les médecins doivent payer, sur leurs intrants, une TPS qu'ils ne peuvent recouvrer. Il a été impossible d'essayer de recouvrer la TPS des gouvernements provinciaux en haussant les honoraires puisque les provinces refusent de rembourser la hausse des coûts attribuables à la TPS étant donné que la Constitution les en exonère. * Contrairement à d'autres groupes de professionnels de la médecine comme les dentistes, les médecins ne peuvent faire payer la TPS en haussant leurs honoraires. Contrairement à d'autres fournisseurs institutionnels de soins de santé comme les hôpitaux, les médecins ne recouvrent pas ces coûts supplémentaires attribuables à la TPS grâce à un mécanisme de remboursement. C'est pourquoi, comme la plupart des services médicaux sont exonérés, les médecins doivent absorber la taxe supplémentaire payable à cause de la TPS. * Comme la plupart des services médicaux sont considérés comme exonérés, on a calculé dans le cadre d'une étude indépendante que les médecins à leur compte ont dû absorber 57,2 millions de dollars de plus sous forme d'augmentation de taxe de vente (nette de la taxe de vente fédérale) par année. L'étude a été présentée au ministère des Finances. À la fin de 1995, on estime que la profession aura absorbé plus de 286 millions de dollars à cause de sa situation actuelle. * Dans son Livre rouge, le gouvernement affirme que : «Nous substituerons à la TPS un dispositif qui produira des recettes tout aussi élevées, qui sera plus juste à l'égard des consommateurs et des petites entreprises, qui sera moins un casse-tête pour les PME et qui encouragera les pouvoirs publics fédéraux et provinciaux à coopérer et à harmoniser leurs politiques fiscales». Professionnels à leur compte qui fournissent aux Canadiens des services de soins de santé de qualité, les médecins font face aux mêmes réalités financières que les autres petites entreprises. C'est pourquoi l'exonération des services médicaux est d'une injustice flagrante pour ces petites entreprises. POINT DE VUE DES MÉDECINS * Accès à des soins de santé de qualité Alors que les hôpitaux obtiennent un remboursement de 83 %, les médecins à leur compte doivent absorber le fardeau complet de la TPS sur le matériel et leurs autres achats. À cause de cet arrangement fiscal différent, de nombreux médecins quittent leur pratique communautaire pour revenir dans des établissements. C'est pourquoi la TPS a un effet défavorable sur la tendance aux soins communautaires et nuit à l'accès, pour les patients, aux médecins qui déménagent de la communauté vers les établissements. À cet égard, une bonne politique économique n'appuie pas une bonne politique de santé. * Une bonne politique de santé devrait renforcer une bonne politique économique Les hôpitaux emploient la plupart des meilleurs chercheurs médicaux du Canada. Dans le cours de leur recherche, des médecins achètent des biens et des services qui constituent des intrants à leurs activités de recherche. Comme ces médecins travaillent dans un établissement, les hôpitaux peuvent demander le remboursement de 83 % de la TPS payée sur le coût des intrants. Cependant, certains chercheurs craignent de plus en plus que la TPS que les hôpitaux peuvent recouvrer ne soit pas réinjectée dans la recherche médicale et serve à «financer» d'autres activités quotidiennes. Essentiellement, des sommes qui ont été réservées à des recherches médicales précises sont affectées à d'autres activités. Les médecins se regroupent de plus en plus en pratiques collectives. Même si cette réaction vise en partie à assurer une plus grande continuité des soins aux patients, c'est aussi une réaction à la série de décisions économiques prises dans le domaine des soins de santé. Actuellement, on estime que la TPS «coûte» de 1 500 $ à 2 000 $ par année au médecin moyen. Si les médecins pouvaient demander des crédits de taxe sur les intrants, cela leur donnerait la souplesse supplémentaire nécessaire pour embaucher d'autres personnes afin de fournir des soins de santé. Si les effets directs de la TPS sont importants et mesurables, ses effets indirects sont encore plus significatifs quoique moins quantifiables. On estime que les 55 000 médecins du Canada emploient jusqu'à 100 000 Canadiens. Compte tenu des effets disproportionnés que la TPS a sur les médecins comme employeurs, ses effets d'amortissement de l'emploi pourraient être importants. * Équité L'AMC appuie la réforme fiscale depuis des années -- à condition que ladite réforme améliore l'équité et l'efficience globales du régime fiscal du Canada. En juin 1987, par exemple, l'AMC écrivait au ministre des Finances de l'époque pour lui dire que «...l'AMC appuie fermement les objectifs de la réforme du régime fiscal et les efforts qui visent à le simplifier tout en le rendant plus équitable». Nous avons répété par la suite à plusieurs occasions l'appui que nous accordions aux objectifs généraux de la réforme fiscale : cet appui demeure plus ferme que jamais. Dans le domaine des soins de santé, les médecins à leur compte (et d'autres aussi) n'ont pas été traités par le régime de la TPS de la même façon que d'autres groupes du secteur de la santé. Par exemple, les hôpitaux reçoivent actuellement un remboursement de 83 % de la TPS payée, car on suppose que le niveau du remboursement ne les laisse pas dans une situation pire qu'elle l'était dans le régime fiscal précédent (c.-à-d. qu'ils devaient payer toute la taxe). Les médicaments prescrits sont en outre détaxés pour la même raison : on veut en assurer l'intégrité. Si l'on reconnaît que les médicaments peuvent jouer un rôle aussi important que certaines interventions médicales, pourquoi le gouvernement devrait-il établir une distinction entre les deux, en détaxant les médicaments et en exonérant les services médicaux? L'AMC RECOMMANDE... * L'AMC est d'avis qu'il y a trois façons de répondre aux préoccupations des médecins : 1) comme dans le cas du secteur MUSH (municipalités, universités, écoles et hôpitaux), les médecins obtiendraient un remboursement qui ne détériorerait pas leur situation dans le cadre du régime de la TPS; une étude indépendante indique qu'un remboursement de 69 % laisserait les médecins dans une situation d'équilibre; 2) détaxer tous les services médicaux; 3) détaxer les services médicaux financés par le gouvernement. JUSTIFICATION Les trois options ci-dessus visent à améliorer l'équité générale et à simplifier le régime fiscal. L'AMC a soumis au ministère des Finances une proposition dans laquelle elle recommande de détaxer les services de soins de santé (y compris les services médicaux) financés par les provinces. * La proposition qui vise à détaxer les services de soins de santé financés par les provinces signifie que : - les services fournis par les hôpitaux, les organismes de bienfaisance et d'autres organisations financées par les provinces seraient détaxés; - le système traiterait tous les membres de l'industrie de la même façon et serait donc plus équitable et plus simple à administrer; - l'application en cascade de la taxe disparaîtrait; - dans le contexte de la régionalisation des soins de santé au Canada, des problèmes difficiles d'interprétation (comme ce qui constitue un hôpital ou un établissement) disparaîtraient; - les services gouvernementaux ne deviendraient pas tous détaxés : seuls ceux qui sont financés par les gouvernements provinciaux le seraient; les autres continueraient d'être exonérés et le gouvernement tirerait donc des revenus de la taxe sur les intrants utilisés dans la prestation des services en question; - il resterait certains problèmes parce que certains services de soins de santé seraient détaxés et certains demeureraient exonérés; par conséquent, quiconque offrirait des fournitures détaxées et des fournitures exonérées devrait quand même répartir les intrants entre les activités commerciales et non commerciales. * Une telle proposition placerait sur un pied d'égalité fiscal tous les services de soins de santé financés par le Trésor. * La proposition ne porte pas uniquement sur les médecins à leur compte, mais elle a été formulée dans le contexte plus général des services financés par le Trésor. * La proposition vise à assurer une plus grande souplesse face à la régionalisation des services de soins de santé au Canada. * Elle renforcerait les principes d'équité et de simplicité du régime fiscal. * En résumé, l'AMC a répété sa position à maintes reprises. Voici certaines de ses principales recommandations : 1) les médecins du Canada ne devraient pas payer plus que d'autres professions dans le régime de la TPS ou de la taxe qui la remplacera; 2) toute taxe de remplacement de la TPS devrait supprimer équitablement et intégralement toutes les taxes sur les dépenses d'affaires; 3) le gouvernement devrait attribuer une grande priorité à l'intégration juste et équitable des taxes de vente provinciale et fédérale; 4) le gouvernement fédéral devrait agir en chef de file en assurant que tout régime intégré ne perpétue pas les iniquités fiscales existantes imposées aux médecins du Canada; 5) toute disposition d'une taxe de remplacement devrait renforcer les bonnes politiques de santé et économiques. ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE ÉNONCÉ DE PRINCIPE RÉGIMES ENREGISTRÉS D'ÉPARGNE-RETRAITE ENJEU L'Association médicale canadienne (AMC) est préoccupée par la capacité des Canadiens d'accumuler de l'épargne-retraite qui leur permettra de prendre leur retraite dans la dignité. CONTEXTE * Le nombre des 65 ans et plus continue d'augmenter : en 1994, ils constituaient 11,9 % de la population et ce pourcentage passera à 16 % en 2016 et à 23 % en 2041. Le nombre des moins de 18 ans est à la baisse : en 1994, ils représentaient 25 % de la population et ce pourcentage tombera à 20 % en 2016 1. Ces tendances démographiques préoccupent les gouvernements et les contribuables. Les tendances de l'emploi indiquent que de plus en plus de Canadiens travaillent à leur compte. En 1994, l'emploi indépendant représentait une part de plus en plus importante de la croissance totale de l'emploi, soit 25 %. En 1993, 35 % des membres de la population active totale avaient un emploi assorti d'un régime de pension agréé (RPA) 2. * Il semble que les Canadiens comptent de plus en plus sur eux-mêmes lorsqu'il s'agit de prévoir leurs années de retraite. Nous comprenons les préoccupations du gouvernement en ce qui a trait au système de revenu de retraite, mais l'AMC attend avec impatience que le gouvernement dévoile ses intentions au sujet des aînés et de la réforme des pensions. POINT DE VUE DES MÉDECINS * Assurer une retraite dans la dignité Les médecins du Canada traitent tous les jours des patients à la retraite et connaissent les défis que beaucoup d'entre eux doivent relever. Dans ce contexte, les médecins du Canada souhaitent que tous les Canadiens puissent atteindre un état de mieux-être financier qui leur permettra de subvenir à leurs besoins pendant la retraite. Compte tenu des tendances démographiques du Canada et de ses défis budgétaires actuels, les gouvernements doivent veiller à ce que des incitations financières convenables encouragent les Canadiens à compter davantage sur l'épargne privée. * Possibilités égales d'accumuler de l'épargne-retraite La grande majorité des médecins du Canada sont des professionnels à leur compte et n'adhèrent donc pas à un RPA d'employeur/employés. Comme beaucoup d'autres personnes, ils doivent prévoir leur retraite et la financer eux-mêmes. En vertu du principe de l'équité, les travailleurs indépendants et les employés qui comptent sur des régimes enregistrés d'épargne-retraite (REER) doivent avoir les mêmes possibilités et les mêmes incitations pour planifier leur retraite que ceux qui ont un emploi assorti d'un RPA (c.-à-d. pension acquise). * Traitement équitable de l'épargne-retraite Les créanciers peuvent saisir les REER des personnes qui peuvent avoir le malheur de déclarer faillite. C'est d'une injustice flagrante. Si une personne employée déclare une faillite personnelle, son RPA est actuellement protégé contre les créanciers, mais elle risque de perdre ses REER à ses créanciers. L'AMC RECOMMANDE... * Le gouvernement devrait chercher à instaurer l'équité entre les REER et les RPA. * Le gouvernement fédéral devrait s'abstenir de modifier le système de revenu de retraite en attendant un examen du système. * Le gouvernement fédéral devrait envisager une mesure législative qui protégerait les REER contre les créanciers. * Le gouvernement fédéral devrait envisager de relever graduellement les plafonds des placements à l'étranger dans les REER ou les RPA. À la fin d'une période précise d'augmentations graduelles, le gouvernement fédéral devrait envisager de supprimer complètement le plafond des placements à l'étranger. JUSTIFICATION * Tous les Canadiens devraient avoir une capacité égale d'accumuler de l'épargne-retraite, peu importe leur statut sur le plan de l'emploi. Si les tendances démographiques actuelles et celles de l'emploi se maintiennent, il est important de reconnaître le rôle que les REER joueront en aidant les Canadiens à vivre en bonne santé et dans la dignité longtemps après avoir quitté la population active. * Conformément aux principes de la justice et de l'équité, les régimes de revenu de retraite devraient être traités uniformément par la législation fédérale (p. ex., Loi de l'impôt sur le revenu, Loi sur la faillite). Des décisions et des stratégies de placement solides s'imposent si l'on veut permettre aux Canadiens d'accumuler de l'épargne-retraite et d'assurer la sécurité financière de leur retraite. * Étant donné la complexité du système de revenu de retraite, il ne faudrait envisager de modifier les REER et les RPA que dans le contexte d'un examen détaillé du système de pension, qui devrait comporter un exercice de consultation réfléchi, ouvert et véritable. * Le gouvernement appuie depuis dix ans l'objectif louable que constitue l'atteinte de l'équité entre les REER et les RPA. * Des experts ont assuré aux Canadiens que : «Les deux objectifs fondamentaux (de l'épargne-retraite) sont les suivants : 1) garantir un revenu de retraite de base à tous les Canadiens; 2) aider les Canadiens à éviter de voir leur niveau de vie tomber au moment où ils prennent leur retraite». * Au moment où les gouvernements continuent de réduire les services financés par l'État et encouragent une plus grande autosuffisance, il faut s'assurer que les Canadiens peuvent investir et épargner des fonds privés pour leurs années de retraite. * Les REER et les RPA sont des moyens légitimes de reporter de l'impôt qu'il ne faut pas considérer comme des moyens de l'éviter. Le revenu réservé pour la retraite devrait être imposé lorsqu'il est touché sous forme de pension. Le régime fiscal devrait encourager et aider les Canadiens à prévoir leur sécurité financière au cours de la retraite. _____________ 1. Mitchell, A. Population to hit 30 million in 1996 : Globe and Mail, 10 janvier 1996, p. B1-2. 2. Frenken, H., Exploiter les REER : L'observateur économique canadien, décembre 1995, p. 3.1-3.9. Statistique Canada, no 11-010 au catalogue. ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE ÉNONCÉ DE PRINCIPE SERVICES DE SANTÉ SUPPLÉMENTAIRES NON IMPOSABLES ENJEU L'Association médicale canadienne (AMC) craint que l'accès que les Canadiens ont aux services de soins de santé soit menacé si le traitement fiscal actuel des services de santé supplémentaires change. CONTEXTE * Environ 70 % de la population canadienne, soit 20 millions de personnes, comptent sur des services de soins de santé supplémentaires privés, complets ou partiels (p. ex., soins dentaires, médicaments, soins de la vue, soins de santé privés, etc.). Au moment où les gouvernements réduisent le niveau de financement public, le volet privé des dépenses de la santé est à la hausse. Les Canadiens commencent à compter de plus en plus sur les services des assureurs privés. Dans le contexte du financement des services de santé qui demeurent publics, le gouvernement ne peut porter encore un autre coup aux particuliers et aux entreprises du Canada en taxant les services mêmes pour lesquels ils ont perçu des impôts. * À cause de l'évolution de la technologie et de la gestion des soins de santé, la durée des séjours à l'hôpital a diminué et l'on compte de plus en plus sur des technologies de santé coûteuses. Beaucoup de ces services sont couverts par des régimes privés de soins de santé supplémentaires, surtout lorsque des personnes sont libérées de l'hôpital (p. ex., médicaments, soins à domicile et soins de santé). POINT DE VUE DES MÉDECINS * L'accès à des services de soins de santé de qualité : la première priorité Rendre imposables des services de santé supplémentaires qui ne le sont pas peut contribuer à réduire l'accès aux soins et, peut-être, accroître les coûts de ces régimes tout en réduisant les services fournis par les programmes financés par le Trésor. * Une bonne politique fiscale devrait appuyer une bonne politique de santé Les services de santé supplémentaires non imposables constituent une bonne politique fiscale qui sert à renforcer une bonne politique de santé. Cette incitation favorise la mise en commun des risques, ce qui réduit le coût total des primes des régimes de services de santé supplémentaires. * Une équité fondamentale dans le régime fiscal Il faudrait favoriser et accroître les incitations qui donnent accès à un large éventail de services de santé de qualité (autres que ceux qui sont financés par le Trésor) pour y inclure tous les Canadiens. L'AMC RECOMMANDE... * Que soit maintenue la politique actuelle du gouvernement fédéral en ce qui a trait aux services de santé supplémentaires non imposables liés à l'emploi. JUSTIFICATION * Si les services de santé supplémentaires deviennent imposables, il est probable que les jeunes en bonne santé choisiront une rémunération en argent au lieu de payer des impôts pour des services qu'ils ne reçoivent pas. Les primes payées par l'employeur augmenteraient à la suite de cet exode pour compenser le coût supplémentaire du maintien des niveaux de service parce que la capacité de mise en commun des risques diminuerait. * Il faut féliciter le gouvernement fédéral de la décision qu'il a prise ces dernières années de maintenir le statut non imposable des services de santé supplémentaires. Cette décision est un exemple de l'engagement qu'a pris le gouvernement fédéral de maintenir une bonne politique fiscale à l'appui d'une bonne politique de santé. Le gouvernement fédéral devrait étudier des possibilités et des incitations qui rendraient les services de santé supplémentaires accessibles à tous les Canadiens. * Sur le plan de l'équité, il semblerait injuste de pénaliser 70 % des Canadiens en imposant les services de santé supplémentaires pour les placer sur le même pied que les 30 % restants. Il serait préférable de créer des incitations afin de permettre aux 30 % des Canadiens qui restent d'obtenir des services semblables liés au statut fiscal des services de santé supplémentaires. ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE ÉNONCÉ DE PRINCIPE PROGRAMME NATIONAL DE RECHERCHE ET D'INNOVATION EN SANTÉ ENJEU L'Association médicale canadienne (AMC) est d'avis que le système de santé doit respecter et favoriser l'éducation et la recherche en médecine. L'AMC est d'avis aussi qu'il faut insister davantage sur la recherche relative à la réforme du système de santé et à son effet sur la santé des Canadiens. Compte tenu de l'ampleur du changement, il faut maintenant en évaluer l'impact avant de procéder à toute autre réforme. CONTEXTE * Le Canada vit des changements rapides et importants liés à la réforme des soins de santé qui demeure une priorité à tous les paliers du gouvernement. Ce contexte présente au gouvernement fédéral une occasion unique de financer une stratégie nationale concertée d'évaluation de la réforme de la santé jusqu'à maintenant. * Dans l'ensemble, l'AMC continuerait d'encourager le gouvernement à protéger les fonds réservés aux activités de recherche. POINT DE VUE DES MÉDECINS * Améliorer la qualité des soins de santé : notre première priorité Pour toutes sortes de raisons, l'AMC et les médecins expriment plus vigoureusement depuis un an leurs préoccupations au sujet de l'avenir de la santé et de la viabilité du système de soins de santé. La réforme a été rapide, et le changement, profond. Il faut évaluer ce qui s'est fait. Dans ce contexte, les médecins du Canada répètent qu'il faut favoriser la recherche en santé et en médecine. * Politique relative à la recherche sur la santé à l'appui de la politique économique L'établissement d'un programme de recherche en médecine et en services de santé aidera à attirer et à garder au Canada des chercheurs de calibre mondial. Ce type de recherche sur le secteur de la technologie de la santé peut avoir des retombées favorables sur l'économie -- en créant une demande d'emplois hautement qualifiés et en augmentant les exportations de biens et de services de haute technologie et à valeur ajoutée. L'AMC RECOMMANDE... * Que le gouvernement fédéral maintienne son engagement envers la recherche sur l'éducation en médecine, sur la science biomédicale et sur les services de santé. * Que le gouvernement fédéral fournisse du financement pour une initiative nationale d'évaluation des réformes de la santé. JUSTIFICATION * Il ne faudrait pas modifier le système canadien de soins de santé, considéré comme un exemple partout dans le monde, sans une solide stratégie d'évaluation. Cependant, compte tenu du financement limité mis à la disposition des chercheurs en santé et des analystes des politiques de santé, cet aspect de la réforme des soins de santé est souvent négligé ou, tout au plus, reconnu pour la forme. Il ne faut pas entreprendre de réformes générales sans analyser les retombées qu'elles auront sur la qualité des soins de santé fournis aux Canadiens. * Il est dans le meilleur intérêt du gouvernement de voir à ce que les changements ne se poursuivent pas dans le système de soins de santé sans qu'on évalue les retombées qu'ils auront sur l'accès à des services de santé de qualité pour les Canadiens. Une fois le cap fixé, il pourrait être impossible de faire demi-tour. ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE ÉNONCÉ DE PRINCIPE TAXES SUR LE TABAC ENJEU L'Association médicale canadienne (AMC) craint que la réduction de la taxe fédérale sur les cigarettes en 1994 ait un effet important et freine la chute du tabagisme dans la population canadienne et surtout chez les plus jeunes (15 à 19 ans). CONTEXTE * Afin d'essayer de lutter contre la contrebande de cigarettes au Canada, le gouvernement fédéral annonçait, au début de 1994, une réduction de 5 $ la cartouche de la taxe fédérale sur les cigarettes. Il a en outre offert aux provinces qui baisseraient leurs taxes une réduction supplémentaire équivalente pouvant aller jusqu'à 5 $ la cartouche. * À peu près en même temps, afin d'essayer de contrer les effets de la réduction de la taxe, le gouvernement a annoncé des efforts accrus afin de réduire l'accessibilité des produits du tabac, surtout pour les mineurs. Il a lancé aussi en février 1994 la Stratégie de réduction de la demande de tabac. POINT DE VUE DES MÉDECINS * Le tabagisme est la principale cause évitable de mort prématurée au Canada. Les estimations les plus récentes indiquent que le tabagisme joue un rôle direct dans plus de 40 000 décès par année. * Les médecins craignent que la réduction des taxes sur le tabac risque de détruire plus de deux décennies de progrès réalisés dans la réduction du tabagisme. À la suite d'une étude de quatre sondages démographiques et de données sur la consommation de tabac, un atelier convoqué par Santé Canada en 1994 a conclu qu'en toute probabilité, la prévalence du tabagisme dans la population canadienne a continué de diminuer de 1991 à 1993, mais que la tendance a fait volte face en 1993 et s'est redressée de 1993 à 1994 1. * Les effets du tabagisme sur les non-fumeurs préoccupent énormément l'AMC. Plus de 20 % des Canadiens ont un problème de santé comme une cardiopathie ou une maladie respiratoire aiguë qu'aggrave l'exposition secondaire à la fumée de tabac. L'AMC RECOMMANDE * Il y a longtemps que l'AMC appuie l'imposition, sur les produits du tabac, d'une taxe qui en découragera l'achat et dont le revenu serait réservé aux budgets des soins de santé 2. * L'AMC a aussi recommandé au gouvernement fédéral (en 1994) d'instaurer une taxe fédérale de protection de la santé (taxe spéciale) sur toutes les cigarettes canadiennes au point de fabrication, peu importe leur point de vente final. * L'AMC a aussi cosigné, avec huit autres organisations nationales des secteurs de la médecine et de la santé, le mémoire intitulé Les taxes sur le tabac au Canada : Orientations nouvelles, qui a été présenté à l'honorable Paul Martin en février 1995 et contient huit recommandations au sujet du rétablissement des taxes sur le tabac, de l'appui de la Stratégie de réduction de la demande de tabac et des taxes sur l'industrie du tabac. JUSTIFICATION * Le gouvernement a fait, dans le cadre de campagnes de promotion de la santé et de lutte contre le tabac, des efforts qu'il a poursuivis dans la Stratégie de réduction de la demande de tabac. ______________ 1. Stephens, T. Rapport d'atelier : tendances dans la prévalence du tabagisme, 1991-1994. Maladies chroniques au Canada 1995; 16(1) : 27-31. 2. Association médicale canadienne. Le tabagisme et la santé : mise à jour de 1991. Journal Assoc. Med. Can. 1991; 142(2) : 232A-232B.
Documents
Moins de détails

La gestion de la fatigue chez les médecins

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11127
Dernière révision
2019-03-03
Date
2014-05-24
Thèmes
Ressources humaines du secteur de la santé
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Dernière révision
2019-03-03
Date
2014-05-24
Thèmes
Ressources humaines du secteur de la santé
Text
Les systèmes de santé de différents pays s'efforcent tant bien que mal à répondre le mieux possible aux besoins de leurs populations en matière de santé. Les chefs de file de la santé affirment qu'il est urgent d'améliorer l'expérience individuelle des soins et la santé des populations, et d'optimiser le rendement des investissements. Les médecins sont d'accord - ils cherchent constamment à offrir de meilleurs soins à leurs patients. En même temps, des préoccupations issues d'études portant sur des événements indésirables ont été soulevées au cours des deux dernières décennies. L'incidence d'événements indésirables en milieu hospitalier de soins actifs a été signalée aux États-Unis (É.-U.)1,2,3, en Australie4, au Royaume-Uni5 et au Canada6. Une proportion de 5 % à 20 % des patients hospitalisés subissent au moins un événement indésirable, et de 36,9 % à 51 % de ces événements sont évitables. Les événements indésirables coûtent au système de santé, aux patients et à l'ensemble de la collectivité des milliards de dollars en séjours hospitaliers supplémentaires et autres frais7. Leape et coll. affirment que plus des deux tiers des événements indésirables pourraient être évités8. Ces résultats ont incité les décideurs, les responsables des politiques et les fournisseurs de soins de santé à examiner les facteurs contributifs, notamment la complexité de plus en plus grande du système de santé et ses répercussions sur le mieux-être des fournisseurs. La sécurité des patients et le mieux-être des médecins sont les déterminants clés des restrictions imposées aux heures de garde des résidents et des médecins dans le but de réduire leur fatigue. La Directive européenne sur le temps de travail (DETT) a été instaurée en 1993 pour fixer des limites aux heures de tous les travailleurs d'Europe sous l'égide des lois sur la santé et la sécurité. Cette directive englobait les médecins, mais excluait les médecins en formation. Une nouvelle directive a ensuite été adoptée en 2000 pour inclure le groupe des " nouveaux médecins ". Elle était accompagnée d'une exigence selon laquelle tous les systèmes de santé de l'Union européenne devaient limiter le travail des médecins résidents, avant 2010, à une moyenne hebdomadaire maximale de 48 heures. Cette nouvelle directive visait à améliorer la vie professionnelle des médecins en formation et à accroître la sécurité des patients. Un examen systématique de l'incidence de la DETT sur la formation médicale postdoctorale, la sécurité des patients et les résultats cliniques a permis de constater que les études effectuées étaient de mauvaise qualité et contenaient des résultats contradictoires9. En 2003, l'Accreditation Council for Graduate Medical Education (ACGME) des É.-U. a adopté un ensemble de règlements sur les heures de garde pour les médecins en formation. L'ACGME a diffusé des règlements révisés qui sont entrés en vigueur en juillet 2011, pour refléter les recommandations d'un rapport de 2008 de l'Institute of Medicine sur les heures de garde des médecins résidents (Resident Duty Hours: Enhancing Sleep, Supervision, and Safety), qui demandait l'élimination des quarts de travail prolongés (de plus de 16 heures) pour les résidents de première année, l'augmentation du nombre de jours de congé, l'amélioration de l'hygiène du sommeil par la diminution du service de nuit et l'augmentation du nombre de pauses de repos, et l'augmentation de la supervision effectuée par des médecins plus expérimentés10. Le rapport de l'Institute of Medicine fonde ses recommandations sur le corpus croissant des travaux de recherche qui associent la fatigue clinique et l'erreur médicale. En 2013, le Comité directeur national sur les heures de travail des résidents a publié le premier rapport exhaustif, collectif et factuel canadien sur la fatigue et les heures de garde d'environ 12 000 médecins résidents du Canada. Le Comité souligne le fait qu'une approche exhaustive est nécessaire pour améliorer les résultats en matière de sécurité et de mieux-être. La gestion des risques liés à la fatigue ressort de façon prédominante des recommandations. Des systèmes de gestion de la fatigue sont en place dans d'autres secteurs et industries qui ont un faible seuil de tolérance pour les résultats indésirables, notamment l'aviation, les transports et le ministère de la Défense nationale. En 2010, l'Association des infirmières et infirmiers du Canada a publié l'énoncé de position Prendre des mesures contre la fatigue des infirmières qui aborde les responsabilités des infirmières et infirmiers autorisés aux niveaux du système de santé, des organisations et des individus. À l'heure actuelle, il n'y a pas de politiques précises au Canada sur la gestion de la fatigue des médecins en exercice. Étant donné le caractère hétérogène de l'exercice de la médecine (c.-à-d. les diverses spécialités) et des contextes d'exercice (c.-à-d. rural et éloigné ou urbain, clinique ou hospitalier, etc.), les solutions découlant d'une politique de gestion de la fatigue peuvent être différentes - c'est-à-dire qu'il n'y a pas de solution universelle. Incidence de la fatigue des médecins Sécurité des patients La privation de sommeil (c'est-à-dire l'état de manque de sommeil) peut être chronique ou aiguë. Elle nuit à la performance cognitive et comportementale. " Le sommeil est essentiel à la consolidation de l'apprentissage et à l'exécution optimale des tâches cognitives. Les études sur la privation de sommeil ont démontré qu'une nuit sans sommeil a un effet négatif sur l'exécution de certaines fonctions cognitives supérieures du cortex préfrontal et qu'elle peut causer des déficits d'attention, de mémoire, de jugement et de la capacité à résoudre des problèmes " (p. 1841)11. Une étude novatrice effectuée par Williamson et Feyer a permis de constater qu'après une période de 17 à 19 heures sans sommeil, la performance à certaines épreuves cognitives et de performance motrice était équivalente ou inférieure à celle d'une personne ayant un taux d'alcoolémie de 0,05 %12. Un état de veille de 24 heures est équivalent à un taux d'alcoolémie de 0,10 %13. Un état chronique de privation de sommeil peut entraîner la fatigue, c'est-à-dire un sentiment subjectif de lassitude, de manque d'énergie et d'absence de motivation. De nombreuses recherches ont établi des liens entre la privation de sommeil ou la fatigue, la performance et les résultats indésirables pour les patients, particulièrement dans le groupe des médecins résidents14,15,16,17,18,19,20,21,22,23,24. Les publications traitant de l'incidence de la fatigue sur la performance signalent toutefois des variations qui dépendent d'un certain nombre de facteurs. Il y a d'importantes différences entre les personnes pour ce qui est de la réaction globale au manque de sommeil, de même que d'importantes variations chez une même personne de la mesure dans laquelle les différents domaines de comportements neurologiques sont touchés (p. ex., la vigilance, la somnolence subjective et la performance cognitive). Les différences entre les personnes ne sont pas une simple conséquence des différentes habitudes de sommeil. Elles relèvent plutôt d'une différente vulnérabilité à l'affaiblissement des facultés causé par le manque de sommeil25, apparentée à un trait physiologique. Les données probantes indiquent un lien non concluant entre les réductions des heures de garde (principalement celles appliquées aux É.-U.) et la sécurité des patients, ce qui laisse entendre que les restrictions appliquées aux heures de travail consécutives n'ont pas eu l'effet escompté sur ce résultat essentiel26. Plusieurs grandes études ont révélé que la mise en œuvre des limites de l'ACGME concernant les heures de travail aux É.-U. n'avait que légèrement amélioré le taux de mortalité des patients et les autres paramètres cliniques ou avait eu un effet neutre27,28,29,30. Dans les systèmes de santé complexes et en constante évolution, il est difficile d'isoler l'incidence de la limitation des heures de travail. La recherche sur les effets de la privation de sommeil et des quarts de travail prolongés des médecins en exercice sur les résultats cliniques est limitée et non concluante31,32. La fatigue chez les médecins est une question complexe qui dépend de bien d'autres facteurs que les heures de garde. D'autres facteurs contributifs influent sur le rendement, notamment les habitudes de travail, la réaction individuelle au manque de sommeil, l'expérience du travailleur, le contexte dans lequel la privation de sommeil se produit, les heures réelles de sommeil, le volume de patients, le roulement des patients et la lourdeur des cas, les facteurs environnementaux, les facteurs de stress personnels, la charge de travail, etc. La limitation des heures de travail à elle seule n'est pas suffisante pour contrer la privation de sommeil chez les médecins. Les périodes de sommeil réduites ou perturbées, un plus grand nombre de jours consécutifs ou de nuits consécutives au travail, la variabilité des quarts de travail et le volume de travail augmentent tous la fatigue et peuvent donc contribuer aux erreurs médicales. L'une des plus grandes préoccupations relatives à une stratégie de gestion de la fatigue réside dans la continuité des soins, liée au nombre de transferts des soins d'un patient entre fournisseurs. Les transferts de soins augmentent inévitablement lorsqu'on tente de limiter les heures de travail33,34. Les transferts sont considérés comme des moments critiques pour la continuité du soin des patients, et il a été établi qu'ils sont une source importante d'erreurs en milieu hospitalier, erreurs souvent liées à une mauvaise communication. De plus en plus de publications documentent la façon de bien effectuer ces transferts et la façon de bien enseigner les démarches de transfert. Cette aptitude est importante pour les médecins dans le contexte d'une stratégie de gestion de la fatigue : " La normalisation du processus de transfert a été liée à une réduction du nombre des erreurs liées aux transferts d'information. Il a en outre été établi que des mécanismes efficaces pour le transfert de l'information aux points de transition favorisent la sécurité des patients "35. Mieux-être des fournisseurs*** Le mieux-être (physique, mental et professionnel) des fournisseurs est lié au rendement du système et aux résultats pour les patients. La fatigue et les habitudes de travail, y compris les quarts de nuit et les heures de travail prolongées, ont une incidence sur ce mieux-être. Des analyses systématiques exhaustives des effets du travail de garde sur la santé effectuées en 2004 ont montré que le travail de nuit perturbait la structure du sommeil, aggravait les troubles médicaux sous-jacents et augmentait le risque de troubles cardiovasculaires, gastro-intestinaux et génésiques36,37,38. D'autres recherches révèlent que les travailleurs de quarts courent un risque élevé de développer le cancer du sein39,40, le cancer de la prostate41, le cancer colorectal42, l'asthme43, le diabète44 et l'épilepsie45. On pense que la perturbation des rythmes circadiens du corps est principalement à l'origine des effets néfastes du travail par quarts sur la santé, particulièrement lorsque les horaires de travail comprennent des heures de nuit. Étant donné qu'un horaire de travail de 24 heures est inévitable dans diverses industries, notamment les soins de santé, les chercheurs ont évalué divers horaires de quarts de travail conçus pour réduire certains des effets négatifs du travail de nuit sur la santé. Les horaires de travail optimaux sont conformes le plus possible au rythme circadien, favorisent l'adaptation du rythme circadien au travail par quarts, reflètent les besoins et les préférences des travailleurs, et répondent aux exigences de l'organisation ou de la productivité. Les interventions suivantes semblent avoir le plus d'effets bénéfiques sur la santé des travailleurs de quarts46 : * les changements d'horaire, y compris le changement du sens de la rotation (du sens antihoraire au sens horaire), des quarts de travail de 8 heures aux quarts de travail de 12 heures, et des conditions de travail flexibles, l'autoplanification et des principes ergonomiques de planification des quarts; * l'exposition contrôlée à la lumière naturelle et artificielle; * les approches comportementales comme l'activité physique, les siestes périodiques et l'information sur les stratégies de sommeil; * l'utilisation de la pharmacothérapie (c.-à-d. la caféine et la mélatonine) pour favoriser le sommeil, l'état d'éveil, ou l'adaptation. La privation de sommeil et les quarts de travail de garde semblent systématiquement liés à une détérioration de l'humeur qui entraîne la dépression, la colère, l'anxiété, l'hostilité et la diminution de la vigilance47,48,49. Une étude canadienne a révélé que les travailleurs de quarts signalaient beaucoup plus souvent l'épuisement professionnel ou émotionnel, le stress professionnel et des problèmes de santé psychosomatiques (p. ex., maux de tête, maux d'estomac, difficulté à trouver le sommeil) que les travailleurs qui avaient un horaire normal de jour50. Les heures de garde prolongées des médecins résidents peuvent contribuer aux problèmes de couple, aux complications de grossesse, à la dépression, au suicide et à la toxicomanie51, ainsi qu'à d'importants conflits avec les médecins traitants, d'autres résidents et les infirmières et infirmiers, en plus d'augmenter la consommation d'alcool et d'accroître l'incidence des comportements contraires à l'éthique52. Toutefois, il est étonnant de constater que l'abolition des périodes de garde continue de 24 heures pour des résidents en chirurgie générale dans un établissement du Québec a été associée à une moins bonne qualité de vie autodéclarée53. Contrairement à d'autres recommandations sur les avantages pour la santé des quarts de huit heures, le risque d'incidents liés à la sécurité au travail augmente considérablement après plus de huit heures de garde. Le risque dans la douzième heure correspond pratiquement au double du risque dans la huitième heure (et à plus du double de la moyenne de risque pour les huit premières heures de garde)54. Les périodes prolongées de travail et le travail de nuit des internes sont associés à un risque accru de signalement de lésions percutanées55. On déclarait plus fréquemment que la fatigue avait contribué aux blessures de nuit qu'aux blessures de jour. On citait aussi plus fréquemment la fatigue comme facteur contribuant aux lésions percutanées qui se produisaient après une période prolongée par rapport aux blessures qui se produisaient après une période de travail normale56. D'autres recherches ont révélé que les résidents étaient plus exposés aux agents pathogènes à diffusion hématogène contractés par piqures d'aiguille ou coupures durant les périodes de garde de nuit57. Les établissements de soins de santé où travaillent les médecins ont un rôle à jouer pour soutenir et favoriser le mieux-être des fournisseurs de soins; ils doivent notamment réunir les conditions qui favorisent le prolongement et le maintien de la résilience, comme des aliments nutritifs, des salles de garde, un nombre approprié d'employés, des remplaçants, etc. Ils ont aussi un rôle à jouer dans un travail de collaboration avec les médecins pour veiller à ce que les horaires de garde n'imposent pas une charge de travail qui empêcherait les médecins de fournir des soins sécuritaires aux patients et qui nuirait à la couverture des services. À titre d'exemple, la recherche auprès des médecins d'urgence indique qu'une sieste effectuée à 3 h du matin améliore le rendement des médecins et des infirmières à 7 h 30 comparativement à l'absence de sieste, même si la mémoire était temporairement moins bonne immédiatement après la sieste58. La résilience individuelle, les différences intergénérationnelles, les problèmes liés à la maladie ainsi que les engagements familiaux doivent aussi être pris en compte. Il faudrait encourager les médecins à prendre le temps nécessaire pour se reposer et se remettre pendant leurs congés. L'obligation qui incombe aux médecins de fournir des soins après les heures normales de travail est inévitable et devrait être prise en compte lorsqu'une personne choisit une carrière en médecine, et lorsqu'un médecin gère son horaire de travail ou de garde. Une analyse de 100 études réalisées partout dans le monde indique que la culture de la médecine contribue au fait que les médecins ignorent les signes avertisseurs de la fatigue et du stress et, dans de nombreux cas, souffrent de troubles non diagnostiqués comme le stress et la dépression ou l'épuisement professionnel59. Les auteurs suggèrent que la culture de la médecine est telle que les médecins ont l'impression qu'ils n'ont pas besoin d'aide; ils voient d'abord à l'intérêt de leurs patients. Parmi les 18 % des médecins canadiens chez qui on a reconnu une dépression, seulement un quart avait envisagé obtenir de l'aide et seulement 2 % avaient demandé de l'aide. Le rapport donne à penser que l'épuisement professionnel résultant de longues heures de travail et de la privation de sommeil en raison d'un manque de personnel semble être le plus grand problème à l'échelle mondiale60. L'Association canadienne de protection médicale (ACPM) affirme que les médecins devraient tenir compte de leur niveau de fatigue et de leur aptitude clinique à fournir le traitement ou les soins61. La fatigue n'est pas un signe de faiblesse. Tous les membres de l'équipe des soins devraient appuyer leurs collègues en reconnaissant et en gérant la privation de sommeil et la fatigue. La fatigue des médecins comporte plusieurs dimensions éthiques. Le Code de déontologie de l'Association médicale canadienne stipule que les médecins ont l'obligation déontologique de gérer eux-mêmes leur fatigue et leur mieux-être62. Toutefois, les médecins doivent être formés et compétents pour reconnaître leurs propres limites et évaluer leur propre niveau de fatigue et de mieux-être. Le système doit ensuite appuyer les médecins qui reconnaissent leurs limites. La doctrine du consentement éclairé est une autre dimension de la fatigue des médecins. Si la fatigue des médecins est un risque ajouté pour tout aspect des soins aux patients, qu'il s'agisse de soins chirurgicaux ou médicaux, de soins électifs ou d'extrême urgence, certains ont affirmé que par conséquent, en vertu de la doctrine du consentement éclairé, les médecins ont l'obligation d'informer les patients de ce risque63,64. " Les considérations d'ordre médico-légal pour les médecins se fondent sur l'obligation éthique d'agir dans le meilleur intérêt des patients. Cela peut signifier que si un médecin croit que son horaire de garde met en danger ses patients ou a des répercussions négatives sur le soin des patients, il doit prendre des mesures raisonnables pour veiller à ce que le patient n'en souffre pas et à ce qu'il soit lui-même capable de continuer de fournir un niveau adéquat de soins aux patients65. " Rendement du système L'application de solutions à la fatigue des médecins peut avoir des répercussions sur l'effectif. La charge de travail des médecins a de multiples facettes qui englobent les activités cliniques, la recherche, l'éducation et les activités administratives. Si la charge de travail ou les heures de garde des médecins sont réduites, toutes ces activités peuvent en subir les effets. On a avancé que la mise en œuvre de stratégies de gestion de la fatigue, comme le plafonnement de la charge de travail des médecins, pourrait entraîner un plus grand besoin de médecins et accroître les coûts du système. Toutefois, de nouveaux modèles de prestation des soins en équipe qui intègrent la technologie, réduisent la redondance, utilisent une approche axée sur l'équipe et optimisent le rôle du médecin, offrent l'occasion de mieux gérer la fatigue des médecins sans nécessairement exiger un plus grand nombre de médecins. D'autres stratégies doivent aussi être explorées pour améliorer l'efficience des médecins sur le terrain. Certaines des stratégies visant à lutter contre la privation de sommeil ou la fatigue des médecins en exercice, comme les changements d'horaire et la charge de travail réduite, peuvent avoir un effet sur l'accès aux soins, notamment les temps d'attente. Les chirurgiens et d'autres intervenants pourraient être forcés d'annuler des chirurgies ou d'autres interventions en raison de la fatigue et des heures de travail, et exiger le report des chirurgies ou interventions, ce qui risquerait d'accroître les temps d'attente. Cette dimension est particulièrement pertinente étant donné la grande superficie géographique du Canada et la répartition variable des médecins. Par conséquent, les stratégies adoptées pour lutter contre la privation de sommeil ou la fatigue des médecins doivent être flexibles afin de refléter l'éventail de types d'exercice et de contextes qui existent dans le pays, en particulier dans les cas où le médecin travaille seul, dans les localités rurales, éloignées et isolées, dans les sites communautaires, etc. Il en va de même pour les plus petites spécialités, comme on l'a observé au Royaume-Uni au moment de la mise en œuvre de la DETT. La gestion de la fatigue est une compétence qui doit être enseignée, modélisée, encadrée et évaluée à l'échelle du continuum de l'éducation médicale, de l'étudiant en médecine au médecin en exercice. Recommandations 1. Renseigner les médecins au sujet des effets du manque de sommeil et de la fatigue sur l'exercice de la médecine et sur leur santé, et sur la façon de reconnaître et de gérer ces effets. 2. Créer une " boîte à outils " nationale sur la prise de conscience de soi, contenant des stratégies et des techniques de gestion de la fatigue. 3. Promouvoir l'intégration de la gestion de la fatigue dans le continuum de l'éducation médicale. 4. Promouvoir l'instauration de facteurs habilitants dans le système en préservant la flexibilité pour : * examiner la charge de travail globale des médecins (activités cliniques, formation, activités administratives, recherche, etc.); * optimiser les horaires pour coordonner les périodes de garde et autres soins aux patients après les périodes de garde; * mettre en œuvre des plans de gestion des risques liés à la fatigue à l'échelle de l'organisation ou de l'établissement. 5. Élaborer et promouvoir la mise en œuvre de protocoles normalisés de transfert du soin des patients. 6. Perfectionner et réaffirmer en médecine une culture des soins axés sur les patients. 7. Réaffirmer une réorientation de la culture médicale qui englobe le mieux-être des médecins. 8. Encourager les médecins qui traitent des médecins à être conscients des facteurs aggravants de la fatigue sur le mieux-être des médecins et l'exercice de la médecine. Conclusion Les médecins veulent savoir comment ils peuvent répondre le mieux possible aux besoins de la population, en améliorant continuellement les soins fournis à la population canadienne. Pour ce faire, ils doivent aussi prendre soin d'eux-mêmes et gérer notamment les effets du manque de sommeil et de la fatigue. Cet enjeu complexe nécessite des solutions à multiples facettes. Les stratégies doivent contrer la fatigue des médecins au niveau individuel, de même qu'aux niveaux de l'organisation, de l'établissement et du système de santé. Références 1 Leape, LL, Brennan, TA, Laaird, N, Lawthers, AG, Logalio, AR, Barnes, BA et coll. (1991).The nature of adverse events in hospitalized patients. New England Journal of Medicine 324(6):377-384 2 Brennan, TA, Leape, LL, Nan, M, et coll. (1991). Incidence of adverse events and negligence in hospitalized patients: Results of the Harvard Medical Practice Study I. New England Journal of Medicine 324:370-376. 3 Thomas, E., Studdert, D., Burstin, H., et coll. (2000). Incidence and types of adverse events and negligent care in Utah and Colorado. Medical Care 38(3):261-71. 4 Wilson, RL, Runciman, WB, Gibberd, RW, et coll. (1995). The Quality in Australian Health Care Study. Medical Journal of Australia 163:458-471. 5 Vincent, C, Neale, G, & Woloshynowych, M. (2001). Adverse events in British hospitals: preliminary retrospective record review. British Medical Journal 322:517-9. 6 Baker, G., Norton, P., Flintoft, V., Balis, R., Brown, A., Cox, J., et coll. (2004). The Canadian adverse event study: the incidence of adverse events among hospitalized patients in Canada. Canadian Medical Association Journal, 170(11):1678-1686. 7 Jeffs, L., Law, M., Baker, G., et Norton, P. (2005). Patient Safety Research in Australia, United Kingdom, United States and Canada: A Summary of Research Priority Areas, Agenda-Setting Processes and Directions for Future Research in the Context of their Patient Safety Initiatives. Consulté ici : http://www.patientsafetyinstitute.ca/English/news/eventProceedings/Documents/2005%20Research%20Retreat%20-%20Patient%20Safety%20Research%20Backgrounder%20Paper.pdf 8 Leape, L., Brennan, T., Laaird, N., Lawthers, A., Logalio, A., Barnes, B. et coll. (1991). The nature of adverse events in hospitalized patients. New England Journal of Medicine 324 (6):377-384. 9 Moonesinghe, S., Lowery, J., Shahi, N., Millen, A., et Beard, L. (2011). Impact of reduction in working hours for doctors in training on postgraduate medical education and patients' outcomes: systematic review. BMJ 342:d1580. 10 Ulmer, C., Wolman, D., et Johns, M. (s.l.d.) Committee on Optimizing Graduate Medical Trainee (Resident) Hours and Work Schedule to Improve Patient Safety, Institute of Medicine. (2008). Resident Duty Hours: Enhancing Sleep, Supervision, and Safety. Washington (DC) : The National Academies Press. 11 Krueger, K. et Halperin, E. (2010). Perspective: Paying Physicians to Be On Call: A Challenge for Academic Medicine. Academic Medicine 85 (12); 1840-1844. 12 Williamson, A. et Feyer, A. (2000). Moderate Sleep Deprivation Produces Impairments in Cognitive and Motor Performance Equivalent to Legally Prescribed Levels of Alcohol Intoxication. Occupational and Environmental Medicine 57:649-655. 13 Dawson, D. et Reid, K. (1997). Fatigue, Alcohol and Performance Impairment. Nature 388: 235. 14 Arnedt, J., Owens, J., Crouch, M., et coll. (2005). Neurobehavioral Performance of Residents After Heavy Night Call vs After Alcohol Ingestion. Journal of American Medical Association 294(9): 1025-33. 15 Howard, S., Gaba, D., Smoth, B., et coll. (2003). Simulation Study of Rested Versus Sleep-deprived Anesthesiologists. Anesthesiology 98:1345-1355 16 Philbert, I. (2005). Sleep Loss and Performance in Residents and Nonphysicians: A Meta-analytic Examination. Sleep 28: 1392-1402. 17 Lockley, S., Barger, L., Ayas, N., Rothschild, J., Czeisler, C. et coll. (2007). Effects of Health Care Provider Work Hours and Sleep Deprivation on Safety and Performance. The Joint Commission Journal on Quality and Patient Safety 3(11): 7-18. 18 Eastridge, B., Hamilton, E., O'Keefe, G., Rege, R., Valentine, R. et coll. (2003). Effect of sleep deprivation on the performance of simulated laproscopic surgical skill. The American Journal of Surgery 186: 169-174 19 Taffinder, N., McManus, I., Hul, Y., Russell, R., et Darzi, A. (1998). Effect of Sleep Deprivation on Surgeon's Dexterity on Laparsoscopy Simulator. The Lancet 352: 1191. 20 Rothschild, J., Keohane, C., Rogers, S., et coll. (2009). Risks of Complications by Attending Physicians After Performing Nighttime Procedures. JAMA 302:1565-72. 21 Lockley, S., Cronin, J., Evans, E., Cade, B., Lee, C., et coll. (2004). Effect of Reducing Interns' Weekly Work Hours on Sleep and Attentional Failures. N Engl J Med 351: 1829-1837. 22 Landrigan, C., Rothschild, J., Cronin, J., Kaushal, R., Burdick, E., et coll. (2004). Effect of Rreducing Interns' Work Hours on Serious Medical Errors in Intensive-care Units. N Engl J Med 351: 1838-1848. 23 Barger, L., Ayas, N., Cade, B., Cronin, J., Rosner, B., et coll. (2006). Impact of Extended-Duration Shifts on Medical Errors, Adverse Events, and Attentional Failures. PLoS Med 3(12):2440-2448. 24 Landrigan, C., Rothschild, J., Cronin, J., et coll. (2004). Effect of Reducing Interns' Work Hours on Serious Medical Errors in Intensive Care Units. New England Journal of Medicine 351:1838-48. 25 Van Dongen, H., Baynard, M., Maislin, G., et coll. (2004). Systematic interindividual differences in neurobehavioral impairment from sleep loss: evidence of a trait-like differential vulnerability. Sleep 27:423-433. 26 Philibert,I., Nasca, T., Brigham, T., et Shapiro, J. (2013). Duty-Hour Limits and Patient Care and Resident Outcomes: Can High-Quality Studies Offer Insight into Complex Relationships? Annu. Rev. Med 64: 467-83. 27 Volpp, K., Rosen, A., Rosenbaum, PR., et coll. (2007). Mortality Among Hospitalized Medicare Beneficiaries in the First 2 Years Following the ACGME Resident Duty Hour Reform. JAMA 298:975-983. 28 Volpp, K., Rosen, A., Rosenbaum, P., et coll. (2007). Mortality Among Patients in VA Hospitals in the First 2 Years Following ACGME Resident Duty Hour Reform. JAMA 298(9):984-992. 29 Antiel, R., Reed, D., Van Arendonk, K., Wightman, S., Hall, D., Porterfield, J., et coll. (2013). Effects of Duty Hour Restrictions on Core Competencies, Education, Quality of Life, and Burnout Among General Surgery Interns. JAMA Surg 148(5):448-455. 30 Drolet, B., Sangisetty, S., Tracy, T., et Cioffi, W. (2013). Surgical Residents' Perceptions of 2011 Accreditation Council for Graduate Medical Education Duty Hour Regulations. JAMA Surg 148(5):427-433. 31 Chang, L., Mahoney, J., Raty, S., Ortiz, J., Apodaca, S., et De La Garza II, R. (2013). Neurocognitive effects following an overnight call shift on faculty anesthesiologists. Acta Anaesthesiol Scand 57:1051-1057. 32 Sharpe, J., Weinberg, J., Magnotti, L., Nouer, S., Yoo, W., Zarzaur, B. et coll. (2013). Outcomes of Operations Performed by Attending Surgeons after Overnight Trauma Shifts. J Am Coll Surg 216:791-799. 33 Olsen, E., Drage, L., Auger, R. (2009). Sleep Deprivation, Physician Performance, and Patient Safety. Chest 136: 1389-1396. 34 Choma, N., Vasilevskis, E., Sponsler, K., Hathaway, J., et Kripalani, S. Effect of the ACGME 16-Hour Rule on Efficiency and Quality of Care: Duty Hours 2.0. JAMA INTERN MED 173 (9):819-821. 35 Association canadienne de protection médicale. (2013). Fiche d'information de l'ACPM : Le transfert des soins. Consulté le 13 janvier 2014, ici : https://oplfrpd5.cmpa-acpm.ca/documents/10179/300031190/patient_handovers-f.pdf 36 Nicol, A., Botterill, J., (2004). On-call Work and Health: A Review. Environmental Health 3:1-11. 37 Knutsson, A. et Boggild, H. (2010). Gastrointestinal disorders among shift workers. Scand J Work Environ Health 36(2):85-95. 38 Vyas, M., Garg, A., Iansavichus, A., Costella, J., Donner, A., Laugsand, L., et coll. (2012). Shift work and vascular events: systematic review and meta-analysis. British Medical Journal 345: e4800 doi:10.1136/bmj.e4800 39 Shields, M. (2002). Shift work and health. Health Reports 13(4):11-33. 40 Fritschi, L., Glass, D., Heyworth, J., Aronson, K., Girschik, J., Boyle, T., et coll. (2011). Hypotheses for mechanisms linking shiftwork and cancer. Medical Hypotheses 77:430-436. 41 Kubo, T., Ozasa, K., Mikami, K., Wakai, K., Fujino, Y., Watanabe, Y., et coll. (2006). Prospective cohort study of the risk of prostate cancer among rotating-shift workers: findings from the Japan Collaborative Cohort Study. American Journal of Epidemiology 164(6):549-555. 42 Schernhammer, E., Laden, F., Speizer, F., Willett, W., Hunter, D., Kawachi, I., et coll. (2003). Night-shift work and risk of colorectal cancer in the Nurses' Health Study. Journal of the National Cancer Institute 95(11):825-828. 43 Shields, M. (2002). Shift work and health. Health Reports 13(4):11-33. 44 Ibid. 45 Ibid. 46 Occupational Cancer Research Centre and the Institute for Work and Health. Can the health effects of shift work be mitigated? A summary of select interventions. Consulté le 10 mars 2013, ici : http://www.occupationalcancer.ca/wp-content/uploads/2012/09/Summary_intervention-research_FINAL.pdf 47 Eastridge, B., Hamilton, E., O'Keefe, G., Rege, R., Valentine, R. et coll. (2003). Effect of Sleep Deprivation on the Performance of Simulated Laproscopic Surgical Skill. The American Journal of Surgery 186:169-174. 48 Krueger, K. et Halperin, E. (2010). Perspective: Paying Physicians to Be On Call: A Challenge for Academic Medicine. Academic Medicine 85(12); 1840-1844. 49 Haines, V., Marchand, A., Rousseau, V., et Demers, A. (2008).The mediating role of work-to-family conflict in the relationship between shiftwork and depression. Work et Stress 22(4):341-356. 50 Jamal, M. (2004). Burnout, stress and health of employees on non-standard work schedules: a study of Canadian workers. Stress and Health 20:113-119. 51 Woodrow, S., Segouin, C., Armbruster, J., Hamstra, S., et Hodges, B. (2006). Duty Hours Reforms in the United States, France and Canada: Is It Time to Refocus our Attention on Education? Academic Medicine 81(12): 1045-1051. 52 Baldwin, D., Daugherty, S., Tsai, R., et coll. (2003). A National Survey of Residents' Self-reported Work Hours: Thinking Beyond Specialty. Academic Medicine 78:1154-1163. 53 Hamadani, F., Deckelbaum, D., Sauve, D., Khwaja, K., Razek, T., et Fata, P. (2013). Abolishment of 24-Hour Continuous Medical Call Duty in Quebec: A Quality of Life Survey of General Surgical Residents Following Implementation of the New Work-Hour Restrictions. J Surg 70: 296-303. 54 Folkard, S. et Tucker, P. (2003). Shift work, safety and productivity. Occupational Medicine 53: 95-101. 55 Ayas, N., Barger, L., Cade, B., et coll. (2006). Extended Work Duration and the Risk of Self-reported Percutaneous Injuries in Interns. JAMA 296(9): 1055-62. 56 Ayas, N., Barger, L., Cade, B., et coll. (2006). Extended Work Duration and the Risk of Self-reported Percutaneous Injuries in Interns. JAMA 296(9): 1055-62. 57 Parks, D., Yetman, R., McNeese, M., Burau, K., et Smolensky, M. (2000). Day-night pattern in accidental exposures to blood-borne pathogens among medical students and residents. Chronobiology International 17(1): 61-70. 58 Smith-Coggins, R., Howard, S., Mac D., Wang, C., Kwan, S., Rosekind, M., Sowb, Y., Balise, R., Levis, J., Gaba, D. (2006). Improving alertness and performance in emergency department physicians and nurses: the use of planned naps. Ann Emerg Med, 48(5): 596-604. 59 Wallace, J., Lemaire, J., et Ghali, W. (2009). Physician wellness: a missing quality indicator. The Lancet 374 (9702): 1714-1721. 60 Wallace, J., Lemaire, J., et Ghali, W. (2009). Physician wellness: a missing quality indicator. The Lancet 374 (9702): 1714-1721. 61 Association canadienne de protection médicale. Les nouvelles réalités des soins médicaux. Première publication, septembre 2012. Consulté le 12 janvier 2014, ici : https://oplfrpd5.cmpa-acpm.ca/fr/duties-and-responsibilities/-/asset_publisher/bFaUiyQG069N/content/the-new-realities-of-medical-care. 62 Association médicale canadienne. (2011). Code de déontologie de l'Association médicale canadienne. Ottawa : auteur. 63 Mercurio. M. et Peterec, S. (2009). Attending Physician Work Hours: Ethical Considerations and the Last Doctor Standing. Pediatrics 124:758-762. 64 Czeisler, C., Pellegrini, C., et Sade, R. (2013). Should Sleep-Deprived Surgeons Be Prohibited From Operating Without Patients' Consent? Ann Thorac Surg 95:757-766. 65 Association canadienne de protection médicale. Les nouvelles réalités des soins médicaux. Première publication, septembre 2012. Consulté le 12 janvier 2014, ici : https://oplfrpd5.cmpa-acpm.ca/fr/duties-and-responsibilities/-/asset_publisher/bFaUiyQG069N/content/the-new-realities-of-medical-care.
Documents
Moins de détails

Un fonds d'aide médicale

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11699
Dernière révision
2019-03-03
Date
2014-08-20
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Résolution
GC14-85
L'Association médicale canadienne recommande au gouvernement fédéral d'instaurer un fonds d'aide médicale afin de permettre aux personnes qui résident au Canada et qui n'ont aucune couverture médicale de recevoir les soins de santé urgents et essentiels.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2019-03-03
Date
2014-08-20
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Résolution
GC14-85
L'Association médicale canadienne recommande au gouvernement fédéral d'instaurer un fonds d'aide médicale afin de permettre aux personnes qui résident au Canada et qui n'ont aucune couverture médicale de recevoir les soins de santé urgents et essentiels.
Text
L'Association médicale canadienne recommande au gouvernement fédéral d'instaurer un fonds d'aide médicale afin de permettre aux personnes qui résident au Canada et qui n'ont aucune couverture médicale de recevoir les soins de santé urgents et essentiels.
Moins de détails

National advance care planning toolkit website [Traduction non disponible]

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11190
Dernière révision
2018-03-03
Date
2014-03-01
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Résolution
BD14-05-162
L’Association médicale canadienne recommande aux médecins, pour les aider dans leurs conversations avec les patients au sujet de la planification préalable des soins, l’utilisation d’un site web national portant sur cette question et comportant une trousse d’outils faisant référence aux ressources provinciales et territoriales.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2018-03-03
Date
2014-03-01
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Résolution
BD14-05-162
L’Association médicale canadienne recommande aux médecins, pour les aider dans leurs conversations avec les patients au sujet de la planification préalable des soins, l’utilisation d’un site web national portant sur cette question et comportant une trousse d’outils faisant référence aux ressources provinciales et territoriales.
Text
L’Association médicale canadienne recommande aux médecins, pour les aider dans leurs conversations avec les patients au sujet de la planification préalable des soins, l’utilisation d’un site web national portant sur cette question et comportant une trousse d’outils faisant référence aux ressources provinciales et territoriales.
Moins de détails

Advanced care directive functionality [Traduction non disponible]

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11191
Dernière révision
2018-03-03
Date
2014-03-01
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Résolution
BD14-05-163
L’Association médicale canadienne préconise d’exiger des vendeurs de logiciels de dossier médical électronique, comme condition de conformité et d’utilisabilité, l’inclusion dans leur produit d’une fonction liée aux directives préalables des soins.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2018-03-03
Date
2014-03-01
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Résolution
BD14-05-163
L’Association médicale canadienne préconise d’exiger des vendeurs de logiciels de dossier médical électronique, comme condition de conformité et d’utilisabilité, l’inclusion dans leur produit d’une fonction liée aux directives préalables des soins.
Text
L’Association médicale canadienne préconise d’exiger des vendeurs de logiciels de dossier médical électronique, comme condition de conformité et d’utilisabilité, l’inclusion dans leur produit d’une fonction liée aux directives préalables des soins.
Moins de détails

Directives préalables de soins

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11215
Dernière révision
2018-03-03
Date
2014-08-20
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Résolution
GC14-19
L’Association médicale canadienne favorise l’intégration des directives préalables de soins dans les dossiers des patients. (DM 5-1).
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2018-03-03
Date
2014-08-20
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Résolution
GC14-19
L’Association médicale canadienne favorise l’intégration des directives préalables de soins dans les dossiers des patients. (DM 5-1).
Text
L’Association médicale canadienne favorise l’intégration des directives préalables de soins dans les dossiers des patients. (DM 5-1).
Moins de détails

AMC appuie tous les médecins dans la politique de l'AMC sur l'euthanasie et l'aide au suicide

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11220
Dernière révision
2018-03-03
Date
2014-08-20
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Résolution
GC14-24
L’Association médicale canadienne (AMC) appuie le droit de tous les médecins, compte tenu des limites de la législation en vigueur, de suivre leur conscience lorsqu’ils décident de participer ou non à la prestation d’aide médicale à mourir, telle que définie dans la politique de l'AMC sur l'euthanasie et l'aide au suicide.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2018-03-03
Date
2014-08-20
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Résolution
GC14-24
L’Association médicale canadienne (AMC) appuie le droit de tous les médecins, compte tenu des limites de la législation en vigueur, de suivre leur conscience lorsqu’ils décident de participer ou non à la prestation d’aide médicale à mourir, telle que définie dans la politique de l'AMC sur l'euthanasie et l'aide au suicide.
Text
L’Association médicale canadienne (AMC) appuie le droit de tous les médecins, compte tenu des limites de la législation en vigueur, de suivre leur conscience lorsqu’ils décident de participer ou non à la prestation d’aide médicale à mourir, telle que définie dans la politique de l'AMC sur l'euthanasie et l'aide au suicide.
Moins de détails

Accessibilité de l'éducation médicale pour les étudiants autochtones

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique529
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-08-21
Thèmes
Ressources humaines du secteur de la santé
Résolution
GC96-10
Que l'Association médicale canadienne et ses divisions collaborent avec les facultés de médecine du Canada afin de faciliter l'accessibilité des candidats autochtones canadiens aux études médicales.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-08-21
Thèmes
Ressources humaines du secteur de la santé
Résolution
GC96-10
Que l'Association médicale canadienne et ses divisions collaborent avec les facultés de médecine du Canada afin de faciliter l'accessibilité des candidats autochtones canadiens aux études médicales.
Text
Que l'Association médicale canadienne et ses divisions collaborent avec les facultés de médecine du Canada afin de faciliter l'accessibilité des candidats autochtones canadiens aux études médicales.
Moins de détails

Profils des prescripteurs

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique589
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-05-04
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Résolution
BD96-08-241
Que l'AMC et les divisions continuent de dénoncer la collecte et l'utilisation indues actuelles, par l'industrie privée, de profils des prescripteurs et qu'elle insiste pour que toute autre collecte, vente et utilisation des profils des prescripteurs se déroule de façon éthique et légale (c'est-à-dire, notamment à la connaissance et avec le consentement de chaque médecin).
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-05-04
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Résolution
BD96-08-241
Que l'AMC et les divisions continuent de dénoncer la collecte et l'utilisation indues actuelles, par l'industrie privée, de profils des prescripteurs et qu'elle insiste pour que toute autre collecte, vente et utilisation des profils des prescripteurs se déroule de façon éthique et légale (c'est-à-dire, notamment à la connaissance et avec le consentement de chaque médecin).
Text
Que l'AMC et les divisions continuent de dénoncer la collecte et l'utilisation indues actuelles, par l'industrie privée, de profils des prescripteurs et qu'elle insiste pour que toute autre collecte, vente et utilisation des profils des prescripteurs se déroule de façon éthique et légale (c'est-à-dire, notamment à la connaissance et avec le consentement de chaque médecin).
Moins de détails

Taxes sur les produits et services (TPS)

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique661
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-03-04
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Résolution
GC96-6
Que, si les gouvernements n'éliminent le problème de l'effet discriminatoire de la TPS sur la pratique de la médecine, l'Association médicale canadienne discute avec ses membres de mesures appropriées pour recouvrer ces coûts additionnels auprès de leurs patients.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-03-04
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Résolution
GC96-6
Que, si les gouvernements n'éliminent le problème de l'effet discriminatoire de la TPS sur la pratique de la médecine, l'Association médicale canadienne discute avec ses membres de mesures appropriées pour recouvrer ces coûts additionnels auprès de leurs patients.
Text
Que, si les gouvernements n'éliminent le problème de l'effet discriminatoire de la TPS sur la pratique de la médecine, l'Association médicale canadienne discute avec ses membres de mesures appropriées pour recouvrer ces coûts additionnels auprès de leurs patients.
Moins de détails

Service autres que de base

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique663
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-08-21
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Résolution
GC96-22
Que tout service qui n'est pas considéré un service de base soit facturable à titre de service privé au patient ou à son assurance privée.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-08-21
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Résolution
GC96-22
Que tout service qui n'est pas considéré un service de base soit facturable à titre de service privé au patient ou à son assurance privée.
Text
Que tout service qui n'est pas considéré un service de base soit facturable à titre de service privé au patient ou à son assurance privée.
Moins de détails

La Loi canadienne sur la santé et la prestation des services de santé

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique664
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-08-21
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Résolution
GC96-28
Que l'Association médicale canadienne et ses divisions travaillent avec les gouvernements et d'autres groupes pour étudier les principes de la Loi canadienne sur la santé et leur applicabilité à la prestation et au financement des services de santé et des soins médicaux dans le monde contemporain.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-08-21
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Résolution
GC96-28
Que l'Association médicale canadienne et ses divisions travaillent avec les gouvernements et d'autres groupes pour étudier les principes de la Loi canadienne sur la santé et leur applicabilité à la prestation et au financement des services de santé et des soins médicaux dans le monde contemporain.
Text
Que l'Association médicale canadienne et ses divisions travaillent avec les gouvernements et d'autres groupes pour étudier les principes de la Loi canadienne sur la santé et leur applicabilité à la prestation et au financement des services de santé et des soins médicaux dans le monde contemporain.
Moins de détails

Services désassurés

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique665
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-08-21
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Résolution
GC96-29
L’Association médicale canadienne est d’avis que chaque fois qu’un gouvernement attribue une rémunération nulle à un service médical, le service en question soit considéré comme non assuré et donc facturable comme service privé au patient ou à son assurance privée.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-08-21
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Résolution
GC96-29
L’Association médicale canadienne est d’avis que chaque fois qu’un gouvernement attribue une rémunération nulle à un service médical, le service en question soit considéré comme non assuré et donc facturable comme service privé au patient ou à son assurance privée.
Text
L’Association médicale canadienne est d’avis que chaque fois qu’un gouvernement attribue une rémunération nulle à un service médical, le service en question soit considéré comme non assuré et donc facturable comme service privé au patient ou à son assurance privée.
Moins de détails

Subventions à l'endroit des coûts de l'assurance de l'Association canadienne de protection médicale

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique669
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-08-21
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Résolution
GC96-55
Que l'Association médicale canadienne, par l'entremise de ses divisions, fasse pression auprès des gouvernements provinciaux et territoriaux pour que soient maintenues les subventions à l'endroit des coûts de l'assurance de l'Association canadienne de protection médicale et, en même temps, que soient révisées les dispositions législatives relatives à la responsabilité civile.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-08-21
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Résolution
GC96-55
Que l'Association médicale canadienne, par l'entremise de ses divisions, fasse pression auprès des gouvernements provinciaux et territoriaux pour que soient maintenues les subventions à l'endroit des coûts de l'assurance de l'Association canadienne de protection médicale et, en même temps, que soient révisées les dispositions législatives relatives à la responsabilité civile.
Text
Que l'Association médicale canadienne, par l'entremise de ses divisions, fasse pression auprès des gouvernements provinciaux et territoriaux pour que soient maintenues les subventions à l'endroit des coûts de l'assurance de l'Association canadienne de protection médicale et, en même temps, que soient révisées les dispositions législatives relatives à la responsabilité civile.
Moins de détails

Droits de licence pour l'utilisation d'interventions et de technologies médicales

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique689
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-03-04
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Résolution
BD96-06-140
Qu'en consultation avec Industrie Canada et Santé Canada, l'AMC étudie la question de l'application, par l'industrie, de paiements (droits de licence) par les médecins pour l'utilisation d'interventions ou de technologies médicales.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-03-04
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Résolution
BD96-06-140
Qu'en consultation avec Industrie Canada et Santé Canada, l'AMC étudie la question de l'application, par l'industrie, de paiements (droits de licence) par les médecins pour l'utilisation d'interventions ou de technologies médicales.
Text
Qu'en consultation avec Industrie Canada et Santé Canada, l'AMC étudie la question de l'application, par l'industrie, de paiements (droits de licence) par les médecins pour l'utilisation d'interventions ou de technologies médicales.
Moins de détails

Principes directeurs sur les négociations

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique691
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-05-04
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Résolution
BD96-08-196
Que l'AMC, en consultation avec ses divisions, élabore une série de principes directeurs sur les négociations qui pourront servir à toutes les divisions, ce qui uniformisera la stratégie de négociation des divisions et lui donnera un poids national.
Type de politique
Résolution de politiques
Dernière révision
2017-03-04
Date
1996-05-04
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Résolution
BD96-08-196
Que l'AMC, en consultation avec ses divisions, élabore une série de principes directeurs sur les négociations qui pourront servir à toutes les divisions, ce qui uniformisera la stratégie de négociation des divisions et lui donnera un poids national.
Text
Que l'AMC, en consultation avec ses divisions, élabore une série de principes directeurs sur les négociations qui pourront servir à toutes les divisions, ce qui uniformisera la stratégie de négociation des divisions et lui donnera un poids national.
Moins de détails

100 notices – page 1 de 5.