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Banque des politiques de l'AMC

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Insite : mémoire de l'AMC sur le site d’injection supervisée Insite et son programme

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique14129
Date
2011-02-17
Thèmes
Soin de santé et sécurité des patients
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
  1 document  
Type de politique
Mémoire devant la Cour
Date
2011-02-17
Thèmes
Soin de santé et sécurité des patients
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
Text
Numéro de dossier de la CSC : 33556 COUR SUPRÊME DU CANADA (APPEL D’UNE DÉCISION DE LA COUR D’APPEL DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE) ENTRE : LE PROCUREUR GÉNÉRAL DU CANADA ET LE MINISTRE DE LA SANTÉ DU CANADA Appelants (Appelants/Intimés au pourvoi incident) — et — PHS COMMUNITY SERVICES SOCIETY, DEAN EDWARD WILSON et SHELLY TOMIC, VANCOUVER AREA NETWORK OF DRUG USERS (VANDU) Intimés (Intimés/Appelants au pourvoi incident) — et — PROCUREUR GÉNÉRAL DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE Intimé (Intimé) — et — PROCUREUR GÉNÉRAL DU QUÉBEC, DR. PETER AIDS FOUNDATION, VANCOUVER COASTAL HEALTH AUTHORITY, ASSOCIATION CANADIENNE DES LIBERTÉS CIVILES, RÉSEAU JURIDIQUE CANADIEN VIH/SIDA, INTERNATIONAL HARM REDUCTION ASSOCIATION ET CACTUS MONTRÉAL, ASSOCIATION DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS DU CANADA, ASSOCIATION DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS AUTORISÉS DE L’ONTARIO ET ASSOCIATION OF REGISTERED NURSES OF BRITISH COLUMBIA, ASSOCIATION CANADIENNE DE SANTÉ PUBLIQUE, ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE, BRITISH COLUMBIA CIVIL LIBERTIES ASSOCIATION, BRITISH COLUMBIA NURSES’ UNION Intervenants MÉMOIRE DE L’INTERVENANTE, L’ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE BORDEN LADNER GERVAIS LLP 100, rue Queen – bureau 1100 Ottawa (Ontario) K1P 1J9 Guy J. Pratte/Nadia Effendi Tél. : 613 237-5160 Téléc. : 613 230-8842 Avocats de l’intervenante, l’Association médicale canadienne DESTINATAIRE : Roger Bilodeau, c.r. REGISTRAIRE COUR SUPRÊME DU CANADA AUTRES DESTINATAIRES : Robert J. Frater Procureur général du Canada Édifice de la Banque du Canada 234, rue Wellington, local 1161 Ottawa (Ontario) K1A 0H8 Téléphone : 613 957-4763 Télécopie : 613 954-1920 Courriel : robert.frater@justice.gc.ca Avocat de l’appelant/intimé au pourvoi incident, le procureur général du Canada Robert J. Frater Procureur général du Canada Édifice de la Banque du Canada 234, rue Wellington, local 1161 Ottawa (Ontario) K1A 0H8 Téléphone : 613 957-4763 Télécopie : 613 954-1920 Courriel : robert.frater@justice.gc.ca Avocat de l’appelant/intimé au pourvoi incident, le ministre de la Santé du Canada Joseph H. Arvay, c.r. Arvay Finlay 1350 – 355, rue Burrard Vancouver (Colombie-Britannique) V6C 2G8 Téléphone : 604 689-4421 Télécopie : 604 687-1941 Courriel : jarvay@arvayfinlay.com Avocat de l’intimé, PHS Community Services Society Jeffrey W. Beedell McMillan LLP 300 – 50, rue O’Connor Ottawa (Ontario) K1P 6L2 Téléphone : 613 232-7171 Télécopie : 613 231-3191 Courriel : jeff.beedell@mcmillan.ca Représentant de l’intimé, PHS Community Services Society Joseph H. Arvay, c.r. Arvay Finlay 1350 – 355, rue Burrard Vancouver (Colombie-Britannique) V6C 2G8 Téléphone : 604 689-4421 Télécopie : 604 687-1941 Courriel : jarvay@arvayfinlay.com Avocat des intimés, Dean Edward Wilson et Shelly Tomic John W. Conroy, c.r. Conroy & Company 2459, rue Pauline Abbotsford (Colombie-Britannique) V2S 3S1 Téléphone : 604 852-5110 Télécopie : 604 859-3361 Courriel : jconroy@johnconroy.com Avocat de l’intimé/appelant au pourvoi incident, Vancouver Area Network of Drug Users (VANDU) Craig E. Jones Procureur général de la Colombie-Britannique 1001, rue Douglas, 6e étage Victoria (Colombie-Britannique) V8V 1X4 Téléphone : 250 387-3129 Télécopie : 250 356-9154 Courriel : craig.jones@gov.bc.ca Avocat de l’intimé, le procureur général de la Colombie-Britannique Hugo Jean Procureur général du Québec 1200, route de l’Église, 2e étage Sainte-Foy (Québec) G1V 4MI Téléphone : 418 643-1477 Télécopie : 418 644-7030 Courriel : hjean@justice.gouv.qc.ca Avocat de l’intervenant, le procureur général du Québec Jeffrey W. Beedell McMillan LLP 300 – 50, rue O’Connor Ottawa (Ontario) K1P 6L2 Téléphone : 613 232-7171 Télécopie : 613 231-3191 Courriel : jeff.beedell@mcmillan.ca Représentant des intimés, Dean Edward Wilson et Shelly Tomic Henry S. Brown, c.r. Gowling Lafleur Henderson LLP 2600 – 160, rue Elgin C.P. 466, succursale « D » Ottawa (Ontario) KIP 1C3 Téléphone : 613 233-1781 Télécopie : 613 788-3433 Courriel : henry.brown@gowlings.com Représentant de l’intimé/appelant au pourvoi incident, Vancouver Area Network of Drug Users (VANDU) Robert E. Houston, c.r. Burke-Robertson 70, rue Gloucester Ottawa (Ontario) K2P 0A2 Téléphone : 613 566-2058 Télécopie : 613 235-4430 Courriel : rhouston@burkerobertson.com Représentant de l’intimé, le procureur général de la Colombie-Britannique Pierre Landry Noël & Associés 111, rue Champlain Gatineau (Québec) J8X 3R1 Téléphone : 819 771-7393 Télécopie : 819 771-5397 Courriel : p.landry@noelassocies.com Représentant de l’intervenant, le procureur général du Québec Andrew I. Nathanson Fasken Martineau DuMoulin LLP 2900 – 550, rue Burrard Vancouver (Colombie-Britannique) V6C 0A3 Téléphone : 604 631-4908 Télécopie : 604 631-3232 Avocat de l’intervenant, Dr. Peter AIDS Foundation Ryan D. W. Dalziel Bull, Housser & Tupper LLP 3000 – 1055, rue Georgia Ouest Vancouver (Colombie-Britannique) V6E 3R3 Téléphone : 604 641-4881 Télécopie : 604 646-2671 Courriel : rdd@bht.com Avocat de l’intervenante, British Columbia Civil Liberties Association Sheila Tucker Davis LLP 2800 Park Place 666, rue Burrard Vancouver (Colombie-Britannique) V6C 2Z7 Téléphone : 604 643-2980 Télécopie : 604 605-3781 Courriel : stucker@davis.ca Avocate de l’intervenante, Vancouver Coastal Health Authority Paul F. Monahan Fasken Martineau DuMoulin LLP 333, rue Bay, bureau 2400 Bay Adelaide Centre, C.P. 20 Toronto (Ontario) M5H 2T6 Téléphone : 416 366-8381 Télécopie : 416 364-7813 Courriel : pmonahan@fasken.com Avocat de l’intervenante, Association canadienne des libertés civiles Scott M. Prescott Fasken Martineau DuMoulin LLP 1300 – 55, rue Metcalfe Ottawa (Ontario) K1P 6L5 Téléphone : 613 236-3882 Télécopie : 613 230-6423 Courriel : sprescott@fasken.com Représentant de l’intervenant, Dr. Peter AIDS Foundation Brian A. Crane, c.r. Gowling Lafleur Henderson LLP 2600 – 160, rue Elgin Ottawa (Ontario) K1P 1C3 Téléphone : 613 233-1781 Télécopie : 613 563-9869 Courriel : brian.crane@gowlings.com Représentant de l’intervenante, British Columbia Civil Liberties Association Marie-France Major McMillan LLP 300 – 50, rue O’Connor Ottawa (Ontario) K1P 6L2 Téléphone : 613 232-7171 Télécopie : 613 231-3191 Courriel : marie-france.major@mcmillan.ca Représentante de l’intervenante, Vancouver Coastal Health Authority Julia Kennedy Fasken Martineau DuMoulin LLP 55, rue Metcalfe, Bureau 1300 Ottawa (Ontario) K1P 6L5 Téléphone : 613 236-3882 Télécopie : 613 230-6423 Courriel : jkennedy@fasken.com Représentante de l’intervenante, Association canadienne des libertés civiles Michael A. Feder McCarthy Tétrault LLP 777 Dunsmuir Street, bureau 1300 Vancouver (Colombie-Britannique) V7Y 1K2 Téléphone : 604 643-5983 Télécopie : 604 622-5614 Courriel : mfeder@mccarthy.ca Avocat des intervenants, Réseau juridique canadien VIH/sida, International Harm Reduction Association et CACTUS Montréal Rahool P. Agarwal Ogilvy Renault LLP 3800 – 200, rue Bay Toronto (Ontario) M5J 2Z4 Téléphone : 416 216-3943 Télécopie : 416 216-3930 Courriel : ragarwal@ogilvyrenault.com Avocat des intervenantes, Association des infirmières et infirmiers du Canada, Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario et Association of Registered Nurses of British Columbia Owen M. Rees Stockwoods LLP 77, rue King Ouest Bureau 4130, C.P. 140 Toronto (Ontario) M5K 1H1 Téléphone : 416 593-7200 Télécopie : 416 593-9345 Courriel : owenr@stockwoods.ca Avocat de l’intervenante, Association canadienne de santé publique Brenda C. Swick McCarthy Tétrault LLP 200 - 440 Laurier Avenue West Ottawa (Ontario) K1R 7X6 Téléphone : 613 238-2000 Télécopie : 613 563-9386 Représentante des intervenants, Réseau juridique canadien VIH/sida, International Harm Reduction Association et CACTUS Montréal Sally A. Gomery Ogilvy Renault LLP 1500 – 45, rue O’Connor Ottawa (Ontario) KIP lA4 Téléphone : 613 780-8661 Télécopie : 613 230-5459 Courriel : sgomery@ogilvyrenault.com Représentante des intervenantes, Association des infirmières et infirmiers du Canada, Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario et Association of Registered Nurses of British Columbia Dougald E. Brown Nelligan O’Brien Payne LLP 1500 – 50, rue O’Connor Ottawa (Ontario) KIP 6L2 Téléphone : 613 231-8210 Télécopie : 613 788-3661 Courriel : dougald.brown@nelligan.ca Représentant de l’intervenante, Association canadienne de santé publique Marjorie Brown Victory Square Law Office 100, rue Pender Ouest Bureau 500 Vancouver (Colombie-Britannique) V6B 1R8 Téléphone : 604 684-8421 Télécopie : 604 684-8427 Courriel : mbrown@vslo.ca Avocate de l’intervenant, British Columbia Nurses’ Union Michael A. Chambers Maclaren Corlett 50, rue O’Connor, bureau 1625 Ottawa (Ontario) KIP 6L2 Téléphone : 613 233-1146 Télécopie : 613 233-7190 Courriel : mchambers@macorlaw.com Avocat de l’intervenant, REAL Women of Canada Colleen Bauman Sack Goldblatt Mitchell LLP 500 – 30, rue Metcalfe Ottawa, Ontario KIP 5L4 Téléphone : 613 235-5327 Télécopie : 613 235-3041 Courriel : cbauman@sgmlaw.com Représentante de l’intervenant, British Columbia Nurses’ Union TABLE DES MATIÈRES Partie I – Exposé des faits .1 A. Aperçu 1 B. Intérêt de l’Association médicale canadienne dans l’appel 1 C. Position de l’Association médicale canadienne à l’égard des faits 2 Partie II – Énoncé des questions en litige 3 Partie III – Exposé des arguments 3 A. L’interprétation de la Charte canadienne des droits et libertés doit être axée sur la réalité et non sur une idéologie 3 B. Les dispositions contestées portent atteinte à l’article 7 de la Charte 5 1) Le déni d’accès à des soins de santé nécessaires est contraire à l’article 7 de la Charte 5 2) Il y a eu atteinte aux droits à la vie et à la sécurité des patients 6 3) Les toxicomanes n’ont pas renoncé à leur droit légal et constitutionnel d’être traités 6 4) Il y a eu atteinte au droit à la liberté des intimés (personnes physiques) 8 5) Les principes de justice fondamentale n’ont pas été respectés 9 a) Les dispositions attaquées sont arbitraires 9 b) Les dispositions attaquées sont trop générales 9 C. S’il y a atteinte aux droits garantis à l’article 7, l’article 1 de la Charte ne saurait justifier la Loi 10 D. Redressement 10 Partie IV – Demandes relatives aux dépens 10 Partie V – Ordonnance sollicitée 11 Partie VI – Tableau des sources 12 Partie VII – Lois, règles et règlements 14 PARTIE I – EXPOSÉ DES FAITS A. Aperçu 1. L’accès juste et équitable aux soins de santé nécessaires et fondés sur des données probantes est d’une importance fondamentale pour les patients et les médecins canadiens, ce que la Cour a reconnu dans l’arrêt Chaoulli. 2. Quand la vie ou la sécurité d’une personne est menacée en raison d’un problème de santé tel que la toxicomanie, la Cour doit circonscrire les obligations constitutionnelles du gouvernement ou du législateur d’après les faits. Les partis pris idéologiques sans fondement sur la moralité du patient ne doivent jamais l’emporter sur les avis cliniques fondés sur la recherche médicale reconnue, à défaut de quoi on met arbitrairement en péril la vie, la liberté et la sécurité des patients, ce qui est contraire à l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés (« la Charte »). 3. La position des appelants voulant que les toxicomanes aient renoncé à tout droit d’accès aux soins médicaux est l’antithèse de la raison d’être du système de santé canadien; elle est contraire aux obligations du gouvernement fédéral énoncées à l’article 7 de la Charte. 4. Ni le droit législatif ni la Constitution n’autorisent l’État à refuser l’accès aux soins de santé en raison de choix de « mode de vie » ou par l’effet d’un renoncement présumé à des droits légaux ou constitutionnels. B. Intérêt de l’Association médicale canadienne dans l’appel 5. L’Association médicale canadienne (l’« AMC ») est la voix nationale des médecins canadiens, forte de plus de 74 000 membres d’un bout à l’autre du pays. Elle a pour mission de servir et d’unir les médecins du Canada et de défendre sur la scène nationale, en partenariat avec la population canadienne, les normes les plus élevées de santé et de soins de santé. 6. La réduction des préjudices est un pilier essentiel de la politique générale de l’AMC en matière de prévention des maladies et de promotion de la santé publique. De plus, l’AMC possède une expertise distincte et de vastes connaissances sur de nombreux aspects des lois et des politiques concernant la réduction des préjudices comme méthode de soins de santé éthique et justifiée cliniquement. C. Position de l’Association médicale canadienne à l’égard des faits 7. Par l’effet d’une ordonnance datée du 17 février 2011, l’AMC a été autorisée à intervenir dans le présent appel. 8. L’AMC ne conteste pas les faits déclarés par les intimés. 9. L’appel en l’espèce découle d’actions séparées introduites par certains des intimés sollicitant une mesure qui les dispenserait d’avoir à obtenir une exemption auprès du ministre fédéral de la Santé en vertu de l’article 56 de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (la « Loi »), L.C. 1996, ch. 19. Ainsi, lorsqu’ils se trouvaient dans le site d’injection sécuritaire de Vancouver (l’« Insite »), les patients utilisateurs de drogues n’étaient pas passibles de poursuite pour possession de substance désignée en infraction à l’article 4(1) de la Loi et le personnel ne l’était pas pour trafic de substances en infraction à l’article 5(1). Les exemptions initiales, fondées sur la « nécessité d’un but scientifique », furent accordées pour une période de trois ans commençant le 12 septembre 2003. Elles furent prolongées par la suite jusqu’au 31 décembre 2007, puis jusqu’au 30 juin 2008. L’existence de l’Insite dépendait de ces exemptions. Toutefois, il n’y a pas eu d’autres prolongations. 10. Les intimés, en plus d’invoquer la division des pouvoirs, ont fait valoir que les articles 4(1) et 5(1) de la Loi ne respectaient pas l’article 7 de la Charte, étaient inconstitutionnels et devaient être invalidés. Le juge de première instance et la Cour d’appel leur ont donné raison. 11. Le juge de première instance a conclu que les articles 4(1) et 5(1) de la Loi étaient contraires à l’article 7 de la Charte et les a déclarés nuls et non avenus. 12. Dans l’appel du procureur général du Canada et dans le pourvoi incident des intimés, PHS, Wilson et Tomic, la majorité de la Cour d’appel a déclaré les articles 4(1) et 5(1) de la Loi inapplicables à l’Insite par l’effet du principe d’exclusivité des compétences. 13. Dans ses motifs concordants, la juge d’appel Rowles a elle aussi conclu que les articles 4(1) et 5(1) tombaient sous le coup de l’article 7 de la Charte et que leur application ne s’accordait pas aux principes de justice fondamentale en raison d’une imprécision juridique. 14. L’AMC fait valoir que les conclusions du juge de première instance et de la juge d’appel Rowles, fondées sur la Charte, s’appuyaient sur le fait correct et attesté que la réduction des préjudices était une approche médicale fondée sur des données probantes pour le traitement des patients toxicomanes. Il est inconstitutionnel d’empêcher quelqu’un d’obtenir des soins sous prétexte d’une sanction pénale et de porter atteinte à ses droits à la vie, à la liberté et à la sécurité pour des raisons tenant davantage à des opinions qu’à des preuves. PARTIE II – ÉNONCÉ DES QUESTIONS EN LITIGE 15. Les questions posées dans l’appel en l’espèce ont été ainsi formulées par le juge en chef le 2 septembre 2010 : 1. Les articles 4(1) et 5(1) de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, L.C. 1996, ch. 19, sont-ils inapplicables constitutionnellement aux activités du personnel et des usagers d’Insite, un centre de services de santé de la Colombie-Britannique? 2. L’article 4(1) de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, L.C. 1996, ch. 19, porte-t-il atteinte aux droits garantis à l’art. 7 de la Charte canadienne des droits et libertés? 3. Dans l’affirmative, les droits sont-ils restreints par une règle de droit dans des limites qui sont raisonnables et dont la justification peut se démontrer dans une société libre et démocratique, au sens de l’article premier de la Charte canadienne des droits et libertés? 4. L’article 5(1) de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, L.C. 1996, ch. 19, porte-t-il atteinte aux droits garantis à l’art. 7 de la Charte canadienne des droits et libertés? 5. Dans l’affirmative, les droits sont-ils restreints par une règle de droit dans des limites qui sont raisonnables et dont la justification peut se démontrer dans une société libre et démocratique, au sens de l’article premier de la Charte canadienne des droits et libertés? 16. Les questions deux à cinq, qui ont trait à la Charte, sont particulièrement importantes pour l’AMC et font donc l’objet d’une analyse plus poussée ci-après. L’AMC fait observer que les articles 4(1) et 5(1) de la Loi portent atteinte aux droits garantis à l’article 7 de la Charte d’une manière qui ne saurait être justifiée au sens de l’article premier de cette dernière. PARTIE III – EXPOSÉ DES ARGUMENTS A. L’interprétation de la Charte canadienne des droits et libertés doit être axée sur la réalité et non sur une idéologie 17. Pour déterminer si les dispositions attaquées portent ou non atteinte à la Charte, le tribunal ne doit pas devenir l’arène de débats politiques, mais doit transcender ceux-ci en vérifiant si les politiques générales remplissent le critère constitutionnel. Chaoulli c. Québec (Procureur général), [2005] 1 R.C.S. 791, para 89 [sources de l’AMC, onglet 2]. R. c. Morgentaler, [1988] 1 R.C.S. 30, para 45-46 [sources de l’AMC, onglet 13]. 18. La position des appelants est manifestement fondée sur des idées préconçues au sujet des toxicomanes. Toutefois, comme nous l’enseigne l’histoire de la législation sur le contrôle des naissances au Canada, un cadre législatif établi sur la foi d’idées préconçues quant à la moralité des patients souhaitant réguler leur fécondité peut enfreindre les droits fondamentaux d’une personne. Voir R. c. Morgentaler, précité, au para 62 – La Cour a rejeté des arguments selon lesquelles elle devrait évaluer les structures administratives dans l’analyse : « […] lorsqu’un droit aussi fondamental que la sécurité de la personne est enfreint par la procédure et les structures administratives créées par la loi elle même, les tribunaux ont le pouvoir d’agir ». [sources de l’AMC, onglet 13] 19. Pour bien faire son travail lorsqu’il s’agit d’évaluer la constitutionnalité d’une loi, le tribunal doit examiner les dispositions législatives d’après la preuve disponible. D’ailleurs, il est bien établi qu’une atteinte aux droits à la vie, à la liberté ou à la sécurité d’une personne doit être justifiée par une preuve solide. Taylor, M. et Jamal, M., The Charter of Rights in Litigation, cahier (Canada Law Book : Aurora, 2010), par. 17:15 [sources de l’AMC, onglet 20]. 20. L’exposé des faits n’est pas une simple formalité; c’est un élément essentiel de tout examen sérieux d’une question constitutionnelle : Les affaires relatives à la Charte porteront fréquemment sur des concepts et des principes d’une importance fondamentale pour la société canadienne. Par exemple, les tribunaux seront appelés à examiner des questions relatives à la liberté de religion, à la liberté d’expression et au droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne. Les décisions sur ces questions doivent être soigneusement pesées, car elles auront des incidences profondes sur la vie des Canadiens et de tous les résidents du Canada. Compte tenu de l’importance et des répercussions que ces décisions peuvent avoir à l’avenir, les tribunaux sont tout à fait en droit de s’attendre et même d’exiger que l’on prépare et présente soigneusement un fondement factuel dans la plupart des affaires relatives à la Charte. Les faits pertinents présentés peuvent toucher une grande variété de domaines et traiter d’aspects scientifiques, sociaux, économiques et politiques. Il est souvent très utile pour les tribunaux de connaître l’opinion d’experts sur les répercussions futures de la loi contestée et le résultat des décisions possibles la concernant. MacKay c. Manitoba, [1989] 2 R.C.S. 357, à 361 [sources de l’AMC, onglet 5]. 21. Plus précisément, en ce qui concerne l’article 7 de la Charte, la Cour a confirmé que les tribunaux ont pour fonction de procéder à une évaluation « fondée sur la preuve et non seulement sur le bon sens ou des théories ». La Cour rejette les arguments théoriques sans fondement, se reposant plutôt sur les preuves empiriques et scientifiques produites par les parties : Pour étayer cet argument, le gouvernement a fait témoigner des experts en administration et politiques de la santé. Leurs conclusions reposaient sur la proposition « sensée » voulant que l’amélioration des services de santé passe par l’exclusivité (d.i., p. 591). Ils ne prétendaient pas être des experts en matière de délais d’attente pour un traitement. De plus, ils n’ont pas soumis d’études économiques ni invoqué la situation dans d’autres pays. Ils ont simplement présumé, apparemment en toute logique, que l’assurance accroîtrait l’accessibilité aux services de santé privés et que cela contribuerait à détériorer la qualité des services offerts par le système de santé public. Se fondant sur l’avis d’autres experts du domaine de la santé, les appelants ont exprimé leur désaccord et ont avancé leur propre argument contraire, fondé sur le « bon sens », pour étayer la proposition voulant que l’interdiction de souscrire une assurance maladie privée n’ait rien à voir avec le maintien d’un système de santé public de grande qualité, et ne soit pas nécessaire à cet égard. Selon eux, les soins publics de qualité ne sont pas subordonnés à l’existence d’un monopole, mais sont plutôt une question d’argent et de gestion. Ils ont témoigné qu’autoriser les gens à souscrire une assurance privée accroîtrait l’accessibilité aux soins médicaux parallèles et allégerait le fardeau du système public. Il en résulterait, d’après eux, une amélioration des soins offerts à l’ensemble de la population […] À ce stade, nous sommes aux prises avec des arguments opposés, mais non prouvés, qui sont fondés sur le « bon sens » et qui ne représentent rien de plus que des opinions. Nous nageons ici dans la théorie. Cependant, comme nous l’avons vu, une restriction théoriquement justifiable peut être arbitraire si, en fait, elle n’a aucun lien avec l’objectif visé. Cela nous amène à la preuve que les appelants ont présentée au procès au sujet de la situation qui existe dans d’autres pays développés où le système de santé public permet l’accès aux soins privés. La situation dans ces pays indique qu’en fait il n’existe aucun lien véritable entre l’interdiction de souscrire une assurance maladie et l’objectif de maintien d’un système de santé public de qualité. Chaoulli, précité, para 136 à 149 (voir aussi les paragraphes 115, 117, 136 à 149, 150 et 152, où la Cour cite des études de Statistique Canada et le cas d’autres démocraties occidentales) [sources de l’AMC, onglet 2]. Voir aussi Rodriguez c. Colombie-Britannique (Procureur général), [1993] 3 R.C.S. 519, à 601-602 [sources de l’AMC, onglet 16]. 22. Les toxicomanes ont un problème de santé qui se traite. C’est pourquoi l’Insite est là pour offrir des traitements qui réduisent les effets nuisibles de la consommation de drogue, et peut orienter ses patients vulnérables vers d’autres services de santé. Dans ce contexte, la loi fédérale et les mesures gouvernementales en question reviennent à un déni d’accès à un traitement médical fondé sur des données probantes, déni qui expose des patients à de graves risques pour leur vie et leur sécurité. 23. Une interprétation de la Charte doit reposer sur des faits et non sur la spéculation ou des positions idéologiques, surtout quand il s’agit d’un problème de santé (toxicomanie) pouvant mettre une personne (c’est-à-dire un patient) en danger. En pareil cas, la Cour doit circonscrire les obligations constitutionnelles d’après la médecine factuelle et d’après des avis cliniques indépendants. Chaoulli, précité, para 85 et 107 [sources de l’AMC, onglet 2]. Voir aussi Operation Dismantle Inc. c. La Reine, [1985] 1 R.C.S. 441 à 452-454 [sources de l’AMC, onglet 7]; Auton (Tutrice à l’instance de) c. Colombie-Britannique (Procureur général), [2004] 3 R.C.S. 657, para 66 [sources de l’AMC, onglet 1]. 24. Par conséquent, l’AMC avance que dans le domaine de la santé, où des vies sont en jeu, toute mesure législative ou gouvernementale ayant pour effet de refuser l’accès à des soins médicaux doit à tout le moins reposer sur des preuves solides. B. Les dispositions contestées portent atteinte à l’article 7 de la Charte 1) Le déni d’accès à des soins de santé nécessaires est contraire à l’article 7 de la Charte 25. Si le gouvernement a généralement le droit de promulguer des lois interdisant la consommation ou le trafic de drogue, ces lois (aussi bien intentionnées soient-elles) ne sauraient avoir pour effet de mettre en danger les personnes à risque concernées. Or, la Cour a déjà conclu dans l’arrêt Chaoulli qu’un gouvernement enfreignait l’article 7 de la Charte en empêchant un patient d’avoir accès rapidement à des soins de santé. 2) Il y a eu atteinte aux droits à la vie et à la sécurité des patients 26. Le juge de première instance et la Cour d’appel ont tous deux conclu que les droits à la vie et à la sécurité n’ont pas été respectés en l’espèce. La preuve à cet égard est très claire : [Traduction] 1. La dépendance est une maladie. L’un des aspects de cette maladie est l’état de manque ou le besoin constant de la personne qui en souffre de consommer la substance dont elle est dépendante. 2. L’injection de drogues fait augmenter l’incidence et la prévalence des maladies infectieuses comme le VIH/sida et l’hépatite A, B ou C, ainsi que des infections hématologiques ou cutanées; c’est un facteur important de morbidité et de mortalité se traduisant par des cas fréquents de surdose; et c’est un facteur d’augmentation du nombre d’hospitalisations et de visites aux services des urgences. 3. En s’injectant des drogues en présence de professionnels de la santé qualifiés à Insite, le toxicomane réduit ses risques de morbidité et de mortalité associés à sa dépendance et à sa consommation par injection. 4. Les patients de l’Insite qui souffrent d’une dépendance à l’héroïne, à la cocaïne ou à d’autres substances désignées ne consomment pas à des fins récréatives. Leur dépendance est une maladie souvent, sinon toujours, assortie de graves infections et d’un véritable danger de surdose. Motifs de la décision du juge de première instance, par. 87, 89, 135 et 136, dossier des appelants, vol. I, p. 24-25 et 34. Voir aussi les motifs de la décision de la Cour d’appel de la C.-B., par. 30., dossier des appelants, vol. I, p. 65. 3) Les toxicomanes n’ont pas renoncé à leur droit légal et constitutionnel d’être traités 27. Les appelants n’ont pas vraiment contesté le fait que la toxicomanie est une maladie. Ils ont plutôt défendu leur position en affirmant que les toxicomanes ont « choisi » leur mode de vie et qu’ils sont donc entièrement responsables de leur problème de santé. Pour les raisons exposées plus loin, cette « justification » ne remplit pas le critère constitutionnel. 28. Les appelants font valoir qu’il n’y a pas eu d’atteinte aux droits garantis à l’article 7 de la Charte puisque tout découle selon eux d’un « choix du consommateur », invoquant le fait que 95 % des injections qui se font dans l’Est du centre-ville de Vancouver se font ailleurs qu’à l’Insite. Ils n’expliquent pas en quoi cette affirmation démontre pourquoi les toxicomanes peuvent choisir de ne pas s’injecter de drogues, cette affirmation ne concernant que le lieu des injections. Dans tous les cas, contrairement à l’hypothèse du libre arbitre avancée par les appelants, la preuve dont disposait le juge de première instance et ses conclusions vont dans le sens contraire : les motifs de la dépendance et le besoin qui en découle sont le fait d’un ensemble complexe de facteurs personnels, gouvernementaux et légaux, certains laissant la place au libre choix, mais d’autres non . De plus, le juge de première instance a conclu que c’était la maladie qu’est la toxicomanie et l’échec de son traitement qui avaient causé l’aggravation du mal et le décès. Motifs du juge de première instance, par. 65, 89 et 142, dossier des appelants, vol. I, p. 21, 24-25 et 35. Voir aussi les motifs de la décision de la Cour d’appel de la C.-B., par. 39, dossier des appelants, vol. I, p. 67. Contrairement aux faits dans R. c. Malmo-Levine; R. c. Caine, [2003] 3 R.C.S. 571 [Malmo-Levine] [sources de l’AMC, onglet 12]. 29. La position des appelants revient à prétendre que les usagers de l’Insite auraient en fait renoncé à leurs droits garantis à l’article 7 de la Charte. Bien que la jurisprudence n’indique pas clairement s’il est effectivement possible ou non de renoncer à un droit garanti à l’article 7, il est bien établi que la personne qui renonce à tout droit garanti par la Charte doit le faire volontairement, exprimer ce choix librement et être parfaitement consciente de la raison d’être de ce droit et des conséquences du renoncement à la protection garantie par celui-ci. Or, il n’y a aucune preuve que les patients de l’Insite aux prises avec la toxicomanie auraient, en toute connaissance de cause et sans équivoque, renoncé à leurs droits constitutionnels et plus particulièrement à leur droit à un traitement médical. Voir, p. ex., Godbout c. Longueuil (Ville), [1997] 3 R.C.S. 844, para 71-72; Syndicat Northcrest c. Amselem, [2004] 2 R.C.S. 551, para 96-102; R. c. Richard, [1996] R.C.S. 525, para 22-26; R. c. L.T.H., [2008] 2 R.C.S. 739, para 41-42; R. c. Clarkson, [1986] 1 R.C.S. 383, p. 394-396; Korponay c. Canada (Procureur général), [1982] 1 R.C.S. 41, p. 49; Yorkton Union Hospital v. S.U.N. (1993), 16 Admin. L.R. (2d) 272, para 44 (C.A.) [sources de l’AMC, onglets 3, 17, 15, 11, 8, 4, 18 respectivement]. 30. En effet, les Canadiennes et les Canadiens qui font tel ou tel « choix de vie » ne renoncent pas pour autant à leur droit à des soins de santé ni à leur protection contre les atteintes aux droits garantis à l’article 7. En affirmant que les toxicomanes doivent assumer la responsabilité de leur choix, les appelants adoptent une position contraire à la raison d’être du système de santé canadien, à savoir le droit fondamental de la population canadienne d’accéder à des soins médicaux et les obligations déontologiques et cliniques de leurs fournisseurs de soins de santé (comme l’ont conclu le juge de première instance et la Cour d’appel). 31. Les appelants escamotent la question clinique qui touche les médecins et leurs patients : le médecin a l’obligation professionnelle et déontologique de traiter son patient, que celui-ci semble se faire lui-même du tort ou non. Au Canada, ni l’obligation déontologique de traiter les patients ni le droit légal de se faire traiter ne sauraient être assujettis à une évaluation morale des choix de vie d’un patient. Ce n’est pas parce qu’un patient adopte un comportement téméraire qu’il perd son droit aux soins qu’exigent les pratiques cliniquement établies. 32. Le Code de déontologie de l’AMC (que la Cour a invoqué par le passé ) prévoit à l’article 31 que tous les médecins ont l’obligation de « [r]econnaître que les médecins doivent favoriser l’accès équitable aux ressources consacrées aux soins de santé ». Or, les patients de l’Insite seraient privés d’une ressource bénéfique pour leur santé si l’Insite devait fermer ses portes, voire s’il devait poursuivre ses activités avec le risque constant de sa fermeture. 33. Accepter l’interprétation de la Charte avancée par les appelants créerait un précédent extrêmement dangereux. En effet, s’il fallait appliquer la logique du « choix » à d’autres cas médicaux, par exemple une maladie chronique, les patients devenus diabétiques en raison de facteurs de risque tels qu’une mauvaise alimentation ou le manque d’exercice perdraient, selon cette logique, leur droit d’être soignés. Or, il se trouve qu’en l’espèce, le juge de première instance a estimé qu’une grande partie des facteurs complexes allant au-delà des choix personnels, notamment les facteurs génétiques et socio-économiques, pouvaient contribuer aux causes d’une toxicomanie au même titre que de tout autre maladie. Donc, adopter cette interprétation serait contraire à l’éthique et aux principes cliniques et, surtout, inconstitutionnel. 4) Il y a eu atteinte au droit à la liberté des intimés (personnes physiques) 34. Les tribunaux ont reconnu que la menace d’une poursuite criminelle et la possibilité d’un emprisonnement pour une infraction étaient suffisantes pour justifier une vérification du respect du droit à la liberté garanti à l’article 7. Malmo-Levine, précité, para 84 [sources de l’AMC, onglet 12]. R. v. Parker (2000), 188 D.L.R. 4th 385, para 101 (C.A. Ont.) [sources de l’AMC, onglet 14]. 35. Les patients vulnérables souffrant d’une dépendance et les fournisseurs de soins de santé travaillant à l’Insite sont victimes d’atteintes à leurs droits garantis à l’article 7 de la Charte du fait de la menace d’une poursuite en vertu de la Loi. Par l’incertitude qui le caractérise, le processus ministériel d’exemption de l’Insite à certaines dispositions de la Loi impose un fardeau considérable à des personnes déjà éprouvées par la toxicomanie. En outre, le capricieux mécanisme d’exemption prévu à la Loi expose les professionnels de la santé à des risques qui hypothèquent leur capacité de fournir en temps voulu les services de santé nécessaires et éprouvés à tous les citoyens. 5) Les principes de justice fondamentale n’ont pas été respectés 36. Il est clairement établi qu’une loi arbitraire ou trop générale manque aux principes de justice fondamentale. L’AMC fait observer que le juge de première instance a eu raison de conclure que les dispositions contestées étaient, sinon arbitraires, du moins grossièrement exagérées et beaucoup trop générales. La Cour d’appel a elle aussi jugé les dispositions trop générales. P. Hogg, Constitutional Law of Canada, 5e éd., cahier (Carswell : Toronto, 2007), p. 47-52 à 47-60.1 [sources de l’AMC, onglet 19]. R. c. Heywood, [1994] 3 R.C.S. 761, p. 792-794 [sources de l’AMC, onglet 10]. Chaoulli, précité, para 127 [sources de l’AMC, onglet 2]. Rodriguez, précité, p. 590-591 [sources de l’AMC, onglet 16]. a) Les dispositions attaquées sont arbitraires 37. Une loi est arbitraire lorsque son contenu est sans rapport ou contradictoire avec son objectif. Si une restriction du droit garanti à l’article 7 ne présente que des liens théoriques avec l’objectif de la Charte, mais aucun lien factuel, elle est arbitraire. Chaoulli, précité, para 130-131 [sources de l’AMC, onglet 2]. 38. En l’espèce, le gouvernement a interdit l’accès à des soins médicaux nécessaires fondés sur des données probantes et, ce faisant, a lui-même contribué au problème auquel il veut s’attaquer, à savoir la possession de drogue et la toxicomanie. D’après les meilleures preuves médicales disponibles, les cliniques comme l’Insite sauvent des vies en plus de produire de bons résultats pour la santé et d’élargir les possibilités thérapeutiques pour les patients vulnérables. 39. Au surplus, l’orientation qui consiste à s’appuyer sur des opinions et non des faits pour justifier le refus d’accès aux soins médicaux nécessaires est arbitraire, étant par définition sans lien réel avec les faits. b) Les dispositions attaquées sont trop générales 40. Un principe de justice fondamentale reconnu veut qu’une loi pénale ne doive pas être trop générale. Si, dans la poursuite d’un objectif légitime, le gouvernement adopte des mesures plus générales que nécessaire pour remplir cet objectif, il y aura donc atteinte aux principes de justice fondamentale. Heywood, précité, p. 792-793 [sources de l’AMC, onglet 10]. Voir aussi Malmo-Levine, précité, para 130-131 [sources de l’AMC, onglet 12]. 41. C’est a fortiori le cas quand l’État lui-même a particulièrement intérêt à agir pour protéger les personnes vulnérables. En l’espèce, la preuve présentée au juge de première instance a démontré que la réduction des préjudices s’inscrivait dans la stratégie canadienne de lutte contre la drogue depuis des années. En 2002, le Comité spécial sur la consommation non médicale de drogues ou médicaments de la Chambre des communes a rejeté la dichotomie opposant la réduction des préjudices et un modèle thérapeutique fondé sur l’abstinence. Il a aussi envisagé spécifiquement la création d’un centre d’injection sécuritaire dans l’Est du centre-ville de Vancouver après avoir constaté que ce secteur était le théâtre d’un « désastre de santé publique ». 42. C’est pourquoi, même s’il peut avoir des raisons légitimes de prévenir la possession et le trafic de drogue, l’État ne saurait se doter de lois prohibitives à portée si générale qu’elles nuisent aux personnes ayant besoin de soins médicaux. C. S’il y a atteinte aux droits garantis à l’article 7, l’article 1 de la Charte ne saurait justifier la Loi 43. L’AMC fait observer que, si la Cour devait conclure que les articles 4(1) et 5(1) de la Loi portent atteinte aux droits garantis à l’article 7 de la Charte, les dispositions de ces articles ne sauraient être justifiées par l’article 1 de la Charte, car une loi qui ne respecte pas les principes de justice fondamentale est injustifiable et, plus précisément, ne répond pas au critère de l’atteinte minimale dont il est question dans l’analyse de l’article 1. Voir p. ex., Nouveau-Brunswick (Ministre de la Santé et des Services communautaires) c. G. (J.), [1999] 3 R.C.S. 46, para 99 [sources de l’AMC, onglet 6]; Heywood, précité, p. 802-803 [sources de l’AMC, onglet 10]. D. Redressement 44. La justice fondamentale exige, soit des exemptions permanentes, soit une déclaration selon laquelle la loi contestée est sans effet sur les usagers des sites d’injection supervisés. L’AMC fait valoir que cette position va dans le sens d’une interprétation sensée en droit constitutionnel de l’article 7 de la Charte et protège les patients les plus vulnérables comme l’exigent les obligations déontologiques des médecins et les pratiques médicales fondées sur des données probantes. PARTIE IV – DEMANDES RELATIVES AUX DÉPENS 45. L’AMC ne réclame pas de dépens et demande qu’il n’y ait pas de dépens accordés contre elle. PARTIE V – ORDONNANCE SOLLICITÉE 46. L’AMC demande des réponses affirmatives aux questions constitutionnelles deux et quatre. Toutefois, si la Cour donne ces réponses affirmatives, il conviendrait que les réponses aux questions constitutionnelles trois et cinq soient négatives. 47. L’AMC sollicite auprès de la Cour, en application de l’article 59(2) des Règles de la Cour suprême du Canada, l’autorisation de présenter une plaidoirie orale à l’audition de la présente demande d’autorisation d’appel. Règles de la Cour suprême du Canada, DORS/83-74, dans leur version modifiée, paragraphe 59(2) [Partie VII du mémoire]. LE TOUT RESPECTUEUSEMENT SOUMIS LE 13 AVRIL 2011. Guy Pratt/Nadia Effendi Borden Ladner Gervais LLP PARTIE VI – TABLEAU DES SOURCES ONGLET SOURCES Paragraphe du mémoire où la source est citée Décisions 1. Auton (Tutrice à l’instance de) c. Colombie-Britannique (Procureur général), [2004] 3 R.C.S. 657 23 2. Chaoulli c. Québec (Procureur général), [2005] 1 R.C.S. 791 17, 21, 23, 36, 37 3. Godbout c. Longueuil (Ville), [1997] 3 R.C.S. 844 29 4. Korponay c. Canada (Procureur général), [1982] 1 R.C.S. 41 29 5. MacKay c. Manitoba, [1989] 2 R.C.S. 357 20 6. Nouveau-Brunswick (Ministre de la Santé et des Services communautaires) c. G. (J.), [1999] 3 R.C.S. 46 43 7. Operation Dismantle Inc. c. La Reine, [1985] 1 R.C.S. 441 23 8. R. c. Clarkson, [1986] 1 R.C.S. 383 29 9. R. c. Dersch, [1993] 3 R.C.S. 768 32 10. R. c. Heywood, [1994] 3 R.C.S. 761 36, 40, 43 11. R. c. L.T.H., [2008] 2 R.C.S. 739 29 12. R. c. Malmo-Levine; R. c. Caine, [2003] 3 R.C.S. 571 28, 34, 40 13. R. c. Morgentaler, [1988] 1 R.C.S. 30 17, 18 14. R. v. Parker (2000), 188 D.L.R. 4th 385 (C.A. Ont.) 34 15. R. c. Richard, [1996] R.C.S. 525 29 16. Rodriguez c. Colombie-Britannique (Procureur général), [1993] 3 R.C.S. 519 21, 36 17. Syndicat Northcrest c. Amselem, [2004] 2 R.C.S. 551 29 18. Yorkton Union Hospital v. S.U.N. (1993), 16 Admin. L.R. (2d) 272 (C.A. Sask.) 29 Sources secondaires 19. P. Hogg, Constitutional Law of Canada, 5e éd., cahier (Carswell : Toronto, 2007), p. 47-52 à 47-60.1 36 20. Taylor, M. et Jamal, M., The Charter of Rights in Litigation, cahier (Canada Law Book : Aurora, 2010), par. 17:15 19 PARTIE VII – LOIS, RÈGLES ET RÈGLEMENTS · Charte canadienne des droits et libertés, articles 1 et 7 · Loi réglementant certaines drogues et autres substances, L.C. 1996, chap. 19, art. 4(1) et 5(1), art. 56 · Règles de la Cour suprême du Canada, DORS/83-74, dans leur version modifiée, article 59(2) Canadian Charter of Rights and Freedoms PART I OF THE CONSTITUTION ACT, 1982 Charte canadienne des droits et libertés PARTIE I DE LA LOI CONSTITUTIONNELLE DE 1982 Rights and freedoms in Canada 1. The Canadian Charter of Rights and Freedoms guarantees the rights and freedoms set out in it subject only to such reasonable limits prescribed by law as can be demonstrably justified in a free and democratic society. Life, liberty and security of person 7. Everyone has the right to life, liberty and security of the person and the right not to be deprived thereof except in accordance with the principles of fundamental justice. Droits et libertés au Canada 1. La Charte canadienne des droits et libertés garantit les droits et libertés qui y sont énoncés. Ils ne peuvent être restreints que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique. Vie, liberté et sécurité 7. Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne; il ne peut être porté atteinte à ce droit qu’en conformité avec les principes de justice fondamentale. Controlled Drugs and Substances Act S.C. 1996, c. 19 Possession of substance 4. (1) Except as authorized under the regulations, no person shah possess a substance included in Schedule I, II or III. Trafficking in substance 5. (1) No person shah traffic in a substance included in Schedule I, II, III or IV or in any substance represented or held out by that person to be such a substance. Exemption by Minister 56. The Minister may, on such terms and conditions as the Minister deems necessary, exempt any person or class of persons or any controlled substance or precursor or any class thereof from the application of all or any of the provisions of this Act or the regulations if, in the opinion of the Minister, the exemption is necessary for a medical or scientific purpose or is otherwise in the public interest. Loi réglementant certaines drogues et autres substances L.C. 1996, ch. 19 Possession de substances 4. (1) Sauf dans les cas autorisés aux termes des règlements, la possession de toute substance inscrite aux annexes I, II ou III est interdite. Trafic de substances 5. (1) Il est interdit de faire le trafic de toute substance inscrite aux annexes I, II, III ou IV ou de toute substance présentée ou tenue pour telle par le trafiquant. Exemption par le ministre 56. S’il estime que des raisons médicales, scientifiques ou d’intérêt public le justifient, le ministre peut, aux conditions qu’il fixe, soustraire à l’application de tout ou partie de la présente loi ou de ses règlements toute personne ou catégorie de personnes, ou toute substance désignée ou tout précurseur ou toute catégorie de ceux-ci. Rules of the Supreme Court of Canada (in force on October 13, 2006) Règles de la Cour suprême du Canada. (en vigueur le 13 octobre 2006) 59. (1) In an order granting an intervention, the judge may (a) make provisions as to additional disbursements incurred by the appellant or respondent as a result of the intervention; and (b) impose any terms and conditions and grant any rights and privileges that the judge may determine, including whether the intervener is entitled to adduce further evidence or otherwise to supplement the record. (2) In an order granting an intervention or after the time for filing and serving all of the memoranda of argument on an application for leave to appeal or the facta on an appeal or reference has expired, a judge may, in their discretion, authorize the intervener to present oral argument at the hearing of the application for leave to appeal, if any, the appeal or the reference, and determine the time to be allotted for oral argument. (3) An intervener is not permitted to raise new issues unless otherwise ordered by a judge. 59. (1) Dans l’ordonnance octroyant l’autorisation d’intervenir, le juge peut : a) prévoir comment seront supportés les dépens supplémentaires de l’appelant ou de l’intime résultant de l’intervention; b) imposer des conditions et octroyer les droits et privilèges qu’il détermine, notamment le droit d’apporter d’autres éléments de preuve ou de compléter autrement le dossier. (2) Dans l’ordonnance octroyant l’autorisation d’intervenir ou après l’expiration du délai de dépôt et de signification des mémoires de demande d’autorisation d’appel, d’appel ou de renvoi, le juge peut, à sa discrétion, autoriser l’intervenant à présenter une plaidoirie orale à l’audition de la demande d’autorisation d’appel, de l’appel ou du renvoi, selon le cas, et déterminer le temps alloué pour la plaidoirie orale. (3) Sauf ordonnance contraire d’un juge, l’intervenant n’est pas autorisé à soulever de nouvelles questions.
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Chaoulli : mémoire de l' AMC–ACO sur l’accès en temps opportun aux soins de santé [Contenu anglais]

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Principes directeurs pour les médecins qui recommandent à leurs patients des applications mobiles sur la santé

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2015-05-30
Thèmes
Information sur la santé et cybersanté
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
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Pratique et rémunération des médecins; formulaires
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PRINCIPES DIRECTEURS POUR LES MÉDECINS QUI RECOMMANDENT À LEURS PATIENTS DES APPLICATIONS MOBILES SUR LA SANTÉ Ce document présente aux médecins des renseignements de base sur la façon d'évaluer une application mobile afin de la recommander ou non à un patient dans la prise en charge de sa santé, de ses soins et des renseignements sur sa santé. Ces principes directeurs s'appuient sur le document de politique de l'Association médicale canadienne (AMC) intitulé Lignes directrices à l'intention des médecins au sujet des communications en ligne avec les patients1. Contexte * Les applications mobiles sur la santé, qui diffèrent des dispositifs médicaux réglementés, peuvent se définir comme des applications sur un appareil mobile destinées à être utilisées pour diagnostiquer une maladie ou d'autres états de santé, ou en vue de guérir, d'atténuer, de traiter ou de prévenir des maladies. Une telle application peut proposer les caractéristiques suivantes : o la capacité de stocker et de faire le suivi des renseignements sur la santé d'une personne ou d'un groupe ou de leurs déterminants sociaux; o la capacité de fournir de l'information éducative, des rappels ou des conseils de motivation communiqués de façon périodique; o la capacité de fournir des renseignements de localisation GPS pour diriger ou alerter les patients; o la capacité de fournir des listes de contrôle ou des questionnaires normalisés2. * Les applications mobiles peuvent rehausser les résultats de santé tout en atténuant les coûts des soins, car elles peuvent améliorer l'accès du patient à l'information et aux fournisseurs de soins de santé3. * Ces applications sont utilisées le plus souvent sur un téléphone intelligent ou une tablette. Certaines ont également une interface compatible avec les dispositifs médicaux. * L'utilisation d'applications mobiles sur la santé reflète une nouvelle tendance vers une médecine personnalisée et la participation active des patients à la gestion de l'information sur leur santé. D'ici 2016, on estime que 142 millions d'applications sur la santé auront été téléchargées4. Selon certaines prévisions de l'industrie, d'ici 2018, 50 % des plus de 3,4 milliards d'utilisateurs de téléphones intelligents et de tablettes dans le monde auront téléchargé au moins une application mobile sur la santé5. * Bien qu'il se télécharge de plus en plus d'applications mobiles sur la santé, il existe peu de données sur leur utilisation et l'observance par les patients. On croit que de nombreux patients cessent de les utiliser peu de temps après les avoir téléchargées. * Les distributeurs d'applications mobiles sur la santé n'évaluent pas actuellement l'exactitude, l'exhaustivité, la fiabilité ou la tenue à jour du contenu des applications. Ils n'évaluent pas non plus leur conformité aux guides de pratique clinique6. Cependant, les applications peuvent être soumises à certaines normes pour s'assurer qu'elles intègrent des exigences techniques essentielles, comme l'accessibilité, la disponibilité, l'adaptabilité, la fiabilité opérationnelle et l'universalité. * On trouve de plus en plus de sites Web indépendants qui fournissent des critiques d'applications médicales et des listes de contrôle pour les professionnels de la santé. Cependant, ces groupes ne déclarent pas toujours les critères de qualité qu'ils utilisent, ni les conflits d'intérêts potentiels, ni la portée ou le nombre d'applications mobiles évalués. À ce jour, les essais contrôlés randomisés ne sont généralement pas utilisés pour évaluer l'efficacité des applications mobiles sur la santé. Certains croient que la rigueur de ce type d'évaluation pourrait ralentir la mise en marché en temps opportun de ces applications7. * Les applications mobiles sur la santé sont utilisées entre autres pour le suivi des activités de conditionnement physique pour un mode de vie sain, le soutien de l'autogestion de la santé et de l'information sur la santé, le suivi à la suite d'une intervention, la consultation des résultats de tests, la virtualisation de l'interaction entre les patients et les fournisseurs de soins de santé, comme la surveillance à distance des patients pour la prise en charge de maladies chroniques. Certaines applications mobiles sur la santé peuvent être liées à un profil du patient ou à un portail pour patients rattaché à une association professionnelle ou reconnue, à une société médicale ou à une organisation de soins de santé. * Certaines applications mobiles sur la santé peuvent être une extension d'une plateforme de dossier médical électronique (DME). Principes directeurs * Un médecin qui recommande une application mobile sur la santé à un patient doit avoir pour objectif d'améliorer la sécurité ou l'efficacité des soins ou de promouvoir la santé. * Une application mobile sur la santé est une approche utilisée pour la prestation de services de santé. Ces applications devraient compléter, plutôt que remplacer, la relation entre un médecin et son patient. * Il n'existe pas d'application mobile sur la santé appropriée pour tous les patients. Avant de recommander une application, il est souhaitable que le médecin cherche à comprendre la capacité du patient, son niveau de confort et son accès à la technologie, ainsi que le contexte de l'application des soins. * Si un médecin recommande une application mobile sur la santé à un patient, il lui incombe de le faire d'une manière qui respecte les lois et les règlements (le cas échéant) ainsi que ses obligations professionnelles. * Si l'application doit être utilisée pour surveiller l'état du patient de façon continue, il pourrait être bon pour le médecin de discuter avec le patient de ce qu'il doit surveiller et des gestes à poser en fonction des renseignements fournis. * On encourage les médecins à communiquer à leurs collègues les éléments des applications qu'ils ont jugées efficaces. * Les médecins qui ont besoin de renseignements supplémentaires sur les compétences associées à la cybersanté et à l'utilisation des technologies de l'information sur la santé peuvent consulter le cadre de compétences CanMEDS8 du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC). * Les médecins pourraient envisager d'avoir une discussion avec leur patient au sujet du consentement, ce qui peut inclure la gestion électronique de l'information sur la santé ou d'information imprimée à partir d'une plateforme de gestion électronique telle qu'une application mobile sur la santé, et consigner la discussion au dossier. À cette occasion, le médecin communiquera de l'information et fera des recommandations portant sur les éléments communs à de nombreuses applications mobiles sur la santé, tels que le risque général d'atteinte à la vie privée associée au stockage de renseignements sur la santé sur un appareil mobile. Caractéristiques d'une application mobile sur la santé sûre et efficace Il n'est pas nécessaire qu'une application mobile sur la santé ait toutes les caractéristiques suivantes pour être sûre et efficace. Cependant, plus elle en aura, plus elle sera susceptible d'être adéquate aux fins de recommandation à un patient : 1. Approbation par une association professionnelle ou reconnue, une société médicale ou une organisation de soins de santé Comme l'a recommandé l'Association canadienne de protection médicale (ACPM), il est préférable de choisir des applications mobiles sur la santé qui ont été créées ou recommandées par une association professionnelle ou reconnue, ou par une société médicale9. Certaines organisations de soins de santé, comme les hôpitaux, peuvent aussi concevoir ou approuver des applications pour une utilisation dans leurs milieux cliniques. Certaines organisations ou certains cabinets peuvent aussi avoir des applications associées à leur plateforme de DME. Enfin, certaines applications mobiles sur la santé peuvent avoir été soumises à un processus d'examen par les pairs distinct de l'aval donné par une association ou une organisation. 2. Convivialité Un certain nombre de facteurs associés à la convivialité peuvent compliquer l'utilisation des applications mobiles, y compris l'interface et les défauts de conception, les restrictions technologiques ainsi que les problèmes de fonctionnement de l'appareil et de l'infrastructure. De nombreux développeurs publient des correctifs ou des mises à jour périodiques pour améliorer la stabilité et la convivialité de leurs applications. Il serait donc prudent que le médecin recommandant une application à un patient lui recommande aussi de vérifier si l'application a été mise à jour au cours de la dernière année. On suggère aux médecins qui songent à recommander une application à un patient de lui demander s'il est à l'aise avec les technologies mobiles sur la santé, quel est son degré de connaissances en informatique, s'il possède ou non un appareil mobile capable de faire tourner l'application et s'il a les moyens de payer les coûts associés à l'utilisation de l'application, que ce soit de façon récurrente ou non. Il pourrait être utile que les médecins testent d'abord l'application pour évaluer si ses fonctionnalités et son interface sont conviviales. 3. Fiabilité des renseignements Avant de recommander une application, il serait souhaitable que les médecins vérifient comment le patient a l'intention d'utiliser l'information et de réviser l'information fournie par l'application avec lui pour déterminer si elle est à jour et appropriée. Le développeur de l'application devrait référencer de manière appropriée les renseignements figurant dans l'application mobile sur la santé et indiquer la date de la dernière mise à jour. 4. Protection de la vie privée et sécurité Il existe des risques de sécurité inhérents à l'utilisation d'une application mobile sur la santé et à l'entrée de renseignements de nature délicate dans un appareil mobile. Les appareils mobiles peuvent être volés, et les conditions d'utilisation des applications peuvent inclure des dispositions prévoyant le partage des renseignements entre le développeur de l'application et des tiers, anonymes ou non, à des fins commerciales. En 2014, le bureau de la commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de l'Alberta a évalué environ 1 200 applications mobiles et a trouvé que près d'un tiers d'entre elles exigeait un accès à des renseignements personnels au-delà de ce qui devrait être nécessaire en rapport à leur fonctionnalité et à leur but, et que les détails sur la protection des renseignements personnels n'étaient pas toujours divulgués10. Il serait souhaitable que les médecins ayant une discussion sur le consentement avec leur patient incluent la gestion électronique de l'information sur la santé dans cette discussion et documentent la discussion dans le dossier de santé du patient. Si les médecins n'ont pas eu de discussion sur le consentement avec leur patient et n'ont pas documenté ce fait, ils voudront peut-être tout de même mentionner au patient que les applications mobiles sur la santé comportent des risques en matière de sécurité et lui recommander de prendre connaissance des caractéristiques de sécurité de leur appareil. Ils pourraient recommander au patient de vérifier si l'application mobile a une politique de confidentialité qui décrit les façons dont elle recueille les données et dont le développeur les utilise, ou si une évaluation de l'impact sur la vie privée a été réalisée, montrant les risques associés à l'utilisation de l'application. Certaines applications mobiles sur la santé peuvent exiger des niveaux d'authentification supplémentaires, comme un mot de passe additionnel ou des protocoles de chiffrement. Si tous les autres facteurs sont égaux entre les applications, il serait préférable que les médecins recommandent aux patients d'utiliser des applications qui adhèrent à des normes de sécurité plus élevées. 5. Prévention des conflits d'intérêts Les médecins peuvent souhaiter recommander que les patients s'informent plus avant sur la société ou l'organisme responsable du développement de l'application et son mandat. Il existe un risque de gains secondaires par les développeurs et les fournisseurs d'applications mobiles sur la santé lorsque des renseignements sur les patients ou leur profil d'utilisation de l'application sont recueillis et vendus à des tiers. L'application ou le site du développeur peut contenir un énoncé normalisé sur les conflits d'intérêts. Si c'est le cas, les médecins peuvent renvoyer le patient à ce document. Les médecins qui développent des applications mobiles à des fins commerciales ou qui pourraient tirer des bénéfices commerciaux d'entreprises de développement d'applications risquent de faire l'objet d'une plainte auprès du Collège du fait qu'ils s'engageraient dans une conduite non professionnelle s'ils recommandaient à leurs patients des applications mobiles sur la santé dans le cadre de la prestation de soins. 6. Ne contribue pas à la fragmentation de l'information sur la santé Certaines applications mobiles sur la santé peuvent être reliées directement à un système de DME, un portail pour les patients, ou un dépôt de données du gouvernement. Ces ressources de données peuvent être normalisées, liées entre elles et faire l'objet de renvois les unes aux autres. Toutefois, l'information sur la santé entrée dans une application peut également être stockée sur un appareil mobile ou sur l'ordinateur personnel du patient. Les développeurs d'applications mobiles sur la santé peuvent aussi stocker séparément les renseignements recueillis par leur application. Bien que l'utilisation d'une application mobile sur la santé puisse comporter des avantages à court terme, le nombre d'applications et de développeurs peut contribuer à la fragmentation globale de l'information sur la santé. Si tous les autres facteurs entre les applications sont égaux, il serait souhaitable que les médecins recommandent des applications qui contribuent à des dépôts de données rigoureux, en particulier un système de DME existant. 7. Incidence démontrée sur les résultats pour la santé des patients Les applications mobiles sur la santé n'auront pas toutes une échelle appropriée d'utilisation et les développeurs n'auront pas tous la capacité de recueillir et d'analyser les données. Les médecins peuvent toutefois souhaiter recommander des applications qui ont fait l'objet de tests de validation pour prouver l'incidence de leur utilisation sur les résultats de santé des patients. Si les applications prétendent avoir un impact thérapeutique direct sur les populations de patients, les médecins peuvent souhaiter recommander à leurs patients de chercher à obtenir ou de demander des ressources pour valider cette affirmation. 1 Association médicle canadienne. Lignes directrices à l'intention des médecins au sujet des communications en ligne avec les patients. Ottawa: L'association. Disponible ici: http://policybase.cma.ca/dbtw-wpd/PolicyPDF/PD05-03F.pdf 2US Food and Drug Administration, Center for Devices and Radiological Health, Center for Biologics Evaluation and Research. Mobile medical applications: guidance for industry and Food and Drug Administration staff. Rockville (MD): The Administration; 2015. Disponible ici: www.fda.gov/downloads/MedicalDevices/.../UCM263366.pdf 3 Inforoute Santé du Canada. Livre blanc sur la santé mobile et les interactions entre les cliniciens et les patients (rapport complet). Toronto: La inforoute; 2014 Apr. Disponible ici: https://www.infoway-inforoute.ca/fr/component/edocman/ressources/documents-techniques/technologies-emergentes/1895-livre-blanc-sur-la-sante-mobile-et-les-interactions-entre-les-cliniciens-et-les-patients-rapport-complet?Itemid=189. 4iHealthBeat. 44M mobile health apps will be downloaded in 2012, report predicts. Disponible ici: www.ihealthbeat.org/articles/2011/12/1/44m-mobile-health-apps-will-be-downloaded-in-2012-report-predicts 5 Jahns R-G. 500m people will be using healthcare mobile applications in 2015. Research2guidance. Disponible ici: www.research2guidance.com/500m-people-will -be-using-healthcare-mobile-applications-in-2015/ 6 Lyver, M. Standards: a call to action. Future Practice. 2013 nov. Disponible ici: www.cma.ca/Assets/assets-library/document/en/about-us/FP-November2013-e.pdf 7 Rich P. Medical apps: current status. Future Practice 2013 nov. Disponible ici: www.cma.ca/Assets/assets-library/document/en/about-us/FP-November2013-e.pdf 8Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. The CanMEDS 2015 eHealth Expert Working Group report. Ottawa: le Collège; 2014. Disponible ici: www.royalcollege.ca/portal/page/portal/rc/common/documents/canmeds/framework/ehealth_ewg_report_e.pdf 9L'association canadienne de protection médicale. Gérer l'information pour prodiguer des soins plus sécuritaires. Ottawa : L'association ; 2013. Disponible ici :www.cmpa-acpm.ca/fr/duties-and-responsibilities/-/asset_publisher/bFaUiyQG069N/content/managing-information-to-deliver-safer-care 10 Office of the Information and Privacy Commissioner of Alberta. Global privacy sweep raises concerns about mobile apps (communiqué). Disponible ici : www.oipc.ab.ca/downloads/documentloader.ashx?id=3482.
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Les comportements santé - promouvoir l'activité physique et l'alimentation santé

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11523
Date
2015-05-30
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Date
2015-05-30
Remplace
Promotion de l'activité physique et du poids santé
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
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L'Association médicale canadienne (AMC) appuie la promotion d'habitudes de vie saines afin d'améliorer la santé et le mieux-être de la personne et l'état de santé global de la population. On entend par habitudes de vie saines les tendances des habitudes individuelles et des comportements personnels choisis associés à une santé optimale. L'alimentation santé et l'activité physique constituent deux des comportements les plus importants nécessaires pour créer ou maintenir une santé optimale. Pour beaucoup de Canadiens, l'alimentation et l'activité physique peuvent avoir un effet snégatif plutôt que positif sur leur santé globale. Les enfants et les jeunes qui grandissent dans des environnements de plus en plus obésogènes renforçant les pratiques qui jouent contre les habitudes de vie saines nous préoccupent particulièrement1. Les recherches sur l'obésité chez les enfants révèlent que ceux qui ont de l'embonpoint et de l'obésité sont plus susceptibles d'avoir le même problème à l'âge adulte2. Afin de casser cette tendance, des interventions déterminées s'imposent pour que les enfants et les adolescents apprennent et acquièrent des comportements santé qu'ils garderont toute leur vie. Les habitudes de vie saines sont cruciales pour bien vieillir et améliorer la probabilité de rétablissement après une période de mauvaise santé3. Ce document stratégique traite de l'importance de l'activité physique et de l'alimentation santé, ainsi que du rôle que l'individu et la famille, l'école, le milieu de travail, la communauté, l'industrie alimentaire et tous les ordres de gouvernement peuvent jouer pour promouvoir des habitudes de vie saines. Nous savons qu'une intervention concertée s'impose afin d'aider les Canadiens à intégrer l'alimentation santé et l'activité physique dans leur vie quotidienne - à faire du choix santé le choix facile. Principaux risques alimentaires causes de décès au Canada, deux sexes, tous les âges ? 2010 1 Alimentation à faible teneur en fruits 2 Alimentation à faible teneur en noix et en graines 3 Alimentation à forte teneur en sodium 4 Alimentation à forte teneur en acides gras trans 5 Alimentation à faible teneur en acides gras oméga-3 6 Alimentation à faible teneur en légumes 7 Alimentation à forte teneur en viande transformée 8 Alimentation à faible teneur en fibres 9 Alimentation à faible teneur en grains entiers 10 Alimentation à faible teneur en acides gras polyinsaturés 11 Alimentation à forte teneur en boissons sucrées 12 Alimentation à faible teneur en calcium 13 Alimentation à faible teneur en lait (faible en gras) 14 Alimentation à forte teneur en viande rouge ** Les risques alimentaires sont classés du plus important au plus faible Organisation mondiale de la Santé. Noncommunicable diseases country profiles 2011. WHO Global Report. Disponible ici : http://www.who.int/nmh/publications/ncd_profiles2011/en/. Consulté le 9 décembre 2013 Effets sur la santé des alimentations malsaines et de l'inactivité physique L'alimentation constitue le principal facteur de risque de décès, d'incapacité et d'années de vie perdues, car on estime qu'elle a causé plus de 65 000 décès et fait perdre 864 000 années de vie au Canada en 20104. On a toujours établi un lien entre l'alimentation malsaine et les maladies cardiovasculaires (cardiopathie, accident vasculaire cérébral, hypertension, diabète, dyslipidémie) et certains cancers5, qui constituent la majeure partie du fardeau morbide au Canada. On attribue directement ou indirectement à l'alimentation malsaine quelque 80 % des cas d'hypertension, avec laquelle vivent plus de 7 millions de Canadiens6. On estime que 60 % des adultes du Canada et presque le tiers des enfants ont de l'embonpoint ou sont obèses, état causé en grande partie par une alimentation malsaine7. L'embonpoint et l'obésité (et les choix d'habitudes de vie qu'on y associe) contribuent à plus de 18 problèmes chroniques8, y compris le diabète, les maladies cardiovasculaires, l'hypertension et les maladies du foie, ainsi que le cancer du sein, du côlon et de la prostate. L'obésité est un problème de santé publique qui n'est pas particulier au Canada, car les taux en sont à la hausse dans le monde entier. On attribue en général l'obésité au fait que, comme société, nous augmentons notre apport calorique tout en consommant moins d'énergie sous forme d'activité physique. Il est certes difficile de déterminer combien de décès sont attribuables directement à l'obésité, mais nous savons que l'obésité coexiste souvent avec d'autres facteurs de risque comme le manque d'activité physique. L'exercice est un des principaux facteurs de risque de maladie chronique qu'il est possible de modifier9. On associe l'activité physique régulière à une baisse du risque de maladies cardiovasculaires, de certains types de cancer, de diabète, d'obésité, d'hypertension, de maladies osseuses et articulaires et de dépression10. Le risque lié à un grand nombre de ces problèmes diminue de 20 à 40 % chez les adultes qui font le plus d'activité physique comparativement à ceux qui en font le moins. Des recherches récentes ont démontré qu'il y a un lien entre des habitudes de vie sédentaires et un risque plus grand de problèmes chroniques comme l'obésité, le diabète et le cancer, sans égard aux niveaux d'activité physique11. Selon la version la plus récente de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, les enfants et les adolescents font peu d'activité physique et consacrent six de leurs 10 heures d'éveil à des activités sédentaires. L'obésité est à la hausse et la condition physique, à la baisse12. Les Canadiens qui ne font pas suffisamment d'activité physique ou mangent mal sont vulnérables aux maladies chroniques évitables, risquent de mourir prématurément, et contribuent aux coûts élevés des soins de santé. En 1999, par exemple, 2,1 milliards de dollars, soit 2,5 % du total des coûts de santé directs, étaient attribuables à l'inactivité physique13. Pour comprendre pourquoi les taux d'obésité et d'embonpoint sont à la hausse, il peut être utile de jeter un coup d'œil sur ce que nous savons déjà au sujet de l'alimentation santé et de l'activité physique. Ce que nous savons au sujet de l'alimentation santé La science moderne nous a permis de mieux connaître l'effet des nutriments et des aliments sur la santé humaine, mais nous sommes toujours aux prises avec des maladies et des affections causées par notre alimentation. La bonne quantité et le bon type d'aliments recommandés dans le Guide alimentaire canadien constituent un premier pas vers une alimentation santé. Les apports alimentaires autodéclarés par les Canadiens ne sont toutefois pas conformes aux recommandations alimentaires nationales même si l'on compte énormément sur l'éducation publique portant sur l'alimentation et les régimes santé. Les enfants et les adultes ne mangent pas suffisamment des portions recommandées de légumes et de fruits, indicateur avéré d'habitudes alimentaires saines, et absorbent plus de sodium que l'apport quotidien recommandé14,15. À mesure que l'on révèle les liens entre la nutrition et les maladies, ainsi que l'effet de la santé sur notre société, il importe plus que jamais de comprendre les facteurs qui jouent sur des comportements alimentaires sains. Les choix d'aliments sont structurés par tout un éventail de déterminants individuels du comportement qui varient de l'état physiologique de la personne à des facteurs psychologiques, en passant par les préférences alimentaires, les connaissances en nutrition, les perceptions d'une alimentation santé. Beaucoup d'aliments transformés sont devenus populaires à cause de leur accessibilité et de leur " commodité ", mais ces caractéristiques ont changé la façon de consommer les aliments et ces produits en particulier comparativement aux aliments non transformés : de plus en plus, on " grignote ", mange seul ou mange en effectuant autre chose comme en travaillant ou en conduisant. Beaucoup de calories consommées le sont en outre sous forme liquide16. La croissance de la production et de la consommation d'aliments ultra-transformés a grimpé en flèche au cours des dernières décennies à la fois dans les pays à revenu élevé et dans ceux dont le revenu est moindre17. Des études ont démontré que comme les aliments moins bons pour la santé coûtent moins cher que les aliments plus sains, les membres des classes socioéconomiques inférieures ont tendance à dépendre davantage d'aliments malsains pour se nourrir18. Les autres déterminants de l'alimentation santé comprennent notamment un vaste éventail de facteurs contextuels comme l'environnement interpersonnel créé par la famille et les pairs, l'environnement physique, qui détermine la disponibilité et l'accessibilité des aliments, l'environnement économique où les aliments sont une denrée à commercialiser dans un but lucratif, sans oublier l'environnement social. Dans ce dernier contexte, la situation sociale (revenu, éducation et sexe) et le milieu culturel sont des déterminants de l'alimentation santé qui peuvent agir de façon " invisible " pour structurer les choix d'aliments19. Ce que nous savons de l'activité physique Les Lignes directrices en matière d'activité physique du Canada recommandent que les enfants et les jeunes de 5 à 17 ans fassent au moins 60 minutes d'activité physique modérée à vigoureuse (APMV) par jour et que les adultes fassent 150 minutes d'activité physique par semaine20. En fait, environ 94 % des enfants et des jeunes du Canada ne respectent pas les lignes directrices minimales en matière d'activité physique21, tout comme environ 85 % des adultes. L'activité physique inclut notamment le sport et les loisirs. Le transport actif pour se rendre au travail et l'activité au travail constituent une autre forme d'APMV qui peut aussi améliorer la santé. La plupart des Canadiens consacrent leur journée moyenne à des activités passives comme regarder la télévision, utiliser l'ordinateur et une console de jeux, rester assis au travail et se déplacer en automobile. De plus, les communautés suburbaines tentaculaires où vivent beaucoup de gens n'encouragent pas l'activité physique. De nouvelles recherches indiquent qu'il y a un lien entre la position assise pendant des périodes prolongées et un risque accru pour la santé22. Ces constatations signifient qu'il est possible de se conformer aux lignes directrices sur l'activité physique minimale tout en n'ayant pas des habitudes de vie saines. Quelques heures par semaine passées au gymnase ou consacrées autrement à une activité modérée ou vigoureuse ne semblent pas compenser vraiment le risque. Le fait de rester assis trop longtemps constitue un risque distinct du manque d'exercice. D'autres recherches s'imposent pour déterminer les méthodes de promotion de l'exercice les plus efficaces pour l'individu23, mais il est clair que des environnements et des infrastructures propices sont essentiels pour que les Canadiens intègrent l'activité physique dans leur vie quotidienne. La politique de l'AMC sur l'Environnement bâti et Le Transport actif appuient le rôle de l'environnement dans nos tendances à l'activité physique. Façons possibles de promouvoir l'activité physique et l'alimentation santé Des habitudes de vie sédentaires sont un signe qui doit attirer les conseils d'un médecin24. L'activité physique est un signe vital qui peut exiger qu'on lui accorde autant d'attention qu'à d'autres signes vitaux traditionnels25 - poids, tension artérielle ou antécédents tabagiques. Les médecins sont impatients d'amorcer ces échanges, en particulier avec des patients vivant avec des maladies chroniques. Il faut répéter un message à maintes reprises afin de modifier une habitude de vie. Les médecins peuvent répéter l'importance médicale de l'activité physique et de l'alimentation santé en renforçant le message au cours de chaque visite au bureau et en les recommandant sur un carnet d'ordonnances26. En Colombie-Britannique, par exemple, les médecins prescrivent l'exercice sur des carnets conçus spécialement à cette fin, distribuent des podomètres gratuits et organisent des activités de marche pour leurs patients et le public. Dans la région d'Edmonton, les réseaux de soins primaires prescrivent des laissez-passer gratuits ou un mois d'accès gratuit aux établissements récréatifs municipaux locaux. En Nouvelle-Écosse, des médecins dirigent depuis plus de 10 ans un programme provincial gratuit de course qui est bénéfique pour des milliers d'enfants au niveau primaire. Ces interventions cliniques ne peuvent néanmoins propulser à elles seules les tendances à une alimentation plus saine et les choix d'habitudes de vie. Un point de départ évident pour l'élaboration d'une politique intégrée consiste à comprendre l'interdépendance entre les déterminants individuels et environnementaux qui jouent sur nos comportements. À cet égard, l'AMC a adopté des politiques sur le Transport actif et sur l'Environnement bâti et la santé qui reconnaissent le rôle de la conception des quartiers et d'autres modes de transport dans une vie active. Cette approche constitue aussi le cœur de la Stratégie pancanadienne intégrée en matière de modes de vie sains (SPMVS)27 que tous les ordres de gouvernement ont approuvée en 2005. L'AMC félicite les intervenants des efforts qu'ils ont consacrés à la stratégie afin d'attacher la priorité à l'alimentation santé et à l'activité physique. Ce que nous recommandons L'AMC a hâte de collaborer avec d'autres parties intéressées afin de rendre des options portant sur l'activité physique et l'alimentation santé plus disponibles et accessibles pour tous les Canadiens. Les recommandations qui suivent mettent en évidence les contributions que peuvent apporter les professionnels de la santé, tous les ordres de gouvernement, les communautés, les milieux de travail, les écoles, l'industrie alimentaire, sans oublier les personnes et les familles. Professionnels de la santé L'AMC encourage les médecins à promouvoir l'alimentation santé et l'activité physique à leur bureau et à l'extérieur de celui-ci. Les médecins sont des agents de changement des habitudes de vie et demeurent pour beaucoup de gens la source privilégiée d'information sur la santé. Les médecins, qui sont voués à l'activité physique, sont des exemples dont les conseils sur les habitudes de vie saines sont plus susceptibles d'être suivis28. L'AMC encourage les médecins à aborder toutes les limitations imposées par le travail, comme le manque de temps, la motivation ou la fatigue - qui pourraient aussi agir sur leurs propres habitudes en matière d'exercice et d'alimentation. Dans la pratique clinique, les médecins peuvent aider les patients à adopter ou garder des habitudes de vie saines en : * évaluant la nutrition et l'activité physique au cours des examens de routine; * déterminant les facteurs qui jouent sur la nutrition et l'activité physique de chaque patient; * évaluant dans quelle mesure le patient est prêt à changer, personnalisant les interventions et appuyant sa situation courante; * rédigeant une ordonnance sur l'exercice afin d'encourager l'activité physique pour maintenir ou améliorer l'état de santé de l'intéressé; * collaborant à l'éducation des patients avec d'autres professionnels de la santé comme des diététistes, au sein d'équipes interprofessionnelles. Même s'ils signalent attacher beaucoup d'importance à la prescription de l'exercice, les étudiants en médecine et les médecins résidents admettent avoir peu d'expertise dans ce domaine lorsqu'ils terminent leurs études29,30,31. À mesure qu'ils acquièrent des connaissances, il faut tenir à jour les médecins et d'autres professionnels de la santé et les encourager à intégrer les interventions les plus efficaces dans leur pratique. L'AMC encourage l'élaboration de cours d'éducation médicale continue portant sur des enjeux liés à l'activité physique et à l'alimentation santé. Dans le contexte de la stratégie de vie saine, il existe de multiples occasions d'étendre le rôle des médecins dans la communauté, comme on a pu le constater en Nouvelle-Écosse, en Colombie-Britannique et dans la région d'Edmonton. Les médecins peuvent instaurer de solides normes communautaires sur des habitudes de vie saines en : * établissant et renforçant des politiques sur l'alimentation santé dans les cafétérias d'hôpitaux ou au cours de réunions et de conférences sur la santé; * utilisant le transport actif et facilitant et préconisant son utilisation dans leurs communautés; * œuvrant dans la communauté pour faire en sorte que les centres de loisirs et autres installations soient disponibles et que des patients puissent être dirigés vers les services qui répondent le mieux à leurs besoins. * Gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux L'AMC demande aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi qu'aux administrations municipales, de s'engager dans une stratégie nationale à long terme et dotée d'un financement solide afin de favoriser une vie en santé après 2015. En 2005, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada ont approuvé un cadre décennal sur une stratégie de vie saine dont les premières priorités portaient sur la promotion de l'alimentation santé et de l'activité physique. La stratégie nationale abordait les éléments suivants : information et soutien pour les Canadiens afin de les aider à faire des choix santé; soutien aux médecins et aux autres professionnels de la santé pour les aider à conseiller leurs patients au sujet du poids santé et à traiter les cas existants d'obésité, infrastructures communautaires qui facilitent les habitudes de vie saine, et politiques publiques qui encouragent de saines habitudes alimentaires et l'activité physique. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont lancé entretemps de nombreuses activités de promotion de l'activité physique et de l'alimentation santé, mais il reste beaucoup de travail à faire. L'AMC est d'avis que tous les ordres de gouvernement ont l'obligation continue de donner de l'orientation publique sur l'alimentation en santé et d'adopter des politiques, des normes, des règlements et des lois qui appuient la disponibilité et l'accessibilité de boissons et d'aliments bons pour la santé et abordables. L'AMC demande aux gouvernements d'améliorer pour tous les Canadiens l'accès à des aliments nutritifs à des prix abordables. Le prix du lait, des fruits et légumes frais et d'autres aliments bons pour la santé peut varier considérablement d'un bout à l'autre du Canada. Dans beaucoup de régions éloignées, à cause du coût élevé du transport, ces aliments coûtent souvent plus cher que les aliments transformés et peu nutritifs. Les gouvernements doivent mettre en œuvre des programmes efficaces afin de compenser l'effet des coûts de transport sur le prix des aliments dans les communautés éloignées et du Nord. Même en milieu urbain, les personnes à faible revenu n'ont souvent pas les moyens de se payer des aliments nutritifs. Les programmes de repas scolaires, les taux de l'aide sociale qui tiennent compte du coût d'achat d'aliments santé, l'accès aux marchés fermiers urbains peuvent aider à garantir que tous les Canadiens ont accès à des aliments sains à un prix raisonnable. L'AMC demande aux gouvernements d'interdire la commercialisation d'aliments et de boissons à forte teneur en sel, en sucre et en gras trans auprès des 13 ans et moins. L'enfant canadien type peut voir jusqu'à 40 000 annonces sur les aliments par année32. Ce total n'inclut pas les promotions aux points de vente comme les étalages de tablettes de friandises aux comptoirs des dépanneurs. Dans sa politique sur la commercialisation des boissons et aliments malsains auprès des enfants et des jeunes Canadiens, l'AMC demande que l'on interdise la commercialisation des aliments et boissons à forte teneur en sel, en sucres et en gras trans auprès des 13 ans et moins. L'AMC demande aux gouvernements d'établir des normes rigoureuses sur l'étiquetage au devant des emballages et sur l'affichage d'affirmations relatives à la santé dans le cas des aliments. La publicité spécifique à une marque est loin d'être une façon optimale de fournir de l'information sur la santé aux consommateurs, qu'il faudrait les encourager à chercher dans des sources d'information objective des réponses à leurs questions sur l'activité physique et les saines habitudes alimentaires. Afin d'améliorer la qualité de l'information diffusée par des voies commerciales, l'AMC recommande que l'on réglemente rigoureusement les affirmations sur la santé qui sont faites dans le cas des aliments afin de garantir qu'elles reposent sur les meilleures données scientifiques disponibles et qu'elles sont diffusées avec exactitude aux consommateurs. Les annonces sur les aliments devraient être préautorisées avant qu'on les diffuse dans les médias et il faudrait renforcer les dispositions de la Loi sur les aliments et drogues qui interdisent la publicité trompeuse L'AMC recommande que les gouvernements à tous les paliers investissent dans des recherches factuelles sur les habitudes alimentaires saines et l'activité physique et communiquent les résultats de cette recherche à toute la population canadienne. L'AMC encourage tous les ordres de gouvernement à continuer de financer et d'appuyer la recherche sur des habitudes de vie saines. Il est clair qu'il faut investir dans la recherche afin de renforcer l'assise d'éléments de preuve sur l'activité physique et l'alimentation santé, en particulier à l'égard des aspects suivants :
meilleures mesures pour évaluer l'embonpoint et l'obésité;
efficacité des programmes de gestion du poids et de traitement de l'embonpoint;
l'effet des interventions stratégiques sur les bonnes habitudes alimentaires et l'activité physique, ainsi que sur les taux d'obésité et de maladies reliées à l'obésité.
Industrie alimentaire L'AMC encourage les gouvernements à continuer de travailler avec l'industrie alimentaire pour améliorer l'environnement alimentaire au Canada. Le partenariat avec les fabricants d'aliments et leur collaboration sont nécessaires pour aider les Canadiens à faire des choix alimentaires meilleurs pour la santé. L'industrie alimentaire peut collaborer avec les gouvernements pour : * réduire la teneur en sel, en sucre, en gras saturés, en gras trans et en calories des aliments transformés et des repas préparés; * fournir sur les menus des restaurants de l'information sur la teneur calorique et nutritionnelle; * restreindre la publicité et la promotion dans les magasins qui portent sur les aliments à forte teneur en sucre, en sel et en gras, et en particulier ceux qui s'adressent aux enfants; * fournir aux consommateurs de l'information conviviale sur leurs produits, y compris les allégations exactes sur les plans de la santé et de la publicité; * améliorer le tableau des valeurs nutritives afin de le rendre plus convivial et augmenter la quantité d'information qu'il contient, par exemple en indiquant la quantité de sucres libres. Communautés L'Association médicale canadienne demande aux gouvernements municipaux de créer des environnements qui encouragent la vie active et en bonne santé et demande aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux de les aider à cet égard. Les communautés ont un rôle important à jouer pour promouvoir les comportements sains chez les enfants, les jeunes et les adultes. Elles orientent la façon de vivre, de travailler et de jouer des Canadiens dans leur vie de tous les jours. L'urbanisme et la conception d'édifices polyvalents permettent aux communautés de créer des environnements favorables à la marche et de réduire le temps que les gens passent dans l'automobile. À cette fin, les communautés doivent envisager de : * créer et maintenir un réseau communautaire de sentiers pédestres et de pistes cyclables; * zoner les quartiers de telle façon que les services sont à distance de marche des maisons; * réviser les codes du bâtiment afin de rendre les escaliers accessibles, agréables et sécuritaires pour que les gens puissent avoir un autre choix que de prendre l'ascenseur. Les Canadiens font beaucoup plus d'activité physique l'été que l'hiver, ce qui pourrait avoir une incidence sur les tendances de l'obésité33. Les communautés pourraient améliorer l'accès aux habitudes de vie saines durant toute l'année en améliorant celui des installations sportives et récréatives intérieures, surtout l'hiver. Les communautés devraient dans la mesure du possible envisager d'établir des partenariats avec des écoles pour partager des gymnases, des terrains de jeux, des champs, des cours et des pistes avec le public après les heures d'école et en fin de semaine. Les communautés optimiseraient ainsi l'utilisation du temps et des ressources, mais partageraient aussi la responsabilité de la conception, de l'exploitation et de l'entretien des installations. La sécurité alimentaire est possible dans la communauté si la population locale a le même accès à des aliments salubres, abordables et nutritifs. Les communautés ont un rôle à jouer en préconisant des options alimentaires plus saines dans les écoles et au travail, en encourageant les cuisines communautaires à enseigner l'art culinaire et en appuyant les marchés fermiers locaux, ce qui encouragera en retour les gens à manger plus sainement. Lieux de travail L'AMC encourage les employeurs à promouvoir activement la santé de leurs employés en leur donnant la possibilité de faire de l'activité physique et en leur offrant des choix alimentaires bons pour la santé dans les cafétérias. Les périodes ininterrompues et prolongées passées devant un écran sont très courantes au travail. En outre, quatre navetteurs sur cinq utilisent tous les jours leur véhicule particulier pour se rendre au travail34. Comme les Canadiens passent la majeure partie de leur vie adulte au travail, il importe de réduire la longueur des périodes passées en position assise. L'AMC encourage les employeurs, et en particulier ceux de groupes professionnels sédentaires, à augmenter les possibilités de faire de l'activité physique. Les employeurs peuvent, par exemple, promouvoir des comportements santé en : * construisant des installations de conditionnement physique sur place ou en concluant des ententes avec des centres de conditionnement physique de l'extérieur pour qu'ils offrent des programmes à leurs employés; * fournissant des douches, des supports à vélos et d'autres installations à l'intention des employés qui veulent venir travailler à pied ou à vélo. Des choix d'aliments meilleurs pour la santé dans les cafétérias et les distributrices peuvent promouvoir et encourager des habitudes alimentaires saines chez les employés. Écoles Les écoles, où les enfants passent la majeure partie de leur temps en dehors de la maison, offrent une excellente occasion d'instiller des comportements sains dès le plus jeune âge. Elles pourraient, par exemple, offrir une instruction détaillée sur la nutrition, servir des aliments nutritifs dans les cafétérias et promouvoir l'activité physique par des cours structurés et du temps de loisirs libre. Les écoles peuvent offrir la façon la plus efficace et efficiente d'atteindre non seulement les enfants eux-mêmes, mais aussi leurs parents, leurs enseignants et d'autres membres de la communauté35. L'AMC encourage les conseils scolaires à fournir à tous les élèves du primaire et du secondaire au moins 60 minutes d'activité physique quotidienne active animée par des éducateurs formés dans ce domaine. Seulement 26 % des écoles canadiennes ont déclaré offrir des cours quotidiens d'éducation physique à leurs élèves36. Des éléments de preuve indiquent que l'activité physique en milieu scolaire peut hausser les niveaux d'activité physique et réduire le temps passé devant la télévision à la maison37. Les écoles peuvent, par exemple, promouvoir l'activité physique par le jeu non structuré à l'extérieur de la maison, des sports structurés ou le transport actif (p. ex., se rendre à l'école à pied). Les enfants qui font de l'activité physique et passent moins de temps devant la télévision après l'école sont moins susceptibles d'avoir de l'embonpoint avant 12 ans38. L 'AMC recommande que les écoles donnent accès à des choix alimentaires sains, abordables et attrayants, offrent de l'éducation sur la nutrition et lancent des programmes visant à encourager la consommation d'aliments santé et à enseigner les techniques de préparation de repas à partir d'éléments de base. L'AMC demande que l'on restreigne la vente d'aliments et de boissons à forte teneur en calories, en gras, en sucres ou en sel dans les installations récréatives fréquentées par les jeunes. Les restaurants minute et les dépanneurs peuvent avoir beaucoup d'influence sur les habitudes alimentaires et le choix d'aliments des enfants39. Les enfants qui fréquentent une école située à proximité de restaurants minute mangent moins de portions de fruits et de légumes et boivent plus de boissons gazeuses que d'autres qui n'ont pas de services semblables à proximité40. Afin d'encourager les interventions nutritionnelles scolaires efficaces, il importe donc d'éduquer les élèves au sujet de la valeur nutritionnelle des aliments, des choix d'aliments bons pour la santé, et de leur offrir des cantines ou des cafétérias santé. Particuliers et familles L'AMC recommande que tous les Canadiens cherchent à atteindre la santé et à la garder en :
s'informant au sujet de leurs besoins alimentaires et de la teneur en calories des aliments et de leur caractère nutritif;
faisant de l'activité physique et visant au moins 60 minutes d'activité modérée par jour pour les enfants et les jeunes et 150 minutes par semaine pour les adultes. En fin de compte, les saines habitudes alimentaires et l'activité physique exigent des gens qu'ils prennent des mesures pour faire des choix santé dans leur vie. Afin d'éclairer ces choix, il faudrait appuyer les Canadiens en leur offrant des ressources appropriées contenant de l'information uniforme sur l'alimentation santé et l'activité physique. Par exemple, beaucoup de jeunes enfants ne choisissent pas ce qu'ils mangent : leurs parents achètent les aliments et les préparent pour eux. La recherche indique que les mères et les enfants semblent avoir des attitudes divergentes à l'égard des aliments et de l'heure des repas41. À cet égard, il importe pour les parents d'être bien informés et de pouvoir expliquer les avantages concrets des aliments et de leurs éléments nutritionnels à leurs enfants avant qu'ils atteignent l'âge adulte. Nos conclusions Les comportements sains sont plus faciles à garder pendant toute la vie s'ils sont acquis au cours de l'enfance et si la famille les encourage. Il faudrait donc aider les familles canadiennes dans les efforts qu'elles déploient pour assurer que les enfants et les adultes suivent une alimentation nutritive et font de l'exercice tous les jours. Nous croyons que chacun a un rôle à jouer dans la promotion des comportements santé - y compris les professionnels de la santé, les particuliers, les familles, les écoles, les milieux de travail, les communautés, l'industrie alimentaire et tous les ordres de gouvernement. Les approches populaires visent à fournir aux personnes de l'information et des choix sur des habitudes de vie saines. Le choix individuel ne suffit toutefois pas pour garantir des comportements sains. Il est possible de surmonter de nombreux obstacles à l'adoption de comportements et d'habitudes de vie bons pour la santé en suivant une stratégie sur la santé axée sur la population et en appliquant des politiques factuelles et des contrôles réglementaires. Un changement complet de culture et d'attitude, l'approbation des milieux politiques et des stratégies à volets multiples s'imposent pour promouvoir et faciliter le changement afin d'améliorer les habitudes alimentaires et l'activité physique chez les Canadiens. Sommaire des recommandations 1. L'Association médicale canadienne encourage les médecins à promouvoir l'alimentation santé et l'activité physique à leur bureau et à l'extérieur de celui-ci. 2. L'Association médicale canadienne demande aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi qu'aux administrations municipales, de s'engager dans une stratégie nationale à long terme et dotée d'un financement solide afin de favoriser une vie en santé après 2015. 3. L'Association médicale canadienne demande aux gouvernements d'améliorer pour tous les Canadiens l'accès à des aliments nutritifs à des prix abordables. 4. L'Association médicale canadienne demande aux gouvernements d'interdire la commercialisation d'aliments et de boissons à forte teneur en sel, en sucre et en gras trans auprès des 13 ans et moins. 5. L'Association médicale canadienne demande aux gouvernements d'établir des normes rigoureuses sur l'étiquetage au devant des emballages et sur l'affichage d'affirmations relatives à la santé dans le cas des aliments. 6. L'Association médicale canadienne recommande que les gouvernements à tous les paliers investissent dans des recherches factuelles sur les habitudes alimentaires saines et l'activité physique et communiquent les résultats de cette recherche à toute la population canadienne. 7. L'Association médicale canadienne encourage les gouvernements à continuer de travailler avec l'industrie alimentaire pour améliorer l'environnement alimentaire au Canada. 8. L'Association médicale canadienne demande aux gouvernements municipaux de créer des environnements qui encouragent la vie active et en bonne santé et demande aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux de les aider à cet égard. 9. L'Association médicale canadienne encourage les employeurs à promouvoir activement la santé de leurs employés en leur donnant la possibilité de faire de l'activité physique et en leur offrant des choix alimentaires bons pour la santé dans les cafétérias. 10. L'Association médicale canadienne encourage les conseils scolaires à fournir à tous les élèves du primaire et du secondaire au moins 60 minutes d'activité physique quotidienne active animée par des éducateurs formés dans ce domaine. 11. L'Association médicale canadienne recommande que les écoles donnent accès à des choix alimentaires sains, abordables et attrayants, offrent de l'éducation sur la nutrition et lancent des programmes visant à encourager la consommation d'aliments santé et à enseigner les techniques de préparation de repas à partir d'éléments de base. 12. L'Association médicale canadienne demande que l'on restreigne la vente d'aliments et de boissons à forte teneur en calories, en gras, en sucres ou en sel dans les installations récréatives fréquentées par les jeunes. 13. L'Association médicale canadienne recommande que tous les Canadiens cherchent à atteindre la santé et à la garder en :
faisant de l'activité physique et visant au moins 60 minutes d'activité modérée par jour pour les enfants et les jeunes et 150 minutes par semaine pour les adultes. 1 Swinburn B, Egger G. The runaway weight gain train: too many accelerators, not enough brakes. BMJ. 2007;329, 736-739. 2 Waters E, de Silva-Sanigorski A, Hall B J, et coll. (2011). Interventions for preventing obesity in children (Revue). Bibliothèque Cochrane 3 Shields M, Martel L. (2006). Des aînés en bonne santé. Ottawa: Statistics Canada; 2005. Disponible ici: www5.statcan.gc.ca/olc-cel/olc.action?ObjId=82-003-S20050009086&ObjType=47&lang=fr&limit=0 (Consulté le 20 janvier 2014) 4 Institute for Health Metrics and Evaluation. Global Burden of Disease Arrow Diagram. Seattle (WA): IHME, 2013. 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Améliorer l'efficacité du système de santé du canada

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Date
2015-05-30
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
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Documents de politique
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2015-05-30
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
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AMÉLIORER L'EFFICACITÉ DU SYSTÈME DE SANTÉ DU CANADA La réalisation de la valeur dans les systèmes de santé est un objectif important pour tous les pays1. Les intervenants des systèmes de santé au Canada et ailleurs étudient des façons d'aborder les inefficiences pour rendre le système plus rentable et viable tout en améliorant la qualité, la continuité et l'intégralité des soins. Dans cet énoncé de politique, nous formulons des recommandations concernant la viabilité du système et l'amélioration de la qualité des soins. Tous les intervenants du système, y compris les fournisseurs de soins, les bailleurs de fonds et les patients, doivent veiller à ce que le système de santé soit le plus efficient possible. La participation des médecins est essentielle à l'amélioration significative du système et à l'innovation. 1. Introduction Les intervenants des systèmes de santé au Canada et ailleurs étudient des façons d'aborder les inefficiences pour rendre le système plus rentable et viable tout en améliorant la qualité, la continuité et l'intégralité des soins. Le concept d'efficience des soins de santé a deux applications. La plus courante est l'efficience technique, qui se définit comme la maximisation des extrants pour une quantité donnée d'intrants, ou la minimisation des intrants nécessaires pour obtenir des extrants donnés2. La différence entre les extrants réels et les extrants maximaux réalisables peut être attribuée à l'inefficience dans le système. La deuxième application est l'allocation efficiente des ressources, qui suppose une répartition optimale des intrants pour atteindre un résultat maximal répondant aux exigences sociétales. Les recherches au Canada suggèrent qu'augmenter l'efficacité technique et l'allocation efficace des ressources plutôt qu'augmenter les dépenses pourrait résoudre certains des défis actuels en matière de qualité des soins de santé et de viabilité. Se fondant sur une approche systémique au niveau général pour estimer l'efficience parmi les pays membres, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a estimé que tous ses pays membres pourraient obtenir une meilleure valeur pour les dépenses de santé - le Canada pourrait économiser 2,5 % de son produit intérieur brut en dépenses publiques d'ici 2017 s'il devenait aussi efficient que les pays les plus efficients de l'OCDE3. 2. Inefficiences en matière de soins de santé On peut classer et visualiser les diverses inefficiences dans le système de santé du Canada à partir du cadre conceptuel développé par Bentley et coll. en 2008 pour le système de santé des États-Unis4 (voir la figure 1). Au Canada, un tel cadre n'existe pas. Le cadre conceptuel de Bentley et coll. comporte trois grandes catégories d'inefficiences - cliniques, opérationnelles et administratives. Les inefficiences cliniques font référence aux défis liés aux variations de la pratique, notamment, la prestation de soins inadéquats. Les inefficiences opérationnelles comprennent le chevauchement des services de santé, les processus inefficients, les intrants trop coûteux ainsi que les erreurs dans la collecte et le traitement des données. Les inefficiences administratives font généralement référence aux coûts de transaction excessifs associés aux paiements de réclamations ainsi qu'aux coûts excessifs d'administration et de gestion qui sont supérieurs aux coûts nécessaires pour fournir des soins de santé de première ligne. Figure 1. Typologie des inefficiences en matière de soins de santé Source : Adapté de Bentley et coll., 2008 2.1 Inefficiences cliniques Le gaspillage et les inefficiences cliniques font référence aux services qui fournissent peu ou pas d'avantages pour la santé comparativement à des solutions de rechange moins coûteuses. Il peut s'agir de variation de la pratique et de la prestation de soins inadéquats et peu rentables, ou de la sous-utilisation de soins plus appropriés. On note un chevauchement entre les inefficiences cliniques (p. ex., prestation du mauvais service) et les inefficiences opérationnelles (production inefficiente de services). Le principal contributeur aux inefficiences ou au gaspillage cliniques dans le domaine des soins de santé est la variation de la pratique - la réduction de la variation des soins injustifiés est à la base du mouvement de la qualité. John Wennberg et ses collègues sont les auteurs du premier corpus de travail dans ce domaine. Ils ont étudié les variations en matière de prestation des soins dans les petites unités territoriales5. Au cours des 25 dernières années, un nombre accru d'études techniques sur les guides de pratique clinique (GPC) a été mené concernant la pertinence et la variation des soins. Les GPC sont définis comme étant des " énoncés systématiques conçus pour aider les médecins et les patients à prendre, au sujet des soins de santé, des décisions appropriées dans des circonstances cliniques précises "6. Les GPC devraient contribuer à améliorer la santé et la qualité des soins par la réduction de la variation de la pratique, ainsi qu'à accroître la valeur et à réduire les coûts en encourageant une utilisation plus appropriée des ressources par les fournisseurs de soins7. Bien qu'il n'y ait pas eu d'approche systématique au Canada pour l'élaboration et la diffusion des GPC, ou pour assurer la qualité des GPC produits, diverses organisations ont élaboré des initiatives pour remédier à cette situation8. Depuis le début des années 1990, l'Association médicale canadienne (AMC) a créé et maintenu une Infobanque, qui contient environ 1 200 GPC9. L'adoption des GPC est un élément essentiel et on n'alloue pas suffisamment de ressources aux processus de changement des pratiques cliniques. En outre, les GPC devraient être ramenés à l'essentiel sous forme de recommandations concrètes aux points d'intervention adaptées à l'utilisateur final (p. ex., les médecins de famille). En janvier 2012, le Conseil de la fédération a établi le Groupe de travail sur l'innovation en matière de santé (GTIMS), formé de tous les ministres de la Santé provinciaux et territoriaux, afin de trouver des façons pratiques et novatrices d'accroître la valeur et l'efficacité des soins10. Les recommandations du Groupe concernant les GPC portaient essentiellement sur les maladies cardiovasculaires et le diabète - les deux maladies chroniques les plus répandues et les plus coûteuses au Canada (voir la liste des GPC à l'annexe A). Conformément au Conseil de la fédération, l'AMC recommande les actions suivantes : 1. Que l'on élabore des stratégies de prise en charge des maladies chroniques et autres stratégies de soutien aux patients vulnérables qui risquent de fréquentes réadmissions dans le système de soins de courte durée. 2. Que l'on intègre les guides de pratique clinique dans les dossiers médicaux électroniques. 3. Que l'on mette en œuvre une stratégie pancanadienne sur les guides de pratique clinique. 4. Que l'on fasse une évaluation factuelle des guides de pratique clinique au regard des résultats pour les patients, de la pertinence et de l'efficience. 5. Que l'on élabore des stratégies de déploiement visant à assurer l'utilisation maximale des guides de pratique clinique par les médecins. Les GPC doivent être mis à jour régulièrement au fur et à mesure que de nouvelles preuves sont présentées. Une stratégie pancanadienne devrait donc inclure un système de revue régulière et de mise à jour des GPC utilisant des méthodes de développement qui excluraient la possibilité d'un biais de l'industrie. Les médecins du Canada assument un rôle de premier plan à cet égard grâce à des initiatives telles que Choisir avec soin (voir ci-dessous). 2.1.1 Pertinence On note une tendance à la hausse relativement à l'utilisation des soins de santé dans les secteurs comme les procédures médicales, les médicaments et les services médicaux11. On se demande si les patients reçoivent ou non des soins appropriés et fondés sur les meilleures données scientifiques disponibles12. Les soins inappropriés, tels que l'hospitalisation de patients qui ont besoin de services communautaires ou la prescription d'antibiotiques pour les infections des voies respiratoires supérieures qui sont probablement d'origine virale, sont une autre source d'inefficience clinique où l'on utilise des ressources limitées et qui n'offrent que très peu ou pas d'avantages pour la santé. L'AMC a récemment défini les soins appropriés, comme étant les bons soins, dispensés par les bons fournisseurs au bon patient, au bon endroit et au bon moment : * les bons soins sont ceux dont la littérature clinique a démontré l'efficience et l'efficacité, la définition englobant non seulement l'adéquation de l'utilisation, mais aussi l'inadéquation de la non-utilisation; * le " bon fournisseur " est celui qui, par son champ d'exercice, peut fournir le plus adéquatement les soins, sans que ses compétences et connaissances dépassent de beaucoup les exigences de la tâche; * le " bon patient " reconnaît qu'il faut adapter les choix de soins en fonction des caractéristiques et des préférences de chaque patient; * la définition du " bon endroit " reconnaît que certains lieux sont mieux adaptés que d'autres du point de vue de la sécurité et de l'efficacité pour fournir un type particulier de soins plutôt qu'un autre; * par " bon moment ", on entend les soins dispensés en temps opportun conformément aux points de repère convenus. Autrement dit, si les cinq éléments de la définition sont présents, le patient aura reçu des soins de haute qualité et les ressources auront été utilisées de façon optimale, c'est-à-dire qu'il n'y aura pas de gaspillage et que la meilleure valeur aura été obtenue. La pertinence est principalement déterminée par des analyses de la preuve d'efficience clinique, de la sécurité, et d'autres incidences sur le système de santé13. L'application pratique de la pertinence des soins est réalisée lorsque ces analyses sont qualifiées par (a) le jugement du clinicien, particulièrement dans des circonstances atypiques14 et (b) les principes et les valeurs sociétales et éthiques, y compris les préférences des patients. Un certain nombre d'incitatifs pernicieux peuvent contribuer à la prestation de soins inappropriés dans tout le système. Ils existent au niveau du système (p. ex., les patients hospitalisés plus longtemps que nécessaire en raison de l'absence de services communautaires), ainsi qu'au niveau de la rencontre personnelle (changements dans les codes d'honoraires pour les services médicaux assurés, tels que les nouveaux frais de consultation pour voir les patients tous les six mois). Les médecins et les bailleurs de fonds, tels que les gouvernements, doivent travailler ensemble pour éliminer les incitatifs pernicieux fondés sur les preuves médicales disponibles. Les incitatifs pour les médecins doivent s'harmoniser avec les besoins du système. Le défi est d'en arriver à un accord sur les buts et objectifs du système avec les gouvernements, les autorités sanitaires et les associations médicales provinciales et territoriales ainsi que les fournisseurs. Aux États-Unis, une initiative novatrice appelée Choosing Wisely a été créée en 2011 dans le but d'améliorer la qualité des soins et de réduire les préjudices causés aux patients en évitant des interventions inutiles, ce qui présente l'avantage supplémentaire potentiel de réduire les coûts15. L'initiative met au défi les sociétés de spécialistes de cerner cinq activités cliniques propres à leur spécialité qui offrent peu de valeur ou sont potentiellement préjudiciables pour les patients16. Au Canada, le Conseil général de l'AMC de 2013 a demandé de former un groupe de travail de collaboration en vue d'élaborer des listes d'examens, d'interventions et de procédures cliniques propres à diverses spécialités pour lesquels les avantages pour les patients n'excèdent généralement pas les risques. L'initiative Choisir avec soin (Choosing Wisely Canada) a été lancée le 2 avril 2014. À cette occasion, huit listes produites par neuf sociétés de spécialistes [une liste a été publiée conjointement par le Forum sur les enjeux de la pratique générale et familiale et le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC)] ont été rendues publiques. Douze autres listes de sociétés de médecins spécialistes ont été rendues publiques en octobre 2014. La campagne Choisir avec soin est approuvée et soutenue par plus de 35 sociétés de spécialistes canadiennes représentant un large éventail de médecins, par toutes les associations médicales provinciales, ainsi que par les organisations de patients, les organismes d'agrément et autres (site Web : www.choisiravecsoin.org/). Choisir avec soin vise à promouvoir la communication médecin-patient sur les soins inutiles et à préserver les ressources en éliminant les actes inutiles. Cette initiative est également un exemple du rôle que les campagnes d'éducation publique peuvent jouer pour aider à améliorer la qualité et la pertinence des soins. L'élaboration d'une version canadienne de l'initiative américaine Choosing Wisely aide à l'opérationnalisation du triple objectif de l'Institute for Healthcare Improvement, à savoir de meilleurs soins, une meilleure santé et une meilleure valeur. Voici quelques avantages de cette initiative : * améliorer la responsabilisation en fournissant des soins transparents fondés sur des données probantes; * aider les patients à prendre des décisions éclairées concernant les soins; * améliorer les relations médecin-patient : meilleure communication entre les médecins et les patients et meilleure prise de décision par les médecins et les patients; * réduire les inefficiences cliniques. L'amélioration des résultats des patients doit être l'objectif ultime et le catalyseur pour l'adoption de l'initiative Choisir avec soin. Les économies de coûts au système devraient être un sous-produit. Les médecins sont les mieux placés pour déterminer quels services médicaux sont inutiles. Les patients et les fournisseurs de soins de santé doivent connaître les coûts associés à chaque option de traitement, et savoir qu'il y a un équilibre à atteindre entre le coût et la valeur de chacun. Pour faciliter ce processus, l'AMC recommande les actions suivantes : 6. Que l'on mette à la disposition des patients et des fournisseurs de soins les données sur le coût et le rapport coût-efficacité des options de traitement au point d'intervention. 7. Que l'on recueille des données pour évaluer le rapport coût-efficacité des soins. 8. Que l'on affiche les coûts engendrés par les demandes d'examens diagnostiques et de laboratoire dans les dossiers médicaux électroniques. Il faut faire une évaluation pour s'assurer que l'affichage des coûts est ciblé pour les secteurs où il sera le plus efficace. 2.2 Inefficiences opérationnelles Réaliser des tests ou des procédures plus fréquemment qu'il est cliniquement nécessaire (p. ex., chevauchement de tests); passer un temps inutile à attendre de recevoir des services médicaux ou perdre du temps pour des processus qui ajoutent peu de valeur; prescrire des médicaments de marque pour les patients qui obtiennent le même bénéfice de médicaments génériques; subir les conséquences en matière de santé et de coûts des erreurs médicales ou de l'utilisation de dispositifs médicaux défectueux, ce sont là des exemples de gaspillage opérationnel. Ces inefficiences systémiques peuvent entraîner des coûts très importants pour le système de santé, les patients et l'économie. Par exemple, les longues attentes peuvent avoir des conséquences graves pour la santé des patients et occasionner la substitution de services de soins de santé supplémentaires pendant l'attente de soins appropriés (p. ex., utilisation de médicaments antidouleur). Dans une étude réalisée en 2008, on a calculé l'effet économique des temps d'attente excessifs dans le cas de cinq interventions (arthroplastie de la hanche et du genou, IRM, pontage coronarien et chirurgie de la cataracte) dans les 10 provinces. L'étude a révélé qu'en plus des conséquences émotionnelles, physiques et financières évidentes que subissent les patients et les membres de leur famille, les attentes indues pour ces traitements médicaux ont coûté dans l'ensemble quelque 14,8 milliards de dollars à l'économie du Canada en 2007 sous forme de réduction de l'activité économique des patients (16,9 milliards en dollars de 2014). Cela comprenait une réduction de 4,4 milliards de dollars des recettes des gouvernements fédéral et provinciaux17. Exception faite d'une pénurie dans les infrastructures de soins de santé, il est généralement admis que les infrastructures de l'hôpital ne sont pas toutes utilisées au maximum de leur capacité, ce qui contribue aux longs temps d'attente pour de nombreux patients. Cela peut comprendre des temps de roulement excessifs entre deux cas ou un temps d'accès limité aux salles d'opération, ce qui fait qu'en fin de journée, il arrive que le dernier patient ne puisse subir une opération chirurgicale, occasionnant ainsi des frais importants pour le patient et sa famille. Dans bien des cas, les hôpitaux en milieu urbain doivent annuler des chirurgies en raison de la surréservation des salles du bloc opératoire alors que, dans les petites collectivités rurales, les salles d'opération ne sont pas pleinement utilisées. Il faudrait concevoir des stratégies pour utiliser davantage l'infrastructure des ressources de santé dans les petits hôpitaux communautaires, et ce, afin d'améliorer l'accès en temps opportun aux soins et de s'assurer que le personnel a un niveau d'activité suffisant pour lui permettre de préserver ses compétences. On a noté une hausse significative de l'utilisation des résultats de recherches sur les opérations et des processus d'amélioration de la qualité afin d'aider à éliminer le gaspillage opérationnel et chercher à diminuer les temps d'attente inutiles par les patients. À cette fin, l'AMC continuera de travailler avec ses partenaires de l'Alliance sur les temps d'attente afin de concevoir des stratégies visant à améliorer l'accès en temps opportun aux soins dans tout le continuum. L'AMC étudiera aussi les applications potentielles de la santé de la Théorie des contraintes dans le système de santé canadien18. Il peut également y avoir des inefficiences systémiques dans les différents systèmes de santé du pays et dans la façon dont les systèmes de santé interagissent avec d'autres systèmes, notamment les systèmes de soutien économique et social (p. ex., le manque de services pour lutter contre l'itinérance). Des changements à l'une des composantes du système de santé peuvent réduire l'efficience d'une autre composante. Par exemple, les coupures effectuées dans les services de soins à domicile peuvent occasionner une augmentation du nombre de patients en attente d'un autre niveau de soins (ANS) dans les hôpitaux, une hausse des temps d'attente dans les services d'urgence et des annulations de chirurgies non urgentes. L'adoption fragmentaire des dossiers médicaux électroniques (DME) et des systèmes d'information dans tout le pays est à l'origine d'une source plus récente d'inefficience du système. La multitude des systèmes adoptés par les différents segments du système de santé a entraîné des problèmes avec l'interexploitabilité du système qui exacerbent souvent les inefficiences administratives et cliniques, par exemple, ne pas pouvoir joindre un fichier électronique des résultats d'examens, ce qui entraîne la reprise de tests. L'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) a élaboré un modèle pour mesurer et évaluer " l'efficacité du système de santé " au Canada. Il mesure l'efficacité moyenne des systèmes de santé dans les régions sanitaires du Canada et les facteurs liés aux variations d'efficacité du système de santé (mesurés comme la réduction du nombre d'années potentielles de vie perdues [APVP] en présence de causes traitables). Les résultats suggèrent qu'un accès équitable aux soins des médecins est associé positivement à l'efficience19. Malheureusement, plus de 4 millions de Canadiens n'ont toujours pas de médecin de famille attitré20. En outre, l'étude de l'ICIS a révélé que les facteurs liés aux déterminants sociaux de la santé peuvent également nuire à l'efficience du système (p. ex., occasions manquées de prévention). Souvent, on compte sur le système de santé pour satisfaire les besoins de santé évitables attribuables à des déterminants sociaux de la santé (p. ex., blessures ou maladies provoquées par le manque de logements abordables ou la pauvreté). De plus, ces facteurs peuvent nuire à l'efficacité de tout traitement dispensé par le système de santé21. Les gouvernements et les administrateurs de la santé devraient se concentrer sur l'amélioration de l'efficacité là où le volume de services est le plus élevé, car les nouveaux modèles d'efficience ne donnent pas toujours de bons résultats dans les zones de faible volume. 2.3 Inefficiences administratives Les programmes de santé peuvent être financés et administrés à divers niveaux (local, régional, provincial et fédéral), ainsi que par les employeurs. Selon l'ICIS, l'administration représentait 6,3 milliards de dollars (3,1 %) des dépenses de santé au Canada en 2011 - situant le Canada environ au milieu du peloton parmi les pays de l'OCDE22 -, mais cela ne représente que le coût de prestation de régimes d'assurance-maladie publics et privés et les coûts associés aux opérations du ministère de la Santé11. En général, les différences dans les niveaux de l'administration de la santé peuvent être expliquées en partie par le type de système de santé et le financement utilisés, à savoir s'il existe de multiples fournisseurs d'assurance ou dans quelle mesure des procédures de financement et de facturation complexes sont en place23,1. En termes d'autres coûts administratifs, on ne sait pas comment le Canada a évolué au fil du temps par rapport aux autres secteurs de l'économie ou comment il se compare à l'échelle internationale en ce qui concerne l'efficience des dépenses d'administration1. Il y a eu des discussions concernant l'expansion et la contraction des autorités sanitaires régionales au Canada au cours des vingt dernières années. Toutefois, le Canada ne possède pas un ensemble détaillé de comptes de la santé qui permettrait une telle analyse. L'ICIS a récemment commencé à publier le pourcentage des dépenses liées aux activités administratives (administration générale, finances, ressources humaines et communications) sous forme de pourcentage du total des dépenses pour plus de 600 hôpitaux dans le cadre de son Projet de production de rapports sur les hôpitaux canadiens (CRHA) 24. Le coût de la duplication de la collecte et de l'enregistrement de renseignements sur la santé représente une des sources de gaspillage administratif. Le secteur de la santé a pris du temps à adopter les technologies de l'information en santé pour aider à réduire ce type de gaspillage administratif. L'augmentation du fardeau administratif auquel font face les médecins canadiens et leurs patients est une autre cause d'inefficience. La hausse des demandes faites aux médecins pour remplir les formulaires de tiers comme les compagnies d'assurance et les gouvernements (voir une liste d'exemples de programmes de santé fédéraux et de formulaires médicaux connexes à l'annexe B) est un important facteur contribuant à ce fardeau. Ces formulaires utilisent souvent différentes définitions de concepts, mais dans de nombreux cas, ils demandent des renseignements similaires sur un même patient. On demande aussi fréquemment aux médecins de remplir des formulaires d'attestation d'absence en raison d'une maladie - l'AMC est d'avis qu'une telle absence ne nécessite pas de confirmation de la maladie par le médecin et que cela représente une utilisation inefficiente des ressources de soins de santé limitées25. L'effet cumulatif pour un médecin à qui l'on demande de remplir plusieurs formulaires chaque jour peut représenter une lourde charge administrative et prendre du temps qu'il pourrait normalement passer à soigner les patients. La normalisation des définitions et du libellé des formulaires de tiers peut faire gagner du temps et réduire les erreurs administratives. Les médecins appuient sans réserve tout effort que feront l'industrie privée de l'assurance et les gouvernements pour normaliser leurs formulaires médicaux. En outre, on devrait songer à préciser les cas pour lesquels d'autres fournisseurs désignés pourraient remplir ces formulaires. Lorsque c'est possible, les dossiers médicaux électroniques (DME) peuvent améliorer l'achèvement en temps opportun et la soumission des formulaires de tiers au bénéfice des patients, des fournisseurs et des tiers. Pour remédier à ces inefficiences administratives, l'AMC recommande les actions suivantes : 9. Que les vérificateurs fédéraux et provinciaux voient à la conception et la mise en œuvre d'un protocole pour l'énumération détaillée des coûts administratifs dans leurs systèmes de santé, y compris le suivi de ces coûts au fil du temps, et publient un rapport annuel public. 10. Que l'ICIS mène une étude détaillée de coûts administratifs des hôpitaux et des autorités sanitaires régionales au Canada et fasse rapport des conclusions. 11. Que l'on harmonise et centralise, en format électronique et papier, tous les formulaires administratifs que les médecins doivent remplir pour leurs patients. 3. Innover pour l'efficience Depuis la fin des années 1990, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et d'autres organismes subventionnaires ont fourni un financement important pour la recherche sur les services de santé appliqués en vue d'aider la mise en œuvre de projets pilotes visant à améliorer la qualité des soins dispensés au Canada. Cependant, le Canada est souvent critiqué pour son incapacité à aller au-delà des projets pilotes vers une mise en œuvre complète. Une raison souvent mentionnée est le manque de communication concernant les promesses d'innovations d'une province à l'autre. Parmi les autres raisons, citons les obstacles réglementaires tels que les silos du financement, et le financement de projets pilotes pour une durée limitée afin d'éviter l'évaluation significative des résultats. La participation des médecins est essentielle à l'amélioration significative du système et à l'innovation26. À cet égard, l'AMC appuie : 12. le développement et la mise à l'essai de structures ou des programmes novateurs visant à présenter des preuves concrètes d'amélioration des résultats des soins de santé et la viabilité financière avant l'adoption à grande échelle dans le système de santé canadien; 13. la création d'outils de politique qui fournissent des critères pour l'identification des obstacles à la qualité, à l'efficience et à l'équité dans les nouveaux modèles de prestation des soins de santé; 14. la création d'un registre de projets de transformation des soins de santé gérés par des médecins. Ce registre devrait présenter les défis et les leçons apprises de chaque projet pour les personnes souhaitant adopter des projets similaires. 4. Conclusion Chercher à relever les défis relatifs à l'efficacité dans le système de santé au Canada peut améliorer la qualité, la continuité et l'intégralité des soins, tout en rendant le système plus rentable et durable. Les gouvernements prennent maintenant en compte les nombreuses composantes des inefficiences des soins de santé présentés par Bentley et coll. La participation des médecins est essentielle à l'amélioration significative du système et à l'innovation. Les médecins devraient offrir des soins de santé de haute qualité fondés sur des données probantes, et plaider en faveur de l'allocation rentable des ressources rares. Les médecins du Canada assument un rôle de premier plan à cet égard par le biais d'initiatives telles que Choisir avec soin. Annexe A Guides de pratique clinique recommandés par le Groupe de travail sur l'innovation en matière de santé du Conseil de la fédération Le groupe a recommandé que chaque province et territoire collabore avec les autorités sanitaires régionales en vue d'adopter les GPC suivants : * Les lignes directrices C-CHANGE pour la prévention des maladies cardiovasculaires publiées par le Canadian Cardiovascular Harmonization of National Guidelines Endeavour (C-CHANGE) afin d'harmoniser les lignes directrices et réduire la confusion parmi les fournisseurs de soins de santé. * Lignes directrices harmonisées pour le diagnostic, qui comprennent : o les examens de laboratoire (p. ex., analyse d'urine, ECG) o les stratégies de stratification du risque (p. ex., antécédents familiaux, styles de vie, et patients diabétiques). * Lignes directrices harmonisées pour le traitement, qui comprennent : o l'établissement de cibles de traitements (p. ex., limiter la consommation d'alcool, poids santé, cibles d'indice glycémique ou de taux de glucose) o des interventions relatives aux comportements de santé (p. ex., alimentation saine et équilibrée pour le cœur, consommation réduite de sel, cessation du tabagisme) o une thérapie pharmacologique (p. ex., évaluation des médicaments et des interactions médicamenteuses, comorbidités). Annexe B Exemples de programmes de santé fédéraux et de formulaires médicaux connexes que les médecins sont fréquemment appelés à remplir * Programme de prestations d'invalidité du Régime de pensions du Canada * Crédit d'impôt pour personnes handicapées * Assurance-emploi (demandes de prestations de maladie) * Services de santé non assurés (pour les membres des Premières nations et les Inuits) * Pension d'invalidité pour anciens combattants * Prestations de compassion * Formulaire de demande de médicament d'exception ou à usage restreint (pour permettre l'accès à des médicaments qui ne sont pas sur la liste des médicaments couverts par les régimes d'assurance des provinces ou territoires) * Programme fédéral de santé intérimaire * Formulaires de surveillance des effets indésirables des médicaments 1 Organisation for Economic Cooperation and Development. Health care systems: Getting more value for money. OECD Economics Department Policy Note No.2. Paris: The Organisation; 2010. 2 Institut canadien d'information sur la santé. Vers un modèle de mesure de l'efficacité du système de santé au Canada. Ottawa : ICIS, 2012. Disponible ici : https://secure.cihi.ca/free_products/HS_Efficiency_Tech_Report_FR-web.pdf (consulté le 30 avril 2013). 3 OCDE. Étude économique de l'OCDE : Canada 2012. Paris : Publications OCDE; 2012. Disponible ici : www.oecd-ilibrary.org/economics/etudes-economiques-de-l-ocde-canada-2012_eco_surveys-can-2012-fr. 4 Bentley T, Effros R, Palar K, Keeler E. Waste in the U.S. health care system: a conceptual framework. Milbank Q 2008; 86(4):629-59. 5 Wennberg J, Gittelson A. Small area variations in health care delivery. Science 1973; 182:1102-8. 6 Field MJ, Lohr KN. Clinical practice guidelines: directions for a new program. Washington (DC): National Academy Press; 1990. p. 38. 7 Association médicale canadienne. Manuel sur les guides de pratique clinique. Ottawa : AMC; 2007. 8 Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont lancé une stratégie de recherche axée sur le patient et l'un de ses éléments clés est l'amélioration de l'élaboration, de la diffusion et l'utilisation des lignes directrices par le soutien à l'élaboration et à la diffusion des lignes directrices. Instituts de recherche en santé du Canada. Stratégie de recherche axée sur le patient du Canada. Ottawa : IRSC; 2011. Disponible ici : www.irsc-cihr.gc.ca/f/documents/P-O_Research_Strategy-fra.pdf (consulté le 22 février 2012). 9 Association médicale canadienne. Infobanque AMC : Guides de pratique clinique (GPC). Disponible ici : https://www.cma.ca/Fr/Pages/clinical-practice-guidelines.aspx (consulté le 22 février 2012). 10 Groupe de travail sur l'innovation en matière de santé, Conseil de la fédération. De l'innovation à l'action - premier rapport du Groupe de travail sur l'innovation en matière de santé. 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La santé dans toutes les politiques

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11527
Date
2015-05-30
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
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Type de politique
Documents de politique
Date
2015-05-30
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
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LA SANTÉ DANS TOUTES LES POLITIQUES Problème Malgré des investissements considérables et l'amélioration des traitements et des technologies en santé, on constate que les résultats cliniques se dégradent au Canada. En effet, les maladies chroniques, comme le diabète, et leurs facteurs de risque, dont l'obésité, continuent de gagner du terrain. Ce recul en santé compromet non seulement la santé de chacun, mais aussi la productivité et la prospérité du pays dans son ensemble1. Comme on peut le lire dans la Déclaration d'Adélaïde sur l'intégration de la santé dans toutes les politiques : " Une bonne santé accroît la qualité de vie, améliore la productivité au travail, accroît les capacités d'apprentissage, renforce les familles et les communautés, soutient un habitat et un environnement durables et contribue à la sécurité, à la réduction de la pauvreté et à l'intégration sociale2. " Selon certaines études, la santé de la population dépendrait à 15 % de facteurs biologiques et génétiques, à 10 % de l'environnement physique, à 25 % de l'effet réparateur du système de santé, et à 50 % des conditions socioéconomiques3. Par ailleurs, de nombreuses études révèlent que les gens dont la position est peu élevée dans l'échelle socioéconomique sont plus susceptibles de contracter pratiquement n'importe quelle maladie4. La pauvreté représente 24 % des années-personnes de vie perdues au Canada (juste derrière les néoplasmes, avec 30 %)5. Ces données démontrent qu'il faut repenser notre façon de travailler afin d'améliorer la santé de la population canadienne. Il est essentiel que notre système de santé soit solide; cependant, il ne suffit pas de le modifier pour améliorer les résultats pour la santé ou réduire les disparités qui existent actuellement sur le plan du fardeau de maladies et des risques pour la santé. Le fait de se concentrer sur les déterminants de la santé signifie que la plupart des efforts de promotion de la santé et de prévention sortiront du cadre des services de soins de santé6. Il faut aider les Canadiens à faire des choix qui favorisent leur santé et réduisent leurs risques de blessure et de maladie. Toutefois, bon nombre d'entre eux se butent à des obstacles physiques, sociaux et économiques qui les empêchent de faire des choix sains. C'est pourquoi il est nécessaire que les secteurs du gouvernement s'unissent et collaborent afin que toutes leurs décisions stratégiques servent à augmenter les chances d'améliorer la santé. Jake Epp, ancien ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, a affirmé : " Il n'est pas exagéré de dire que les politiques publiques ont le pouvoir d'offrir aux gens des occasions d'améliorer ou de conserver leur santé de même que de les en priver. Toutes les politiques, dans tous les secteurs, ont un rapport avec la santé7. " Améliorer la santé de la population et réduire les inégalités devrait être un objectif global pour tous les gouvernements du Canada. Une telle coordination contribuera non seulement à réduire les coûts pour le système de santé, mais aussi à favoriser la croissance économique. En effet, plus une population est en santé, plus le taux d'absentéisme au travail est bas et meilleure est sa productivité économique en général8. Comme l'avance le document Principes devant guider la transformation des soins de santé au Canada : " Un financement coordonné de la promotion de la santé et de la prévention des maladies, y compris l'attention portée au rôle des déterminants sociaux de la santé, joue un rôle crucial dans la santé et le bien-être futurs des Canadiens et sur la durabilité du système de soins de santé9. " Contexte L'adoption d'une telle optique ne date pas d'hier. En effet, les gouvernements de l'Angleterre, de la Finlande et de la Nouvelle-Zélande, entre autres, reconnaissent de plus en plus l'importance des déterminants sociaux de la santé et ont élaboré des stratégies nationales à ce sujet. Ces stratégies, souvent appelées " la santé dans toutes les politiques ", demandent une ligne de conduite pangouvernementale dans le cadre de laquelle une collaboration interdépartementale est établie au plus haut niveau du gouvernement en vue d'améliorer la santé de la population et de réduire les inégalités10. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit comme suit la santé dans toutes les politiques : La santé dans toutes les politiques est une façon d'aborder les politiques publiques de tous les secteurs qui consiste à tenir compte de l'influence des décisions sur la santé et les systèmes de santé, à chercher à établir des synergies et à éviter les effets nocifs pour la santé de manière systématique afin d'améliorer la santé de la population et l'équité en santé. Cette conception se fonde sur les droits et les obligations en matière de santé. Elle met en évidence les conséquences des politiques publiques sur les déterminants sociaux et vise à améliorer la responsabilisation des décideurs concernant les répercussions sur la santé à tous les niveaux de l'élaboration des politiques11. Cette conception tient compte de toutes les politiques qui ont des répercussions sur la santé et non seulement celles du secteur de la santé. Les politiques sont évaluées selon leur incidence possible sur la santé de la population et l'utilisation du système de santé12. La stratégie consistant à tenir compte de la santé dans toutes les politiques peut être mise en œuvre de différentes façons : comités interministériels et interdépartementaux; consultations menées auprès de la collectivité et jurys de citoyens; équipes d'action intersectorielles; plateformes de partenariats; budgets et comptabilité intégrés; analyses dans une optique de santé; systèmes d'information et d'évaluation transversaux; évaluations des répercussions; mise en commun du personnel et cadres législatifs13. Un plan pour le Canada Rôle du gouvernement federal Bien que les provinces et les territoires soient responsables de la majeure partie de la prestation des soins de santé en vertu de la Constitution, le gouvernement fédéral joue également un rôle important en santé : la supervision du système conformément à la Loi canadienne sur la santé; la prestation de soins à certaines populations, entre autres les peuples autochtones; ainsi que la responsabilisation et les initiatives pancanadiennes concernant les différents systèmes de santé. De plus, il exerce un pouvoir important dans des domaines comme la fiscalité, la sécurité alimentaire et l'agriculture, la justice, la sécurité des transports et la sécurité du revenu (p. ex., prestations fiscales pour enfants, Sécurité de la vieillesse), et tous ces domaines peuvent avoir des répercussions importantes sur la santé de chaque personne et sur celle de la population. En raison de ces responsabilités, le gouvernement canadien doit adopter un mandat clair pour améliorer la santé de la population et prendre les mesures nécessaires pour aider les Canadiens à faire des choix sains. Il faut examiner toutes les lois dans une optique de santé afin de déterminer leur incidence potentielle sur la santé, d'atténuer leurs conséquences négatives et d'augmenter les possibilités de bienfaits pour la santé. Comme le Cabinet exerce un rôle central dans la coordination de l'établissement et de la mise en œuvre des politiques, il serait le mieux placé pour tracer une ligne de conduite visant l'intégration de la santé dans toutes les politiques. 1. L'association médicale canadienne (AMC) recommande que le gouvernement fédéral tienne compte du lien entre les déterminants sociaux de la santé et la santé de la population, de même que des exigences du système de santé, et qu'il intègre à toutes les décisions du Cabinet une ligne de conduite de " santé dans toutes les politiques ". Le Cabinet doit bien entendu agir à titre d'organe décisionnel central pour l'intégration de la santé dans toutes les politiques, mais il est en outre essentiel de mettre en place des structures officielles et durables qui permettraient d'analyser rapidement les conséquences des décisions stratégiques sur la santé, feraient participer les intervenants de manière efficace et feraient en sorte que les répercussions sur la santé seraient prises en compte dans les décisions stratégiques14. Une telle ligne de conduite nécessitera une forme de loi habilitante ainsi que des avantages pour les ministères qui effectueront l'analyse de la santé dans toutes les politiques. Au Québec, par exemple, toutes les politiques doivent faire l'objet d'une évaluation des répercussions sur la santé en vertu de l'article 54 de la Loi sur la santé publique du Québec de 200215. De plus, il pourrait être nécessaire de nommer un organisme responsable de la collecte et de l'analyse des données permettant de passer en revue les politiques. Aux Pays-Bas, c'est le département des politiques intersectorielles de la Netherlands School of Public and Occupational Health qui s'occupe d'évaluer les répercussions sur la santé16. En Suède, le Swedish National Institute of Public Health a pour mandat depuis 2000 d'élaborer une méthodologie dans des domaines importants sur le plan stratégique et de soutenir la réalisation d'évaluations en santé à l'échelle centrale, régionale et locale17. En Angleterre, les Public Health Observatories jouent un rôle clé dans la production de données et la réalisation d'analyses à des fins d'évaluation des répercussions sur la santé18. L'infrastructure de données actuelle constitue un obstacle important à l'intégration de la santé dans toutes les politiques au Canada. En effet, bien que des centaines de publications, certaines importantes et d'autres moins, témoignent du nombre d'analyses sur la santé et les systèmes de santé entreprises chaque année au Canada, la population et les responsables des politiques canadiens ne comprennent pas pleinement l'influence du système de santé, comparativement aux facteurs non liés à la santé, sur les résultats cliniques observés ou sur le portrait de la santé globale. La plupart des données disponibles portent sur le système de santé, la maladie et l'évaluation des risques liés à la maladie. Ce qui manque, c'est une façon d'organiser les données qui fournisse un meilleur portrait aux planificateurs et augmente la responsabilisation, ce qui profiterait à tous les Canadiens. Il faudra renforcer cette capacité pour appliquer correctement une optique de santé dans toutes les politiques. 2. L'AMC recommande que le gouvernement fédéral fournisse l'environnement favorable nécessaire pour permettre l'application d'une optique de santé dans toutes les politiques aux processus d'élaboration de politiques à venir. Comme le démontre l'expérience d'autres pays, il pourrait être utile de choisir un certain nombre de ministères pour amorcer le processus. Ces ministères s'occuperaient ensuite d'enclencher le tout et d'examiner les nouvelles politiques. Toute répercussion potentielle sur la santé serait signalée à la ressource centralisée, qui effectuerait une analyse, produirait un rapport sur ces répercussions et formulerait des recommandations sur les modifications à apporter. Le rapport serait renvoyé au ministère concerné pour qu'il revoie et modifie la politique, si nécessaire. Les modifications seraient mises en évidence, et la politique révisée serait envoyée avec l'analyse au Cabinet pour qu'il prenne la décision définitive. Ce processus contribuerait à améliorer les politiques et à sensibiliser les membres du Cabinet à l'égard des répercussions possibles des politiques sur la santé. 3. L'AMC recommande que le ministre fédéral de la Santé collabore avec le Cabinet pour choisir les ministères appropriés pour amorcer la mise en œuvre de la ligne de conduite visant l'intégration de la santé dans toutes les politiques. Rôle du secteur des soins de santé Le gouvernement n'est pas le seul vecteur d'intégration de la santé dans toutes les politiques. En effet, le secteur de la santé, notamment les médecins canadiens, a son rôle à jouer pour veiller à ce que les politiques favorisent la santé. Les médecins peuvent utiliser leurs vastes connaissances et leur expertise pour renseigner des représentants de tous les ordres du gouvernement sur les répercussions potentielles des politiques sur la santé et promouvoir la prise de décisions fondées sur des données probantes. De plus, ils peuvent collaborer avec des partenaires du secteur de la santé ou d'autres secteurs pour recommander des améliorations aux politiques, si nécessaire19. 4. L'AMC recommande que les médecins et les autres fournisseurs de soins de santé utilisent leurs connaissances et leur expertise pour aider les gouvernements à élaborer des politiques fondées sur des données probantes qui favorisent la santé de la population. Conclusion Les investissements dans le système de santé ont leurs limites pour ce qui est d'améliorer la santé de la population. Les stratégies axées sur la santé de la population doivent tenir compte de l'ensemble des déterminants sociaux de la santé. Pour réaliser cet objectif, le gouvernement doit tenir compte de la santé dans toutes les politiques qu'il élabore. . 1 Reeves, Richard (2010) A Liberal Dose? Health and Wellbeing - the Role of the State: An Independent Report. En ligne : http://www.dh.gov.uk/prod_consum_dh/groups/dh_digitalassets/@dh/@en/@ps/documents/digitalasset/dh_111695.pdf. 2 Organisation mondiale de la Santé (2010) De´claration d'Ade´lai¨de sur l'inte´gration de la sante´ dans toutes les politiques : vers une gouvernance partage´e en faveur de la sante´ et du bien-e^tre. En ligne : http://apps.who.int/iris/handle/10665/44390 (consulté le 16 avril 2015). 3 Keon, Wilbert J. et Lucie Pépin (2008) Politiques sur la santé de la population : enjeux et options. En ligne : http://www.parl.gc.ca/Content/SEN/Committee/392/soci/rep/rep10apr08-e.pdf. 4 Dunn J. R. (2002) The Health Determinants Partnership Making Connections Project: Are Widening Income Inequalities Making Canada Less Healthy? Toronto (ON) : The Health Determinants Partnership. En ligne : http://en.healthnexus.ca/sites/en.healthnexus.ca/files/resources/widening_income_equalities.pdf (consulté le 16 avril 2015). 5 Wilkins R., Berthelot J.-M., Ng E. (2002) Tendances de la mortalité selon le revenu du quartier dans les régions urbaines du Canada de 1971 à 1996. Rapports sur la santé (Statistique Canada). 2002:13(Supplément): 10. 6 Knutsson, Ida et Anita Linell (2010) " Health impact assessment developments in Sweden ". Scandinavian Journal of Public Health. 38:115-120. 7 Epp, J. (1986). La santé pour tous : Plan d'ensemble pour la promotion de la santé. Ottawa (Ont.) : Santé et Bien-être social Canada. Consulté sur le site web de Santé Canada : http://www.hc-sc.gc.ca/hcs-sss/pubs/system-regime/1986-frame-plan-promotion/index-fra.php. 8 Munro, Daniel (2008) Healthy People, Healthy Performance, Healthy Profits: The Case for Business Action on the Socio-Economic Determinants of Health. Conference Board du Canada. En ligne : http://www.conferenceboard.ca/Libraries/NETWORK_PUBLIC/dec2008_report_healthypeople.sflb. 9 Principes devant guider la transformation des soins de santé au Canada. Association médicale canadienne et Association des infirmières et des infirmiers du Canada. Ottawa (Ont.) : 2011. En ligne : https://www.cma.ca/Assets/assets-library/document/fr/advocacy/HCT-Principles-f.pdf#search=Principes%20devant%20guider%20la%20transformation%20des%20soins%20de%20sant%C3%A9%20au%20Canada. 10 St-Pierre, Louise et al. (S.D.) Governance Tools And Framework For Health In All Policies. En ligne : http://www.rvz.net/uploads/docs/Achtergrondstudie_-_Governance_tools_and_framework1.pdf. 11 Adapté de la définition pratique de l'OMS préparée pour la 8e Conférence mondiale sur la promotion de la santé, Helsinki, 10 au 14 juin 2013. 12 Chapitre introductif du livre de l'OMS. 13 De´claration d'Ade´lai¨de sur l'inte´gration de la sante´ dans toutes les politiques (consulté le 18 octobre 2014) http://apps.who.int/iris/handle/10665/44390. 14 Rudolph, Linda et al. (2013) Health in All Policies: Improving Health Through Intersectoral Collaboration. Institute of Medicine. En ligne : http://www.phi.org/uploads/application/files/q79jnmxq5krx9qiu5j6gzdnl6g9s41l65co2ir1kz0lvmx67to.pdf (consulté le 21 octobre 2014). 15 Centre de collaboration nationale sur les politiques publiques et la santé (2008) L'application de l'article 54 de la Loi sur la santé publique du Québec : note documentaire. En ligne : http://www.ccnpps.ca/100/publications.ccnpps?id_article=52. 16 Wright, John, Parry, Jayne et Edward Scully (2005) " Institutionalizing policy-level health impact assessment in Europe... 17 Knutsson, Ida et Anita Linell (2010) " Health impact assessment... 18 St-Pierre, Louise et al. (N.D.) Governance Tools And Framework... 19 Leppo, Kimmo et al. éd. Chapitre 14 : " The health sector's role in HiAP in Health in All Policies: Seizing opportunities, implementing policies ". Ministry of Social Affairs and Health, Finland, (2013). En ligne : http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0007/188809/Health-in-All-Policies-final.pdf?ua=1 (consulté le 20 octobre 2014); De´claration d'Ade´lai¨de sur l'inte´gration de la sante´ dans toutes les politiques http://apps.who.int/iris/handle/10665/44390 (consulté le 18 octobre 2014).
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Les médecines complémentaires et parallèles (mise à jour 2015)

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11529
Date
2015-05-30
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
Soin de santé et sécurité des patients
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Documents de politique
Date
2015-05-30
Remplace
Les médecines complémentaires et parallèles (Mise à jour 2008)
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
Soin de santé et sécurité des patients
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LES MÉDECINES COMPLÉMENTAIRES ET PARALLÈLES (Mise à jour 2015) Cet énoncé présente la position de l'Association médicale canadienne (AMC) au sujet des médecines complémentaires et parallèles (MCP). Les médecines complémentaires et parallèles (MCP) sont largement utilisées au Canada et sont de plus en plus soumises à une réglementation. La position de l'AMC repose sur une prémisse fondamentale : les décisions relatives aux interventions en soins de santé en usage au Canada doivent s'appuyer sur des données scientifiques solides qui en démontrent la sécurité et l'efficacité - soit les mêmes normes en fonction desquelles on doit évaluer les médecins et tous les autres éléments du système de santé. Les patients méritent la norme la plus élevée de traitement disponible et les médecins, les autres praticiens de la santé, les fabricants, les organismes de réglementation et les chercheurs doivent tous tendre vers cette fin. Tous les éléments du système de santé devraient " tenir compte en premier du bien-être du patient1 ". Le principe éthique de la non-malfaisance oblige les médecins à réduire le risque de préjudices à leurs patients. Les médecins doivent constamment s'efforcer d'évaluer les avantages potentiels d'une intervention en regard des effets secondaires, des préjudices ou des fardeaux potentiels. Pour aider les médecins à respecter cette obligation, les patients doivent les informer s'ils ont recours à des MCP. Les MCP au Canada On a défini les MCP comme un " groupe de systèmes, de pratiques et de produits médicaux et de soins de santé divers qu'on ne considère pas actuellement comme éléments de la médecine classique2 ". Cette définition s'applique à un grand nombre de produits, de thérapies et d'instruments de toutes sortes, sans autre lien les uns avec les autres, qui sont de diverses origines et reposent sur divers niveaux de preuves scientifiques. Aux fins de cette analyse, l'AMC divise les MCP en quatre grandes catégories : * Tests de diagnostic : Fournis par les praticiens des MCP. Niveaux de toxicité ou source du matériel testé inconnus, par exemple, pureté. La sensibilité clinique, la spécificité et la valeur prédictive doivent être fondées sur des données probantes. * Produits : Plantes médicinales et autres remèdes largement disponibles en vente libre dans des pharmacies et des magasins d'aliments naturels. Au Canada, ces produits sont réglementés par le gouvernement fédéral sous l'appellation produits de santé naturels (PSN). * Interventions : Des traitements comme des manipulations de la colonne ou une thérapie par champs électromagnétiques, qui peuvent être offerts par tout un éventail de fournisseurs, réglementés ou non. * Praticiens : il existe un vaste éventail de praticiens qui œuvrent dans des domaines comme la chiropractie, la naturopathie, la médecine chinoise et ayurvédique traditionnelle, et bien d'autres. De nombreux praticiens ne sont pas réglementés ou le sont uniquement dans certaines provinces ou certains territoires du Canada. On invoque diverses raisons pour avoir recours à la MCP, y compris les traditions, la curiosité, la méfiance à l'égard de la médecine classique et la croyance en un concept " holistique " de la santé, à laquelle les médecins n'adhèrent pas, selon les praticiens et les consommateurs de MCP. Pour la plupart des Canadiens, cette utilisation constitue un complément (elle s'ajoute à la médecine classique) plutôt qu'un substitut (elle ne remplace pas la médecine classique). Beaucoup de patients ne disent pas à leur médecin qu'ils utilisent des MCP. Vers des soins de santé factuels Le recours aux MCP comporte des risques que les utilisateurs ne connaissent pas toujours. L'utilisation aveugle et l'acceptation sans discernement des MCP peuvent aboutir à de l'information erronée, à de fausses attentes et à un détournement des soins plus appropriés, sans oublier à des effets indésirables sur la santé, dont certains peuvent être graves. L'AMC recommande que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux répondent aux besoins de santé des Canadiens en assurant la prestation de soins cliniques qui intègrent systématiquement les avancées technologiques factuelles en ce qui concerne l'information, la prévention ainsi que les services diagnostiques et thérapeutiques3. Les médecins prennent au sérieux leur obligation de préconiser des soins de santé de qualité et d'aider leurs patients à choisir les interventions les plus bénéfiques. Ils appuient fermement le droit des patients à prendre des décisions éclairées concernant leurs soins médicaux. Les Code de déontologie de l'AMC oblige toutefois les médecins à ne recommander que les services de diagnostic et de traitement qu'ils jugent bénéfiques pour le patient ou d'autres personnes4. Tant que les interventions de MCP ne seront pas étayées par des preuves scientifiquement valables, les médecins ne devraient pas les recommander. À moins d'avoir la preuve qu'ils sont bénéfiques, les services de MCP ne devraient pas être financés par l'État. Afin d'aider à garantir que les Canadiens reçoivent des soins de santé de la plus grande qualité, l'AMC recommande que l'on soumette les MCP à des recherches rigoureuses pour en connaître les effets, qu'on les encadre par une réglementation sévère et que les professionnels de la santé et le public aient accès à de l'information fiable, exacte et factuelle au sujet des produits et thérapies de MCP. Nous présentons des recommandations plus détaillées ci-après. a) Recherche : construction d'une base factuelle Jusqu'à maintenant, l'information dont dispose le public sur les MCP est en grande partie anecdotique ou fondée sur des affirmations exagérées de leurs avantages qui reposent sur un petit nombre d'études ou sur des études de faible qualité. L'AMC adhère au principe selon lequel il faut d'abord soumettre tout nouveau traitement à des tests rigoureux permettant de démontrer qu'il est fondé sur des données probantes, avant son adoption et son application par la profession médicale5. De fait, il s'effectue de plus en plus d'études de bonne qualité et bien contrôlées sur les produits et les thérapies de MCP. L'AMC appuie cette évolution. La recherche sur les thérapies prometteuses est toujours la bienvenue et il faut l'encourager à condition qu'elle soit assujettie aux mêmes normes de preuve et d'efficacité que les traitements médicaux et pharmaceutiques classiques. Le savoir ainsi réuni doit être largement diffusé aux professionnels de la santé et au public. b) Un cadre approprié de réglementation Les cadres de réglementation des MCP, comme ceux qui régissent toute intervention en santé, doivent enchâsser le concept selon lequel une thérapie doit offrir un avantage démontré avant d'être présentée à la population comme un traitement efficace. i) Les produits de santé naturels : les produits de santé naturels sont réglementés à l'échelle fédérale par la Direction des produits de santé naturels de Santé Canada. L'AMC estime qu'il faut appliquer le principe d'équité au processus de réglementation afin que les produits de santé naturels soient traités de façon équitable par rapport aux autres produits de santé6. Les mêmes normes réglementaires doivent s'appliquer aux produits de santé naturels et aux produits de santé pharmaceutiques et ces normes doivent être appliquées aux produits de santé naturels peu importe qu'une affirmation relative à la santé ait été faite ou non pour le produit. La réglementation doit faciliter la mise en marché des produits dont l'innocuité et l'efficacité ont été démontrées et empêcher la mise en marché de ceux qui n'ont pas fait leurs preuves, jusqu'à ce qu'on les comprenne mieux. Elle doit aussi imposer l'adoption de normes de fabrication rigoureuses afin de garantir aux consommateurs l'innocuité, la qualité et la pureté des produits. L'AMC recommande également l'élaboration d'une série de normes pour chaque produit de santé naturel. Ces normes devraient inclure les éléments suivants : * des procédés de fabrication qui assurent la pureté, l'innocuité et la qualité du produit; * des normes d'étiquetage portant notamment sur les conseils aux consommateurs, les avertissements et les affirmations, ainsi que des explications sur l'utilisation sécuritaire du produit pour le consommateur7. L'AMC recommande que les affirmations d'innocuité et d'efficacité des PSN soient évaluées par un groupe scientifique indépendant, et que les affirmations selon lesquelles des produits naturels auraient une quelconque vertu thérapeutique contre les maladies soient interdites lorsque les preuves à l'appui ne satisfont pas à la norme de preuve exigée pour les médicaments réglementés par Santé Canada8. Elle préconise que les affirmations relatives aux avantages médicinaux ne soient permises que lorsqu'il existe des preuves scientifiques convaincantes de leur innocuité et de leur efficacité9. L'AMC préconise que les aliments enrichis par des ingrédients de " santé naturelle " soient réglementés comme des produits alimentaires et non comme des produits de santé naturels. L'AMC recommande que le système de réglementation des produits de santé naturels s'applique à la surveillance postcommercialisation ainsi qu'à l'examen réglementaire précommercialisation. Le système de déclaration des effets indésirables MedEffet Canada (de Santé Canada) recueille maintenant des rapports de sécurité sur les produits de santé naturels. Les consommateurs, les professionnels de la santé et les fabricants sont encouragés à signaler à Santé Canada les effets indésirables. ii) Praticiens des MCP. La réglementation des praticiens des MCP en est à divers stades. L'AMC est d'avis que cette réglementation doit garantir que les services offerts par les praticiens des MCP sont vraiment efficaces, établir des mécanismes de contrôle de la qualité et des normes de pratique appropriées et chercher à créer un corpus factuel de compétences qui évoluent à mesure du progrès de la connaissance. Tout comme l'AMC estime que les produits de santé naturels doivent être traités équitablement, par rapport aux autres produits de santé, elle recommande également que les praticiens des MCP soient tenus de respecter les mêmes normes que les autres professionnels de la santé. Tous les praticiens des MCP devraient élaborer des codes d'éthique pour s'assurer qu'ils voient avant tout aux meilleurs intérêts de leurs patients. Entre autres choses, les associations représentant les praticiens des MCP devraient élaborer des lignes directrices concernant les conflits d'intérêts et les respecter. Elles doivent exiger que leurs membres suivent les directives suivantes : * Combattre toute influence ou ingérence risquant de miner leur intégrité professionnelle10; * Savoir reconnaître et divulguer les conflits d'intérêts pouvant surgir dans l'exercice de leurs fonctions et activités professionnelles, et les résoudre dans le meilleur intérêt des patients11; * S'abstenir, en général, de distribuer les produits qu'ils prescrivent. Prescrire et distribuer des PSN, en contrepartie ou non d'avantages financiers, constitue un conflit d'intérêts lorsque les intérêts du fournisseur entrent en conflit avec son devoir d'agir dans le meilleur intérêt du patient. c) Information et promotion Les Canadiens ont le droit d'avoir de l'information fiable et exacte sur les produits et thérapies de MCP pour les aider à faire des choix de traitement éclairés. L'AMC recommande que les gouvernements, les fabricants, les fournisseurs de soins et autres intervenants conjuguent leurs efforts pour garantir que les Canadiens ont accès à cette information. L'AMC est d'avis que l'étiquette sur tous les PSN doit inclure une liste qualitative de tous les ingrédients12. L'information sur les MCP doit être conviviale, facile d'accès et inclure les éléments suivants : * un mode d'emploi; * les indications pour lesquelles le produit ou la thérapie a fait ses preuves; * les contre-indications, effets secondaires et interactions avec d'autres médicaments. * mention au consommateur de communiquer à son fournisseur de soins de santé le fait qu'il utilise ce produit13. Il faut fournir cette information de façon à minimiser l'effet des intérêts commerciaux sur son contenu. En général, la publicité de produits de marque est loin d'être le moyen optimal de fournir de l'information sur un produit de santé ou un traitement, quel qu'il soit. Compte tenu de notre connaissance limitée de l'efficacité de ces produits et des risques qu'ils peuvent comporter, il faut limiter rigoureusement la publicité portant sur les avantages présumés pour la santé des produits de santé naturels. L'AMC recommande de promouvoir ces affirmations seulement si elles s'appuient sur de solides preuves scientifiques. Cette restriction devrait s'appliquer non seulement à la publicité, mais aussi à toutes les affirmations faites au sujet du produit ou sur le site web d'entreprises, ainsi qu'aux communications destinées aux distributeurs et au public. Il faudrait préapprouver les annonces afin de garantir qu'elles ne contiennent pas de messages trompeurs. Il faut appliquer rigoureusement les sanctions prévues contre la publicité trompeuse et Santé Canada doit affecter des ressources suffisantes pour surveiller les affirmations trompeuses et les corriger. L'AMC recommande que les étiquettes des produits comportent des affirmations approuvées sur la santé, des avertissements, des contre-indications et des consignes sur l'utilisation sécuritaire, et recommandent aussi aux patients de dire à leur médecin qu'ils utilisent le produit. S'il n'existe aucune affirmation approuvée pour un produit de santé naturel, l'étiquette devrait indiquer clairement que rien ne prouve que le produit contribue à la santé ou soulage la maladie. Le rôle des professionnels de la santé Qu'ils appuient ou non l'utilisation des MCP, il importe que les médecins et les autres professionnels de la santé aient accès de l'information fiable sur les produits et thérapies de MCP afin de pouvoir en discuter avec leurs patients. Il faut encourager les patients à signaler aux fournisseurs de soins de santé au cours des consultations tout produit de santé qu'ils utilisent, y compris les produits de santé naturels. L'AMC encourage les Canadiens à s'informer au sujet de leur santé et de leurs soins de santé et à évaluer d'un œil critique toute information sur la santé. L'AMC continuera de préconiser l'évaluation factuelle de toutes les méthodes de soins de santé au Canada et la diffusion d'information sur la santé exacte, opportune et fiable aux fournisseurs de soins de santé et aux patients du Canada. 1 Association médicale canadienne. Code de déontologie. 2 Définition pratique utilisée par le National Center for Complementary and Alternative Medicine des National Institutes of Health des États-Unis. 3 Résolution CG00-196 - Les soins cliniques devraient incorporer des avancées technologiques fondées sur des données probantes. Ottawa (ON) : AMC; 2000. 4 Professionnalisme médical. 5 Déclaration de l'AMC au sujet des traitements émergents. 6 Ibid. 7 Mémoire BR1998-02 - Cadre réglementaire pour les produits de santé naturels. 8 Résolution CG08-86 - Produits naturels. 9 Résolution GC10-100 - Aliments enrichis par des ingrédients de " santé naturelle ". 10 Association médicale canadienne. Code de déontologie. Paragraphe 7. 11 Ibid. Paragraphe 11. 12 Mémoire BR1998-02 - Cadre réglementaire pour les produits de santé naturels 13 Ibid.
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Préjudices associés aux opioïdes et à d'autres médicaments d'ordonnance psychotropes

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique11535
Date
2015-05-30
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
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Type de politique
Documents de politique
Date
2015-05-30
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
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Les préjudices associés aux médicaments d'ordonnance psychotropesi, qui comprennent les sédatifs et les tranquillisants1, les stimulants2 et les analgésiques, et en particulier les opioïdes3 comme l'oxycodone, l'hydromorphone et le fentanyl, constituent un problème important pour la santé publique et la sécurité des patients. Le Canada affiche un des taux les plus élevés au monde de consommation d'opioïdes d'ordonnance par habitant4. La distribution de médicaments a augmenté fortement au Canada, même si les tendances varient énormément entre les provinces5. En 2011, la consommation d'opioïdes à des fins médicales s'établissait à 62 mg d'équivalence en morphine (EM)ii par personne dans le monde, mais celle du Canada atteignait 812 mg par personne6. Dans le cas d'autres pays industrialisés, l'EM de l'Australie s'établissait à 427 et celui du Danemark à 483. En Amérique du Nord, environ 5 % des adultes, et des pourcentages beaucoup plus élevés chez les adolescents et les jeunes adultes, ont déclaré avoir utilisé des opioïdes à des fins non médicales au cours de l'année précédente. Ce taux d'utilisation est plus élevé que celui de toutes les autres drogues illégales, à l'exception de la marijuana7. Les médicaments psychotropes posent des risques importants pour la santé et la sécurité. Les préjudices comprennent les surdoses, les suicides, les accidents de véhicule motorisés, les problèmes de relations et d'emploi, les accidents au travail et l'exposition à des agents pathogènes à transmission hématogène, ainsi qu'à d'autres infections lorsqu'ils sont injectés, sans oublier l'accoutumance. On ne réunit pas systématiquement de données au Canada, et c'est pourquoi il est difficile d'évaluer les préjudices et de suivre les tendances et l'effet de la mise en œuvre de changements de politiques. Les professionnels ont toutefois vu l'effet important que ces médicaments d'ordonnance ont sur leurs patients et sur la santé publique. Des études réalisées en Ontario montrent que le nombre de personnes inscrites à un traitement d'entretien à la méthadone est passé de quelque 7 800 en 2001 à plus de 35 000 en 2011, là où les opioïdes ont surpassé l'héroïne comme drogue de consommation8. Les décès liés aux opioïdes ont presque triplé de 2002 à 2010, selon le Bureau du coroner en chef de l'Ontario9. Une autre étude a montré que d'autres dépresseurs non opioïdes (sédatifs), comme les benzodiazépines, ont été incriminés dans 92 % des décès liés aux opioïdes10. L'effet s'est fait sentir particulièrement dans les groupes vulnérables comme les jeunes, les personnes âgées, les membres des Premières Nations et les personnes vivant dans la pauvreté. En 2013, les opioïdes venaient au troisième rang des drogues les plus répandues chez les étudiants de l'Ontario (après l'alcool et la marijuana)11. On a signalé dans certaines collectivités autochtones des taux d'accoutumance aux opioïdes variant de 43 % à 85 %12,13. Même s'il n'y a pas de données exactes sur les préjudices causés par les médicaments d'ordonnance chez les personnes âgées, il est bien connu que la prévalence de la douleur est plus élevée chez les adultes âgés et que ceux-ci font remplir un pourcentage important des ordonnances. À cause de " l'euphorie " qu'ils produisent, ces médicaments sont aussi recherchés à des fins récréatives et, comme il s'agit de produits légaux, ils sont souvent plus facilement accessibles que les drogues de la rue. Des sondages menés auprès des jeunes ont révélé que jusqu'à 70 % des opioïdes ont été obtenus grâce à des ordonnances légitimes rédigées à des membres de la famille ou à des amis (55 % ont été partagés gratuitement)14. En outre, comme les opioïdes présentent de fortes possibilités d'abus et d'accoutumance, on recourt à des comportements illégaux pour les obtenir, notamment en cherchant un médecin complaisant, falsifiant la signature de prescripteurs ou achetant de vendeurs de la rue. Il existe un lien solide entre l'augmentation de la mortalité, de la morbidité et du nombre des hospitalisations pour traitement d'une toxicomanie, ce qui est très préoccupant15,16. Des études réalisées en Ontario et en Colombie-Britannique ont reproduit des constatations semblables aux États-Unis. Beaucoup de patients ont obtenu des ordonnances pour ces médicaments et en sont devenus dépendants17. Les médicaments psychotropes sont d'importants outils thérapeutiques et servent à des fins légitimes lorsqu'ils sont prescrits de la bonne manière à la suite d'une évaluation appropriée et dans le contexte d'une stratégie thérapeutique intégrée et d'une surveillance. Des médicaments comme les opioïdes ont joué un rôle essentiel dans des domaines comme les soins palliatifs et le traitement du cancer et ils ont contribué à alléger les souffrances. Depuis la décennie 1990, les opioïdes sont recommandés pour le traitement à long terme de la douleur chronique non attribuable au cancer et leur usage s'est généralisé en partie à cause de la promotion et du marketing agressifs visant cette indication18,19. Les éléments de preuve démontrent toutefois qu'il y a soulagement important de la douleur à court terme, mais il faut prouver davantage que le soulagement de la douleur dure plus longtemps ou qu'il y a amélioration de la fonction physique20,21,22. Le manque de moyens de soutien et d'incitations au traitement de cas complexes, notamment la disponibilité et le financement de traitements possibles de la douleur et des toxicomanies, fait partie des facteurs importants qui contribuent à l'augmentation du nombre des ordonnances. D'autres stratégies de prise en charge de la douleur obligent à passer plus de temps avec le patient. De nouveaux médicaments opioïdes très puissants sont en outre disponibles23,24. Les préjudices causés par les opioïdes et d'autres médicaments d'ordonnance psychotropes préoccupent profondément les médecins du Canada. Comme prescripteurs, ils ont un rôle fondamental à jouer en aidant à garantir l'utilisation sûre et efficace de tels médicaments et à dissuader l'abus25,26,27. Les médecins évaluent les patients et déterminent si une ordonnance est indiquée sur le plan clinique en fonction des meilleures pratiques et si les bienfaits l'emportent sur les risques tout en cherchant à dépister les facteurs de risque de dépendance et de détournement de substances. Cet aspect peut causer des tensions chez des patients qui pourraient chercher à se procurer des drogues par des moyens frauduleux28. C'est aussi un domaine qui préoccupe beaucoup de médecins, ce qui pourrait avoir un effet sur l'accès à l'apaisement adéquat de la douleur lorsqu'il s'impose29. Le défi pour les médecins et les responsables des politiques publiques consiste à déterminer comment atténuer les préjudices causés par les psychotropes tout en garantissant que les patients ont accès au traitement approprié pour leur problème clinique. Une stratégie nationale intégrée Les médecins du Canada sont d'avis que, pour relever ce défi, il faudra trouver une solution complexe et à facettes multiples. Pour aider à la trouver, l'AMC recommande que le Canada ait une stratégie nationale intégrée contre les préjudices associés aux médicaments psychotropes au Canada, qu'ils soient illicites ou obtenus grâce à une ordonnance, qui complétera les stratégies en vigueur pour contrer les préjudices associés à deux drogues légales - l'alcool et le tabac. Cette approche exhaustive s'impose, car des mesures isolées peuvent avoir des conséquences imprévues comme la sous-médication des personnes qui ont besoin d'un traitement médical ou le fait d'obliger des gens à chercher à se procurer des drogues illicites lorsque des médicaments sont rendus inviolables. Le gouvernement fédéral a créé le Conseil consultatif national sur l'abus de médicaments sur ordonnance, coprésidé par le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies, la Coalition sur l'abus de médicaments sur ordonnance (Alberta) et le ministère de la Santé et du Mieux-être de la Nouvelle-Écosse, en partenariat avec le Comité coordonnateur sur l'abus de médicaments d'ordonnance de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada. Son rapport de 2013 intitulé S'abstenir de faire du mal : Répondre à la crise liée aux médicaments d'ordonnance au Canada30 contient presque 60 recommandations sur l'élaboration d'une stratégie afin de lutter contre les préjudices associés aux médicaments d'ordonnance psychotropes. Il reste toutefois beaucoup de travail à faire. L'AMC appuie les efforts de collaboration consacrés par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi que les professionnels de la santé et d'autres intervenants, à la conception et à l'application d'une stratégie nationale intégrée. Une telle stratégie devrait inclure les éléments suivants : 1. Amélioration de l'innocuité des médicaments En tant qu'agence chargée d'approuver l'utilisation des médicaments d'ordonnance et d'en surveiller l'innocuité une fois qu'ils sont mis en marché, Santé Canada dispose de plusieurs moyens de contrôler l'accès aux médicaments pour les Canadiens. Un de ces moyens, c'est la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS) et ses règlements d'application, qui régissent l'accès aux produits illicites auxquels on a ajouté récemment les médicaments d'ordonnance psychotropes. À cause des risques qu'ils représentent pour la santé et la sécurité, il importe que Santé Canada veille à ce que la LRCDAS assujettisse les psychotropes à des niveaux élevés de contrôle réglementaire au cours à la fois du processus d'homologation et de la surveillance posthomologation. La Loi devrait obliger les fabricants à : * satisfaire à des exigences rigoureuses avant l'homologation. Par exemple, Santé Canada pourrait exiger un examen intensif des résultats des essais cliniques avant l'homologation et des monographies de produits effectué par un comité d'examen impartial d'experts (qui inclurait des experts en toxicomanie, douleur et santé publique) ou obliger le fabricant à satisfaire à des conditions particulières comme les études postcommercialisation structurées, comme condition de l'homologation des médicaments, ou même exiger des échantillons plus vastes ou des périodes d'études plus longues pour évaluer les préjudices; * se conformer aux restrictions proposées de la commercialisation des médicaments réglementés auprès des professionnels de la santé et de la population en général. Il faut évaluer le caractère suffisant des règlements à cet égard; * mettre au point et couvrir des préparations inviolables de psychotropes d'intérêt. Même si cette solution n'est pas autonome, les préparations inviolables peuvent réduire le risque qu'on les manipule pour pouvoir les utiliser en les reniflant, mâchant ou injectant par voie intraveineuse. 2. Amélioration de l'établissement optimal d'ordonnances grâce à des conseils, de l'éducation et du soutien basés sur des éléments de preuve à l'intention des prescripteurs L'AMC recommande d'aborder la prescription appropriée de psychotropes par des conseils et de l'éducation basés sur des éléments de preuve. Une stratégie visant à appuyer une thérapie optimale pourrait inclure les éléments suivants : * soutien en faveur de modèles de soins qui permettent à un médecin de passer du temps avec des patients dont le cas est complexe; * élaboration et diffusion continues de guides cliniques. Le Guide canadien sur l'usage des opioïdes pour traiter la douleur chronique non attribuable au cancer a paru dans le JAMC en 2010. L'AMC a coparrainé un module d'EMC en ligne basé sur ce guide. Des guides semblables sur les sédatifs et les stimulants suscitent de l'intérêt; * recherche d'évaluation pour appuyer l'examen critique périodique des guides. Il est essentiel de revoir les données sur les problèmes chroniques pour lesquels les risques pourraient l'emporter sur les bienfaits; * de l'information pertinente, impartiale et facile d'accès pour les prescripteurs qui peut être intégrée facilement dans la pratique quotidienne. Cette information devrait inclure des outils d'aide à la décision clinique à utiliser aux points d'intervention, y compris des lignes directrices sur l'établissement des posologies et des documents d'orientation sur le moment où il faut consulter des experts. Les médecins ont aussi besoin d'outils, y compris ceux qui facilitent la surveillance de l'efficacité et de la tolérance par le suivi de la douleur et des fonctions physiques, le dépistage de la consommation antérieure et courante de substances, le dépistage de la dépression, le sevrage des doses problématiques ou inefficaces, notamment; * les programmes d'éducation sur l'établissement optimal d'ordonnances, la prise en charge de la douleur et des toxicomanies, dans le cadre des cours en faculté de médecine et en résidence, ainsi qu'en éducation continue. Ceux qui pratiquent en soins primaires ont besoin d'un appui particulier; * orientation à l'intention des prescripteurs sur la façon de faire face au conflit dans leur pratique, ce qui inclurait des documents d'orientation pour des discussions éducatives axées sur les patients et portant sur la prescription et l'usage sécuritaires d'opioïdes et la prise en charge des toxicomanies; * accès à des conseils d'experts au besoin par des moyens comme les suivants : o politiques ou normes de pratique établies par les ordres provinciaux des médecins, qui peuvent notamment limiter le volume des ordonnances, la durée du traitement et les indications; o collectifs de pratique, centres de connaissances et réseaux d'aide clinique qui établissent des liens entre les professionnels et les experts du domaine, facilitent le triage et appuient les généralistes des premières lignes. Les experts peuvent non seulement fournir de l'information clinique, mais offrir aussi des services de mentorat et des conseils personnels sur les meilleures pratiques; o rétroaction aux praticiens au sujet de leurs habitudes d'établissement d'ordonnances, en particulier si l'on dégage des tendances qui pourraient être préoccupantes. La collaboration entre les professionnels de la santé et leurs ordres provinciaux respectifs devrait faciliter cette initiative; o programmes de formation continue en pharmacothérapie qui utilisent des techniques individuelles personnalisées pour présenter aux praticiens de l'information impartiale sur l'établissement d'ordonnances. 3. Amélioration de l'établissement optimal d'ordonnances par la réglementation des médecins et les programmes de surveillance des ordonnances La médecine est une profession réglementée et les ordres provinciaux des médecins détiennent le pouvoir et la responsabilité finale à l'égard de la surveillance de l'exercice de la profession par les médecins. Les ordres jouent le rôle de chefs de file en informant leurs membres au sujet de façons appropriées de prescrire, en surveillant les habitudes d'établissement d'ordonnances pour s'assurer qu'elles sont pertinentes et en prenant au besoin des mesures disciplinaires, ainsi qu'en collaborant avec les organismes d'application de la loi pour repérer les détournements à des fins criminelles et y mettre fin. L'AMC recommande que les règlements fédéraux et provinciaux sur les substances réglementées reconnaissent le pouvoir établi des ordres des médecins en ce qui concerne la surveillance de la profession médicale. Il existe peut-être des programmes de surveillance des ordonnances (PSO) dans la plupart des provinces, mais leur qualité, la nature de l'information dont ils ont besoin, l'accès en temps réel pour les professionnels de la santé et la raison de la collecte des données varient considérablement. La normalisation des systèmes de surveillance à l'échelon national et en fonction des meilleures pratiques peut contribuer à contrer les préjudices associés aux psychotropes prescrits en : * permettant aux professionnels de la santé de repérer des ordonnances antérieures ou simultanées portant sur des médicaments réglementés obtenues de plus d'un professionnel au moment où l'on demande l'ordonnance ou la fait remplir; * dissuadant la fraude à l'échelon interprovincial ou à celui des niveaux de compétence, en permettant aux professionnels de la santé de repérer d'autres ordonnances au moment où l'on demande l'ordonnance ou la fait remplir; * améliorant la capacité de surveillance et d'intervention des organismes de réglementation de la profession en établissant un mécanisme de surveillance en temps réel. L'AMC recommande que tous les ordres de gouvernement collaborent entre eux et avec les organismes de réglementation des professionnels de la santé pour créer un système national de contrôle et de surveillance en temps réel de l'abus des médicaments d'ordonnance. Pour commencer, l'AMC recommande l'établissement de normes nationales uniformes sur la surveillance des ordonnances. Les PSO devraient être compatibles avec les dossiers médicaux et pharmaceutiques électroniques existants, ainsi qu'avec les bases de données pharmaceutiques des provinces. La participation aux programmes de surveillance des ordonnances ne devrait pas imposer un fardeau administratif onéreux aux fournisseurs de soins de santé. Les PSO ne devraient pas dissuader les médecins d'utiliser des médicaments réglementés au besoin. L'AMC recommande aussi que Santé Canada veille à ce que son cadre législatif serve à faciliter et appuyer la promotion de la cybersanté, et en particulier l'établissement d'ordonnances électroniques. Les dossiers de santé électroniques peuvent aider les médecins ou les pharmaciens en particulier à repérer les détournements possibles et l'établissement d'ordonnances en double au moment où une ordonnance est rédigée ou remplie. Le dossier de santé électronique facilite aussi le partage d'information entre les professionnels de la santé et pourrait réduire au minimum le fardeau administratif éventuel. Les PSO devraient se conformer aux lois sur la protection de la vie privée et protéger le caractère confidentiel des renseignements sur les patients tout en permettant de partager l'information nécessaire. L'AMC recommande vivement que Santé Canada entreprenne une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée du cadre de réglementation des médicaments d'ordonnance et en communique les résultats aux intervenants. 4. Augmentation de l'accès au traitement de la douleur La douleur chronique a une incidence sur beaucoup d'aspects de la vie d'une personne, y compris sa capacité à travailler, sa santé affective, mentale et physique et sa qualité de vie. On estime que la douleur coûte 60 milliards de dollars par année au Canada, soit plus que les maladies cardiovasculaires, le cancer et le diabète31. L'AMC a approuvé une stratégie nationale sur la douleur, élaborée et proposée par la Coalition canadienne contre la douleur et la Société canadienne de la douleur32, qui vise quatre aspects cibles : sensibilisation et éducation; accès, recherche et surveillance continue. Les experts sont d'avis qu'une amélioration de l'accès aux services spécialisés de traitement pourrait réduire le recours indu aux analgésiques. Les meilleures pratiques de l'heure en prise en charge de la douleur comprennent les suivantes : * soins fournis par une équipe interprofessionnelle qui pourrait inclure des physiothérapeutes, ergothérapeutes, psychologues et autres professionnels de la santé; * recommandation portant sur des interventions non pharmaceutiques comme le traitement des traumatismes et de la douleur sociale, des moyens de soutien sociaux et des stratégies d'adaptation; * possibilités appropriées de prescrire des produits pharmaceutiques couverts par les formulaires provinciaux; * convergence sur la participation et la responsabilisation des patients. Il y a toutefois pénurie de programmes spécialisés de traitement de la douleur. Les temps d'attente dépassent un an dans plus du tiers des programmes de traitements interprofessionnels financés par le secteur public33. De tels programmes ne sont pas disponibles dans de nombreuses régions du Canada, en particulier dans les régions rurales et éloignées. En outre, le système public de soins de santé couvre peut-être les visites aux médecins, mais les services d'autres professionnels de la santé sont plus susceptibles d'être couverts par une assurance-maladie privée ou payés directement par le patient, qui n'a donc pas les moyens de les payer. Ces facteurs peuvent obliger à compter davantage sur les médicaments d'ordonnance pour traiter la douleur chronique. L'AMC recommande que tous les partenaires cherchent à améliorer et à promouvoir l'accès à des programmes spécialisés de prise en charge de la douleur et que l'on investisse dans la recherche sur les traitements possibles. 5. Élargissement de l'accès au traitement des toxicomanies L'accès au traitement des toxicomanies est très limité et, lorsqu'il existe, il est constitué avant tout de traitements de désintoxication ou de substitution à la méthadone ou au SuboxoneMD (buprénorphine et naloxone). Comme la toxicomanie est, par définition, une maladie chronique primitive liée au système de récompense du cerveau, à la motivation, à la mémoire et aux circuits afférents, qui a des dimensions biologiques, psychologiques, sociales et spirituelles, le traitement doit viser tous ces aspects plutôt que l'un ou l'autre d'entre eux seulement34. L'AMC appuie l'amélioration de l'accès aux traitements possibles des toxicomanies qui répondent à des besoins différents. Il faut coordonner les programmes de traitement qui doivent être axés sur les patients et tenir compte du contexte physique, psychologique, social et spirituel. Il importe, par exemple, que les programmes de lutte contre les toxicomanies soient culturellement pertinents pour les groupes autochtones. Il faut aussi intégrer les programmes de traitement dans le système de santé et ils doivent disposer d'un financement adéquat pour se conformer aux guides factuels sur les pratiques exemplaires. L'AMC appuie aussi la création et la diffusion d'outils de pratique et de lignes directrices pour aider les médecins à évaluer les risques de toxicomanie d'un patient qui prend des psychotropes et aider à prendre en charge les patients qui ont une toxicomanie, ainsi que des problèmes et des complications connexes. 6. Augmentation de l'information par la surveillance épidémiologique Un des défis que pose l'abus des médicaments d'ordonnance, qui peut refléter un usage dangereux (épisodique), nocif (régulier) ou une toxicomanie, réside dans le fait que nous ne connaissons pas parfaitement l'ampleur du problème. Des pays comme les États-Unis et la France peuvent surveiller l'usage des médicaments psychotropes tandis que le Canada compte toujours sur des données recueillies de façon non systématique ou limitée sur le plan local. La création d'un système national de surveillance qui appuie la collecte d'information normalisée et systématique : * permettrait d'évaluer à fond le problème et de créer et de surveiller des indicateurs; * appuierait le dépistage précoce du détournement ou des comportements prescripteurs inappropriés; * appuierait l'établissement de pratiques exemplaires à suivre pour aborder les enjeux cruciaux; * cernerait les priorités en matière de recherche; * évaluerait l'incidence de la mise en œuvre des stratégies. Les PSO, les enquêtes du coroner, les admissions à l'urgence et les données des centres de lutte antipoison, notamment, devraient constituer des sources d'information. 7. Prévention des décès causés par une surdose Le nombre de décès causés par une surdose a explosé depuis 10 ans. Le risque de préjudice causé par une surdose peut s'alourdir si les utilisateurs à des fins récréatives ont peur de demander de l'aide d'urgence parce qu'ils craignent de faire face à des accusations criminelles. Pourtant, il est possible de prévenir les décès par surdose et les complications des surdoses au moyen de médicaments appropriés et par une intervention d'urgence rapide. L'AMC recommande : * que l'on crée et étende des programmes communautaires qui donnent accès au naloxone et à d'autres moyens et services de prévention des surdoses d'opioïdes. Il faudrait mettre à la disposition des travailleurs de la santé, des premiers répondants, ainsi que des usagers d'opioïdes, des membres de leur famille et de leurs pairs, de la formation sur la prévention des décès causés par une surdose35; * que l'on améliore l'accès au naloxone afin de casser la tendance aux surdoses d'opioïdes. Il faudrait à cette fin prescrire le naloxone aux personnes à risque élevé et à des tierces parties qui aident une victime d'une surdose d'opioïdes; * que tous les ordres de gouvernement améliorent les lois du " bon samaritain " afin de protéger contre des accusations au criminel les personnes qui appellent les services d'urgence pour signaler une surdose36,37. 8. Fourniture d'information aux patients et au public Les programmes de sensibilisation qui fournissent des renseignements exacts aux patients et au grand public sont importants et pourraient inclure les éléments suivants : * de l'information sur les avantages et les préjudices découlant de l'usage de psychotropes d'ordonnance et sur les signes de dépendance et de surdose, ce qui devrait inclure le risque de dépendance et de toxicomanie associées aux opioïdes utilisés pour traiter la douleur chronique aiguë; * des messages sur la prévention de la consommation problématique de médicaments chez les jeunes et d'autres groupes à risque; * de l'information sur l'entreposage et l'élimination sécuritaires des médicaments et la réduction de l'accès aux médicaments de membres de la famille et d'amis. L'AMC appuie des journées nationales de " reprise " de médicaments d'ordonnance et recommande d'informer les patients au sujet de l'importance de retourner régulièrement à la pharmacie les médicaments d'ordonnance inutilisés. Recommandations L'AMC recommande que le Canada ait une stratégie nationale intégrée contre les préjudices associés aux psychotropes au Canada, qu'ils soient illégaux ou d'ordonnance. Cette stratégie devrait inclure les éléments suivants : * Santé Canada devrait obliger les fabricants à respecter des critères plus rigoureux avant l'homologation, à se conformer aux restrictions imposées sur le marketing des médicaments réglementés auprès des professionnels de la santé et des populations et à établir des formulations de psychotropes d'intérêt qui sont inviolables. * Appui à l'établissement optimal d'ordonnances par des conseils, de l'éducation et des moyens de soutien basés sur des éléments de preuve comme l'orientation clinique, les outils d'aide à la décision clinique, les programmes d'éducation, les conseils d'experts et des modèles de soins de soutien. * Amélioration de l'établissement optimal d'ordonnances par la réglementation des médecins et l'élaboration d'un système national de contrôle et de surveillance en temps réel de l'abus des médicaments d'ordonnance, compatible avec les systèmes de dossiers médicaux et pharmaceutiques électroniques, et fondé sur des normes nationales. * Accès accru aux services spécialisés de prise en charge et de traitement de la douleur conformément aux meilleures pratiques, conjugué à des investissements dans la recherche. * Amélioration de l'accès aux possibilités de traitement des toxicomanies qui répondent à des besoins différents et soutien de l'élaboration et de la diffusion d'outils et de guides de pratique. * Création d'un système national de surveillance qui appuie la collecte d'information normalisée systématique afin de mieux éclairer les parties intéressées et suivre les changements des politiques. * Création et expansion des programmes communautaires qui donnent accès à des moyens et des services de prévention des surdoses d'opioïdes, y compris l'amélioration de l'accès aux médicaments visant à casser les surdoses d'opioïdes (naloxone) et l'adoption de lois du bon samaritain par tous les ordres de gouvernement. * Diffusion, aux patients et au grand public, d'information exacte portant notamment sur l'entreposage et l'élimination sécuritaires des médicaments. i Les médicaments psychotropes sont des substances qui, une fois absorbées, peuvent modifier la confiance en soi, l'humeur ou les processus de réflexion d'une personne (OMS, 2004). Les médicaments d'ordonnance psychotropes comprennent les sédatifs (comme les benzodiazépines et les barbituriques), les stimulants (comme les amphétamines) et les opioïdes (comme l'oxycodone, l'hydromorphone, la morphine et le fentanyl). [Organisation mondiale de la Santé (2004) Neuroscience of psychoactive substance use and dependence. Disponible ici: http://www.who.int/substance_abuse/publications/en/Neuroscience.pdf] ii Comprend six opioïdes principaux : fentanyl, hydromorphone, méthadone, morphine, oxycodone et péthidine. 1 Centre canadien de lutte contre les toxicomanies Sédatifs et tranquillisants d'ordonnance. Sommaire canadien sur la drogue. Ottawa : Le Centre; 2013 Disponible: http://ccsa.ca/Resource%20Library/CCSA-Prescription-Sedatives-and-Tranquilizers-2013-fr.pdf. 2 Centre canadien de lutte contre les toxicomanies Stimulants d'ordonnance. Sommaire canadien sur la drogue. Ottawa : Le Centre; 2013 Disponible:http://ccsa.ca/Resource%20Library/CCSA-Prescription-Stimulants-2013-fr.pdf. 3 Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (Opioïdes d'ordonnance. Sommaire canadien sur la drogue. Ottawa: Le Centre; 2013 Disponible: http://ccsa.ca/Resource%20Library/CCSA-Canadian-Drug-Summary-Prescription-Opioids-2013-fr.pdf. 4 International Narcotics Control Board. Narcotics Drugs: Estimated World Requirements for 2013; Statistics for 2011. New York: United Nations. 2013 5 Fischer B, Jones W, et coll. Differences and over-time changes in levels of prescription opioid analgesic dispensing from retail pharmacies in Canada, 2005-2010. Pharmacoepidemiol Drug Saf 2011;20:1269-77. 6 Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Rapport mondial sur les drogues 2014. New York: Le Bureau; 2014. Disponible:www.unodc.org/documents/wdr2014/V1403601_french.pdf. 7 Fischer B, Keates A, Buhringer G, et al.Non-medical use of prescription opioids and prescription opioid-related harms: why so markedly higher in North America compared to the rest of the world? Addiction. 2013;109:177-81. 8 Fischer B,Argento E. Prescription Opioid Related Misuse, Harms, Diversion and Interventions in Canada: A Review. Pain Physician. 2012; 15:ES191-ES203. 9 Conseil consultatif national sur l'abus de médicaments sur ordonnance.S'abstenir de faire du mal : Répondre à la crise liée aux médicaments d'ordonnance au Canada. Ottawa: Centre canadien de lutte contre les toxicomanies; 2013. 10 Dhalla IA, Mamdani MM, Sivilotti MLA, et al. Prescribing of opioid analgesics and related mortality before and after the introduction of long-acting oxycodone CMAJ. 2009. 181(12): 891-6. 11 Centre de toxicomanie et de santé mentale. La consommation de drogues par les élèves de l'Ontario, de 1977- 2013: Résultats du Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l'Ontario. Toronto :Le Centre; 2013. Disponible ici: www.camh.ca/fr/research/news_and_publications/Documents/2013SCDSEO_French-ExecSum_DrugReport.pdf. 12 Chiefs of Ontario. Prescription drug abuse strategy: 'Take a stand'. Final report. Toronto: Chiefs of Ontario Disponible ici: www.chiefs-of-ontario.org/sites/default/files/files/Final%20Draft%20Prescription%20Drug%20Abuse%20Strategy.pdf. 13 Santé Canada. Honorer nos forces : cadre renouvelé du programme de lutte contre les toxicomanies chez les Premières nations du Canada. Ottawa: Santé Canada; 2011. Disponible ici: http://nnapf.com/honouring-our-strengths-full-version-2/?lang=fr. 14 US Department of Health and Human Services. .Results from the 2010 National Survey on Drug Use and Health: Summary of National Findings.Rockville (MD): The Department; 2011. p25. Disponible ici: www.oas.samhsa.gov/NSDUH/2k10NSDUH/2k10Results.pdf. 15 Gomes T, Juurlink DN, Moineddin R, et coll. Geographical variation in opioid prescribing and opioid-related mortality in Ontario. Healthc Q. 2011;14(1):22-24. 16 Fischer B, Jones W, Rehm J.High correlations between levels of consumption and mortality related to strong prescription opioid analgesics in British Columbia and Ontario, 2005-2009. Pharmacoepidemiol Drug Saf. 2013 ; 22(4):438-42. 17 Brands B, Blake J, Sproule B, et coll.Prescription opioid abuse in patients presenting for methadone maintenance treatment. Drug Alcohol Depend., 2004; 73 (2):199-207. 18 Dhalla IA, Persaud N, Juurlink DN. Facing up to the prescription opioid crisis. BMJ.2011; 343:d5142 DOI: 10.1136/bmj.d5142. 19 Manchikanti L, Atluri S, Hansen H, et coll. Opioids in chronic noncancer pain: have we reached a boiling point yet? Pain Physician.2014; 17(1):E110. 20 Franklin GM. Opioids for chronic noncancer pain. 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Disponible ici: www.ccsa.ca/resource%20library/canada-strategy-prescription-drug-misuse-report-fr.pdf. 31 Luttez contre la douleur : le Sommet canadien sur la douleur. Disponible ici: http://canadianpainstrategy.ca/fr/accueil.aspx. 32 La Coalition canadienne contre la douleur, la Société canadienne de la douleur. Appel à l'action : La nécessité d'une stratégie nationale de lutte contre la douleur pour le Canada; 2011. Disponible ici: http://canadianpainstrategy.ca/media/11463/final%20nat%20pain%20strategy%20for%20can%20fre.pdf. 33 La Coalition canadienne contre la douleur, la Société canadienne de la douleur.Appel à l'action : La nécessité d'une stratégie nationale de lutte contre la douleur pour le Canada; 2011. Disponible ici: http://canadianpainstrategy.ca/media/11463/final%20nat%20pain%20strategy%20for%20can%20fre.pdf. 34 American Society of Addiction Medicine. Public Policy Statement: Definition of Addiction; 2011. Disponible ici: www.asam.org/for-the-public/definition-of-addiction 35 Carter CI, Graham B. Mesures de prévention et d'intervention en cas de surdose d'opioïdes au Canada. Série de documents d'orientation. Vancouver: Coalition canadienne des politiques sur les drogues; 2013. Disponible ici: http://drugpolicy.ca/fr/solutions-innovatrices-2/recherche-et-des-statistiques/mesures-de-prevention/. 36 Follett KM, Piscitelli A, Parkinson M, et alBarriers to Calling 9-1-1 during Overdose Emergencies in a Canadian Context. Critical Social Work, 2014; 15(1):18-28. Disponible ici: www1.uwindsor.ca/criticalsocialwork/system/files/Follett_Piscitelli_Parkinson_Munger_2014.pdf 37 Carter CI, Graham B. Mesures de prévention et d'intervention en cas de surdose d'opioïdes au Canada. Série de documents d'orientation. Vancouver:Coalition canadienne des politiques sur les drogues. 2013. Disponible ici: http://drugpolicy.ca/fr/solutions-innovatrices-2/recherche-et-des-statistiques/mesures-de-prevention/.
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Politique commune de L'Association médicale canadienne et de l'Association des psychiatres du Canada - Accès aux soins de santé mentale

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Date
2016-05-20
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Soin de santé et sécurité des patients
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Type de politique
Documents de politique
Date
2016-05-20
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Soin de santé et sécurité des patients
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Un Canadien sur cinq a un problème de santé mentale ou une maladie mentale au cours d’une année donnée. Chaque année, les maladies mentales coûtent au Canada plus de 50 milliards de dollars en soins de santé, perte de productivité et réduction de la qualité de vie liée à la santé. La mauvaise santé mentale coûte cher à la société : une personne aux prises avec une maladie mentale grave risque fort de connaître la pauvreté, l’itinérance et le chômage. En dépit de la prévalence généralisée des troubles mentaux, on estime que moins du tiers des personnes qui en sont atteintes chercheront à se faire traiter. Ceci est attribuable en grande partie à la stigmatisation que la société rattache aux maladies mentales et qui peut être une cause de discrimination en milieu de travail ou dans le système de santé. La prise de conscience des enjeux liés à la santé mentale a pris énormément d’ampleur au Canada au cours des dernières années. Il reste toutefois encore beaucoup à faire pour voir à ce que les Canadiens qui ont besoin de soins de santé mentale aient un accès opportun aux traitements et à l’appui dont ils ont besoin. L’Association médicale canadienne (AMC) et l’Association des psychiatres du Canada (APC) recommandent que toutes les parties prenantes et tous les ordres de gouvernement conjuguent leurs efforts pour créer un système de soins de santé mentale qui inclut les éléments suivants : 1. Des soins complets axés sur les patients et un traitement basé sur les données empiriques des troubles mentaux. Cet élément consiste notamment à resserrer la collaboration et le travail d’équipe entre les professionnels de la santé, les patients et les membres de leur famille, à fournir de la formation et des ressources à l’intention des professionnels de la santé et à appuyer la recherche continue visant à déterminer et à diffuser les meilleures pratiques cliniques. 2. Accès opportun aux services de santé mentale. Le système de santé devrait garantir une offre, une distribution et une composition appropriées de professionnels agréés en santé mentale, garantir une couverture équitable de soins et de traitements essentiels en santé mentale et fournir des services appropriés aux groupes qui ont des besoins particuliers, comme les enfants et les Canadiens âgés. 3. Moyens de soutien adéquats dans la communauté, comme dans les écoles et les milieux de travail, par exemple, afin de promouvoir la santé mentale, de repérer rapidement les problèmes de santé mentale et d’aider les personnes vivant avec une maladie mentale pendant qu’elles cherchent à fonctionner de façon optimale. 4. Réduction de la stigmatisation et de la discrimination auxquelles font face les Canadiens aux prises avec des troubles de santé mentale dans le système de santé et dans la société. Résumé des recommandations Soins complets axés sur les patients et traitements basés sur les données empiriques Gouvernements et systèmes de santé 1. Créer et appuyer un continuum de services axés sur les patients et basés sur les données empiriques pour promouvoir la santé mentale et le traitement des maladies mentales dans la communauté et les hôpitaux tout en assurant des transitions et des liens transparents entre chaque niveau. 2. Créer et appliquer dans la communauté des modèles de soins de santé mentale concertés avec l’apport de parties prenantes clés comme le grand public, les patients et les membres de leur famille, en évaluer l’efficacité et encourager l’adoption des modèles qui connaissent du succès. 3. Créer et appliquer une stratégie nationale sur les aidants naturels et étendre les programmes d’aide financière et affective actuellement offerts aux aidants naturels. 4. Continuer de créer, d’appliquer et de suivre des indicateurs de la santé mentale qui reflètent à la fois le rendement du système de santé et la santé de la population, produire des rapports périodiques des résultats au grand public et les utiliser pour améliorer la prestation de services de santé mentale au Canada. 5. Augmenter le financement affecté à la recherche en santé mentale pour le rendre proportionnel au fardeau que les maladies mentales imposent au système de santé du Canada. Facultés de médecine, associations professionnelles et systèmes de santé 6. Continuer d’élaborer des lignes directrices basées sur les données empiriques et des programmes de développement professionnel portant sur le traitement et la prise en charge de la santé mentale qui s’adressent à tous les fournisseurs de soins de santé. 7. Continuer d’effectuer des recherches sur les pratiques exemplaires en soins de santé mentale et en traitement des maladies mentales, et en communiquer rapidement les résultats aux fournisseurs de soins de santé et au grand public. Prestation et financement appropriés de services de santé mentale Gouvernements et systèmes de santé Combler les lacunes actuelles de l’accès aux services de santé mentale des façons suivantes : 8. Voir à ce que les services de santé mentale disposent d’un financement approprié pour répondre efficacement aux besoins des Canadiens. 9. Faire de la santé mentale une priorité pour tous les ordres de gouvernement et garantir un financement stable et approprié. 10. Établir des normes sur l’accès aux services de santé mentale, y compris des temps d’attente maximaux appropriés, les mesurer et en faire rapport continuellement. 11. Financer et appuyer des modèles de prestation des soins de santé primaires qui incluent la promotion de la santé mentale et le traitement des maladies mentales dans les services fournis, circonscrivent les obstacles à leur mise en œuvre et cherchent à les faire disparaître. 12. Augmenter le financement affecté à l’accès aux psychothérapies et aux services de conseils basés sur les données empiriques des troubles mentaux. 13. Établir un programme d’assurance complète des médicaments d’ordonnance afin de voir à ce que tous les Canadiens aient accès à des pharmacothérapies médicalement nécessaires. 14. Continuer d’établir des liens entre les communautés éloignées et les centres de santé plus importants, y compris les services de télésanté et de cybersanté, afin de garantir un accès adéquat aux services de santé mentale pour les populations des petites communautés. Associations de professionnels de la santé 15. Collaborer avec les gouvernements et d’autres parties prenantes pour établir un plan de gestion des ressources humaines de la santé mentale qui optimise le champ d’exercice de chaque professionnel de la santé, est culturellement adapté et tient compte de la géographie variée du Canada. 16. Lancer une étude nationale portant sur des façons d’optimiser l’offre, la composition et la répartition des psychiatres au Canada et en présenter les constatations et les recommandations aux gouvernements. Moyens de soutien communautaires adéquats en dehors du secteur de la santé Gouvernements 17. Garantir la disponibilité de programmes scolaires de promotion de la santé mentale et de prévention des maladies mentales, ainsi que de programmes qui traitent des problèmes scolaires associés à la détresse psychologique, comme l’intimidation. 18. Collaborer avec des employeurs et d’autres parties prenantes afin d’appuyer les programmes de santé mentale en milieu de travail. 19. Fournir des programmes et des services pour améliorer le point de contact entre les personnes vivant avec une maladie mentale et le système de justice pénale. 20. Étendre les programmes qui fournissent des logements aux personnes vivant avec une maladie mentale. Réduction de la stigmatisation et de la discrimination Gouvernements et système de santé 21. Intégrer l’identification et l’élimination de la stigmatisation aux indicateurs de la qualité des soins dans le contexte de la surveillance continue du rendement du système de santé à tous les échelons. 22. Mettre en œuvre et évaluer des stratégies nationales de sensibilisation et d’éducation du grand public afin de contrer la stigmatisation associée à la santé mentale. 23. Appliquer des lois et des règlements visant à protéger de la discrimination les personnes vivant avec une maladie mentale. Formation des professionnels 24. Intégrer une formation antistigmatisation efficace dans tout le continuum de la formation en médecine (faculté de médecine, résidence et développement professionnel continu) à l’intention de tous les médecins et les autres professionnels de la santé. 25. Intégrer une formation antistigmatisation efficace dans les programmes de développement professionnel offerts aux hôpitaux et à d’autres établissements de santé. Introduction Les troubles de santé mentale imposent un lourd fardeau à la population canadienne et à son système de santé. Au cours de n’importe quelle année, un Canadien sur cinq aura un problème de santé mentale ou une maladie mentale . On calcule que de 10 à 20 % des jeunes Canadiens ont un trouble mental. À 40 ans, 50 % des Canadiens auront été aux prises avec une maladie mentale . Les maladies mentales peuvent raccourcir l’espérance de vie : par exemple, les personnes atteintes de schizophrénie meurent jusqu’à 20 ans plus jeunes que la moyenne de la population. Cet écart est attribuable à la fois aux taux plus élevés de suicide et de toxicomanie et à un pronostic plus sombre de problèmes comme les cardiopathies, le diabète et le cancer. Le suicide est la deuxième cause en importance de décès (après les traumatismes) chez les Canadiens de 15 à 34 ans . Pour les personnes aux prises avec des troubles mentaux, l’effet qui en découle sur leur vie dépasse leurs contacts avec le système de santé : une personne vivant avec une maladie mentale grave risque beaucoup de connaître la pauvreté, l’itinérance ou le chômage . Les troubles mentaux coûtent cher au système de santé du Canada et à son économie. Le tiers des hospitalisations au Canada et 25 % des visites aux services d’urgence sont attribuables à des troubles mentaux. On calcule que les maladies mentales coûtent au Canada plus de 50 milliards de dollars par année, ce qui inclut les coûts des soins de santé, la perte de productivité et les diminutions de la qualité de vie liées à la santé . En dépit de la prévalence généralisée des troubles mentaux, on estime que du quart au tiers seulement des personnes qui en sont victimes chercheront à se faire traiter . Ce phénomène pourrait être attribuable en partie à la stigmatisation que la société rattache aux maladies mentales et qui empêche beaucoup de personnes de chercher à obtenir le traitement dont elles ont besoin parce qu’elles craignent l’ostracisme de leurs amis ou la discrimination au travail ou dans le système de santé. Les personnes qui cherchent à se faire traiter peuvent avoir de la difficulté à trouver les traitements dont elles ont besoin. Selon Statistique Canada, en 2012, presque le tiers des Canadiens qui ont cherché à obtenir des soins de santé mentale ont déclaré que l’on n’avait pas répondu à leurs besoins ou qu’on l’avait fait en partie seulement . Le manque d’accès aux médecins de famille, aux psychiatres et à d’autres fournisseurs de soins de santé contribue à cette lacune. Même si les maladies mentales constituent plus de 15 % du fardeau morbide au Canada, le pays consacre aux maladies mentales environ 7 % seulement de l’enveloppe budgétaire de la santé publique, ce qui n’atteint pas les 10 % à 11 % des dépenses que des pays comme la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni y affectent4. Depuis 2000, les Canadiens sont toutefois beaucoup plus sensibilisés aux problèmes de santé mentale. Dans son rapport charnière de 2006 intitulé De l’ombre à la lumière, le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie présidé par le sénateur Michael Kirby a présenté des recommandations visant à faire mieux connaître les maladies mentales, à améliorer l’accès aux services de santé mentale et à atténuer la stigmatisation rattachée aux maladies mentales. À la suite de ce rapport, le gouvernement fédéral a mis sur pied, en 2007, la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), qu’il a chargée de catalyser l’amélioration du système de santé mentale et de faire changer les attitudes et les comportements de la population canadienne au sujet des questions de santé mentale . En 2012, la CSMC a dévoilé la première stratégie du Canada sur la santé mentale, « Changer les orientations, changer des vies ». Dans le contexte du mandat qu’elle a reçu du premier ministre après les élections fédérales de 2015, la ministre de la Santé du Canada doit « faire participer les provinces et les territoires à la préparation d’un nouvel accord pluriannuel sur la santé [qui accroîtra] l’accessibilité des services de santé mentale de haute qualité aux Canadiens qui en ont besoin » . Presque tous les gouvernements provinciaux ont aussi élaboré une stratégie sur la santé mentale pour leur propre niveau de compétence. Il reste encore beaucoup à faire pour traduire une sensibilisation accrue en améliorations de la prestation de services permettant de donner aux Canadiens qui ont besoin de soins de santé mentale un accès rapide aux traitements axés sur les patients et basés sur les données empiriques, ainsi qu’au soutien, dont ils ont besoin. L’Association médicale canadienne (AMC) et l’Association des psychiatres du Canada (APC) conviennent qu’il est temps que le Canada attache une grande priorité à la santé mentale. L’AMC et l’APC recommandent que toutes les parties prenantes et tous les ordres de gouvernement conjuguent leurs efforts pour établir un système de soins de santé mentale mû par des plans basés sur les besoins, comportant des paramètres de rendement clairs et qui reçoit un pourcentage approprié de l’enveloppe budgétaire de la santé. Le présent énoncé de position traite d’une discussion et des recommandations sur des enjeux liés à l’accès aux soins de santé mentale et portant avant tout sur :
des soins complets axés sur des patients et un traitement basé sur les données empiriques des troubles mentaux;
des services communautaires, spécialisés et primaires de traitement et de soutien en santé mentale disposant d’un financement approprié;
des moyens de soutien communautaires adéquats pour les personnes aux prises avec des troubles mentaux;
une réduction de la stigmatisation et de la discrimination auxquelles font face les Canadiens qui ont des troubles mentaux. Soins complets axés sur les patients et traitement basé sur les données empiriques Au Canada, les soins de santé mentale devraient viser à répondre aux besoins des patients de la façon la plus appropriée, opportune et rentable possible. Selon la pratique exemplaire de l’heure, le soin des patients qui ont des troubles mentaux devrait reposer sur des modèles qui comportent les principes suivants. Soins axés sur les patients Un des principes fondamentaux des soins de santé, c’est qu’ils doivent être axés sur les patients. L’AMC définit ainsi les soins axés sur les patients : « accès transparent au continuum des soins, en temps opportun… en tenant compte des besoins et des préférences du patient et des membres de sa famille, et traite le patient avec respect et dignité » . Pour le traitement des troubles mentaux, il est essentiel que les patients soient des membres principaux de l’équipe de santé et collaborent avec les fournisseurs de soins de santé pour qu’il soit tenu compte de leurs besoins, préférences et aspirations propres et pour qu’ils cherchent leur voie personnelle vers le mieux-être. Les médecins et les autres professionnels de la santé peuvent aider les patients à faire des choix au sujet de leur traitement et peuvent fournir de l’information et de l’aide aux patients et aux membres de leur famille qui cherchent à s’adapter aux effets de leur maladie et à mener une vie fonctionnelle . Un continuum de services de santé mentale Les troubles mentaux peuvent être complexes et leur gravité peut varier. Un patient peut avoir des difficultés d’adaptation de courte durée qu’il est possible de régler par des conseils, ou une psychose grave qui nécessite des hospitalisations fréquentes et un soutien intensif toute la vie. À cause de cet éventail de besoins, le système de santé doit fournir différents niveaux de soin, notamment :
des programmes communautaires visant à promouvoir et maintenir la santé mentale et à aider à repérer rapidement les problèmes nécessitant une intervention;
des soins de santé primaires communautaires, y compris des équipes de soin en collaboration, qui visent avant tout à fournir des programmes de maintien de la santé mentale et à traiter des problèmes très prévalents comme les troubles anxieux, les troubles de l’humeur et les toxicomanies;
des services spécialisés offerts dans la communauté aux patients dont les besoins sont plus importants, qu’il est possible de fournir par toutes sortes de moyens, y compris des psychiatres communautaires, des équipes interdisciplinaires de santé familiale qui comprennent des services psychiatriques et des équipes interdisciplinaires spécialisées comme les équipes qui offrent un suivi intensif dans la communauté (SIC) ;
des services de soins actifs en santé mentale, y compris des équipes d’intervention en cas de crise et des lits communautaires, des services d’urgence en psychiatrie et des lits en service interne dans des hôpitaux communautaires, sans oublier des hôpitaux psychiatriques spécialisés;
un continuum de services de soin en établissement, y compris des établissements de soins de longue durée;
des transferts intégrés et transparents d’un niveau de soin à un autre et entre les groupes d’âge (p. ex., services de santé mentale aux jeunes, aux adultes et aux aînés);
des services appropriés pour des groupes spéciaux, y compris les enfants et les adolescents, ainsi que les adultes atteints de démence;
des services psychiatriques spécialisés à l’intention des patients qui ont des maladies mentales complexes comme des troubles de l’alimentation, un trouble de stress post-traumatiques et des troubles de la personnalité;
des programmes communautaires qui fournissent des services de logement, d’appui professionnel, ainsi que d’autres services afin d’optimiser l’intégration dans la communauté des personnes vivant avec une maladie mentale. Idéalement, les soins de santé mentale devraient être fournis dans le contexte du soin de l’état de santé global du patient et tenir compte de tout problème physique pour lequel il reçoit ou peut recevoir des traitements. Soins de santé mentale en équipe et en collaboration Dans ce continuum, tout un éventail de professionnels de la santé dotés de compétences spécialisées et de formations différentes fournit des services de santé mentale au Canada. Ces professionnels sont les suivants, notamment :
médecins de premier recours (médecins de famille et omnipraticiens);
psychiatres (en milieux hospitalier et communautaire);
autres médecins spécialistes (y compris urgentologues, pédiatres, gériatres);
autres professionnels de la santé (en psychologie, soins infirmiers, pharmacie, ergothérapie, travail social);
gestionnaires de cas, intervenants de soutien des pairs et intervenants pivots. Les modèles axés sur la collaboration permettent à tout un éventail de fournisseurs de soins de santé mentale de travailler avec des patients et les membres de leur famille pour fournir des soins coordonnés et efficaces suivant un plan convenu entre les deux parties. Les partenariats axés sur la collaboration en soins de santé mentale ont fait leurs preuves sur les plans, notamment, de l’amélioration des symptômes et des fonctions, d’une réduction du nombre de jours d’incapacité et de l’amélioration de l’observance de la médication . Un partenariat fructueux axé sur la collaboration comprend les éléments suivants, notamment :
liens efficaces entre psychiatres, fournisseurs de soins primaires et autres professionnels de la santé mentale, y compris un processus transparent de consultation et d’orientation du patient;
communication et circulation de l’information efficaces;
utilisation de technologies comme les dossiers de santé électroniques et la télémédecine pour faciliter la collaboration avec les fournisseurs dans tous les contextes de soins de santé;
coordination des plans de soins et des activités cliniques afin de garantir les soins les plus efficaces et l’utilisation la plus efficiente des ressources;
intégration des fournisseurs de soins de santé mentale et de soins primaires en un seul service ou une seule équipe (dans certains cas, les fournisseurs peuvent œuvrer dans le même contexte de pratique)13. Formation et ressources à l’intention des professionnels de la santé Étant donné l’omniprésence des troubles mentaux qui sont souvent associés à d’autres problèmes chroniques comme les cardiopathies , les fournisseurs de soins de santé de toutes les disciplines et les spécialités les voient souvent lorsqu’ils traitent leurs patients. Dans le rapport intitulé Compétences fondamentales en santé mentale pour les médecins produit en collaboration par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, la CSMC, le Collège des médecins de famille du Canada, l’AMC et l’APC, les auteurs proposent des buts, des principes et des compétences de base en santé mentale afin d’orienter les médecins de toutes les spécialités. On veut ainsi améliorer l’accès aux services de santé mentale, améliorer l’expérience des soins, et notamment atténuer la stigmatisation, reconnaître l’interdépendance entre la santé physique et la santé mentale et en tenir compte, et appuyer les médecins dans l’exercice de leur profession . Afin d’aider les médecins et d’autres fournisseurs de soins de santé à traiter les troubles mentaux, il faudrait mettre à leur disposition des ressources cliniques et pratiques, et notamment les suivantes :
formation au début des études en médecine et au cours de la résidence portant sur la promotion de la santé mentale, le diagnostic et le traitement des problèmes de santé mentale, la liaison avec d’autres ressources communautaires, à l’intention de toutes les spécialités;
outils de pratique clinique, y compris guides de pratique, cheminements cliniques et outils en ligne d’aide à la prise de décision, ce qui inclut des guides d’établissement d’ordonnances portant sur l’utilisation appropriée des médicaments utilisés en psychiatrie;
programmes en ligne de développement professionnel continu (DPC) ;
amélioration de la formation interprofessionnelle à l’intention de tous les fournisseurs (psychiatres, médecins de famille, infirmières, travailleurs sociaux, ergothérapeutes, intervenants de soutien des pairs, patients, membres de leur famille et autres personnes pertinentes) ;
outils de formation et de soutien conviviaux et factuels à l’intention des patients que les médecins peuvent recommander pour les aider à gérer leur état. Soutien pour les aidants naturels Souvent, le fardeau que représente le soin d’une personne atteinte d’une maladie mentale repose lourdement sur des membres de sa famille ou des amis et le rôle de l’aidant naturel peut être exigeant sur les plans financier, physique ou affectif. Même si les gouvernements ont créé des crédits d’impôt ou d’autres formes de soutien à l’intention des aidants naturels, il faut les aider davantage. Une stratégie nationale sur les aidants naturels élaborée par les gouvernements et d’autres parties prenantes clés pourrait définir une norme nationale de soutien des aidants naturels et élargir les programmes d’aide financière et affective actuellement offerts . Recherche et évaluation Grâce aux recherches qui se poursuivent, nos connaissances de la façon de traiter et de gérer les troubles mentaux augmentent et progressent constamment. Ces connaissances comportent toutefois encore des lacunes et les besoins en recherche dans ce domaine demeurent importants. L’AMC et l’APC encouragent un engagement soutenu envers la recherche sur les pratiques exemplaires et la détermination, le soin et le traitement rapides des troubles de santé mentale, ainsi qu’envers le financement de ces recherches de manière à le rendre proportionnel au fardeau que les maladies mentales imposent au système de santé du Canada. Il faudrait faire connaître les résultats de ces recherches aux professionnels de la santé et au grand public aussi rapidement et généralement que possible afin de pouvoir les intégrer rapidement dans la pratique clinique. Il faudrait aussi évaluer de façon routinière l’efficacité des interventions en soins de santé mentale lorsqu’il s’agit d’améliorer le soin des patients, de favoriser la durabilité du système de santé et d’améliorer l’état général de la santé et du mieux-être de la population canadienne. La CSMC a créé une série de 63 indicateurs de la santé mentale qui portent avant tout sur 13 aspects particuliers, y compris l’accès et le traitement, l’économie et le milieu de travail, sans oublier les groupes spéciaux comme les aînés, les enfants et les adolescents . D’autres projets en cours visent à créer des indicateurs permettant de suivre le rendement du système de santé mentale et d’en faire rapport de façon plus spécifique, comme le recours aux services d’urgence en soins de santé mentale et le suivi par les médecins après un traitement à l’hôpital. Ces indicateurs devraient servir couramment à suivre le rendement du système de soins de santé mentale et à fournir aux professionnels de la santé mentale, aux planificateurs et aux gouvernements de l’information fiable qu’ils peuvent utiliser afin de mieux répondre aux besoins de la population canadienne. Recommandations Gouvernements et systèmes de santé 1. Créer et appuyer un continuum de services basés sur les données empiriques et axés sur les patients pour promouvoir la santé mentale et le traitement des maladies mentales dans la communauté et les hôpitaux tout en assurant des transitions et des liens transparents entre chaque niveau. 2. Créer et appliquer dans la communauté des modèles de soins de santé mentale concertés avec l’apport de parties prenantes clés comme le grand public, les patients et les membres de leur famille, en évaluer l’efficacité et encourager l’adoption des modèles qui connaissent du succès. 3. Créer et appliquer une stratégie nationale sur les aidants naturels et étendre les programmes d’aide financière et affective actuellement offerts aux aidants naturels. 4. Continuer de créer, d’appliquer et de suivre des indicateurs de la santé mentale qui reflètent à la fois le rendement du système de santé et la santé de la population, produire des rapports périodiques des résultats au grand public et les utiliser pour améliorer la prestation de services de santé mentale au Canada. 5. Augmenter le financement affecté à la recherche en santé mentale pour le rendre proportionnel au fardeau que les maladies mentales imposent au système de santé du Canada. Facultés de médecine, associations professionnelles et systèmes de santé 6. Continuer d’élaborer des lignes directrices basées sur les données empiriques et des programmes de développement professionnel portant sur le traitement et la prise en charge de la santé mentale qui s’adressent à tous les fournisseurs de soins de santé. 7. Continuer d’effectuer des recherches sur les pratiques exemplaires en soins de santé mentale et en traitement des maladies mentales, et en communiquer rapidement les résultats aux fournisseurs de soins de santé et au grand public. Prestation et financement appropriés de services de santé mentale Pour qu’il y ait prestation appropriée de services de santé mentale, il faut que les gens puissent avoir accès aux bons soins au bon endroit au bon moment, en milieux tant hospitalier que communautaire. Malheureusement, lorsque le système de soins de santé mentale ne dispose pas d’un financement suffisant, des ressources limitées sont mises à la disposition de tous ceux qui ont besoin de ces services. L’ampleur exacte du manque d’accès aux services hospitaliers et communautaires de soins de santé mentale n’est pas bien documentée. Par exemple, les provinces ne feront pas état des temps d’attente pour avoir accès aux services de psychiatrie. Selon le rapport 2015 de l’Alliance sur les temps d’attente, aucune administration ne mesure le pourcentage des patients qui peuvent consulter en deçà des délais repères . En décembre 2015, l’APC était déçue de constater qu’aucun progrès visible n’a été réalisé dans la façon de mesurer et de déterminer dans quelle mesure le système de santé répond bien aux besoins psychiatriques de la population canadienne . À cause de l’absence de services communautaires, il se peut que des patients aient dû attendre pour obtenir leur congé de l’hôpital. Une fois de retour dans la communauté, il se peut qu’ils soient incapables de trouver l’aide appropriée ou que de l’aide soit disponible, mais échappe à leurs moyens financiers. Ils peuvent laisser tomber le traitement ou compter sur les services d’urgence pour recevoir des soins épisodiques en période de crise4. Le Canada devrait chercher à corriger les lacunes actuelles de l’accès aux services de santé mentale afin que les personnes aux prises avec des troubles mentaux aient rapidement accès à des soins transparents et complets fournis dans le contexte le plus approprié. À cette fin, il faut notamment garantir l’offre, la répartition et la composition appropriées de l’effectif de professionnels agréés en santé mentale, assurer la couverture équitable des services de santé essentiels et mettre des services et des moyens de soutien appropriés à la disposition des groupes qui ont des besoins particuliers. Accès aux services médicaux Soins primaires Pour la majorité des patients qui veulent se faire traiter pour un problème de santé mentale, le médecin de premier recours constitue le premier (et souvent le seul) point de contact. Dans le contexte des soins complets qu’ils fournissent aux patients, les médecins de famille et les omnipraticiens peuvent leur donner des conseils en promotion de la santé mentale et du mieux-être, détecter et traiter les troubles mentaux au début, suivre les progrès réalisés par le patient dans le contexte de son état général de santé et de mieux-être et le diriger au besoin vers des psychiatres et d’autres professionnels de la santé mentale13. L’AMC recommande depuis longtemps que chaque Canadien ait une relation professionnelle établie avec un médecin de famille qui connaît bien son état, ses besoins et ses préférences. Il se peut toutefois que des Canadiens aient de la difficulté à trouver des soins médicaux primaires puisque le pourcentage des médecins de famille et des omnipraticiens par rapport à la population n’est pas uniforme au Canada . Toutes les parties prenantes devraient poursuivre leurs efforts pour veiller à ce que tous les Canadiens aient accès à des soins médicaux complets au premier point de contact. Services psychiatriques Les psychiatres sont des médecins qui font de cinq à sept ans de spécialisation et de surspécialisation pour diagnostiquer des maladies mentales, les traiter et fournir des soins continus aux personnes qui en sont atteintes, en particulier celles qui ont des maladies complexes et impossibles à prendre en charge en contexte de soins primaires seulement. Sans compter qu’ils fournissent des traitements spécialisés, les psychiatres sont aussi actifs dans les domaines de l’éducation, de la recherche ou de la représentation en ce qui concerne l’importance de la promotion de la santé mentale et de la prévention des maladies mentales. Ils fournissent des soins durant toute la vie, en contextes tant hospitalier que communautaire. Les longues attentes limitent souvent, pour les patients, l’accès aux psychiatres. On a indiqué que cette attente est attribuable à une pénurie de psychiatres qui est plus grave dans certaines régions du Canada que dans d’autres. Des sondages récents indiquent que des spécialistes, y compris des psychiatres, sont en deuxième moitié de carrière et l’on craint que le nombre de psychiatres par habitant du Canada ne soit à la baisse . Même si le Collège royal signale que le nombre de postes de résidence en psychiatrie a augmenté au cours des dernières années, on ne sait pas trop si cette augmentation suffit pour répondre aux besoins actuels et futurs de la population. L’APC recommande d’élaborer des stratégies afin d’attirer, de former et de maintenir en poste des professionnels en psychiatrie clinique . Accès aux services non financés par les systèmes de santé des provinces et des territoires Même si le système public de soins de santé du Canada couvre beaucoup de services et de traitements en santé mentale, y compris les consultations de médecins et les soins en milieu hospitalier, il ne couvre pas tous les aspects du traitement et des soins optimaux et il se peut que la capacité de payer du patient limite l’accès à certains traitements. Les médicaments utilisés en psychiatrie, et en particulier ceux qu’il faut prendre pendant des années, peuvent imposer un lourd fardeau financier aux patients qui n’ont pas d’assurance-médicaments dans le cadre de programmes d’assurance d’employeur ou des régimes d’assurance médicaments des provinces ou des territoires. Les régimes publics d’assurance maladie ne couvrent généralement pas les psychothérapies fournies par des professionnels de la santé non-médecins et c’est pourquoi il faut dans la plupart des cas les payer directement ou par l’entremise de régimes privés d’assurance auxquels beaucoup de Canadiens n’ont pas accès. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient s’efforcer d’accroître l’accès aux services de psychologues et de conseillers agréés qui reposent sur des données probantes et fournir à tous les Canadiens une couverture compète des médicaments d’ordonnance médicalement nécessaires. Des pratiques de soins de santé primaires, comme les équipes Santé familiale en Ontario, disposent d’enveloppes budgétaires qu’elles peuvent utiliser pour passer avec des professionnels de la santé mentale qualifiés des contrats de prestation de programmes de psychothérapie et de gestion du stress, ainsi que d’autres services que les enveloppes de la santé des provinces ne paient habituellement pas. De tels modèles aident à mettre des soins de santé mentale financés par le secteur public à la disposition de patients qui, autrement, pourraient ne pas avoir les moyens de les payer. Accès aux services de santé mentale pour des groupes spéciaux L’accès aux services de santé mentale peut être particulièrement problématique pour certains groupes. Par exemple, les parties prenantes devraient tenir compte des besoins des groupes suivants :
Enfants et adolescents : Comme jusqu’à 70 % des problèmes de santé mentale font leur apparition pour la première fois chez les adolescents ou les jeunes adultes, il importe que les jeunes aient accès à des services de promotion de la santé mentale, ainsi qu’à des services appropriés d’évaluation et de traitement des troubles mentaux. À l’heure actuelle, un enfant sur quatre seulement qui a besoin de services de santé mentale en bénéficie1,3. L’AMC et l’APC recommandent particulièrement d’accroître les moyens de soutien aux enfants qui se retrouvent en situation à haut risque comme ceux qui vivent en famille d’accueil. Le passage du secteur des services de santé mentale aux jeunes à celui des services aux adultes devrait être transparent et bien organisé.
Régions éloignées : Il se peut que les habitants du Nord et d’autres régions éloignées du Canada doivent parcourir de grandes distances pour avoir accès à des services de santé mentale et à d’autres soins de santé. Il faudrait corriger cet écart en utilisant des technologies comme la télésanté et les services de cybersanté mentale et en resserrant la communication et la coordination entre les petites communautés et les grands centres de santé où leurs habitants doivent se rendre pour obtenir des soins.
Immigrants et réfugiés : Il se peut que les nouveaux arrivants au Canada aient de la difficulté à comprendre notre langue et notre culture et qu’ils vivent aussi avec des problèmes de santé mentale à la suite d’expériences traumatisantes vécues dans leur pays d’origine ou du stress causé par leur réinstallation.
Peuples autochtones : Les taux de troubles mentaux, de toxicomanie et de suicide sont élevés chez les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis du Canada. Une grande partie du problème découle de l’expérience passée de leur séparation forcée de leur langue et de leur culture traditionnelles. Les fournisseurs de services de santé devraient collaborer avec les communautés autochtones pour répondre dûment à leurs besoins distincts en santé mentale.
Aînés : On calcule que de 10 % à 15 % des aînés déclarent vivre avec une dépression et le taux est plus élevé chez ceux qui ont aussi des maladies physiques et chez les bénéficiaires d’établissements de soins de longue durée. Il se peut que la dépression chez les personnes âgées soit sous-reconnue et sous-traitée, ou considérée comme une conséquence normale du vieillissement. On établit souvent un lien entre un mauvais état de santé mentale et l’isolement social, problème courant chez les aînés. La majorité des adultes âgés en contexte de soins de longue durée vivent avec une démence ou un autre problème de santé mentale. Recommandations Gouvernements et systèmes de santé Combler les lacunes actuelles de l’accès aux services de santé mentale des façons suivantes : 8. Voir à ce que les services de santé mentale disposent d’un financement approprié pour répondre efficacement aux besoins des Canadiens. 9. Faire de la santé mentale une priorité pour tous les ordres de gouvernement et garantir un financement stable et approprié. 10. Établir des normes sur l’accès aux services de santé mentale, y compris des temps d’attente maximaux appropriés, les mesurer et en faire rapport continuellement. 11. Financer et appuyer des modèles de prestation des soins de santé primaires qui incluent la promotion de la santé mentale et le traitement des maladies mentales dans les services fournis, circonscrivent les obstacles à leur mise en œuvre et cherchent à les faire disparaître. 12. Augmenter le financement affecté à l’accès aux psychothérapies et aux services de conseils basés sur les données empiriques des troubles mentaux. 13. Établir un programme d’assurance complète des médicaments d’ordonnance afin de voir à ce que tous les Canadiens aient accès à des pharmacothérapies médicalement nécessaires. 14. Continuer d’établir des liens entre les communautés éloignées et les centres de santé plus importants, y compris les services de télésanté et de cybersanté, afin de garantir un accès adéquat aux services de santé mentale pour les populations des petites communautés. Associations de professionnels de la santé 15. Collaborer avec les gouvernements et d’autres parties prenantes pour établir un plan de gestion des ressources humaines de la santé mentale qui optimise le champ d’exercice de chaque professionnel de la santé, est culturellement adapté et tient compte de la géographie variée du Canada. 16. Lancer une étude nationale portant sur des façons d’optimiser l’offre, la composition et la répartition des psychiatres au Canada et en présenter les constatations et les recommandations aux gouvernements. Moyens de soutien communautaires adéquats en dehors du secteur de la santé Pour fonctionner de façon optimale, les personnes qui ont des troubles mentaux ont souvent besoin non seulement de traitements et de soins du secteur de la santé, mais aussi du soutien de la communauté en général. Idéalement, la communauté devrait fournir un environnement de soutien aux patients pendant qu’ils cherchent à se rétablir et à retrouver le mieux-être. Les écoles, les milieux de travail et d’autres organismes communautaires peuvent en outre jouer un rôle important en faisant la promotion de la santé mentale et en cernant les problèmes auxquels il faut s’attaquer. Écoles Il faudrait offrir de la formation et de l’information aux parents, aux enseignants et aux professionnels de la santé afin de les aider à déterminer les signes de maladie mentale ou de détresse chez les enfants et les adolescents pour pouvoir intervenir rapidement et de la bonne façon. Les programmes scolaires d’éducation sur la santé devraient inclure la promotion de la santé mentale et des techniques d’autoprise en charge comme la formation sur la pleine conscience afin d’aider les jeunes à acquérir de la résilience. Les écoles devraient aussi réduire au minimum les menaces possibles à la santé mentale des enfants, comme l’intimidation, qui peuvent se produire en milieu scolaire. Milieux de travail Contrairement à beaucoup d’autres problèmes chroniques, la maladie mentale touche souvent les personnes plus jeunes et celles qui sont dans leurs années les plus productives, et c’est pourquoi le fardeau qu’elles imposent à l’économie du Canada est lourd. Les troubles mentaux sont à l’origine de 30 % des demandes d’indemnités de courte durée du milieu de travail1et le Conference Board du Canada a calculé que six troubles courants de santé mentale coûtent à l’économie nationale plus de 21 milliards de dollars par année. Il prévoit aussi que ce coût grimpera à 30 milliards d’ici à 2030 . Il arrive souvent toutefois que des employés ne dévoilent pas leurs problèmes de santé mentale à leur employeur par crainte de perdre leur emploi, d’être victime d’ostracisme de la part de leurs collègues, ou par crainte d’autres conséquences négatives. Les milieux de travail peuvent appuyer la santé mentale de leurs employés en :
offrant de l’aide à la promotion de la santé mentale sous forme de séminaires de gestion du stress, de programmes d’aide aux employés et d’autres programmes;
donnant aux gestionnaires la formation nécessaire pour déterminer les problèmes éventuels de santé mentale chez les membres de leur personnel et intervenir rapidement et de la bonne façon;
faisant disparaître la stigmatisation et la discrimination et fournissant un environnement où les employés se sentent en sécurité de dévoiler leurs problèmes de santé mentale;
offrant des avantages sociaux adéquats, y compris de l’assurance-maladie complémentaire et des programmes de congés de soutien. La norme de la CSMC sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail dévoilée en 2013 donne aux employeurs des conseils sur la façon de promouvoir la santé mentale chez les membres de leur personnel et d’intervenir dans les cas de détresse psychologique . Services correctionnels Les personnes vivant avec une maladie mentale sont surreprésentées dans le système de justice pénale. Selon des estimations, les taux de maladies mentales graves chez les contrevenants fédéraux au moment de l’admission ont augmenté de 60 % à 70 % depuis 19974. Cette augmentation impose un lourd fardeau aux services correctionnels et d’application de la loi, dont les membres ont souvent reçu une formation insuffisante pour faire face aux maladies mentales. Il faut des programmes et des services pour veiller à ce que les personnes vivant avec des troubles mentaux qui ont des démêlés avec la justice soient identifiées rapidement, reçoivent un traitement approprié tout au long de leur incarcération et soient suivies au moment de la libération. Ces mesures pourraient inclure les suivantes :
formation sur la façon d’avoir des contacts avec des personnes aux prises avec une maladie mentale à l’intention des policiers et des autres travailleurs des premières lignes des services correctionnels et de justice pénale;
programmes de déjudiciarisation comme les tribunaux de santé mentale, afin de réorienter les personnes qui ont une maladie et sont sur le point d’entrer dans le système de justice pénale;
services complets de dépistage, d’évaluation et de traitement psychiatriques pour les patients incarcérés qui vivent avec une maladie mentale et d’autres problèmes simultanés comme une toxicomanie;
transfert prudent des soins cliniques au moment de la libération et participation des services de santé mentale dans la communauté. Logement Les maladies mentales augmentent le risque pour un patient de connaître la pauvreté et l’itinérance. On estime que deux tiers des sans-abris du Canada vivent avec une maladie mentale grave . L’itinérance et la pauvreté peuvent exacerber des problèmes existants de santé mentale et de toxicomanie, entraver l’accès au traitement et raccourcir l’espérance de vie. Des programmes comme le projet témoin de recherche Logements d’abord de la CSMC peuvent améliorer le contexte social et économique des personnes vivant avec une maladie mentale. Le projet de la CSMC prévoyait des logements supervisés sans condition pour les personnes qui ont des problèmes chroniques de santé mentale, ce qui leur assurerait un endroit où vivre en sécurité à partir de laquelle elles pourraient chercher à obtenir les traitements nécessaires et à se rétablir. L’évaluation a montré que cette façon de procéder réduisait le taux d’itinérance, améliorait l’accès aux traitements et aux services de soutien et entraînait des réductions de coûts, particulièrement pour les participants du programme causant les coûts les plus élevés d’utilisation des services . Recommandations Gouvernements 17. Garantir la disponibilité de programmes scolaires de promotion de la santé mentale et de prévention des maladies mentales, ainsi que de programmes qui traitent des problèmes scolaires associés à la détresse psychologique, comme l’intimidation. 18. Collaborer avec des employeurs et d’autres parties prenantes afin d’appuyer les programmes de santé mentale en milieu de travail. 19. Fournir des programmes et des services pour améliorer le point de contact entre les personnes vivant avec une maladie mentale et le système de justice pénale. 20. Étendre les programmes qui fournissent des logements aux personnes vivant avec une maladie mentale. Lutte contre la stigmatisation et la discrimination Beaucoup de gens croient que la stigmatisation rattachée à leur problème constitue la principale cause du financement insuffisant affecté au système de soins de santé mentale et du fait que les personnes qui ont des troubles mentaux hésitent à chercher à se faire traiter. La maladie mentale constitue l’état morbide le plus stigmatisé au Canada et la discrimination à l’endroit des personnes qui ont des troubles mentaux est généralisée. Cette discrimination peut inclure l’ostracisme et le manque d’appui de pairs, la discrimination au travail et les perceptions déformées du grand public, comme la tendance à établir une équivalence entre la maladie mentale et la violence. La discrimination est aussi possible dans le système de santé. Les experts reconnaissent que la stigmatisation a un effet sur l’attitude des fournisseurs de soins de santé à l’égard des patients qui ont des problèmes de santé mentale29. Même si beaucoup de fournisseurs de soins de santé ne savent pas que leur façon de parler ou d’agir peut être nuisible, leur attitude peut avoir des effets négatifs sur le traitement que leurs patients reçoivent. Par exemple, si un patient qui a été traité pour un problème psychiatrique signale des symptômes physiques, on pourrait attribuer ces symptômes à la maladie mentale plutôt qu’à un problème physique, et c’est pourquoi il se peut que le patient ne reçoive pas les traitements dont il a besoin. C’est ce qu’on appelle le diagnostic masqué , . L’AMC et l’APC recommandent que l’on fasse des efforts soutenus pour modifier la culture de stigmatisation de la maladie mentale dans le système de soins de santé et dans la société. De nombreuses interventions en cours visent à atténuer la stigmatisation et la discrimination reliées à la maladie mentale. Ces interventions comprennent les programmes de sensibilisation du grand public comme la campagne Cause pour la cause de Bell, la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales parrainée par l’Alliance canadienne pour la maladie mentale et la santé mentale et le programme Changer les mentalités de la CSMC, qui vise des groupes en particulier comme les jeunes et les fournisseurs de soins de santé. Les experts s’entendent actuellement pour affirmer que les interventions les plus efficaces sont celles qui :
visent à faire changer des comportements plutôt qu’à modifier des attitudes;
sont permanentes plutôt que d’une durée limitée;
visent des groupes en particulier plutôt que la population en général;
entraînent des contacts directs avec les personnes aux prises avec une maladie mentale . Dans le système de santé, la formation des professionnels constitue un moyen de contrer la stigmatisation et la discrimination qui peut être important. On a recommandé d’intégrer une formation antistigmatisation dans le continuum de la formation médicale à tous les niveaux (y compris ceux de la résidence et du DPC) et à l’intention de toutes les spécialités. On a recommandé aussi que cette formation inclue un contact direct avec des personnes qui ont une maladie mentale afin de connaître leur cheminement vers le rétablissement27. Il faudrait encourager tous les professionnels de la santé et leurs associations à viser à faire disparaître la stigmatisation dans leurs programmes de formation. L’AMC et l’APC ont collaboré avec des partenaires pour donner aux médecins une formation sous forme d’ateliers, de documents en ligne et par d’autres moyens. Recommandations Gouvernements et système de santé 21. Intégrer l’identification et l’élimination de la stigmatisation aux indicateurs de la qualité des soins dans le contexte de la surveillance continue du rendement du système de santé à tous les échelons. 22. Mettre en œuvre et évaluer des stratégies nationales de sensibilisation et d’éducation du grand public afin de contrer la stigmatisation associée à la santé mentale. 23. Appliquer des lois et des règlements visant à protéger de la discrimination les personnes vivant avec une maladie mentale. Formation des professionnels 24. Intégrer une formation antistigmatisation efficace dans tout le continuum de la formation en médecine (faculté de médecine, résidence et développement professionnel continu) à l’intention de tous les médecins et les autres professionnels de la santé. 25. Intégrer une formation antistigmatisation efficace dans les programmes de développement professionnel offerts aux hôpitaux et à d’autres établissements de santé. Conclusion Même si le grand public est de plus en plus conscient des maladies mentales, il demeure difficile de garantir l’accès à des services et des moyens de soutien efficaces en santé mentale au Canada. La stigmatisation et la discrimination associées aux maladies mentales demeurent importantes. L’AMC et l’APC croient que le changement est possible. Dans un avenir idéal, tous les Canadiens se sentiraient en sécurité de reconnaître leurs problèmes de santé mentale et de demander de l’aide à cet égard, un éventail complet de traitements efficaces basés sur les données empiriques serait disponible pour chaque Canadien qui en a besoin et des communautés appuieraient les Canadiens qui cherchent à promouvoir et maintenir leur santé mentale ou à se rétablir d’une maladie mentale. Nous espérons que les fournisseurs de soins de santé, les gouvernements, les communautés, les patients et les membres de leur famille conjugueront leurs efforts pour concrétiser cet avenir. 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Prescription pour l'établissement optimal d'ordonnances

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique10016
Dernière révision
2016-05-20
Date
2010-08-26
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
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Type de politique
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Date
2010-08-26
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Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
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Ce document présente la position de l'Association médicale canadienne (AMC) au sujet de ce que les médecins peuvent faire, en collaboration avec d'autres intervenants, pour assurer que l'on prescrit aux Canadiens les médicaments qui leur seront les plus bénéfiques. Il recommande aussi des mesures que les médecins, les gouvernements et d'autres intervenants pourraient prendre à l'avenir pour favoriser les pratiques optimales d'établissement d'ordonnances. L'AMC est d'avis que l'établissement optimal d'ordonnances consiste à prescrire un médicament qui : - convient le plus à l'état du patient sur le plan clinique; - est sécuritaire et efficace; - s'inscrit dans un plan de traitement complet; - offre le meilleur rapport coût-efficacité pour répondre le mieux possible aux besoins du patient. Les choix que font les prescripteurs sont tributaires de nombreuses influences, y compris la formation (formation médicale de premier cycle, formation en résidence et éducation médicale continue), la disponibilité d'information utile au point de soin, la commercialisation et la promotion des médicaments, les préférences et la participation du patient, sans oublier le coût du médicament et l'assurance-médicaments. L'AMC propose une " prescription pour l'établissement optimal d'ordonnances " constituée de six éléments et présente les recommandations suivantes : Une stratégie nationale 1) Tous les ordres de gouvernement devraient collaborer avec les prescripteurs, le public, l'industrie et d'autres intervenants pour établir et appliquer une stratégie nationale afin d'encourager l'optimisation de l'établissement d'ordonnances et de l'utilisation des médicaments. Élément 1 : Information pertinente et objective pour les médecins 2) L'AMC appuie la création et la diffusion d'information sur l'établissement d'ordonnances qui : - repose sur les meilleures données scientifiques disponibles; - est pertinente à la pratique clinique; -est facile à intégrer dans le travail d'un médecin. 3) L'AMC encourage tous les organismes de formation médicale à appuyer un programme intégré d'éducation portant sur les produits pharmaceutiques, la pharmacologie et l'établissement optimal d'ordonnances aux échelons de la formation médicale de premier cycle, de la résidence et de l'éducation médicale continue. 4) L'AMC et les associations médicales provinciales et territoriales demandent au gouvernement d'appuyer et de financer des programmes impartiaux d'éducation médicale continue portant sur l'établissement optimal d'ordonnances. 5) L'AMC demande aux organismes de formation compétents d'élaborer des politiques ou des lignes directrices afin de garantir l'objectivité et l'impartialité de l'éducation médicale continue. 6) L'AMC recommande que les gouvernements, les instituts de recherche et d'autres intervenants financent et réalisent des recherches cliniques continues sur l'efficacité d'interventions visant à modifier les comportements et qu'ils affectent des ressources aux interventions les plus efficaces. Élément 2 : Ordonnances électroniques 7) L'AMC, les associations médicales provinciales et territoriales et les sociétés affiliées encouragent les gouvernements à appuyer activement les médecins dans leur virage vers l'établissement d'ordonnances électroniques en suivant une stratégie intégrée afin d'appuyer l'acquisition de matériel et de logiciel et la diffusion d'outils appropriés de formation et de transfert des connaissances. 8) L'AMC demande aux gouvernements d'intégrer les principes suivants dans l'établissement d'ordonnances électroniques : - des mesures visant à garantir la protection de la vie privée des patients et la confidentialité des renseignements à leur sujet, ainsi que celle des renseignements relatifs à l'établissement d'ordonnances par les médecins; - un lien avec un formulaire afin de donner aux médecins les meilleurs renseignements sur les pratiques exemplaires, ce qui inclut des données sur les coûts des médicaments; - des lignes directrices sur le partage des données entre les professionnels de la santé et d'autres personnes intéressées; - des normes de signature électronique qui ne sont pas excessivement restrictives. Élément 3 : Programmes des payeurs 9) L'AMC recommande que les formulaires des secteurs public et privé simplifient les exigences administratives imposées aux patients et aux médecins et réduisent les formalités administratives au minimum nécessaire pour garantir le soin optimal des patients. Élément 4 : Collaboration entre les fournisseurs de soins de santé 10) L'AMC recommande que des ententes de collaboration structurées et claires soient en place lorsque des praticiens gèrent conjointement la pharmacothérapie d'un patient. Élément 5 : Information impartiale et factuelle pour les patients 11) L'AMC demande aux gouvernements de financer et de faciliter la production et la diffusion aux consommateurs d'information pratique, à jour et impartiale sur les médicaments d'ordonnance et la façon appropriée de les utiliser, et d'aider les médecins et les pharmaciens à diffuser cette information aux patients. 12) L'AMC demande au gouvernement du Canada de continuer d'interdire la publicité directe au consommateur sur les médicaments d'ordonnance au Canada et de refermer les échappatoires qui permettent actuellement une promotion limitée des médicaments. Élément 6 : Recherche, surveillance et évaluation 13) L'AMC demande aux intervenants qui financent et produisent des recherches sur l'innocuité et l'efficacité des médicaments, des lignes directrices sur l'établissement d'ordonnances et des programmes visant à améliorer les habitudes en la matière de vraiment faire participer les médecins et les organisations médicales à cette activité. 1) Introduction Dans un monde parfait, tous les patients se verraient prescrire des médicaments qui ont l'effet le plus bénéfique sur leur état tout en causant le moins de préjudices possible, au meilleur coût pour le patient et pour le système de santé. Il est reconnu en général que nous n'avons pas encore atteint cet idéal. L'Association médicale canadienne (AMC) et les médecins du Canada croient toutefois que c'est un but qu'il vaut la peine de viser. L'AMC s'est engagée il y a longtemps à favoriser des soins de santé de grande qualité. L'un des éléments clés du projet à long terme sur la transformation des soins de santé lancé par l'AMC consiste à assurer qu'il y a des systèmes en place pour favoriser des soins de santé de grande qualité. Un de ces systèmes consisterait à encourager activement l'établissement optimal d'ordonnances. Ce document présente la position de l'AMC et ses recommandations sur ce que les médecins peuvent faire, en collaboration avec d'autres parties, pour assurer que les Canadiens se voient prescrire des médicaments qui leur apporteront le plus grand bienfait. On y analyse l'établissement d'ordonnances principalement du point de vue du médecin actif à la recherche du traitement qui convient le mieux à chaque patient. Il présente toutefois aussi des commentaires sur les effets que l'établissement d'ordonnances a sur le système de santé en général, à la fois sur l'état de santé global des Canadiens et sur le coût de la prestation des soins de santé. 2) Établissement optimal d'ordonnances : définition et principes de l'AMC a) Qu'est-ce que l'établissement optimal d'ordonnances ? L'établissement d'une ordonnance n'est pas une science exacte : le choix du médicament pour traiter un patient donné dépend des circonstances particulières du patient. L'AMC propose la définition et les principes suivants pour l'établissement optimal d'ordonnances : L'établissement optimal d'ordonnances consiste à prescrire un médicament qui : * est le plus approprié sur le plan clinique compte tenu de l'état du patient; * est sécuritaire et efficace; * s'inscrit dans un plan de traitement intégré; * offre le meilleur rapport coût-efficacité pour répondre le mieux possible aux besoins du patient. b) Principes de l'établissement optimal d'ordonnances L'AMC est d'avis que dans un environnement d'établissement optimal d'ordonnances, les principes suivants devraient s'appliquer : Principes de l'établissement optimal d'ordonnances 1) L'établissement d'une ordonnance doit viser principalement à améliorer ou à maintenir l'état de santé du patient. 2) L'ordonnance doit être établie dans le contexte du soin global du patient, ce qui comprend le diagnostic de l'état, d'autres formes de traitement, y compris la réadaptation, le conseil et la modification des habitudes de vie, la surveillance continue et la réévaluation de l'état du patient et du traitement pour assurer que le patient y répond comme il se doit, l'évaluation de l'observance médicamenteuse et l'arrêt de la pharmacothérapie lorsqu'elle n'est plus nécessaire. 3) Les patients doivent participer activement aux décisions qui portent sur la pharmacothérapie. C'est pourquoi ils ont besoin de renseignements utiles et pratiques. 4) Les décisions relatives à l'établissement d'ordonnances doivent reposer sur les meilleures données scientifiques disponibles, qui sont évaluées et mises à jour continuellement lorsqu'il y a lieu. 5) Les médecins doivent garder leur autonomie clinique lorsqu'il s'agit de décider quels médicaments prescrire. 6) Les décisions sur l'établissement d'ordonnances doivent tenir compte du coût pour le patient et viser l'efficacité des coûts à condition que cela n'entre pas en conflit avec l'objectif que constitue le soin optimal du patient. 7) Il faut tenir les médecins au courant des progrès de la pharmacothérapie au moyen d'un mécanisme d'éducation continue objective et pertinente. 8) Les professionnels de la santé doivent jouer un rôle de premier plan dans l'élaboration et l'évaluation de stratégies et d'outils qui visent à améliorer les meilleures pratiques d'établissement d'ordonnances. Ces principes peuvent s'appliquer aussi à l'utilisation optimale d'instruments médicaux, mais le document vise principalement les médicaments d'ordonnance. 3) Pourquoi l'établissement optimal d'ordonnances est-il important ? Les médicaments d'ordonnance jouent un rôle de plus en plus important dans le soin des patients au Canada. Il y a cinquante ans, ils servaient principalement à traiter des problèmes aigus pendant de brèves périodes et leur contribution aux coûts globaux des soins de santé était modeste. En 2005, toutefois, les Canadiens ont reçu 14 ordonnances par habitant, total qui grimpait à 74 chez les 80 ans et plusi. Beaucoup de Canadiens prennent maintenant des médicaments d'ordonnance à long terme pour gérer des problèmes chroniques comme le diabète, l'ostéoporose ou un cholestérol élevé. Le recours accru aux médicaments et le coût élevé de beaucoup de nouvelles pharmacothérapies ont fait grimper le coût des médicaments d'ordonnance pour les Canadiens et le système de santé. En 2008, les Canadiens ont dépensé quelque 25,4 milliards de dollars en médicaments d'ordonnance. En dollars constants, ce montant équivaut à près du triple de ces mêmes dépenses en 1985ii. Ensemble, les médicaments d'ordonnance et les médicaments en vente libre engloutissent un pourcentage plus élevé des coûts totaux que les services médicaux. En fait, seuls les hôpitaux en consomment davantage. Dans bien des cas, les médicaments d'ordonnance ont réduit le recours à l'hospitalisation et aux interventions chirurgicales. Au cours des dernières décennies, par exemple, les médicaments utilisés pour traiter l'ulcère gastroduodénal ont changé le profil de traitement, qui reposait principalement sur la chirurgie : il est devenu en grande partie médical. Par ailleurs, les patients peuvent prendre certains médicaments ou certaines catégories de médicaments pendant des années, et cet usage de longue durée peut avoir sur leur santé des répercussions actuellement inconnues. À mesure que le rôle des Canadiens dans les en soins de santé prend de l'ampleur, les examens détaillés publics visant à déterminer si les médicaments d'ordonnance qu'ils utilisent sont sécuritaires et efficaces, s'ils offrent un bon rapport qualité-prix et s'ils sont prescrits et pris de façon optimale afin de maximiser le bienfait pour les patients prennent eux aussi de l'ampleur. Comme on l'a déjà dit, l'établissement d'une ordonnance n'est pas une science exacte. Ce qui pourrait être considéré comme " non optimal " dans certains cas peut très bien convenir dans d'autres. Dans la plupart des cas, les médicaments sont prescrits de la bonne façon. Les données probantes indiquent toutefois qu'il y a des possibilités d'amélioration dans certains domaines. Les prescripteurs peuvent améliorer le soin des patients et la santé des Canadiens en adoptant des stratégies comme les suivantes : * En réduisant la surprescription de certains médicaments. Par exemple, l'utilisation excessive des antibiotiques constitue une préoccupation mondialeiii puisqu'elle peut précipiter l'apparition de l'antibiorésistance, ce qui réduit l'arsenal thérapeutique du médecin. * En réduisant la sous-prescription de certains médicaments. Une étude portant sur les pratiques de soins primaires en Ontario a révélé que même si 14 % des patients adultes avaient une dyslipidémie, 63,2 % n'étaient pas traités et, sur ceux qui étaient traités, 47,2 % n'étaient pas bien contrôlésiv. * En prescrivant des médicaments conformément aux guides de pratique clinique généralement reconnus afin d'assurer que les médicaments de première intention sont utilisés lorsque c'est indiqué. Les thérapies de deuxième intention sont souvent plus nouvelles et moins bien établies que celles de première intention. Elles sont donc plus susceptibles de comporter des risques non déterminés pour la sécurité. * En s'assurant que les médicaments sont prescrits et pris en toute sécurité de façon à réduire les préjudices causés par des interactions indésirables avec d'autres médicaments, des produits de santé naturels, l'alcool ou d'autres agents qui se trouvent dans le système du patient. Tout programme ou toute initiative visant à améliorer les soins de santé au Canada devrait inclure des activités à l'appui des stratégies ci-dessus. L'AMC estime qu'elles contribueront à l'état de santé global de la population canadienne et qu'elles pourraient réduire les coûts des soins de santé si les médicaments prescrits offraient le meilleur rapport coût-efficacité pour traiter au mieux les troubles des patients. 4) Beaucoup de facteurs ont une incidence sur l'établissement d'ordonnances L'établissement d'une ordonnance ne se produit pas dans le vide : c'est plutôt l'aboutissement de nombreux facteurs qui influent sur les médecins. On peut se demander si ces facteurs fournissent aux médecins l'appui dont ils ont besoin lorsqu'ils cherchent à prescrire de façon optimale. Certaines de ces influences sont décrites ci-dessous : a) Défi posé par l'acquisition de l'information Notre connaissance des médicaments d'ordonnance et de leurs effets est mise à jour continuellement, et les médecins doivent absorber de nouveaux renseignements tout au long de leur carrière. Or, les médecins reçoivent-ils l'information dont ils ont le plus besoin d'une façon qui leur permet de l'intégrer facilement dans leur pratique? Réponse de l'AMC : il y a matière à amélioration. Voici les principales sources d'information mises à la disposition des médecins : i) La formation des médecins Formation en faculté de médecine et résidence - La façon d'aborder les questions pharmacologiques varie selon la faculté de médecine, et les critiques se demandent si les programmes d'études offerts actuellement dans les facultés de médecine du Canada donnent aux futurs médecins une formation adéquate sur l'art et la science de l'établissement d'ordonnancev. Dans certains cas, la pharmacothérapie est enseignée dans le contexte de chaque système corporel - cardiaque, rénal, etc. - plutôt que comme sujet discrétionnaire. Cette façon de faire peut aussi faire oublier certains éléments unificateurs précieux de la pharmacologie. Éducation médicale continue (EMC) - Pour les médecins, l'EMC constitue une importante source d'information sur les nouveaux médicaments et sur de nouvelles indications de médicaments existants. Transmet-elle toutefois l'information la plus nécessaire ou la plus appropriée? On a soulevé des préoccupations au sujet de son impartialité. On calcule que la commandite de l'industrie pharmaceutique représente 65 % du revenu total des programmes d'EMC aux États-Unis et l'on suppose que le chiffre est à peu près le même au Canadavi. ii) Information au point d'intervention Comme la charge de travail reliée aux patients est de plus en plus lourde, le temps dont les médecins disposent pour la recherche est limité. Il faut souvent de nouveaux renseignements au point d'intervention. C'est le cas, par exemple, dans la salle d'examen pendant le contact avec un patient, lorsque le médecin a besoin rapidement d'une réponse. Il se peut que les guides de pratique clinique et les documents de référence au point de soin d'usage courant ne soient pas accessibles dans un format convivial et concis lorsqu'on en a besoin. De plus, on se préoccupe du fait que les experts qui créent des guides de pratique clinique ont, avec les sociétés pharmaceutiques, des liens qui pourraient avoir une incidence sur l'impartialité des guides. Il se peut que des sources d'information d'usage généralisé ne donnent pas aux médecins les renseignements dont ils ont le plus besoin, ce qui complique le problème. Les médecins reçoivent souvent de nouveaux renseignements sur l'innocuité, comme des avertissements portant sur des risques découverts récemment, sous forme d'avis de Santé Canada ou d'ailleurs. Il se peut que ces avis ne donnent pas aux médecins de conseils sur l'établissement d'ordonnances ou d'information sur d'autres traitements possibles si l'on considère que le médicament est trop dangereux pour être utilisé. iii) Promotion et commercialisation des médicaments L'information sur les médicaments et l'établissement d'ordonnances dont disposent les médecins provient en grande partie des représentants de l'industrie pharmaceutique qui leur rendent visite à leurs bureaux. Les médicaments dont il est ainsi fait la promotion ont tendance à être plus nouveaux et, par conséquent, ils coûtent souvent plus cher que les médicaments établis et leur efficacité et leurs effets secondaires possibles sont moins connus. La promotion des médicaments pourrait inciter des médecins à penser que lorsqu'il est question de médicament, " nouveau ", sous-entend " meilleur ", alors que ce n'est pas toujours le cas. La commercialisation par l'industrie se présente aussi sous des formes plus subtiles, dont les suivantes : * Échantillons de médicaments fournis gratuitement aux médecins. Puisque les échantillons ont tendance à être principalement de nouveaux médicaments, on a laissé entendre qu'ils encouragent l'utilisation de ceux-ci au détriment d'autres qui pourraient être moins coûteux et plus sécuritaires. * Collecte d'information sur les habitudes de prescription des médecins par des entreprises commerciales de gestion de données, cette information étant ensuite vendue à des sociétés pharmaceutiques pour les aider à personnaliser leurs messages de vente en fonction de médecins en particulier. * Manipulation du processus de publication en médecine par la conception d'essais cliniques qui visent à obtenir les résultats les plus positifs, par la publication sélective de résultats d'essais cliniques ou par la rédaction par un " prête-plume " d'articles de recherche savante par les entrepreneurs de l'industrie pharmaceutiquevii. b) Éducation et participation des patients Lorsqu'il envisage la pharmacothérapie d'un patient, le médecin doit tenir compte des effets possibles du comportement de celui-ci sur le traitement. Il peut être nécessaire de conseiller un patient au sujet de l'effet de produits de santé naturels, de l'alcool et d'autres substances mélangées avec leurs médicaments prescrits; de l'importance de se conformer au traitement prescrit; ou de la nécessité de modifier leur comportement (amélioration de l'alimentation, augmentation de l'activité physique accrue) afin d'augmenter les bienfaits du médicament. Un dialogue ouvert et honnête entre le patient et le médecin s'impose alors. La connaissance et les préférences du patient peuvent avoir un effet à la fois sur la surprescription et sur la sous-prescription. Il se peut que des patients pensent qu'ils n'ont pas été "traités" s'ils ne repartent pas du bureau du médecin avec une ordonnance. Un médecin peut prescrire un médicament si le patient le demande, même s'il est ambivalent au sujet du choix de traitementviii. Par ailleurs, il se peut qu'un médecin ne prescrive pas un médicament nécessaire parce qu'un patient affirme qu'il ne veut pas "prendre de médicaments". L'industrie pharmaceutique vise autant les patients que les médecins par ses activités de promotion. Même si la publicité directe des médicaments d'ordonnance (PDMO) est techniquement illégale au Canada, des échappatoires de la loi permettent une promotion limitée portant sur les médicaments canadiens et des annonces pour les médicaments sont souvent diffusées en provenance des États-Unis, un des deux seuls pays (l'autre étant la Nouvelle-Zélande) où la PDMO est légale. La PDMO a beaucoup d'influence sur le comportement des patients. Selon une enquête menée par le Government Accounting Office des États-Unis, 27 % des gens qui ont vu des publicités sur les médicaments d'ordonnance les ont demandés et reçus de leur médecinix. On a reproché généralement à la PDMO d'exagérer les bienfaits des médicaments, de mettre une sourdine sur le risque et de contribuer à faire croire qu'il y a "une pilule pour chaque bobo" et à la "médicalisation" de problèmes qui pourraient être mieux gérés par la modification des habitudes de vie ou par d'autres traitements non médicamenteux. L'industrie pharmaceutique peut en outre exercer une influence indirecte sur l'attitude des patients en finançant des groupes de représentation des patients et des sites web portant sur une maladie en particulier. Le contexte social d'un patient peut aussi inciter un médecin à prescrire un médicament qui n'est peut-être pas indiqué sur le plan clinique. Par exemple, on peut prescrire un antipsychotique pour calmer un patient atteint de démence, non pas tellement pour le bienfait du patient que pour celui des aidants fatigués et stressés, en dépit des données probantes de plus en plus nombreuses sur les risques que les médicaments représentent pour la santé et la sécurité et sur leur manque d'efficacitéx. Idéalement, les recommandations et les lignes directrices sur l'établissement d'ordonnances devraient tenir compte du contexte plus général dans lequel le médicament est prescrit. c) Coût des médicaments et assurance-médicaments La prescription d'un médicament par un médecin et l'achat de celui-ci par le patient constituent des actes distincts et sans lien. Il se peut donc que les médecins n'aient pas à portée de main des renseignements fiables sur les coûts des médicaments. S'ils l'ont, ils peuvent avoir peu de raisons de les utiliser si le patient est assuré. La montée des coûts des médicaments et le recours accru aux pharmacothérapies peut toutefois les obliger à tenir compte plus souvent des coûts. Les gouvernements provinciaux et territoriaux et, de plus en plus, les assureurs privés aussi, peuvent influencer le choix des médicaments fait par le médecin et le patient en limitant les médicaments couverts sur leurs formulaires. Beaucoup de payeurs ont en outre des programmes qui visent à encourager la prescription de certains médicaments comme les médicaments génériques. Si, comme cela se produit assez souvent, l'état d'un patient exige un médicament qui ne figure pas sur le formulaire, pour obtenir qu'il soit couvert, il faut remplir diverses paperasses, ce qui prend du temps. Le fardeau administratif ainsi imposé peut constituer un obstacle à l'établissement optimal d'ordonnances. d) Contexte stratégique Les décideurs canadiens ont déjà reconnu qu'il faut agir sur le plan de l'établissement d'ordonnances. Un des neuf éléments originaux de la Stratégie nationale relative aux produits pharmaceutiques (SNPP) annoncée en 2004 par le fédéral, les provinces et les territoires consistait à "intensifier l'intervention pour influencer les habitudes de prescription des professionnels de la santé de sorte que les médicaments soient utilisés uniquement lorsque le besoin est réel et que le médicament convienne bien au problème". Cela n'a toutefois pas été considéré comme une priorité et toute la SNPP est maintenant reléguée aux oubliettes. En 2009, le Conseil canadien de la santé a recommandé que l'établissement optimal d'ordonnances constitue un élément prioritaire d'une stratégie pharmaceutique redynamisée en signalant le besoin d'information factuelle et facile d'accès sur la bonne façon d'utiliser chaque médicament et les risques qui en découlent, et de coordination nationale des efforts visant à améliorer l'établissement d'ordonnancesxi. 5) La prescription de l'AMC Dans les sections précédentes, l'AMC a décrit les problèmes que pose actuellement l'établissement d'ordonnances au Canada et les facteurs qui y contribuent. Dans cette section, elle discute des solutions possibles pour optimiser l'établissement d'ordonnances. Autant il existe tout un éventail de facteurs qui agissent sur l'établissement d'ordonnances, autant il existe une panoplie d'éléments pouvant contribuer à l'optimiser. Que faudrait-il faire pour encourager l'établissement optimal d'ordonnances au Canada? L'AMC est d'avis qu'il faudrait aborder l'établissement optimal d'ordonnances en élaborant et en appliquant une stratégie nationale comportant les six éléments décrits dans les pages qui suivent : Recommandation 1 Tous les ordres de gouvernement devraient collaborer avec les prescripteurs, le public, l'industrie et d'autres intervenants pour établir et appliquer une stratégie nationale afin d'encourager l'optimisation de l'établissement d'ordonnances et de l'utilisation des médicaments. Élément 1 : Information pertinente et objective pour les prescripteurs À mesure que notre base de connaissances sur les médicaments d'ordonnance s'enrichit, l'information est communiquée aux médecins de nombreuses façons. L'AMC est d'avis qu'il est possible d'améliorer ces communications et de les rendre plus pertinentes et utiles pour les médecins prescripteurs. Recommandation 2 L'AMC appuie la création et la diffusion d'information sur l'établissement d'ordonnances qui : - repose sur les meilleures données scientifiques disponibles; - est pertinente à la pratique clinique; -est facile à intégrer dans le travail d'un médecin. a) Formation médicale de premier cycle et formation en résidence Des connaissances de base en pharmacologie constituent un élément vital de la formation médicale de premier cycle. L'annexe 1, tirée d'un rapport produit en 2009 par le Collège royal des médecins de la Grande-Bretagne, contient une proposition portant précisément sur un programme d'études de premier cycle de base sur les agents thérapeutiques. L'éducation de base en pharmacologie devrait notamment aider à préparer les futurs médecins à relever le défi que pose le maintien de leur base de connaissances dans la pratique. Les milieux universitaires ont un rôle à jouer, au cours de la formation de premier cycle et de la formation en résidence, en donnant des conseils impartiaux sur des questions pharmaceutiques et en assurant que les étudiants et les médecins résidents peuvent évaluer d'un œil critique la recherche sur les médicaments et les documents d'orientation sur l'établissement d'ordonnances. Recommandation 3 L'AMC encourage tous les organismes de formation médicale à appuyer un programme intégré d'éducation portant sur les produits pharmaceutiques, la pharmacologie et l'établissement optimal d'ordonnances aux échelons de la formation médicale de premier cycle, de la résidence et de l'éducation médicale continue. Éducation médicale continue (EMC) Auparavant, on associait l'EMC à des séminaires ou à des conférences en personne, mais des études ont depuis montré que l'apprentissage en ligne est aussi efficace que l'EMC en personnexii. Les créateurs et les praticiens cherchent de plus en plus à offrir des programmes d'EMC en ligne. Les formats qui présentent de l'information sur support électronique sous forme de listes de puces sommaires et présentent l'information la plus pertinente sur un seul écran lorsque c'est possible sont particulièrement prometteurs. Comme on l'a déjà dit, l'industrie pharmaceutique commandite un pourcentage important des activités d'EMC. Tout comme la formation continue en pharmacothérapie, l'EMC commanditée par l'industrie doit orienter les médecins vers des médicaments plus nouveaux qui, d'une part, peuvent ne pas constituer les stratégies de première intention et, d'autre part, sont souvent évalués moins minutieusement et sont plus coûteux que les traitements éprouvés. Afin que l'on puisse garantir aux médecins qu'ils reçoivent de l'information objective, il est donc urgent de trouver des sources de financement objectives pour l'EMC qui sont le plus impartiale possible. Recommandation 4 L'AMC et les associations médicales provinciales et territoriales demandent au gouvernement d'appuyer et de financer des programmes impartiaux d'éducation médicale continue portant sur l'établissement optimal d'ordonnances. Recommandation 5 L'AMC demande aux organismes de formation compétents d'élaborer des politiques ou des lignes directrices afin de garantir l'objectivité et l'impartialité de l'éducation médicale continue. Dans Les interactions avec l'industrie pharmaceutique : lignes directrices pour les médecins (2007), l'AMC propose des façons pour les médecins, les associations médicales et les organismes de formation des médecins de minimiser la partialité lorsqu'ils collaborent avec l'industrie dans le cadre d'un programme d'EMC et de perfectionnement professionnel continu. b) Nouvelles formes de formation Outre l'EMC officielle, il y a de nombreux moyens de transmettre de l'information aux médecins dans l'intention d'influencer leurs habitudes d'établissement d'ordonnances. Une intervention est prometteuse, soit la formation continue en pharmacothérapie dans le cadre de laquelle des médecins ou des pharmaciens qui ont déjà une formation utilisent les techniques individuelles personnalisées employées par les formateurs pour encourager l'adoption d'un comportement souhaité (p. ex., prescrire un médicament ou un régime de traitement en particulier) plutôt que des médicaments précis afin de contrer l'activité de marketing des représentants pharmaceutiques. La formation continue en pharmacothérapie a connu certains succès. Parce qu'elle est coûteuse et qu'il faut y consacrer beaucoup de main-d'œuvre, il a souvent été difficile de persuader les gouvernements d'y investir. De plus en plus de provinces ont toutefois établi des programmes de formation continue en pharmacothérapie, ou envisagent de le faire. L'apprentissage autodirigé par les médecins constitue une autre intervention porteuse de promesses. En Alberta, deux facultés de médecine se préparent à analyser le besoin d'apprentissage perçu et non perçu des médecins afin de créer des programmes d'apprentissage personnalisés pour répondre aux besoins des médecins dans leur pratique. On étudie continuellementxiii l'efficacité de divers programmes d'apprentissage lorsqu'il s'agit de modifier les comportements, par des moyens comme la base de données Rx for Change, produit d'un effort de collaboration entre deux collectifs Cochrane et l'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé. Cette base de données résume les données de recherche courantes, mises à jour périodiquement, au sujet des effets des stratégies visant à améliorer la pratique d'établissement d'ordonnances et l'usage des médicaments. Comme des médecins différents ont des besoins, des objectifs et des styles d'apprentissage différents, il faut recourir à de multiples formats pour y répondre. Même s'il se peut qu'une intervention en soi ne produise pas de changements spectaculaires, immédiats ou généralisés de comportement, de multiples messages peuvent avoir un effet cumulatif très fort avec le temps. Recommandation 6 L'AMC recommande que les gouvernements, les instituts de recherche et d'autres intervenants financent et réalisent des recherches cliniques continues sur l'efficacité d'interventions visant à modifier les comportements et qu'ils affectent des ressources aux interventions les plus efficaces. d) Information au point d'intervention Outre les programmes de formation structurée, les médecins ont aussi accès à de l'information sur les produits pharmaceutiques et l'établissement d'ordonnances au point d'intervention. Les médecins préfèrent des résumés réduits aux points essentiels qu'il est possible d'absorber rapidement et de consulter au point de soin au moyen d'un assistant numérique personnel (ANP) de poche ou, de plus en plus, de dossiers électroniques sur la santé et les ordonnances. Des compendiums d'information sur les médicaments sont disponibles sur support électronique et imprimé. Par exemple, amc.ca fournit de l'information sur les médicaments d'ordonnance par un programme appelé Lexi-Drugs Online. e-Therapeutics+, créé par l'Association des pharmaciens du Canada, est une autre ressource en ligne utilisée pour prescrire et gérer la pharmacothérapie au point de soin. Il existe aussi des programmes en ligne qui surveillent les habitudes d'établissement d'ordonnances des médecins et les comparent à celles de leurs pairs. Il faut encourager l'usage de ces programmes s'ils visent à former plutôt qu'à imposer un certain comportement. Il faudra toutefois y investir davantage, en particulier dans les technologies de l'information et le développement de logiciels. Élément 2 : Ordonnances électroniques L'établissement d'ordonnances électroniques pourrait améliorer la pharmacothérapie de façon spectaculaire. Par exemple, un système efficace d'établissement d'ordonnances électroniques pourrait : - fournir la liste de tous les médicaments que prend un patient. Il pourrait aussi repérer les ordonnances en double qui portent sur le même médicament et proviennent de fournisseurs différents, ce qui aiderait à réduire la fraude par ordonnance et l'abus de médicaments d'ordonnance; - fournir des outils d'aide à la décision; par exemple, un avertissement pourrait apparaître à l'écran si le médecin propose de prescrire un médicament qui produit des interactions nuisibles avec un autre que le patient prend déjà. Il faudrait idéalement mettre à jour en temps réel cet outil d'aide à la décision afin que le médecin ait accès à l'information la plus à jour; - permettre d'améliorer l'observance médicamenteuse par le patient, peut-être en lui rappelant de faire renouveler son ordonnance et de prendre ses médicaments; - transmettre électroniquement les ordonnances aux pharmacies, ce qui rendrait le service plus commode pour les patients et ferait disparaître une cause majeure d'erreurs de médication, soit l'écriture illisible; - établir automatiquement un lien avec un formulaire afin de permettre au prescripteur de déterminer si l'assureur du patient a approuvé le médicament ou de trouver le médicament le moins coûteux d'une catégorie. La communication électronique bidirectionnelle avec les gestionnaires de formulaire peut aussi réduire en partie les formalités administratives qui sont un obstacle à l'optimisation de l'établissement d'ordonnances; - prévenir automatiquement les médecins de pénuries de médicaments, de rappels ou d'autres urgences. Aux États-Unis, on encourage activement l'établissement d'ordonnances électroniques. Depuis janvier 2009, le système d'assurance-maladie des États-Unis offre des incitatifs financiers aux médecins qui prescrivent électroniquement. Au Canada, l'adoption a été lentexiv : on estime que moins de 10 % des médecins prescrivent électroniquement. Cette lenteur peut être attribuable en partie à la dépense et en partie aux problèmes qui restent à régler, comme les suivants : - Comment garantir que la confidentialité des renseignements personnels sur la santé des patients et des renseignements sur les habitudes d'établissement d'ordonnances des médecins est protégée? - Quels renseignements faudrait-il partager avec d'autres professionnels de la santé? - Qu'est-ce qui constitue juridiquement une "signature" ou un autre moyen d'authentifier une ordonnance? - Pouvons-nous garantir que les pharmacies et les cabinets de médecin peuvent recevoir des ordonnances électroniques? - Pouvons-nous garantir que le logiciel d'établissement d'ordonnances électroniques est pratique et convivial pour les médecins? Par exemple, que des avertissements en fenêtre incrustée contiennent les renseignements les plus importants et pertinents? - Pouvons-nous garantir que les protocoles d'établissement d'ordonnances électroniques allègent la charge de travail des médecins au lieu de l'alourdir - par exemple, qu'ils font disparaître la rédaction d'ordonnances en double? L'établissement d'ordonnances électroniques en est à ses premiers pas et les connaissances et les politiques dans ce domaine évoluent rapidement. L'AMC continuera d'étudier ce grand dossier au cours des prochaines années. Plusieurs provinces tiennent des bases de données sur les ordonnances électroniques, et d'autres sont en train d'en préparer. Par exemple, le réseau BC PharmNet offre la vérification d'interactions médicamenteuses et des profils médicamenteux des patients aux pharmaciens, aux urgences et aux médecins qui y ont un accès contrôlé. Dans la plupart des provinces et des territoires, les associations médicales collaborent avec les gouvernements à l'établissement de normes qui régiront la mise en œuvre de l'établissement d'ordonnances électroniques. Recommandation 7 L'AMC, les associations médicales provinciales et territoriales et les sociétés affiliées encouragent les gouvernements à appuyer activement les médecins dans leur virage vers l'établissement d'ordonnances électroniques en suivant une stratégie intégrée afin d'appuyer l'acquisition de matériel et de logiciel et la diffusion d'outils appropriés de formation et de transfert des connaissances. Recommandation 8 L'AMC demande aux gouvernements d'intégrer les principes suivants dans l'établissement d'ordonnances électroniques : - des mesures visant à garantir la protection de la vie privée des patients et la confidentialité des renseignements à leur sujet, ainsi que celle des renseignements relatifs à l'établissement d'ordonnances par les médecins; - un lien avec un formulaire afin de donner aux médecins les meilleurs renseignements sur les pratiques exemplaires, ce qui inclut des données sur les coûts des médicaments; - des lignes directrices sur le partage des données entre les professionnels de la santé et d'autres personnes intéressées; - des normes de signature électronique qui ne sont pas excessivement restrictives. Élément 3 : Programmes des payeurs Les régimes publics d'assurance-médicaments et, de plus en plus, des compagnies d'assurance privées ont établi des programmes afin d'encourager la prescription de certains médicaments. Ces programmes, souvent motivés par le désir de contrôler la montée du coût des médicaments, peuvent inclure les éléments suivants : a) Formulaires Le Canada compte 18 formulaires publics de médicaments gérés par les gouvernements fédéral ou provinciaux et territoriaux. Ces formulaires ont souvent recours à divers moyens d'aider à contrôler le coût des médicaments. Par exemple, si un médicament générique est disponible pour traiter un problème particulier, un payeur peut rembourser au patient le médicament générique seulement plutôt que des marques de commerce équivalentes. Ou encore, s'il existe plusieurs médicaments semblables de la même catégorie, il peut arriver qu'un formulaire ne rembourse que le médicament le moins coûteux de la catégorie, comme par exemple en Colombie-Britannique, où le programme d'établissement des prix des médicaments en fonction de produits de référence le fait dans le cas de cinq catégories de médicaments qui comportent plusieurs médicaments d'efficacité égale. Si les patients veulent acheter un médicament plus coûteux, ils doivent payer eux-mêmes la différence. Ces programmes ne sont pas limités au Canada. Le Service national de santé de la Grande-Bretagne finance certains traitements précis seulement s'ils sont recommandés par l'Institut national pour l'excellence clinique (NICE), qui évalue l'efficacité et le rapport coût-efficacité des nouveaux médicaments. Dans le cadre du régime PHARMAC de la Nouvelle-Zélande, le gouvernement rembourse seulement un médicament par catégorie. Les objectifs de contrôle des coûts d'un formulaire peuvent parfois entrer en conflit avec l'objectif du médecin et du patient qui est d'obtenir les meilleurs soins possible. Par exemple, à cause des règles du formulaire qui limitent la durée des ordonnances pour traiter des problèmes chroniques, il peut être difficile pour les médecins de prescrire à long terme des médicaments à des patients qui gèrent bien leur état. Il importe que les règles des formulaires reposent sur les meilleures données scientifiques disponibles. Le formulaire idéal sera conçu de façon à améliorer les soins cliniques, optimiser les résultats pour la santé des patients, promouvoir la sécurité des patients et alléger le fardeau administratif imposé aux médecins. Recommandation 9 L'AMC recommande que les formulaires des secteurs public et privé simplifient les exigences administratives imposées aux patients et aux médecins et réduisent les formalités administratives au minimum nécessaire pour garantir le soin optimal des patients. b) Incitatifs à l'établissement d'ordonnances Parfois, les payeurs peuvent offrir des incitatifs comme des récompenses en argent aux médecins qui prescrivent d'une façon souhaitée (par exemple, qui prescrivent plus qu'un certain pourcentage d'une catégorie de médicaments donnés sous forme de médicaments génériques) ou imposer une pénalité financière aux médecins qui n'ont pas le comportement souhaité. Les incitatifs financiers aux médecins qui visent à les pousser à fournir des services de soins préventifs ont été efficaces, mais on commence seulement à en évaluer l'effet sur les habitudes d'établissement d'ordonnances. Des études portant sur les régimes d'incitation à l'établissement d'ordonnances au R.-U. ont conclu que les récompenses en argent ont peut-être contribué au contrôle des coûts, mais que leur effet sur la qualité des ordonnances demeure incertainxv. L'initiative en cours de l'AMC sur la transformation des soins de santé présentera aux décideurs un plan stratégique visant à établir un système de santé très performant et axé sur les patients. Parmi ses autres activités au cours des prochaines années, l'initiative visera à analyser plus en détail l'effet des régimes de rémunération au rendement sur la qualité des soins au Canada. Élément 4 : Collaboration entre fournisseurs de soins de santé Aucun professionnel de la santé ne travaille isolément. Les fournisseurs de soins de santé travaillent de plus en plus au sein d'équipes de collaboration afin de gérer la pharmacothérapie et d'autres formes de soin des patients. Dans ces équipes, par exemple, les pharmaciens peuvent s'acquitter de tout un éventail de fonctions et notamment revoir les profils médicamenteux des patients pour y repérer des problèmes liés aux médicaments comme le mauvais dosage, les thérapies en double ou inutiles, ou gérer une pharmacothérapie à long terme pour les patients qui ont un problème chronique comme l'asthme ou le diabète. Lorsqu'ils sont les plus efficaces, ces arrangements de collaboration pourraient améliorer considérablement la pharmacothérapie et le soin des patients en général en permettant à l'équipe de puiser à un bassin commun d'expertise. S'ils sont mal appliqués, ces arrangements pourraient toutefois entraîner une rupture des communications et la fragmentation des soins. Afin d'assurer que la gestion en collaboration de la pharmacothérapie d'un patient se déroule sans heurts, il importe que des ententes claires soient en vigueur. Dans sa politique intitulée Implantation des soins en collaboration axés sur les patients (2008), l'AMC énonce les principes suivants : - Soins axés sur les patients. Le soin du patient (y compris la pharmacothérapie) doit être fondé sur ses valeurs et ses besoins. - Communication claire. Une communication efficace est essentielle pour garantir une pharmacothérapie sécuritaire et coordonnée et veiller à ce que le patient reçoive des messages opportuns, clairs et concordants. Par exemple, si un médecin et un pharmacien gèrent et surveillent tous deux un patient atteint d'asthme, il est essentiel qu'ils se préviennent mutuellement de toute modification d'une ordonnance, comme la prescription de nouveaux médicaments ou d'une nouvelle posologie. Le dossier de santé électronique pourrait améliorer considérablement la communication entre les professionnels de la santé. - Chef de file clinique. Dans son énoncé de principe, l'AMC définit un chef de file clinique comme " la personne qui, compte tenu de sa formation, de ses compétences et de son expérience, est la plus apte à résumer et à interpréter les données probantes fournies par le patient et par l'équipe, à poser un diagnostic différentiel et à prodiguer des soins complets au patient ". Dans la plupart des cas, à cause de sa formation, de ses connaissances, de ses antécédents et de sa relation avec le patient, le médecin est le mieux placé pour jouer ce rôle. Recommandation 10 L'AMC recommande que des ententes de collaboration structurées et claires soient en place lorsque des praticiens gèrent conjointement la pharmacothérapie d'un patient. Reconnaissant le besoin et la valeur de la collaboration dans la prise en charge de la pharmacothérapie, l'AMC continuera d'explorer et d'encourager les modèles les plus efficaces de pratique en collaboration entre les professionnels de la santé. Élément 5 : Information impartiale et factuelle pour les patients Les Canadiens ont le droit d'avoir accès à de l'information fiable et exacte sur les médicaments d'ordonnance et sur leur utilisation afin de devenir des partenaires informés de leur soin. Les patients ont déjà accès à beaucoup d'information et il y a des moyens de l'améliorer et de la rendre plus accessible et pertinente. On pourrait notamment la rendre plus claire et lisible, afin de répondre aux besoins des quelque six Canadiens sur dix qui ne sont pas assez alphabétisés pour gérer comme il se doit leur santé et prendre des mesures préventivesxvi. On pourrait aussi fournir plus d'information provenant de sources impartiales afin de réduire l'effet de la publicité directe au consommateur. L'AMC croit qu'en général, la publicité propre à une marque constitue une façon de fournir de l'information sur les médicaments qui est loin d'être idéale; que les lois qui interdisent actuellement la publicité sur les médicaments d'ordonnance qui s'adresse directement aux consommateurs au Canada devraient demeurer en vigueur et qu'il faudrait les resserrer pour éliminer les échappatoires existantes. Les médecins et d'autres fournisseurs de soins de santé peuvent aussi jouer un rôle important en conseillant les patients et leur fournissant de l'information exacte sur les médicaments qu'ils prennent. L'AMC et l'Association des pharmaciens du Canada ont collaboré avec Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada (Rx&D) à la production d'une brochure intitulée "L'information est la meilleure prescription" qui présente aux consommateurs des conseils sur l'utilisation sécuritaire des médicaments et sur la façon d'avoir des contacts efficaces avec leur médecin ou leur pharmacien. Recommandation 11 L'AMC demande aux gouvernements de financer et de faciliter la production et la diffusion aux consommateurs d'information pratique, à jour et impartiale sur les médicaments d'ordonnance et la façon appropriée de les utiliser, et d'aider les médecins et les pharmaciens à diffuser cette information aux patients. Recommandation 12 L'AMC demande au gouvernement du Canada de continuer d'interdire la publicité directe au consommateur sur les médicaments d'ordonnance au Canada et de refermer les échappatoires qui permettent actuellement une promotion limitée des médicaments. Élément 6 : Recherche, surveillance et évaluation La mise au point de médicaments est un processus continu et l'évaluation des médicaments et de leur prescription devrait l'être aussi. Le Canada appuie déjà des activités de recherche dans ce domaine. Par exemple, Santé Canada finance le Service canadien de prescription et d'utilisation optimales des médicaments (SCPUOM), service pancanadien basé sur la collaboration et chargé de déterminer et de promouvoir la pharmacothérapie optimale. Le SCPUOM recueille et évalue les données probantes existantes et pertinentes et fournit des conseils, des outils et des stratégies pour mettre en œuvre la pharmacothérapie optimale et en appuyer l'adoption. Le SCPUOM a produit ou produit des recommandations factuelles portant sur la prescription des inhibiteurs de la pompe à protons et des médicaments servant à gérer le diabète. Le SCPUOM a établi des liens avec des fournisseurs d'EMC des milieux universitaires, ainsi qu'avec des groupes de formation continue en pharmacothérapie, qui utilisent de l'aide pour diffuser ses recommandations et ses documents. Le service gère aussi la base de données Rx for Change mentionnée plus tôt. Le gouvernement fédéral a établi récemment et financé un Réseau national sur l'innocuité et l'efficacité des médicaments. Ce réseau établira des liens entre les chercheurs pour aider à coordonner et à financer des recherches indépendantes portant sur les risques et les bienfaits des médicaments offerts sur le marché. Nous espérons que cela signifie que le Canada s'engagera à long terme à optimiser la pharmacothérapie. L'AMC est d'avis que le Canada devrait bâtir sur cette activité en encourageant la recherche continue portant sur les aspects suivants : - lignes directrices sur la prescription de médicaments et façons de déterminer quels médicaments sont les plus efficaces pour quelles maladies; - diffusion de l'information sur l'établissement d'ordonnances - interventions qui exercent l'influence la plus efficace sur la pratique; - effet des changements de l'établissement d'ordonnances sur les résultats pour la santé des patients et sur l'utilisation des services de santé; - innocuité et efficacité des médicaments, bâtissant sur ce qui existe actuellement (comme le système de déclaration des effets indésirables des médicaments de Santé Canada et la diffusion d'avis sur l'innocuité des médicaments) afin que l'information tirée de la surveillance postcommercialisation parvienne rapidement aux fournisseurs de soins de santé et aux patients et fasse partie de notre ensemble de connaissances. Comme la grande majorité des ordonnances au Canada sont rédigées par des médecins, il est essentiel que les milieux médicaux participent activement à l'évaluation des habitudes de prescription et à la diffusion et à l'application des résultats de recherche. Recommandation 13 L'AMC demande aux intervenants qui financent et produisent des recherches sur l'innocuité et l'efficacité des médicaments, des lignes directrices sur l'établissement d'ordonnances et des programmes visant à améliorer les habitudes en la matière de vraiment faire participer les médecins et les organisations médicales à cette activité. Conclusion Il est probable que la pharmacothérapie continuera de prendre de l'importance comme élément du soin des patients et deviendra plus complexe et, dans nombre de cas, plus coûteuse. C'est pourquoi nous nous attendons à ce que les professionnels de la santé et la population canadienne continuent d'avoir besoin d'information facile d'accès et à jour sur les médicaments d'ordonnance : disponibilité de nouveaux produits; résultats des études sur l'innocuité et l'efficacité; et conseils sur la façon de prescrire et de prendre ces médicaments afin de produire de meilleurs résultats pour la santé. Il est aussi probable que l'on continuera d'élaborer des systèmes d'établissement d'ordonnances électroniques, des formulaires et d'autres méthodes de surveillance qui auront des répercussions sur les habitudes de prescription des médecins. Afin de fournir efficacement de l'information sur l'établissement d'ordonnances basée sur des données probantes et d'encourager son intégration transparente dans la pratique clinique, le Canada a besoin d'une stratégie multidisciplinaire intégrée dans le cadre de laquelle les médecins et d'autres fournisseurs de soins de santé, les gouvernements, les patients, l'industrie et d'autres intervenants conjugueront leurs efforts pour encourager et appuyer l'établissement optimal d'ordonnances afin de produire les meilleurs résultats possibles pour la santé des Canadiens en utilisant les ressources de la façon la plus efficace possible. L'AMC est prête à se joindre à d'autres intervenants pour élaborer et appliquer une telle stratégie en espérant que tous les patients recevront un jour les médicaments d'ordonnance dont ils ont besoin quand ils en ont besoin. Annexe 1 Programme de premier cycle de base en thérapeutique à l'intention des prescripteurs Connaissances et compréhension de base Pharmacologie élémentaire Pharmacocinétique clinique Surveillance de la pharmacothérapie Effets indésirables des médicaments Interactions entre les médicaments Erreurs de médication Patients empoisonnés Ordonnances pour des patients ayant des besoins spéciaux (p. ex., personnes âgées, enfants, femmes en âge de procréer, femmes enceintes et femmes allaitantes, patients atteints de maladie rénale ou hépatique) Aspects légaux de la prescription de médicaments Mise au point de nouveaux médicaments Gestion de la médication Éthique de l'établissement d'ordonnances Médicaments d'usage courant Problèmes thérapeutiques courants Médecines complémentaires et parallèles Intégration des agents thérapeutiques dans la compréhension de la prise en charge des maladies Compétences de base Prise des antécédents médicamenteux Rédaction d'ordonnances Administration de médicaments Prescription de médicaments à des groupes spéciaux Prescription de médicaments visant à soulager la douleur et la détresse Effets indésirables des médicaments et interactions médicamenteuses Allergie aux médicaments Pharmacocinétique clinique Surveillance de la pharmacothérapie Analyse de nouvelles données probantes Obtention de renseignements objectifs exacts pour appuyer l'établissement d'ordonnances sécuritaires et efficaces Obtention du consentement éclairé au traitement Attitudes de base Approche rationnelle de l'établissement d'ordonnances et des agents thérapeutiques Analyse risques-avantages Reconnaissance des responsabilités du médecin comme membre de la communauté des prescripteurs Reconnaissance des limites personnelles du savoir Réagir à l'avenir SOURCE : Maxwell S, Walley T. Teaching safe and effective prescribing in UK medical schools: a core curriculum for tomorrow's doctors. Br J Clin Pharmacol 2003;55:496-503.100. Cité dans Innovating For Health: Patients, physicians, the pharmaceutical industry and the NHS. A report from the Royal College of Physicians (R.-U.). Février 2009. Références i Metge C, Sketris I. "Pharmaceutical Policy." Dans MacKinnon NJ, ed. Safe and Effective: the Eight Essential Elements of an Optimal Medication Use System. Association des pharmaciens du Canada, 2007. ii Institut canadien d'information sur la santé. Dépenses en médicaments au Canada, de 1985 à 2009. Publié en avril 2010. Disponible à https://secure.cihi.ca/estore/productFamily.htm?locale=en&pf=PFC1428&lang=en&media=0 . iii Wang E, Einarson T, Kellner J, Conly. Antibiotic prescribing for Canadian preschool children: evidence of overprescribing for viral respiratory infections. Clin Infect Dis. 1999; 29(1):155-60. iv Petrella R, Merikle E, Jones J. 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Le processus de nomination des médecins et de renouvellement de leur mandat (2016)

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique13564
Date
2016-12-03
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Ressources humaines du secteur de la santé
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Type de politique
Documents de politique
Date
2016-12-03
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Ressources humaines du secteur de la santé
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Depuis les années 1990, la plupart des provinces et territoires ont établi des régies régionales de santé (RRS) prévoyant des structures d'effectifs médicaux consolidées, et on a observé une tendance à exiger que tous les médecins exerçant dans une région, qu'ils détiennent ou non des privilèges hospitaliers, soient affiliés à la RRS pour pouvoir accéder aux ressources de santé comme l'imagerie diagnostique et les services de laboratoire. À la suite de la consolidation de la gouvernance du personnel médical, plusieurs développements des dix dernières années ont eu des répercussions sur l'endroit où les médecins peuvent exercer, sur leurs modes d'exercice et sur leur capacité de représenter librement leurs patients. En voici quelques exemples : * l'établissement de plans structurés de gestion des effectifs médicaux qui relient le processus de nomination à la capacité de participer au régime provincial ou territorial d'assurance médicale; * une plus grande insistance sur la gouvernance clinique, ce qui comprend une attention détaillée portée au champ d'exercice et aux privilèges; * une préoccupation croissante suscitée par la capacité des médecins de faire de la représentation au nom de leurs patients et de leur communauté; * une augmentation du nombre de médecins qui signent des contrats d'emploi ou des ententes contractuelles. L'Association médicale canadienne (AMC) émet les recommandations suivantes à l'intention des gouvernements, des organismes de réglementation, des RRS et des structures d'effectifs médicaux dans les RRS et les hôpitaux. Recommandations Là où les nominations de médecins doivent être approuvées en lien avec des plans de gestion des effectifs médicaux, l'AMC recommande que ces plans : * tiennent compte à la fois du besoin de la population et de l'offre projetée de médecins; * soient transparents dans la communication de renseignements sur les possibilités d'exercice et sur les critères et les processus d'approbation des candidatures; * reposent sur une méthodologie documentée, les résultats devant être publics; * reposent sur des projections à moyen terme fondées sur les données fiables les plus récentes accessibles, et soient régulièrement révisés et mis à jour. L'AMC recommande que l'application de modèles uniformes de reconnaissance des titres tienne compte de la qualité des soins fournis par le médecin et de la situation locale, notamment de l'accessibilité de ressources médicales et hospitalières locales complémentaires et de la proximité des soins secondaires et tertiaires. L'AMC appuie fermement la mise en œuvre de politiques visant à protéger les médecins qui craignent des représailles lorsqu'ils s'expriment à la défense de leurs patients et de leurs communautés, et à préserver le droit et l'obligation des médecins œuvrant en santé publique de s'adresser à la population. L'AMC appuie les modifications des lois provinciales et territoriales sur la santé publique qui visent à protéger le droit et le devoir des médecins œuvrant en santé publique de s'adresser à la population sans ingérence politique ou risque d'effets préjudiciables pour leur emploi. L'AMC croit que les règlements sur les effectifs médicaux devraient expressément assurer aux médecins sous contrat le droit aux protections procédurales établies par les règlements des hôpitaux et des régies de santé. L'AMC recommande que les processus de nomination, de renouvellement de mandat, d'octroi de privilèges et de répartition des ressources respectent les principes suivants : 1. Tous les processus devraient être justes, équitables, documentés et transparents et protéger la confidentialité. 2. Les critères de renouvellement devraient être clairement précisés dans les règlements sur les effectifs médicaux et ne devraient pas être plus onéreux que nécessaire pour garantir la prestation continue de soins de qualité par le personnel médical. 3. Les médecins nommés devraient être évalués régulièrement par le chef clinique compétent. 4. La qualité des soins qu'un médecin prodigue constitue le critère le plus important à prendre en compte au moment de la nomination, du renouvellement de mandat et de l'octroi de privilèges. 5. L'information nécessaire pour procéder à des nominations ou à des renouvellements, accorder des privilèges ou répartir des effectifs médicaux doit être exacte, valide et pertinente. 6. Les processus de nomination, de renouvellement, d'octroi de privilèges et de répartition des ressources doivent reconnaître les changements des tendances de la pratique qui peuvent survenir pendant le cycle d'une carrière médicale et en tenir compte. 7. Les médecins qui ont une pratique communautaire établie ont beaucoup investi dans leur cabinet et dans la communauté. Il faut tenir compte de cet investissement au moment d'un renouvellement ou d'une modification des privilèges. 8. Une recommandation non fondée visant à retirer une nomination, à restreindre les privilèges ou à réduire considérablement les ressources mises à la disposition d'un médecin doit s'accompagner d'une indemnisation appropriée fondée sur les circonstances du cas. 9. Le signalement de poursuites en justice ou de sanctions disciplinaires dans le cadre du processus de nomination ou de renouvellement devrait être limité aux affaires dans lesquelles une décision définitive a été rendue et où il y a eu une décision défavorable contre le médecin. Objectif La présente politique énonce les principes dont il faut tenir compte pour la nomination des médecins, le renouvellement de leur mandat, l'octroi de leurs privilèges et leur accès aux ressources au niveau de l'établissement, du district ou de la régie régionale de santé. Principales définitions Nomination : Processus par lequel un médecin se joint à l'effectif médical d'une région ou d'un établissement de santé afin d'avoir accès aux ressources nécessaires pour soigner les patients. Reconnaissance des titres : Démarche consistant à obtenir, vérifier et évaluer les titres et qualités d'un professionnel de la santé en fonction de critères uniformes aux fins de l'attribution du permis d'exercice ou de l'octroi de privilèges1. Privilèges : Permission accordée par une entité autorisée à un fournisseur de soins de santé de dispenser à des patients des soins d'une portée et d'une teneur précises. Les privilèges sont accordés après évaluation de la formation du fournisseur, de son expérience et de sa compétence en regard du service visé et sont propres à un contexte précis d'exercice1. Examen clinique par les pairs : Processus par lequel des pairs médecins évaluent mutuellement leur rendement. Un pair est un médecin possédant une expérience clinique pertinente dans un contexte de soins semblable et qui a aussi la compétence nécessaire pour contribuer à l'examen du rendement d'autres médecins2. Contexte Le processus structuré de nomination s'est toujours appliqué aux médecins désireux d'exercer dans des hôpitaux. À partir des années 1990, la plupart des provinces et territoires ont établi des RRS prévoyant des structures d'effectifs médicaux consolidées, et il y a eu une tendance à exiger que tous les médecins exerçant dans une région, qu'ils détiennent ou non des privilèges hospitaliers, soient affiliés à la RRS pour pouvoir accéder aux ressources de santé comme l'imagerie diagnostique et les services de laboratoire. Depuis 1997, lorsque l'AMC a adopté pour la première fois des principes à appliquer au processus de nomination des médecins et de renouvellement de leur mandat, il y a eu plusieurs développements : * l'établissement de plans structurés de gestion des effectifs médicaux qui relient le processus de nomination à la capacité de participer au régime provincial ou territorial d'assurance médicale; * une plus grande insistance sur la gouvernance clinique, ce qui comprend une attention détaillée portée au champ d'exercice et aux privilèges; * une préoccupation croissante suscitée par la capacité des médecins de faire de la représentation au nom de leurs patients et des communautés qu'ils servent; * une augmentation du nombre de médecins qui signent des contrats d'emploi ou des ententes contractuelles. Plans de gestion des effectifs médicaux (PGEM) : Le Nouveau-Brunswick a été la première province à exiger que les médecins se voient octroyer des privilèges par une RRS pour obtenir un numéro de facturation3. Plus récemment, des provinces comme la Nouvelle-Écosse (N.-É.) ont mis en place des PGEM à moyen et à long terme qui doivent être utilisés pour l'approbation des nouvelles nominations. En 2012, la N.-É. a dévoilé un PGEM pour 2012-2021, qu'elle a mis à jour depuis pour la période 2013-20224. En vertu des modalités du règlement sur le personnel médical de l'Administration de la santé de la Nouvelle-Écosse, le chef de la direction de la RRS ou son représentant désigné évalue les nouvelles demandes de nomination en fonction du besoin et de la disponibilité des ressources. L'évaluation doit être terminée dans les 60 jours suivants, et il n'y a pas de droit de révision ou d'appel de la décision du chef de la direction5. Le règlement du Manitoba sur les effectifs médicaux comporte une disposition semblable6. Bien que l'Ontario n'ait pas régionalisé sa structure autant que les autres provinces, un projet de loi propose de rendre les 14 Réseaux locaux d'intégration des services de santé (RLISS) responsables de la planification et de la gestion du rendement en ce qui concerne les soins primaires7. En outre, le projet de loi modifiera la Loi sur l'assurance-santé de façon à autoriser le ministre de la Santé à déléguer aux RLISS la rémunération des médecins autre qu'à l'acte. Recommandation Là où les nominations de médecins doivent être approuvées en lien avec des PGEM, l'AMC recommande que ces plans : * tiennent compte à la fois du besoin de la population et de l'offre projetée de médecins; * soient transparents dans la communication de renseignements sur les possibilités d'exercice et sur les critères et les processus d'approbation des candidatures; * reposent sur une méthodologie documentée, les résultats devant être publics; * reposent sur des projections à moyen terme fondées sur les données fiables les plus récentes accessibles, et soient régulièrement révisés et mis à jour. D'autres considérations de gestion des effectifs médicaux sont établies dans la politique complète de l'AMC sur les PGEM8. Gouvernance clinique : Depuis la fin des années 1990, on accorde beaucoup d'attention au concept de la gouvernance clinique, qui peut se définir comme l'ensemble des structures, des processus et de la culture nécessaires pour permettre à une organisation de soins de santé et à toutes les personnes qui en font partie de garantir la qualité des soins qu'ils fournissent et de chercher continuellement à l'améliorer. Au cours de la dernière décennie, plusieurs provinces ont procédé à des enquêtes pour élucider des problèmes de résultats en pathologie et en radiologie. En Colombie-Britannique (C.-B.), le président du Conseil de la qualité et de la sécurité des patients a examiné les titres de compétence en imagerie médicale et l'assurance-qualité et a produit un rapport en 2011. Dans son rapport final, le Dr Douglas Cochrane a formulé 35 recommandations préconisant une surveillance beaucoup plus rigoureuse et uniforme de l'exercice de la médecine dans la province9. Les recommandations visaient notamment : * la création d'une seule administration du personnel médical qui desservirait toutes les régies de la santé et les organisations affiliées; * l'élaboration de processus normalisés de nomination du personnel médical, de reconnaissance des titres et d'octroi des privilèges, y compris des définitions communes; * la mise en place d'un processus d'examen et d'évaluation du rendement s'appliquant à tous les médecins9. Le rapport Cochrane a mené à la création de la British Columbia Medical Quality Initiative (BC MQI). La BC MQI met en œuvre un système provincial en ligne d'octroi de privilèges et de reconnaissance des titres pour les praticiens (logiciel CACTUS) qui sera utilisé par toutes les RRS de la province pour gérer ces processus pour les médecins, les sages-femmes, les dentistes et les infirmières praticiennes10. La BC MQI a mis sur pied 62 dictionnaires d'octroi de privilèges que les directeurs médicaux et les chefs de service pourront utiliser avec leurs collègues durant les processus d'octroi de privilèges et de renouvellement de ceux-ci. Les dictionnaires recommandent l'expérience actuelle requise pour effectuer certaines tâches sous forme de nombres, le cas échéant, et recommandent aussi des critères de renouvellement des privilèges et de reprise de la pratique. Ces recommandations visent à tenir compte de l'expérience individuelle de la personne et du contexte local où elle travaille. Elles servent à entamer une conversation au besoin avec le chef de service, les collègues et d'autres personnes concernées. La Société de la médecine rurale du Canada (SMRC) a soulevé des préoccupations quant à l'incidence que pourrait avoir sur l'exercice en milieu rural la reconnaissance des titres fondée sur le volume. Par exemple, le dictionnaire pour les médecins de famille ayant des compétences avancées en chirurgie recommande, pour les césariennes, un volume d'au moins cinq accouchements par césarienne par année d'après une moyenne sur 24 mois11. La SMRC a émis des recommandations qui font valoir le besoin d'une évaluation par les pairs appropriée et la nécessité de tenir compte de la diversité géographique et de l'étendue du champ d'exercice, et a recommandé que la validation de la reconnaissance des titres soit fondée sur la qualité réelle des soins prodigués par le médecin et sur son acquisition d'une éducation médicale continue, et tienne compte de l'incidence des changements apportés à la prestation sur les résultats de santé dans la communauté12. D'autres administrations suivront probablement le programme CACTUS avec intérêt. Recommandation L'AMC recommande que l'application de modèles uniformes de reconnaissance des titres tienne compte de la qualité des soins fournis par le médecin et de la situation locale, notamment de l'accessibilité de ressources médicales et hospitalières locales complémentaires et de la proximité des soins secondaires et tertiaires. Représentation : La représentation est l'un des sept rôles fondamentaux de tout médecin établis par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada13 et le Collège des médecins de famille du Canada14. Ce rôle consiste pour les médecins à utiliser leur expertise et leur influence dans l'intérêt des patients, des communautés et des populations qu'ils servent. Il est arrivé plusieurs fois au cours de la dernière décennie que des médecins expriment des préoccupations au sujet de leur capacité de représentation ou fassent l'objet de mesures disciplinaires résultant vraisemblablement de leurs activités de représentation. À la suite d'une enquête effectuée par le Conseil de la qualité en santé de l'Alberta, l'Association médicale de l'Alberta, les Services de santé de l'Alberta et le Collège des médecins et des chirurgiens de l'Alberta ont adopté un énoncé de politique commun qui établit des lignes directrices pour la représentation par les médecins15. À Terre-Neuve-et-Labrador, la Régie de santé de l'Est exige de ses médecins qu'ils signent un serment de confidentialité et de protection des renseignements personnels. Ce serment reconnaît que, malgré les normes professionnelles que peuvent avoir les médecins sur la divulgation et la représentation en lien avec la sécurité des patients, ces questions doivent d'abord être abordées avec la Régie de santé de l'Est16. La politique de l'AMC sur l'évolution du lien professionnel entre les médecins et le système de santé énumère neuf facteurs dont les médecins doivent tenir compte avant d'entreprendre des initiatives de représentation17. Comme ils sont le plus souvent employés d'un gouvernement ou d'une administration publique et qu'ils doivent donner l'alerte en cas de risques pour la santé de la population, les médecins en santé publique risquent davantage de se voir imposer des sanctions disciplinaires pour leurs activités de représentation. Il y a eu, depuis 2000, deux cas très médiatisés de médecins du secteur de la santé publique qui ont été congédiés à cause de leurs activités de représentation. Jusqu'ici, seule la Colombie-Britannique a pris des dispositions législatives protégeant les administrateurs de la santé publique de l'ingérence politique et des conséquences négatives sur leur emploi. La Public Health Act de la province stipule que l'administrateur provincial de la santé publique a le devoir de donner des conseils sur les questions de santé publique provinciales, notamment de communiquer des renseignements à la population lorsqu'il croit que ce sera dans l'intérêt public. De même, les administrateurs de la santé publique infra-provinciaux doivent donner des conseils quant aux enjeux locaux de santé publique et en faire état publiquement après avoir consulté l'administrateur provincial de la santé publique. La législation de la C.-B. donne aussi aux administrateurs de la santé publique l'immunité contre les poursuites pour des gestes posés de bonne foi dans l'accomplissement de leurs devoirs et pour les signalements qu'ils sont tenus de faire. Elle les protège également des " actions défavorables ", soit celles qui peuvent influencer ou menacer les " intérêts personnels, financiers ou autres d'une personne, ou d'un membre de sa famille, d'une personne à sa charge, d'un ami, d'un contact professionnel ou d'une autre personne qui lui est étroitement associée " à la suite de l'accomplissement de leurs devoirs de bonne foi18. Recommandations L'AMC appuie fermement la mise en œuvre de politiques visant à protéger les médecins qui craignent des représailles lorsqu'ils s'expriment à la défense de leurs patients et de leurs communautés, et à préserver le droit et l'obligation des médecins œuvrant en santé publique de s'adresser à la population. L'AMC appuie les modifications des lois provinciales et territoriales sur la santé publique qui visent à protéger le droit et le devoir des médecins œuvrant en santé publique de s'adresser à la population sans ingérence politique ou risque d'effets préjudiciables pour leur emploi. Relations contractuelles ou d'emploi de plus en plus courantes : Le passage aux RRS, la consolidation du secteur hospitalier et le changement des modèles de prestation ont eu une incidence importante sur les relations entre les médecins et les hôpitaux. L'Association canadienne de protection médicale (ACPM) a relevé plusieurs sujets de préoccupation, notamment la représentation des patients, le signalement des médecins, la réponse aux événements indésirables, la collecte et l'utilisation de renseignements sur les médecins, les arrangements régissant la pratique et les dispositions en matière de responsabilité civile19. En particulier, l'ACPM a soulevé la tendance croissante dans certaines provinces à ce que les médecins soient embauchés à contrat plutôt que d'être des entrepreneurs indépendants nommés avec des privilèges20. Cette tendance est évidente chez les médecins d'établissement comme les hospitalistes, les adjoints cliniques et chirurgicaux et les médecins de laboratoire. L'ACPM a prévenu que les médecins sous contrat pourraient ne pas avoir les mêmes droits procéduraux lors de la résiliation de leur contrat que ceux dont les services sont retenus selon un modèle d'octroi de privilèges. Elle a d'ailleurs publié des conseils sur les questions à prendre en compte en matière de contrats individuels, sur l'étendue de l'aide de l'ACPM, les clauses d'indemnisation, les dispositions sur la responsabilité civile, la confidentialité, la résiliation du contrat, la résolution des différends et le droit applicable21. Recommandation L'AMC croit que les règlements sur les effectifs médicaux devraient expressément assurer aux médecins sous contrat le droit aux protections procédurales établies par les règlements des hôpitaux et des régies de santé. Principes Les médecins doivent jouer un rôle de leadership et participer activement à l'élaboration des processus de nomination et de renouvellement de mandat et autres processus connexes. Les membres de la communauté médicale doivent donc connaître les principes fondamentaux sur lesquels ces processus doivent être fondés. Une fois qu'un médecin a obtenu un permis d'exercice, le processus d'approbation de la nomination constitue la prochaine étape à franchir pour avoir la permission d'exercer la médecine dans un établissement, un district ou une région de santé. L'octroi de privilèges est l'étape suivante, par laquelle le médecin obtient le droit de poser des actes médicaux précis dans le milieu en question. La dernière étape est l'accès aux ressources nécessaires pour fournir les services médicaux appropriés aux patients. Les établissements, les districts et les régions de santé doivent avoir un comité médical doté d'une structure claire et chargé de s'occuper des nominations, des renouvellements de mandat et de l'octroi de privilèges afin que les médecins puissent contribuer à ces processus et aux démarches connexes. Ces processus doivent reposer sur un examen clinique par les pairs. Le temps, la formation et les ressources doivent être suffisants pour assurer l'uniformité des processus d'examen par les pairs. Les principes proposés ci-dessous s'appliquent à tous les processus suivants : la nomination et le renouvellement de mandat, l'octroi de privilèges et la répartition des ressources affectées aux établissements, aux districts ou aux régions de santé. Principes régissant les processus de nomination, de renouvellement de mandat, d'octroi de privilèges et de répartition des ressources 1. Tous les processus devraient être justes, équitables, documentés et transparents. Ils devraient aussi protéger la confidentialité, se dérouler dans des délais raisonnables et suivre les règles de la justice naturelle, qui donnent au moins au médecin le droit d'avoir un préavis et celui de se faire entendre devant un arbitre impartial, qui lui communiquera les motifs de la décision. Compte tenu de la nature des intérêts que représentent pour le médecin les processus de nomination et de renouvellement de mandat, et autres démarches connexes, les principes suivants devraient aussi valoir : * le droit de se faire entendre, en personne ou par un représentant, ou les deux; * le droit d'obtenir pleine et entière divulgation des renseignements dont tient compte le comité qui formule des recommandations sur la nomination, le renouvellement de mandat et l'octroi de privilèges; * le droit de présenter des preuves; * le droit d'obtenir une audience sans aucun préjugé, réel ou perçu; * le droit d'obtenir un compte rendu des délibérations; * le droit d'obtenir une décision dans un délai raisonnable; * le droit de recevoir les motifs écrits de la décision; * le droit d'avoir recours à un mécanisme d'appel devant une entité indépendante et impartiale autre que le conseil d'administration de l'établissement, du district ou de la région de santé. Il est important que tous les processus, y compris tout processus de révision, soient conformes aux principes de la justice naturelle. Ces processus devraient être incorporés aux règlements sur les effectifs médicaux qui régissent le fonctionnement de l'établissement, du district ou de la région de santé, et tous les médecins nommés devraient les connaître. 2. Les critères de renouvellement devraient être clairement précisés dans les règlements sur les effectifs médicaux et ne devraient pas être plus onéreux que nécessaire pour garantir la prestation continue de soins de qualité par le personnel médical. Les mandats du personnel médical durent généralement un an. Les critères de renouvellement varient d'une région à l'autre du pays. Il peut s'agir de la présentation de preuves de renouvellement du permis et de la couverture pour responsabilité professionnelle, en plus d'une évaluation approfondie du rendement (discrétionnaire ou obligatoire) et d'un rapport sur les activités de développement professionnel continu. 3. Les médecins nommés devraient être évalués régulièrement par le chef clinique compétent. L'évaluation devrait comporter un processus équitable et documenté ainsi que des critères explicites et convenus pour l'examen des titres et compétences du médecin et de la qualité des soins qu'il fournit. Si l'on démontre qu'il y a un comportement inacceptable ou s'il y a un problème de qualité des soins, il faut établir un programme correctif comportant des suivis réguliers pendant une période jugée appropriée par les pairs du médecin. Comme pour les autres emplois, l'objectif des évaluations régulières du rendement est d'améliorer le rendement du médecin. Les évaluations devraient donc être axées sur les occasions d'apprentissage et d'amélioration. Elles devraient comporter un processus normalisé d'examen par les pairs, en plus d'une auto-évaluation. Cette dernière comprendrait la reconnaissance des compétences actuelles satisfaisantes et l'identification de nouvelles compétences à acquérir. Dans certains cas, il y aura lieu d'apporter des correctifs, par exemple, s'il faut perfectionner des compétences, si les relations interpersonnelles et les communications sont inacceptables, et en cas de problème d'alcool ou de drogue. Les évaluations de médecins menées par les RRS devraient tenir compte des exigences déjà appliquées au médecin par son organisme de certification ou de réglementation professionnelle ou autre organisme de spécialité, afin d'éviter la duplication des efforts. Vu l'importance croissante des soins collaboratifs en équipe, on s'attend à ce que le bon fonctionnement des équipes et son incidence sur leur capacité globale à atteindre les exigences des services de santé et à offrir des soins de qualité deviennent de plus en plus pertinents. Les mécanismes de résolution de conflits, les champs d'exercice et les rôles et responsabilités partagés devront être pris en compte dans l'évaluation du rendement des individus et de l'équipe. 4. La qualité des soins qu'un médecin prodigue constitue le critère le plus important à prendre en compte au moment de la nomination, du renouvellement de mandat et de l'octroi de privilèges. On peut définir ainsi les soins de qualité : la prestation d'un service qui répond aux besoins du patient et satisfait aux normes établies par les entités reconnues de la profession, comme les organismes de réglementation et les sociétés cliniques nationales, notamment. Les éléments essentiels de la qualité comprennent la compétence, l'accessibilité, l'acceptabilité, l'efficacité, la pertinence, l'efficience, l'abordabilité et la sécurité. Le coût des soins d'un médecin ne doit pas être le premier critère envisagé dans les processus de nomination et de renouvellement et autres processus connexes. Les tendances de la pratique, qui entraînent des différences dans le coût des soins, diffèrent pour de nombreuses raisons, y compris la gravité de la maladie, la composition du groupe de patients et les choix de ces derniers. S'il existe un plan de gestion des effectifs médicaux pour la localité, la région ou le district, le besoin d'un bassin de compétences médicales particulières défini dans le plan est un critère important pour la nomination à des établissements ou le renouvellement de mandat dans le contexte du plan. Les médecins doivent participer à l'élaboration du plan, qui doit avoir l'appui des médecins de la localité, du district ou de la région. Si l'on implante un plan de pratique et de rémunération dans un établissement, un hôpital ou un centre universitaire des sciences de la santé, la participation à ce plan ne devrait pas constituer un critère de renouvellement. 5. L'information nécessaire pour procéder à des nominations ou à des renouvellements, accorder des privilèges ou répartir des effectifs médicaux doit être exacte, valide et pertinente. Elle devrait généralement se limiter à ce qui est raisonnablement nécessaire pour déterminer la capacité du médecin à offrir des soins en toute sûreté. La confidentialité des renseignements personnels du médecin ne devrait être enfreinte que s'il est déterminé qu'un problème médical ou un autre type d'invalidité pose un risque inacceptable pour les patients. Le processus de nomination ou de renouvellement doit tenir compte des titres et qualités du médecin, de ses compétences et de son savoir-faire et de la qualité des soins qu'il prodigue selon l'évaluation de ses pairs. Les données sur l'utilisation et les indicateurs connexes servent de plus en plus souvent de critères pour les nominations et les renouvellements. Les médecins doivent donc participer à l'élaboration de ces indicateurs, et toutes les parties doivent s'entendre sur le type et la qualité des données ou des indicateurs à utiliser. En outre, avant une nomination ou un renouvellement, les médecins doivent connaître les données ou les indicateurs qui serviront à les évaluer et les critères d'application des indicateurs en question. 6. Les processus de nomination, de renouvellement, d'octroi de privilèges et de répartition des ressources doivent reconnaître les changements des tendances de la pratique qui peuvent survenir pendant le cycle d'une carrière médicale et en tenir compte. Ces processus devraient être souples et raisonnables à l'égard d'autres questions comme les responsabilités relatives aux périodes de garde ou le temps nécessaire pour s'acquitter d'engagements liés à la recherche et à l'enseignement. Il importe de reconnaître que la pratique d'un médecin peut changer pendant sa carrière. Il se peut que l'intéressé(e) ne souhaite plus accepter de périodes de garde, veuille restreindre son champ d'exercice pour atteindre un niveau de compétence plus élevé dans un domaine particulier, ou encore veuille poursuivre des intérêts de recherche ou assumer des responsabilités dans le milieu universitaire. Il faut aussi tenir compte d'une grossesse, d'un congé parental et du désir de pratiquer à temps partiel. Les décideurs doivent considérer comme importants la qualité de la vie personnelle d'un médecin et ses autres besoins spéciaux, et en tenir compte. 7. Les médecins qui ont une pratique communautaire établie ont beaucoup investi dans leur cabinet et dans la communauté. Il faut tenir compte de cet investissement au moment d'un renouvellement ou d'une modification des privilèges. Un médecin établi peut risquer des pertes financières si son mandat n'est pas renouvelé ou si l'on recommande de modifier considérablement ses privilèges. Il faut tenir compte de cette possibilité au moment du renouvellement ou de la modification des privilèges. 8. Une recommandation non fondée visant à retirer une nomination, à restreindre les privilèges ou à réduire considérablement les ressources mises à la disposition d'un médecin doit s'accompagner d'une indemnisation appropriée fondée sur les circonstances du cas. Cette indemnisation comprend un dédommagement financier, des mesures de retour en formation, de l'aide au déménagement et du counseling au besoin. La recommandation devrait aussi prévoir un préavis suffisant et d'autres éléments liés d'équité procédurale. En général, les médecins ne sont pas les employés d'un établissement, d'un district ou d'une régie régionale de santé. Néanmoins, leur mobilité est souvent très réduite, et les possibilités de pratique sont souvent limitées tant à l'intérieur qu'à l'extérieur d'une province ou d'un territoire. L'âge peut aussi jouer sur la capacité de trouver un emploi ailleurs, tout particulièrement si la retraite approche pour l'intéressé(e). C'est pourquoi une interruption ou la fin de la carrière d'un médecin causée par l'annulation d'une nomination, une restriction de privilèges ou une réduction des ressources mises à sa disposition justifie une indemnisation appropriée et un préavis signifié en bonne et due forme, autant d'éléments conformes aux bonnes pratiques de gestion des ressources humaines. Il faut donner un préavis approprié aux médecins afin de réduire au minimum l'impact sur le soin des patients. Le délai raisonnable et approprié peut être de plusieurs mois dans certains cas et différera selon l'impact de la décision. Voici des exemples de décisions qui pourraient avoir un impact important sur les médecins : * fermeture temporaire ou permanente de salles d'opération ou d'autres installations; * réorientation stratégique de l'hôpital qui pourrait avoir un effet défavorable sur un service médical ou un département en particulier, comme la régionalisation des tests de laboratoire ou la centralisation provinciale d'un service spécialisé; * mise en œuvre d'une politique sur la retraite. 9. Le signalement de poursuites en justice ou de sanctions disciplinaires dans le cadre du processus de nomination ou de renouvellement devrait être limité aux affaires dans lesquelles une décision définitive a été rendue et où il y a eu une décision défavorable contre le médecin. Références 1 Agrément Canada. Normes Qmentum. Gouvernance. Ottawa, 2016. 2 Australian Commission on Safety and Quality in Healthcare. Review by peers: a guide for professional, clinical and administrative processes. Sydney, juillet 2010. Accessible ici (en anglais) : http://www.safetyandquality.gov.au/wp-content/uploads/2012/01/37358-Review-by-Peers.pdf (consulté le 2 mai 2016). 3 Ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick. Exigences d'inscription. Fredericton, 2016. Accessible ici : http://www.gnb.ca/0394/prw/RegistrationRequirements-f.asp (consulté le 2 mai 2016). 4 Ministère de la Santé et du Bien-être de la Nouvelle-Écosse. Shaping our Physician Workforce. Updates. Halifax, 2016. Accessible ici (en anglais) : http://novascotia.ca/dhw/shapingPhysicianWorkforce/updates.asp (consulté le 2 mai 2016). 5 Province de la Nouvelle-Écosse. Nova Scotia Health Authority Medical Staff Bylaws. Halifax, avril 2015. Accessible ici (en anglais) : https://www.novascotia.ca/just/regulations/regs/hamedstaff.htm (consulté le 2 mai 2016). 6 Office régional de la santé de Winnipeg. WRHA Board By-Law No. 3 - Medical Staff. Winnipeg, mars 2014. Accessible ici (en anglais) : http://www.wrha.mb.ca/extranet/medicalstaff/files/MedByLaw.pdf (consulté le 2 mai 2016). 7 Projet de loi 41. Loi modifiant diverses lois dans l'intérêt des soins axés sur les patients. 2e session, 41e législature, Ontario, 2016. Accessible ici : http://www.ontla.on.ca/bills/bills-files/41_Parliament/Session2/b041.pdf (consulté le 7 novembre 2016). 8 Association médicale canadienne. La planification des effectifs médicaux (Mise à jour 2015). Ottawa, 2015. Accessible ici : http://policybase.cma.ca/dbtw-wpd/Policypdf/PD15-07F.pdf (consulté le 2 mai 2016). 9 Cochrane, D. D. Investigation into medical imaging, credentialing and quality assurance. Phase 2 report. Vancouver : BC Patient Safety and Quality Council, août 2011. 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L'avenir de la médecine

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique209
Dernière révision
2017-03-04
Date
2000-08-12
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Éthique et professionnalisme médical
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Dernière révision
2017-03-04
Date
2000-08-12
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Éthique et professionnalisme médical
Text
L’avenir de la médecine En 1997, l’Association médicale canadienne (AMC) a entrepris une étude sur l’avenir de la médecine, orientée par deux prémisses : (1) le rythme du changement de l’exercice de la médecine que les médecins ont connu pendant le dernier quart du XXe siècle accélérera inévitablement au cours du XXIe siècle; (2) il est essentiel que la profession médicale se positionne de façon à orienter l’évolution future de l’exercice de la médecine. Afin de préparer la profession à prévoir les défis de demain et à les relever, l’AMC a lancé un exercice de planification à moyen et à long termes (5 à 20 ans). Le présent énoncé de politique résume les résultats du premier volet de l’exercice : les définitions de travail de la santé, des soins de santé et de la médecine; une vision de l’avenir de la profession médicale; et les répercussions de cette vision sur les rôles des médecins. Le travail a été réalisé par un groupe consultatif de projet constitué d’experts qui a produit des documents d’information sur ces sujets et préparé le présent énoncé que nous soumettons à l’approbation du Conseil d’administration de l’AMC. Définitions Santé : état de bien-être physique, psychologique et émotionnel caractérisé en partie par l’absence de souffrance (expérience subjective) ou de maladie (anomalie pathologie) qui permet à une personne de chercher à atteindre ses principaux buts dans la vie et de fonctionner dans des contextes personnel, social et professionnel. Soins de santé : activité qui vise avant tout à améliorer, maintenir ou appuyer le mieux-être physique, psychologique et émotionnel caractérisé par l’absence de souffrance et de maladie. Médecine : à la fois un art et une science. Elle repose sur un ensemble de connaissances, de compétences spécialisées et de pratiques qui portent sur la santé et la pathologie des êtres humains. L’exercice de la médecine englobe les activités de soins de santé exécutées par des médecins, ou sous leur direction, au service des patients, et comprennent la promotion de la santé, la prévention des maladies, le diagnostic, le traitement, la réadaptation, les mesures palliatives, l’éducation et la recherche. Une vision de l’avenir de la profession médicale La médecine demeurera une profession vouée au service de l’humanité. Elle continuera de reposer sur les relations de confiance entre le patient et le médecin. Elle maintiendra avec intégrité les valeurs que constituent le respect de la personne, la compassion, la bienveillance et la justice. Elle tendra vers l’excellence et intégrera le progrès dans son art et sa science. Elle maintiendra des normes élevées d’éthique, de pratique clinique, d’éducation et de recherche afin de servir les patients. Elle encouragera l’apparition de communautés en bonne santé et de pratiques et de politiques de promotion du bien-être de la population. Elle démontrera sa capacité d’assumer sa responsabilité sociétale par l’autoréglementation et l’imputabilité. Elle participera activement à la prise des décisions qui portent sur les soins de santé et les politiques en la matière. Elle protégera son autonomie contre les forces et les événements qui peuvent compromettre son engagement primordial envers le mieux-être des patients. Le rôle des médecins de demain1 Même si la vision et les valeurs de la médecine persistent et demeureront stables, le contexte de l’exercice de la profession pour les médecins changera à mesure que la profession médicale réagira aux influences du système de santé et de la société. Ces changements auront en retour des répercussions sur les rôles des médecins. Le rôle traditionnel du médecin a toujours été celui d’expert en médecine et de guérisseur. Ce rôle a consisté à diagnostiquer et à traiter des maladies et d’autres formes de souffrance, à réconforter ceux qu’il est impossible de guérir et à prévenir la maladie en conseillant les patients et prenant des mesures de santé publique. Même si ce rôle demeurera au cœur de l’exercice de la profession, l’évolution du contexte des soins de santé oblige les médecins à prendre en charge d’autres rôles pour appuyer leur rôle principal. L’AMC propose les rôles suivants comme éléments essentiels de la pratique future de la médecine (voir les liens entre eux à la figure 1). Même si aucun médecin ne jouera tous les rôles simultanément, les médecins devraient tous avoir les compétences fondamentales nécessaires pour participer aux activités de chacun d’entre eux. Expert en médecine et guérisseur : Les médecins ont toujours été reconnus pour leur rôle d’expert en médecine et de guérisseur : c’est la caractéristique qui définit leur pratique et émane de la vaste assise de savoir sur laquelle repose la médecine, et de son application par l’art conjugué à la science. Le leadership continu des médecins dans la prestation des soins médicaux et des soins de santé de demain repose sur cette compétence spécialisée en médecine. Professionnel : Il faut redoubler d’efforts pour réaffirmer les principes de la profession médicale, et notamment maintenir son savoir et ses connaissances spécialisées sans pareils, maintenir des niveaux élevés de pratique, ainsi qu’un engagement envers les valeurs sous-jacentes que sont la bienveillance, les services et la compassion. La profession médicale de demain doit continuer à établir des normes de soins comportant des possibilités d’évaluation continue de la compétence afin de demeurer une discipline autoréglementée crédible qui mérite le respect et la confiance de la population. Communicateur : On insistera de plus en plus sur la capacité de réunir et de diffuser des renseignements médicaux de façon compatissante et bienveillante, d’établir un partenariat avec les patients lorsqu’on prépare des protocoles de traitement et de fournir des renseignements importants sous forme de conseils et d’activités de promotion de la santé. Comme toujours, la relation patient–médecin demeurera primordiale avec les caractéristiques essentielles que sont la compassion, la confidentialité, l’honnêteté et le respect. Savant : L’érudition sous-entend la création de savoir nouveau (recherche), son application uniforme (pratique clinique) et son transfert à des tiers (éducation). C’est ce lien solide avec la science médicale et la volonté des médecins d’adopter le caractère savant de l’exercice de la profession que l’on relie étroitement à leurs rôles de professionnel et d’expert en médecine. Collaborateur : Des équipes interdisciplinaires fourniront de plus en plus de services de santé dans tout le continuum des soins, depuis les activités de promotion de la santé jusqu’à la prestation de soins palliatifs, en passant par la prise en charge de maladies graves et même mortelles. Comme collaborateurs, les médecins doivent reconnaître les fonctions essentielles d’autres professionnels de la santé et respecter leur contribution unique à la prestation de soins de santé axés sur le patient. Défenseur : À mesure qu’augmenteront la complexité du secteur de la santé et son interdépendance à l’égard d’autres secteurs de la santé, il sera essentiel que les médecins jouent un rôle plus important de défenseur de la santé. Les activités de défense pourront porter sur la promotion de la santé de l’individu et de la famille dans le contexte de la pratique, et aussi sur la promotion d’une amélioration de l’état de santé à l’échelon communautaire plus général. Gestionnaire : Pour dispenser des soins de qualité, les médecins de demain devront gérer efficacement les ressources à l’échelon de la pratique individuelle, à celui de l’établissement de santé et dans le contexte du système global de soins de santé. Pour s’acquitter de ces rôles et participer à la communauté en tant que membres à part entière de la société, les médecins doivent mener une vie équilibrée. Les médecins peuvent parfois être déchirés entre ces rôles. Le Code de déontologie de l’AMC leur indique les principes fondamentaux de l’éthique professionnelle à suivre face à de tels conflits. Conclusion L’AMC a élaboré cette vision de l’avenir de la médecine et des rôles des médecins de demain afin d’aider chaque médecin et organisation médicale à prévoir les défis des 20 prochaines années et à se préparer à les relever. La vision présente à la profession les critères d’évaluation des changements proposés de l’exercice de la profession et réaffirme les valeurs fondamentales de la médecine qu’il faut maintenir dans tout nouveau système qui fera son apparition. L’AMC invite d’autres organisations, médicales ou non, à formuler leurs commentaires au sujet de cet énoncé de politique et de ses répercussions sur la santé et les soins de santé. L’AMC se réjouit des possibilités de dialoguer avec d’autres intervenants sur les façons possibles d’améliorer le système de santé pour le bénéfice des patients de demain et de la société en général. 1La section est redevable aux travaux du projet Formation des futurs médecins de l’Ontario (FFMO) qui a reçu l’appui du groupe Associated Medical Services, des facultés de médecine de l’Ontario et du ministère de la Santé de l’Ontario, ainsi que du Projet canadien d’éducation des médecins spécialistes (ProMEDs 2000) du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.
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Le rôle des médecins dans le dépistage et le traitement du jeu pathologique (Mise à jour 2005)

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique1934
Dernière révision
2017-03-04
Date
2005-12-03
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
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Type de politique
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Dernière révision
2017-03-04
Date
2005-12-03
Remplace
Déclaration sur le rôle des médecins dans le dépistage du jeu pathologique et l'appui au traitement de ce trouble (2003)
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Le rôle des médecins dans le dépistage et le traitement du jeu pathologique Mise à jour de novembre 2005 Le jeu est une activité courante dans notre société. Dans un faible pourcentage de cas, le jeu peut cependant devenir pathologique et avoir des répercussions négatives sur le mieux-être non seulement des joueurs, mais aussi de leur famille et de leur milieu de travail. Ce trouble est décrit dans le "Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux", quatrième édition (DSM IV), et les médecins le reconnaissent comme une maladie. Les médecins ont un rôle à jouer dans l'identification des comportements pathologiques face au jeu et doivent connaître les ressources qui existent pour traiter et appuyer les joueurs pathologiques et les membres de leur famille. Pour aider les médecins à jouer ce rôle, l'AMC formule les recommandations qui suivent. * L'AMC appuie l'instauration, dans les programmes du tronc commun, d'éléments portant sur les troubles du jeu pathologique, pour le premier cycle, les études postdoctorales et les programmes d'EMC. Ces programmes pourraient comporter des volets interprofessionnels ou interdisciplinaires et être élaborés en collaboration avec d'autres professionnels de la santé. * L'AMC appuie la création et la diffusion de ressources permettant aux médecins actifs de dépister les problèmes de jeu pathologique chez leurs patients et de leur offrir un traitement adéquat. * Les gouvernements devraient assurer la disponibilité en temps opportun de services de traitement de qualité appropriés à l'âge, à la culture et aux antécédents des divers groupes de clients. * L'AMC favorise la recherche sur le jeu pathologique, ce qui pourrait comprendre : - cerner les causes biologiques du jeu; - déterminer les interventions les plus susceptibles de réduire la prévalence du jeu pathologique; - mesurer les retombées sociales et économiques du jeu sur les personnes et les collectivités; - dissiper les mythes entourant le jeu pathologique. * Les gouvernement et autres intervenants devraient travailler ensemble à mettre en place des stratégies pédagogiques et politiques visant à réduire la prévalence du je pathologique, ce qui pourrait comprendre : - l'instauration de programmes de prévention du jeu pathologique dans les écoles primaires; - la limitation du nombre d'établissements de jeu, en particulier les appareils de loterie vidéo et les casinos; - l'imposition d'une limite d'âge pour l'accès aux appareils de loterie vidéo, de façon à en interdire l'accès aux enfants et aux adolescents; - la promotion de méthodes de jeu à faible risque pour la prévention primaire et la réduction des préjudices, par exemple jouer seulement lorsque le montant des pertes est limité d'avance et ne pas jouer seul.
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ENSEMBLE DES TROUBLES CAUSÉS PAR L'ALCOOLISATION FŒTALE (MISE À JOUR 2009)

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique9489
Dernière révision
2017-03-04
Date
2009-05-31
Thèmes
Soin de santé et sécurité des patients
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Type de politique
Documents de politique
Dernière révision
2017-03-04
Date
2009-05-31
Remplace
Le syndrome d'alcoolisme foetal (Mise à jour 2000)
Thèmes
Soin de santé et sécurité des patients
Text
ENSEMBLE DES TROUBLES CAUSÉS PAR L'ALCOOLISATION FŒTALE (MISE À JOUR 2009) L'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (ETCAF) (syndrome d'alcoolisation fœtale) est une des principales causes de malformations congénitales et de handicaps du développement liés à l'environnement en Amérique du Nord. L'Association médicale canadienne (AMC) juge que le choix prudent pour les femmes qui sont enceintes ou pourraient le devenir consiste à s'abstenir de consommer de l'alcool, et elle encourage leur partenaire à les appuyer dans ce choix. L'AMC exhorte les gouvernements du Canada à légiférer pour exiger que les boissons alcoolisées vendues au Canada portent un avertissement au sujet des dangers que présente la consommation d'alcool au cours de la grossesse. L'AMC demande au gouvernement fédéral d'étudier le rôle que joue la publicité dans la promotion de la consommation de boissons alcoolisées et de revoir les politiques et les règlements en vigueur dans ce domaine. L'expression "ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (ETCAF)" est couramment utilisée pour décrire l'éventail des incapacités et des diagnostics découlant de la consommation d'alcool au cours de la grossesse. On estime que plus de 3000 bébés atteints de l'ETCAF naissent au Canada chaque année. Les personnes qui vivent avec l'ETCAF ont des problèmes de santé qui vont de bénins à très graves. Elles peuvent avoir des retards du développement, des problèmes intellectuels et des problèmes d'adaptation sociale comme les suivants : * anomalies du squelette comme des malformations du visage; * incapacités physiques comme des problèmes de reins et d'autres organes internes; * dépression ou trouble obsessif-compulsif; * difficulté à comprendre les conséquences de leurs actes. Ces incapacités sont permanentes et les personnes qui en sont atteintes peuvent avoir besoin d'aide durant toute leur vie. À cause des habitudes de consommation d'alcool des adolescents et des possibilités de consommation d'alcool chez les femmes en âge de procréer, le système de santé doit s'attaquer activement à la prévention de l'ETCAF. La consommation d'alcool peut aussi jouer un rôle important dans les grossesses imprévues et l'insuffisance des soins prénataux et postnataux. L'AMC appuie fermement toutes les activités qui encouragent la population canadienne à modérer sa consommation d'alcool. L'Association encourage le public à être conscient des enjeux reliés à la consommation d'alcool, et en particulier de ses effets indésirables sur le fœtus. Souhaitant continuer d'appuyer la réduction de la consommation d'alcool, l'AMC exhorte les gouvernements du Canada à légiférer pour exiger que les boissons alcoolisées vendues au Canada portent un avertissement au sujet des dangers que présente la consommation d'alcool au cours de la grossesse1. Les agences compétentes devraient adopter des règlements ou des politiques afin de veiller à ce que des avertissements sur les réactions indésirables entre l'alcool et à la fois les médicaments d'ordonnance et les médicaments en vente libre soient affichés en évidence ou distribués partout où l'on vend ou distribue de l'alcool et des médicaments2. L'AMC demande aussi au gouvernement fédéral d'étudier le rôle que joue la publicité dans la promotion de la consommation de boissons alcoolisées et de revoir les politiques et les règlements en vigueur dans ce domaine. Il est possible de prévenir les effets néfastes de la consommation d'alcool par les femmes enceintes. L'AMC juge que le choix prudent pour les femmes qui sont enceintes ou pourraient le devenir consiste à s'abstenir de consommer de l'alcool, et encourage leur partenaire à les appuyer dans ce choix. Les médecins doivent utiliser les méthodes appropriées pour dépister la consommation d'alcool chez leurs patients. Les médecins peuvent agir en chefs de file en éduquant et en conseillant les femmes, leur conjoint et les membres de leur famille au sujet des dangers que représente l'alcool pour le fœtus. L'AMC recommande aussi que les services de traitement de l'alcoolisme et des toxicomanies donnent priorité aux besoins des femmes enceintes qui recherchent de l'aide. 1 Résolution 91-28 du Conseil général. 2 Résolution 87-31 du Conseil général.
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Vers le respect de l'environnement dans le secteur de la santé au Canada - Énoncé de position commun

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique9580
Dernière révision
2017-03-04
Date
2009-05-31
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Dernière révision
2017-03-04
Date
2009-05-31
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
La santé, les soins de santé et l'environnement sont liés inextricablement. Les contaminants environnementaux ont été associés à divers problèmes de santé (notamment des cancers, des malformations congénitales, des maladies respiratoires et cardiovasculaires et des troubles gastro-intestinaux) et à des décès, et ils poussent à la hausse la demande pour tout un éventail de services de soins de santé. Le secteur de la santé constitue un élément important de l'économie canadienne, car il compte pour environ 10 % du produit intérieur brut (PIB). C'est un secteur qui utilise beaucoup d'énergie, qui consomme d'importantes quantités de plastiques, de papier et d'autres ressources et qui produit beaucoup de déchets solides, liquides et gazeux. L'amélioration des technologies des soins de santé et une sensibilisation croissante aux pratiques respectueuses de l'environnement offrent des possibilités accrues de réduire l'empreinte environnementale du secteur de la santé. Il y a manifestement d'importantes raisons sanitaires, financières et éthiques d'adopter de telles pratiques dans le secteur de la santé, mais de nombreux défis se posent, notamment financiers, techniques et administratifs. Vision Nous voyons le secteur de la santé comme un chef de file de l'intégration des pratiques respectueuses de l'environnement dans la prestation des soins. Nous le voyons aussi comme un promoteur du partage de l'information sur les pratiques exemplaires qui encourage la population et les organisations du pays à limiter leur empreinte environnementale. Dans un secteur de la santé écologique, la minimisation de l'impact négatif sur l'environnement constituerait une priorité pour les personnes et les organisations dans leurs activités quotidiennes et à tous les niveaux de la prise de décision. Une approche fondée sur la collaboration Pour réaliser notre vision, il faut collaborer pour fournir des soins de santé respectueux de l'environnement. Par exemple1 : Une infrastructure de la santé plus écologique * Appuyer les investissements de mise à niveau des installations pour les rendre plus efficientes et capables d'utiliser des technologies plus propres et de se conformer à de nouvelles normes environnementales d'efficacité énergétique et de gestion de l'eau et des déchets. Pratiques exemplaires * Informer le personnel et la population des liens entre la santé et l'environnement et de l'impact sur la santé de la dégradation de l'environnement, et aider à élaborer, diffuser et mettre en œuvre des connaissances et de meilleures pratiques. * Appuyer et encourager la recherche sur la santé et l'environnement et sur les pratiques respectueuses de l'environnement dans divers milieux de soins de santé. * Adopter des techniques et des produits de conservation d'énergie. * Demander aux fournisseurs de produits de soins de santé de pratiquer l'emballage rationnalisé et d'autres mesures respectueuses de l'environnement. * Promouvoir des substituts plus sécuritaires afin de réduire l'exposition aux substances toxiques. * Réduire les déchets en réutilisant et en recyclant dans la mesure du possible. * Pratiquer l'élimination sécuritaire des déchets biomédicaux et infectieux, des médicaments périmés, des plastiques et polyvinyles, du mercure et d'autres substances toxiques. * Mettre sur pied des "équipes vertes" afin d'appuyer des pratiques de gestion écologique. Nous reconnaissons que nos efforts d'écologisation du secteur de la santé doivent s'inscrire dans le contexte général des interventions sociétales et globales d'amélioration de l'environnement. Le secteur de la santé fait sa part en aidant les Canadiens à trouver des façons respectueuses de l'environnement de se livrer à leurs activités quotidiennes et en contribuant à la gestion des enjeux globaux de l'environnement comme les émissions de gaz à effet de serre et l'élimination des déchets toxiques. Appels à l'action Nous demandons aux gouvernements et aux décideurs à tous les paliers de comprendre les liens entre la santé et l'environnement et d'en tenir compte dans leur décisions stratégiques par des mesures législatives et budgétaires. Nous demandons aux organisations de soins de santé de s'engager à minimiser l'impact négatif de leurs activités sur l'environnement et à chercher des solutions aux obstacles existants. Nous demandons aux personnes qui œuvrent dans le secteur de la santé de servir d'exemples de respect de l'environnement et de préconiser ce respect dans la prestation de soins de santé sans compromettre la sécurité et le soin des patients. Association canadienne de santé publique Association canadienne des institutions de santé universitaires Association canadienne des soins de santé Association dentaire canadienne Association des infirmières et infirmiers du Canada Association des pharmaciens du Canada Association médicale canadienne Coalition canadienne pour un système de santé écologique Collège canadien des directeurs de services de santé Fondation David Suzuki Produit par un groupe de travail des organisations ci-dessus 1 Association des infirmières et infirmiers du Canada et Association médicale canadienne. Le respect de l'environnement dans le secteur de la santé - Énoncé de position commun de l'AIIC et de l'AMC. Ottawa. 2009.
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Politique organisationnelle de l'AMC sur la protection, la collecte, l'utilisation et la divulgation de renseignements personnels (Mise à jour 2012)

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique10633
Dernière révision
2017-03-04
Date
2012-10-20
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Dernière révision
2017-03-04
Date
2012-10-20
Remplace
Politique organisationnelle de l'AMC sur la protection, la collecte, l'utilisation et la divulgation de renseignements personnels (Mise à jour 2007)
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
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Politique organisationnelle de l'AMC sur la protection, la collecte, l'utilisation et la divulgation de renseignements personnels (Mise à jour 2012) Pourquoi adopter une politique organisationnelle sur la protection des renseignements personnels? L'AMC a toujours respecté la confidentialité de vos renseignements personnels et pris des mesures pour les protéger. L'AMC a adopté cette politique organisationnelle sur la protection des renseignements personnels afin de consigner par écrit ses pratiques en vigueur et de se conformer aux exigences législatives qui obligent les organisations à avoir des politiques écrites sur la protection des renseignements personnels. Nous nous sommes inspirés des 10 principes du Code type de l'Association canadienne de normalisation, qui a été incorporé à la législation fédérale, pour formuler cette politique. La présente politique sur la protection des renseignements personnels s'applique à tous les renseignements personnels, à l'exclusion des renseignements des employés de l'AMC et des renseignements publics qui ont été et seront recueillis, utilisés et divulgués par l'AMC. L'AMC a une politique distincte mais conforme sur les renseignements personnels en ligne pour son site web www.amc.ca. Ce que nous entendons par " renseignements personnels " Dans toute la présente politique, il est question de " renseignements personnels " et il importe dès le départ d'en préciser la signification. Nous entendons par " renseignements personnels " des renseignements qui révèlent une caractéristique distinctive à votre sujet et aident des tiers à vous identifier. On peut trouver certains renseignements personnels, comme votre adresse d'affaires, dans des documents publics comme des annuaires téléphoniques ou des répertoires de professions. La présente politique vise avant tout les renseignements personnels NON publics recueillis, utilisés et divulgués par l'AMC. Types de renseignements personnels que recueille et utilise l'AMC L'AMC recueille et utilise surtout des renseignements personnels sur ses membres. Elle détient aussi des renseignements personnels sur des personnes qui achètent ses produits et services, participent à des activités et des séminaires parrainés par elle et lui soumettent des manuscrits pour publication. L'AMC affecte un identificateur personnel appelé " numéro d'identification de l'AMC " à chaque membre ou acheteur d'un produit ou service de l'Association afin de vous permettre d'utiliser ce numéro lorsque vous communiquez avec l'AMC, que vous commandez ses produits ou ses publications ou que vous vous inscrivez sur le site web amc.ca. L'AMC recueille des renseignements personnels directement des personnes en cause ou les reçoit d'une de ses associations médicales provinciales ou territoriales (AMPT) ou encore de son groupe de filiales, notamment notre principale sociétés de services financiers, Services aux médecins MD inc. Par exemple : - Si vous êtes membre de l'AMC, vous avez peut-être fourni sur un formulaire de demande, ou vous fournirez à l'AMC, à une AMPT ou à une filiales de l'AMC, des renseignements personnels comme votre adresse à domicile, votre date de naissance et votre sexe. Si vous êtes à la fois client d'une ou de plusieurs des filiales de l'AMC et membre de l'AMC, votre statut de client, mais non les détails de vos renseignements financiers, sera connu de l'AMC. Un nombre restreint et contrôlé d'employés de l'AMC, qui reçoivent tous une formation avancée en protection des renseignements personnels et signent des engagements de confidentialité particuliers, auront accès à de l'information plus détaillée de SMMD, notamment à la fréquence des réunions au sujet de votre statut de client MD (mais ici encore, non à des détails particuliers de transactions financières), aux fins d'analyse statistique. - Si vous avez participé à un événement organisé par l'entremise du Service des conférences et voyages de l'AMC, vous avez pu nous fournir des données sur vos cartes de crédit, ainsi que des renseignements au sujet de certaines préférences sur le plan des voyages et de certaines allergies alimentaires. - Si vous avez acheté un produit de l'AMC (par ex., une annonce classée) ou participé à un séminaire de l'AMC (p. ex., Institut de gestion médicale), vous nous avez fourni des renseignements personnels pour que nous puissions vous contacter, comme vos nom et adresse. Nous avons peut-être recueilli aussi des renseignements sur votre carte de crédit si vous avez décidé de payer par ce moyen le produit ou le service en cause. - Si vous avez soumis un manuscrit pour publication dans un journal de l'AMC, vous nous avez fourni des renseignements pour communiquer avec vous, une divulgation financière, des données sur des intérêts concurrents et le manuscrit même. Pourquoi l'AMC recueille et utilise des renseignements personnels? L'AMC recueillera et utilisera seulement les renseignements personnel dont elle a besoin pour les fins suivantes ou dans un but conforme à ces fins : 1.déterminer si une personne a le droit d'être membre de l'AMC ou de contribuer éventuellement à une publication de l'AMC; 2.déterminer si une personne a le droit de bénéficier des services d'une filiale de l'AMC ou de ses fournisseurs tiers privilégiés; 3.fournir et diffuser de l'information sur les avantages et les services aux membres de l'AMC (p. ex., distribution de publications, réservations de voyage, services financiers, représentation); 4.mettre au point et commercialiser des produits et des services personnalisés en fonction des intérêts des membres de l'AMC et des acheteurs de ces produits et services; 5.mettre à jour les renseignements sur les contacts dans la base de données de l'AMC; 6.aider les AMPT et les filiales de l'AMC à tenir à jour leurs renseignements sur leurs membres et les contacts avec leurs clients; 7.permettre à des personnes de bénéficier de l'appui qu'elles accordent à la Fondation médicale canadienne qui fournit aux membres de l'AMC et à d'autres personnes des programmes et des services d'éducation précieux; 8.effectuer des sondages et des études auprès des médecins afin d'analyser, pour des statistiques et des recherches, des enjeux comme les caractéristiques démographiques des effectifs médicaux; 9.faire participer les membres et les médecins au processus d'élaboration de politiques de l'AMC; 10.diffuser des messages d'alerte urgents et d'importance nationale. Quand et à qui l'AMC divulgue des renseignements personnels? L'AMC ne vend pas de renseignements personnels. Elle ne divulgue vos renseignements personnels à une organisation que pour une raison décrite dans la présente politique, sauf si nous obtenons votre consentement explicite dans le cas d'une nouvelle raison. Par exemple, une des raisons indiquées ci-dessus consiste à tenir à jour les renseignements sur les membres et les contacts avec les clients. L'AMC et ses filiales partagent un ensemble commun de données de base aux fins de la mise à jour des adresses des membres et pour confirmer leur statut de membre. Outre un ensemble de champs de données de base aux fins de mise à jour des adresse et de confirmation du statut de membre, l'AMC partage avec sa filiale en propriété exclusive, SMMD, de l'information au sujet de la participation d'un membre aux activités de l'AMC et aux produits tels que les événements de l'Institut de gestion médicale. SMMD, le fournisseur de produits et services de l'AMC le mieux coté, cherche à mieux comprendre et évaluer les relations et les interactions des médecins avec l'AMC. La connaissance de la participation d'un individu aux événements et activités de l'AMC permet de brosser ce tableau complet ou " intégré ". Si un membre de l'AMC s'oppose à ce partage, une note sera inscrite dans la base de données. Si vous êtes à la fois membre de l'AMC et client d'une filiale de l'AMC et que vous nous communiquez un changement d'adresse, ces renseignements, avec votre permission, seront modifiés pour les deux organisations. L'AMC pourrait aussi divulguer des renseignements personnels à des tiers, des organisations ou des entreprises qui ne sont pas des divisions ou des sociétés affiliées de l'AMC si les organisations en question ont passé avec l'AMC des contrats ou conclu des partenariats pour nous aider à fournir des produits et des services ou à faire de la recherche. L'AMC pourrait, par exemple, impartir la liste d'envois d'une de ses publications ou travailler en collaboration avec le Système informatisé sur les stagiaires post-MD en formation clinique (CAPER). Nous pourrions, dans certaines circonstances, conclure un contrat avec un tiers fournisseur de services situé dans un autre pays, par exemple aux États-Unis. Vos renseignements pourraient alors être traités et entreposés aux États-Unis, et des gouvernements, tribunaux, organismes d'application de la loi ou agences réglementaires pourraient obtenir la divulgation de vos renseignements par mandat juridique exécuté dans ce pays. Pour obtenir plus d'information au sujet des administrations dans lesquelles nos fournisseurs de services pourraient être situés, veuillez consulter la section Si vous avez une question ou des préoccupations... de la présente politique pour savoir comment communiquer avec nous. À l'AMC même, vos renseignements personnels seront partagés entre les divers services de l'AMC au cours des interactions entre ces derniers. Ces échanges permettront à l'AMC de mieux connaître vos intérêts et vos activités et ainsi, d'adapter en fonction de vos intérêts les produits et services qu'elle offre. Par exemple, nous pourrions envoyé à un membre qui a suivi un certain nombre de cours de l'Institut de gestion médicale des renseignements au sujet de notre programme d'accréditation du leadership des médecins. Si un membre s'oppose à la divulgation d'une activité précise, par exemple un cours particulier d'EMC, une note sera inscrite dans la base de données. Si vous vous opposez à ce que l'AMC recueille, utilise ou divulgue des renseignements personnels L'AMC tient à respecter et à honorer vos préférences en matière de protection de la vie privée et de communication. Par exemple, si vous précisez à l'AMC que vous ne désirez pas recevoir certaines publications, participer à des sondages ou recevoir de l'information au sujet de nouveaux avantages, produits ou services, par exemple sous forme de communications émises par les filiales de l'AMC, vos préférences seront notées et vous ne recevrez plus de correspondance à ce sujet. Il vous suffit de communiquer avec le Centre des services aux membres de l'AMC, au 888 855-2555, et d'en faire la demande. Vous pouvez aussi, sous réserve des restrictions imposées par la loi, vous opposer en tout temps à ce que l'AMC recueille, utilise ou divulgue vos renseignements personnels. Il suffit de faire parvenir à l'AMC, dans un délai raisonnable, un avis écrit de votre intention et des détails au sujet de votre objection. Par exemple, si ne vous voulez pas que l'on transmette à la Fondation médicale canadienne des renseignements nécessaires pour communiquer avec vous et des données démographiques à votre sujet, nous respecterons votre choix. Veuillez noter toutefois que si vous vous opposez à la divulgation d'autres renseignements, il se pourrait que l'AMC ne puisse continuer à vous fournir certains produits ou services. Par exemple, si vous ne voulez pas que l'on communique aux filiales financières de l'AMC des renseignements sur votre statut de membre de l'Association, vous ne pourrez alors bénéficier de ses produits ou services. Services aux médecins MD doit pouvoir confirmer que vous êtes membre de l'AMC afin de vous offrir des services financiers. C'est à vous qu'il incombe de communiquer avec l'AMC pour déterminer l'effet que pourrait avoir sur les services fournis votre opposition à la collecte, à l'utilisation et à la divulgation de vos renseignements personnels. Exactitude des renseignements personnels détenus par l'AMC L'AMC fait tous les efforts raisonnables pour assurer que vos renseignements personnels sont exacts et à jour afin de pouvoir les utiliser aux fins premières pour lesquelles elles les a recueillis. Vos renseignements personnels peuvent changer et c'est pourquoi nous vous prions de nous informer de ces changements afin de nous permettre de mieux répondre à vos besoins. Pour consulter les renseignements personnels détenus par l'AMC Vous pouvez faire parvenir une demande écrite à l'attention du chef de la Protection des renseignements personnels, au 1867, promenade Alta Vista, Ottawa (Ontario) K1G 5W8 ou à privacy@cma.ca pour obtenir les renseignements personnels détenus à votre sujet par l'AMC. Dans un délai raisonnable, l'AMC vous indiquera par écrit si elle détient les renseignements personnels en question et la nature de ces renseignements, sauf aux rares cas où la loi interdit de les divulguer. Si l'AMC ne peut divulguer des renseignements personnels, nous vous préciserons pourquoi. Vous pouvez contester l'exactitude et l'intégralité des renseignements personnels que détient l'AMC. L'AMC modifiera des renseignements personnels lorsque l'intéressé réussira à démontrer qu'ils sont inexacts ou incomplets. Protection de vos renseignements personnels L'AMC fait tous les efforts raisonnables et nécessaires pour protéger vos renseignements personnels en mettant en œuvre des mesures de sécurité contre la perte ou le vol, ainsi que l'accès, la divulgation, la copie, l'utilisation ou la modification sans autorisation. L'AMC utilise des moyens matériels, organisationnels et techniques comme mesures de protection. Par exemple, le nombre d'employés qui ont accès à des renseignements de nature délicate comme des numéros de carte de crédit est limité. De plus, l'AMC veillera à ce que les employés soient conscients de l'importance de respecter le caractère confidentiel des renseignements personnels. Conservation par l'AMC de vos renseignements personnels L'AMC garde des renseignements personnels aussi longtemps qu'elle en a besoin pour les fins décrites ci-dessus. Lorsque les renseignements personnels en cause ne sont plus nécessaires, l'Association les détruit de façon sûre et sécuritaire. L'AMC gardera de plus des renseignements personnels qui font l'objet d'une demande d'accès aussi longtemps qu'il le faut pour permettre à la personne en cause d'épuiser tout recours légal prévu dans les lois fédérales, provinciales ou territoriales sur la protection des renseignements personnels. Si vous avez une question ou des préoccupations au sujet de cette politique sur les renseignements personnels ou sur les pratiques de l'AMC en la matière de votre province ou territoire.
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Énoncé de position sur les pénuries de médicaments d'ordonnance au Canada

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique10756
Dernière révision
2017-03-04
Date
2013-05-25
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Dernière révision
2017-03-04
Date
2013-05-25
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
Text
Énoncé de position sur les pénuries de médicaments d'ordonnance au Canada Les pénuries de plus en plus graves de médicaments d'ordonnance des dernières années et les ruptures de stocks qui se font sentir constamment au Canada et à l'étranger préoccupent l'Association médicale canadienne (AMC) et ses membres. Les pénuries de médicaments ont un effet nuisible sur la prestation des soins aux patients, sur leur traitement et sur la disponibilité des services de santé, partout au Canada. L'AMC a préconisé un examen approfondi du système d'approvisionnement en médicaments afin de déterminer les points où nous pouvons, au Canada, agir sur les problèmes d'approvisionnement. Les solutions devront mettre à contribution les divers intervenants de la chaîne d'approvisionnement en médicaments, des fabricants jusqu'aux pouvoirs publics en passant par les fournisseurs de soins de santé. Contexte Le problème des pénuries de médicaments n'est pas confiné au Canada. Aux États-Unis, le nombre de pénuries de médicaments a augmenté de plus de 200 % de 2006 à 20101. En 2011, 251 cas de pénurie ont été signalés à la Food and Drug Administration des États-Unis2. Le Canada n'a pas de dossier exact sur le nombre de médicaments en pénurie au cours des dernières années, mais en avril 2013, 253 médicaments figuraient sur la liste du site web des pénuries de médicaments au Canada, parrainé par l'industrie3. Les facteurs qui contribuent à une pénurie de médicaments peuvent survenir dans n'importe quel maillon de la chaîne d'approvisionnement et toute rupture de stock peut avoir des répercussions dans tout le système. Figure 1 : La chaîne de l'approvisionnement en médicaments au Canada4. {Consultez le PDF} Une pénurie de médicaments peut avoir de nombreuses causes. La rupture des stocks d'un ingrédient actif ou clé contribue aux pénuries de médicaments, et le problème s'aggrave lorsque l'ingrédient actif est produit par un seul fournisseur de la matière première. Si le fournisseur ne peut satisfaire à la demande, tous les fabricants qui dépendent de lui deviennent vulnérables aux ruptures de stocks. L'achat de matières premières provenant de l'extérieur de l'Amérique du Nord et principalement de la Chine et de l'Inde, dont les normes de sécurité et de réglementation ne sont peut-être pas aussi rigoureuses, peut inciter les organismes de réglementation à fermer des installations, ce qui a des répercussions sur l'offre d'ingrédients actifs ou oblige à chercher un nouveau fournisseur, ce qui prend du temps. Les procédés de fabrication complexes comme ceux qui servent à fabriquer des produits injectables stériles, les modifications de la formulation de produits, les problèmes liés aux procédés de production ou l'application réglementaire des bons procédés de fabrication, une capacité limitée, une flambée inattendue de la demande, des retards dans l'approbation de produits par les organismes de réglementation et des décisions d'affaires sont d'autres enjeux de la fabrication qui contribuent aux pénuries5. Les pénuries peuvent aussi être causées par des facteurs échappant au contrôle des fabricants comme diverses interruptions dans la livraison normale de médicaments par la chaîne d'approvisionnement des pharmacies et le réseau de distribution6. Les méthodes de gestion des stocks en mode " juste à temps " peuvent entraîner une réduction des stocks de médicaments disponibles. Les stratégies d'approvisionnement à l'origine de contrats à fournisseur unique pour les achats en vrac sont en outre considérées comme la cause la plus évitable de pénuries de médicaments7. Répercussions sur la santé Les ruptures de stocks de médicaments peuvent avoir des répercussions sur le soin des patients, leur santé et l'efficacité du système de santé en général. Les pénuries de médicaments ont les répercussions suivantes, notamment : * retards d'accès à des médicaments nécessaires; * retards ou perturbations du traitement clinique; * interventions chirurgicales retardées ou annulées; * perte d'efficacité thérapeutique lorsqu'une thérapie de remplacement appropriée n'est pas disponible; * risque accru d'effets secondaires; * inobservation accrue lorsque des modifications d'une pharmacothérapie causent de la confusion et rendent plus difficile l'observation d'un nouveau régime médicamenteux, particulièrement pour les personnes qui suivent une thérapie de longue durée8. Ces situations et n'importe laquelle d'entre elles peuvent perturber la stabilité clinique et entraîner une détérioration, en particulier chez les patients atteints de problèmes complexes. La substitution de médicaments peut aussi avoir des conséquences inattendues. En 2010, un sondage réalisé par l'Institut de la sécurité des pratiques de médication auprès de 1800 professionnels de la santé des États-Unis a révélé qu'au cours d'une seule année, les pénuries de médicaments ont causé plus de 1000 incidents entraînant des effets secondaires négatifs ou des erreurs médicales9. Dans beaucoup de cas, les pénuries peuvent entraîner une augmentation de l'utilisation du système de santé, que ce soit sous forme de consultations de médecins ou de visites ou de traitements à l'urgence. Dans un sondage des médecins réalisé par l'AMC en septembre 2012, 66 % des répondants ont indiqué que les pénuries de médicaments s'étaient aggravées depuis 2010 et 64 % ont affirmé que les pénuries ont eu des conséquences sur leurs patients ou leur pratique. De même, dans un sondage mené en 2012 par l'Association des pharmaciens du Canada (APhC), plus de 91 % des pharmaciens ont indiqué que des patients avaient été incommodés par des pénuries et 51 %, que les soins des patients avaient été compromis10. Les pénuries de médicaments ont aussi une incidence sur les pratiques des médecins et des pharmaciens. Soixante-sept pour cent des répondants au sondage de l'AMC ont déclaré que les pénuries de médicaments ont des répercussions sur leur pratique, surtout parce qu'elles augmentent le temps consacré à la recherche ou à la consultation de collègues professionnels de la santé afin de trouver des médicaments de remplacement, allongent la durée des visites des patients à cause de préoccupations liées à la substitution de médicaments et augmentent le temps consacré à remplir des formulaires tels que les réclamations aux compagnies d'assurance. Soixante-seize pour cent des pharmaciens d'hôpitaux et 76 % des pharmaciens communautaires ont aussi signalé un effet sur leur charge de travail et leur pratique11. Recommandations Dès 2005, l'AMC a préconisé l'adoption d'une stratégie intégrée et la mise en place d'un système doté de ressources adéquates pour surveiller l'approvisionnement en médicaments au Canada. En réponse à une consultation menée par Santé Canada en octobre 2005 qui portait sur un rapport intitulé " Créer un réseau d'approvisionnement en médicaments ", l'AMC a affirmé que le Canada a besoin d'un tel système pour repérer les pénuries et réagir rapidement afin de les contrer, et pour assurer que les décisions stratégiques et réglementaires sont fondées sur des connaissances exactes et fiables. En mars 2011, on a renforcé cette prise de position dans une communication avec le gouvernement du Canada où l'on mentionnait que le Canada avait besoin d'un système viable doté de ressources adéquates pour repérer les pénuries, en informer rapidement les professionnels de la santé et y réagir rapidement afin de les régler. 1. L'Association médicale canadienne appuie la tenue d'une enquête sur les causes sous-jacentes des pénuries de médicaments d'ordonnance au Canada. 2. L'Association médicale canadienne recommande la création d'un groupe de surveillance chargé de suivre les perturbations dans la production de médicaments au Canada et à l'étranger. Il est crucial que les professionnels de la santé en situation de pénurie réelle ou anticipée reçoivent de l'information pour pouvoir prendre des décisions axées sur les patients et assurer la continuité de soins optimaux. L'AMC a participé à un groupe de travail multilatéral sur les pénuries de médicaments qui a amené l'industrie pharmaceutique et des organisations de professionnels de la santé à conjuguer leurs efforts afin de créer un site web national pour signaler les pénuries de médicaments. L'AMC a fourni une contribution clé au sujet des besoins des médecins afin d'assurer que le site web affiche l'information nécessaire pour prodiguer des soins optimaux en contexte de gestion d'une pénurie de médicaments, comme des renseignements sur les produits (leur nom, le fabricant, la formulation, la puissance, les dimensions de l'emballage, la durée prévue de la pénurie, l'avis indiquant que la pénurie est terminée, ainsi que des avertissements automatiques et une fonction de recherche et de tri). La création du site web sur la pénurie de médicaments au Canada représente une amélioration de la gestion des pénuries de médicaments, mais des problèmes importants persistent. Les médicaments à " fournisseur unique " préoccupent énormément. En cas de pénurie de médicaments à fournisseur unique, il n'y a pas de substitut clair. Il s'agit là de conséquences inattendues découlant de l'achat de produits d'un seul fabricant pour obtenir un prix moins élevé. Le marché devient vulnérable si le fournisseur unique a des problèmes de production. L'arrêt de production survenu en 2011 dans un établissement de Sandoz au Québec à cause de problèmes de conformité réglementaire et un incendie qui a éclaté par la suite dans l'usine ont obligé les clients à se précipiter pour trouver d'autres fournisseurs d'un grand nombre de médicaments essentiels. L'AMC appuie l'élaboration de stratégies aux échelons tant provincial et territorial que fédéral pour décourager les achats auprès de fournisseurs exclusifs. Les contrats d'achat devraient inclure des incitations ou des pénalités à l'égard de l'approvisionnement garanti, ou un plan d'urgence en cas de rupture de stocks. Nous devons faire preuve d'une prudence extrême pour ne pas exacerber les problèmes d'approvisionnement tout en essayant de nous attaquer aux problèmes de coûts. 3. L'Association médicale canadienne réclame une révision du processus d'approvisionnement en médicaments et matériel essentiel à la pratique médicale. 4. L'Association médicale canadienne appuie des stratégies visant à décourager les décisions d'achat de médicaments d'ordonnance auprès de fournisseurs exclusifs. Le préavis donné par les fabricants à Santé Canada au sujet de pénuries prévues de médicaments peut ouvrir un créneau qui permet aux fabricants et aux organismes de réglementation de conjuguer leurs efforts afin de résoudre les problèmes de production ou de trouver un autre fournisseur. Les initiatives récentes prises par Santé Canada pour réunir de l'information sur les interruptions prévues des fabricants nous encouragent. 5. L'Association médicale canadienne demande la mise en place d'un cadre législatif obligeant les entreprises pharmaceutiques à donner un préavis pour tout arrêt de production et pour toute perturbation prévue dans l'approvisionnement en médicaments. 6. L'Association médicale canadienne recommande la création d'un groupe de surveillance chargé de suivre les perturbations dans la production de m[M1]édicaments au Canada et à l'étranger. En raison de la complexité du système d'approvisionnement en médicaments, pour repérer efficacement les situations à l'origine de pénuries et trouver des solutions au Canada qui peuvent réduire l'incidence des pénuries ou en atténuer les répercussions, plus d'intervenants doivent participer au processus et collaborer. L'AMC appuie les provinces et les territoires dans leurs efforts pour prévenir la pénurie de médicaments. L'AMC a toujours demandé au gouvernement du Canada de collaborer avec les provinces et les territoires, le secteur privé et les professionnels de la santé pour contrer cette menace qui peut être dangereuse pour la vie des patients du Canada. Les mesures prises par Santé Canada en 2012 pour réunir des représentants de l'industrie, des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et des associations de professionnels de la santé dans le contexte d'un Comité directeur multilatéral sur les pénuries de médicaments afin de répondre au besoin d'atténuer les pénuries de médicaments nous réjouissent. Nous croyons que les interlocuteurs clés peuvent mettre en place et appuyer des processus qui permettront au Canada de réagir d'une façon coordonnée, transparente et responsable aux pénuries actuelles ou futures de médicaments. Conclusion Les pénuries de médicaments ne cessent d'inquiéter les médecins. Elles peuvent avoir des incidences importantes sur les patients, les professionnels de la santé et le système de santé. On a réalisé des progrès importants depuis 2011 dans la collecte et le partage d'information au sujet des pénuries de médicaments et on comprend mieux les processus d'approvisionnement en médicaments, mais il reste encore beaucoup à faire. Même si l'enjeu est complexe et difficile, il faut consacrer une attention soutenue à la question afin d'assurer que les Canadiens pourront compter à l'avenir sur un approvisionnement sécuritaire en médicaments. L'AMC continuera de défendre les meilleurs intérêts des patients et des médecins afin d'assurer que le système de santé du Canada fournit des soins axés sur les patients. Références 1 Drug Shortages - FDA's Ability to Respond Should be Strengthened, Statement of Marcie Cross, Director, Health Care, United States Government Accountability Office, Testimony before the Committee on Health, Education, Labor, and Pensions, U.S. Senate, le 15 décembre 2011. 2 FDA is asking the public to send in ideas for combatting drug shortages, FDA Voice, Feb. 13, 2013, U.S. Food and Drug Administration. Affiché ici : http://blogs.fda.gov/fdavoice/index.php/tag/drug-shortages (consulté le 2 avril 2013). 3 Base de données sur les pénuries de médicaments au Canada, affichée ici : http://www.drugshortages.ca/drugshortages.asp (consulté le 5 avril 2013). 4 L'approvisionnement en médicaments au Canada : Une responsabilité multilatérale, Rapport du Comité permanent de la santé, 41e Législature,1e session, juin 2012 5 Ruptures d'approvisionnement en médicaments, Analyse prospective, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé, numéro 17, mars 2011. 6 Canadian Drug Shortages Database available at: http://www.drugshortages.ca/drugshortages.asp (consulté le 5 avril 2013). 7 L'approvisionnement en médicaments au Canada : Une responsabilité multilatérale, Rapport du Comité permanent de la santé, 41e Législature,1e session, juin 2012. 8 Pénuries de médicaments génériques - Sondage auprès des membres du Forum électronique, Association médicale canadienne, décembre 2010. 9 Les pénuries de médicaments. Recommandations du Groupe de travail sur les pénuries de médicaments, Ordre des Pharmaciens du Québec, mars 2012. 10 Répercussion des pénuries de médicaments, Sondage des membres, Association des pharmaciens du Canada, octobre 2012. 11 Notes documentaires - Sondage sur les pénuries de médicaments. Association des pharmaciens du Canada, Société canadienne des pharmaciens d'hôpitaux, Association médicale canadienne, janvier 2013. Affiché ici : http://www.cma.ca/multimedia/CMA/Content_Images/Inside_cma/Media_Release/2013/Backgrounder-Drug-shortages_fr.pdf (consulté le 2 avril 2013).
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Les formulaires de tiers (mise à jour 2017)

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique13643
Date
2017-05-27
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
  1 document  
Type de politique
Documents de politique
Date
2017-05-27
Remplace
Formulaires de tiers : le rôle du médecin (mise à jour 2010)
L'attestation de maladie de courte durée
Thèmes
Pratique et rémunération des médecins; formulaires
Text
L'évaluation de l'état d'un patient par un médecin et la signature de ce dernier sur un formulaire de tiers ont une valeur qui reflète son éducation formelle et sa formation ainsi que son expérience professionnelle. Tout comme la signature d'autres professionnels, celle d'un médecin est assortie d'un certain nombre de responsabilités et d'un engagement à fournir une information exacte, basée sur des données objectives et sur les antécédents médicaux du patient. Il faut reconnaître officiellement cette valeur et l'utiliser dûment. La plupart des tierces parties ont toujours compté sur la bonne volonté des médecins pour qu'ils remplissent gratuitement leurs formulaires. L'augmentation graduelle du nombre des formulaires de tiers que l'on demande aux médecins de remplir (Annexe A) et le temps global que cette activité enlève au soin direct des patients obligent toutefois à aborder de façon plus raisonnable les demandes liées aux formulaires et à réclamer une rémunération équitable des médecins pour leur temps et leur expertise. PORTÉE DE LA POLITIQUE Ce document a pour objet de guider les médecins, les patients et les organisations qui demandent des formulaires de tiers1, sous réserve des lois et des règlements fédéraux, provinciaux et territoriaux. Il recommande plusieurs stratégies de réduction du fardeau administratif imposé par les formulaires de tiers afin de laisser davantage de temps pour le soin direct des patients2. PRINCIPES GÉNÉRAUX Le rôle du médecin * Le médecin a un rôle bien défini et limité à jouer à l'égard des formulaires à remplir : il doit fournir seulement des renseignements objectifs sur les incapacités et les capacités, les limites et les restrictions physiques ou psychologiques, les calendriers et le pronostic tirés du dossier médical et demandés directement par la tierce partie aux fins de l'administration de programmes ou de prestations en particulier. Les questions contenues dans les formulaires qui s'adressent aux médecins doivent viser uniquement à réunir ces renseignements. * Le médecin doit s'assurer d'avoir bien rempli le formulaire (c.-à-d. d'avoir rempli le formulaire au complet, avec exactitude et objectivité, conformément aux exigences de l'ordre de sa province ou de son territoire). * Lorsqu'on demande de fournir un avis sur les capacités fonctionnelles d'un patient à des employeurs ou à des assureurs, la réponse doit insister sur les capacités. L'information sur les restrictions doit être objective et précise et il faut énumérer les restrictions uniquement lorsque c'est absolument indiqué sur le plan médical3. * Le médecin ne doit pas indiquer qu'il traite un patient si ce n'est pas le cas. S'il le traite, il doit indiquer la durée des soins. Si le médecin ne connaît pas suffisamment une maladie pour fournir de l'information ou un avis à ce sujet, il doit l'indiquer sur le formulaire d'attestation. L'attestation d'absence doit reposer uniquement sur les antécédents du patient si le médecin a vu celui-ci après la maladie et il faut alors indiquer clairement qu'il s'agit de " déclarations du patient ". Lorsqu'un patient de passage (c.-à-d. qui n'est pas le patient du médecin) lui demande de remplir un formulaire, le médecin doit formuler des commentaires seulement sur les observations fondées sur sa propre évaluation médicale. * Le médecin doit obtenir le consentement du patient pour divulguer des renseignements à toute tierce partie, qu'il s'agisse d'un employeur ou d'un assureur. Sauf lorsque la loi l'interdit, le médecin doit veiller à ce que le patient sache que le rapport qu'il fournit à la tierce partie échappe à la relation médecin-patient et qu'en remplissant le formulaire en cause, le médecin a l'obligation professionnelle de signaler avec exactitude et objectivité l'état du patient. Le médecin ne doit pas divulguer plus de renseignements que ceux qui sont couverts par le consentement du patient. En d'autres mots, il doit fournir seulement les renseignements qui ont trait à la nature de la demande et qui sont raisonnablement nécessaires. Si un patient limite son consentement, le médecin doit déterminer si cette restriction est pertinente à son rapport et, le cas échéant, la signaler dans le rapport à la tierce partie. * Un résumé narratif exact et pertinent des dossiers cliniques d'un patient par le médecin devrait suffire pour le tiers. Il n'est pas justifié, dans la grande majorité des cas, de demander des copies complètes des dossiers cliniques, sauf lorsque la loi l'exige. * Les médecins doivent consulter l'Association canadienne de protection médicale et l'ordre de leur province pour obtenir des conseils et des précisions sur les demandes de formulaires de tiers (voir l'Annexe B). Le rôle du patient * Dans la mesure du possible, les patients doivent voir le formulaire de tiers et savoir quels sont les renseignements demandés. * Dans la plupart des formulaires, on demande de l'information au sujet des plaintes subjectives du patient et de son état fonctionnel autodéclaré. Il convient alors davantage que le patient communique directement ces renseignements au demandeur. * Les patients doivent savoir que : o Leur consentement donné au médecin traitant autorise celui-ci à expliquer de façon exacte, complète et objective leur état médical, conformément à ses responsabilités professionnelles. o Les médecins ont l'obligation professionnelle et éthique de documenter seulement ce qui est vrai et défendable sur le plan médical. Ce n'est pas le médecin qui tranche dans les cas d'absence ou de demande d'indemnité. o Dans certains cas (p. ex., aptitude à conduire), les médecins sont aussi tenus par la loi de remplir des formulaires de tiers au sujet de leur patient. Le rôle des tierces parties * Les tierces parties doivent demander aux médecins de remplir des formulaires seulement lorsqu'elles ont besoin de renseignements médicaux au sujet d'un patient (c.-à-d. de renseignements qu'un non-médecin ne pourrait fournir) aux fins d'emploi ou d'éducation ou pour l'évaluation d'une prestation médicale pour le patient. o Il incombe à la tierce partie et non au médecin de se prononcer sur l'admissibilité d'un patient à une prestation. o Une demande de renseignements non médicaux au sujet d'un patient (c.-à-d. de renseignements qui n'ont pas trait à son état ou à ses antécédents médicaux) ou une demande d'attestation d'identité (p. ex., demander à un médecin d'attester qui est le parent principal afin de déterminer l'admissibilité à des prestations pour enfant) constitue un usage indu des ressources médicales et le médecin a le loisir de décider de répondre ou non à de telles demandes. o Les demandes de mises à jour doivent être raisonnables et respecter le pronostic du médecin. o Les formulaires de tiers doivent dans la mesure possible être normalisés (p. ex., admissibilité à des programmes, données de base, formulation des questions) afin de permettre de gagner du temps et de réduire les erreurs administratives. o Il faut que l'admissibilité au programme soit claire pour les patients et les fournisseurs afin de réduire les demandes indues de formulaires (p. ex., formation des conseillers fiscaux au sujet de l'admissibilité aux programmes gouvernementaux afin d'éviter les demandes indues de crédit d'impôt pour personnes handicapées). * Afin de rendre efficace et efficient le processus entourant les formulaires médicaux à remplir, les tierces parties doivent mettre à contribution et informer les médecins dès le départ, puis régulièrement, en déterminant d'abord si un formulaire médical est véritablement nécessaire. Le cas échéant, les médecins doivent participer à la conception du formulaire et à la détermination de la fréquence à laquelle il faut le remplir. Les médecins doivent aussi participer à l'examen périodique des formulaires médicaux existants avec les tierces parties (p. ex., gouvernements, compagnies d'assurance, associations), pour plusieurs raisons : déterminer si les formulaires demeurent pertinents et aussi simples que possible, établir la rémunération appropriée pour remplir les formulaires et veiller à ce que les médecins soient prévenus de toute modification des demandes de certificat médical par écrit et non officieusement par l'entremise du patient4. * Dans certaines situations, d'autres professionnels de la santé (par exemple, ergothérapeutes) sont mieux placés pour évaluer objectivement les capacités des patients et peuvent être désignés comme praticiens qualifiés pour remplir les formulaires, les médecins fournissant des informations sur les évaluations médicales et les pronostics. Maladies de courte durée * La confirmation d'une absence du travail pour une courte durée en raison d'une maladie bénigne est une question qui doit être abordée directement entre l'employeur et l'employé. Une telle absence n'exige pas une confirmation de la maladie par le médecin et représente une utilisation inefficace des ressources limitées en soins de santé. Il incombe à l'employeur - et non au médecin - de surveiller l'absentéisme de l'employé. Il se peut que dans nombre de cas, on puisse remplacer le certificat médical par une solution de rechange plus efficace ne mettant pas les médecins à contribution et sur laquelle puissent s'entendre toutes les parties en cause (p. ex., l'employeur et les employés). * Si un employeur, un établissement d'enseignement ou un autre tiers demande un certificat de confirmation de maladie pour une maladie bénigne de courte durée qui autrement n'aurait pas besoin d'une attention médicale, ce tiers devrait reconnaître que l'action de remplir ce certificat est un service non assuré pour lequel le médecin a le droit d'être rémunéré, de préférence par le tiers qui demande les renseignements plutôt que par le patient. Rémunération équitable * Il doit incomber à la tierce partie qui demande les renseignements de rémunérer le médecin pour ses renseignements médicaux et son expertise. En ce qui concerne les formulaires des gouvernements provinciaux et territoriaux, cela pourrait signifier de rendre assurable en vertu du régime provincial ou territorial d'assurance maladie le service consistant à les remplir. * La rémunération des médecins devrait couvrir le temps et les ressources consacrés à fournir les renseignements médicaux à des tiers (que ce soit par écrit, électroniquement ou par téléphone), à effectuer des évaluations médicales non assurées nécessaires pour remplir les formulaires, à produire des copies des renseignements médicaux et à répondre à toute demande de suivi. Dans la mesure du possible, les taux de rémunération devraient être uniformes et refléter le temps et l'effort nécessaires pour remplir les formulaires. * Les médecins doivent être rémunérés pour remplir les formulaires de retour au travail des régimes provinciaux et territoriaux d'indemnisation des accidentés du travail. Dans le cas de problèmes de santé non liés au travail, ils doivent être rémunérés par les régimes d'assurance des provinces ou des territoires pour remplir les formulaires de retour au travail, étant donné les répercussions importantes pour la santé de la gestion du retour au travail. * S'il n'est pas rémunéré par un tiers, le médecin peut faire payer au patient le service fourni. Comme le précise le Code de déontologie de l'AMC, le médecin doit tenir compte de la nature du service fourni et de la capacité de payer du patient, et être disposé à discuter des honoraires avec le patient5. Les décisions des patients au sujet du paiement des services non assurés ne doivent pas avoir d'effet négatif sur la relation médecin-patient, ni nuire à l'accès aux services de santé. Les médecins peuvent décider de réduire leurs frais ou d'y renoncer si le patient n'a pas la capacité financière de payer. Les médecins doivent consulter leur association médicale provinciale ou territoriale qui les conseillera au sujet de la facturation directe aux patients. Annexe A Un fardeau administratif qui s'alourdit Les médecins reçoivent tous les jours une multitude de demandes liées aux formulaires et aux certificats médicaux. Les demandes proviennent de nombreuses sources, dont les gouvernements, des organismes gouvernementaux (p. ex., la Commission des accidents du travail) et les secteurs privé et non gouvernemental (p. ex., les employeurs, les compagnies d'assurance, les écoles et les organisations sportives). Dans un sondage réalisé par l'AMC en 2016 auprès de ses membres médecins au sujet des formulaires de tiers, les médecins ont indiqué que les attestations pour congé de maladie sont les formulaires qu'on leur demande le plus souvent de remplir (67,0 % des répondants ont déclaré devoir remplir ce formulaire plus de cinq fois par semaine). Les formulaires de demande de prestations d'invalidité de courte durée viennent au deuxième rang, 42,3 % des répondants ayant signalé remplir le formulaire plus de cinq fois par semaine. En 2013-2014, quelque 336 800 demandes de prestations de maladie du Programme d'assurance-emploi du gouvernement fédéral - un exemple seulement de formulaire de demande de renseignements médicaux de tiers - ont été approuvées (des médecins ayant eu à remplir la grande majorité des certificats liés à ces demandes)6. Les médecins continuent de consacrer beaucoup de temps à remplir des formulaires. Il faut beaucoup de temps, par exemple, pour remplir les formulaires gouvernementaux de demande de prestation d'invalidité, un type seulement de formulaires de tiers. Plus de 62 % des médecins participant au sondage de 2016 ont indiqué qu'il leur fallait de 21 à 30 minutes (31 % des répondants) ou plus de 30 minutes (31 % des répondants) pour remplir un formulaire de demande de prestation d'invalidité du Régime de pensions du Canada. De même, 60 % ont déclaré consacrer de 21 à 30 minutes (33 % des répondants) ou plus de 30 minutes (27 % des répondants) à remplir le formulaire de demande de prestations d'invalidité d'Affaires des anciens combattants. La préoccupation signalée le plus souvent par les médecins qui doivent remplir des formulaires de tiers (75 % de ceux qui ont participé au sondage de 2016) porte sur le temps que l'activité enlève au soin direct des patients. La deuxième préoccupation en importance (63,4 %) porte sur le nombre de demandes indues provenant de tierces parties7. Les médecins ont identifié l'accroissement de la charge administrative et de la paperasse comme l'un des plus importants facteurs d'augmentation de leur charge de travail8. Dans de nombreux cas, les demandes peuvent constituer une utilisation inappropriée du temps d'un médecin, par exemple lorsqu'il s'agit de demandes de renseignements sur le patient à des fins administratives. Répondre à de telles demandes réduit à la fois l'accès aux soins et le temps disponible pour le soin direct des patients. Annexe B Politiques à adopter au bureau pour la gestion des demandes de formulaires de tiers Les médecins peuvent adopter des politiques et des stratégies pour mieux gérer les demandes de tiers, notamment les suivantes : * doter leur bureau d'une politique ou d'une méthode normalisée pour gérer les demandes liées aux formulaires de tiers; * communiquer et afficher clairement les responsabilités du patient et du médecin en ce qui a trait aux formulaires et aux frais; * utiliser un formulaire type (p. ex., pour les congés de maladie)9; * prévoir du temps pour remplir les formulaires. On encourage aussi les médecins à consulter l'association médicale et l'ordre des médecins de leur province ou territoire au sujet des demandes liées aux formulaires à remplir. Ces stratégies s'inscrivent dans le contexte d'un effort global déployé par les organisations pour sensibiliser les employeurs, les gouvernements et d'autres tierces parties à la nécessité d'aborder de façon plus appropriée les demandes de formulaire afin de mettre fin au gaspillage de temps pour toutes les parties et de réduire l'utilisation indue des ressources de la santé. 1 L'expression " formulaire de tiers " s'entend des formulaires, lettres, certificats médicaux, formulaires de rapport obligatoire, photocopies et autres documents contenant des renseignements médicaux sur le patient qu'une tierce partie a demandé à un médecin de remplir pour le compte de son patient. [0]Une " tierce partie " est un employeur, un ministère ou organisme gouvernemental, un assureur privé ou une autre organisation qui demande des renseignements médicaux au sujet du patient dans l'intention de les utiliser. 2 Cette politique doit être utilisée de pair avec l'énoncé de politique de l'AMC intitulé Le rôle du médecin traitant dans le retour au travail de patients après une maladie ou une blessure. 3 Choisir avec soin. Spécialistes en médecine du travail du Canada Les cinq examens et traitements sur lesquels les médecins et les patients devraient s'interroger. Disponible en ligne : http://www.choisiravecsoin.org/recommendations/les-specialistes-en-medecine-du-travail-du-canada/. 4 Association médicale de la Saskatchewan. SMA relative value guide. Saskatoon : The Association; 2004. 5 Association médicale canadienne. Code de déontologie. Ottawa : L'Association, 2004. 6 Ce chiffre n'inclut pas le nombre de formulaires remplis pour les personnes qui ont présenté une demande, mais qui n'ont pas été admissibles au programme. Commission de l'assurance-emploi du Canada. Rapport de contrôle et d'évaluation de l'assurance-emploi 2013-2014. Emploi et Développement social Canada. Disponible en ligne : https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/programmes/assurance-emploi/ae-liste/rapports/controle2014/chapitre2-4.html. 7 Association médicale canadienne. Résumé d'un sondage mené auprès des membres du Forum électronique. Ottawa : L'Association, 2017. 8 Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. Sondage national des médecins 2013. Résultats nationaux par MF/omnipraticien ou autre spécialiste, sexe, âge et pour l'ensemble des médecins [tableau]. Ottawa : Le Collège; 2013. Disponible en ligne : http://nationalphysiciansurvey.ca/wp-content/uploads/2013/10/2013-National-FR-Q13.pdf. 9 Steven Harrison. OMA sickness certificate template: a practical office resource. Ontario Medical Review, décembre 2004. 6
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La planification préalable des soins

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique13694
Date
2017-05-27
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Santé des populations, équité en santé, santé publique
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Type de politique
Documents de politique
Date
2017-05-27
Remplace
La planification préalable des soins (2015)
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
La technologie permet aujourd'hui de prolonger sensiblement la vie, et les gens accordent une importance croissante à ce qui touche l'autonomie personnelle, la capacité de prise de décision, le consentement éclairé, la qualité de vie et la mort. C'est pourquoi les Canadiens sont de plus en plus nombreux à vouloir exprimer leurs volontés au sujet des soins de santé à leur prodiguer et des décisions à prendre dans l'éventualité où ils deviendraient incapables. C'est là qu'intervient la planification préalable des soins (PPS). L'AMC appuie l'élaboration d'une stratégie sur la PPS1 dans toutes les provinces et tous les territoires. La PPS favorise l'offre de soins respectant les volontés des patients2, 3, atténue l'anxiété chez les familles4 et la détresse morale chez les fournisseurs de soins5 et réduit les taux d'hospitalisation chez les résidents des foyers de soins3 ainsi que le nombre de traitements médicaux inutiles3, 6, 7. La PPS recoupe la prestation des soins de santé, les valeurs éthiques et les droits et obligations prévus par la loi. Elle sert plus précisément à tenir compte d'aspects fondamentaux comme l'autonomie, le consentement éclairé et le respect des volontés des patients concernant leurs soins actuels et futurs ainsi que de leurs intentions s'ils devenaient incapables8, 9. Les administrations canadiennes ont utilisé diverses approches cliniques, juridiques et institutionnelles pour aborder l'équilibre à atteindre entre la nécessité d'obtenir un consentement éclairé pour un traitement et celle de respecter les préférences exprimées dans le passé. Tout au long de sa relation avec un patient, le médecin10 peut jouer un rôle de premier plan dans la PPS, même en contexte pédiatrique. À n'importe quel moment, ce processus peut mener à la consignation des volontés du patient ou à la nomination écrite d'un mandataire. Ces documents peuvent être appelés directives préalables, directives anticipées, directives personnelles ou procuration relative au soin de la personne11 (on parlera ci-après de " directives préalables " dans tous les cas). Une directive préalable ne dégage pas le médecin de l'obligation d'obtenir le consentement du patient avant de lui donner un traitement, sauf en cas d'urgence. Comme mentionné dans le guide sur le consentement de l'Association canadienne de protection médicale, " [l]es traitements d'urgence ne devraient comporter que ce qui est nécessaire pour prévenir des souffrances indues ou pour contrer les menaces immédiates à la vie ou à l'intégrité du patient. Même lorsque le patient est incapable de communiquer, il est nécessaire de respecter ses volontés lorsque celles-ci sont connues12 ". La PPS vise essentiellement à prendre des décisions en matière de soins et à nommer des mandataires en cas d'incapacité du patient, mais elle a aussi beaucoup d'autres utilités. En abordant le sujet avec vos patients13, vous pouvez les aider à se prononcer sur la voie de traitement à suivre et l'intensité des interventions pour leurs soins actuels. Les fournisseurs peuvent discuter avec les patients et les membres de leur famille des traitements proposés en tenant compte des objectifs et des volontés formulés. Le processus de PPS peut aussi aider les patients et leurs proches à se familiariser avec la terminologie et les procédures utilisées pour prendre des décisions concertées sur les soins de santé. PORTÉE DE LA POLITIQUE La présente politique vise à fournir aux médecins une orientation quant aux principales considérations liées à la PPS à la lumière de leurs obligations éthiques, professionnelles et légales des médecins. Le sujet n'est pas simple : les médecins doivent connaître les lois en vigueur dans la province ou le territoire où ils exercent, les normes et les attentes établies par leur organisme de réglementation ainsi que les politiques et les procédures de leur milieu de travail (p. ex., autorité sanitaire régionale, hôpital). PRINCIPES GÉNÉRAUX 1. La PPS consiste à : a) respecter les volontés des patients grâce à un processus de réflexion et de communication; b) planifier au cas où une personne ne serait plus en mesure de prendre des décisions sur ses soins de santé; c) avoir une discussion avec des amis, des membres de la famille et des professionnels; d) produire, dans certains cas, un document écrit5. La PPS éclaire le mandataire et fournit au professionnel de la santé de l'information à prendre en compte pour fournir des soins dans les limites de la loi. 2. Même si on l'associe souvent aux soins de fin de vie, la PPS représente au sens large l'expression des volontés du patient à l'égard des soins à lui fournir s'il devient incapable. Elle reflète les valeurs et les croyances du patient concernant ses soins actuels et fournit de l'information qui pourra orienter toute décision à prendre en cas d'urgence s'il est impossible d'obtenir le consentement du patient. C'est pourquoi le processus de la PPS devrait se dérouler tout au long de la vie d'une personne. 3. Le respect de la dignité et de l'autonomie du patient est au cœur de la relation médecin-patient. Les cadres de déontologie, les lois sur le consentement et la jurisprudence garantissent le droit du patient à l'autonomie décisionnelle14. Le respect des volontés d'un patient incapable permet de préserver son autonomie et favorise le lien de confiance avec le médecin15. 4. La façon de mettre en balance l'obtention du consentement et les volontés énoncées par le patient au cours du processus de PPS varie selon la province ou le territoire où le patient et le médecin se trouvent. FORMATION 1. Étant donné les complexités pratiques, éthiques et juridiques associées à la PPS, il faut aider les médecins et les apprenants en médecine à bien comprendre ce processus et à devenir à l'aise de l'amorcer avec leurs patients. C'est pourquoi l'AMC préconise l'élaboration d'une formation qui serait offerte à tous les médecins et les apprenants en médecine16. Les médecins en exercice et les médecins résidents ont accès à de nombreuses ressources, entre autres : a. La planification préalable des soins au Canada : cadre national b. Faciliter la planification préalable des soins : un programme d'apprentissage inter-éducatif c. Renseignements de l'Institut du droit de la santé de l'Université Dalhousie sur les lois et les politiques réglementaires propres aux provinces et aux territoires d. Recueil détaillé de ressources canadiennes tirées du site " Parlons-en " de l'initiative sur la planification préalable des soins au Canada e. Module de Pallium Canada sur la PPS abordant les essentiels de l'approche palliative En ce qui concerne les étudiants en médecine, l'AMC appuie la position de la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada selon laquelle la formation sur les soins de fin de vie constitue un élément essentiel de la formation médicale prédoctorale. 2. Il faut clarifier la question de la supervision des apprenants en médecine qui pratiquent la PPS, car il existe actuellement beaucoup d'ambiguïté17. Il serait utile pour eux que soient établies des lignes directrices nationales unifiées sur la nature de leur participation à la PPS, surtout en ce qui concerne les soins de fin de vie. L'AMC approuve donc la recommandation de la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada voulant qu'une supervision soit obligatoire au cours des échanges sur les soins de fin de vie. 3. L'AMC prône des recherches supplémentaires sur les résultats de la formation sur la PPS donnée aux médecins et aux apprenants en médecine. 4. L'AMC recommande que les gouvernements et les établissements encouragent l'information des patients et de leurs mandataires quant à la PPS. RESPONSABILITÉ PROFESSIONNELLE ET LÉGALE 1. Les médecins devraient encourager leurs patients à entreprendre la PPS avec eux tout en respectant leurs valeurs. La PPS n'est pas l'histoire d'une seule rencontre. La nature des échanges et la régularité des discussions entre le médecin et son patient dépendront de l'état de santé de ce dernier. Les médecins de famille et les médecins spécialistes ont des relations continues avec les patients souffrant de maladie chronique et sont donc particulièrement bien placés pour échanger régulièrement avec eux sur leurs croyances, leurs valeurs et leurs volontés. Un échange d'information efficace entre les médecins de famille, les médecins en service communautaire ou externe et les médecins de soins actifs ou tertiaires aiderait à garantir le respect des volontés des patients. 2. La PPS, en particulier les directives préalables, est à la croisée de la médecine et du droit. Les médecins doivent en être conscients et demander aux patients s'ils ont une directive préalable ou s'ils ont amorcé le processus de PPS. 3. Les exigences et les procédures entourant la PPS varient énormément entre les provinces et territoires. C'est pourquoi les médecins doivent s'informer de toute loi pertinente et de la portée de l'obligation d'obtenir le consentement au moment de donner suite à la PPS dans une province ou un territoire. ÉTABLISSEMENTS 1. L'AMC appuie les processus visant à reconnaître et à soutenir la PPS dans les établissements. On parle ici entre autres d'établir une procédure uniforme d'échange d'information sur les volontés des patients et les directives préalables entre les fournisseurs de soins, puisque les patients peuvent fréquenter plusieurs secteurs et établissements de santé. Il faut chercher à savoir quels patients ont des directives préalables écrites et consigner celles-ci au dossier18 afin qu'elles soient accessibles dans tout l'établissement (idéalement, dans tout le système de santé). L'AMC croit qu'il faudrait qu'une fonctionnalité relative aux directives préalables soit ajoutée aux exigences de conformité et de convivialité imposées aux fournisseurs de dossiers médicaux électroniques19. Il faudrait encourager les provinces et les territoires à établir des processus organisationnels robustes et à élaborer des ressources pour les patients dans tous les établissements de santé, de même qu'une politique provinciale ou territoriale solide comme celle de l'Alberta20. 2. Les établissements et autres organisations devraient encourager les fournisseurs de soins à demander aux patients de fournir leur directive préalable en même temps que la liste de leurs médicaments ou d'autres renseignements médicaux. 3. L'AMC appuie la vérification, par les établissements ou les organisations, des structures, des processus et des résultats liés à la PPS et considère qu'il s'agit d'étapes importantes pour améliorer la qualité et la fréquence des activités de PPS. RÔLE DES GOUVERNEMENTS 1. L'AMC recommande la mise en place d'infrastructures qui favoriseraient la PPS, notamment un financement qui faciliterait les discussions sur la PPS et sur les soins de fin de vie. 2. L'AMC préconise l'intégration de la PPS dans d'éventuelles stratégies fédérales, provinciales et territoriales sur les aînés, la démence ou la fragilité. 3. L'AMC appuie l'élaboration d'indicateurs sur la PPS et leur inclusion future dans les normes d'Agrément Canada. GLOSSAIRE Planification préalable des soins (PPS) Terme désignant un processus de réflexion et de planification ainsi que de communication et d'échanges entre une personne capable et les membres de sa famille, des amis et des professionnels à propos des croyances, valeurs et volontés de la personne en vue d'un moment où elle pourrait ne plus avoir la capacité mentale de prendre des décisions sur ses soins de santé. La PPS peut aussi servir à désigner un mandataire8. Directive préalable Ce qu'on appelle ici " directive préalable " porte plusieurs noms et a des définitions et des pouvoirs juridiques différents d'un bout à l'autre du Canada. En Colombie-Britannique, par exemple, une directive préalable est un document juridique dans lequel les patients capables peuvent orienter les soins de santé qui leur seront prodigués s'ils deviennent incapables21. Ainsi, une directive préalable peut, dans certaines circonstances, être considérée comme l'équivalent du consentement au traitement, et un fournisseur de soins peut y donner suite directement sans consulter un mandataire8. En Alberta, on parle de directive personnelle. En Ontario, " directive préalable " est une expression générique non juridique qui désigne des communications orales, écrites ou autres8. Au Québec, les directives médicales anticipées sont juridiquement contraignantes au sens de la Loi concernant les soins de fin de vie, qui reconnaît " la primauté des volontés relatives aux soins exprimées clairement et librement par une personne [...] "22. La loi ne permet actuellement pas de demander l'aide médicale à mourir dans une directive préalable23. L'AMC comprend que la question soulève des débats importants parmi le public, les experts et les juristes. Consentement éclairé Pour obtenir un consentement éclairé, le médecin doit fournir au patient ou à un décideur capable des renseignements suffisants sur l'intervention, l'acte ou le traitement proposé, les résultats attendus, les risques, bienfaits et complications possibles, sans oublier les solutions de rechange pertinentes, y compris le non-traitement. Il doit aussi répondre aux questions du patient. Un consentement est éclairé seulement si le patient a reçu tous les renseignements que voudrait connaître une personne raisonnable dans les mêmes circonstances24. Le consentement doit être donné volontairement, être lié au traitement et être éclairé; il ne doit pas être obtenu au moyen de déclarations trompeuses ou frauduleuses. Mandataire Personne capable qui prend des décisions sur les soins de santé au nom d'une personne incapable. Dans toutes les provinces et tous les territoires, le fournisseur de soins doit prendre des mesures raisonnables pour déterminer si un patient incapable a nommé un mandataire avant de lui administrer un traitement. Cette obligation légale est appliquée différemment d'un bout à l'autre du Canada. Par exemple, un mandataire est nommé en vertu d'un accord de représentation en Colombie-Britannique, d'une directive personnelle en Alberta et d'une procuration relative au soin de la personne en Ontario. Approuvé par le conseil d'administration de l'AMC en mai 2017 1 Résolution de politiques GC14-25 - Stratégie sur la planification préalable des soins, les soins palliatifs et les soins de fin de vie. Ottawa : Association médicale canadienne. (2014). [En ligne]. Accessible ici : http://policybase.cma.ca/dbtw-wpd/CMAPolicy/PublicBF.htm (consulté le 17 octobre 2016). 2 Houben, C. H. M. et coll. Efficacy of advance care planning: A systematic review and meta-analysis. Journal of the American Medical Directors Association. 2014; vol. 15 : p. 477-489. 3 Martin, R. S. et coll. The effects of advance care planning interventions on nursing home residents: A systematic review. Journal of the American Medical Directors Association. 2016; vol. 7 : p. 284-293. 4 Mack, J. W. et coll. End-of-life discussions, goal attainment, and distress at the end of life: predictors and outcomes of receipt of care consistent with preferences. Journal of Clinical Oncology. 2010; vol. 28, no 7 : p. 1203-1208. 5 Association canadienne de soins palliatifs. La planification préalable des soins au Canada : cadre national. Ottawa : Association médicale canadienne. (2010). 6 Teo, W. S. K. et coll. Economic impact analysis of an end-of-life programme for nursing home residents. Palliative Medicine, 2014; vol. 28, no 5 : p. 430-437. 7 Zhang, B. et coll. Health care costs in the last week of life: Associations with end-of-life conversations. Archives of Internal Medicine. 2009; vol. 169, no 5 : p. 480-488. 8 Wahl, J. et coll. Health Care Consent and Advance Care Planning in Ontario. Toronto (Ont.). Mandaté par la Commission du droit de l'Ontario. 2014. 9 Association médicale canadienne. Code de déontologie de l'AMC (Mise à jour 2004). Ottawa : Association médicale canadienne. (2004). 10 La participation des médecins n'est pas obligatoire dans le processus. Cependant, il est important que les médecins abordent la PPS avec leurs patients, car cela peut faciliter la compréhension des patients et le changement de comportement. 11 Wahl, J. A. et coll. Health care consent, advance care planning, and goals of care practice tools: The challenge to get it right. Improving the last stages of life. Toronto (Ont.). Mandaté par la Commission du droit de l'Ontario. (2016). 12 Association canadienne de protection médicale. Le consentement : guide à l'intention des médecins du Canada. [En ligne]. Accessible ici : https://www.cmpa-acpm.ca/fr/advice-publications/handbooks/consent-a-guide-for-canadian-physicians. 13 Frank, C., Puxty, J. Facilitating effective end-of-life communication - helping people decide. CJS Journal of CME. 2016; vol. 6, no 2. [En ligne]. Accessible ici : http://canadiangeriatrics.ca/wp-content/uploads/2017/02/Facilitating-Effective-End-of-Life-Communication-- -Helping-People-Decide.pdf (consulté le 25 avril 2017). 14 Fleming v. Reid (1991) 82 DLR (4e) 298 (CA ON); Cuthbertson v. Rasouli, 2013 SCC 53; Malette v. Shulman (1990), 72 OR (2e) 417; Starson v. Swayze (2003) 1 SCR 722. 15 Harmon, S. H. E. Consent and conflict in medico-legal decision-making at the end of life: A critical issue in the Canadian context. University of New Brunswick Law Journal. 2010; vol. 60, no 1 : p.208-229. 16 Résolution de politiques GC13-69 - Formation en planification préalable des soins de fin de vie. Ottawa : Association médicale canadienne. (2013). [En ligne]. Accessible ici : policybase.cma.ca/dbtw-wpd/CMAPolicy/PublicBF.htm (consulté le 26 mai 2016). 17 Touchie, C. et coll. Supervising incoming first-year residents: faculty expectations versus residents' experiences. Medical Education. 2014; vol. 48, no 9 : p. 921-929. 18Résolution de politiques GC14-19 - Directives préalables de soins. Ottawa : Association médicale canadienne. (2014). [En ligne]. 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