Résultats

15 notices – page 1 de 1.

Combler l’écart : Améliorer la préparation, la réponse et le rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique14384

Date
2020-12-15
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Date
2020-12-15
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Combler l’écart : Améliorer la préparation, la réponse et le rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence 29 recommandations d’experts fondées sur les données probantes pour améliorer la préparation, la réponse et le rétablissement des personnes âgées du Canada aux situations d’urgence DÉCEMBRE 2020 COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES iii Collaborateurs à la rédaction du rapport....................................................................................1 Appuis organisationnels..................................................................................................................4 Abréviations........................................................................................................................................ 7 Résumé.................................................................................................................................................8 Genéralité et contexte.....................................................................................................................15 Domaine 1 : Personnes âgées et aidants non rémunérés.....................................................26 Domaine 2 : Services et programmes communautaires......................................................35 Domaine 3 : Professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence............................................................................................................................................ 41 Domaine 4 : Établissements et organisations de soins.........................................................46 Domaine 5 : Lois et politiques...................................................................................................... 52 Domaine 6 : Recherche..................................................................................................................59 Glossaire............................................................................................................................................63 Références.........................................................................................................................................65 Annexes..............................................................................................................................................79 Annexe A : Index des recommandations et organismes compétents............................................................A1 Annexe B : Résumé des lois et cadres pertinents à la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence.....................................................................................................................................................................B1 Table des matières 1 COLLABORATEURS À LA RÉDACTION DU RAPPORT Collaborateurs à la rédaction du rapport En janvier 2019, la Croix-Rouge canadienne, en collaboration avec le National Institute on Ageing, s’est penchée sur les toutes dernières données et opinions d’experts pour éclairer les recommandations à l’intention des gouvernements, organisations et personnes visant à améliorer la préparation, la réponse et le rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence. Les experts ayant participé à la rédaction du rapport sont les suivants. Coprésidents, Projet de préparation des personnes âgées aux situations d’urgence de la Croix-Rouge canadienne/National Institute on Ageing Samir K. Sinha, M.D., D.Phil., FRCPC, AGSF Coprésident et directeur de la recherche en politiques sanitaires, National Institute on Ageing Directeur, département de gériatrie, Sinai Health et University Health Network, Toronto (Ontario) Professeur adjoint, département de médecine, École de médecine de l’Université Johns Hopkins Professeur agrégé, départements de médecine, de médecine familiale et communautaire, et Institut de gestion et d’évaluation des politiques sanitaires, Université de Toronto (Ontario) Sarah Sargent, M.A. Vice-présidente, Programme d’opérations canadiennes Croix-Rouge canadienne Ottawa (Ontario) Experts collaborateurs : Christina Baert-Wilson Directrice principale, Santé communautaire Croix-Rouge canadienne Dartmouth (Nouvelle-Écosse) Jane Barratt, Ph.D. Secrétaire générale International Federation on Ageing Toronto (Ontario) Sarah Burke, M.A. Directrice intérimaire, Éducation au respect Croix-Rouge canadienne Victoria (Colombie-Britannique) Dan Carbin, M.Sc. Directeur, Santis Health Toronto (Ontario) Nancy Cooper, MHSA Directrice, Qualité et rendement Ontario Long-Term Care Association Toronto (Ontario) Leslie Eckel Collaboratrice, échange des connaissances InterRAI Canada, Université de Waterloo Waterloo (Ontario) Sharon Goodwin, B.Sc.N., N.P., M.N., Ph.D. Vice-présidente principale, Soins à domicile et communautaires Victorian Order of Nurses (VON) Ottawa (Ontario) Tyler Hague, MPA Chef, Réduction des risques de catastrophe Croix-Rouge canadienne London (Ontario) Irene Hobuleic Directrice principale, Qualité de la pratique et risques Victorian Order of Nurses (VON) Toronto (Ontario) Jessica Hseih, M.SW., R.SW. Coordonnatrice de la recherche Initiative nationale pour le soin des personnes âgées (NICE) Toronto (Ontario) Andrea Iaboni, M.D., D.Phil., FRCPC Professeure adjointe, Département de psychiatrie, Université de Toronto Directrice du groupe médical, Psychiatrie gériatrique, Toronto Rehab, University Health Network Toronto (Ontario) COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 2 Sophia Ikura, MPA Directrice exécutive, Labo de solutions de santé des populations Sinai Health Toronto (Ontario) Mackenzie Kiemele Coordonnatrice Canadian Association of Retired Persons (CARP) Toronto (Ontario) Michael Nicin, M.A., MPP Directeur exécutif National Institute on Ageing Toronto (Ontario) Shawna Peddle, M.Sc. Ancienne directrice, Réduction des risques de catastrophe Croix-Rouge canadienne Guelph (Ontario) Arianne Persaud Chef, Communications et affaires publiques National Institute on Ageing Toronto (Ontario) Veronica Said, M.A. Consultante, Santis Health Toronto (Ontario) Jennifer Savoy, B.A. Chef, Direction des Programmes et gestion des urgences Sécurité publique Canada Ottawa (Ontario) Dallas Seitz, M.D., Ph.D. Professeur agrégé, Département de psychiatrie, Hotchkiss Brain Institute et O'Brien Institute for Public Health École de médecine Cumming, Université de Calgary Calgary (Alberta) Samina Talat, M.H.Sc. Vice-présidente associée, Innovations en santé Croix-Rouge canadienne Mississauga (Ontario) Laura Tamblyn-Watts, LLB Directrice juridique nationale, Politiques et recherche Canadian Association of Retired Persons (CARP) Toronto (Ontario) Sandy van Solm, Ph.D. Chef, Gestion des situations d’urgence/CEMC Région de Waterloo Waterloo (Ontario) Melinda Wells, MPA Directrice, Relations internationales et diplomatie humanitaire Opérations internationales Croix-Rouge canadienne Ottawa (Ontario) Ivy Wong, MPA Directrice des politiques National Institute on Ageing Toronto (Ontario) Caberry Yu, B.H.Sc., M.D.(c) Chercheuse universitaire junior National Institute on Ageing Toronto (Ontario) Lina Zita, BHA Coordonnatrice, Développement et marketing Older Adults Centres’ Association of Ontario Caledon (Ontario) 3 COLLABORATEURS À LA RÉDACTION DU RAPPORT Personnel affecté au projet Nicoda Foster MPH, Ph.D.(c) Chef de projet Projet de préparation des personnes âgées aux situations d’urgence de la CRC/NIA Bureau du directeur de gériatrie Sinai Health et University Health Network Toronto (Ontario) Laura Romero, B.Sc. Adjointe de recherche Projet de préparation des personnes âgées aux situations d’urgence de la CRC/NIA Bureau du directeur de gériatrie Sinai Health et University Health Network Toronto (Ontario) Remerciements Les auteurs souhaitent remercier Veronica Said, Dan Carbin, Peg Christensen, Daphne Horn, Chris Walsh et Allan McKee pour leur importante contribution à la rédaction du présent rapport. Shionne Hitchman, B.Sc.H. Adjointe de recherche Projet de préparation des personnes âgées aux situations d’urgence de l’ARC/AAN Bureau du directeur de gériatrie Sinai Health et University Health Network Toronto (Ontario) Elsa Nana Nzepa, B.Sc. Assistante de programme Projet de préparation des personnes âgées aux situations d’urgence de la CRC/NIA Bureau du directeur de gériatrie Sinai Health et University Health Network Toronto (Ontario) COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 4 Appuis organisationnels La Croix-Rouge canadienne en partenariat avec le National Institute on Ageing aimerait remercier les organisations ci-dessous pour leur aide et leur appui officiel au présent document. International Federation on Ageing ecagp lacgp <:JIW,Ot,Ui.r.u.DfMYOf A(;A0£1,11£ ( 1tt,1,1oDlf_tlNI: GC RIAT RIC PSYCIII.O.TltY OEG(ROHlO~YCHlAl lttE CAOT · ACE canadlan Association of Occupational Therapists Association canadienne des ergotherapeutes $ CAEPIACMU
CASW ACTS Canadian Frailty Network Reseau canadien des soins aux personnes fragilisees C GN~ ~ anadian Geron)ol?gical .f"'1.: Nursing Association ASSOCIATION (£ MEDICALE l CANADIENNE CANADIAN MEDICAL ASSOCIATION CANADIAN NURSES ASSOCIATION ~- CanAge. Alzheimer Society CANADA
CanadianAssociation .., .,. for Long Term Care CANAOl,6,N H:D[RATION OF NIJRSES UNIO»S LA F"EOERATION (ANAOIENNE DES SYNDIC ATS D'INFIRMIEAES ET INFIRHIERS t Canadian Home Care Association canadienne de soins et services a domicile Canadian Network for the Health and Housing of People Experiencing Homelessness 5 APPUIS ORGANISATIONNELS CARERS CANADA PROCHES AIDANTS au CANADA Canadian Physiotherapy Association ft NICE Association canadienne de physiotherapie National Initiative for the Care of the Elderly Initiative nationale pour le soin des personnes a.gees ' ( ' ,., Closing the Gap® HEALTHCARE - _.. ,._ CS TCM I Canadian Society for !IP L Long-Term Core Medicin1 National Pensioners f.ederat'on Nationale Federation ~ des Retra.ltes J.1Hnostmeae a SENIOR CARE ® HUllldll RKJhb do nol hc1ve d bf~I befoie d,He Health COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 6 Long Term & Continuing Care Association of Manitoba L’Association de soins continus et à long terme du Manitoba ALBERTA CONTTNUING CAREASSOC/ATTON
AdvantAge Ontario Advancing Senior Care OACAO The Voice of Older Adult Centres La voix des centres pour aines OCSA Ontario Community Support Association ¦ Provincial Geriatrics Leadership Office Region of Waterloo THE GERONTOLOGICAL NURSING ASSOCIATION ONTARIO ONTARIO LONG TERM CARE ASSOCIATION ~TDRDNm The New Brunswick Association of NURSING HOMES L'Association des FOYERS DE SOINS du Nouveau-Brunswick ~~E ONTARIO \ Bringing Health Care Home @ caAregiver ORGANIZATION OPS OUIUIIO PlfS OU, SJ PP 0 1 1 WOf)!PS A SSO CIJ 1 l II: HEALTH COMMONS SOLUTIONS LAB ~ 7 Abréviations AAN .......................................................................................................................American Academy of Nursing AVQ .........................................................................................................................Activités de la vie quotidienne ARC..........................................................................................................................................American Red Cross CARP ..................................................................................................... Canadian Association of Retired Persons CDC ................................................................ ................................... Centers for Disease Control and Prevention CVA ..................................................................................................................................Centres de vie autonome CRC ..................................................................................................................................Croix-Rouge canadienne SMU................................................................................................................................Soins médicaux d’urgence ESPT......................................................................................................................État de stress post-traumatique ANP........................................................................................................................Assistant numérique personnel EPI ............................................................................................................ Équipement de protection individuelle SAC .........................................................................................................................Conseil consultatif scientifique SMART ..............................................................................................................Triage simple et traitement rapide É.-U. ........................................................................................................................................................États-Unis ABRÉVIATIONS COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 8 Résumé Comparativement aux plus jeunes, les personnes âgées du Canada et du reste du monde subissent invariablement la plus grande proportion de décès durant et après les situations d’urgence (Fernandez, Byard, Lin, Benson, & Barbera, 2002; Mokdad, et al., 2005). En 1998 par exemple, la tempête de verglas a causé des pannes de courant dans la majorité des régions du Québec, ce qui a forcé le déplacement de 600 000 personnes, y compris des personnes âgées, et a entraîné un taux élevé de mortalité parmi les personnes âgées en raison de l’absence d’équipement de chauffage, de conditions d’hébergement sous-optimales et d’une mauvaise coordination entre les services d’urgence, et les services sociaux et de santé (Plouffe, Kang, & Kalache, 2008). Une décennie plus tard, en 2010, plus de la moitié des décès causés par la canicule au Québec touchait les personnes de 75 ans et plus (Bustinza, Lebel, Gosselin, Belanger, & Chebana, 2013). Pour les feux de forêt de 2017 en Colombie-Britannique et les inondations du printemps au Québec, les personnes âgées ont été touchées le plus durement et malheureusement, ont aussi été rendus vulnérables parce que les protocoles mal coordonnés ont causé le report des mesures d’évacuation (Global News, 2017; Roslin, 2018). Plus récemment, 97% des 10 000 premiers décès dus au COVID-19 au Canada sont survenus chez des Canadiens âgés de 60 ans et plus (Grant, 2020), et la plus grande proportion de ces décès se sont produits dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (Institut canadien d'information sur la santé, 2020; Gouvernement du Canada, 2020). Plusieurs études de recherche ont montré que ces piètres résultats sont liés à des changements physiologiques liés au vieillissement, comme les déficits liés aux sens, à la cognition et à la mobilité; les besoins en matière d’accès et de fonctionnement; l’isolement social et l’accès réduit à la famille et autres soutiens sociaux; des ressources financières limitées; et des politiques et procédures imparfaites (Al-Rousan, Rubenstein, & Wallace , 2014; Fernandez, Byard, Lin, Benson, & Barbera, 2002; Killian, Moon, McNeill, Garrison, & Moxley, 2017). En outre, l’interruption de la prestation ponctuelle des soins médicaux de routine est reconnue comme un facteur contribuant probablement à la mortalité et à la morbidité associées aux complications médicales durant les situations d’urgence, surtout dans les mois qui suivent les grandes catastrophes naturelles. La grande proportion de décès qui semble aussi se produire dans les lieux d’hébergement collectif pour les personnes âgées révèle également les problèmes fondamentaux auxquels il faudra réfléchir dans ces contextes. Le continuum des capacités des personnes âgées est vaste, il s’étend en effet de la réduction de la capacité et des déficiences physiques et cognitives, comme indiqué plus haut, aux membres actifs et engagés dans leur collectivité. Les personnes âgées devraient avoir les moyens nécessaires pour établir des liens avec leurs pairs, surtout les plus vulnérables, dans le but de s’entraider à prévoir et à se préparer à faire face aux situations d’urgence. L’on se doit également de reconnaître et d’appuyer le rôle essentiel que jouent les personnes âgées qui sont les seuls ou les principaux aidants d’autres personnes âgées, à titre de partenaire, de membre de la famille ou d’amis. Il est manifestement nécessaire de mieux préparer les Canadiens âgés vivant dans leur foyer dans la collectivité ou dans un lieu d’hébergement collectif à faire face aux situations d’urgence. Pour améliorer la préparation et la réponse aux situations d’urgence, le Canada doit bien réfléchir à des interventions de gestion des situations 9 d’urgence qui soient uniformes, collaboratrices et fondées sur les données probantes. Ces efforts exigeront plus de ressources et de capacités pour répondre aux besoins de toutes les personnes âgées en matière d’urgence, sans égard à la gamme de circonstances et de contextes dans lesquels elles vivent. En 2018, pour corriger les lacunes de préparation et de gestion des situations d’urgence et des catastrophes, les membres de la table ronde d’experts en politiques sur la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence du conseil consultatif scientifique de l’American Red Cross (ARC SAC) et de l’American Academy of Nursing (AAN) ont accepté de réaliser une revue de synthèse des données les plus récentes, et des lois et politiques en vigueur afin d’émettre une série de recommandations qui ont été examinées à nouveau et peaufinées par un comité élargi d’experts expérimentés précisément dans les domaines du travail social, de l’éducation, de la santé publique, de la recherche, des politiques en santé, de la gestion des urgences, de la gériatrie et des soins infirmiers. Après un rigoureux processus consensuel de décision, une série finale complète de 25 recommandations fondées sur les données probantes a été rédigée et entérinée par ce groupe. Le présent rapport est le prolongement et la continuité de ce travail, et il ajoute à sa cible les épidémies et pandémies. La pandémie de COVID-19 a frappé le plus durement les personnes âgées du Canada et du reste du monde. Les difficultés vécues par les Canadiens âgés ont jeté les projecteurs sur le besoin de mieux planifier la préparation ciblant l’un des groupes les plus vulnérables de la société. Ce rapport met en lumière les domaines où il est possible de mieux aider les Canadiens âgés, leurs aidants et le système au sens large à se préparer avant et à se relever après une urgence. Pour adapter les recommandations au contexte canadien, la Croix-Rouge canadienne et le National Institute on Ageing ont collaboré à un processus d’élaboration consensuel identique à celui utilisé par l’ARC et l’AAN. Le processus canadien a donné lieu à 29 recommandations d’experts fondées sur les données probantes. Ce document présente ces recommandations ainsi que leur justification pour améliorer la préparation, la réponse et les interventions de rétablissement des personnes âgées du Canada aux situations d’urgence. Aux fins d’approche collaboratrice à l’amélioration de la gestion des urgences partout au pays, les recommandations sont classées dans six domaines pertinents de gestion des urgences : 1) Personnes âgées et aidants non rémunérés; 2) Services et programmes communautaires; 3) Professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence; 4) Établissements et organisations de soins; 5) Lois et politiques; et 6) Recherche. Ces recommandations visent à proposer des interventions pouvant combler l’écart actuel en matière de préparation, de réponse et de rétablissement afin de favoriser de meilleurs résultats auprès des personnes âgées du Canada. Sommaire des recommandations 1. Domaine des personnes âgées et aidants non rémunérés Recommandation 1.1 : Les personnes âgées et leurs aidants non rémunérés doivent avoir accès à de l’information et à des ressources adaptées et faciles d’accès liées à la préparation aux situations d’urgence de même qu’à un guide d’élaboration d’un plan personnalisé de préparation aux RÉSUMÉ COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 10 situations d’urgence qui tienne compte des besoins fonctionnels et sanitaires individuels des personnes âgées ainsi que des stratégies appropriées pour favoriser la prévention des infections et des maladies. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. Recommandation 1.2 : Les personnes âgées qui dépendent d’aides à la mobilité doivent éliminer ou réduire au minimum les obstacles pouvant obstruer l’évacuation, et prendre les mesures pour assurer leur sécurité dans leur environnement. Recommandation 1.3 : Si les agences locales de réponse aux situations d’urgence ont mis sur pied un registre de personnes ayant des besoins fonctionnels ou autres, y compris les personnes handicapées, les personnes âgées et/ou leur aidant non rémunéré devrait s’y inscrire afin de recevoir l’aide nécessaire durant les situations d’urgence. Recommendation 1.4: Les personnes âgées ayant un déficit sensoriel, comme une perte visuelle ou auditive, doivent prendre des précautions supplémentaires pour se préparer aux situations d’urgence. Recommandation 1.5 : Les personnes âgées vivant avec une maladie chronique doivent maintenir une liste à jour de leurs affections médicales, traitements (médicaments, équipement médical durable, fournitures et autres besoins de soins de santé), professionnels de la santé et personnes à contacter en cas d’urgence, y compris un mandataire. Recommandation 1.6 : Les personnes âgées qui prennent des médicaments doivent collaborer avec leurs professionnels de la santé pour veiller à avoir un approvisionnement d’au moins 30 jours de médicaments durant une situation d’urgence. Recommandation 1.7 : Les personnes âgées qui dépendent d’un dispositif médical électrique doivent s’assurer d’avoir une alimentation électrique de secours, surtout si le dispositif sera utilisé durant un confinement.
Les personnes âgées et/ou les aidants non rémunérés doivent communiquer à l’avance avec le distributeur d’électricité pour parler de leurs besoins et s’assurer de la disponibilité d’une source d’alimentation électrique de secours et surtout, parler du besoin de recharger les téléphones cellulaires et autres appareils sans fil.
Les personnes âgées et/ou les aidants non rémunérés doivent obtenir de l’aide pour avoir et entretenir une alimentation électrique de secours à domicile, au besoin, comme lorsqu’elle est nécessaire dans les régions rurales pour déplacer de l’équipement lourd et de l’essence ou accéder à ces ressources, et faire fonctionner cet équipement. Recommandation 1.8 : Il faut encourager les personnes âgées à continuer d’entretenir un réseau d’entraide local vers lequel elles peuvent se tourner durant une catastrophe ou une situation d’urgence imminente, surtout si elles vivent seules ou s’il est difficile d’accéder à la famille. Recommandation 1.9 : Les aidants non rémunérés des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et/ou d’autres démences doivent recevoir de l’aide pour détecter les signes de détresse, d’anxiété ou de confusion, faire appel à des stratégies pour détourner l’attention, et les aider à rester calmes durant les situations d’urgence. De plus, les aidants non rémunérés doivent être prêts à prévenir l’égarement, et doivent avoir un plan en place pour situer la personne qu’ils soignent si elle s’égare ou nécessite une intervention médicale durant une situation d’urgence. 11 RÉSUMÉ 2. Domaine des services et programmes communautaires Recommandation 2.1 : Faciliter l’accès aux programmes communautaires adaptés qui renseignent les personnes âgées et leurs aidants non rémunérés sur les situations d’urgence pouvant survenir dans leur région et comment s’y préparer et y répondre. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété.
Les programmes et organisations communautaires doivent collaborer avec les autorités de santé publique de la région pour créer et distribuer des ressources d’éducation sur le contrôle des infections, et les pratiques de prévention des maladies et des blessures à l’intention des personnes âgées et leurs aidants non rémunérés durant les situations d’urgence. Recommandation 2.2 : Les programmes qui offrent aux personnes âgées des services de secours aux sinistrés et/ou des services communautaires essentiels, comme les Popotes roulantes, et d’aide à la vie quotidienne (services financiers, médicaux, d’hygiène personnelle, d’alimentation et de transport) doivent recevoir une formation sur la préparation aux situations d’urgence. Ces programmes doivent également élaborer un plan et protocole afin de répondre adéquatement aux besoins de leurs clients durant une situation d’urgence, et y adhérer. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. Recommandation 2.3 : Les programmes communautaires qui fournissent aux personnes âgées des services de santé et d’hygiène à domicile doivent intégrer des stratégies visant à réduire au minimum le contact personnel non nécessaire et à utiliser les ressources (p. ex. équipement de protection individuelle, tel que jaquettes, masques, gants, désinfectant pour les mains, etc.) dans leurs plans et protocoles de préparation aux situations d’urgence. Recommandation 2.4 : Les gouvernements locaux doivent avoir recours aux données identifiant les personnes à risque afin de permettre aux intervenants d’urgence de prioriser les efforts de recherche et de sauvetage après une situation d’urgence. 3. Domaine des professionnels de la santé et du personnel de réponse aux situations d’urgence Recommandation 3.1 : Les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence doivent recevoir une formation sur les soins gériatriques pertinents à leur discipline et comment venir en aide aux personnes âgées et à leurs aidants non rémunérés avant, durant et après une urgence. La formation supplémentaire doit également les sensibiliser aux pratiques exemplaires et précautions nécessaires pour réduire le risque de contagion durant la réponse à une situation d’urgence. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. Recommandation 3.2 : Les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence doivent s’efforcer de réduire les conséquences négatives chez les personnes âgées durant et après une situation d’urgence en adoptant des stratégies conçues pour protéger COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 12 la santé physique et mentale des personnes âgées avec lesquelles ils pourraient entrer en contact. Ces stratégies consistent à évaluer le bien-être psychologique des personnes âgées à la recherche de signes de détresse et de dispenser les traitements appropriés ou de les aiguiller en spécialité, le cas échéant. Recommandation 3.3 : Les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence doivent recevoir une formation de sensibilisation aux cultures afin de dispenser des soins et de l’aide appropriés aux personnes âgées de différentes origines culturelles et religieuses avant, durant et après une urgence. Les prestataires doivent avoir des options à leur disposition pour venir en aide aux personnes âgées et leur aidants non rémunérés qui se heurtent à la barrière de la langue ou à des obstacles culturels pour accéder aux services d’aide (p. ex. traducteurs, matériel écrit en langues autres que l’anglais et le français, etc.). Cela est d’importance particulière pour le personnel qui intervient auprès des peuples autochtones, dans des milieux communautaires diversifiés et durant une évacuation en réponse à une urgence. 4. Domaine des établissements et organisations de soins Recommandation 4.1 : Les établissements et organisations de soins doivent inclure une formation sur la préparation et la réponse aux situations d’urgence dans leur programme de formation systématique du personnel.
Utiliser les pratiques et outils éducatifs multimodaux pour favoriser l’acquisition des connaissances et le changement de comportement.
Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. Recommandation 4.2 : Durant le processus standardisé actuel de transfert des soins, il convient d’ajouter d’autres stratégies visant à améliorer la collecte et le transfert des renseignements pouvant identifier une personne et des anamnèses médicales pour favoriser le suivi efficace, la relocalisation et les soins du patient durant une situation d’urgence. Recommandation 4.3 : Les établissements et organisations de soins doivent s’efforcer d’élaborer des plans d’urgence complets qui incluent une stratégie de réponse efficace pour protéger les personnes âgées contre les éclosions de maladie infectieuse. Ces stratégies doivent refléter les normes fondées sur les données probantes auxquelles des organisations telles Prévention et contrôle des infections Canada (PCI) souscrivent.
Les établissements de soins doivent aussi évaluer régulièrement et faire tomber les obstacles à la mise en oeuvre du plan d’urgence qui repose sur leurs pratiques habituelles. 5. Domaine des lois et politiques Recommandation 5.1 : Un comité consultatif national doit être mis sur pied pour éclairer l’élaboration d’un programme de préparation, de réponse et de rétablissement des Canadiens âgés. Les représentants des Canadiens âgés et de leurs aidants non rémunérés doivent participer afin de veiller à ce que leur point de vue y soit reflété. Recommandation 5.2 : Toutes les provinces et tous les territoires doivent encourager la mise en place durant l’année ou avant une urgence imminente d’une période d’achats de produits hors taxes de préparation aux situations d’urgence. 13 RÉSUMÉ Les gouvernements doivent également verser un financement ciblé pour aider/subventionner directement l’achat de trousses de préparation aux situations d’urgence par les Canadiens âgés. Les articles couverts doivent inclure une liste convenue d’accessoires d’urgence (telles que piles, générateurs portatifs, échelles de secours, radios, sacs de glace), d’airs climatisés, d’équipement de protection individuelle (p. ex. masques, gants, désinfectant pour les mains) et d’autres aides à la mobilité (canes, déambulateurs, etc.). Recommandation 5.3 : Toutes les provinces et tous les territoires doivent encourager la création d’un processus ou d’un programme national d’octroi de permis d’exercer au personnel infirmier, médecins, personnel paramédical et autres prestataires de services médicaux d’urgence leur permettant de dispenser bénévolement des soins médicaux d’urgence à l’extérieur des frontières provinciales et territoriales durant un état d’urgence déclaré. Recommandation 5.4 : Tous les gouvernements provinciaux et territoriaux doivent appuyer les exigences législatives qui obligent les lieux d’hébergement collectif (p. ex. centres de soins infirmiers, résidences-services et maisons de retraite) de mettre à jour et de soumettre régulièrement leur plan d’urgence qui décrit les mesures et les contingences à prendre en situation d’urgence. Ces plans doivent inclure :
Un générateur de secours en cas de panne de courant prolongée, et un plan coordonné avec les agences communautaires pertinentes (p. ex. service municipal d’incendies) pour assurer l’évacuation efficace.
Les directives concernant les interventions appropriées (p. ex. isolement, port du masque, éloignement physique) pour contrôler et prévenir les éclosions et la contagion dans la population durant une situation d’urgence.
Seuils clairs de régulation de la température, précisément les températures maximales et minimales permises en fonction des normes de santé professionnelles et environnementales, et les mesures à prendre pour régler la température et réduire les fluctuations au minimum.
Un résumé du nombre d’employés devant être maintenu durant une situation d’urgence pour minimiser les interruptions des soins et/ou des services. Toutes les provinces et tous les territoires doivent s’efforcer d’uniformiser les exigences en matière de plan d’urgence dans les lieux d’hébergement collectif conformément aux priorités énoncées dans la Stratégie de sécurité civile pour le Canada 2019 et veiller à ce que les plans d’urgence des lieux d’hébergement collectif soient alignés aux directives énoncées dans les plans d’urgence et de pandémie de leur province ou territoire. Recommandation 5.5 : Toutes les provinces et tous les territoires doivent adopter une approche uniforme favorisant la collaboration entre prescripteurs et dispensateurs (c.-à-d. pharmaciens communautaires) locaux de produits pharmaceutiques, médecins et infirmières praticiennes afin de pouvoir remettre aux personnes atteintes d’une affection chronique un approvisionnement adéquat de médicaments d’ordonnance avant ou durant une situation d’urgence. Cette approche doit également souligner le besoin que les prestataires pharmaceutiques, les hôpitaux et les organismes de secours collaborent pour veiller à ce que les hôpitaux, organismes de secours et refuges d’évacuation aient à leur disposition un approvisionnement adéquat de médicaments d’ordonnance.
Toute personne doit pouvoir obtenir un approvisionnement de 30 jours de ses médicaments d’ordonnance d’urgence avant et durant une situation d’urgence. COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 14 6. Domaine de la recherche Recommandation 6.1 : Il faut prioriser la création d’efforts de financement et de recherche afin de mieux contribuer à l’élaboration d’un cadre commun de mesure de la qualité et du niveau de préparation aux situations d’urgence au sein des établissements, organisations, fournisseurs rémunérés, organisations communautaires et autres groupes qui travaillent principalement auprès des personnes âgées et de leurs aidants non rémunérés durant et après une situation d’urgence. Recommandation 6.2 : Un plus grand effort concerté est nécessaire pour utiliser les conclusions découlant des données étayant la planification, la conception et le peaufinage de plus d’interventions, de politiques et de règlements fondés sur les données probantes liés à la préparation aux situations d’urgence des personnes âgées et des aidants non rémunérés, de même que des organisations et fournisseurs rémunérés qui auront la responsabilité de répondre à leurs besoins durant et après une situation d’urgence. Recommandation 6.3 : Il faut créer un réseau de chercheurs, de personnes âgées, d’aidants non rémunérés, de bénévoles et de prestataires dédié à la préparation aux situations d’urgence afin d’encourager les partenariats à poursuivre l’évaluation non rémunérée des interventions de préparation aux situations d’urgence ciblant les personnes âgées. Les membres du réseau doivent revendiquer une plus grande concentration de la recherche sur la préparation aux situations d’urgence auprès des sociétés et revues savantes dont ils sont membres. Recommandation 6.4 : La recherche sur les aidants non rémunérés et la préparation aux situations d’urgence est nécessaire afin de mieux informer les aidants non rémunérés de la façon de prendre soin de leurs parents et amis vulnérables durant une situation d’urgence. Recommandation 6.5 : La recherche sur la préparation et la réponse aux situations d’urgence dans les collectivités canadiennes et les lieux d’hébergement collectif pour personnes âgées (p. ex. centres de soins infirmiers, maisons de retraite et foyers de groupe et résidences-services) est nécessaire. Elle doit :
Déterminer le niveau actuel de préparation dans ces environnements de même que souligner les défis qui font obstacle à la préparation.
Caractériser l’impact de l’urgence sur la population âgée et nommer les pratiques exemplaires émergentes sur la façon de composer avec les urgences futures. 15 GÉNÉRALITÉ ET CONTEXTE L’état actuel des conséquences d’une urgence sur les personnes âgées du Canada Les catastrophes naturelles et pandémies de maladies infectieuses sont les deux urgences les plus fréquentes qui posent un grand risque à la santé et la sécurité publiques parce qu’elles bousculent le fonctionnement quotidien d’une population. Ainsi, les efforts de préparation et de réponse aux situations d’urgence doivent inclure des stratégies à petite et à grande échelle conçues pour minimiser les effets nocifs, surtout au sein des groupes vulnérables comme les personnes âgées, définies comme les personnes de 65 ans et plus. Depuis dix ans, plusieurs urgences d’envergure ont mis au jour les vulnérabilités particulières des personnes âgées qui ont été le plus touchées par ces urgences. En 1998 par exemple, la tempête de verglas a causé des pannes de courant dans la majorité des régions du Québec, ce qui a forcé le déplacement de 600 000 personnes, y compris des personnes âgées, et a entraîné un taux élevé de mortalité parmi les personnes âgées en raison de l’absence d’équipement de chauffage, de conditions d’hébergement sous-optimales et d’une mauvaise coordination entre les services d’urgence, et les services sociaux et de santé (Plouffe, Kang, & Kalache, 2008; Steuter-Martin & Pindera, 2018). Une décennie plus tard, en 2010, plus de la moitié des décès causés par la canicule au Québec touchait les personnes de 75 ans et plus (Bustinza, Lebel, Gosselin, Belanger, & Chebana, 2013). Pour les feux de forêt de 2017 en Colombie-Britannique et les inondations du printemps au Québec, les personnes âgées ont été touchées le plus durement et malheureusement, ont aussi été rendus vulnérables parce que les protocoles mal coordonnés ont causé le report des mesures d’évacuation (Global News, 2017; Roslin, 2018). Plus récemment, 97% des 10 000 premiers décès dus au COVID-19 au Canada sont survenus chez des Canadiens âgés de 60 ans et plus (Grant, 2020), et la plus grande proportion de ces décès se sont produits dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (Institut canadien d'information sur la santé, 2020; Gouvernement du Canada, 2020). Près de 1700 éclosions ont été signalées dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée, ce qui représente environ 80% de tous les décès dus au COVID-19 au Canada (Institut canadien d'information sur la santé, 2020; NIA Long-Term Care COVID-19 Tracker Open Data Working Group, 2020). L’impact des urgences comme les catastrophes naturelles et les pandémies de maladie infectieuse sur les personnes âgées se limite rarement à la situation d’urgence en soi. L’interruption des soins médicaux, surtout pour les personnes atteintes d’une maladie chronique, multiplie les morbidités et mortalités durant une situation d’urgence d’envergure et dans les mois subséquents. Malgré les lacunes des efforts de préparation et de réponse aux situations d’urgence mis en lumière depuis dix ans, les personnes âgées subissent toujours une plus grande proportion de mortalité et de déclin de la santé liés aux situations d’urgence, tout en continuant de rapporter un taux inférieur de préparation aux situations d’urgence. (Al- Rousan, Rubenstein, & Wallace , 2014; Brunkard, Namulanda, & Ratard, 2008; Cherniack, Sandals, Brooks, & Mintzer, 2008; Gibson & Hayunga, 2006; Kosa, Cates, Karns, Godwin, & Coppings, 2012; Mokdad, et al., 2005; Marshall, Ryan, Robertson, Street, & Watson, 2009). Alors que les baby-boomers continuent de vieillir, on s’attend à ce que la population de personnes de 65 ans et plus explose au Canada dans les prochaines décennies. En 2030, la proportion de la population totale canadienne de 65 ans et plus Généralité et contexte COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 16 passera de 17,2 à 23,4 % de la population totale de 2018 (Statistique Canada, 2020). On projette que cette proportion augmente pour atteindre plus de 29,5 % de la population totale en 2068 (Statistique Canada, 2020). Cette croissance rapide de la population de Canadiens âgés intensifiera la demande de services d’urgence pour répondre aux besoins en matière de préparation, de réponse et de rétablissement des personnes le plus à risque de conséquences négatives aux situations d’urgence. Le besoin de multiplier les services appropriés à l’âge de réponse aux situations d’urgence est aussi souligné par l’augmentation prévue de la fréquence et de la sévérité des phénomènes météorologiques extrêmes pouvant en retour entraîner des épidémies de maladie infectieuse lorsqu’ils changent les conditions humaines ou exacerbent des affections de santé existantes (Field, Barros, Dokken, Mach, & Mastrandrea, 2014; Kouadio, Aljunid, Kamigaki, Hammah, & Oshitani, 2012). Outre les épidémies de maladie infectieuse après une catastrophe, la fréquence et le risque d’épidémie et de pandémie sont toujours imminents vu la densité de la population dans les métropoles et l’ouverture des frontières qui facilitent les voyages et la migration d’un pays à l’autre. En conséquence, plus d’efforts seront nécessaires pour assurer la sécurité des personnes âgées dans le domaine général de la gestion des situations d’urgence auprès de cette population grandissante, et surtout ceux qui vivent en lieu d’hébergement collectif. Les études ont mis en lumière les facteurs socioéconomiques qui rendent les personnes âgées plus vulnérables aux conséquences négatives durant et après les situations d’urgence, et les déficits présents à divers niveaux de la gestion des situations d’urgence pour répondre aux vulnérabilités de ce groupe (Aldrich & Benson, 2008; Banks, 2013; Bustinza, Lebel, Gosselin, Belanger, & Chebana, 2013; Tricco, Lillie, Soobiah, Perrier, & Straus, 2013). Notamment, on a observé que comparativement à leurs cadets, les personnes âgées subissaient plus de conséquences négatives durant une situation d’urgence en raison de leurs capacités et défis complexes et individuels. Des changements commencent à s’opérer avec le vieillissement, tel que l’affaiblissement naturel et graduel du système immunitaire appelé immunosénescence, de plus grandes chances d’être atteint d’une maladie chronique ou de plusieurs morbidités, l’isolement social et le déclin du fonctionnement sensoriel, cognitif et physique (Aldrich & Benson, 2008; Kosa, Cates, Karns, Godwin, & Coppings, 2012). Alors que ces changements sont suffisamment bien gérés par la personne âgée au quotidien, les situations d’urgence comme une catastrophe naturelle et une pandémie de maladie infectieuse bouleversent l’accès aux ressources et au soutien, et exposent les personnes âgées qui ont des besoins complexes à un plus grand risque de conséquences négatives. La gestion déjà faible des situations d’urgence auprès des personnes âgées est encore plus affaiblie par le faible niveau d’éducation et de formation précisément sur les situations d’urgence et les personnes âgées; la prestation limitée de programmes de formation communautaires à l’intention des personnes âgées et de leurs aidants non rémunérés; les lois et règlements qui font obstacle à la préparation individuelle; et l’absence d’une approche uniformisée de préparation aux situations d’urgence au pays (Pesiridis, Galanis, Sourtzi, & Kalokairinou, 2014; Scott, Carson, & Greenwell, 2010; Wyte-Lake, Claver, Griffin, & Dobalian, 2014). Le continuum des capacités des personnes âgées est vaste, il s’étend en effet de la réduction de la capacité et des déficiences physiques et cognitives, comme indiqué plus haut, aux membres actifs et engagés dans leur 17 GÉNÉRALITÉ ET CONTEXTE collectivité. Les personnes âgées devraient avoir les moyens nécessaires pour établir des liens avec leurs pairs, surtout les plus vulnérables, dans le but de s’entraider à prévoir et à se préparer à faire face aux situations d’urgence. L’on se doit également de reconnaître et d’appuyer le rôle essentiel que jouent les personnes âgées qui sont les seuls ou les principaux aidants d’autres personnes âgées, à titre de partenaire, de membre de la famille ou d’amis. Pour combler les lacunes de la préparation aux situations d’urgence, les membres de la table ronde d’experts en politiques sur la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence du conseil consultatif scientifique de l’American Red Cross (ARC SAC) et de l’American Academy of Nursing (AAN) ont accepté de réaliser une revue de synthèse des données les plus récentes, et des lois et politiques en vigueur afin d’émettre une série de recommandations qui ont été examinées à nouveau et peaufinées par un comité élargi d’experts expérimentés précisément dans les domaines du travail social, de l’éducation, de la santé publique, de la recherche, des politiques sanitaires, de la gestion des urgences, de la gériatrie et des soins infirmiers. Après un rigoureux processus consensuel de décision, une série finale complète de 25 recommandations fondées sur les données probantes a été rédigée et entérinée par ce groupe. Pour adapter ces travaux au contexte canadien, les membres du conseil consultatif scientifique de l’ARC de la Croix-Rouge canadienne (CRC) et du National Institute on Ageing (NIA) se sont penchés sur les conclusions de l’ARC/AAN, ont examiné d’autres publications canadiennes pertinentes et les aspects politiques et législatifs et ont tenu, en mai 2019, une table ronde d’experts en politiques sur la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence du Canada à Toronto, en Ontario. La table ronde canadienne a réuni 18 experts d’une gamme de secteurs, dont travail social, éducation, recherche, politiques sanitaires, gestion des situations d’urgence, gériatrie et soins infirmiers. La table ronde d’experts en politiques a examiné les 25 recommandations originales de l’ARC/AAN, en particulier les recommandations législatives, qui avaient été adaptées au contexte canadien, et toute donnée supplémentaire s’appliquant aux Canadiens âgés. La majorité des recommandations s’appliquaient généralement au Canada et la table ronde les a jugées appropriées et les a entérinées. L’arrivée subséquente de la pandémie de COVID-19 a invité un examen élargi des publications savantes pour se concentrer sur les pandémies de maladie infectieuse et les occasions de réduire l’écart dans la préparation. Le groupe de référence du présent rapport a initialement émis 26 recommandations finales qui visaient à mettre en place des changements liés à la préparation aux situations d’urgence dans les domaines pertinents de gestion des urgences suivants : 1) personnes âgées et aidants non rémunérés; 2) services et programmes communautaires; 3) professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence; 4) établissements et organisations de soins; 5) lois et politiques; et 6) recherche. La décision prise plus tard par la CRC/NIA d’élargir la portée du rapport pour inclure la préparation aux pandémies de maladie infectieuses a finalement donné un total de 29 recommandations présentées dans le présent document. Approche d’élaboration des recommandations du rapport Examen exploratoire initial et élaboration d’un cadre analytique écologique Au début de ce projet, les membres de la table ronde d’experts en politiques sur la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence du conseil consultatif scientifique de l’American Red Cross COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 18 (ARC SAC) et de l’American Academy of Nursing (AAN) ont entrepris un examen exploratoire des facteurs liés à l’âge rendant les personnes âgées plus vulnérables aux conséquences néfastes durant et après une situation d’urgence, avec comme cible principale les catastrophes naturelles d’envergure. Aux fins de l’examen exploratoire, une catastrophe désignait un phénomène naturel ou causé par l’homme qui entraîne interruptions ou pertes de vie. Les catastrophes s’inscrivant dans cette définition étaient : inondations, ouragans, tornades, explosions nucléaires et catastrophes complexes. Les catastrophes découlant d’agents malicieux biologiques ou chimiques, et le terrorisme étaient exclus. L’impact des catastrophes naturelles est de grande portée et entraîne parfois d’autres types de catastrophes qui, quoiqu’elles soient non intentionnelles, sont importantes et causent des dommages. Les catastrophes des soins de santé pouvant être définies comme une catastrophe qui empêche l’accès aux soins de santé durant une situation d’urgence en est un exemple (Swathi, Gonzalez, & Delgado, 2017). Une catastrophe des soins de santé se produit également lorsque les effets destructeurs d’une catastrophe naturelle paralyse la réponse d’une région ou d’une collectivité à la demande en matière de soins de santé (Zibulewsky, 2001). Il importe de souligner le lien causal certain entre les catastrophes naturelles et les catastrophes des soins de santé, puisque les catastrophes naturelles entraînent parfois des ratés de la réponse du système de santé aux besoins de services après une situation d’urgence laissant les collectivités touchées sans services de santé. La portée et la cible de cette recherche se limitaient principalement aux catastrophes naturelles, et la recherche a parfois produit des résultats dont le contenu se chevauche. On a observé que sept facteurs rendaient les personnes âgées plus vulnérables aux conséquences néfastes durant et après une situation d’urgence : une prévalence accrue de maladies chroniques, des déficits physiques, cognitifs et sensoriels, un faible réseau social, des problèmes d’accessibilité et d’équité et des ressources financières limitées. Cette revue de synthèse a également relevé les domaines des personnes âgées et aidants non rémunérés, des programmes et services communautaires, des professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence, des établissements et organisations de soins, des politiques et lois et de la recherche comme des domaines pertinents pouvant contribuer à la gestion des catastrophes et urgences auprès des personnes âgées. Il a été déterminé que la préparation adéquate aux situations d’urgence dépend de la synergie entre les domaines pertinents de la gestion des urgences dans le but de limiter les facteurs qui créent une plus grande vulnérabilité chez les personnes âgées durant les urgences. Le domaine de la recherche enveloppe cinq des six domaines de gestion des urgences, et les sept facteurs de vulnérabilité. La recherche relève et comble les lacunes en matière de connaissances et de comportements. La théorie écologique de Bronfenbrenner a été adaptée pour illustrer l’interaction entre les sept facteurs de vulnérabilité et les six domaines de gestion des urgences identifiés (Figure 1). 19 GÉNÉRALITÉ ET CONTEXTE Processus de revue systématique Une revue systématique des publications scientifiques a subséquemment été réalisée avec la portée élargie de la version canadienne qui mettait l’accent sur la préparation aux pandémies et la propagation des maladies infectieuses en plus du thème original de la préparation aux catastrophes naturelles. La revue systématique visait à examiner parmi les six domaines de gestion des urgences auprès des personnes âgées préalablement cités, les lacunes existantes de la préparation aux situations d’urgence causées par une pandémie (voir la Figure 1) et de déterminer quelles étaient les interventions réussies. Aux fins de la portée élargie, une pandémie était définie comme « une épidémie survenant dans le monde entier, ou dans une région très vaste qui traverse les frontières internationales et qui touche habituellement un grand nombre de personnes » (Kelly, 2011). La préparation était définie comme la capacité de répondre à une menace de santé publique, dont les catastrophes naturelles et les éclosions de maladie infectieuse (Patel, et al., 2008). La revue était guidée par les six questions de recherche ci-dessous, à partir desquelles des recommandations fondées sur les données probantes ont été formulées. 1. Domaine des personnes âgées et aidants non rémunérés Question 1 : Quels sont les facteurs qui rendent les personnes âgées plus vulnérables aux conséquences Recherche Personnes âgées et aidants Finances Établissements et organisations de soins (politiques et procédures du système) Professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence Services et programmes communautaires Recherche Politiques/Lois Figure 1. D’après : Bronfenbrenner, U (1977). Toward an experimental ecology of human development. American Psychologist, 32, 513- 531. / COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 20 négatives durant une situation d’urgence comparativement à leurs cadets? 1.1. Y a-t-il des facteurs liés à l’âge et/ou à la capacité fonctionnelle qui font que les personnes âgées sont plus vulnérables aux conséquences négatives que leurs cadets? 1.2.
Quelle est l’incidence de la détresse psychologique chez les personnes âgées après une situation d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie) comparativement à leurs cadets?
Y a-t-il une différence de l’incidence de détresse psychologique chez les personnes âgées entre les différents facteurs sociodémographiques (c.-à-d. éducation, revenu, race, géographie, etc.) après une situation d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)?
Y a-t-il une différence de l’incidence de détresse psychologique chez les personnes âgées atteintes de démence, de troubles liés à la démence ou d’autres déficits cognitifs? 1.3. Y a-t-il des mesures spécifiques devant être prises par les aidants des personnes âgées pour réduire au minimum les conséquences négatives sur les personnes âgées qu’ils soignent durant ou après une situation d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? 2. Domaine des programmes et services communautaires Question 2 : Quelles sont les stratégies et ressources pouvant être utilisées dans la communauté et les programmes pour améliorer la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? 2.1. Avons-nous besoin de plus de stratégies de soins de soutien axés sur la population âgée pour mieux préparer les personnes âgées et/ ou leurs aidants familiaux aux situations d’urgence? 2.2. Les ressources classiques de préparation aux situations d’urgence sont-elles efficaces pour favoriser l’acquisition de connaissances et les changements de comportement parmi les personnes âgées et/ou leurs aidants familiaux à faible niveau d’alphabétisation ou qui ne parlent pas le français ni l’anglais couramment? 2.3. Quelles formes de communication sont les plus efficaces pour communiquer aux personnes âgées et/ou à leurs aidants familiaux les instructions sur la préparation, les avertissements et les messages concernant l’accès aux ressources de rétablissement durant l’imminence d’une situation d’urgence?
Quels types d’intervention communautaire ou à but non lucratif peuvent être mis de l’avant pour favoriser le rétablissement positif des personnes âgées et/ou de leurs aidants familiaux après une situation d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? 3. Domaine des professionnels de la santé et du personnel de réponse Question 3 : Quelles sont les stratégies et ressources pouvant être utilisées pour améliorer la réponse urgente des professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence durant et après une urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? 21 3.1. Faut-il augmenter le recours aux stratégies de triage gériatrique durant l’évaluation des besoins des personnes âgées avant et durant une situation d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? 3.2. Quelles sont les méthodes de formation axées sur l’âge et la capacité fonctionnelle que les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence doivent adopter lorsqu’ils soignent et viennent en aide à des personnes âgées à capacités et limites variées durant une situation d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)?
Quelles sont les méthodes d’enseignement du contenu axé sur l’âge et la capacité fonctionnelle qui favorisent le plus efficacement l’acquisition des connaissances et les changements de comportement? 3.3. Quelles sont les compétences de base ou les aptitudes dont les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence ont besoin pour favoriser la prestation de soins sécuritaires et adaptés aux différences culturelles durant une situation d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie) auprès des personnes âgées dont les croyances et préférences culturelles et religieuses diffèrent des leurs?
Des accommodements précis sont-ils nécessaires dans les cas de déplacement des anciens des peuples autochtones après une situation d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)?
Les méthodes d’aide aux Autochtones (dans les réserves et à l’extérieur) et aux autres personnes âgées racialisées vivant au Canada sont-elles différentes? 4. Domaine des établissements et des organisations de soins Question 4 : Quelles sont les stratégies et les ressources pouvant être utilisées dans les établissements et organisations pour améliorer les efforts de préparation et de rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? 4.1 Avons-nous besoin de plus de stratégies de soins de soutien ou d’éléments de conception gériatriques pour mieux préparer les établissements et les organisations (agences de secours et refuges) qui pourraient devoir dispenser des soins aux personnes âgées durant ou après une situation d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? 5. Domaine des lois et politiques Question 5 : A-t-on formulé ou adopté des lois ou des politiques locales, provinciales ou fédérales visant à améliorer les efforts de préparation et de rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? 5.1. Existe-t-il des données montrant l’efficacité ou l’impact positif d’une loi ou d’une politique en particulier? 5.2. Y a-t-il des données qui laissent entendre que toute loi ou politique actuelle pourrait contrevenir à ce que les données existantes pourraient étayer? 6. Domaine de la recherche Question 6 : Quelles lacunes en matière de recherche ou de données ont été relevées dans les publications qui pourraient mieux éclairer les efforts visant à améliorer la préparation et le rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence? GÉNÉRALITÉ ET CONTEXTE COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 22 Stratégie de la recherche La recherche dans les publications savantes comptait deux phases. La phase un portait sur les catastrophes naturelles et a eu lieu entre les mois de juin 2017 et avril 2019. La phase deux portait sur les pandémies de maladie infectieuse et a eu lieu entre les mois de mars et mai 2020. Dans les deux phases, la recherche s’est limitée aux bases de données MEDLINE, HealthStar, UpToDate, Clinical Key, EBSCOhost, Cochrane, CINAHL, Scopus et Google Scholar contenant des publications pertinentes aux domaines de la médecine, de la santé publique, des soins infirmiers et des soins de santé. Une recherche manuelle dans les références des articles pertinents a également été effectuée. La recherche de la phase un était limitée aux articles publiés en anglais entre 2008 et 2019. La phase deux n’était pas limitée à une date, mais elle s’en est tenue aux articles publiés en anglais. Les paramètres de la recherche visaient à relever les lacunes des données existantes fondées sur les lignes directrices publiées par des agences et autorités de santé publique établies telles que l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Santé publique Ontario (SPO), etc. Sélection des études Le processus de sélection et de présélection était identique dans les deux phases. Les titres et résumés des articles proposés ont été épluchés pour en tirer les articles révisés par les pairs pouvant faire l’objet d’un examen du texte intégral. Les articles ont été choisis en fonction des critères d’inclusion suivants : titres et résumés contenant les mots-clés de la recherche ou un contenu pertinent aux résultats de la gestion des situations d’urgences liés à l’un des six domaines identifiés. Les populations pertinentes de personnes âgées étaient celles vivant en résidence-service, centre de soins infirmiers, indépendamment dans leur domicile, et celles qui étaient confinées ou sansabri. La population de l’étude n’était pas limitée par l’emplacement géographique. Tous les articles qui répondaient aux critères d’inclusion ont été sauvegardés dans le gestionnaire de références Mendeley aux fins d’examen et de référence futures. Les documents législatifs et politiques ont été relevés à l’aide de Google. Une recherche visant à identifier les lignes directrices établies sur les pratiques exemplaires de contrôle des infections a également été réalisée sur Google. Au total, les recherches ont abouti à 4390 articles de revues savantes ainsi qu’à 15 documents législatifs et politiques et 19 lignes directrices. Après la sélection et l’examen du texte intégral, 52 articles révisés par les pairs ont été choisis aux fins d’extraction des données et d’inclusion, en plus des 15 documents législatifs et politiques et des 19 lignes directrices. L’examen des conclusions a généré 29 recommandations fondées sur les données probantes. Revue des médias et analyse du contenu des rapports Vu que le domaine 5 portait sur les politiques et les lois, une revue des médias a été réalisée parallèlement afin de repérer les rapports médiatiques, documents de discussion et documents législatifs et politiques à l’échelle provinciale et fédérale. Une analyse du contenu des rapports médiatiques surtout a été réalisée afin d’identifier les catastrophes ou situations d’urgence survenues au Canada sans avoir attiré l’attention des publications savantes entre 2008 et 2018. Les rapports médiatiques ont été examinés pour y relever les statistiques rapportées sur les victimes ou le nombre de personnes touchées. La revue portait surtout sur les régions rurales et éloignées et sur les populations des Premières Nations, des Inuit et des Métis du Canada. Les thèmes clés ont 23 été déterminés à partir de l’analyse du contenu puis ont été intégrés dans le livre blanc. Entrevues auprès des experts Pour recueillir l’information sur la préparation, la réponse et le rétablissement des anciens des peuples autochtones du Canada, la Croix-Rouge canadienne (CRC) a entrepris une série d’entrevues auprès du personnel provincial de réponse aux situations d’urgence de quatre provinces afin de mettre en lumière les principaux enjeux et pratiques exemplaires observés durant la collaboration avec les peuples autochtones aux activités de préparation, de même que lorsque la CRC a participé aux opérations d’évacuation et de rétablissement. Les thèmes ressortis de ces entrevues ont éclairé le texte de la recommandation 3.3. Processus de prise de décision consensuelle En juin 2018, la table ronde d’experts en politiques sur la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence du conseil consultatif scientifique de l’American Red Cross (ARC SAC) et de l’American Academy of Nursing (AAN) a évalué les conclusions de notre revue scientifique et la faisabilité des recommandations sur la table. Pour favoriser l’évaluation des recommandations et des éventuelles lacunes qu’il restait dans la préparation aux situations d’urgence, un processus de prise de décision consensuelle a été adapté à la table ronde d’experts en politiques puisqu’il est une méthode efficace pour faciliter la contribution de tous à une solution ou à une intervention en encourageant le dialogue dans le but de tenir compte de l’opinion et des préoccupations de chacun des experts participant et d’y réfléchir (Seeds for Change, 2010). La prise de décision consensuelle est un processus de résolution des problèmes dont le but est d’élaborer des solutions avec lesquelles tous les collaborateurs sont d’accord. Elle s’oppose au vote, lequel génère des solutions qui reflètent l’opinion et la satisfaction de la majorité des collaborateurs et non du groupe en entier (Seeds for Change, 2010). Dix-neuf experts ont été invités à siéger à la table ronde des experts en politiques; cependant, seuls 15 ont pu y participer. Le groupe final était composé d’experts de milieux variés liés à la préparation des personnes âgées aux catastrophes, dont travail social, éducation, santé publique ou recherche en santé publique, politiques sanitaires, gestion des situations d’urgence, gériatrie et soins infirmiers. Pour susciter au mieux l’intérêt à l’égard des sujets de discussions en groupe, tous les participants ont reçu par courriel une copie du résumé des tableaux synoptiques créés après la revue systématique américaine de la littérature. Cela a donné aux participants la chance de se familiariser avec les conclusions ayant servi à formuler les recommandations initiales et d’orienter leur propre recherche pouvant servir aux discussions et modifications des recommandations. En août 2018, une version préliminaire de ce rapport américain a été distribuée à tous les membres de la table ronde d’experts en politiques, et à tous les membres et toutes les organisations n’ayant pu participer à la table ronde d’experts en politiques. Cela a donné aux membres l’occasion de soumettre leurs observations finales sur les recommandations, et à tous les membres non participants la chance de donner leurs commentaires sur les recommandations. Cette collaboration jumelée des deux rondes d’examen a, au final, généré 25 recommandations présentées dans un livre blanc intitulé «Combler l’écart : Améliorer la préparation, la réponse et le rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence». GÉNÉRALITÉ ET CONTEXTE COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 24 En mai 2019, la Croix-Rouge canadienne et le National Institute on Ageing ont organisé ensemble une table ronde d’experts en politiques semblable ayant fait appel à un processus identique pour adapter les recommandations initiales au contexte canadien. La table ronde a réuni 18 experts de secteurs variés, dont travail social, éducation, recherche, politiques sanitaires, gestion des situations d’urgence, gériatrie et soins infirmiers. La table ronde d’experts en politiques a eu recours à un processus de prise de décision consensuelle pour examiner et critiquer les données scientifiques actuelles ayant été relevées durant la revue scientifique, de même que pour entériner les recommandations de la table ronde d’experts en politiques sur la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence du conseil consultatif scientifique de l’American Red Cross et de l’American Academy of Nursing. L’examen des recommandations a généré 26 recommandations initiales fondées sur les données probantes qui visaient à réduire l’incidence des conséquences indésirables liées aux situations d’urgence chez les personnes âgées en permettant aux personnes âgées et leurs aidants non rémunérés d’être mieux préparés à faire face aux situations d’urgence et en utilisant les ressources et stratégies appropriées liées aux situations d’urgence dans les autres domaines de gestion des urgences. Pour lancer le processus de prise de décision, les enjeux existants liés à la préparation aux situations d’urgence et les recommandations proposées pour intervenir ont été présentées et expliquées à tous les participants d’un seul grand groupe. Cela a donné aux participants l’occasion de se pencher brièvement sur la méthodologie, un résumé des tableaux synoptiques et les recommandations d’intervention. Les recommandations ont été divisées en six sections en fonction du domaine de gestion des situations d’urgence que l’on avait déterminé être responsable de l’adoption ou de la mise en application d’une recommandation donnée. Après examen des documents à l’appui, les participants se sont divisés en trois rondes de séances en petits groupes. La séance en petit groupe un a examiné la liste des recommandations relatives aux personnes âgées et leurs aidants non rémunérés, aux services et programmes communautaires et aux professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence. La séance en petit groupe deux a examiné la liste des recommandations relatives aux établissements et organisations de soins et aux lois et politiques. La séance en petit groupe trois a examiné la liste des recommandations relatives à la recherche. Les participants pouvaient choisir le groupe dans lequel ils souhaitaient être placés en indiquant leur préférence durant la semaine ayant précédé la table ronde des experts en politiques. Puisqu’il y avait 18 participants et six séries de recommandations, chaque panéliste participait à une discussion sur une recommandation par séance. Dans leur groupe de discussion, on demandait à chaque participant de réfléchir aux questions ci-dessous durant la revue de la recommandation :
Quels enjeux ou sujets liés à ce domaine sont absents des données disponibles?
Les recommandations actuelles sont-elles suffisantes pour régler les enjeux liés à ce domaine?
Quels ajouts ou modifications suggérez-vous aux recommandations actuelles et pourquoi? Les questions de recherche visaient à faciliter la discussion quant à la faisabilité de la recommandation et si oui ou non la recommandation proposée corrigeait suffisamment les lacunes actuelles en matière de préparation, de réponse et de rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence. Le temps alloué aux séances en petits groupes a été utilisé par les participants pour émettre commentaires et critiques des recommandations initiales, y apporter des modifications ou proposer de nouvelles 25 recommandations exclues de la version initiale, de même que pour discuter et arriver à un consensus sur les questions liées à la compréhension et à la syntaxe de chaque recommandation déléguée à un groupe en particulier. Le consensus était nécessaire avant que la nouvelle recommandation soit ajoutée à la liste, ou que des omissions ou modifications soient ajoutées aux recommandations initiales. Si les participants d’un groupe ne s’entendaient pas sur un point, les animateurs demandaient des commentaires additionnels, des clarifications, des justifications ou une nouvelle approche pour résoudre le problème dans le but d’arriver à un consensus au sein du groupe. Après que les participants aient examiné toutes les recommandations dans leur petit groupe, la table ronde des experts en politiques s’est terminée par une rencontre en personne des 18 participants. Cette rencontre a donné à chaque petit groupe l’occasion de présenter la version finale de leurs recommandations proposées ayant été formulées à partir des conclusions de leurs discussions, et a également donné aux participants qui étaient absents des deux autres groupes l’occasion de discuter de la faisabilité de ces recommandations. L’examen des recommandations par le comité a généré 26 recommandations fondées sur les données probantes qui visaient à réduire l’incidence des conséquences indésirables liées aux situations d’urgence chez les personnes âgées en permettant aux personnes âgées et leurs aidants non rémunérés d’être mieux préparés à faire face aux situations d’urgence et en utilisant les ressources et stratégies liées aux situations d’urgence appropriées aux autres domaines de gestion des urgences. En mai 2020, vu l’impact dévastateur de la pandémie de COVID-19 sur les personnes âgées, la CRC et NIA se sont entendus pour élargir la portée du rapport afin d’inclure les éclosions de maladie infectieuse. Cela a donné lieu à une deuxième phase de la revue systématique pour éclairer la mise à jour des recommandations existantes et en créer trois autres. Le rapport et son nouveau total de 29 recommandations a circulé parmi les participants de la table ronde des experts en politiques et les autres experts et organisations n’ayant pu participer à la table ronde d’août 2019. Ainsi, tous les participants ont pu émettre leurs critiques et recommandations finales et tous les non-participants ont pu donner leurs commentaires sur les recommandations. Les contributions jumelées des rondes d’examen ont, au final, généré 29 recommandations fondées sur les données probantes présentées dans le présent livre blanc. GÉNÉRALITÉ ET CONTEXTE COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 26 Domaine 1 : Personnes âgées et aidants non rémunérés Les personnes âgées, surtout celles vivant avec une maladie chronique, à faible revenu et/ou à faible niveau d’alphabétisation ont tendance à subir des conséquences négatives disproportionnées durant les situations d’urgence. Les personnes âgées moins vulnérables ont également l’occasion de jouer un rôle important pour établir un lien avec leurs pairs (et leurs aidants non rémunérés) afin de les aider à prévoir les situations d’urgence et à s’y préparer. Les personnes âgées sont les mieux placées pour veiller à ce que leurs besoins et préoccupations soient représentés dans l’espace de gestion des situations d’urgence, et il faut les encourager à se porter bénévoles avant, durant et après une situation d’urgence. L’occasion se présente pour créer, mettre en place et évaluer les activités individuelles de préparation et de réponse aux situations d’urgence pouvant améliorer les connaissances et le rétablissement des personnes âgées et de leurs aidants non rémunérés. L’investigation des vulnérabilités des personnes âgées durant une catastrophe a été guidée par la question de recherche 1 : Quels sont les facteurs qui rendent les personnes âgées plus vulnérables aux conséquences négatives durant une situation d’urgence comparativement à leurs cadets? (voir Approche de développement). Les stratégies de recherche utilisées ont donné lieu à un total de 4390 articles de revues savantes révisés par les pairs, dont 13 ont été utilisés avec cinq documents d’orientation aux fins d’extraction des données liées à cette question. L’examen de ces 18 ressources a révélé que les personnes âgées qui sont dépendantes de médicaments et de dispositifs d’aide ou de maintien des fonctions vitales présentent un risque accru de conséquences négatives durant une situation d’urgence. Les personnes âgées sont également plus prédisposées aux maladies infectieuses ou aux pandémies pouvant exacerber leur affection préexistante. En conséquence, pour combler ce fossé, neuf recommandations d’experts fondées sur les données probantes visent à augmenter le niveau de préparation des personnes âgées qui présentent un déclin de la santé et/ou de la capacité fonctionnelle, et de leurs aidants non rémunérés. Recommandation 1.1 : Les personnes âgées et leurs aidants non rémunérés doivent avoir accès à de l’information et à des ressources adaptées et faciles d’accès liées à la préparation aux situations d’urgence de même qu’à un guide d’élaboration d’un plan personnalisé de préparation aux situations d’urgence qui tienne compte des besoins fonctionnels et sanitaires individuels des personnes âgées ainsi que des stratégies appropriées pour favoriser la prévention des infections et des maladies. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. Recommandation 1.2 : Les personnes âgées qui dépendent d’aides à la mobilité doivent éliminer ou réduire au minimum les obstacles pouvant obstruer l’évacuation, et prendre les mesures pour assurer leur sécurité dans leur environnement. Recommandation 1.3 : Si les agences locales de réponse aux situations d’urgence ont mis sur pied un registre de personnes ayant des besoins fonctionnels ou autres, y compris les personnes handicapées, les personnes âgées et/ ou leur aidant non rémunéré devrait s’y inscrire afin de recevoir l’aide nécessaire durant les situations d’urgence. Recommandation 1.4: Les personnes âgées ayant un déficit sensoriel, comme une perte visuelle ou auditive, doivent 27 DOMAINE 1 : PERSONNES ÂGÉES ET AIDANTS NON RÉMUNÉRÉS prendre des précautions supplémentaires pour se préparer aux situations d’urgence. Comprendre les besoins personnels et fonctionnels uniques des personnes âgées durant une situation d’urgence L’accès d’une personne âgée aux services d’aide qui nécessitent de maintenir la qualité de vie et l’indépendance générales, comme les services de soins à domicile et communautaires, pourrait être perturbé durant une situation d’urgence ou durant une évacuation ou un confinement. Cette situation est aggravée par l’absence de services adaptés à leur âge et d’accommodements pour les personnes âgées dans les refuges, et par l’inquiétude causée par la sécurité et l’évacuation des animaux de compagnie. En effet, les ménages avec animal de compagnie ont moins tendance à évacuer leur domicile que les ménages sans animal de compagnie. Cela s’explique probablement par le fait que les personnes s’inquiètent que leur animal ne soit pas évacué avec elles, ce qui est souvent cité comme l’un des principaux facteurs de refus d’évacuer durant une situation d’urgence (Benson, 2017; Whitehead, et al., 2000). L’une des stratégies pouvant être utilisée pour améliorer la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence consiste à les encourager à se préparer en leur donnant accès à du matériel éducatif et à des guides de planification sur la préparation aux situations d’urgence qui sont adaptés à la situation des personnes âgées. Beaucoup d’organisations affichent sur leur site Web des ressources de préparation aux situations d’urgence, comme la campagne Préparez-vous du gouvernement du Canada et la campagne Soyez prêt de la Croix-Rouge canadienne, qui fournissent des ressources liées à une gamme de situations d’urgence et des liens vers d’autres ressources communautaires (Croix-Rouge canadienne, 2019; Gouvernement du Canada, 2015). Bien que nombre de ces ressources visent à encourager les personnes âgées à se préparer à des situations d’urgence variées, elles ne fournissent pas de solution pour surmonter les défis uniques auxquels les personnes âgées font face lorsqu’elles se préparent et répondent à une situation d’urgence et s’y rétablissent. Pour combler cette lacune actuelle des ressources de préparation des personnes âgées aux situations d’urgence, la Recommandation 1.1 vise à encourager les personnes âgées et leurs aidants non rémunérés à accéder aux ressources et à l’information en matière de préparation qui sont adaptées à la situation des personnes âgées, et de particulièrement tenir compte de leurs besoins sanitaires et fonctionnels lorsqu’ils élaborent un plan d’urgence. Quant aux organisations qui développent et distribuent ces ressources, il est essentiel qu’elles fassent participer les personnes âgées à la préparation et la distribution des ressources afin que ces dernières tiennent compte des besoins, des préoccupations et du point de vue des Canadiens âgés (Marshall, Ryan, Robertson, Street, & Watson, 2009; Al-Rousan, Rubenstein, & Wallace , 2014). Les ressources doivent également être adaptées aux besoins en matière de langue des diverses communautés afin d’en accroître la disponibilité lorsqu’elles sont nécessaires aux personnes âgées appartenant à des communautés non francophones. Les situations d’urgence, comme les pandémies affectent de façon disproportionnée les groupes les plus vulnérables, en particulier ceux qui font face à des inégalités sociales exacerbées par l’intersection de facteurs tels que l’âge, la race et le revenu (Navaranjan, Rosella, Kwong, Campitelli, & Crowcroft, 2014; Tricco, Lillie, Soobiah, Perrier, & Straus, 2013; Blackmon, et al., 2017). En facilitant l’accès à l’information sur la préparation aux situations d’urgence et en encourageant les personnes âgées de divers groupes et leurs aidants non rémunérés à prendre l’initiative pour évaluer leurs propres besoins et formuler un plan adapté à leurs propres COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 28 difficultés, on insuffle confiance en leur capacité à dépendre de soi lorsqu’ils répondent à une situation d’urgence ou fournissent les ressources additionnelles nécessaires pour permettre au personnel de réponse aux situations d’urgence de mieux aider les personnes âgées qui présentent des limites fonctionnelles. Le vieillissement est souvent associé à un déclin de la fonction motrice, ce qui met les personnes âgées en danger de blessures si elles sont incapables d’accéder à leur appareil fonctionnel, c’est-à-dire déambulateur ou fauteuil roulant, ou encore à leur aidant non rémunéré durant une évacuation (Bhalla, Burgess, Frey, & Hardy, 2015). Les professionnels de la santé, tels les ergothérapeutes sont une ressource précieuse pour préparer et formuler un plan d’urgence qui tienne compte des besoins fonctionnels des personnes âgées dépendantes d’un appareil fonctionnel. Les ergothérapeutes peuvent également déterminer quels sont les obstacles présents dans l’environnement et les éliminer pour répondre aux besoins des personnes âgées et des personnes handicapées afin de favoriser la préparation efficace aux situations d’urgence (Jeong, Law, DeMatteo, Stratford, & Kim, 2016). Par exemple, aux refuges où elles sont évacuées, les personnes handicapées ont besoin de rampes d’accès qui sont assez larges pour recevoir un fauteuil roulant (American Occupational Therapy Association, 2006). En plus des besoins fonctionnels, les plans d’urgence doivent également contenir des stratégies de prévention des urgences sanitaires découlant d’une pandémie ou d’infections suivant une catastrophe naturelle comme une inondation (Kouadio, Aljunid, Kamigaki, Hammah, & Oshitani, 2012). En conséquence, les ressources de préparation des personnes âgées aux situations d’urgence doivent inclure des stratégies de prévention primaire de la contagion à domicile (Centers for Disease Control and Prevention, 2020; Finkelstein, Prakash, Nigmatulina, McDevitt, & Larson, 2013). Toutefois, comme le souligne la Recommandation 1.2, en se préparant à surmonter les obstacles à la préparation, tels que les obstacles présents dans l’environnement qui empêchent l’évacuation ponctuelle réussie, les personnes âgées peuvent indépendamment formuler un plan plus efficace d’évacuation en cas d’urgence. Les stratégies visant à faire tomber les obstacles présents dans l’environnement consistent à installer une rampe d’accès pour fauteuil roulant, une chaise d’évacuation et/ou à organiser l’évacuation du domicile et le transport assisté en recrutant un membre de la famille, un ami ou un aidant non rémunéré (Gouvernement du Canada, 2018). Les professionnels paramédicaux comme les ergothérapeutes peuvent adapter l’espace de vie d’une personne âgée dans le but d’optimiser l’indépendance et la sécurité et d’ainsi pouvoir planifier une évacuation sécuritaire et efficace (Fagan & Sabata, 2011; Stark, Landsbaum, Palmer, Somerville, & Morris, 2009). Le rôle potentiel des registres de personnes ayant des besoins fonctionnels ou autres, y compris les personnes handicapées Les registres de personnes ayant des besoins fonctionnels ou autres, y compris les personnes handicapées vivant en communauté sont des ressources et sources de données mises sur pied dans de nombreuses municipalités pour donner aux agences de réponse aux situations d’urgence une référence quant aux besoins fonctionnels des résidants d’une collectivité afin d’aider le personnel de réponse aux situations d’urgence à mieux les servir. Alors que les registres sont une bonne ressource pour situer rapidement les personnes ayant des besoins fonctionnels ou autres, ils ne sont pas recommandés comme principale source de préparation et de réponse aux situations d’urgence aux agences d’aide aux personnes âgées ou de réponse aux situations d’urgence. C’est parce que les gouvernements et agences de services d’aide ne peuvent garantir leur aide en raison de la forte 29 DOMAINE 1 : PERSONNES ÂGÉES ET AIDANTS NON RÉMUNÉRÉS demande d’aide durant une situation d’urgence, ce qui limite la disponibilité de ces services. En outre, les discussions de la table ronde sur les limites des registres ont soulevé le fait que les vulnérabilités sont parfois liées à un événement précis, et ces registres deviennent rapidement désuets et se montrent aussi parfois inefficaces pour identifier les personnes de leur public cible, car beaucoup d’entre elles ne sont pas inscrites au registre puisqu’elles jugent ne pas être vulnérables ou elles craignent la stigmatisation liée au fait d’être étiquetées comme « des personnes vulnérables ». Sont également ressorties, des préoccupations à l’effet que les registres instillent souvent chez les personnes inscrites l’impression qu’elles recevront une aide prioritaire durant une situation d’urgence, alors que ce n’est pas le cas. En réalité, les situations d’urgence graves comme les catastrophes naturelles et les pandémies peuvent tellement restreindre et solliciter les ressources à l’extrême qu’il soit impossible de garantir les services d’urgence, peu importe la gravité de l’état ou des besoins d’une personne. Avec ces limites à l’esprit, les participants de la table ronde sont arrivés à un consensus selon lequel les personnes âgées vivant dans une municipalité ayant mis sur pied un tel registre doivent envisager de s’y inscrire, toutefois, l’établissement de ces registres ne doivent pas être une exigence, comme le note la Recommandation 1.3. L’on s’attend plutôt à ce que de la Recommandation 1.1 à la Recommandation 1.9, la préparation individuelle sera suffisante pour fournir les conseils nécessaires pour formuler un plan d’urgence personnalisé visant à répondre aux besoins sanitaires et fonctionnels individuels d’une personne âgée en particulier. Aide aux personnes âgées ayant un déficit sensoriel Les déficits de la vue ou de l’audition font qu’il est difficile pour les personnes âgées de répondre en toute sécurité à une situation d’urgence, comme lorsqu’il faut sortir de chez soi la nuit ou naviguer un environnement inconnu, ou encore savoir reconnaître les alarmes d’urgence (Cloyd & Dyer, 2010). Alors que beaucoup de ressources sur la préparation recommandent déjà aux personnes ayant un déficit sensoriel d’apporter des changements à leur environnement ou de prendre des précautions supplémentaires pour assurer leur protection durant une situation d’urgence, la Recommandation 1.4 propose d’autres considérations pour mieux préparer les personnes âgées ayant un déficit sensoriel à répondre aux situations d’urgence. Durant une situation d’urgence, il pourrait être difficile pour les personnes âgées ayant une perte auditive d’entendre les mises à jour et instructions ou de communiquer dans un environnement bruyant (Banks, 2013; Cloyd & Dyer, 2010). Pour mieux aider les personnes âgées ayant une perte auditive à communiquer avec le personnel d’urgence, il faut qu’elles adoptent des stratégies pour aviser le personnel aidant de leur perte auditive, comme le souligne le Guide de préparation aux urgences à l'intention des personnes ayant une incapacité ou des besoins particuliers publié par le Gouvernement du Canada (Gouvernement du Canada, 2018). Certaines des stratégies consistent à bouger les lèvres sans émettre de sons ou de pointer vers l’oreille ou l’appareil auditif. Une stratégie efficace pour aviser autrui de la perte auditive aidera le personnel d’aide à comprendre qu’il doit ajuster son approche de communication pour se faire comprendre des personnes ayant une perte auditive. De nombreux guides de préparation aux situations d’urgence préconisent l’installation de dispositifs d’alarme et des plans d’urgence qui incorporent la communication orale avec les membres du réseau de soutien; ces guides négligent toutefois de fournir des recommandations spécifiques aux personnes COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 30 ayant une perte auditive qui sont incapables d’utiliser les dispositifs d’urgence traditionnels (Gouvernement du Canada, 2018). Pour adapter les plans de communication d’urgence afin de mieux répondre aux capacités des personnes ayant une perte auditive, il faut adopter des dispositifs de communication non verbale, tels textos et téléscripteurs pour communiquer. Puisque ces dispositifs de communication ne dépendent pas de la communication verbale, ils permettent aux personnes ayant une perte auditive de communiquer rapidement et efficacement avec les membres de leur réseau de soutien pour demander de l’aide, fournir des mises à jour sur leur état et leur emplacement, et ils imitent mieux les dispositifs de communication utilisés tous les jours par les personnes qui n’ont pas de perte auditive. Aussi, l’installation de dispositifs d’alarme ayant recours aux lumières ou aux vibrations en plus du son, comme les dispositifs d’alarme qui secouent le lit, seraient plus efficaces pour alerter les personnes ayant une perte auditive que les dispositifs d’alarme classiques qui ne produisent que des sons lorsqu’ils sont activés. Les plans doivent également inclure des piles supplémentaires pour activer les dispositifs dans les cas de panne de courant prolongée. Les personnes ayant une perte visuelle auront probablement des difficultés à naviguer leur environnement durant une situation d’urgence, surtout dans un refuge mal éclairé ou dans des endroits inconnus, ce qui pourrait ralentir leur réponse aux situations d’urgence ou leur causer des difficultés à suivre les instructions des protocoles d’urgence (Lamb & O'Brien, 2010). Les appareils fonctionnels, tels que les aides à la mobilité (canes, déambulateurs) et les stratégies, telles qu’un système de compagnon ou un chien-guide, doivent être incorporés au plan d’urgence pour veiller à répondre efficacement aux situations d’urgence. Pour planifier les interruptions ou évacuations inattendues, il est également recommandé que les personnes âgées ayant une perte visuelle et/ ou leur aidant non rémunéré incluent une route d’évacuation et un mode de transport dans le plan d’urgence. En adaptant leur environnement et leur plan d’urgence à leurs besoins individuels, les personnes âgées ayant un déficit sensoriel peuvent créer un plan qui leur permet d’être prêtes à faire face à une situation d’urgence. Recommandation 1.5 : Les personnes âgées vivant avec une maladie chronique doivent maintenir une liste à jour de leurs affections médicales, traitements (médicaments, équipement médical durable, fournitures et autres besoins de soins de santé), professionnels de la santé et personnes à contacter en cas d’urgence, y compris un mandataire. Recommandation 1.6 : Les personnes âgées qui prennent des médicaments doivent collaborer avec leurs professionnels de la santé pour veiller à avoir un approvisionnement d’au moins 30 jours de médicaments durant une situation d’urgence. Recommandation 1.7 : Les personnes âgées qui dépendent d’un dispositif médical électrique doivent s’assurer d’avoir une alimentation électrique de secours, surtout si le dispositif sera utilisé durant un confinement.
Les personnes âgées et/ou les aidants non rémunérés doivent obtenir de l’aide pour avoir et entretenir une alimentation électrique de secours à domicile, au besoin, comme lorsqu’elle est nécessaire dans les régions rurales pour déplacer de l’équipement lourd et de l’essence ou accéder à ces ressources, et faire fonctionner cet équipement. 31 DOMAINE 1 : PERSONNES ÂGÉES ET AIDANTS NON RÉMUNÉRÉS Aide aux personnes âgées atteintes de maladies chroniques L’effet de sollicitation à l’extrême des ressources exercé par les situations d’urgence graves continue de menacer les ressources nécessaires pour subvenir aux besoins complexes des personnes âgées atteintes de maladies chroniques durant une situation d’urgence. Les situations d’urgence, telles que les catastrophes naturelles, ont un effet néfaste sur la santé de tous, non seulement en perturbant les services de santé, mais aussi en causant des pannes de courant pouvant interrompre les interventions médicales qui demandent de l’électricité, comme les systèmes de maintien des fonctions vitales ou les médicaments devant être entreposés au froid. Durant la tempête de verglas de 1998, au moins 600 000 personnes, y compris des personnes âgées vivant dans des centres d’hébergement et de soins de longue durée, ont été déplacées hors de leur domicile et dans des hôtels ou autres refuges dotés de courant de secours (Steuter-Martin & Pindera, 2018). La réduction de la mobilité, les affections préexistantes, l’absence d’équipement de chauffage, des conditions d’hébergement sous-optimales et une piètre coordination entre les services d’urgence, et les services sociaux et de santé ont contribué au taux élevé de mortalité des Québécois âgés. Les personnes âgées présentaient un risque accru en raison de leur fragilité jumelée à leur isolement social (van Solm A. , 2016). Les obstacles à l’accès à l’électricité et aux médicaments peuvent nuire à la santé des personnes âgées en raison de la forte prévalence d’affections chroniques, telles que l’hypertension, l’hypercholestérolémie et le diabète dans cette sous-population (National Council on Aging, 2018). La Recommandation 1.5 vise à encourager la création et/ou l’incorporation d’une ressource visant à intégrer le dossier médical dans le plan de préparation en encourageant les personnes âgées à rédiger un résumé de leurs affections médicales et traitements médicaux, de même que de leurs professionnels de la santé et personnes à contacter en cas d’urgence à ajouter à leur trousse d’urgence. La présence dans la trousse d’urgence d’un résumé des antécédents médicaux peut réduire au minimum la perturbation des soins des personnes âgées durant une situation d’urgence (Centers for Disease Control and Prevention, 2020; Kosatky, et al., 2009). Ainsi, les aidants non rémunérés et professionnels de la santé qui ne connaissent pas l’état de la personne qu’ils aident auront en main l’information médicale nécessaire pour répondre efficacement à leurs besoins médicaux, ou poursuivre leurs soins en cas d’urgence médicale ou après le déplacement dans un établissement de soins ou un refuge. Meilleur accès aux médicaments nécessaires durant une situation d’urgence Les pénuries de médicaments essentiels exacerbent souvent les affections chroniques préexistantes. Pour empêcher les pénuries de médicaments et les hausses extrêmes subséquentes des renouvellements de médicaments durant une situation d’urgence, comme on l’a vu à l’urgence de l’Hôpital Staten Island University Hospital durant l’ouragan Sandy et dans les refuges durant l’ouragan Katrina, la Recommandation 1.6 encourage les personnes âgées à collaborer avec leur professionnel de la santé pour ajouter à leur trousse d’urgence un approvisionnement de médicaments. Il est essentiel que les personnes âgées explorent les options possibles pour obtenir un approvisionnement additionnel de médicaments lorsqu’elles se préparent à faire face à une situation d’urgence (Ford, Trent, & Wickizer, 2016). Les revues rétrospectives des services médicaux dispensés durant les situations d’urgence ont cité plus d’une fois les hausses soudaines des demandes de renouvellement de médicaments comme première cause de services médicaux (Currier, King, Wofford , Daniel, & deShazo , 2006; Greenstein, Chacko, Ardolic, & Berwald, 2016; COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 32 Jhung, et al., 2007; Kraushar & Rosenberg, 2015; Ochi, Hodgson, Landeg, Mayner, & Murray, 2014). Cette forte demande de médicaments d’ordonnance laisse penser que les personnes évacuées profiteraient d’une réduction des obstacles à l’accès aux médicaments durant une situation d’urgence, d’une meilleure éducation offerte par les professionnels de la santé sur les bienfaits de se préparer en ayant un approvisionnement suffisant de médicaments durant une situation d’urgence ou d’un meilleur accès à plus d’information sur la façon d’accéder à un approvisionnement d’urgence de médicaments avant une situation d’urgence. Il importe que les personnes âgées reçoivent les ressources leur permettant de bien se préparer à combler leurs besoins pharmaceutiques durant une situation d’urgence. Aide aux personnes âgées qui utilisent un dispositif électronique de maintien des fonctions vitales Pour empêcher les interruptions de courant alimentant les dispositifs électroniques de maintien des fonctions vitales, comme le souligne la Recommandation 1.7, il faut déployer des efforts préliminaires pour communiquer avec le distributeur d’électricité de l’utilisateur afin de s’informer du rétablissement prioritaire du service durant les situations d’urgence aux personnes qui utilisent un dispositif de maintien des fonctions vitales à domicile, de même que des autres sources de courant pouvant être utilisées en toute sécurité à domicile. Il faut prendre note que les personnes âgées pourraient nécessiter de l’aide pour obtenir et entretenir une autre source de courant à domicile, comme, dans les régions rurales, lors du déplacement d’un générateur et d’essence, ou lors de l’accès à d’autres ressources et de leur utilisation. Dans ces cas, les membres du réseau d’entraide seraient une source fiable d’aide. En formulant des plans pour subvenir sans danger, efficacement et indépendamment à la santé d’une personne âgée qui dépend d’un dispositif de maintien des fonctions vitales durant une situation d’urgence, on peut prévenir et éviter les scénarios pouvant entraîner la détérioration de la santé et les hospitalisations. Recommandation 1.8 : Il faut encourager les personnes âgées à continuer d’entretenir un réseau d’entraide local vers lequel elles peuvent se tourner durant une catastrophe ou une situation d’urgence imminente, surtout si elles vivent seules ou s’il est difficile d’accéder à la famille. Création et maintien d’un réseau personnel d’entraide Un réseau d’entraide peut grandement assister les personnes âgées en leur fournissant les ressources émotionnelles et matérielles dont elles ont besoin pour réduire le stress lié à la préparation à une situation d’urgence et y survivre. De nombreuses personnes âgées vivent sans conjoint ni famille, et elles sont donc plus vulnérables à l’isolement social et/ou elles dépendent des aidants non rémunérés pour obtenir de l’aide (Gibson & Hayunga, 2006). La dépendance aux aidants non rémunérés est si grande parmi les personnes âgées que 90 pour cent des personnes de 65 ans et plus vivant avec un handicap qui rapportent recevoir de l’aide reçoivent cette aide d’aidants non rémunérés (Gibson & Hayunga, 2006), alors que quelque 50 pour cent des personnes de 85 ans et plus rapportent vivre seules (Fernandez, Byard, Lin, Benson, & Barbera, 2002). Une situation d’urgence peut laisser à elles-mêmes et incapables de prendre soin de soi les personnes qui dépendent de l’aide quotidienne si les secours et les aidants non rémunérés sont incapables de les atteindre. Pour réduire les conséquences négatives sur l’isolement social, la Recommandation 1.8 conseille à toutes les personnes âgées d’établir un réseau d’entraide sur lequel elles peuvent compter pour obtenir de l’aide à se préparer et à répondre 33 DOMAINE 1 : PERSONNES ÂGÉES ET AIDANTS NON RÉMUNÉRÉS à toutes les situations d’urgence pertinentes à leur région. Les réseaux d’entraide sont une protection contre les situations d’urgence, surtout parmi les personnes âgées. Selon une étude réalisée au Québec, un réseau social solide profite à la santé générale des personnes âgées durant les canicules extrêmes (Laverdiere, et al., 2016). Pour les personnes âgées vivant avec une maladie chronique, chaque membre du réseau d’entraide doit pouvoir fournir de l’aide de base favorisant la santé, comme l’accès à la liste de médicaments, et doivent savoir localiser et faire fonctionner l’équipement médical nécessaire. En fournissant l’aide de base, les membres du réseau d’entraide collaborent avec la personne qu’ils aident pour lui fournir l’assistance dont elle a besoin afin d’éviter l’interruption des soins de santé et ainsi éviter les hospitalisations. Il importe également que le réseau d’entraide compte au moins deux personnes vivant à proximité, car l’aide est parfois nécessaire en quelques minutes, ce qui élimine les périodes d’attente prolongées où la personne est immobilisée ou en détresse. Recommandation 1.9 : Les aidants non rémunérés des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et/ou d’autres démences doivent recevoir de l’aide pour détecter les signes de détresse, d’anxiété ou de confusion, faire appel à des stratégies pour détourner l’attention, et les aider à rester calmes durant les situations d’urgence. De plus, les aidants non rémunérés doivent être prêts à prévenir l’égarement, et doivent avoir un plan en place pour situer la personne qu’ils soignent si elle s’égare ou nécessite une intervention médicale durant une situation d’urgence. Réponse aux besoins uniques des personnes âgées vivant avec une démence Le déclin de la mémoire de travail et l’affaiblissement de la capacité de filtrer les renseignements non pertinents sont deux changements de la fonction cognitive associés à la maladie d’Alzheimer et aux démences connexes. Ces changements empêchent les plus de 500 000 Canadiens âgés vivant avec la maladie d’Alzheimer et démences connexes d’identifier une catastrophe, de suivre les recommandations en matière de préparation aux situations d’urgence, de s’adapter aux changements à la routine et à leur milieu ou de répondre aux alarmes et aux instructions d’urgence (Société Alzheimer du Canada, 2019; Société Alzheimer du Canada, 2018). En outre, de nouveaux problèmes comportementaux peuvent survenir, des comportements existants peuvent être exacerbés ou la capacité fonctionnelle peut se détériorer rapidement lorsque l’administration des médicaments contre la démence est interrompue (Cloyd & Dyer, 2010). Le rétablissement de la routine et des activés valorisées aide également les survivants d’une catastrophe à composer avec le stress et l’anxiété (American Occupational Therapy Association, 2006). La démence est également aggravée par le délire. Le délire est un état confusionnel qui survient soudainement, il se caractérise par l’incapacité de penser clairement et de se concentrer, de même que par l’ignorance de son environnement (American Delirium Society, 2015). Les causes les plus fréquentes de délire sont les infections, les médicaments, les perturbations des électrolytes ou de la glycémie, l’hypoxémie et une faible tension artérielle (Cloyd & Dyer, 2010). Puisque les personnes qui présentent un cas avancé de démence nécessitent quotidiennement de l’aide pour vaquer à leurs activités de la vie quotidienne et les protéger des dangers, il est impératif que les aidants non rémunérés connaissent les précautions uniques devant être prises pour réduire les comportements et résultats indésirables chez la personne qu’ils soignent durant une situation d’urgence. En particulier, les aidants non rémunérés doivent recevoir une formation et COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 34 de l’aide pour faire face à la détresse, à l’anxiété, aux égarements et à la confusion; sur les approches telles que la validation et la persuasion en douceur pour faire face aux moments d’agitation; sur la façon de communiquer avec la personne vivant avec la maladie d’Alzheimer et démences connexes et l’apaiser lorsqu’elle traverse une crise; et sur les modes de communication qui favorisent l’orientation et la rétention en mémoire. Garde Confort Canada est une organisation qui dispense des services de soins à domicile aux personnes âgées. En raison de sa vaste expérience auprès des personnes âgées atteintes de démence, Garde Confort Canada propose des façons d’empêcher les personnes âgées atteintes de démence de s’égarer, ce qui inclut de maintenir un environnement calme et exempt de stress, surtout durant une situation d’urgence. Avec l’aide des professionnels de la santé, les aidants sont mieux équipés pour dispenser des soins durant une situation d’urgence. Par exemple, personnel infirmier, thérapeutes et travailleurs sociaux peuvent tous intervenir en donnant de l’éducation, de la formation et de l’aide aux aidants des personnes atteintes de démence. Ces interventions prennent la forme de stratégies de gestion du comportement, d’aptitudes de communication, de recadrage cognitif, et de techniques de pleine conscience ayant démontré pouvoir accroître grandement la capacité des aidants à prendre soin de la personne chère (Etters, Goodall, & Harrison, 2008; Piersol, et al., 2017; Sorensen, Pinquart, Habil, & Duberstein, 2002). En outre, les aidants non rémunérés se heurtent à des difficultés uniques durant les situations d’urgence telles les pandémies de maladie infectieuse. Il importe que les aidants non rémunérés d’adultes atteints de maladie d’Alzheimer ou de démence avancée restent au courant de toute information pertinente liée à la pandémie afin de pouvoir adopter des stratégies de prévention visant à se protéger et à protéger la personne qu’ils aident (Centers for Disease Control and Prevention, 2020). À titre de précaution additionnelle, les aidants non rémunérés doivent inscrire le récipiendaire de soins à un service de réponse d’urgence pour les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer et démence connexe (Dyer, Regev, Burnett, Fest, & Cloyd, 2008), comme le programme Medic Alert Sécu-Retour, afin de fournir de l’aide de réponse d’urgence si la personne dont ils prennent soin s’égare. 35 Les organisations communautaires et leur personnel sont probablement engagés dans les efforts de réponse et de rétablissement visant les personnes âgées et leurs aidants non rémunérés, selon le niveau auquel leurs services et programmes viennent en aide à cette population. Ainsi, l’occasion de créer, de mettre en oeuvre et d’évaluer des activités de préparation et de réponse à l’intention des services et programmes communautaires pouvant favoriser le transfert et l’échange des connaissances au sein de la collectivité et intensifier les efforts de préparation, de réponse et de rétablissement de même que les résultats de ces efforts auprès des populations désignées et du personnel ayant la responsabilité de les aider ne fait aucun doute. L’investigation des ressources communautaires existantes pouvant contribuer à améliorer les résultats de la préparation, de la réponse et du rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence a été guidée par la Question de recherche 2 : Quelles sont les stratégies et ressources pouvant être utilisées dans la communauté et les programmes pour améliorer la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? (voir Approche de développement). Les stratégies de recherche utilisées ont donné lieu à un total combiné de 4390 articles de revues savantes révisés par les pairs dont cinq ont été utilisés avec huit documents d’orientation aux fins d’extraction des données liées à cette question. Les conclusions tirées de ces ressources ont pointé vers un besoin criant de services intégrés dans la communauté de préparation et de réponse qui sont adaptés aux besoins des personnes âgées afin d’encourager et de favoriser une meilleure préparation et une meilleure aide au rétablissement. En réponse à cette lacune, quatre recommandations d’experts fondées sur les données probantes ont été formulées dans le but de saisir les occasions identifiées afin que les services et programmes communautaires puissent mieux épauler la préparation et la réponse aux situations d’urgence. Recommandation 2.1 : Faciliter l’accès aux programmes communautaires adaptés qui renseignent les personnes âgées et leurs aidants non rémunérés sur les situations d’urgence pouvant survenir dans leur région et comment s’y préparer et y répondre. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété.
Les programmes et organisations communautaires doivent collaborer avec les autorités de santé publique de la région pour créer et distribuer des ressources d’éducation sur le contrôle des infections, et les pratiques de prévention des maladies et des blessures à l’intention des personnes âgées et leurs aidants non rémunérés durant les situations d’urgence. Amélioration des programmes d’éducation communautaire de préparation aux situations d’urgence Beaucoup de conséquences indésirables auxquelles font face les personnes âgées durant et après une situation d’urgence peuvent être évitées en s’informant tout simplement des dangers liés à l’urgence pouvant toucher leur région, des précautions devant être prises pour se garder en sécurité et des changements de comportement qui favorisent la préparation adéquate. Durant une entrevue portant sur la préparation aux situations d’urgence, les personnes âgées ont rapporté un faible niveau de préparation. Dans une étude ayant porté sur la préparation des personnes âgées à l’échelle nationale, 23,6 % des 1304 personnes interrogées ont dit avoir un plan d’évacuation d’urgence, 24,8 % n’avaient pas accès à un véhicule DOMAINE 2 : SERVICES ET PROGRAMMES COMMUNAUTAIRES Domaine 2 : Services et programmes communautaires COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 36 ni à un autre mode de transport en cas d’urgence et à peine 4,9 % ont affirmé qu’au moins un de leurs professionnels de la santé leur avait parlé de ce qu’il faut faire durant une situation d’urgence (Al- Rousan, Rubenstein, & Wallace , 2014). Une autre étude menée par Marshall, Ryan, Robertson, Street et Watson visait à mesurer les connaissances communautaires et les attitudes à l’égard de la menace d’une pandémie de grippe, ainsi que l’acceptabilité au sein de la collectivité des stratégies visant à en réduire l’effet (Marshall, Ryan, Robertson, Street, & Watson, 2009). Des entrevues téléphoniques assistées par ordinateur ont été réalisées auprès d’un échantillon transversal de 1975 ménages vivant en milieux ruraux et urbains d’Australie du Sud. Parmi les personnes ayant répondu, 50 % ont indiqué n’avoir jamais entendu parler d’une pandémie de grippe ou ne connaissait pas la signification du terme. Seule une proportion de 10 % était extrêmement inquiète de la menace d’une pandémie de grippe (Marshall, Ryan, Robertson, Street, & Watson, 2009). Malgré une campagne de publicité d’envergure sur la grippe et les efforts de sensibilisation visant à établir un niveau de conscience de base au sein de la population, on a observé que la majorité des adultes de la collectivité, surtout des personnes âgées, ignoraient l’existence d’une souche du virus de la grippe pouvant causer une pandémie (Marshall, Ryan, Robertson, Street, & Watson, 2009). Pour rehausser le faible niveau de préparation aux situations d’urgence observé dans le grand public, des cours de préparation aux situations d’urgence ont été mis à l’essai à l’échelle communautaire et se sont avérés être des outils efficaces pour encourager le changement de comportement. Aux États-Unis par exemple, PrepWise est un programme de préparation aux catastrophes conçu pour aider les personnes âgées à formuler un plan personnalisé de préparation aux catastrophes (Catizone, 2017). Durant les séances de formation, les participants parcourent sept modules : 1) connaître les types de situations d’urgence et ce qu’il faut faire, 2) évaluer les vulnérabilités (alarmes/avertissements, évacuations, transport, communication, refuges, hygiène personnelle, et soins et équipement médicaux), 3) former son propre réseau d’aide durant les situations d’urgence (liste formelle des membres de la famille/amis et de la collectivité locale), 4) formuler un plan d’urgence, 5) assurer l’approvisionnement de médicaments, 6) préparer une trousse d’urgence et 7) rendre son domicile, son école, son travail et le transport en voiture plus sécuritaires (Ashida, Robinson, Gay, Slagel, & Ramirez, 2017). Lors du suivi, on a rapporté que le programme PrepWise permettait de mieux comprendre les exigences de préparation aux situations d’urgence, comme préparer une trousse d’urgence et désigner les refuges à utiliser en cas d’urgence (Ashida, Robinson, Gay, & Ramirez, 2016; Ashida, Robinson, Gay, Slagel, & Ramirez, 2017). On a également observé que le programme PrepWise encourageait les participants à ajouter des membres à leur réseau d’entraide en cas d’urgence vers qui ils peuvent se tourner pour obtenir de l’aide, en plus des membres de la famille que la plupart des participants avaient identifiés avant de s’inscrire au programme PrepWise (Ashida, Robinson, Gay, Slagel, & Ramirez, 2017). Le programme d’éducation à la préparation aux catastrophes Ready CDC qui visait à approfondir les connaissances, influencer les attitudes et renforcer la résilience communautaire par des séances communautaires de formation sur la préparation aux situations d’urgence a obtenu un succès comparable. Ready CDC fait appel aux tactiques suivantes : 1) attirer l’attention, 2) présenter du matériel d’incitation, 3) fournir de l’aide à l’apprentissage, 4) susciter l’exécution et donner des commentaires et 5) améliorer la rétention et le transfert des connaissances dans le but de changer les comportements (Thomas, et al., 2018). Lorsque le niveau de changement 37 de comportement a été évalué par l’entremise du modèle transthéorique du changement auprès d’un échantillon de 212 employés des CDC et des autorités de santé publique ayant suivi le programme d’éducation aux catastrophes Ready CDC, 44 pour cent des personnes inscrites avaient progressé à au moins au stade suivant ou étaient demeurées au stade de «maintien» pour préparer une trousse d’urgence, et 45 pour cent des participants avaient progressé à au moins au stade suivant ou étaient demeurés au stade de «maintien» pour formuler un plan d’urgence écrit (Thomas, et al., 2018). En outre, durant le suivi, les 25 pour cent, 27 pour cent et 43 pour cent des participants se trouvant initialement aux stades de «précontemplation», de «contemplation» et de «préparation», respectivement pour préparer une trousse d’urgence étaient passés au stade de «préparation» (Thomas, et al., 2018). Ces résultats laissent penser que les séances communautaires de préparation aux situations d’urgence sont une méthode efficace pour transmettre au public l’information en matière de préparation et pour favoriser les changements de comportement. La Recommandation 2.1 décrit une stratégie nationale d’élaboration de programmes communautaires d’éducation sur la préparation aux situations d’urgence s’adressant aux personnes âgées. Le contenu du programme doit inclure, sans s’y limiter, des modules traitant des différents types de catastrophes naturelles ou causées par l’homme touchant une région donnée, et traitant des effets et dangers connexes de ces catastrophes, et doit aussi inclure conseils et apprentissage participatif sur la façon d’évaluer sa propre vulnérabilité et de formuler un plan et préparer une trousse d’urgence, l’importance de créer et de maintenir un réseau social d’entraide, et les stratégies et ressources favorisant le rétablissement. Il est essentiel que les organisations qui développent et distribuent ce matériel fassent participer les personnes âgées et les autorités locales de santé publique à sa préparation et distribution afin de veiller à ce qu’il tienne compte des besoins, des préoccupations et du point de vue des Canadiens âgés. L’engagement des autorités locales de santé publique à la mise au point et l’évaluation des interventions de santé visant à atténuer les conséquences sanitaires négatives est un niveau supplémentaire d’expertise et d’infrastructure. Au Canada, l’Université du Manitoba, en association avec le Natural Resources Institute, a organisé un atelier à l’intention des praticiens sur la gestion du risque et du danger intitulé Canadian Risks and Hazards in 2004. Les organisateurs sont d’avis qu’un atelier dont le titre mentionne la gestion des catastrophes ou la gestion des situations d’urgence n’attirerait pas la diversité de participants qu’ils souhaitent, car ces domaines pourraient être perçus comme étant trop étroits (Sécurité publique et Protection civile Canada, 2004). Ce problème fait ressortir l’absence de connaissances communautaires quant au lien entre les dangers, les risques, les catastrophes et la préparation au Canada. Les programmes communautaires de préparation aux situations d’urgence doivent être accessibles aux personnes à faible niveau d’alphabétisation, aux personnes qui parlent une langue autre que le français et aux anciens des peuples autochtones, et doivent incorporer dans leur structure des points de vue liés à l’âge, comme des images appropriées et la distribution de trousses d’urgence faciles à transporter, le cas échéant. Les formations communautaires de préparation aux situations d’urgence ayant été adaptées pour répondre aux besoins uniques des personnes âgées doivent maximiser l’impact positif qu’elles ont auprès des personnes âgées. Recommandation 2.2 : Les programmes qui offrent aux personnes âgées des services de secours aux sinistrés et/ou des DOMAINE 2 : SERVICES ET PROGRAMMES COMMUNAUTAIRES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 38 services communautaires essentiels, comme les Popotes roulantes, et d’aide à la vie quotidienne (services financiers, médicaux, d’hygiène personnelle, d’alimentation et de transport) doivent recevoir une formation sur la préparation aux situations d’urgence. Ces programmes doivent également élaborer un plan et protocole afin de répondre adéquatement aux besoins de leurs clients durant une situation d’urgence, et y adhérer. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. Mieux utiliser les services d’aide communautaire pour épauler les efforts de réponse aux situations d’urgence Les ressources accessibles dans la collectivité se sont avérées être associées à une meilleure préparation parmi les personnes âgées. Dans une étude menée en 2017 s’étant penchée sur les facteurs socio-démographiques qui influent sur la préparation aux situations d’urgence chez les personnes de 50 ans et plus, les participants qui avaient discuté d’un plan d’urgence avec leur médecin avaient plus tendance à être préparés que les personnes âgées qui ne l’avaient pas fait (Killian, Moon, McNeill, Garrison, & Moxley, 2017). Tout comme les consultations chez le médecin, les agences et programmes communautaires qui comptent un grand nombre d’utilisateurs âgés pourraient tenir lieu de portail d’accès pour encourager les personnes âgées à accéder aux services et aux outils de préparation aux situations d’urgence et de rétablissement. La Recommandation 2.2 souligne le besoin de services et de programmes communautaires qui dispensent une formation sur la préparation aux situations d’urgence ainsi que de l’éducation visant à fournir l’aide appropriée aux personnes âgées (Centers for Disease Control, 2020). L’incorporation des efforts de préparation aux situations d’urgence et de rétablissement au domaine des services dispensés aux personnes âgées par les agences et programmes communautaires de même que par les gestionnaires d’hébergement a comme autre avantage l’aide sociale additionnelle fournie par ces ressources. Une étude canadienne laisse penser que la base de données d’évaluation interRAI qui identifie les personnes âgées à risque et vulnérables qui subiront plus probablement des conséquences négatives durant une situation d’urgence serait favorable à toutes les phases de la gestion des urgences. InterRAI est un réseau de chercheurs travaillant en collaboration pour mettre au point des outils d’évaluation des patients dotés de mesures courantes à l’intention des cliniciens. Les outils InterRAI sont aujourd’hui utilisés partout au Canada et dans le monde dans une gamme de contextes, dont les soins communautaires et à domicile (van Solm, Hirdes, Eckel, Heckman, & Bigelow, 2017). Ces données pourraient aider les agences de services communautaires à identifier et prioriser les personnes âgées qui sont le plus à risque de conséquences négatives après une situation d’urgence. Aussi, pour favoriser le rétablissement complet, les services communautaires et les gouvernements locaux pourraient fournir une aide sociale supplémentaire, en plus de ressources concrètes, surtout aux personnes âgées pour lesquelles on sait que le soutien social est limité, voire absent. Recommandation 2.3 Les programmes communautaires qui fournissent aux personnes âgées des services de santé et d’hygiène à domicile doivent intégrer des stratégies visant à réduire au minimum le contact personnel non nécessaire et à utiliser les ressources (p. ex. équipement de protection individuelle, tel que jaquettes, masques, gants, désinfectant pour les mains, etc.) dans leurs plans et protocoles de préparation aux situations d’urgence. 39 Permettre aux programmes communautaires de fournir de l’aide à domicile sécuritaire aux personnes âgées durant les situations d’urgence Beaucoup de personnes âgées, surtout celles vivant à domicile, reçoivent des services communautaires à domicile de nature médicale et/ou d’aide de nature non médicale. Les personnes âgées qui présentent des comorbidités médicales et sociales souvent interreliées dépendent souvent de ces services au quotidien. Une situation d’urgence découlant d’une catastrophe naturelle ou d’une pandémie peut perturber la prestation de ces services à domicile, comme on l’a vu durant la pandémie de COVID-19. La pandémie de COVID-19 a présenté de nouveaux défis aux équipes de soins qui offrent des services à domicile aux personnes âgées puisque des protocoles d’urgence étaient nécessaires pour assurer que le risque de propagation du virus soit réduit au minimum. En permettant aux programmes communautaires de fournir des soins à domicile sécuritaires durant une situation d’urgence, on réduit au minimum le risque d’interruption de service, et ainsi, les répercussions sur les personnes âgées. La Recommandation 2.3 note l’importance que les programmes communautaires fournissant de l’aide à domicile fassent appel aux stratégies qui exigent un contact personnel minimal ou le recours à des ressources telles que l’équipement de protection individuelle (EPI) dans la préparation aux situations d’urgence. Les situations d’urgence telles que les pandémies et catastrophes naturelles présentent de nouveaux défis en matière de contrôle des infections où de nouveaux pathogènes peuvent continuellement faire surface. Durant une pandémie, l’hygiène et l’équipement de protection individuelle sont vus comme deux lignes de défense importantes (Bloomfield, Exner, Carlo, Nath, & Scott, 2012). Par exemple, durant la pandémie de COVID-19, plusieurs lignes directrices de pratiques exemplaires sur l’emploi de l’équipement de protection individuelle ont été rédigées et préconisées par Prévention et contrôle des infections Canada (PCI) (Prévention et contrôle des infections, 2020), Santé Ontario (Santé Ontario, 2020) et l’Organisation mondiale de la Santé (World Health Organization, 2020). Les données probantes ont montré que le virus se transmettait d’une personne à l’autre par gouttelettes et contact rapproché. Beaucoup des recommandations présentées ont été actualisées pour faciliter les décisions des soins de santé et d’autres organisations en matière de recours à l’EPI et de préservation de l’EPI afin de réduire le risque de pénurie. Là où le contact ne peut être évité, les lignes directrices de pratique exemplaire recommandent d’utiliser des mesures préventives telles que le maintien d’une distance physique et le lavage fréquent des mains à l’aide d’un gel désinfectant à base d’alcool. L’International Scientific Forum on Home Hygiene a élaboré une approche d’hygiène fondée sur le risque qui brise la chaîne de transmission de l’infection tout en s’attaquant à d’autres facteurs de risque. Les mains d’une personne et les autres lieux et surfaces font tous partie de la chaîne de transmission qui, si on la comprend, indique les endroits où des interventions basées sur l’hygiène peuvent stopper la transmission (Bloomfield, Exner, Carlo, Nath, & Scott, 2012). Encourager l’hygiène des mains (Agence de protection et de promotion de la Santé de l'Ontario (Santé publique Ontario), Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2014) et le nettoyage de l’environnement (Agence de protection et de promotion de la santé de l'Ontario (Santé publique Ontario), Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2018) à domicile et en milieux communautaires réduisent le risque de transmission de maladies infectieuses. Les prestataires de soins à domicile et communautaires peuvent faire appel à d’autres stratégies dont le dépistage chez les prestataires et les clients en plus DOMAINE 2 : SERVICES ET PROGRAMMES COMMUNAUTAIRES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 40 de porter l’équipement de protection individuelle nécessaire durant la prestation de soins à domicile. Le ministère de la Santé de l’Ontario a émis des directives claires sur les mesures à prendre (Ministère de la Santé de l'Ontario, 2020; Ministère de la Santé de l'Ontario, 2020). Parmi les autres stratégies ayant fait surface durant la pandémie de COVID-19, citons l’augmentation de la prestation de soins virtuels par l’entremise de télésanté, de télémédecine et d’autres plateformes virtuelles. Les programmes de soins virtuels se sont intensifiés durant la pandémie de COVID-19 pour permettre aux professionnels de la santé qui travaillent dans des hôpitaux de soins aigus de tenir des consultations et rendez-vous de suivi auprès de leurs patients (Stamenova, et al., 2020). Les stratégies d’appel à télésanté en matière de soins aigus en physiothérapie, ergothérapie et orthophonie ont ajouté de la valeur en réduisant au minimum les effets nocifs liés à la COVID-19 tout en ayant un effet sur le rétablissement (Exum, et al.). Recommandation 2.4 : Les gouvernements locaux doivent avoir recours aux données identifiant les personnes à risque afin de permettre aux intervenants d’urgence de prioriser les efforts de recherche et de sauvetage après une situation d’urgence. Permettre la création de répertoires de données pour appuyer les efforts des gouvernements locaux à répondre aux situations d’urgence Durant la discussion, les experts du comité ont reconnu que bien qu’il existe de nombreux registres de personnes ayant des besoins fonctionnels, y compris les personnes handicapées, qui sont facilement accessibles aux autorités municipales, ces registres sont difficiles d’accès aux autorités territoriales et provinciales. Pour que le personnel de réponse aux situations d’urgence soit plus efficace et puisse mieux identifier les personnes à risque, on recommande que les gouvernements locaux créent un répertoire de sources de données. Un tel répertoire serait une référence unique et facile d’accès pour faciliter une réponse intégrée rapide des services d’urgence provinciaux ou fédéraux. Par exemple, l’on prévoit qu’un répertoire de sources de données, comme les registres disponibles, accessible à toutes les agences d’aide nationales et locales facilitera la collaboration des différentes agences d’aide qui pourront fournir le personnel nécessaire pour aider à l’évacuation, à la distribution d’approvisionnements d’urgence et à la prestation de soins médicaux. 41 Les efforts de réponse et de rétablissement auprès des personnes âgées varient selon le niveau de formation en matière d’urgence que les professionnels de la santé, le personnel de réponse aux situations d’urgence et autres premiers intervenants éventuels ont reçue. Les professionnels de la santé jouent un effet un rôle essentiel dans la préparation et la réponse aux situations d’urgence, car ils sont souvent le premier point de contact pour obtenir des directives sanitaires et des soins. L’investigation sur le niveau de compétences liées aux situations d’urgence des professionnels de la santé et du personnel de réponse aux situations d’urgence a été guidée par la Question de recherche 3 : Quelles sont les stratégies et ressources pouvant être utilisées pour améliorer la réponse urgente des professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence durant et après une urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? (voir Approche de développement). Les stratégies de recherche utilisées ont donné lieu à un total combiné de 4390 articles de revues savantes révisés par les pairs dont 12 ont été utilisés avec deux documents d’orientation aux fins d’extraction des données liées à cette question. L’examen de ces 14 ressources a révélé que certains professionnels de la santé sentaient qu’ils n’étaient pas suffisamment préparés pour dispenser les soins appropriés aux personnes âgées durant une situation d’urgence telle qu’une catastrophe naturelle. En outre, plus d’efforts sont nécessaires pour mieux connaître les précautions à prendre contre la propagation et le contrôle des maladies infectieuses durant une situation d’urgence. Pour combler ces lacunes, trois recommandations d’experts fondées sur les données probantes ont été formulées dans le but d’inclure dans la formation des professionnels de la santé et du personnel de réponse aux situations d’urgence d’autres critères culturels pour aider et soigner les personnes âgées et les résidents durant et après une situation d’urgence. Recommandation 3.1 : Les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence doivent recevoir une formation sur les soins gériatriques pertinents à leur discipline et comment venir en aide aux personnes âgées et à leurs aidants non rémunérés avant, durant et après une urgence. La formation supplémentaire doit également les sensibiliser aux pratiques exemplaires et précautions nécessaires pour réduire le risque de contagion durant la réponse à une situation d’urgence. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. Amélioration des connaissances et des compétences des professionnels de la santé quant aux principes de soins de santé dans les disciplines de gériatrie et d’urgence Il est essentiel que les professionnels de la santé suivent une formation en soins gériatriques pour connaître les besoins uniques des personnes âgées et la meilleure façon de les aider, surtout dans les cas où ils pourraient être appelés à dispenser des soins durant une situation d’urgence. Dans un rapport rédigé par Karen V. Lamb (2010), An Overview: Disaster Preparedness for Gerontological Nurses, l’auteure mentionne que les déficits cognitifs liés à la démence seraient exacerbés durant une situation d’urgence et entraîneraient confusion et délire (Lamb & O'Brien, 2010). Une étude canadienne sur l’expérience du personnel infirmier dans la gestion des situations d’urgence recommande fortement que la formation en soins infirmiers comporte un programme d’études plus détaillé sur la façon de mieux aider les personnes âgées durant une situation d’urgence (Kulig, et al., 2017). Il est recommandé DOMAINE 3 : PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ ET PERSONNEL DE RÉPONSE AUX SITUATIONS D’URGENCE Domaine 3 : Professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 42 que les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence aient les compétences pour aider de la meilleure façon possible les personnes âgées dans ces situations. Une approche multimodale d’éducation serait efficace pour approfondir les connaissances, susciter la confiance et améliorer les compétences des professionnels de la santé à répondre aux situations d’urgence (Pesiridis, Galanis, Sourtzi, & Kalokairinou, 2014; Roush & Tyson, 2012; Scott, Carson, & Greenwell, 2010). Lamb a également insisté sur le besoin que le personnel infirmier soit mis au courant du risque lié à la prestation des soins durant une catastrophe (Lamb & O'Brien, 2010). Le traitement peut se compliquer, car il est possible que les dossiers médicaux ou autres ressources médicales comme les médicaments, l’oxygène et la dialyse soient hors d’accès (Lamb & O'Brien, 2010). Jumelées au stress, à des fournitures de base et médicaments limités, et à des changements extrêmes de l’environnement et de la température (Lamb & O'Brien, 2010), les situations d’urgence peuvent grandement exacerber les affections médicales et limiter l’accès aux interventions de soins (Ardalan, et al., 2010). Si l’on considère que 80 pour cent des personnes âgées sont atteintes d’au moins une maladie chronique nécessitant des médicaments et parfois de l’équipement médical, les fournisseurs de soins doivent bien connaître les méthodes de rechange efficaces de prise en charge des maladies chroniques, et doivent prendre une part active dans les stratégies de planification de la préparation aux situations d’urgence dans les refuges ou autres établissements temporaires de soins d’urgence de la localité (Bhalla, Burgess, Frey, & Hardy, 2015; Byrd, 2010). Ainsi, le personnel de réponse aux situations d’urgence doit être au fait des maladies qui touchent le plus souvent les personnes âgées, et de la façon d’interagir ou d’aider efficacement les personnes vivant avec la démence si elles sont agitées, confuses, anxieuses ou si elles s’égarent. L’enrichissement des connaissances des professionnels de la santé et du personnel de réponse aux situations d’urgence sur les pratiques de contrôle des infections vient également appuyer la prestation de soins sécuritaires aux personnes âgées durant une situation d’urgence. L’impact prolongé des catastrophes naturelles sur la collectivité peut causer l’effondrement des établissements et des réseaux de santé, ou perturber les programmes de santé (Kouadio, Aljunid, Kamigaki, Hammah, & Oshitani, 2012). L’amélioration de la formation des professionnels de la santé et du personnel de réponse aux situations d’urgence sur les pratiques de contrôle des infection, de même qu’une meilleure connaissance des pratiques exemplaires, peut avoir lieu dans tous les contextes (Agence de protection et de promotion de la santé de l'Ontario, Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2012; Agence de protection et de promotion de la santé de l'Ontario, Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2012). Recommandation 3.2 : Les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence doivent s’efforcer de réduire les conséquences négatives chez les personnes âgées durant et après une situation d’urgence en adoptant des stratégies conçues pour protéger la santé physique et mentale des personnes âgées avec lesquelles ils pourraient entrer en contact. Ces stratégies consistent à évaluer le bien-être psychologique des personnes âgées à la recherche de signes de détresse et de dispenser les traitements appropriés ou de les aiguiller en spécialité, le cas échéant. Mieux s’occuper des besoins en santé mentale des personnes âgées durant une situation d’urgence Bien que l’idée préconçue veuille que les personnes âgées soient plus fragiles émotivement que leurs cadets, les rapports sur l’existence d’une différence de l’incidence de détresse psychologique 43 suivant une urgence chez les personnes âgées comparativement à leurs cadets sont contradictoires, ce qui indique que le vieillissement serait un facteur de protection. Durant une investigation des différences potentielles entre les personnes âgées et leurs cadets quant à l’apparition d’un trouble psychologique après une catastrophe naturelle ou causée par l’homme, on a observé l’absence d’une différence significative de l’incidence de symptômes d’anxiété et de dépression chez les personnes âgées comparativement à leurs cadets (Parker, et al., 2016; Siskind, et al., 2016). Des différences ont toutefois été observées dans l’incidence de l’état de stress post-traumatique (ESPT). Dans une étude menée en 2016 par Parker et collaborateurs, l’ESPT s’est révélé avoir une incidence significativement plus marquée chez les personnes âgées que chez leurs cadets. Des résultats semblables ont également été observés par Jia et collaborateurs (2010), qui ont rapporté une prévalence supérieure de symptômes d’ESPT au sein d’un échantillon de survivants au tremblement de terre de 2008 au Sichuan (Jia, et al., 2010). Au contraire, Siskind et collaborateurs (2016) ont observé que les personnes âgées avaient 2,85 fois moins tendance à manifester des symptômes d’ESPT que leurs cadets dans une méta-analyse sur la santé mentale chez les personnes âgées suivant une catastrophe causée par l’homme (Siskind, et al., 2016). Des différences quant à l’apparition de détresse psychologique chez les personnes de différents statuts socioéconomiques ont également été rapportées. Une scolarité inférieure au diplôme d’études secondaires et/ou un baccalauréat, le chômage ou tomber au chômage durant une catastrophe, l’isolement social ou être témoin d’au moins trois événements liés à une catastrophe étaient associés à de plus grandes chances d’être atteint d’ESPT (Blackmon, et al., 2017; Ruskin, et al., 2018; Welch, et al., 2016). Une étude a été réalisée par Cheung, Chau et Yip (2008) afin d’évaluer l’impact de l’épidémie de SRAS de 2003 sur le taux de suicides à Hong Kong. L’étude a eu recours aux statistiques de 1993 à 2004 sur les suicides et a comparé le profil des cas de suicide chez les personnes âgées durant les périodes avant le SRAS, durant le SRAS et après le SRAS. Les résultats de l’étude ont montré un excès de suicides chez les personnes âgées en avril 2003 comparativement au mois d’avril des autres années. Les résultats corroboraient ceux d’une comparaison annuelle, puisque le taux de suicides chez les personnes âgées était significativement supérieur en 2003 et 2004 qu’il l’était en 2002, ce qui laisse penser que le taux de suicide n’est pas retombé au niveau d’avant l’épidémie de SRAS (Cheung, Chau, & Yip, 2008). Cheung, Chau et Yip ont émis l’hypothèse que la flambée des taux de suicide chez les personnes âgées était liée à la solitude et au détachement des autres personnes âgées vivant dans la collectivité. Ainsi, on pourrait dire qu’il est tout aussi important de maintenir et de rehausser le bien-être mental du public durant une épidémie que de ralentir la contagion (Cheung, Chau, & Yip, 2008). La prévention et/ou le traitement des effets psychologiques subis par les survivants durant et après une situation d’urgence a historiquement été laissé pour compte dans la gestion des urgences. Durant les inondations de 2017 au Québec, la difficulté la plus répandue parmi les survivants était la détresse psychologique, alors que 25 % des personnes que les autorités ont rencontrées présentaient des symptômes (CBC News, 2017). La formation des répondants en premiers soins psychologiques pourrait favoriser le traitement réfléchi et humain des personnes âgées durant la réponse et en route vers le rétablissement (Ardalan, et al., 2010). Dans l’ensemble, alors que les conclusions laissent croire qu’il n’est pas nécessaire de consacrer de vastes ressources supplémentaires à la protection du bien-être psychologique des personnes âgées durant une situation d’urgence, il est toujours recommandé que les professionnels de la santé et DOMAINE 3 : PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ ET PERSONNEL DE RÉPONSE AUX SITUATIONS D’URGENCE COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 44 le personnel de réponse aux situations d’urgence déploient plus d’efforts pour évaluer le bien-être psychologique des personnes âgées durant et après une situation d’urgence et dispenser le traitement approprié afin d’intervenir précocement auprès de la proportion de personnes âgées qui présentent effectivement un trouble psychologique. Il faut également insister davantage sur l’évaluation du bien-être psychologique des personnes âgées qui présentent au moins un des nombreux facteurs socio-démographiques ayant été liés à une probabilité accrue de trouble psychologique durant ou après une situation d’urgence. Un meilleur accès des personnes âgées aux services offerts par les conseillers, ergothérapeutes et travailleurs sociaux après une situation d’urgence en est un exemple, puisque ces personnes peuvent jouer un rôle dans le traitement de la détresse psychologique en offrant de l’éducation et une formation sur les aptitudes d’adaptation faisant appel à une approche de réadaptation communautaire (Jeong, Law, DeMatteo, Stratford, & Kim, 2016). Recommandation 3.3 : Les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence doivent recevoir une formation de sensibilisation aux cultures afin de dispenser des soins et de l’aide appropriés aux personnes âgées de différentes origines culturelles et religieuses avant, durant et après une urgence. Les prestataires doivent avoir des options à leur disposition pour venir en aide aux personnes âgées et leur aidants non rémunérés qui se heurtent à la barrière de la langue ou à des obstacles culturels pour accéder aux services d’aide (p. ex. traducteurs, matériel écrit en langues autres que l’anglais et le français, etc.). Cela est d’importance particulière pour le personnel qui intervient auprès des peuples autochtones, dans des milieux communautaires diversifiés et durant une évacuation en réponse à une urgence. La sensibilisation et la formation culturelles des professionnels de la santé et du personnel de réponse aux situations d’urgence est un principe clé qui veille à ce que les personnes âgées de différentes origines culturelles et religieuses reçoivent les soins et l’aide appropriés avant, durant et après une situation d’urgence (James, Hawkins, & Rowel, 2007). L’Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada (2009), l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (2018), l’Association canadienne des ergothérapeutes (2011) et l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario (2019) ont formulé des directives de sensibilisation et de sécurité culturelle à l’intention des professionnels de la santé. En 2012, le Dr Samir Sinha a soumis le rapport Vivre bien et plus longtemps au ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario dans lequel il mentionnait que beaucoup de fournisseurs de soins de santé, et de services sociaux et communautaires ignoraient les besoins culturels et quels services de santé et de condition sociale étaient ou non offerts dans la localité pour aider les anciens des peuples autochtones. Dans la province d’Ontario, puisque la prévalence d’être atteint d’au moins trois maladies chroniques est plus élevée dans la population autochtone que dans la population non autochtone, on comprend pourquoi les personnes autochtones se fient de manière disproportionnée aux soins d’urgence et ont plus tendance à rapporter avoir une « piètre » ou « passable » santé (Sinha, 2012). Ainsi, une recommandation clé du rapport visait à encourager l’élaboration d’une formation en compétences culturelles pour tous les prestataires de services de santé, et de services sociaux et communautaires travaillant auprès des peuples autochtones. Certaines associations professionnelles ont adopté d’autres approches pour rehausser la sensibilisation culturelle dans les milieux de soins en augmentant la capacité des collectivités qui présentent des vulnérabilités à participer à la prestation des soins. Par exemple, l’Association canadienne des écoles 45 de sciences infirmières (ACESI), l’Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada (AIIA) et l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC), en collaboration avec les écoles de soins infirmiers de partout au pays, ont activement encouragé le recrutement des personnes des Premières Nations, des Inuit et des Métis dans les programmes de soins infirmiers pour leur permettre de terminer ces programmes en faisant tomber les obstacles, tels que les obstacles financiers, et en adoptant des stratégies de soutien (Hart-Wasekeesikaw, 2009). Le fait de multiplier le nombre d’infirmières et d’infirmiers des Premières Nations, des Inuit et des Métis permet au peuple autochtone d’avoir un meilleur accès à des soins culturellement sûrs et appropriés. Cette collaboration avec l’ACESI, l’AIIA et l’AIIC visait également à intégrer les principes de compétence et de sécurité culturelle dans les programmes d’étude pour tous les étudiants en soins infirmiers leur permettant de saisir le contexte historique et contemporain des peuples autochtones (Hart- Wasekeesikaw, 2009). En 2018, l’Association canadienne des ergothérapeutes a publié un énoncé de position qui soulignait le rôle de l’ergothérapie dans la santé des peuples autochtones. L’objet du document était de « permettre aux ergothérapeutes de fournir des services de collaboration efficaces, respectueux, culturellement respectueux et culturellement adaptés aux personnes, aux familles, aux communautés et aux nations des Premières Nations, des Inuits et des Métis». Une recommandation fondamentale issue de ce rapport consistait à créer des partenariats et des alliances afin que la pratique de l’ergothérapie soit plus sûre sur le plan culturel et qu’elle offre une place pour la vision du monde, le savoir et l’autodétermination des peuples autochtones. Aller de l’avant est une responsabilité que nous partageons tous» (Association canadienne des ergothérapeutes, 2011). Les professionnels et le personnel qui offrent aux peuples autochtones de l’aide en matière de préparation, de réponse et de rétablissement doivent tenir compte de l’histoire de même que des connaissances, croyances et perspectives entretenues par les peuples autochtones et les reconnaître. Dans le contexte de la préparation aux situations d’urgence, il importe pour réussir la préparation de reconnaître le rôle des anciens à titre de leaders de la communauté et de concevoir des activités d’éducation à la préparation qui reconnaissent leur rôle important dans la communauté et y font appel. De plus, il serait utile au soutien des anciens qui se préparent aux situations d’urgence de concevoir du matériel de préparation qui inclut les articles traditionnels et cérémoniaux qui seraient retirés du domicile durant une évacuation, comme les sacs de médecine, les plumes d’aigle et le foin d’odeur. Lorsqu’il répond à une situation d’urgence, le personnel de réponse doit être sensible au fait que certaines interventions pourraient déclencher un traumatisme chez certains anciens ayant survécu aux pensionnats indiens, à la rafle des années 60 et à d’autres épisodes traumatisants. Les interventions qui déclenchent ces traumatismes doivent être remplacés par des pratiques sûres sur le plan culturel. En plus de la façon dont les peuples autochtones sont évacués, il est tout aussi important de reconnaître que de nombreux anciens vivent avec les membres de leur famille, et qu’il importe de les évacuer avec la famille. La séparation de la famille et des aidants non rémunérés pourrait s’avérer être particulièrement traumatisant. Durant le rétablissement d’une situation d’urgence, le personnel doit créer un espace qui reconnaît et fait le deuil des pertes culturelles associées à l’évacuation, et concevoir des activités qui maintiennent le lien avec la communauté d’origine (p. ex. huttes de sudation, cérémonie de purification par la fumée, activités de danse/de chant/de couture pour les enfants). DOMAINE 3 : PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ ET PERSONNEL DE RÉPONSE AUX SITUATIONS D’URGENCE COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 46 Domaine 4 : Établissements et organisations de soins Les établissements et organisations de soins qui sont responsables de la vie de leurs résidents ou patients durant une situation d’urgence doivent prendre des décisions qui favorisent la santé et le bien-être de ces personnes. Durant une situation d’urgence, ces établissements et organisations doivent, par exemple, savoir quand il convient d’évacuer ou de se confiner et quoi faire dans chaque cas. L’évaluation de la qualité et du niveau de préparation aux situations d’urgence dans les établissements et organisations de soins a été guidée par la Question de recherche 4 : Quelles sont les stratégies et les ressources pouvant être utilisées dans les établissements et organisations pour améliorer les efforts de préparation et de rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? (voir Approche de développement). Les stratégies de recherche utilisées ont donné lieu à un total combiné de 4390 articles de revues savantes révisés par les pairs dont 17 ont été utilisés avec neuf documents d’orientation aux fins d’extraction des données liées à cette question. L’examen de ces 26 ressources a révélé que des mesures plus importantes sont nécessaires pour éviter les situations pouvant faire surface lorsqu’une situation d’urgence grave perturbe les activités dans les établissements et organisations de soins et durant le processus de transfert des patients menaçant ainsi les patients et résidents âgés. En réponse à cette lacune, trois recommandations d’expert fondées sur les données probantes ont été formulées dans le but d’enrichir les connaissances des professionnels de la santé et du personnel des établissements de santé en matière de préparation aux situations d’urgence, et dans le but de faciliter le transfert efficace des patients durant une situation d’urgence. Recommandation 4.1 : Les établissements et organisations de soins doivent inclure une formation sur la préparation et la réponse aux situations d’urgence dans leur programme de formation systématique du personnel.
Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. Une étude réalisée en 2012 par Roush et Tyson qui évaluait les connaissances en matière de préparation aux situations d’urgence du personnel infirmier inscrit à un atelier communautaire de préparation aux situations d’urgence, et dont beaucoup travaillaient dans un centre de soins infirmiers, a révélé que la majorité des participants n’avaient reçu aucune formation formelle sur la planification et la réponse aux situations d’urgence et beaucoup ont rapporté un faible score de connaissances, voire que leurs connaissances n’avaient pas été évaluées sur la préparation aux situations d’urgence (28 %). Après l’atelier, le score des connaissances a grimpé à 76 % et la majorité des participants ont rapporté vouloir inclure des portions du contenu de l’atelier dans des cours à l’intention des étudiants, des collègues et/ou des patients (Roush & Tyson, 2012). Les conclusions de cette étude, entre autres, laissent penser que certains professionnels de la santé qui travaillent en contexte de soins gériatriques ou à l’extérieur de ce contexte profiteraient d’une formation supplémentaire sur la façon de répondre aux situations d’urgence et de soigner les personnes âgées dans ces situations (Lamb & O'Brien, 2010). 47 Pour combler cette lacune d’éducation et améliorer la gestion des catastrophes dans les hôpitaux, le Department of Health and Mental Hygiene de New York (NYC DOHMH) a mis au point la trousse Elderly Populations in Disasters: Hospital Guidelines for Geriatric Preparedness (Ahronheim, Arquilla, & Gambale Greene, 2009). La trousse décrit la formation des professionnels de la santé en soins gériatriques, dont les lignes directrices sur la prise en charge des patients gériatriques, les diagnostics erronés courants liés à l’âge, le moment d’obtenir une consultation en gériatrie, les doses des médicaments de santé mentale courants pour les personnes âgées qui sont frêles, et la création de tableaux de référence qui aident à l’évaluation médicale des personnes âgées durant une situation d’urgence (Ahronheim, Arquilla, & Gambale Greene, 2009). Étant donné que cette trousse se concentre sur les besoins des personnes âgées dans les hôpitaux qui traitent une gamme de circonstances survenant fréquemment chez les personnes âgées durant une situation d’urgence, il serait utile que tous les établissements et organisations de soins créent une trousse d’urgence semblable en fonction des services qu’ils offrent. Les professionnels de la santé peuvent contribuer à une trousse multidisciplinaire qui intègre différentes approches de soins pour les personnes âgées, et ce, pour chaque discipline. Par exemple, les infirmières et thérapeutes peuvent appliquer la théorie intégrée du changement de comportement en matière de santé afin de créer un programme d’études qui favorise les connaissances et améliore les résultats de santé chez les personnes âgées (Ryan, 2009). En outre, les théories d’apprentissage des adultes sont au centre de la formation reçue par les physiothérapeutes et ergothérapeutes. Ils pratiquent l’apprentissage axé sur le client, qui adapte la réponse pour répondre principalement aux besoins de leurs clients (Papadimitriou & Carpenter, 2013). Les ressources qui sont créées en faisant appel à des approches multidisciplinaires et collaboratrices permettent de dispenser des soins plus efficaces et de répondre aux besoins des personnes âgées durant une situation d’urgence. Au Canada, le domaine des cours avancés d’éducation et de certification en gestion ou préparation aux situations d’urgence est petit; en 2004, on comptait en effet moins de 10 personnes qui étaient à la fois praticiens et universitaires dans le domaine de la gestion des situations d’urgence (Sécurité publique et Protection civile Canada, 2004). Les participants à la table ronde ont relevé la croissance de l’éducation en gestion ou préparation aux situations d’urgence comme une lacune attribuable, en partie, à l’absence d’une entité prônant l’importance de cette éducation au pays. Chaque province a adopté une approche différente à l’éducation et à la certification du domaine de la gestion ou préparation aux situations d’urgence, ce qui a eu l’effet de réduire la collaboration et la coordination. Pour résoudre ce problème, Sécurité publique et Protection civile Canada a mis sur pied un groupe de travail fédéralprovincial- territorial pour étudier les exigences en matière d’éducation des gestionnaires canadiens des situations d’urgence. De plus, l’United Nations Office for Disaster Risk Reduction a publié un rapport d’évaluation mondial sur la réduction du risque de catastrophe qui souligne le besoin d’adopter des stratégies de réduction du risque de catastrophe pour améliorer la préparation aux catastrophes et situations d’urgence, les efforts de réponse et de rétablissement, et souligne les qualifications et la scolarité nécessaires pour assurer une expertise professionnelle future dans le domaine de la réduction du risque de catastrophe. La Recommandation 4.1 traite du besoin que les établissements incluent une formation sur la préparation et la réponse aux situations d’urgence donnée sur une plateforme multimodale. DOMAINE 4 : ÉTABLISSEMENTS ET ORGANISATIONS DE SOINS COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 48 Durant l’enseignement aux professionnels de la santé et au personnel des hôpitaux sur la préparation aux situations d’urgence, les méthodes d’enseignement multimodales se sont avérées être un outil efficace. Une étude menée en 2016 par Collander et collaborateurs s’est penchée sur l’efficacité d’un cours de formation multimodale sur la préparation aux catastrophes à l’intention des professionnels de la santé travaillant dans des hôpitaux, intitulé Hospital Disaster Life Support (HDLS) (Collander, et al., 2008). La formation comptait des cours magistraux, des exercices liés aux catastrophes (simulations de pneumonies et d’attaques à la bombe), des séances sur les aptitudes et des séances de travail sur table. À l’évaluation des changements des comportements et d’acquisition des connaissances des participants liés à la préparation aux situations d’urgence, les résultats sur une échelle Likert de 1 à 5 points, où 5 était le plus favorable, ont montré que la réponse moyenne était de 4,24. La comparaison des scores aux tests administrés avant et après la formation a révélé que tous les participants avaient significativement amélioré leur score moyen de connaissances sur la préparation aux situations d’urgence, le score moyen du groupe au test était de 89,5 %. Recommandation 4.2 : Durant le processus standardisé actuel de transfert des soins, il convient d’ajouter d’autres stratégies visant à améliorer la collecte et le transfert des renseignements pouvant identifier une personne et des anamnèses médicales pour favoriser le suivi efficace, la relocalisation et les soins du patient durant une situation d’urgence. Amélioration du transfert des soins des patients durant une situation d’urgence Aux É.-U., la Joint Commission on Accreditation of Healthcare Organizations (JCAHO) exige que tous les établissements se dotent d’une approche uniformisée de transfert des patients qui favorise la communication entre professionnels durant le transport des patients pour recevoir un test diagnostique ou une intervention (Nursing, 2006). De même, au Canada, les établissements de santé adoptent habituellement des politiques liées au transfert des patients qui favorisent la communication entre prestataires durant le transport des patients. Il existe d’autres politiques relatives au transport des patients qui s’adressent à certaines populations précises de patients, telles que la Politique concernant les malades en phase critique des Services ontariens de soins aux malades en phase critique, élaborée en collaboration avec les Services ontariens de soins aux malades en phase critique, CritiCall Ontario, les réseaux locaux d’intégration des services de santé, les services de santé d’urgence et plusieurs administrateurs d’hôpitaux (Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, 2013). La politique veille à ce que les patients en phase critique, c’est-à-dire qui sont à risque de perdre la vie ou un membre, reçoivent des soins en 4 heures et décrit en toutes lettres la procédure à suivre durant le transport des patients. Le guide de mise en oeuvre contient le processus téléphonique en cinq étapes de CritiCall Ontario qui est lancé lorsque CritiCall Ontario communique avec les standards téléphoniques des hôpitaux afin de faire une demande de transfert pour un cas en phase critique, et prend fin lorsque l’hôpital met en oeuvre son Plan de gestion de l’affluence des patients en phase critique pour réserver un lit et permettre le transfert du patient. Ce processus simplifié garantit la communication rapide entre médecins et le transfert rapide du patient. Bien que ces politiques ne concernent pas précisément les catastrophes naturelles, elles forment un cadre pouvant être opérationnalisé pour réduire au minimum les effets nocifs et les erreurs dans les cas où les patients doivent être transportés d’urgence durant des situations critiques. 49 Il faut cependant ajouter des stratégies de suivi aux procédures classiques de transfert de pattients pour mieux faciliter le transfert des patients ou résidents durant une situation d’urgence. Pour empêcher les interruptions thérapeutiques après la relocalisation, il faut faire appel à des méthodes électroniques et non électroniques pour que le patient et son dossier médical soient bien transférés à l’organisation d’accueil après la relocalisation. Plus précisément, il est recommandé que les documents incluent les caractéristiques démographiques, une description de l’apparence et les renseignements médicaux. Il est nécessaire d’inclure des renseignements qui identifient le patient afin d’apparier les patients à leur dossier médical dans les cas où le dossier médical serait perdu ou inaccessible durant une catastrophe, ou pour identifier les patients, surtout ceux qui ne peuvent le faire eux-mêmes. Les méthodes électroniques de suivi recensées par une revue systématique des méthodes de suivi des patients utilisées par plusieurs pays sont les étiquettes électroniques de triage comme les étiquettes intelligentes et autres capteurs qui déterminent le niveau du triage, l’identification par radiofréquence ou radio-étiquettes, et les assistants numériques personnels (ANP) aux fins de triage dans ces situations (Smith & Macdonald, 2006). Une approche de cette nature doit être adoptée au Canada. Une forte corrélation a également été mise au jour entre l’impact des évacuations et la hausse du nombre d’hospitalisations, de la mortalité, du stress et des traumatismes, surtout parmi les résidents des centres de soins infirmiers ayant un déficit cognitif (Brown, et al., 2013). Cela réitère le besoin criant pour que les établissements de soins se dotent d’un plan de gestion des situations d’urgence, et d’un plan robuste de transfert des soins pour les cas où les patients doivent être évacués. Il souligne également l’importance de revoir ces plans régulièrement et les mettre à jour (Blanchard & Dosa, 2009; Dosa, et al., 2010; Laditka, Laditka, Cornman, Davis, & Richter, 2009; Nomura, et al., 2013; Thomas, et al., 2012; Willoughby, et al., 2017). En intégrant les hôpitaux dans les plans communautaires de préparation aux situations d’urgence, on améliore les transferts (Braun, et al., 2006). Le fait d’intégrer les hôpitaux et établissements de soins communautaires dans les plans facilite le suivi des patients et la communication durant les situations d’urgence et facilite les transferts après l’urgence. Recommandation 4.3 : Les établissements et organisations de soins doivent s’efforcer d’élaborer des plans d’urgence complets qui incluent une stratégie de réponse efficace pour protéger les personnes âgées contre les éclosions de maladie infectieuse. Ces stratégies doivent refléter les normes fondées sur les données probantes auxquelles des organisations telles Prévention et contrôle des infections Canada (PCI) souscrivent.
Les établissements de soins doivent aussi évaluer régulièrement et faire tomber les obstacles à la mise en oeuvre du plan d’urgence qui repose sur leurs pratiques habituelles. Création de stratégies complètes de préparation aux situations d’urgence qui incluent la prévention des maladies infectieuses à déployer dans toute l’organisation Les établissements de soins comme les hôpitaux, et centres de soins de longue durée et de soins infirmiers sont sujets aux éclosions de maladies infectieuses. Les éclosions sont souvent localisées à une unité ou à une section de l’établissement et peuvent être contenues si elles sont reconnues rapidement et qu’on intervient précocement. Ces établissements de soins sont vulnérables aux éclosions d’envergure durant une situation DOMAINE 4 : ÉTABLISSEMENTS ET ORGANISATIONS DE SOINS COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 50 d’urgence comme une pandémie, puisque la maladie infectieuse se répand rapidement parmi les patients et résidents. La Recommandation 4.3 souligne l’importance que les établissements de soins et autres organisations se dotent d’un plan d’urgence qui inclut des stratégies efficaces de réponse à la propagation et aux éclosions de maladie infectieuse. Durant la pandémie de COVID-19, le Canada s’est démarqué parmi les autres pays industrialisés en rapportant la plus grande proportion de décès dans ses centres d’hébergement et de soins de longue durée (Institut canadien d'information sur la santé, 2020). Il est reconnu que les centres de soins de longue durée sont vulnérables aux éclosions de maladie respiratoire, comme la COVID-19, la grippe et autres (McMichael, et al., 2020). Une étude menée dans un centre de soins infirmiers spécialisés de Kings County, à Washington, a nommé les employés travaillant dans différents centres alors qu’ils étaient malades et les transferts de résidents d’un centre à un autre comme des défis potentiels ayant permis au virus d’entrer dans ces centres, ce qui corroborait les résultats d’autres études (McMichael, et al., 2020; Lai, et al., 2020). La vaccination des travailleurs des établissements et organisations de soins et l’introduction en temps voulu d’antiviraux serait l’une des stratégies les plus efficaces pour réduire au minimum le risque d’éclosion de maladie infectieuse (Cheng, Chen, Chou, Huang, & Huang, 2018; Rainwater- Lovett, Chun, & Lessler, 2014). Les études ayant évalué la vaccination parmi le personnel des établissements ont nommé le scepticisme à l’égard des vaccins comme un obstacle à l’adoption (Huhtinen, Quinn, Hess, Najjar, & Gupta, 2019). Les établissements qui offraient aux employés un programme d’immunisation sur place et qui avaient adopté des politiques exigeant l’immunisation comme condition d’emploi avaient un taux élevé de vaccination du personnel (Lai, et al., 2020). Les approches non pharmaceutiques sont aussi efficaces pour prévenir la contagion, comme l’a indiqué le recours à l’EPI comme mesure préventive de la contagion (World Health Organization, 2020; Rainwater-Lovett, Chun, & Lessler, 2014). La fermeture des établissements et centres de soins réduit aussi au minimum la contagion parmi le personnel et les résidents. Durant la pandémie de COVID-19, de nombreux établissements de soins, comme les hôpitaux, les centres de soins prolongés ont fermé leurs portes aux visiteurs non essentiels et l’accès y était limité au personnel seulement. La fermeture précoce de ces établissements serait efficace pour contenir les éclosions de maladie infectieuse et ainsi raccourcir l’éclosion (Inns, et al., 2018). L’interruption des nouvelles admissions, la formation de cohortes de patients ou résidents par unité, le renforcement actif de l’hygiène systématique et l’utilisation de désinfectants pour le nettoyage régulier des surfaces sont d’autres stratégies efficaces (Buffington, et al., 1993; Lee, Lee, Lee, & Park, 2020). La surveillance systématique et les rapports réguliers sont également recommandés pour reconnaître une infection précocement (Agence de protection et de promotion de la santé de l'Ontario (Santé publique Ontario), Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2020). Les interventions groupées se sont montré être les plus efficaces pour gérer les éclosions dans les établissements de soins (Hayden, et al., 2015). Prévention et contrôle des infections Canada (PCIC) fournit un répertoire de lignes directrices fondées sur les données probantes et leurs recommandations découlant d’études épidémiologiques ayant démontré l’efficacité des interventions de contrôle des infections comme l’hygiène des mains, le nettoyage systématique, l’isolement, entre autres, dans les différents milieux de soins de santé (Agence de protection et de promotion de la Santé de l'Ontario (Santé publique 51 Ontario), Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2014; Agence de protection et de promotion de la santé de l'Ontario (Santé publique Ontario), Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2018; Agence de protection et de promotion de la santé de l'Ontario, Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2012; Agence de protection et de promotion de la santé de l'Ontario, Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2012; Siegel, Rhinehart, Jackson, & Chiarello, 2007; Canadian Committee on Antibiotic Resistance, 2007). Beaucoup de ces lignes directrices sont approuvées et publiées par des agences telles que Santé publique Ontario. Les centres de soins canadiens doivent utiliser ces lignes directrices et ressources d’éducation pour appuyer l’élaboration de plans d’urgence. DOMAINE 4 : ÉTABLISSEMENTS ET ORGANISATIONS DE SOINS COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 52 Domaine 5 : Lois et politiques Tant à l’échelle fédérale, provinciale que locale, les organes directeurs ont un rôle réglementaire à jouer dans la préparation et la réponse aux situations d’urgence en décrivant et imposant par l’entremise de leurs politiques et de leur pouvoir législatif la façon, et l’ampleur à laquelle les organisations doivent contribuer aux efforts plus efficaces de préparation et de réponse aux situations d’urgence. Une revue des lacunes existantes dans les lois et politiques en matière de préparation, de réponse et de rétablissement aux situations d’urgence visant les résultats chez les personnes âgées a été effectuée. L’investigation a été guidée par la Question de recherche 5 : A-t-on formulé ou adopté des lois ou des politiques locales, provinciales ou fédérales visant à améliorer les efforts de préparation et de rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence (catastrophe naturelle ou pandémie)? (voir Approche de développement). Les stratégies de recherche utilisées ont donné lieu à un total combiné de 4390 articles de revues savantes révisés par les pairs dont neuf ont été utilisés avec 15 documents d’orientation sur les lois et politiques aux fins d’extraction des données liées à cette question. L’examen de ces documents a révélé que bien que certaines provinces et certains territoires aient formulé et adopté des politiques et lois en réponse à leur expérience antérieure liée à des situations d’urgence, un fossé persiste dans l’application de ces politiques pour répondre aux besoins des personnes âgées et de leurs aidants non rémunérés. Dans le cas des provinces n’ayant pas adopté de lois en matière de préparation aux situations d’urgence, les lois en vigueur ainsi que les ressources utilisées durant la pandémie de COVID-19 peuvent servir de guide pour veiller à ce que les personnes âgées soient protégées durant une situation d’urgence. Les lacunes législatives sont un obstacle pour assurer l’aide suffisante pour continuellement répondre aux besoins des personnes âgées durant les situations d’urgence partout au Canada. Les cinq recommandations d’experts fondées sur les données probantes sur les politiques et les lois proposent une occasion d’adopter des lois qui améliorent les résultats chez les personnes âgées durant les situations d’urgence. Recommandation 5.1 : Un comité consultatif national doit être mis sur pied pour éclairer l’élaboration d’un programme de préparation, de réponse et de rétablissement des Canadiens âgés. Les représentants des Canadiens âgés et de leurs aidants non rémunérés doivent participer afin de veiller à ce que leur point de vue y soit reflété. Établissement d’un comité consultatif national sur la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence En 2017, le Sénat américain a adopté le projet de loi S. 1834 pour amender le titre XXVIII de la Public Health Service Act afin d’y inclure la formation d’un comité consultatif national sur les personnes âgées et les catastrophes (Protecting Seniors During Disasters Act, 2017). Le comité consultatif devait être formé par le secrétaire du Sénat, en consultation avec les secrétaires des départements Homeland Security et Veterans Affairs. Le comité consultatif avait pour tâches d’évaluer et de commenter les activités liées aux besoins médicaux et de santé publique des personnes âgées durant toutes les situations d’urgence, et de conseiller le secrétaire et lui proposer des recommandations quant aux personnes âgées, aux subventions médicales et de santé publique et aux ententes de collaboration relatives aux activités de préparation et de réponse autorisées par le secrétaire. Pour veiller à ce que le comité ait l’expertise nécessaire pour exécuter ses tâches, le projet de loi S. 1834 désigne les représentants devant siéger au comité, dont : le directeur des 53 Centers for Disease Control and Prevention (CDC), l’administrateur du Center for Medicare & Medicaid Services (CMS), l’administrateur de la Federal Emergency Management Agency (FEMA) et au moins deux professionnels de la santé non affiliés au gouvernement fédéral expérimentés dans la planification et la préparation des catastrophes médicales, ainsi que la réponse ou le rétablissement à ces catastrophes, et des représentants d’autres agences fédérales pertinentes, telles que le Department of Energy et le Department of Homeland Security (DHS). Bien que l’efficacité de ce comité n’ait pas encore été évaluée, les experts canadiens ont reconnu l’importance du mandat du comité formé aux É.-U. et l’impact qu’il pourrait avoir sur la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence. Aucun comité de cette nature n’a encore été formé au Canada. Les ressources qui existent, tel le Cadre de sécurité civile pour le Canada (voir le résumé des lois et cadres pertinents à l’Annexe B), pourraient coordonner la création d’un comité consultatif national visant à éclairer les décisions et la planification liées à la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence. Les groupes fédéraux, tels que Sécurité publique Canada auraient également un rôle à jouer dans la gestion et les activités du comité. En outre, la participation des personnes âgées à titre de membres du comité veillerait à ce que le point de vue de cette population soit intégré dans tous les résultats et produits mis de l’avant par le comité. On a constaté que les personnes âgées jouent un rôle essentiel dans l’élaboration des politiques, car elles connaissent « les principaux obstacles au vieillissement actif et proposent des options de redéveloppement après un tremblement de terre n’ayant jamais été considérés auparavant » (Annear, Keeling, & Wilkinson, 2014). Les fournisseurs pertinents du secteur privé, les professionnels de la santé spécialisés en gériatrie (gériatres, gérontopsychiatres, personnel infirmier en gérontologie, travailleurs sociaux et pharmaciens, physiothérapeutes et ergothérapeutes et autres experts en gériatrie) et les organisations non gouvernementales qui oeuvrent dans la préparation, la réponse et le rétablissement des personnes âgées, comme l’Armée du Salut et la Croix-Rouge canadienne seraient parmi les autres membres recommandés du comité. Les gérontologues pourraient également fournir observations et conseils sur les syndromes courants en gériatrie, comme la démence, le délire et la psychose, de même que les situations où les personnes âgées ont fréquemment besoin d’aide comme la prise de médicaments, la mobilité, la compréhension des instructions d’urgence et l’accès au soutien social, qui sont fréquemment gérés par des professionnels de la santé spécialisés en gériatrie. Recommendation 5.2 Toutes les provinces et tous les territoires doivent encourager la mise en place durant l’année ou avant une urgence imminente d’une période d’achats de produits hors taxes de préparation aux situations d’urgence. Les gouvernements doivent également verser un financement ciblé pour aider/ subventionner directement l'achat de trousses de préparation aux situations d’urgence par les Canadiens âgés. Les articles couverts doivent inclure une liste convenue d’accessoires d’urgence (telles que piles, générateurs portatifs, échelles de secours, radios, sacs de glace), d’airs climatisés, d’équipement de protection individuelle (p. ex. masques, gants, désinfectant pour les mains) et d’autres aides à la mobilité (canes, déambulateurs, etc.). Appui aux activités de préparation Lorsqu’elles sont confrontées au fardeau financier associé aux situations d’urgence, les personnes âgées se relèvent moins complètement que leurs cadets (Fernandez, Byard, Lin, Benson, & Barbera, 2002). Les groupes moins âgés sont moins DOMAINE 5 : LOIS ET POLITIQUES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 54 vulnérables aux dégâts matériels, car ils sont probablement assurés, ont une plus grande valeur de crédit, plus d’économies et ont moins de chance de vivre au seuil de la pauvreté, ou près de celui-ci (Fernandez, Byard, Lin, Benson, & Barbera, 2002). Les conditions d’admissibilité à l’aide financière expliqueraient également pourquoi les personnes âgées n’y ont pas recours aussi souvent que leurs cadets. C’est souvent parce que les personnes âgées ont un revenu fixe ou ne travaillent pas. En outre, dans les cas où elles reçoivent de l’aide, l’argent reçu est souvent insuffisant pour renflouer les pertes, ce qui rend les personnes âgées plus dépendantes des organismes caritatifs et de leurs prestations de sécurité sociale (Fernandez, Byard, Lin, Benson, & Barbera, 2002). Au Canada, la Semaine de la sécurité civile est une initiative nationale de sensibilisation qui a lieu tous les ans depuis 1996 durant le mois de mai. Il s’agit d’une activité organisée en collaboration par des organisations fédérales, provinciales et territoriales de gestion des situations d’urgence qui appuient les activités de préparation aux situations d’urgence à l’échelle locale. La Semaine de la sécurité civile encourage les Canadiens à prendre trois mesures simples pour mieux se préparer à faire face à une situation d’urgence 1) Connaître les risques, 2) Préparer un plan d'urgence et 3) Avoir une trousse d'urgence (Gouvernement du Canada, 2015). La vente d’articles d’urgence hors taxes est un incitatif pour que les personnes âgées se procurent les ressources nécessaires à leur trousse d’urgence ou abaisse les prix suffisamment pour que les personnes âgées dont les ressources financières sont limitées puissent avoir accès à ces articles essentiels. Pour l’heure, 16 états américains ont adopté les fins de semaine hors taxes, cependant, seuls trois états ont inclut les articles de préparation « liée aux intempéries » ou « liée aux intempéries graves » dans les articles admissibles à l’élimination de la taxe. Pour donner à toutes les personnes âgées l’accès aux ressources d’urgence à prix réduit, il est recommandé que toutes les provines et tous les territoires adoptent la vente hors taxes d’articles d’urgence et/ou mettent sur pied un fonds pour aider les personnes âgées à faible revenu à acheter des trousses d’urgence. Les articles devraient inclure, sans s’y limiter, piles, générateurs portatifs, aides à la mobilité (canes et déambulateurs), airs climatisés, échelles de secours, radios et sacs de glace. En outre, les données probantes montrent que la présence à domicile d’une trousse de base contenant des interventions non pharmaceutiques telles que des produits d’hygiène des mains, des masques et des mesures de contrôle de la température (p. ex. ventilateurs) réduit grandement la contagion et contribue indirectement à éviter les hospitalisations (Finkelstein, Prakash, Nigmatulina, McDevitt, & Larson, 2013). Il est ainsi essentiel de subventionner ces articles d’urgence à l’intention des personnes âgées afin d’améliorer les efforts de préparation aux situations d’urgence. Recommandation 5.3 : Toutes les provinces et tous les territoires doivent encourager la création d’un processus ou d’un programme national d’octroi de permis d’exercer au personnel infirmier, médecins, personnel paramédical et autres prestataires de services médicaux d’urgence leur permettant de dispenser bénévolement des soins médicaux d’urgence à l’extérieur des frontières provinciales et territoriales durant un état d’urgence déclaré. Amélioration de la portabilité de l’expertise des professionnels de la santé durant une situation d’urgence Il apparaît que l’accès aux services médicaux doit être continu durant la réponse aux situations d’urgence afin de répondre aux besoins médicaux émergents. Il est recommandé de prendre des mesures pour appuyer le recrutement préliminaire de professionnels de la santé afin de réunir rapidement et de façon standardisée une 55 équipe médicale émergente durant les situations d’urgence. Aux États-Unis, le Medical Reserves Corps (MRC) tient lieu de base de données de bénévoles médicaux et non médicaux pouvant offrir de l’aide médicale dans leur collectivité durant une situation d’urgence, et cela s’est avéré être très efficace. La création d’une ressource semblable est recommandée au Canada. Pour accroître la disponibilité des bénévoles médicalement formés durant une situation d’urgence, il faut prendre des mesures visant à adopter l’octroi de permis d’exercer interprovinciaux, et ce, dans toutes les provinces et tous les territoires. Tous les professionnels de la santé pertinents doivent collaborer avec leurs commission et législateurs provinciaux ou territoriaux pour adopter les lois nécessaires dans leur province ou territoire respectif. Au Canada, l’octroi de permis relève des provinces. Durant une situation d’urgence, les provinces utilisent d’abord leurs propres ressources; mais dans les cas où elles ont besoin d’experts, le Canada s’est doté de mécanismes pour appeler des ressources supplémentaires. Par exemple, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a en place des mécanismes lui permettant d’autoriser assez rapidement les professionnels de la santé à pratiquer au Canada. La création d’un programme national d’octroi de permis d’exercer nous permettrait d’accélérer notre réponse et de veiller à ce que l’aide soit disponible lorsqu’elle est nécessaire. Par exemple, les collèges des médecins et chirurgiens des provinces de l’Atlantique travaillent ensemble pour harmoniser un certain nombre de procédures et pour créer des approches qui leur sont communes pour octroyer certains permis d’exercer aux médecins. Les É.-U. ont adopté un modèle semblable où 31 états ont formé un pacte pour le permis d’exercer en soins infirmiers (Nurse Licensure Compact, n.d.), 14 états et un territoire ont formé un pacte pour le personnel de service de gestion des urgences (National Registry of Emergency Medical Technicians, n.d.) et 24 états ont formé un pacte pour les médecins (Interstate Medical Licensure Compact, n.d.). Une option possible pour le Canada serait de permettre aux professionnels de la santé de pratiquer dans différentes provinces et différents territoires en offrant leurs services à l’avance, par l’entremise de l’ASPC pour travailler dans différentes provinces durant une situation d’urgence. Recommandation 5.4 : Tous les gouvernements provinciaux et territoriaux doivent appuyer les exigences législatives qui obligent les lieux d’hébergement collectif (p. ex. centres de soins infirmiers, résidences-services et maisons de retraite) de mettre à jour et de soumettre régulièrement leur plan d’urgence qui décrit les mesures et les contingences à prendre en situation d’urgence. Ces plans doivent inclure :
Un résumé du nombre d’employés devant être maintenu durant une situation d’urgence pour minimiser les interruptions des soins et/ou des services. Toutes les provinces et tous les territoires doivent s’efforcer d’uniformiser les exigences en matière DOMAINE 5 : LOIS ET POLITIQUES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 56 de plan d’urgence dans les lieux d’hébergement collectif conformément aux priorités énoncées dans la Stratégie de sécurité civile pour le Canada 2019 et veiller à ce que les plans d’urgence des lieux d’hébergement collectif soient alignés aux directives énoncées dans les plans d’urgence et de pandémie de leur province ou territoire. Amélioration des efforts de contrôle de l’environnement dans les centres de soins infirmiers et résidences-services En Ontario, la Loi sur les foyers de soins de longue durée (2007) prévoit que tous les centres de soins infirmiers doivent être munis d’air climatisé et d’un générateur de secours pour alimenter tout l’équipement d’aide et de maintien de la vie en cas d’urgence. Si le système central d’air climatisé n’est plus fonctionnel dans l’établissement, chaque groupe de 40 résidents doit se voir désigner une aire de rafraîchissement. Mais ce n’est pas le cas dans toutes les provinces et tous les territoires. Par exemple, en Colombie-Britannique, la loi ne prévoit pas que tous les centres ajoutent à leur plan d’urgence des contingences garantissant que, en cas de panne de courant, les températures soient maintenues à un niveau raisonnable afin d’éviter l’exacerbation des problèmes de santé existants dans les centres de soins infirmiers et dans les centres de soins de longue durée. Le comité recommande de demander à toutes les provinces et tous les territoires d’uniformiser leurs exigences et de veiller à ce que les mesures appropriées soient en place pour rétablir le courant dans un délai raisonnable, et qu’ils obligent les établissements à adopter des contingences supplémentaires pour veiller à ce que la température soit maintenue à un niveau approprié. En plus de maintenir une température intérieure favorable et d’assurer l’alimentation constante en électricité, les plans d’urgence des lieux d’hébergement collectif doivent inclure des contingences visant à maintenir un personnel suffisant durant les situations d’urgence. La pandémie de COVID-19 a mis au jour des barrières insurmontables pour maintenir un personnel suffisant dans les établissements comme les foyers de groupe et centres d’hébergement pour les personnes âgées. Participation House, un foyer de groupe situé à Markham, en Ontario a affiché un taux élevé de démissions durant la pandémie alors que la dotation en personnel était décrite comme « critique » (Rocca, 2020). Le foyer de groupe a subi une éclosion grave du virus durant la pandémie alors que 95 % de ses résidents (40 sur 42) et 38 de ses employés ont été infectés (Riedner, 2020). Les études ont montré que, entre autres choses, le niveau de personnel aurait un impact significatif sur les résultats dans les lieux d’hébergement collectif (Trivedi, et al., 2012; Li, Birkhead, Strogatz, & Coles, 1996; Lin, et al., 2011; Harrington, Zimmerman, Karon, Robinson, & Beutel, 2000; Horn, Buerhaus, Bergstrom, & Smout, 2005; Kim, Kovner, Harrington, Greene, & Mezey, 2009). En conséquence, la planification efficace des situations d’urgence exige des mesures qui visent à maintenir un niveau approprié de personnel afin de réduire au minimum le risque d’éclosions généralisées et prolongées dans ces établissements. Pour améliorer les efforts visant à éviter les éclosions dans les centres de soins infirmiers et résidences-services, il faut également s’assurer que le personnel ait reçu une formation adéquate et qu’il est bien préparé à faire face aux situations d’urgence. Une étude menée en 2020 qui visait à déterminer comment les 50 états américains avaient exigé que les établissements d’hébergement et de soins de longue durée réduisent, se préparent et répondent aux infections parmi leurs résidents a conclu que 31 états avaient adopté des politiques de contrôle des infections et certains états exigeaient que le personnel reçoivent une formation sur le contrôle des infections (Bucy, 57 Smith, Carder, Winfree, & Thomas, 2020). Les politiques de 10 états contenaient un libellé sur les épidémies, principalement en matière de maladies à divulgation obligatoire et des exigences de les divulguer aux départements de santé publique, et deux décrivaient la préparation d’urgence à une pandémie. Seuls 6 états mentionnaient les pratiques d’isolement des résidents comme une façon efficace de lutter contre la contagion (Bucy, Smith, Carder, Winfree, & Thomas, 2020). De façon semblable, au Canada, la Loi sur la gestion des urgences de 2007 (Gouvernement du Canada, 2007) prévoit que le ministère fédéral de la Santé formule, mette à l’essai et maintienne un plan d’urgence spécifique à son mandat dans le portefeuille fédéral de la Santé. Dans les provinces et territoires, la gestion des urgences en santé est réglementée par une loi spécifique à chaque province et territoire exigeant que le gouvernement ait adopté un plan exhaustif d’urgence. En vertu de la loi, chaque province et territoire a formulé un plan d’urgence, dont certains citent précisément la grippe et/ou les pandémies. Dans certaines provinces, comme en Alberta, la loi stipule dans son Pandemic Influenza Plans des mesures à l’intention des groupes vulnérables, comme les personnes âgées, et des travailleurs et services de santé (Gouvernement de l'Alberta, 2014). La pandémie de COVID-19 a poussé les gouvernements des provinces à émettre des directives spécifiques aux établissements communautaires et de santé pour appuyer les décisions et mesures fondées sur les données probantes dans ces contextes. Finalement, les lois doivent tenir compte de plans d’urgence dans les situations où l’absence d’infrastructure devient un obstacle à l’éloignement social ou à l’isolement. L’isolement est recommandé pour contrôler les éclosions de maladie dans les lieux d’hébergement collectif; de nombreux établissement ont cependant rapporté des difficultés liées à l’infrastructure comme étant un obstacle à l’application des protocoles d’isolement parmi leurs résidents (Huhtinen, Quinn, Hess, Najjar, & Gupta, 2019; McMichael, et al., 2020). L’incapacité à se séparer physiquement durant une situation d’urgence est un obstacle à la gestion et au contrôle des éclosions de la maladie. Recommandation 5.5 : Toutes les provinces et tous les territoires doivent adopter une approche uniforme favorisant la collaboration entre prescripteurs et dispensateurs (c.-à-d. pharmaciens communautaires) locaux de produits pharmaceutiques, médecins et infirmières praticiennes afin de pouvoir remettre aux personnes atteintes d’une affection chronique un approvisionnement adéquat de médicaments d’ordonnance avant ou durant une situation d’urgence. Cette approche doit également souligner le besoin que les prestataires pharmaceutiques, les hôpitaux et les organismes de secours collaborent pour veiller à ce que les hôpitaux, organismes de secours et refuges d’évacuation aient à leur disposition un approvisionnement adéquat de médicaments d’ordonnance.
Toute personne doit pouvoir obtenir un approvisionnement de 30 jours de ses médicaments d’ordonnance d’urgence avant et durant une situation d’urgence. Accès assuré aux médicaments nécessaires durant une situation d’urgence Les personnes âgées vivent souvent avec plusieurs affections chroniques qui nécessitent une prise en charge continue, ce qui peut inclure les médicaments d’ordonnance. Au Canada, les politiques sur la durée des ordonnances reposent grandement sur les organismes réglementaires provinciaux de médecins et pharmaciens. Bien qu’on n’ait relevé aucune étude sur l’accès aux médicaments durant une situation d’urgence au Canada, de nombreux rapports ont émergé aux É.-U. et autres territoires portant sur les difficultés d’accès aux médicaments vécues par les personnes DOMAINE 5 : LOIS ET POLITIQUES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 58 ayant été évacuées dans des refuges. Par exemple, au lendemain de l’ouragan Katrina, beaucoup de personnes âgées ont été déplacées dans des refuges publics à plusieurs milles de leur domicile. Des discussions de réflexion sur les soins médicaux dispensés à l’Astrodome à Houston, au Texas, et au Mississippi Coliseum et au Mississippi Trade Mart à Jackson, au Mississippi ont exposé l’impact que les obstacles existants à l’accès à un approvisionnement d’au moins 30 jours de médicaments d’ordonnance ont sur la santé d’une personne. À Jackson, MS, le Department of Medicine, en partenariat avec les établissements locaux de santé ont ouvert des cliniques Katrina temporaires dans les refuges établis au Mississippi Coliseum et au Mississippi Trade Mart (Currier , King, Wofford , Daniel, & deShazo , 2006). Bien que beaucoup des 2394 personnes évacuées aient quitté leur domicile avec l’approvisionnement de médicaments recommandé de trois jours, la plupart des personnes ont dû demander des médicaments supplémentaires pour prendre en charge leur maladie chronique (Aldrich & Benson, 2008; Currier , King, Wofford , Daniel, & deShazo , 2006). On a rapporté que les besoins médicaux les plus fréquents à la clinique étaient les renouvellements d’ordonnance, surtout de médicaments pour traiter des affections cardiovasculaires, des antihistaminiques ou décongestionnants, des psychotropes, des analgésiques et des antidiabétiques (Currier , King, Wofford , Daniel, & deShazo , 2006). L’examen de plusieurs politiques pharmaceutiques et de prescription de médicaments en vigueur au Canada a mis au jour le fait que les politiques de renouvellement d’urgence ne sont pas uniformes dans les provinces et territoires, et que le problème était rarement évoqué. Une province, la Colombie-Britannique, permet aux médecins de rédiger des ordonnances avec renouvellements pendant jusqu’à un an (deux ans pour la pilule contraceptive). Aussi, les pharmaciens peuvent indépendamment renouveler la plupart des médicaments pendant jusqu’à six mois. Durant des situations d’urgence graves, durant lesquelles les personnes sont déplacées pendant une période prolongée, soit de quelques jours à plusieurs mois, il est essentiel que les personnes qui dépendent de médicaments puissent évacuer leur domicile avec suffisamment de médicaments pour soutenir leur santé et leur bien-être, surtout si elles sont évacuées dans une région isolée ou si elles doivent rester dans un refuge où l’approvisionnement pharmaceutique peut être limité aux entrepôts et centres de coordination aux fins de réponse à la situation d’urgence (Currier, King, Wofford , Daniel, & deShazo , 2006). En conséquence, il est recommandé que toutes les provinces et tous les territoires adoptent une approche uniformisée de collaboration entre les prescripteurs et dispensateurs locaux de produits pharmaceutiques, plus précisément, les pharmaciens communautaires, médecins et infirmières praticiennes. Pour faciliter encore plus l’accès aux médicaments d’ordonnance durant une situation d’urgence, surtout dans les refuges, cette approche doit insister sur la collaboration entre organisations de fournisseurs de produits pharmaceutiques et agences de secours de manière à veiller à l’offre d’un approvisionnement adéquat de médicaments d’ordonnance. 59 Domaine 6 : Recherche L’examen global des publications mises en évidence a révélé que la recherche dans le domaine de la préparation, la réponse et le rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence est très sous-développée. La nature imprévisible du type et du moment où une situation d’urgence peut survenir complique les méthodologies classiques de recherche. Il ne fait toutefois aucun doute que nous avons l’occasion de créer et d’évaluer les initiatives de préparation et leurs répercussions potentielles durant les efforts de réponse et de rétablissement, de même que les résultats attendus auprès des populations désignées, et le personnel et les organisations ayant la responsabilité de les aider. Recommandation 6.1 : Il faut prioriser la création d’efforts de financement et de recherche afin de mieux contribuer à l’élaboration d’un cadre commun de mesure de la qualité et du niveau de préparation aux situations d’urgence au sein des établissements, organisations, fournisseurs rémunérés, organisations communautaires et autres groupes qui travaillent principalement auprès des personnes âgées et de leurs aidants non rémunérés durant et après une situation d’urgence. Recommandation 6.2 : Un plus grand effort concerté est nécessaire pour utiliser les conclusions découlant des données étayant la planification, la conception et le peaufinage de plus d’interventions, de politiques et de règlements fondés sur les données probantes liés à la préparation aux situations d’urgence auprès des personnes âgées et des aidants non rémunérés, de même que des organisations et fournisseurs rémunérés qui auront la responsabilité de répondre à leurs besoins durant et après une situation d’urgence. Priorisation de la recherche sur la préparation et la réponse aux situations d’urgence Une revue des publications existantes portant sur la préparation, la réponse et le rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence a mis en lumière une lacune dans ce domaine de recherche. Les efforts actuels de recherche ont souligné que les personnes âgées sont beaucoup plus vulnérables aux conséquences négatives durant et après une situation d’urgence comparativement à leurs cadets; cependant, les recherches qui se sont penchées sur les interventions pouvant être mises de l’avant pour susciter des résultats positifs chez les personnes âgées sont limitées. Particulièrement, le nombre d’études ayant évalué les pratiques exemplaires d’aide et de soins aux personnes âgées ayant un déclin sanitaire ou fonctionnel, et les méthodes les plus efficaces pour leur dispenser des services et des ressources est insuffisant. Au sujet de l’opération des systèmes, la recherche décrit les effets de la surcharge des exigences opérationnelles dans les services d’urgence et les méthodes de suivi des patients qui sont utilisées à l’échelle internationale, mais aucune recherche ne porte sur les politiques et procédures les plus efficaces pour assurer un résultat favorable durant une surcharge des exigences opérationnelles et le transfert des patients durant une situation d’urgence. Il est essentiel de créer un programme de recherche lié à la préparation, la réponse et le rétablissement des personnes âgées aux situations d’urgence pour favoriser une meilleure exploration expérimentale des interventions d’urgence auprès des personnes âgées. Les chercheurs doivent également créer un cadre de travail commun pour mesurer la qualité et le niveau de préparation aux situations d’urgence dans divers établissements et organisations. Un cadre d’évaluation commun réduit la variabilité et les biais pouvant être associés à la comparaison des systèmes ayant été évalués par différents cadres DOMAINE 6 : RECHERCHE COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 60 de travail, qui diffèrent par les mesures et les domaines de mesure choisis. Dans un rapport de recherche publié en 2004 par Sécurité publique et Protection civile Canada, les participants ont reconnu le peu de recherche liée à la gestion des urgences au Canada. Cela réitère le besoin d’encourager plus de diplômés à entreprendre des projets de recherche sur la gestion des situations d’urgence. En outre, les résultats de ces projets doivent être transférés aux praticiens afin de combler les lacunes entre les connaissances et la pratique (Sécurité publique et Protection civile Canada, 2004). Des travaux ayant mesuré la préparation générale des Canadiens ont été publiés dans le rapport de 2014 intitulé La protection civile au Canada. Le rapport a eu recours aux données tirées de l’Enquête sur la préparation aux situations d'urgence et sur la résilience au Canada (EPUR), une enquête transversale effectuée par Statistique Canada pour la première fois en 2014, dans le but d’investiguer les activités de préparation aux situations d’urgence et la sensibilisation au risque parmi les Canadiens de 15 ans et plus dans les 10 provinces. Selon l’enquête, les situations d’urgence faisant intervenir l’éclosion d’une maladie grave étaient nommées comme un danger potentiel par environ la moitié des résidents interrogés dans chaque province, à l’exception de Terre-Neuveet- Labrador (37 %), Île-du-Prince-Édouard (40 %) et Nouveau-Brunswick (44 %) (La préparation aux situations d'urgence au Canada, 2014). Les Canadiens sont d’avis que leur collectivité devra probablement faire face à un nombre de catastrophes naturelles et causées par l’homme. Les tempêtes hivernales (86 %) et les pannes de courant prolongées (76 %), suivies des éclosions de maladie grave ou menaçant la vie (51 %) et les accidents industriels et de transport (50 %) étaient les événements les plus fréquemment nommés (La préparation aux situations d'urgence au Canada, 2014). En outre, les personnes de 65 ans et plus ont été nommées comme ayant moins de chance d’avoir un vaste réseau social vers lequel se tourner en cas d’urgence (La préparation aux situations d'urgence au Canada, 2014). Bien que l’EPUR soit un point de départ pour comprendre le taux de préparation au Canada, les réponses n’ont pas été recueillies auprès des résidants des trois territoires. Il a également exclu les Canadiens vivant en établissement, tel que les centres d’hébergement et de soins de longue durée, qui hébergent des personnes âgées, lesquelles ont beaucoup plus besoin d’aide dans les situations d’urgence ou durant une catastrophe. Application des conclusions pertinentes de la recherche aux pratiques réelles de santé en situation d’urgence La Recommandation 6.2 appuie aussi l’utilisation de la recherche dans l’élaboration de politiques en proposant d’ouvrir l’accès aux études publiées portant sur la préparation et le rétablissement aux situations d’urgence. Le fait d’ouvrir l’accès à la recherche sur la préparation et le rétablissement aux situations d’urgence favorise un plus grand nombre d’investigations expérimentales dans le domaine de la préparation et la réponse aux situations d’urgence. Recommandation 6.3 : Il faut créer un réseau de chercheurs, de personnes âgées, d'aidants non rémunérés, de bénévoles et de prestataires dédié à la préparation aux situations d’urgence afin d’encourager les partenariats à poursuivre l’évaluation non rémunérée des interventions de préparation aux situations d’urgence ciblant les personnes âgées. Les membres du réseau doivent revendiquer une plus grande concentration de la recherche sur la préparation aux situations d’urgence auprès des sociétés et revues savantes dont ils sont membres. 61 Établissement d’un réseau de chercheurs en santé durant les urgences Malheureusement, la recherche sur la gestion des urgences n’est pas une priorité au Canada. Ainsi, la Recommandation 6.3 propose de créer un réseau national de gestion et de préparation aux situations d’urgence composé de prestataires, de personnes âgées et de bénévoles. Le réseau pourrait être utilisé pour partager l’information, mais il revendiquerait surtout de concentrer la recherche sur la préparation aux situations d’urgence. Les participants de la table ronde ont également proposé que le réseau pourrait être épaulé par une organisation connectée à toutes les universités offrant des programmes de gestion des situations d’urgence et qui effectuent de la recherche sur la gestion des situations d’urgence, de même que par les autorités fédérales et provinciales responsables de la gestion des situations d’urgence. Le comité recommande également que le réseau actuel de chercheurs sur la préparation aux situations d’urgence continue d’exister afin de soutenir la progression des efforts de recherche liés à la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence. Les tâches du groupe de recherche doivent comprendre l’évaluation de l’efficacité des politiques et procédures en vigueur dans les établissements et organisations et les gouvernements, l’identification des lacunes des connaissances et du transfert des connaissances, et la délégation des priorités de recherche. L’on souhaite que ce groupe de chercheurs comble la lacune actuelle de la recherche sur la préparation, la réponse et le rétablissement aux situations d’urgence pour étayer l’élaboration de politiques fondées sur les données probantes. Recommandation 6.4 : La recherche sur les aidants non rémunérés et la préparation aux situations d’urgence est nécessaire afin de mieux informer les aidants non rémunérés de la façon de prendre soin de leurs parents et amis vulnérables durant une situation d’urgence. Recherche sur la préparation des aidants non rémunérées aux situations d’urgence Il peut être très exigeant d’être un aidant non rémunéré. Composer avec une situation d’urgence, en plus des responsabilités d’aidant, peuvent rapidement dépasser les capacités de l’aidant, ce qui entraîne des conséquences dévastatrices. En conséquence, il est essentiel que les aidants non rémunérés soient bien soutenus, c’est-à-dire qu’ils puissent identifier les défis potentiels et prendre les mesures nécessaires pour que la personne âgée dont ils prennent soin soit prête. Les participants à la table ronde ont reconnu le rôle essentiel joué par les aidants non rémunérés durant la préparation aux situations d’urgence et la réduction des victimes après un événement majeur parmi les personnes âgées. La revue des publications a relevé différents niveaux de responsabilité et différents rôles dans la réduction des conséquences négatives après une situation d’urgence. Les articles de recherche ont toujours noté le besoin de mettre en place des stratégies fondées sur les données probantes pour régler les problèmes liés à la préparation aux situations d’urgence, surtout dans les ménages qui comptent des personnes âgées frêles et leur aidant non rémunéré (Levac, Toal-Sullivan, & O'Sullivan, 2012). La Recommandation 6.4 note l’importance de mener plus de recherche s’attardant particulièrement sur les aidants non rémunérés, ce qui pourrait encore plus combler la lacune et fournir les données pour appuyer les stratégies pouvant atténuer les conséquences négatives parmi les personnes âgées après une situation d’urgence. DOMAINE 6 : RECHERCHE COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 62 Recommandation 6.5 : La recherche sur la préparation et la réponse aux situations d’urgence dans les collectivités canadiennes et les lieux d’hébergement collectif pour personnes âgées (p. ex. centres de soins infirmiers, maisons de retraite et foyers de groupe et résidences-services) est nécessaire. Elle doit :
Caractériser l’impact de l’urgence sur la population âgée et nommer les pratiques exemplaires émergentes sur la façon de composer avec les urgences futures Préparation des lieux d’hébergement collectif à une situation d’urgence L’expérience récente du Canada avec la pandémie de COVID-19 et le nombre élevé de décès à ce jour dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (Institut canadien d'information sur la santé, 2020) a mis au jour les lacunes du système qui ont rendu les lieux d’hébergement collectif vulnérables durant une situation d’urgence. La Recommandation 6.5 décrit le besoin de plus de recherche afin de mieux comprendre le niveau actuel de préparation aux situations d’urgence des lieux d’hébergement collectif de personnes âgées. Des plans d’urgence exhaustifs doivent décrire les contingences pour une multitude de situations d’urgence d’ampleur et de nature variées, y compris les pandémies. Les plans d’urgence dans les lieux d’hébergement collectif de personnes âgées doivent inclure un protocole clair dans les cas de pandémie. Dans une étude réalisée par Lum, Mody, Lona et Ginde (2014), une enquête nationale visant à déterminer les caractéristiques des centres d’hébergement et de soins américains associés à la présence d’un plan en cas de pandémie a conclu que la majorité des centres d’hébergement et de soins qui ne s’étaient pas dotés d’un plan contre une pandémie de grippe étaient de petite taille, à but lucratif et non affiliés à une chaîne, et le taux de vaccination du personnel était faible (Lum, Mody, Levy, & Ginde, 2014). Si l’on comprend ces caractéristiques, on pourrait mieux cibler les centres qui doivent élaborer un plan pour composer avec une pandémie, ou une autre situation d’urgence. Un programme robuste de recherche sur la préparation à une situation d’urgence des lieux d’hébergement collectif des personnes âgées favorise l’accumulation de données probantes étayant les pratiques exemplaires visant à composer avec les situations d’urgence en temps voulu. Les chercheurs doivent cibler tous les niveaux de la gestion des situations d’urgence, y compris les résidents ou patients, les prestataires ou personnel, les programmes et établissements. Les données de surveillance, comme les données tirées de la pandémie de COVID-19, peuvent servir de pierre d’assise pour les nouvelles études et les études en cours. . 63 Maladie d’Alzheimer : Une forme de démence qui cause des problèmes de mémorisation, de pensée, de comportement et de fonctionnement indépendant; elle est une cause courante de démence (https://www.alz.org/alzheimers- dementia/whatis- alzheimers). Établissements de soins : Une organisation qui dispense des soins de santé et des services connexes aux patients hospitalisés ou ambulatoires, tels que des services diagnostiques ou thérapeutiques, des services de laboratoire, des médicaments et autres services de santé. Lieux d’hébergement collectif : Désigne un ensemble de lieux d’hébergements (centres de soins et maisons de retraite) où les personnes âgées vivent ou passent la nuit et utilisent des aires communes (https://www.publichealthontario.ca/fr/diseasesand- conditions/infectious-diseases/respiratorydiseases/ novel-coronavirus/congregate-livingsettings- resources). Démence : Un terme général utilisé pour désigner un groupe de maladies liées au déclin progressif des capacité cognitives, y compris la mémoire, la communication, le langage, l’attention, le raisonnement, le jugement et la perception visuelle qui a des conséquences négatives sur l’état fonctionnel (https://www.alz. org/alzheimers-dementia/what-is-dementia). Épidémie : La survenue de cas de maladie dépassant les attentes normales (https://www. who.int/environmental_health_emergencies/ disease_outbreaks/en/). Situation d’urgence : Un état où un territoire fait face à un événement ayant des conséquences sur la santé publique; utilisé ici pour désigner les catastrophes naturelles ou les pandémies (https://www.who.int/emergencies/crises/en/). Personnel de réponse aux situations d’urgence : Personnel responsable de fournir des services d’aide durant une situation d’urgence, y compris les pompiers, les policiers, les autorités de défense civile ou de gestion des situations d’urgence, les shérifs ainsi que le personnel militaire et de fabrication ou de transport. Professionnels des soins gériatriques : Praticiens spécialisés dans le traitement des problèmes physiques, mentaux, émotionnels et/ou sociaux des personnes âgées, y compris, les infirmières, dentistes, travailleurs sociaux, ergothérapeutes et physiothérapeutes, et pharmaciens. Catastrophe de soins de santé : Une situation qui survient lorsque les effets destructeurs d’une catastrophe naturelle submergent la capacité d’une région ou d’une collectivité donnée de répondre à la demande de soins de santé (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/ PMC1291330/). Professionnel de la santé : Une personne ayant été certifiée et autorisée à dispenser des services de prévention, de guérison, de réadaptation et de promotion de la santé (http://www.who.int/hrh/statistics/Health_ workers_classification.pdf). Glossaire GLOSSAIRE COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 64 Système de commandement en cas d'incident : Un outil standardisé qui facilite le commandement, le contrôle et la coordination efficaces de la réponse à une situation d’urgence, permettant ainsi aux agences de collaborer pour uniformiser la réponse (https://ops.fhwa.dot.gov/publications/ics_guide/ glossary.htm). Catastrophe naturelle : Un acte de la nature de magnitude telle qu’elle crée une situation catastrophiques où les habitudes de vie quotidienne sont soudainement perturbées et les personnes sont plongées dans l’impuissance et la souffrance et, en conséquence, ont besoin de nourriture, de vêtements, de refuge, de soins médicaux et infirmiers ainsi que d’autres nécessités de la vie, et la protection contre les facteurs et conditions environnementaux défavorables (https://www.who.int/environmental_health_ emergencies/natural_events/en/) Pandémie : Une épidémie survenant dans le monde entier, ou dans une région très vaste qui traverse les frontières internationales et qui touche habituellement un grand nombre de personnes (https://www.who.int/bulletin/ volumes/89/7/11-088815/en/#:~:text=A%20 pandemic%20is%20defined%20as,are%20not%20 considered%20pandemics.). Équipement de protection individuelle (EPI) : Articles portés ou utilisés comme barrière pour aider à prévenir l’exposition potentielle à une maladie infectieuse. Confinement : Une précaution prise lorsque des substances dangereuses (chimiques, biologiques ou radiologique) sont libérées dans l’air. Cela nécessite de trouver une petite pièce sans fenêtre ou avec peu de fenêtres de l’édifice où se trouve la personne. État d’urgence : Une circonstance déclarée par un gouvernement lorsqu’une catastrophe est survenue et être grave ou imminente et pour laquelle on prévoit que de l’aide gouvernementale sera nécessaire pour aider les ressources locales afin de prévenir ou d’atténuer les dommages, les pertes et la souffrance dans un région (http:// ready.nj.gov/about-us/state-of-emergency.shtml). Aidants non rémunérés : Personnes qui fournissent de l’aide et des soins à un membre de leur famille ou aux personnes qui vivent dans d’autres domiciles. 65 Agence de protection et de promotion de la Santé de l’Ontario (Santé publique Ontario), Comité consultatif provincial des maladies infectieuses. (2014). Pratiques exemplaires d’hygiène des mains dans tous les établissements de soins de santé, 4e éd. Toronto: Imprimeur de la Reine pour l’Ontario. Agence de protection et de promotion de la santé de l’Ontario (Santé publique Ontario), Comité consultatif provincial des maladies infectieuses. (2018). Pratiques exemplaires de nettoyage de l’environnement en vue de la prévention et du contrôle des infections dans tous les milieux de soins de santé, 3e éd. Toronto: Imprimeur de la Reine pour l’Ontario. Agence de protection et de promotion de la santé de l’Ontario (Santé publique Ontario), Comité consultatif provincial des maladies infectieuses. (2020). Pratiques exemplaires de prévention, de surveillance et de contrôle des nouvelles infections respiratoires dans tous les milieux de soins. Toronto: Imprimeur de la Reine pour l’Ontario. Agence de protection et de promotion de la santé de l’Ontario, Comité consultatif provincial des maladies infectieuses. (2012). Pratiques de base et précautions supplémentaires dans tous les établissements de soins de santé, 3e éd. Toronto: Imprimeur de la Reine pour l’Ontario. Agence de protection et de promotion de la santé de l’Ontario, Comité consultatif provincial des maladies infectieuses. (2012). Pratiques exemplaires pour les programmes de prévention et de contrôle des infections en Ontario dans tous les établissements de soins de santé, 3e éd. Toronto: Imprimeur de la Reine pour l’Ontario. Ahronheim, J. C., Arquilla, B., & Gambale Greene, R. (2009). Elderly populations in disasters: Hospital guidelines for geriatric preparedness. New York: New York City Department of Health and Mental Hygiene. Retrieved from http://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/ download?doi=10.1.1.468.704&rep=rep1&type=pdf Aldrich, N., & Benson, W. F. (2008, January). Disaster preparedness and the chronic disease needs of vulnerable older adults. Preventing Chronic Disease, 5(1), 1-7. Retrieved from http:// www.cdc.gov/ pcd//issues/2008/jan/07_0135.htm Al-Rousan, T. M., Rubenstein, L. M., & Wallace , R. B. (2014, March). Preparedness for natural disasters among older US adults: A nationwide survey. American Journal of Public Health, 104(3), 506-511. doi:10.2105/AJPH.2013.301559 Alzheimer’s Association . (2018). Alzheimer’s & Dementia Facts and Figures . Retrieved July 4, 2018, from Alzheimer’s Association : https://www.alz.org/alzheimers-dementia/facts-figures American Delirium Society. (2015). What is delirium? Retrieved from American Delirium Society: https:// americandeliriumsociety.org/what-delirium Références RÉFÉRENCES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 66 American Occupational Therapy Association. (2006). The role of occupational therapy in disaster preparedness, response, and recovery. American Journal of Occupational Therapy, 60, 642-649. Retrieved from https://www.aota.org/About-Occupational-Therapy/Professionals/MH/Articles/ Disaster-Relief.aspx Annear, M., Keeling, S., & Wilkinson, T. (2014, March). Participatory and evidence-based recommendations for urban redevelopment following natural disasters: Older adults as policy advisers. Australasian Journal on Ageing, 33(1), 43-49. doi:10.1111/ajag.12053 Ardalan, A., Mazaheri, M., Naireni, K. H., Rezaie, M., Teimoori, F., & Pourmakek, F. (2010, January). Older people’s needs following major disasters: a qualitative study of Iranian elders’ experiences of the Bam earthquake. Ageing & Society, 30(1), 11-23. doi:10.1017/S0144686X09990122 Ashida, S., Robinson, E. L., Gay, J., & Ramirez, M. R. (2016, November). Motivating rural older residents to prepare for disasters: Moving beyond personal benefits. Aging & Society, 2117-2140. doi:10.1017/ S0144686X15000914 Ashida, S., Robinson, E. L., Gay, J., Slagel, L. E., & Ramirez, M. R. (2017, February). Personal disaster and emergency support networks of older adults in a rural community: Changes after participation in a preparedness program. Disaster Medicine and Public Health Preparedness, 11(1), 110-119. doi:10.1017/dmp.2016.197 Association canadienne des ergothérapeutes. (2011). Position officielle de l’ACE : Ergothérapie et sécurité culturelle. Retrieved from Promouvoir l’excellence en ergothérapie: https://www.caot. ca/document/4190/E%20-%20Ergoth%C3%A9rapie%20et%20s%C3%A9curit%C3%A9%20 culturelle%20(2011).pdf Banks, L. (2013, January). Caring for elderly adults during disasters: Improving health outcomes and recovery. Southern Medical Journal, 106(1), 94-98. doi:10.1097/SMJ.0b013e31827c5157 Beatty, M. E., Phelps, S., Rohner , C., & Weisfuse, I. (2006). Blackout of 2003: Public Health Effects and Emergency Response. Public Health Rep, 36-44. Benson, W. F. (2017, June 27). CDC’s disaster planning goal: Protect vulnerable older adults. Retrieved from https://www.cdc.gov/aging/pdf/disaster_planning_goal.pdf Bhalla, M. C., Burgess, A., Frey, J., & Hardy, W. (2015, October). Geriatric disaster preparedness. Prehospital and Disaster Medicine, 30(5), 443-446. doi:10.1017/S1049023X15005075 Blackmon, B. J., Lee, J., Cochran, D. M., Kar, B., Rehner, T. A., & Baker, A. M. (2017, January). Adapting to life after Hurricane Katrina and the Deepwater Horizon oil spill: An examination of psychological resilience and depression on the Mississippi Gulf Coast. Social Work in Public Health, 32(1), 65-76. doi:10.1080/19371918.2016.1188746 67 Blanchard, G., & Dosa, D. (2009, November). A comparison of the nursing home evacuation experience between Hurricanes Katrina (2005) and Gustav (2008). Journal of the American Medical Directors Association, 10(9), 639-643. doi:10.1016/j.jamda.2009.06.010 Bloomfield, S. F., Exner, M., Carlo, S. C., Nath, K. J., & Scott, E. A. (2012). The chain of infection transmission in the home and everyday life settings, and the role of hygiene in reducing the risk of infection. Retrieved from http://www.ifh-homehygiene.org/IntegratedCRD. nsf/111e68ea0824afe1802575070003f039/9df1597d905889868025729700617093?OpenDocument Bohnert, N., Chagnon, J., & Dion, P. (2015, May 26). Population Projections for Canada (2013 to 2063), Provinces and Territories (2013 to 2038). Retrieved from Statistics Canada: https://www150.statcan. gc.ca/n1/en/pub/91-520-x/91-520-x2014001-eng.pdf?st=3J5XsLb_ Braun, B. I., Wineman, N. V., Finn, N. L., Barbera, J. A., Schmaltz, S. P., & Loeb, J. M. (2006, June 6). Integrating hospitals into community emergency preparedness planning. Annals of Internal Medicine, 144(11), 799-811. doi:10.7326/0003-4819-144-11-200606060-00006 Bronfenbrenner, U. (1977). Toward an experimental ecology of human development. American Psychologist(32), 513-531. Brown, L. M., Dosa, D. M., Thomas, K., Hyer, K., Feng, Z., & Mor, V. (2013, September). The effects of evacuation on nursing home residents with dementia. American Journal of Alzheimer’s Disease and other Dementias, 27(6), 406-412. doi:10.1177/1533317512454709 Brunkard, J., Namulanda, G., & Ratard, R. (2008, December). Hurricane Katrina deaths, Louisiana, 2005. Disaster Medicine and Public Health Preparedness, 2(4), 215-223. doi:10.1097/ DMP.0b013e31818aaf55 Bucy, T., Smith, L., Carder, P., Winfree, J., & Thomas, K. (2020, May). Variability in state regulations pertaining to infection control and pandemic resposnse in US assisted living communities. Journal of American Medical Director Association, 21(5), 701-702. doi:10.1016/j.jamda.2020.03.021 Buffington, J., Chapman, L. E., Stobierski, M. G., Hierholzer, J. C., Gary, H. E., Guskey, L. E., . . . Schonberger, L. B. (1993). Epidemic keratoconjunctivitis in a chronic care facility: Risk factors and measures for control. Journal of the American Geriatrics Society, 41, 1177-81. Bustinza, R., Lebel, G., Gosselin, P., Belanger, D., & Chebana, F. (2013). Health impacts of the July 2010 heat wave in Quebec, Canada. BMC Public Health, 1-7. Byrd, L. (2010). Crisis shelters for communities of elders (including nursing home residents). Gerontological Advanced Practice Nurses Association, 31(3), 230-232. doi:doi:10.1016/j.gerinurse.2010.04.007 Canadian Committee on Antibiotic Resistance. (2007). Infection Prevention and Control Best Practices for Long Term Care, Home and Community Care including Health Care Offices and Ambulatory Clinics. Toronto. RÉFÉRENCES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 68 Catizone, C. A. (2017). Model state pharmacy act and model rules of the national association of boards of pharmacy. Mount Prospect: National Association of Boards of Pharmacy. Retrieved from https:// nabp.pharmacy/publications-reports/resource-documents/model-pharmacy-act-rules/ CBC News. (2017, May 18). Flood victims suffering from psychological distress, Montreal officials say. Retrieved from CBC : https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/flood-victims-suffering-frompsychological- distress-montreal-officials-say-1.4121037 Centers for Disease Control. (2020). CDC Interim Guidance for General Population Disaster Shelters During the COVID-19 Pandemic. Retrieved from https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/downloads/ COVID19_Homeless-H.pdf Centers for Disease Control and Prevention. (2020, May 19). Additional COVID-19 Guidance for Caregivers of People Living with Dementia in Community Settings. Retrieved from Centers for Disease Control and Prevention: https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/need-extra-precautions/caregiversdementia. html Centers for Disease Control and Prevention. (2020, June 25). COVID-19 Guidance for Older Adults. Retrieved from Centers for Disease Control and Prevention: https://www.cdc.gov/aging/covid19-guidance.html Cheng, H. Y., Chen, W. C., Chou, Y. J., Huang, A. S., & Huang, W. T. (2018). Containing influenza outbreaks with antirviral use in long-term care facilities in Taiwan, 2008-2014. Influenza and Other Respiratory Viruses, 12(2), 287-292. doi:10.1111/irv.12536 Cherniack, P. E., Sandals, L., Brooks, L., & Mintzer, M. J. (2008, May-June). Trial of a survey instrument to establish the hurricane preparedness of and medical impact on a vulnerable, older population. Prehospital and Disaster Medicine, 23(3), 242-9. doi:10.1017/S1049023X00064943 Cheung, Y. T., Chau, P. H., & Yip, P. S. (2008, May 23). A revisit on older adults suicides and Severe Acute Respiratory Syndrome (SARS) epidemic in Hong Kong. International Journal of Geriatrics Psychiatry, 23(12), 1231-1238. doi:10.1002/gps.2056 Cloyd, E., & Dyer, C. B. (2010, December). Catastrophic events and older adults. Critical Care Nursing Clinics of North America, 22(4), 501-513. doi:10.1016/j.ccell.2010.10.003 Collander, B., Green, B., Millo, Y., Shamloo, C., Donnellan, J., & DeAtley, C. (2008, January/February). Development of an “All-Hazards” hospital disaster preparedness training course utilizing multi-modality teaching. Prehospital and Disaster Medicine, 23(1), 63-67. doi:10.1017/ s1049023x00005598 Croix-Rouge canadienne. (2019, août 15). Soyez prêt : Préparation aux urgences. Retrieved from Croix- Rouge canadienne: https://www.croixrouge.ca/nos-champs-d-action/urgences-et-catastrophes-aucanada/ soyez-pret-preparation-aux-urgences 69 Currier , M., King, D. S., Wofford , M. R., Daniel, B. J., & deShazo , R. (2006). A Katrina experience: Lessons learned. The American Journal of Medicine, 119(11), 986-992. doi:10.1016/j.amjmed.2006.08.021 Dosa, D., Feng, Z., Hyer, K., Brown, L. M., Thomas, K., & Mor, V. (2010). Effects of Hurricane Katrina on nursing facility resident mortality, hospitalization, and functional decline. Disaster Medicine and Public Health Preparedness, 4(Suppl 1), S28-S32. doi:10.1001/dmp.2010.11 Dyer, C. B., Regev, M., Burnett, J., Fest, N., & Cloyd, B. (2008). SWiFT: A rapid triage tool for vulnerable older adults in disaster situations. Disaster Medicine and Public Health Preparedness, 2(Suppl 1), S45-50. doi:10.1097/DMP.0b013e3181647b8 Etters, L., Goodall, D., & Harrison, B. E. (2008, August). Caregiver burden among dementia patient caregivers: A review of the literature. Journal of the American Academy of Nurse Practitioners, 20(8), 423-428. doi:10.1111/j.1745-7599.2008.00342.x Exum, E., Hull, B. L., Lee, A. W., Gumieny, A., Villareal, C., & Longnecker, D. (n.d.). Applying telehealth technologies and strategies to provide acute care consultation and treatment of patients with confirmed or possible COVID-19. Journal of Acute Care Physical Therapy, 11(3), 103-112. doi:10.1097/JAT.0000000000000143 Fagan, L. A., & Sabata, D. (2011). Home modifications and occupational therapy. Retrieved from American Occupational Therapy Association: https://www.aota.org/About-Occupational-Therapy/ Professionals/PA/Facts/Home-Modifications.aspx Fernandez, L. S., Byard, D., Lin, C.-C., Benson, S., & Barbera, J. A. (2002, April/June). Frail elderly as disaster victims: Emergency management strategies. Prehospital and Disaster Medicine, 17(2), 67-74. doi:10.1017/s1049023x00000200 Field, C. B., Barros, V. R., Dokken, D. J., Mach, K. J., & Mastrandrea, M. D. (2014). Summary for policymakers. Climate change 2014: Impacts, adaptation, and vulnerability - Part A: Global and sectoral aspects. Contribution of working group ii to the fifth assessment report of the Intergovernmental panel on climate change. Cambridge, United Kingdom and New York, USA: Cambridge University Press. Finkelstein, S., Prakash, S., Nigmatulina, K., McDevitt, J., & Larson, R. (2013, April 08). A home toolkit for primary prevention of Influenza by individuals and families. Disaster Medicine and Public Health Preparedness, 5(4), 266-271. doi:10.1001/dmp.2011.78 Ford, H., Trent, S., & Wickizer, S. (2016). An assessment of state board of pharmacy legal documents for public health emergency preparedness. American Journal of Pharmaceutical Education, 80(2), 20. doi:10.5688/ajpe80220 RÉFÉRENCES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 70 Gibson, M. J., & Hayunga, M. (2006). We Can Do Better. Retrieved May 25 , 2017, from American Association of Retired Persons: https://assets.aarp.org/rgcenter/il/better.pdf Global News. (2017, July 11). Seniors under pressure amid B.C. wildfires. Global News. Toronto, Ontario, Canada. Retrieved from https://globalnews.ca/news/3591341/seniors-under-pressure-amid-b-cwildfires/ Gouvernement de l’Alberta. (2014, March). Alberta’s Pandemic Influenza Plan. Retrieved from Government of Alberta. Gouvernement du Canada. (2007). Loi sur la gestion des urgences. Retrieved from Lois Justice: https://lawslois. justice.gc.ca/fra/lois/e-4.56/ Gouvernement du Canada. (2015, Janvier 15). À propos de la campagne. Retrieved from Préparez-vous: https:// www.preparez-vous.gc.ca/cnt/bt/index-fr.aspx Gouvernement du Canada. (2018, Février 27). Guide de préparation aux urgences à l’intention des personnes ayant une incapacité ou des besoins particuliers. Retrieved from Préparez-vous: https://www. preparez-vous.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/pplwthdisblts/index-fr.aspx Gouvernement du Canada. (2020, Juillet 16). Maladie à coronavirus de 2019 (COVID-19) : Mise à jour sur l’épidémiologie. Retrieved from Gouvernement du Canada: https://health-infobase.canada.ca/ covid-19/resume-epidemiologique-cas-covid-19.html Grant, K. (2020, October 27). Grim milestone: Canada marks 10,000 COVID-19 deaths as county battles second wave. Retrieved from https://www.theglobeandmail.com/canada/article-canadaexceeds- 10000-covid-19-deaths/?utm_medium=Referrer:+Social+Network+/+Media&utm_ campaign=Shared+Web+Article+Links Greenstein, J., Chacko, J., Ardolic, B., & Berwald, N. (2016, June). Impact of Hurricane Sandy on the Staten Island university hospital emergency department. Prehospital and Disaster Medicine, 31(3), 335-339. doi:10.1017/S1049023X16000261 Harrington, C., Zimmerman, D., Karon, S. L., Robinson, J., & Beutel, P. (2000, September 1). Nursing home staffing and its relationship to deficiences. The Jounals of Gerontology: Series B, 55(5), S278-S287. doi:10.1093/geronb/55.5.S278 Hart-Wasekeesikaw, F. (2009). Compétence culturelle et sécurité culturelle en enseignement infirmier des Premières nations, des Inuit et des Métis. Ottawa: Association des infirmières et des infirmiers autochtones du Canada. Retrieved from https://casn.ca/wp-content/uploads/2014/12/ FrenchFinalReviewofliterature.pdf 71 Hayden, M. K., Lin, M. Y., Lolans, K., Weiner, S., Blom, D., Moore, N. M., . . . Weinstein, R. A. (2015). Prevention of colonization and infection by Klebsiella pneumoniae carbapenemase-producing enterobacteriaceae in long-term acute-care hospitals. Clinical Infectious Diseases, 60(8), 1153-63. doi:10.1093/cid/ciu1173 Horn, S. D., Buerhaus, P., Bergstrom, N., & Smout, R. J. (2005, November). RN staffing time and outcomes of long-stay nursing home residents: pressure ulcers and other adverse outcomes are less likely as RNs spend more time on direct patient care. American Journal of Nursing, 105(11), 58-70. doi:10.1097/00000446-200511000-00028 Huhtinen, E., Quinn, E., Hess, I., Najjar, Z., & Gupta, L. (2019). Understanding barriers to effective management of influenza outbreaks by residential aged care facilities. Australian Journal on Aging, 38(1), 60-63. doi:10.1111/ajag.12595 Inns, T., Keenan, A., Huyton, R., Harris, J., Iturriza-Gomara, M., O’Brien, S. J., & Vivancos, R. (2018). How timely closure can reduce outbreak duration: gastroenteritis in Care homes in North West England, 2012-2016. BMC Public Health, 12(1), 488. doi:10.1186/s12889-018-5413-x Institut canadien d’information sur la santé. (2020). La pandémie dans le secteur des soins de longue durée : Où se situe le Canada par rapport aux autres pays? Toronto: Institut canadien d’information sur la santé. Retrieved from https://www.cihi.ca/sites/default/files/document/covid-19-rapid-responselong- term-care-snapshot-fr.pdf Interstate Medical Licensure Compact. (n.d.). Interstate Medical Licensure Compact. Retrieved from Interstate Medical Licensure Compact: https://imlcc.org/ James, X., Hawkins, A., & Rowel, R. (2007, September 25). An assessment of the cultural appropriateness of emergency preparedness communication for low income minorities. Journal of Homeland Security and Emergency Management, 4(3). doi:10.2202/1547-7355.1266 Jeong, Y., Law, M., DeMatteo, C., Stratford, P., & Kim, H. (2016). The role of occupational therapists in the contexts of a natural disaster: A scoping review. Disability and Rehabilitation, 38(16), 1620-1631. doi :10.3109/09638288.2015.110659 Jhung, M. A., Shehab, N., Rohr-Allegrini, C., Pollock, D. A., Sanchez, R., Guerra, F., & Jernigan, D. B. (2007, September). Chronic disease and disasters medication demands of Hurricane Katrina evacuees. American Journal of Preventive Medicine, 33(3), 207-210. doi:10.1016/j.amepre.2007.04.030 Jia, Z., Tian, W., Liu, W., Cao, Y., Yan, J., & Shun, Z. (2010, March 30). Are the elderly more vulnerable to psychological impact of natural disaster? A population-based survey of adult survivors of the 2008 Sichuan earthquake. BMC Public Health, 10(172). doi:10.1186/1471-2458-10-172 Kelly, H. (2011). The classical definition of a pandemic is not elusive. Bulletin of World Health Organization, 89, 540-541. doi:10.2471/BLT.11.088815 RÉFÉRENCES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 72 Killian, T. S., Moon, Z. K., McNeill, C., Garrison, B., & Moxley, S. (2017, February ). Emergency preparedness of persons over 50 years old: Further results from the health and retirement study. Disaster Medicine and Public Health Preparedness, 80-89. doi: 10.1017/dmp.2016.162 Kim, H., Kovner, C., Harrington, C., Greene, W., & Mezey, M. (2009, March). A panel data analysis of the relationships of nursing home staffing levels and standards to regulatory deficiences. Journal of Gerontology: Social Sciences, 64B(2), 269-278. doi:0.1093/geronb/gbn019 Kosa, K. M., Cates, S. C., Karns, S., Godwin, S. L., & Coppings, R. J. (2012, August 12). Are Older Adults Prepared to Ensure Food Safety During Extended Power Outages and Other Emergencies?: Findings from a National Survey. Educational Gerontology, 763-775. doi:10.1080/03601277.2011.645436 Kosatky, T., Dufresne, J., Richard, L., Renouf, A., Giannetti, N., Bourbeau, J., . . . Sauve, C. (2009, May). Heat awareness and response among Montreal residents with chronic cardiac and pulmonary disease. Canadian Journal of Public Health, 100(3), 237-240. doi:10.1007/BF03405548 Kouadio, I. K., Aljunid, S., Kamigaki, T., Hammah, K., & Oshitani, H. (2012). Infectious diseases following natural disasters: Prevention and control measures. Expert Review of Anti-infective Therapy, 10(1), 95-104. doi:10.1586/eri.11.155 Kraushar, M., & Rosenberg, E. R. (2015, August). A community-led medical response effort in the wake of Hurricane Sandy. Disaster Medicine and Public Health Preparedness, 9(4), 354-358. doi: 10.1017/ dmp.2015.60 Kulig, J. C., Penz, K., Karunanayake, C., MacLeod, M. L., Jahner, S., & Andrews, M. E. (2017, May). Experiences of rural and remote nurses assisting with disasters. Australasian Emergency Nursing Journal, 20(2), 98-106. doi:10.1016/j.aenj.2017.04.003 La préparation aux situations d’urgence au Canada. (2014). Retrieved from Statistique Canada: https:// www150.statcan.gc.ca/n1/pub/85-002-x/2015001/article/14234-fra.htm Laditka, S. B., Laditka, J. N., Cornman, C. B., Davis, C. B., & Richter, J. V. (2009, January/February). Resilience and challenges among staff of Gulf Coast nursing homes sheltering frail evacuees following Hurricane Katrina 2005: Implications for planning and training. Prehospital and Disaster Medicine, 24(1), 54-62. doi:10.1017/s1049023x00006543 Lai, E., Tan, H. Y., Kunasekaran, M., Chughtai, A. A., Trent, M., Poulos, C., & MacIntyre, C. R. (2020, February 18). Influenza vaccine coverage and predictors of vaccination among aged care workers in Sydney Australia. Vaccine, 38(8), 1968-1974. doi:10.1016/j.vaccine.2020.01.004 Lamb, K. V., & O’Brien, C. (2010). An overview: Disaster preparedness for gerontological nurses. Geriatric Nursing, 31(3), 228-230. 73 Laverdiere, E., Payette, H., Gaudreau, P., Morais, J. A., Shatenstein, B., & Genereux, M. (2016, October 20). Risk and protective factors for heat-related events among older audlts of Southern Quebec (Canada): The NuAge study. Canadian Journal of Public Health, 107(3), e258-e265. doi:10.17269/ cjph.107.5599 Lee, M. H., Lee, G. A., Lee, S. H., & Park, Y. H. (2020). A systematic review on the causes on transmission and control measure of outbreaks in long-term care facilities: Back to basic infection control. PLoS One, 15(3), e0229911. doi:10.1371/journal.pone.0229911 Levac, J., Toal-Sullivan, D., & O’Sullivan, T. L. (2012, June). Household emergency preparedness: A literature review. Journal of Community Health, 37(3), 725-733. doi:10.1007/s10900-011-9488-x Li, J., Birkhead, G. S., Strogatz, D. S., & Coles, F. B. (1996, May 15). Impact of institution size, staffing patterns, and infection control practices on communicable disease outbreaks In New York State nursing homes. American Journal of Epidemiology, 143(10), 1042-1049. doi:10.1093/oxfordjournals. aje.a008668 Lin, H., Ng, S., Chan, S., Chan, W. M., Lee, K. C., Ho, S. C., & Linwei, T. (2011). Institutional risk factors for norovirus outbreaks in Hong Kong elderly homes: A retrospective cohort study. BMC Public Health, 11, 297. doi:10.1186/1471-2458-11-297 Lum, H. D., Mody, L., Levy, C. R., & Ginde, A. A. (2014). Pandemic influenza plans in residential care facilities. Journal of the American Geriatrics Society, 62(7), 1310-1316. doi:10.1111/jgs.12879 Marshall, H., Ryan, P., Robertson, D., Street, J., & Watson, M. (2009, October). Pandemic Influenza and community preparedness. American Journal of Public Health, 99(Suppl 2), S365-S371. doi:10.2105/ AJPH.2008.153056 McMichael, T. M., Currie, D. W., Clark, S., Pogosjans, S., Kay, M., Schwartz, N. G., . . . Duchin, J. S. (2020). Epidemiology of Covid-19 in a Long-Term Care Facility in King County, Washington. The New England Jounal of Medicine, 382(21), 2005-2011. doi:10.1056/NEJMoa2005412 Ministère de la Santé de l’Ontario. (2020). Document d’orientation à l’intention des fournisseurs de soins à domicile et en milieu communautaire. Retrieved from http://www.health.gov.on.ca/fr/pro/ programs/publichealth/coronavirus/docs/2019_home_community_care_guidance.pdf Ministère de la Santé de l’Ontario. (2020). Document d’orientation à l’intention des fournisseurs de soins primaires dans un milieu communautaire. Toronto. Retrieved from http://health.gov.on.ca/fr/pro/ programs/publichealth/coronavirus/docs/2019_primary_care_guidance.pdf Ministère de la Santé et des Soins de longue durée. (2013, Décembre). Stratégie de soins aux malades en phase critique. Retrieved from health.gov.on.ca: http://www.health.gov.on.ca/fr/pro/programs/ criticalcare/life.aspx RÉFÉRENCES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 74 Mokdad, A. H., Mensah, G. A., Posner, S. F., Reed, E., Simoes, E. J., & Engelgau, M. M. (2005, November). When chronic conditions become acute: Prevention and control of chronic diseases and adverse health outcomes during natural disasters. Preventing Chronic Disease, 2 (Spec No), A04. National Council on Aging. (2018). Healthy aging facts. Retrieved June 15, 2018, from National Council on Aging (NCOA): https://www.ncoa.org/news/resources-for-reporters/get-the-facts/healthy-agingfacts/ National Registry of Emergency Medical Technicians. (n.d.). Recognition of EMS personnel licensure interstate compact. Retrieved from National Registry of Emergency Medical Technicians: https:// www.nremt.org/rwd/public/document/replica Navaranjan, D., Rosella, L. C., Kwong, J. C., Campitelli, M., & Crowcroft, N. (2014, March 1). Ethnic disparities in acquiring 2009 pandemic H1N1 influenza: A case-control study. BMC Public Health, 14, 214. doi:10.1186/1471-2458-14-214 NIA Long-Term Care COVID-19 Tracker Open Data Working Group. (2020, August 4). NIA Long-Term Care COVID-19 Tracker. Toronto, Ontario, Canada. Nomura, S., Gilmour, S., Tsubokura, M., Yoneoka, D., Sugimoto, A., Oikawa, T., . . . Shibuya, K. (2013, March). Mortality risk amongst nursing home residents evacuated after the Fukushima nuclear accident: A retrospective cohort study. PLOS One, 8(3), e60192. doi:10.1371/journal.pone.0060192 Nurse Licensure Compact. (n.d.). Nurse Licensure Compact. Retrieved from Nurse Licensure Compact: https://www.nursecompact.com/privateFiles/Updated_1pager_NLCversion.pdf Nursing. (2006). JCAHO sets standards for patient handoffs. Nursing2006, 36(3), 35. Retrieved from https:// journals.lww.com/nursing/Fulltext/2006/03000/JCAHO_sets_standards_for_patient_handoffs.34. aspx Ochi, S., Hodgson, S., Landeg, O., Mayner, L., & Murray, V. (2014). Disaster-driven evacuation and medication loss: A systematic literature review. PLOS Current Disasters, 18. doi:10.1371/currents.dis. fa417630b566a0c7dfdbf945910edd96 Papadimitriou, C., & Carpenter, C. (2013). Client-centered practice in spinal cord injury rehabilitation: A field guide. Chicago: National Institute on Disability and Rehabilitation Research. Retrieved from http://www.carf.org/ClientCenteredPracticeinSCIRehab/ Parker, G., Lie, D., Siskind, D. J., Martin-Khan, M., Raphael, B., Crompton, D., & Kisely, S. (2016, January). Mental health implications for older adults after natural disasters--a systematic review and metaanalysis-- Corrigendum. International Psychogeriatrics, 28(1), 21. doi:10.1017/S1041610215001465 75 Patel, M. S., Phillips, C. B., Pearce, C., Kljakovic, M., Dugdale, P., & Glasgow, N. (2008). General Practice and Pandemic Influenza: A Framework for Planning and Comparison of Plans in Five Countries. PLoS One, 3(5), e2269. doi:10.1371/journal.pone.0002269 Pesiridis, T., Galanis, P., Sourtzi, P., & Kalokairinou, A. (2014). Development, implementation and evaluation of a disaster training programme for nurses: A switching replications randomized controlled trial. Nurse Education in Practice, 63-67. doi:10.1016/j.nepr.2014.02.001 Piersol, C. V., Canton, K., Connor, S. E., Giller, I., Lipman, S., & Sager, S. (2017). Effectiveness of interventions for caregivers of people with alzheimer’s disease and related major neurocognitive disorders: a systematic review. American Journal of Occupational Therapy, 7105180020p1-7105180020p10. doi:10.5014/ajot.2017.027581 Plouffe, L., Kang, I., & Kalache, A. (2008). Older persons in emergencies: An active ageing perspective. Geneva: World Health Organization. Retrieved from https:// apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/43909/9789241563642_eng. pdf;jsessionid=AFE8166AA285B415FFF227043787123B?sequence=1 Prévention et contrôle des infections. (2020). Recommandations en PCI concernant l’utilisation d’équipements de protection individuelle pour la prise en charge des personnes dont l’infection à la COVID-19 est suspectée ou confirmée. Retrieved from https://www.publichealthontario.ca/-/media/ documents/ncov/updated-ipac-measures-covid-19.pdf?la=fr Protecting Seniors During Disasters Act. (2017, September 19). Retrieved 2018, from Library of Congress: https://www.congress.gov/115/bills/s1834/BILLS-115s1834is.pdf Rainwater-Lovett, K., Chun, K., & Lessler, J. (2014). Influenza outbreak control practices and the effectiveness of interventions in long-term care facilities: a systematic review. Influenza and other respiratory viruses, 8(1), 74-82. doi:10.1111/irv.12203 Riedner, H. (2020, June 9). ‘Tears of joy’: COVID-19 outbreak at Markham’s Participation House officially over. Retrieved from York Region: https://www.yorkregion.com/news-story/10018164--tears-of-joycovid- 19-outbreak-at-markham-s-participation-house-officially-over/ Rocca, R. (2020, April 13). Coronavirus: ‘Critical’ staffing levels remain at Markham group home where most staff walked out. Retrieved from Global News: https://globalnews.ca/news/6812654/ coronavirus-participation-house-markham/ Roslin, A. (2018, November 19). Retrieved from Zoomer: https://www.everythingzoomer.com/ health/2018/11/19/seniors-natural-disaster-relief/ Roush, R. E., & Tyson, S. K. (2012, December). Geriatric emergency preparedness and response workshops: An evaluation of knowledge, attitudes, intentions, and self-efficacy of participants. Disaster Medicine and Public Health Preparedness, 6(4), 385-392. doi:10.1001/dmp.2012.63 RÉFÉRENCES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 76 Ruskin, J., Rasul, R., Schneider, S., Bevilacqua, K. G., Taioli, E., & Schwartz, R. M. (2018, April). Lack of access to medical care during Hurricane Sandy and mental health symptoms. Preventive Medicine Reports, 24(10), 363-369. doi:10.1016/j.pmedr.2018.04.014 Ryan, P. (2009, May/June). Integrated theory of health behavior change: Background and intervention development. Clinical Nurse Specialist, 23(3), 161-170. doi:10.1097/NUR.0b013e3181a42373 Santé Ontario. (2020). Utilisation de l’équipement de protection individuelle (EPI) pendant la pandémie de COVID-19. Retrieved from https://www.ontariohealth.ca/sites/ontariohealth/files/2020-05/ Ontario%20Health%20Personal%20Protective%20Equipment%20Use%20During%20the%20 COVID-19%20Pandemic_rev10May20%20PDF_French_v2.pdf Scott, L. A., Carson, D. S., & Greenwell, B. (2010, August). Disaster 101: A novel approach to disaster medicine training for health professionals. The Journal of Emergency Medicine, 220-226. doi:10.1016/j. jemermed.2009.08.064 Sécurité publique et Protection civile Canada. (2004). Emergency management education in Canada. Ottawa. Retrieved from https://bcaem.ca/wp-content/uploads/2019/05/PS4152005E.pdf Seeds for Change. (2010). Consensus Decision Making. Retrieved July 18, 2018, from Seeds for Change: https://www.seedsforchange.org.uk/consensus Siegel, J. D., Rhinehart, E., Jackson, M., & Chiarello, L. (2007). Guideline for isolation precautions: Preventing transmission of infectious agents in healthcare settings. Retrieved from Centers for Disease Prevention and Control: https://www.cdc.gov/niosh/docket/archive/pdfs/NIOSH-219/0219- 010107-siegel.pdf Sinha, S. (2012). Vivre bien et plus longtemps : Rapport soumis au ministre de la Santé et des Soins de longue durée et au ministre délégué aux Affaires des personnes âgées sur les recommandations visant à contribuer à la Stratégie ontarienne pour le bien-être des personne. Toronto: Imprimeur de la Reine pour l’Ontario. Retrieved from http://www.health.gov.on.ca/fr/common/ministry/ publications/reports/seniors_strategy/docs/seniors_strategy_report.pdf Siskind, D. J., Sawyer, E., Lee, I., Lie, D. C., Martin-Khan, M., Farrington, J., . . . Kisely, S. (2016, May). The mental health of older persons after human-induced disasters; A systematic review and meta-analysis of epidemiological data. American Journal of Geriatric Psychiatry, 24(5), 379-388. doi:10.1016/j. jagp.2015.12.010 Smith, E., & Macdonald, R. (2006). Managing health information during disasters. Health Information Management Journal, 35(2), 8-13. doi:10.1177/183335830603500204 Société Alzheimer du Canada. (2018, Juin 29). Dernières informations et statistiques. Retrieved from Société Alzheimer du Canada: https://alzheimer.ca/fr/agissez/changer-les-esprits 77 Société Alzheimer du Canada. (2019, Mai 12). La préparation aux catastrophes naturelles et aux situations d’urgence. Retrieved from Société Alzheimer du Canada: https://alzheimer.ca/fr/les-aides-et-lesoutien/ je-prends-soin-dune-personne-atteinte-dun-trouble-neurocognitif/faire-0 Sorensen, S., Pinquart, M., Habil, D., & Duberstein, P. (2002). How effective are interventions with caregivers? An updated meta-analysis. The Gerontologist, 42(3), 356-372. doi:10.1093/ geront/42.3.356 Stamenova, V., Agarwal, P., Kelley, L., Fujioka, J., Nguyen, M., Phung, M., . . . Bhattacharyya, O. (2020). Uptake and patient and provider communication modality preferences of virtual visits in primary care: a retrospective cohort study in Canada. BMJ Open, 10(7), e037064. doi:10.1136/ bmjopen-2020-037064 Stark, S., Landsbaum, A., Palmer, J., Somerville, E. K., & Morris, J. C. (2009, July). Client-centered home modifications improve daily activity performance of older adults. Canadian Journal of Occupational Therapy, 76(Spec No), 235-245. doi:10.1177/000841740907600s09 Statistique Canada. (2020). Projections démographiques pour le Canada (2018 à 2068), les provinces et les territoires (2018 à 2043). Ottawa: Statistique Canada. Retrieved from https://www150.statcan.gc.ca/ n1/fr/pub/91-520-x/91-520-x2019001-eng.pdf?st=WNdoAJ29 Steuter-Martin, M., & Pindera, L. (2018, January 4). Looking back on the 1998 ice storm 20 years later. CBC News. Otttawa, Ontario, Canada: CBC. Retrieved from https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/ ice-storm-1998-1.4469977 Swathi, J. M., Gonzalez, P. A., & Delgado, R. C. (2017, Nov 30). Disaster management and primary health care: Implications for medical education. International Journal of Medical Education, 8, 414-415. doi:10.5116/ijme.5a07.1e1b Thomas, K. S., Dosa, D., Hyer, K., Brown, L. M., Swaminathan, S., Feng, Z., & Mor, V. (2012, October). The impact of forced transitions on the most functionally impaired nursing home residents. Journal of the American Geriatrics Society, 60(10), 1895-1900. doi:10.1111/j.1532-5415.2012.04146.x Thomas, T. N., Sobelson, R. K., Wigington, C. J., Davis, A. L., Harp, V. H., Leander-Griffith, M., & Cioffi, J. P. (2018, January/February). Applying instructional design strategies and behavior theory to household disaster preparedness training. Journal of Public Health Management and Practice, 24(1), e16-e25. doi:10.1097/PHH.0000000000000511 Tricco, A. C., Lillie, E., Soobiah, C., Perrier, L., & Straus, S. E. (2013, September). Impact of H1N1 on socially disadvantaged populations: Summary of a systematic review. Influenza and other Respiratory Viruses, 7(Suppl 2), 54-58. doi:10.1111/irv.12082 RÉFÉRENCES COMBLER L’ÉCART : AMÉLIORER LA PRÉPARATION, LA RÉPONSE ET LE RÉTABLISSEMENT DES PERSONNES ÂGÉES 78 Trivedi, T. K., DeSalvo, T., Lee, L., Palumbo, A., Moll, M., Curns, A., . . . Lopman, B. A. (2012, October 24). Hospitalizations and mortality associated with norovirus outbreaks in nursing homes, 2009-2010. JAMA, 308(16), 1668-1675. doi:10.1001/jama.2012.14023 van Solm, A. (2016). Application of interRAI assessments in disaster management: Identifying vulnerable persons in the community. Retrieved from UWSpace: https://uwspace.uwaterloo.ca/ handle/10012/10795 van Solm, A. I., Hirdes, J. P., Eckel, L. A., Heckman, G. A., & Bigelow, P. L. (2017, November/December). Using standard clinical assessments for home care to identify vulnerable populations before, during, and after disasters. Journal of Emergency Management, 15(6), 355-366. doi:10.5055/jem.2017.0344 Welch, A. E., Caramanica, K., Maslow, C. B., Brackbill, R. M., Stellman, S. D., & Farfel, M. R. (2016, April). Trajectories of PTSD among lower Manhattan residents and area workers following the 2001 World Trade Center disaster, 2003-2012. Journal of Traumatic Stress, 29(2), 158-166. doi:10.1002/ jts.22090 Whitehead, J. C., Edwards, B., Van Willigen, M., Maiolo, J. R., Wilson, K., & Smith, K. T. (2000, December). Heading for higher ground: Factors affecting real and hypothetical hurricane evacuation behavior. Environmental Hazards, Volume 2(4), 133-142. doi:10.1016/S1464-2867(01)00013-4 Willoughby, M., Kipsaina, C., Ferrah, N., Blau, S., Bugeja, L., Ranson, D., & Ibrahim, J. E. (2017, August 1). Mortality in nursing homes following emergency evacuation: A systematic review. Journal of the American Medical Directors Association, 18(8), 664-670. doi:10.1016/j.jamda.2017.02.005 World Health Organization. (2020). Rational use of personal protective equipment for coronavirus disease (COVID-19) and considerations during severe shortages. Retrieved from file:///C:/Users/mmedn7f/ Downloads/WHO-2019-nCov-IPC_PPE_use-2020.3-eng.pdf Wyte-Lake, T., Claver, M., Griffin, A., & Dobalian, A. (2014). The role of the home-based provider in disaster preparedness of a vulnerable population. Gerontology, 60(4), 336-345. doi:10.1159/000355660 Zibulewsky, J. (2001, April). Defining disaster: The emergency department perspective. Baylor University Medical Center Proceedings, 144-149. doi:10.1080/08998280.2001.11927751 79 Annexes Annexe A : Index des recommandations et organismes compétents L’index ci-dessous contient les 29 recommandations présentées dans ce livre blanc et identifie les domaines de gestions des situations d’urgence qu’on a déterminé être responsables d’adopter ou de mettre la recommandation donnée en application. Recommandations Agences fédérales pertinentes Gouvernements provinciaux et locaux Établissements et organisations de soins Professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence Programmes et services communautaires Personnes âgées et aidants non rémunérés Domaine 1: Personnes âgées et aidants non rémunérés Recommandation 1.1 : Les personnes âgées et leurs aidants non rémunérés doivent avoir accès à de l’information et à des ressources adaptées et faciles d’accès liées à la préparation aux situations d’urgence de même qu’à un guide d’élaboration d’un plan personnalisé de préparation aux situations d’urgence qui tienne compte des besoins fonctionnels et sanitaires individuels des personnes âgées ainsi que des stratégies appropriées pour favoriser la prévention des infections et des maladies. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. X X X X X X Recommandation 1.2 : Les personnes âgées qui dépendent d’aides à la mobilité doivent éliminer ou réduire au minimum les obstacles pouvant obstruer l’évacuation, et prendre les mesures pour assurer leur sécurité dans leur environnement X X Recommandation 1.3 : Si les agences locales de réponse aux situations d’urgence ont mis sur pied un registre de personnes ayant des besoins fonctionnels ou autres, y compris les personnes handicapées, les personnes âgées et/ou leur aidant non rémunéré devrait s’y inscrire afin de recevoir l’aide nécessaire durant les situations d’urgence. X X X X Recommandation 1.4 : Les personnes âgées ayant un déficit sensoriel, comme une perte visuelle ou auditive, doivent prendre des précautions supplémentaires pour se préparer aux situations d’urgence. X X X Recommandation 1.5 : Les personnes âgées vivant avec une maladie chronique doivent maintenir une liste à jour de leurs affections médicales, traitements (médicaments, équipement médical durable, fournitures et autres besoins de soins de santé), professionnels de la santé et personnes à contacter en cas d’urgence, y compris un mandataire. X X ecommandation 1.6 : Les personnes âgées qui prennent des médicaments doivent collaborer avec leurs professionnels de la santé pour veiller à avoir un approvisionnement d’au moins 30 jours de médicaments durant une situation d’urgence. X X Recommandations Agences fédérales pertinentes Gouvernements provinciaux et locaux Établissements et organisations de soins Professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence Programmes et services communautaires Personnes âgées et aidants non rémunérés Recommandation 1.7 : Les personnes âgées qui dépendent d’un dispositif médical électrique doivent s’assurer d’avoir une alimentation électrique de secours, surtout si le dispositif sera utilisé durant un confinement.
Les personnes âgées et/ou les aidants non rémunérés doivent communiquer à l’avance avec le distributeur d’électricité pour parler de leurs besoins et s’assurer de la disponibilité d’une source d’alimentation électrique de secours et surtout, parler du besoin de recharger les téléphones cellulaires et autres appareils sans fil.
Les personnes âgées et/ou les aidants non rémunérés doivent obtenir de l’aide pour avoir et entretenir une alimentation électrique de secours à domicile, au besoin, comme lorsqu’elle est nécessaire dans les régions rurales pour déplacer de l’équipement lourd et de l’essence ou accéder à ces ressources, et faire fonctionner cet équipement. X X X Recommandation 1.8 : Il faut encourager les personnes âgées à continuer d’entretenir un réseau d’entraide local vers lequel elles peuvent se tourner durant une catastrophe ou une situation d’urgence imminente, surtout si elles vivent seules ou s’il est difficile d’accéder à la famille. X X X Recommandation 1.9 : Les aidants non rémunérés des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et/ou d’autres démences doivent recevoir de l’aide pour détecter les signes de détresse, d’anxiété ou de confusion, faire appel à des stratégies pour détourner l’attention, et les aider à rester calmes durant les situations d’urgence. De plus, les aidants non rémunérés doivent être prêts à prévenir l’égarement, et doivent avoir un plan en place pour situer la personne qu’ils soignent si elle s’égare ou nécessite une intervention médicale durant une situation d’urgence. X X X Domaine 2 : Services et programmes communautaires Recommandation 2.1 : Faciliter l’accès aux programmes communautaires adaptés qui renseignent les personnes âgées et leurs aidants non rémunérés sur les situations d’urgence pouvant survenir dans leur région et comment s’y préparer et y répondre. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété.
Les programmes et organisations communautaires doivent collaborer avec les autorités de santé publique de la région pour créer et distribuer des ressources d’éducation sur le contrôle des infections, et les pratiques de prévention des maladies et des blessures à l’intention des personnes âgées et leurs aidants non rémunérés durant les situations d’urgence. X X X ANNEXE A – A1 Recommandations Agences fédérales pertinentes Gouvernements provinciaux et locaux Établissements et organisations de soins Professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence Programmes et services communautaires Personnes âgées et aidants non rémunérés Recommandation 2.2 : Les programmes qui offrent aux personnes âgées des services de secours aux sinistrés et/ou des services communautaires essentiels, comme les Popotes roulantes, et d’aide à la vie quotidienne (services financiers, médicaux, d’hygiène personnelle, d’alimentation et de transport) doivent recevoir une formation sur la préparation aux situations d’urgence. Ces programmes doivent également élaborer un plan et protocole afin de répondre adéquatement aux besoins de leurs clients durant une situation d’urgence, et y adhérer. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. X Recommandation 2.3 : Les programmes communautaires qui fournissent aux personnes âgées des services de santé et d’hygiène à domicile doivent intégrer des stratégies visant à réduire au minimum le contact personnel non nécessaire et à utiliser les ressources (p. ex. équipement de protection individuelle, tel que jaquettes, masques, gants, désinfectant pour les mains, etc.) dans leurs plans et protocoles de préparation aux situations d’urgence. X Recommandation 2.4 : Les gouvernements locaux doivent avoir recours aux données identifiant les personnes à risque afin de permettre aux intervenants d’urgence de prioriser les efforts de recherche et de sauvetage après une situation d’urgence. X Domaine 3 : Professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence Recommandation 3.1 : Les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence doivent recevoir une formation sur les soins gériatriques pertinents à leur discipline et comment venir en aide aux personnes âgées et à leurs aidants non rémunérés avant, durant et après une urgence. La formation supplémentaire doit également les sensibiliser aux pratiques exemplaires et précautions nécessaires pour réduire le risque de contation durant la réponse à une situation d’urgence. Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. X X X Recommandation 3.2 : Les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence doivent s’efforcer de réduire les conséquences négatives chez les personnes âgées durant et après une situation d’urgence en adoptant des stratégies conçues pour protéger la santé physique et mentale des personnes âgées avec lesquelles ils pourraient entrer en contact. Ces stratégies consistent à évaluer le bien-être psychologique des personnes âgées à la recherche de signes de détresse et de dispenser les traitements appropriés ou de les aiguiller en spécialité, le cas échéant. X X Recommandations Agences fédérales pertinentes Gouvernements provinciaux et locaux Établissements et organisations de soins Professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence Programmes et services communautaires Personnes âgées et aidants non rémunérés Recommandation 3.3 : Les professionnels de la santé et le personnel de réponse aux situations d’urgence doivent recevoir une formation de sensibilisation aux cultures afin de dispenser des soins et de l’aide appropriés aux personnes âgées de différentes origines culturelles et religieuses avant, durant et après une urgence. Les prestataires doivent avoir des options à leur disposition pour venir en aide aux personnes âgées et leur aidants non rémunérés qui se heurtent à la barrière de la langue ou à des obstacles culturels pour accéder aux services d’aide (p. ex. traducteurs, matériel écrit en langues autres que l’anglais et le français, etc.). Cela est d’importance particulière pour le personnel qui intervient auprès des peuples autochtones, dans des milieux communautaires diversifiés et durant une évacuation en réponse à une urgence. X X Domaine 4 : Établissements et organisations de soins Recommandation 4.1 : Les établissements et organisations de soins doivent inclure une formation sur la préparation et la réponse aux situations d’urgence dans leur programme de formation systématique du personnel.
Utiliser les pratiques et outils éducatifs multimodaux pour favoriser l’acquisition des connaissances et le changement de comportement.
Il faut recruter des représentants bénévoles parmi les Canadiens âgés et leurs aidants non rémunérés pour élaborer et distribuer les ressources et le matériel de formation, afin que leur point de vue soit entendu et y soit reflété. X X X Recommandation 4.2 : Durant le processus standardisé actuel de transfert des soins, il convient d’ajouter d’autres stratégies visant à améliorer la collecte et le transfert des renseignements pouvant identifier une personne et des anamnèses médicales pour favoriser le suivi efficace, la relocalisation et les soins du patient durant une situation d’urgence. X Recommandation 4.3 : Les établissements et organisations de soins doivent s’efforcer d’élaborer des plans d’urgence complets qui incluent une stratégie de réponse efficace pour protéger les personnes âgées contre les éclosions de maladie infectieuse. Ces stratégies doivent refléter les normes fondées sur les données probantes auxquelles des organisations telles Prévention et contrôle des infections Canada (PCI) souscrivent.
Les établissements de soins doivent aussi évaluer régulièrement et faire tomber les obstacles à la mise en oeuvre du plan d’urgence qui repose sur leurs pratiques habituelles. X ANNEXE A – A2 Recommandations Agences fédérales pertinentes Gouvernements provinciaux et locaux Établissements et organisations de soins Professionnels de la santé et personnel de réponse aux situations d’urgence Programmes et services communautaires Personnes âgées et aidants non rémunérés Domaine 5 : Lois et politiques Recommandation 5.1 : Un comité consultatif national doit être mis sur pied pour éclairer l’élaboration d’un programme de préparation, de réponse et de rétablissement des Canadiens âgés. Les représentants des Canadiens âgés et de leurs aidants non rémunérés doivent participer afin de veiller à ce que leur point de vue y soit reflété. X X X X X Recommandation 5.2 : Toutes les provinces et tous les territoires doivent encourager la mise en place durant l’année ou avant une urgence imminente d’une période d’achats de produits hors taxes de préparation aux situations d’urgence. Les gouvernements doivent également verser un financement ciblé pour aider/subventionner directement l’achat de trousses de préparation aux situations d’urgence par les Canadiens âgés. Les articles couverts doivent inclure une liste convenue d’accessoires d’urgence (telles que piles, générateurs portatifs, échelles de secours, radios, sacs de glace), d’airs climatisés, d’équipement de protection individuelle (p. ex. masques, gants, désinfectant pour les mains) et d’autres aides à la mobilité (canes, déambulateurs, etc.). X Recommandation 5.3 : Toutes les provinces et tous les territoires doivent encourager la création d’un processus ou d’un programme national d’octroi de permis d’exercer au personnel infirmier, médecins, personnel paramédical et autres prestataires de services médicaux d’urgence leur permettant de dispenser bénévolement des soins médicaux d’urgence à l’extérieur des frontières provinciales et territoriales durant un état d’urgence déclaré. X Recommandation 5.4 : Tous les gouvernements provinciaux et territoriaux doivent appuyer les exigences législatives qui obligent les lieux d’hébergement collectif (p. ex. centres de soins infirmiers, résidences-services et maisons de retraite) de mettre à jour et de soumettre régulièrement leur plan d’urgence qui décrit les mesures et les contingences à prendre en situation d’urgence. Ces plans doivent inclure :
Un générateur de secours en cas de panne de courant prolongée, et un plan coordonné avec les agences communautaires pertinentes (p. ex. service municipal d’incendies) pour assurer l’évacuation efficace.
Les directives concernant les interventions appropriées (p. ex. isolement, port du masque, éloignement physique) pour contrôler et prévenir les éclosions et la contagion dans la population durant une situation d’urgence.
Seuils clairs de régulation de la température, précisément les températures maximales et minimales permises en fonction des normes de santé professionnelles et environnementales, et les mesures à prendre pour régler la température et réduire les fluctuations au minimum.
Un résumé du nombre d’employés devant être maintenu durant une situation d’urgence pour minimiser les interruptions des soins et/ou des services. Toutes les provinces et tous les territoires doivent s’efforcer d’uniformiser les exigences en matière de plan d’urgence dans les lieux d’hébergement collectif conformément aux priorités énoncées dans la Stratégie de sécurité civile pour le Canada 2019 et veiller à ce que les plans d’urgence des lieux d’hébergement collectif soient alignés aux directives énoncées dans les plans d’urgence et de pandémie de leur province ou territoire. X X Recommendations Relevant Federal Agencies Provincial & Local Governments Care Institutions & Organizations Health Care Professionals & Emergency Response Personnel Community-Based Services & Programs Individuals & Unpaid Caregivers Recommandation 5.5 : Toutes les provinces et tous les territoires doivent adopter une approche uniforme favorisant la collaboration entre prescripteurs et dispensateurs (c.-à-d. pharmaciens communautaires) locaux de produits pharmaceutiques, médecins et infirmières praticiennes afin de pouvoir remettre aux personnes atteintes d’une affection chronique un approvisionnement adéquat de médicaments d’ordonnance avant ou durant une situation d’urgence. Cette approche doit également souligner le besoin que les prestataires pharmaceutiques, les hôpitaux et les organismes de secours collaborent pour veiller à ce que les hôpitaux, organismes de secours et refuges d’évacuation aient à leur disposition un approvisionnement adéquat de médicaments d’ordonnance.
Toute personne doit pouvoir obtenir un approvisionnement de 30 jours de ses médicaments d’ordonnance d’urgence avant et durant une situation d’urgence. X X X X Domaine 6 : Recherche Recommandation 6.1 : Il faut prioriser la création d’efforts de financement et de recherche afin de mieux contribuer à l’élaboration d’un cadre commun de mesure de la qualité et du niveau de préparation aux situations d’urgence au sein des établissements, organisations, fournisseurs rémunérés, organisations communautaires et autres groupes qui travaillent principalement auprès des personnes âgées et de leurs aidants non rémunérés durant et après une situation d’urgence. X Recommandation 6.2 : Un plus grand effort concerté est nécessaire pour utiliser les conclusions découlant des données étayant la planification, la conception et le peaufinage de plus d’interventions, de politiques et de règlements fondés sur les données probantes liés à la préparation aux situations d’urgence auprès des personnes âgées et des aidants non rémunérés, de même que des organisations et fournisseurs rémunérés qui auront la responsabilité de répondre à leurs besoins durant et après une situation d’urgence. X Recommandation 6.3 : Il faut créer un réseau de chercheurs, de personnes âgées, d’aidants non rémunérés, de bénévoles et de prestataires dédié à la préparation aux situations d’urgence afin d’encourager les partenariats à poursuivre l’évaluation non rémunérée des interventions de préparation aux situations d’urgence ciblant les personnes âgées. Les membres du réseau doivent revendiquer une plus grande concentration de la recherche sur la préparation aux situations d’urgence auprès des sociétés et revues savantes dont ils sont membres. X Recommandation 6.4 : La recherche sur les aidants non rémunérés et la préparation aux situations d’urgence est nécessaire afin de mieux informer les aidants non rémunérés de la façon de prendre soin de leurs parents et amis vulnérables durant une situation d’urgence. X X Recommandation 6.5 : La recherche sur la préparation et la réponse aux situations d’urgence dans les collectivités canadiennes et les lieux d’hébergement collectif pour personnes âgées (p. ex. centres de soins infirmiers, maisons de retraite et foyers de groupe et résidences-services) est nécessaire. Elle doit :
Déterminer le niveau actuel de préparation dans ces environnements de même que souligner les défis qui font obstacle à la préparation.
Caractériser l’impact de l’urgence sur la population âgée et nommer les pratiques exemplaires émergentes sur la façon de composer avec les urgences futures. X X ANNEXE A – A3 Annexe B : Résumé des lois et cadres pertinents à la préparation des personnes âgées aux situations d’urgence Politique/ Loi Provincial / National Lien Alberta’s Pandemic Influenza Plan par le gouvernement de l’Alberta Alberta https://open.alberta.ca/publications/alberta-s-pandemic-influenza-plan Community Care and Assisted Living Act Colombie-Britannique https://www.bclaws.ca/civix/document/id/complete/statreg/02075_01 Pharmacy Disaster Preparedness (2009) un énoncé de politique sur la pratique professionnelle Colombie-Britannique http://library.bcpharmacists.org/6_Resources/6-2_PPP/5003-PGP-PPP25.pdf Dispositions pour une pandémie de grippe au Manitoba (préparation et réponse de la santé publique aux situations d’urgence) Manitoba https://www.gov.mb.ca/health/publichealth/pandemic.fr.html Loi sur les foyers de longue durée Ontario https://www.ontario.ca/fr/lois/loi/07l08 Plan ontarien de lutte contre la pandémie de grippe (2013) Ontario http://www.health.gov.on.ca/fr/pro/programs/emb/pan_flu/pan_flu_plan.aspx Plan québécois de lutte à une pandémie d’influenza Mission (2006) Québec https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-001256/ Un cadre de sécurité civile pour le Canada (2017) par Sécurité publique Canada National https://www.securitepublique.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/2017-mrgnc-mngmnt-frmwrk/index-fr.aspx Préparation du Canada en cas de grippe pandémique par le Réseau pancanadien de santé publique National https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/grippe-influenza/preparation-canada-cas-grippe-pandemique-guideplanification- secteur-sante.html Loi sur le ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile National https://laws.justice.gc.ca/fra/lois/P-31.55/ Loi sur la gestion des urgences (L.C. 2007, ch. 15) National https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/E-4.56/ Préparation aux urgences au Canada (refer to the highlights on Page 3) National https://www.preparez-vous.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/yprprdnssgd/index-fr.aspx Plan d'intervention fédéral-provincial-territorial en matière de santé publique dans les cas d'incidents biologiques par le Réseau pancanadien de santé publique (voir l’Annexe L pour le plan de réponse National https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/mesures-interventions-urgence/plan-intervention-matiere-sante-publique-casincidents- biologiques.html Plan nord-américain contre l'influenza animale et la pandémie d'influenza (par Santé publique Canada) National https://www.securitepublique.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/nml-pndmc-nflnz/index-fr.aspx Loi sur la mise en quarantaine (2005) National https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/q-1.1/page-1.html ANNEXE B – B1 253901-05 1/20

Documents

Moins de détails

Des normes nationales pour les soins de longue durée : L'art du possible?

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique14383

Date
2020-12-08
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Date
2020-12-08
Thèmes
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
INTRODUCTION La pandémie de COVID-19 a tragiquement sonné l’alarme au sujet des lacunes du secteur des soins de longue durée (SLD), négligé depuis longtemps au Canada. À la fin juin, l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) signalait qu’en date du 25 mai 2020, les résidents de centres de SLD représentaient 81 % des décès causés par la COVID-19 au Canada : plus de deux fois la moyenne de 38 % de 17 autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)1. Les politiques de confinement des établissements de SLD ont malheureusement empêché des membres de la famille d’accompagner leurs proches dans leurs derniers moments2. La COVID-19 a aussi eu de lourdes conséquences sur les travailleurs de la santé. L’ICIS a signalé qu’au 23 juillet, les travailleurs de la santé constituaient près d’un cas de COVID-19 sur cinq (19,4 %), mais on ne dispose pas d’information sur la répartition du lieu de travail de ces cas (p. ex., établissements de SLD ou autres)3. Il convient de signaler que les SLD sont majoritairement fournis en dehors des centres de SLD, au domicile des bénéficiaires, un fait auquel on a peu prêté attention depuis le début de la pandémie. Selon le Recensement de 2016, 425 755 Canadiens vivaient dans un foyer de soins, une résidence pour personnes âgées ou un établissement offrant les deux types de services4. En guise de comparaison, selon l’édition 2019 de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, 1,8 million de Canadiens de 12 ans et plus ont déclaré qu’un membre de leur ménage ou eux-mêmes avaient reçu des soins à domicile au cours des 12 mois précédents, le plus souvent des soins infirmiers, reçus par 870 000 personnes. En outre, 733 500 autres Canadiens ont déclaré qu’un membre de leur ménage ou eux-mêmes avaient eu besoin, toujours au cours des 12 mois précédents, de soins à domicile qu’ils n’avaient pas reçus5. DES NORMES NATIONALES POUR LES SOINS DE LONGUE DURÉE : L’ART DU POSSIBLE? 2 L’APPEL DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL POUR DES NORMES NATIONALES POUR LES SLD Réagissant au rapport publié en juin par l’ICIS au sujet des 81 % de décès causés par la COVID-19 dans les établissements de SLD, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré : « Nous continuerons à travailler avec les premiers ministres pour que nos centres de soins de longue durée reçoivent l’appui nécessaire, que ce soit en imposant des normes nationales, en augmentant le financement ou en révisant la Loi canadienne sur la santé6. » Il a aussi été question de normes sur les SLD dans le discours du Trône du 23 septembre 2020. « En outre, le gouvernement : n collaborera avec les provinces et les territoires en vue d’établir de nouvelles normes nationales pour les soins de longue durée afin que les personnes âgées bénéficient du meilleur soutien possible; n prendra des mesures supplémentaires pour aider les gens à vivre chez eux plus longtemps7. » Le 15 octobre 2020, avant une téléconférence avec les premiers ministres des provinces et des territoires, M. Trudeau a indiqué qu’il exercerait sur ces derniers des pressions en faveur de « normes harmonisées » ou de règles normalisées régissant le niveau de soins dans les foyers de SLD8. Dans son énoncé économique du 30 novembre, le gouvernement fédéral a annoncé la création d’un fonds de 1 milliard de dollars pour la prévention et le contrôle des infections en soins de longue durée afin d’appuyer les activités des provinces et des territoires en la matière, ainsi que l’allocation de 9,8 millions de dollars pour des initiatives connexes. Il y réitère également son engagement à établir, avec les provinces et les territoires, des normes nationales sur les SLD9. LES PREMIERS MINISTRES DES PROVINCES ET DES TERRITOIRES DEMANDENT PLUS DE FINANCEMENT Les premiers ministres n’ont pas répondu publiquement et collectivement à l’appel lancé par le premier ministre fédéral en faveur de normes nationales sur les SLD et ont plutôt réclamé plus de financement, sans condition. Le premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré à la fin mai : « Nous disons à M. Trudeau que s’il veut vraiment aider les établissements de soins de longue durée, il doit augmenter les transferts en santé à toutes les provinces. Nous pourrons alors embaucher du personnel, le payer mieux et en avoir plus dans nos établissements10. » Avant le discours du Trône du 23 septembre, les premiers ministres ont monté la barre des années précédentes et demandé au fédéral de porter de 25 % à 35 % sa part des dépenses de santé des gouvernements provinciaux et territoriaux, ce qui représenterait une augmentation annuelle de 28 milliards de dollars du Transfert canadien en matière de santé (TCS), pour commencer11. Dans leur réponse au discours du Trône, les premiers ministres ont exigé qu’on procède « à l’injection immédiate et sans condition de fonds dans le TCS afin de ramener la part du gouvernement fédéral de 22 % à 35 %12. » 3 Le 30 octobre 2020, les premiers ministres ont publié un rapport du Conference Board du Canada afin d’étayer leur demande, soit que le gouvernement fédéral paie 35 % des dépenses provinciales et territoriales en santé. Le rapport indique qu’entre le 1er janvier et le 5 juin 2020, les provinces et les territoires avaient affecté près de 11,5 milliards de dollars directement à la lutte contre la pandémie de COVID-19. Le rapport présente trois scénarios qui laissent entendre que l’augmentation des coûts de santé attribuable à la COVID-19 variera entre 20,1 et 26,9 milliards de dollars en 2020-2021, et totalisera de 80 à 161 milliards de dollars pour la période de 2020-2021 à 2030-203113. En publiant le rapport, les premiers ministres des provinces et des territoires ont demandé au premier ministre fédéral de fixer une date de réunion pour discuter du TCS14. Le budget 2020 de l’Ontario, qui prévoit 15,2 milliards de dollars pour appuyer le système de santé et le secteur des SLD, est un exemple illustrant l’augmentation des coûts15. Il va sans dire que toute intervention nationale concertée visant des normes sur les SLD est peu probable sans l’ajout de fonds fédéraux et qu’il y a peu de chances que le TCS augmente sans condition compte tenu de l’évolution, au cours des deux dernières décennies, du financement fédéral ciblé pour la santé. L’ÉVOLUTION DU FINANCEMENT CIBLÉ La Loi canadienne sur la santé ne traite explicitement que des services médicaux, dentaires et hospitaliers assurés, et même si elle est permissive au sujet de l’ajout d’autres services, on continue de l’interpréter comme si elle s’appliquait aux services hospitaliers et médicaux seulement. De plus, le principe de l’accessibilité, qui interdit le paiement par le secteur privé de services assurés, est le seul critère jamais appliqué. On signale toutefois qu’en 1977, lorsque le Financement des programmes établis (FPE) a remplacé le partage des coûts à parts égales, on a lancé le Programme des services complémentaires de santé, qui visait à couvrir les soins intermédiaires en foyer de soins, les soins aux adultes en établissement, les hôpitaux psychiatriques convertis, les soins à domicile et les soins ambulatoires. Le paiement initial prévu par le programme avait été fixé à 20 $ par habitant en 1977-1978, et il devait augmenter par la suite en fonction de l’indexation du FPE16. Cette affectation théorique est disparue à la suite des manoeuvres budgétaires visant les transferts survenues au cours des décennies qui ont suivi la mise en oeuvre du FPE. Depuis, le gouvernement fédéral utilise son pouvoir de dépenser pour inciter les provinces et les territoires à faire l’essai de nouveaux programmes et à les adopter en contrepartie d’engagements en matière de rapports; ces efforts ont connu un succès mitigé. Dans son budget de 1995, le gouvernement fédéral a annoncé le regroupement des transferts en santé et en services sociaux dans le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux (TCSPS) et une diminution de six milliards de dollars du transfert en argent sur deux ans à compter de 1996-1997. Cette décision a causé de longues périodes d’attente pour l’obtention de soins, qui persistent encore aujourd’hui. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont exercé sur le gouvernement fédéral d’importantes pressions pour qu’il rétablisse les transferts, ce qu’il a commencé à faire modestement dans le budget de 1999. L’Accord sur la santé signé par les premiers ministres en 2000 lançait un important financement ciblé. L’augmentation totale de 21,2 milliards de dollars du TCSPS comprenait un Fonds pour l’adaptation des soins de santé primaires de 800 millions de dollars et deux subventions de 4 500 millions pour les technologies de l’information en santé et l’équipement diagnostique et médical. Les provinces et les territoires ont convenu en échange de présenter à leur population des rapports sur les indicateurs communs convenus entre les parties à compter de 200217. Cette stratégie a été prolongée dans l’Accord de 2003 sur le renouvellement des soins de santé : les provinces et les territoires ont alors consenti à l’établissement du Conseil canadien de la santé pour surveiller les engagements pris dans l’Accord et en faire rapport. Dans le Plan décennal pour consolider les soins de santé (accord de 2004), les premiers ministres ont choisi une approche plus vigoureuse pour le financement ciblé et la responsabilité. L’entente de 41,3 milliards de dollars comprenait un Fonds pour la réduction des temps d’attente de 5,5 milliards de dollars, qui prévoyait l’établissement de valeurs de référence fondées sur des données probantes pour des temps d’attente acceptables sur le plan médical dans le cas de cinq domaines d’interventions prioritaires, au plus tard le 31 décembre 2005, ainsi que des objectifs pluriannuels à respecter pour atteindre ces valeurs au plus tard le 31 décembre 200718. L’accord de 2004 définissait aussi le « fédéralisme asymétrique », dans le cadre duquel le Québec convenait d’appuyer les objectifs et les principes globaux énoncés dans l’accord, mais établirait son propre plan de réduction des temps d’attente et d’autres paramètres19. Les provinces et les territoires ont réussi à s’entendre sur des points de repère communs pour les temps d’attente des interventions prévues appartenant aux domaines prioritaires annoncés le 12 décembre 200520. Le gouvernement Harper a annoncé l’étape suivante dans son budget de 2007, dans lequel 612 millions de dollars étaient affectés à une Fiducie pour les garanties de délai d’attente pour les patients, financement qui serait mis à la disposition des administrations consentant à mettre en oeuvre une garantie de délai d’attente pour les patients dans au moins un des cinq domaines prioritaires. Toutes les administrations ont souscrit au projet presque sur-le-champ21. Le changement le plus récent au financement ciblé, soit la série d’ententes bilatérales conclues entre le fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux en 2017-2018, prévoyait que ces derniers recevraient 11 milliards de dollars sur 10 ans pour les soins à domicile et communautaires, et les services de santé mentale et de lutte contre la toxicomanie. Les ententes bilatérales reposent sur l’Énoncé de principes communs sur les priorités partagées en santé. Dans le cas des services de soins à domicile et de soins communautaires, les engagements précis consistent notamment à : n diffuser et déployer des modèles de soins à domicile et de soins communautaires; n augmenter l’accès aux soins palliatifs et de fin de vie; n améliorer le soutien aux proches aidants; n améliorer les infrastructures pour les services à domicile22. Conformément au principe du fédéralisme asymétrique, le Québec n’a pas signé l’énoncé de principes communs, mais comme les autres administrations, il a signé une entente de financement dont une annexe décrit les interventions proposées. La province a aussi indiqué qu’elle utiliserait des indicateurs comparables pour comparer ses services de santé et ses programmes sociaux à ceux des autres administrations et qu’elle observerait le travail effectué par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) pour les élaborer23. 5 L’ICIS a dirigé l’élaboration d’une série de 12 indicateurs communs dans les deux domaines. Dans le cas des soins à domicile, les six indicateurs sont les suivants : n Séjour à l’hôpital prolongé jusqu’à ce que les services ou le soutien à domicile soient disponibles n Détresse des aidants naturels n Nouveaux résidents en SLD qui auraient pu recevoir des soins à domicile n Temps d’attente pour des services à domicile n Maintien à domicile du bénéficiaire grâce aux services à domicile n Décès à domicile et hors hôpital On a fait rapport des résultats pour les trois premiers indicateurs, et il est prévu de le faire pour les trois autres en 2021-202224. Le financement ciblé a connu un certain succès jusqu’à maintenant. Par exemple, le financement affecté aux technologies de l’information en santé a considérablement favorisé l’adoption des dossiers médicaux électroniques, et le Fonds pour l’adaptation des soins de santé primaires a entraîné l’adoption importante de modèles de soins en équipe en Alberta, en Ontario et au Québec. Le Fonds pour la réduction des temps d’attente a connu un succès mitigé : les administrations mesurent les temps d’attente dans les domaines prioritaires, mais rares sont celles qui sont allées plus loin. Il semblerait que les garanties pour les temps d’attente n’aient pas été maintenues. L’ICIS a de plus signalé que dans de nombreuses administrations, les temps d’attente ont augmenté pour l’arthroplastie et la chirurgie de la cataracte depuis 201725. En général, les gouvernements provinciaux et territoriaux ont résisté à toute obligation individuelle ou collective de rendre compte au gouvernement fédéral des transferts en matière de santé. FINANCEMENT CIBLÉ EN SLD : OPTIONS Depuis les premiers commentaires du premier ministre, plusieurs rapports ont abordé la question des normes pour les SLD. Dans un rapport sur les soins de longue durée, la Société royale du Canada a établi une série de principes, y compris celui selon lequel « le gouvernement fédéral doit assumer un rôle majeur et mettre en place un mécanisme permettant d’aider les gouvernements provinciaux et territoriaux à atteindre des normes élevées d’excellence partout au Canada dans le secteur des SLD. Cela pourrait être assuré par l’intermédiaire d’un cadre semblable à la Loi canadienne sur la santé, qui établit des normes de base. Les gouvernements provinciaux et territoriaux qui se conformeraient à ces normes recevraient des paiements de transferts fédéraux supplémentaires26. » De même, l’organisme de représentation CanAge a proposé des normes nationales de qualité qui lieraient le financement fédéral à leur mise en oeuvre27. Carolyn Tuohy a proposé, toujours pour les soins de longue durée, un modèle de prise de décision conjointe basé sur une stratégie d’assurance sociale dotée d’un mécanisme de gouvernance fédéral, provincial et territorial mixte inspiré du Régime de pensions du Canada et du Régime des rentes du Québec28. 6 Le gouvernement fédéral pourrait aussi utiliser son pouvoir de dépenser pour adopter une mesure législative établissant des critères qui régiraient le financement fédéral affecté aux soins de longue durée. Par exemple, le Nouveau parti démocratique a déposé, en février 2020, le projet de loi C-213 visant à établir un programme national d’assurance médicaments. Ce projet inclut quatre des principes de la Loi canadienne sur la santé, soit l’intégralité, l’universalité, la transférabilité et l’accessibilité, mais il laisse à chaque administration le loisir d’arrêter les détails du programme29. Il a fait l’objet d’un premier débat le 18 novembre 202030. Il serait utile de passer en revue l’expérience internationale en matière de financement et de réglementation des SLD. Contrairement au Canada, l’Australie a réparti la compétence entre le Commonwealth et les États. L’assurance maladie et l’assurance médicaments sont des programmes fédéraux, tandis que les soins hospitaliers relèvent de la compétence des États. La loi fédérale Aged Care Act 1997 prévoit du financement et des normes pour les foyers de soins aux personnes âgées. Huit normes nationales de qualité régissent les soins aux personnes âgées : n Dignité et choix du consommateur n Évaluation et planification continues n Soins personnels et soins cliniques n Services et aides pour les activités quotidiennes n Environnement de service de l’organisme n Rétroaction et plaintes n Ressources humaines n Gouvernance organisationnelle31 Chaque foyer de soins aux personnes âgées est évalué en fonction des normes de qualité et son rendement est coté en fonction de quatre paramètres qui varient de 1 (peu d’exigences respectées) à 4 (toutes les exigences respectées). Il faut obtenir l’agrément de la Commission de la qualité et de la sécurité des soins aux personnes âgées pour toucher des subventions du gouvernement de l’Australie. Le gouvernement accorde aux fournisseurs de services de soins aux personnes âgées des subventions et des compléments, des subventions d’immobilisation pour les soins aux personnes âgées en établissement et le financement de programmes32. Des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas et le Japon ont des programmes d’assurance sociale pour les SLD, et on pourrait se pencher sur leur expérience de la réglementation de la qualité et des normes. En ce qui concerne les dépenses, selon l’OCDE, le Canada a consacré 1,3 % de son produit intérieur brut (PIB) aux SLD en 2017. Même si le Canada est ex aequo avec la France et l’Irlande en dixième place sur 36 pays, les pays nordiques comme le Danemark (2,3 %), la Norvège (2,6 %) et la Suède (2,7 %) dépensent deux fois plus que le Canada33. 7 CONSIDÉRATIONS RELATIVES À DES NORMES NATIONALES POUR LES SLD Toutes les provinces et tous les territoires du Canada, à l’exception du Nunavut, ont adopté des mesures législatives sur les soins de longue durée en établissement. L’étude publiée récemment par la Société royale contenait des tableaux utiles sur les mesures législatives pertinentes26. L’Organisation de normes en santé affiliée à Agrément Canada a adopté une norme d’agrément des services de SLD34 et applique aussi des normes aux maisons de retraite et aux services de soins à domicile. Les foyers de SLD, les maisons de retraite et les programmes de soins à domicile peuvent obtenir du programme Qmentum d’Agrément Canada l’agrément en fonction de ces normes35. L’ICIS fait état de données sur 14 indicateurs pour plus de 1 600 établissements de SLD au Canada, et on a commencé à réunir des données sur les indicateurs communs convenus dans les ententes bilatérales de 2017 mentionnées ci-dessus, et à produire des rapports à ce sujet. En 2013, l’Association canadienne de soins et services à domicile a lancé une consultation nationale détaillée pour établir, dans le cas des soins à domicile, les six principes et descripteurs suivants : n Soins centrés sur le patient et ses proches n Soins accessibles n Soins responsables n Soins fondés sur des données probantes n Soins intégrés n Soins durables36 Ces principes ont servi d’assise à un cadre d’élaboration de normes sur les soins à domicile37. Cette approche intéressante pourrait être appliquée de façon plus générale au continuum des SLD. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, plusieurs rapports ont présenté des recommandations portant sur le secteur des SLD, et les commissions et les enquêtes à venir en produiront encore beaucoup d’autres : n L’Association des infirmières et infirmiers du Canada a demandé l’établissement d’une commission d’enquête fédérale sur le vieillissement et une augmentation des investissements dans les soins communautaires, à domicile et en établissement38; n En mai, les Forces armées canadiennes ont fait part de leurs constatations sur les conditions déplorables régnant dans les établissements de SLD en Ontario où elles ont été appelées en renfort; n Dans une note de breffage, la Société royale a défini 16 principes directeurs et recommandé neuf interventions pour lutter contre la crise des effectifs dans les établissements de SLD26; n L’Institut national du vieillissement de l’Université Ryerson a élaboré des principes directeurs et des politiques provisoires pour les familles et les visiteurs en général qui se présentent aux établissements de SLD39, ainsi que d’autres ressources; 8 n La Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé et l’Institut canadien pour la sécurité des patients ont produit, après consultation des parties prenantes, un rapport dégageant six pratiques prometteuses40; n CanAge a présenté 135 recommandations comme plan directeur à suivre pour rendre le Canada inclusif pour la population vieillissante27; n La Commission ontarienne d’enquête sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée a formulé 11 recommandations portant sur les effectifs des SLD, sur les liens entre les SLD et les hôpitaux, ainsi que sur la prévention et le contrôle des infections41. Le gouvernement a accepté la recommandation de la Commission que chaque bénéficiaire reçoive en moyenne au moins quatre heures de soins directs par jour, et il l’a incluse dans son budget de 2020 (mais le coût n’en a pas été établi)15. Il est clair que pour instaurer une norme nationale sur la qualité de vie des résidents en SLD, il faudra faire plus que s’entendre sur des indicateurs communs. Il faut aussi intégrer dans les processus de soins un mécanisme d’amélioration de la qualité fonctionnelle, pour lequel la capacité est actuellement minime ou nulle. Le 3 septembre 2020, des représentants de 10 organisations nationales du secteur de la santé ont tenu une discussion préliminaire sur des normes nationales pour les SLD. La discussion a dégagé plusieurs points clés : n Les SLD doivent inclure le continuum complet, des soins à domicile aux soins palliatifs en passant par les soins de longue durée en établissement; n L’engagement du personnel médical varie considérablement dans les foyers de SLD au Canada; n Les normes doivent reposer sur l’évolution de l’état de santé des bénéficiaires et sur des pratiques éclairées par des données probantes qui assurent des soins sécuritaires et fiables; n Il faut reconnaître qu’il y a, à différents niveaux, de multiples normes qui varient d’un bout à l’autre du Canada. Si l’on réfléchit au financement ciblé du TCS par le passé, on pourrait imaginer tout un éventail d’engagements quantifiables qu’il serait possible d’intégrer à un transfert supplémentaire pour les SLD ou à une mesure législative inspirée de la Loi canadienne sur la santé. Les conditions pourraient notamment être les suivantes : n Obligation d’agrément pour les services de SLD de tout le continuum; n Création d’un moyen pour les bénéficiaires de SLD et les membres de leur famille de se faire vraiment entendre; n Adoption d’une politique basée sur les risques au sujet des visites des membres de la famille et des proches aidants; n Adoption de cadres de compétences pour les ressources humaines en santé dans le secteur des SLD; 9 n Adoption d’indicateurs nationaux sur la qualité de vie et l’évolution de l’état de santé des bénéficiaires, et production de rapports publics; n Définition d’objectifs pour le passage aux établissements de SLD à chambres individuelles; n Adoption de normes d’emploi qui appuient les soins de grande qualité et la sécurité des fournisseurs comme des bénéficiaires; n Normes sur les foyers de soins infirmiers qui garantissent a) la formation et les ressources nécessaires en matière de contrôle des maladies infectieuses, y compris l’utilisation optimale de l’équipement de protection individuelle et b) des protocoles d’augmentation du personnel et de restriction du nombre de visiteurs en période d’éclosion; n Moyens de soutien de la santé mentale du personnel fournissant des SLD; n Immunisation obligatoire des bénéficiaires contre la grippe, la pneumonie et le zona, et saisie des données d’immunisation dans un dossier numérisé. CONCLUSION La pandémie de COVID-19 a démontré qu’il est urgent de se pencher sur la capacité du secteur des SLD et la qualité des soins qui y sont prodigués sur tout le continuum de soins. Un rapport produit en 2017 par le Conference Board du Canada donne une idée de l’ampleur du défi à relever : on y prévoit qu’il faudra 199 000 lits de SLD de plus d’ici 2035, ce qui doublerait presque le parc actuel de 255 000 lits. Il en coûterait quelque 64 milliards de dollars pour la construction et 7 milliards de dollars par année en frais de fonctionnement42. Le recrutement des effectifs nécessaires posera un défi encore plus important. RECOMMANDATION Compte tenu de ce qui précède, il est recommandé que les discussions à venir sur le TCS entre le premier ministre fédéral et ses homologues provinciaux et territoriaux portent notamment sur le secteur des SLD afin d’inclure des engagements quantifiables comme condition d’augmentation des transferts fédéraux. 30 novembre 2020 10 1 Institut canadien d’information sur la santé. La pandémie dans le secteur des soins de longue durée : où se situe le Canada par rapport aux autres pays? Ottawa (Ont.). [En ligne] 2020. Accessible ici : https://www.cihi.ca/sites/default/files/document/covid-19-rapid-response-long-term-care-snapshot-fr.pdf (consulté le 2 novembre 2020). 2 Payne, E. ‘It is inhumane’: daughter kept from dying mother’s bedside because of limits on long-term care visitors. Ottawa Citizen. [En ligne] 9 juin 2020. Accessible ici : https://ottawacitizen.com/news/local-news/it-isinhumane- daughter-kept-from-dying-mothers-bedside-because-of-limits-on-long-term-care-visitors (consulté le 2 novembre 2020). 3 Institut canadien d’information sur la santé. Nombre de cas et de décès liés à la COVID-19 chez les travailleurs de la santé au Canada. [En ligne] Accessible ici : https://www.cihi.ca/fr/nombre-de-cas-et-de-deces-lies-a-la-covid- 19-chez-les-travailleurs-de-la-sante-au-canada (consulté le 2 novembre 2020). 4 Statistique Canada. Recensement de la population de 2016. No 98-400-X2016019 au catalogue. [En ligne]. 5 Statistique Canada. Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) – 2019. Composante annuelle – Fichier maître (fréquences arrondies), dictionnaire des données. Ottawa : Statistique Canada. Août 2020. 6 Tunney, C. Provinces failed to support seniors, Trudeau says following release of troubling new pandemic study. [En ligne] Accessible ici : https://www.cbc.ca/news/politics/long-term-care-challenge-1.5626841 (consulté le 21 septembre 2020). 7 Gouverneur général du Canada. Un Canada plus fort et plus résilient : discours du Trône ouvrant la deuxième session de la quarante-troisième législature du Canada. [En ligne] Accessible ici : https://www.canada.ca/fr/conseil-prive/campagnes/discours-trone/2020/canada-fort-resilient.html (consulté le 6 octobre 2020). 8 Connolly, A. Trudeau says he’ll push Premiers on “standardizing norms” in long-term care homes. Global News. [En ligne] 12 octobre 2020. Accessible ici : https://globalnews.ca/news/7394227/justin-trudeau-canada-carehome- national-standards/ (consulté le 2 novembre 2020). 9 Ministère des Finances Canada. Soutenir les Canadiens et lutter contre la COVID-19 : énoncé économique de l’automne 2020. Accessible ici : https://www.budget.gc.ca/fes-eea/2020/report-rapport/FES-EEA-fra.pdf (consulté le 30 novembre 2020). 10 Bryden, J. Feds offer of help on sick leave, long-term care gets mixed reaction from provinces. Toronto Star. [En ligne] 28 mai 2020. Accessible ici : https://www.thestar.com/news/canada/2020/05/28/feds-offer-of-helpon- sick-leave-long-term-care-gets-mixed-reaction-from-provinces.html (consulté le 2 novembre 2020). 11 Premiers ministres des provinces et territoires. Les premiers ministres des provinces et territoires présentent leurs priorités. [En ligne] 18 septembre 2020. Accessible ici : https://www.pmprovincesterritoires.ca/wpcontent/ uploads//2020/09/FR-Sept_18_COF_Communique_final.pdf (consulté le 2 novembre 2020). 12 Conseil de la Fédération. Les premiers ministres des provinces et territoires réitèrent leurs priorités. [En ligne] 24 septembre 2020. Accessible ici : https://www.pmprovincesterritoires.ca/wp-content/uploads//2020/09/FRSept_ 24_COF_Communique_fnl.pdf (consulté le 7 octobre 2020). 13 Conference Board du Canada. Les facteurs de croissance des coûts des soins de santé au Canada : avant et après la COVID-19. [En ligne] Accessible ici : https://www.pmprovincesterritoires.ca/wp-content/uploads//2020/10/FRCBOC_ impact-paper_research-on-healthcare_final.pdf (consulté le 2 novembre 2020). 14 Premiers ministres des provinces et territoires. Les premiers ministres des provinces et des territoires souhaitent la confirmation de leur rencontre avec le premier ministre du Canada afin de discuter du TCS. [En ligne] 30 octobre 2020. Accessible ici : https://www.pmprovincesterritoires.ca/wp-content/uploads//2020/10/FRCOF_ Statement-FMM_Date_final.pdf (consulté le 2 novembre 2020). 11 15 Phillips, R. Plan d’action de l’Ontario pour la protection, le soutien, la relance. [En ligne] Accessible ici : https://budget.ontario.ca/fr/2020/pdf/2020-ontario-budget-fr.pdf (consulté le 8 novembre 2020). 16 Groupe de travail parlementaire sur les accords fiscaux entre le gouvernement fédéral et les provinces. Le fédéralisme fiscal au Canada, rapport du groupe de travail parlementaire sur les accords fiscaux entre le gouvernement fédéral et les provinces. Ottawa : Ministre des Approvisionnements et Services, 1981. 17 Secrétariat des conférences intergouvernementales canadiennes. Communiqué sur la santé pour la réunion des premiers ministres. [En ligne] 11 septembre 2000. Accessible ici : https://scics.ca/fr/productproduit/ communique-communique-sur-la-sante-pour-la-reunion-des-premiers-ministres/ (consulté 21 septembre 2020). 18 Secrétariat des conférences intergouvernementales canadiennes. Un plan décennal pour consolider les soins de santé. [En ligne] Accessible ici : https://scics.ca/wp-content/uploads/CMFiles/800042005_f1JXB-342011- 5782.pdf (consulté le 21 septembre 2020). 19 Secrétariat des conférences intergouvernementales canadiennes. Fédéralisme asymétrique qui respecte les compétences du Québec. [En ligne] Accessible ici : https://scics.ca/wpcontent/ uploads/CMFiles/800042012_f1JWF-342011-8639.pdf (consulté le 5 octobre 2020). 20 Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario. Les tout premiers repères permettront aux Canadiens de mesurer les progrès réalisés en vue de réduire les temps d’attente. 12 décembre 2005. 21 Ministère des Finances du Canada. Le plan budgétaire de 2007 – Viser un Canada plus fort, plus sécuritaire et meilleur. [En ligne] Accessible ici : https://budget.gc.ca/2007/pdf/bp2007f.pdf (consulté le 21 septembre 2020). 22 Gouvernement du Canada. Un énoncé de principes communs sur les priorités partagées en santé. [En ligne] Accessible ici : https://www.canada.ca/content/dam/hcsc/ documents/corporate/transparency_229055456/health-agreements/principes-priorites-partagees-sante.pdf (consulté le 7 octobre 2020). 23 Gouvernement du Canada et gouvernement du Québec. Accord de mise en oeuvre de l’entente asymétrique du 10 mars 2017 – volet concernant les services de soins à domicile et de soins communautaires et les services en santé mentale et en toxicomanie. [En ligne] Accessible ici : https://www.canada.ca/fr/santecanada/ organisation/transparence/ententes-en-matiere-de-sante/priorites-partagees-matieresante/ quebec.html (consulté le 5 octobre 2020). 24 Institut canadien d’information sur la santé. Défis communs liés aux priorités partagées : mesure de l’accès aux services à domicile et aux soins communautaires ainsi qu’aux services en santé mentale et en toxicomanie au Canada, volume 2. [En ligne] Accessible ici : https://www.cihi.ca/sites/default/files/document/commonchallenges- shared-priorities-vol-2-report-fr.pdf (consulté le 7 octobre 2020). 25 Institut canadien d’information sur la santé. Les temps d’attente pour les interventions prioritaires au Canada. [En ligne]. Accessible ici : https://www.cihi.ca/fr/les-temps-dattente-pour-les-interventions-prioritaires-aucanada (consulté le 7 octobre 2020). 26 Société royale du Canada. Rétablir la confiance : la COVID-19 et l’avenir des soins de longue durée. 27 CanAge. Voices of Canada’s seniors: a roadmap to an age-inclusive Canada. [En ligne] Accessible ici : https://ddbfacb0-fa8a-4eb5-8489- 086cf8fcc173.filesusr.com/ugd/f614ae_b0035cb1e42645f287682b2f15a80678.pdf (consulté le 3 novembre 2020). 28 Tuohy, C. A new federal framework for long-term care in Canada. [En ligne] Accessible ici : https://policyoptions.irpp.org/fr/magazines/aout-2020/a-new-federal-framework-for-long-term-care-in-canada/. 12 29 Chambre des communes du Canada. Projet de loi C-213 : loi édictant la Loi canadienne sur l’assurance médicaments. [En ligne] Accessible ici : https://parl.ca/Content/Bills/431/Private/C-213/C-213_1/C-213_1.PDF (consulté le 2 octobre 2020). 30 Chambre des communes Canada. Débats de la Chambre des communes, vol. 150, no 031, mercredi 18 novembre 2020. Accessible ici : https://www.ourcommons.ca/Content/House/432/Debates/031/HAN031- f.PDF (consulté le 30 novembre 2020). 31 Gouvernement de l’Australie. Aged care quality standards. [En ligne] Accessible ici : https://www.myagedcare.gov.au/aged-care-quality-standards#quality-standards. 32 Gouvernement de l’Australie. Funding for aged care service providers. [En ligne] Accessible ici : https://www.health.gov.au/health-topics/aged-care/providing-aged-care-services/funding-for-aged-careservice- providers#how-aged-care-funding-works (consulté le 21 septembre 2020). 33 Organisation pour la coopération et le développement économique. Panorama de la santé 2019. Chapitre 11. Dépenses de soins de longue durée et coûts unitaires. [En ligne] Accessible ici : https://www.oecdilibrary. org/docserver/5f5b6833- fr.pdf?expires=1606505708&id=id&accname=guest&checksum=227C9A55E1F6BE1F8A0C969DC2FCCB72 (consulté le 2 octobre 2020). 34 Agrément Canada et Organisation de normes en santé. [En ligne] Accessible ici : https://store.accreditation.ca/products/soins-de-longue-duree (consulté le 21 septembre 2020). 35 Agrément Canada. Le programme d’agrément Qmentum. [En ligne] Accessible ici : https://accreditation.ca/cafr/ agrement/qmentum/ (consulté le 20 novembre 2020). 36 Association canadienne de soins et services à domicile. Principes harmonisés en matière de soins à domicile. [En ligne] Accessible ici : https://cdnhomecare.ca/wp-content/uploads/2020/03/CHCA_Harmonized-Principles-2017- fr-v2.pdf (consulté le 21 septembre 2020). 37 Association canadienne de soins et services à domicile. Cadre des standards nationaux de soins et services à domicile fondés sur les principes harmonisés. [En ligne] Accessible ici : https://cdnhomecare.ca/wpcontent/ uploads/2020/03/CHCA-Home-Care-Standards-Framework-FRENCH-final.pdf (consulté le 21 septembre 2020). 38 Association des infirmières et infirmiers du Canada. Vision de 2020 : améliorer les soins de longue durée pour les personnes au Canada. [En ligne] Accessible ici : https://cna-aiic.ca/-/media/cna/page-content/pdf-fr/2020- vision_improving-long-term-care-for-canadians_f.pdf (consulté le 3 novembre 2020). 39 National Institute on Ageing. Finding the right balance: an evidence-informed guidance document to support the re-opening of Canadian nursing homes to family caregivers and visitors during the COVID-19 pandemic. [En ligne] Accessible ici : https://static1.squarespace.com/static/5c2fa7b03917eed9b5a436d8/t/5f0f2678f205304ab1e695be/159482841 0565/%27NIA+LTC+Visitor+Guidance+Document.pdf (consulté le 3 novembre 2020). 40 Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé et Institut canadien pour la sécurité des patients. Repenser les soins aux personnes âgées : les prochaines étapes de la réponse à la COVID-19 dans les établissements de soins de longue durée et les résidences pour personnes âgées. [En ligne] Accessible ici : https://www.fcass-cfhi.ca/docs/default-source/itr/tools-and-resources/reimagining-care-for-older-adults-covid- 19-f.pdf (consulté le 3 novembre 2020). 41 Commission ontarienne d’enquête sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée. Premières recommandations provisoires, lettre à la ministre Fullerton. [En ligne] Accessible ici : http://ltccommissioncommissionsld. ca/fr/ir/pdf/20201023_First_Interim_Letter_French.pdf (consulté le 3 novembre 2020). 13 42 Conference Board du Canada. Sizing Up the Challenge. Meeting the Demand for Long-Term Care in Canada (résumé en français sous le titre L’ampleur du défi. Répondre à la demande de soins de longue durée au Canada). [En ligne] Accessible ici : https://www.conferenceboard.ca/temp/27f4029e-9173-48c0-803cbe09691d6c22/ 9228_Meeting%20the%20Demand%20for%20Long-Term%20Care%20Beds_RPT.pdf (consulté le 5 octobre 2020).

Documents

Moins de détails

Le Lancet Countdown sur la santé et les changements climatiques - Compte rendu à l'intention du Canada, DEC 2020

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique14382

Date
2020-12-02
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Date
2020-12-02
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Le Lancet Countdown sur la santé et les changements climatiques Compte rendu à l’intention du Canada DÉCEMBRE 2020 Introduction Les changements climatiques, qui représentent pour certains « la plus grande menace pour la santé au 21e siècle », accentuent les disparités dans ce domaine au Canada. Or, notre réaction à la crise climatique pourrait aussi s’avérer la meilleure occasion d’optimiser la santé de la population. On constate plusieurs phénomènes : communautés de l’Ouest du Canada contraintes à se déplacer par des feux de forêt aggravant les maladies respiratoires; maladies liées à la chaleur extrême dans les villes; difficulté de trouver des aliments traditionnels en Arctique; santé mentale sous pression; catastrophes naturelles (inondations, sécheresses, etc.); et maladies infectieuses (comme la maladie de Lyme) en émergence ou en progression1. De plus, les changements climatiques engendrent des iniquités : leur fardeau pèse plus lourdement sur la santé des personnes âgées, racisées ou ayant un faible statut socioéconomique. Les changements climatiques ont démesurément affecté le bien-être des peuples autochtones en particulier. En effet, le colonialisme a modifié l’écosystème, partie intégrante de la santé de ces peuples, de leur économie, de leurs pratiques culturelles et de leur autodétermination. Pour les communautés inuites, métisses et des Premières Nations, la crise climatique actuelle est perçue et vécue comme une intensification des changements environnementaux imposés par une logique coloniale qui perdure. La résilience remarquable dont ces peuples font preuve devant ces changements nous offre toutefois l’occasion d’apprendre et de collaborer à la recherche de solutions reposant sur des savoirs écologiques traditionnels et la faculté d’adaptation sociale et environnementale des peuples autochtones du Canada. Rédigé en collaboration avec des experts en médecine et en santé publique ainsi que des Autochtones et des chercheurs alliés, le présent compte rendu fait état de moyens de lutter contre les changements climatiques. Basé sur les données du rapport mondial du Lancet Countdown, il décrit les effets de la chaleur extrême et de la pollution atmosphérique sur la santé de la population canadienne. En examinant les politiques sous le prisme de la justice, il montre également comment les dirigeants canadiens peuvent favoriser une saine transition vers une société respectueuse de l’environnement en ces temps de crise sanitaire de la COVID-19, doublée de la crise climatique. Les avenues présentées comprennent le développement d’un système de santé plus viable et la priorisation de l’équité en santé. Ce compte rendu présente des données récentes et des recommandations sur deux principaux groupes d’indicateurs des répercussions du climat sur la santé au Canada : la chaleur extrême et la pollution atmosphérique. Il fournit six recommandations stratégiques factuelles visant des bienfaits pour le bien-être physique, social, économique et environnemental afin de lutter efficacement contre les changements climatiques en améliorant notre résilience et notre adaptabilité. De plus, ce compte rendu souligne l’occasion unique de procéder à une transition vers une société carboneutre alors que l’économie se remet tranquillement de la pandémie de COVID-19, et les recommandations permettent de progresser vers cet objectif.* * Des recommandations supplémentaires sont également disponibles dans les comptes rendus de 2017, de 2018 et de 2019. 2 1 Moderniser les infrastructures existantes, rénover les infrastructures sociales et naturelles actuelles, et aménager des villes et des banlieues innovantes plus résistantes à la chaleur, surtout pour les groupes à risque. Diminuer le réchauffement Purifier l’air Aller de l’avant : une saine relance Valoriser des stratégies adoptées sur leurs terres par les Autochtones pour s’adapter au réchauffement rapide dans leurs communautés, particulièrement celles du Nord, et s’en inspirer. Messages clés et recommandations 3 4 5 6 Appuyer davantage le logement durable, notamment par des stratégies souples de soutien financier et logistique à la conception sobre en carbone et par le déploiement de technologies visant à améliorer l’isolation et l’efficacité énergétique d’une communauté ou d’un quartier. Accorder la priorité au financement du transport à faibles émissions et d’initiatives de transport en commun et de transport actif abordables; cibler les communautés qui bénéficieraient le plus de moyens de transport sains; et trouver des exemples d’initiatives communautaires réussies. Garantir que la relance économique après la COVID-19 concordera avec une transition juste vers une société carboneutre. La relance devra tenir compte des répercussions sur la santé et l’équité de toutes les politiques proposées pour lutter contre la crise sanitaire de la COVID-19, doublée de la crise climatique, inclure directement ceux qui en sont démesurément affectés, notamment les peuples autochtones, les aînés, les femmes, les personnes racisées et les personnes à faible revenu, et leur accorder la priorité. Renforcer la résilience du système de santé face aux changements climatiques et aux autres menaces actuelles et à venir pour la santé. Pour ce faire, accorder la priorité à la décarbonation, l’efficacité énergétique, et une meilleure gestion des déchets et de la chaîne d’approvisionnement pour viser la carboneutralité dans les services de santé à l’échelle nationale. Diminuer le réchauffement Au Canada, le réchauffement est deux fois plus rapide que dans le reste du monde, et encore davantage dans les régions nordiques2. Les vagues de chaleur, surtout dans le Sud du Canada, où la majorité de sa population se concentre, pourraient augmenter en nombre, en intensité et en durée. La chaleur extrême est associée à une augmentation de la mortalité, toutes causes confondues; des risques d’hospitalisation pour maladies cardiovasculaires et maladies respiratoires3; et des anomalies congénitales et des complications à la naissance.4,5 Les températures élevées ont également un effet sur la santé psychologique et émotionnelle6. En effet, pendant les canicules, la violence interpersonnelle et de groupe tend à augmenter, surtout dans les quartiers défavorisés. La violence familiale augmente elle aussi, ce qui influe sur le bien-être des femmes†,7. La chaleur extrême est aussi corrélée avec l’insomnie8, des taux de suicide plus élevés9 et une augmentation des visites aux services des urgences pour troubles de santé mentale10. Isolement social fréquent, moindre accessibilité à des logements écoénergétiques bien isolés, régulation de la température corporelle moins efficace et prévalence accrue de maladies chroniques préexistantes (hypertension, diabète et maladies cardiovasculaires): la population vieillissante au Canada‡ est plus vulnérable à la chaleur extrême. De 2014 à 2018, le réchauffement rapide du pays a mené à une augmentation annuelle de la mortalité liée à la chaleur chez les 65 ans et plus de 58,4 % par rapport à la période de référence (2000- 2004). Cette augmentation dépasse la moyenne mondiale de 53,7 %13. En 2018, un record de 2 700 décès liés à la chaleur a été atteint chez les 65 ans et plus du pays13. À l’été 2018, deux vagues de chaleur ont affecté le Québec, la première des deux causant à elle seule 86 décès supplémentaires14. L’exposition à la chaleur touche aussi les personnes qui travaillent à l’extérieur de divers secteurs comme la construction, les services, l’agriculture et le secteur manufacturier. Au Canada, on constate une hausse moyenne de 81 % du nombre d’heures de travail perdues en raison de la chaleur extrême de 2015 à 2019 par rapport aux années 1990 à 1994, avec 7,1 millions d’heures perdues par année en moyenne13, §. En 2018, on estimait la valeur de l’ensemble des décès liés à la chaleur à l’équivalent de 0,7 % du produit national brut, comparativement à 0,2 % en 200013. Ces coûts sont comparables au revenu moyen de 263 400 Canadiens et Canadiennes, soit grosso modo la population de Gatineau, la quatrième ville en importance du Québec, ou celle de Saskatoon, la plus grande ville de Saskatchewan. Les structures physiques, sociales et économiques contribuent aux décès liés à la chaleur des personnes à risque. Les aînés, les personnes qui travaillent à l’extérieur et les habitants de quartiers défavorisés ont souvent moins accès aux espaces verts, au transport en commun et à un logement bien isolé. Ils sont aussi plus susceptibles de vivre de l’isolement social ou d’être dans un ménage à faible revenu. Pour les Autochtones, ces hausses de température creusent encore davantage les écarts attribuables au colonialisme qui touchent entre autres la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau potable, l’utilisation du territoire, la sécurité sur la glace et la stabilité du logement15. Revoir ces structures inéquitables favorisera la résilience et la productivité des individus et des communautés, et limitera les conséquences évitables du réchauffement sur la santé. Avec davantage d’infrastructures écologiques dans les communautés et les ménages – arbres, végétation urbaine (murs, parcs et rues), jeux d’eau et bâtiments frais (de couleur pâle ou mieux isolés pour limiter la chaleur absorbée) –, le Canada serait mieux outillé pour prévenir les répercussions sur la santé mentionnées ci-dessus16. Cependant, des changements d’infrastructures touchant uniquement la conception de nouvelles installations pourraient s’avérer insuffisants. De plus, les nouveaux bâtiments pourraient entraîner des coûts substantiels en ressources et en énergie. Étudiée dans d’autres pays, la rénovation est une autre avenue intéressante pour augmenter l’efficacité énergétique, réduire les coûts de refroidissement et atténuer les risques pour la santé17,18,19. Les mesures stratégiques visant à contrer la chaleur extrême peuvent être transposées aux échelles les plus efficaces et les mieux adaptées aux réalités locales en prévoyant une certaine souplesse dans la conception des nouvelles structures, la réduction de l’empreinte écologique, et l’amélioration de la ventilation et de l’isolation des bâtiments existants †Lors de grandes catastrophes et de crises, y compris les phénomènes liés au climat comme les inondations et les feux de forêt, la violence fondée sur le genre augmente, alors que les services offerts aux femmes, comme les refuges et les maisons d’hébergement, diminuent. ‡Selon Statistique Canada, 17 % de la population a plus de 65 ans. Cette proportion pourrait atteindre 30 % dans les 50 prochaines années. §Ce calcul tient compte de l’hypothèse prudente selon laquelle une partie du travail serait effectué à l’ombre. FIGURE 1: IMPACTS DE LA CHALEUR SUR LA SANTÉ HUMAINE3,5,6,7,10,11,12 Purifier l’air La pollution atmosphérique a des répercussions importantes sur la santé: aggravation de problèmes respiratoires comme l’asthme et la maladie pulmonaire obstructive chronique et augmentation du risque de cancer du poumon, d’infections respiratoires, d’AVC et de coronaropathies. Ce fardeau n’est toutefois pas distribué également dans la population: enfants, aînés, personnes déjà malades, personnes qui travaillent à l’extérieur, populations racisées et personnes à faible revenu, plus susceptibles de vivre dans des quartiers voisins de routes passantes ou de sites industriels, sont parmi les groupes vulnérables20,21. En 2018, la pollution atmosphérique par les particules fines (PM2,5) a entraîné 8 400 décès prématurés au Canada, dont 7200 d’origine anthropique13. Le nombre total est plus de 4,5 fois supérieur à celui des victimes d’accidents de la route et constitue près du double des décès par maladies infectieuses22. Bien que préoccupants, ces nombres représentent une occasion de sauver plus de 8000 Canadiens et Canadiennes chaque année et d’améliorer la santé de bien d’autres. La transition rapide vers des énergies renouvelables à faibles émissions peut nous aider à y arriver. En effet, la plus grande partie des décès liés à la pollution atmosphérique d’origine anthropique (plus de 30 %) est due aux émissions domestiques (p. ex., combustibles pour chauffage)13, 23. Fait à noter, 17 % des décès liés à la pollution atmosphérique par les particules fines (PM2,5) sont attribuables au transport terrestre13, qui représentait aussi, en 2018, 25 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada (une hausse de 53 % depuis 1990)24. En utilisant moins de combustibles fossiles pour le transport et le chauffage résidentiel, notamment en intégrant des technologies écoénergétiques aux systèmes existants, il est donc possible de réduire la pollution atmosphérique et d’améliorer la santé. De 1990 à 2017, la consommation mondiale d’électricité pour le transport routier a augmenté de 40 % 13. Toutefois, au Canada, même si la consommation en électricité pour les transports routiers par personne est demeurée la plus élevée à l’échelle mondiale, elle n’a augmenté que de 6,5 % depuis 199013. En outre, l’électricité représente à peine 0,2 % de l’énergie utilisée pour les transports routiers au pays, tandis que les combustibles fossiles en représentent encore 95 %13. La porte reste donc grande ouverte à l’augmentation de l’utilisation des transports durables et, par le fait même, la réduction des coûts en santé et en économie. Le transport actif présente plusieurs avantages indirects pour la santé qui découlent notamment de l’activité physique, de la qualité de l’air et des liens sociaux. Des études ont montré une réduction d’environ 20 à 30 % des taux de mortalité prématurée chez ceux qui utilisent régulièrement le vélo ou un moyen de transport actif25. Les déplacements actifs et le transport en commun sont tous deux associés à une augmentation de l’activité physique et à une réduction du taux d’obésité par rapport à l’automobile. Combinés à des infrastructures qui donnent priorité à la sécurité et à l’accessibilité, ces modes de déplacement améliorent le bien-être des gens qui ont un accès restreint à un véhicule personnel26. La transition vers le transport durable limiterait les émissions et les décès évitables liés à l’automobile; une modélisation a montré qu’on pouvait associer un rapport avantages-coûts supérieur à 10 à l’intégration du déplacement actif en raison de ses retombées positives pour la santé et la réduction des émissions27. FIGURE 2: MORTALITÉ LIÉE À LA POLLUTION PM2.5 ATMOSPHÉRIQUE AU CANADA13,22 Aller de l’avant : une saine relance** La pandémie de COVID-19, la chute subséquente des prix mondiaux de l’énergie et le ralentissement général de l’économie mondiale ont remis en question notre capacité à prévenir les effets catastrophiques et mortels des changements climatiques. Bien que le taux d’émission ait stagné au début de 2020 en raison du confinement, la concentration totale de GES, elle, n’a cessé d’augmenter. Cette hausse détonne nettement avec la nécessité de diminuer de 7,6 % par année les émissions de GES pour prévenir un réchauffement mondial de plus de 1,5oC28. Une transition urgente vers une société écologiquement durable, juste et saine est un élément essentiel à la relance que le Canada et les autres pays ne doivent pas négliger. Une transition juste inclut les groupes les plus affectés par les crises actuelles, notamment les personnes à faible revenu, les travailleurs migrants, les aînés et les Autochtones, et leur accorde la priorité. Par ailleurs, la pandémie a exercé une immense pression sur le système de santé déjà engorgé du Canada. Selon des données provenant de plusieurs sources, avant la pandémie, le secteur de la santé canadien était déjà responsable de 5% des émissions annuelles de GES13,29,30. Le système de santé canadien est constamment pointé du doigt pour avoir la plus grande empreinte carbone par personne au monde. En Angleterre, le National Health Service s’est engagé à fournir des services de santé carboneutres d’ici 2040. De façon semblable, en mettant en oeuvre des services de santé générant peu de déchets, pauvres en carbone et écoénergétiques, les hôpitaux et les cliniques du Canada pourraient réaliser des gains financiers tout en améliorant la santé de la population. Les choix politiques et économiques du Canada à sa sortie de la pandémie seront déterminants pour l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris, soit de contribuer à contenir la hausse de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2oC. Le pays doit montrer l’exemple en augmentant de manière ambitieuse sa contribution déterminée au niveau national à l’Accord de Paris††. À terme, les gouvernements et tous les secteurs de la société devront faire des choix qui placent le bien-être – notamment environnemental et économique – de la population au coeur de la relance économique durable qui devra suivre la pandémie. Ces objectifs sont non seulement complémentaires: ils sont interdépendants. Le Canada doit absolument développer la résilience, l’équité et la solidarité entre les groupes, en donnant priorité aux Autochtones et aux communautés les plus vulnérables. Pendant la pandémie, il faut avant tout accorder la priorité à une relance juste: les politiques doivent être envisagées dans une optique d’équité. Les personnes dont la santé est davantage touchée par les répercussions des changements climatiques sont aussi celles qui ont peu de pouvoir et de représentation dans les hiérarchies économiques et sociales. Pour les communautés autochtones, la lutte aux changements climatiques est intimement liée au renouvellement des systèmes de savoirs traditionnels, de la réconciliation et de la décolonisation. Lorsque les chefs de file des secteurs public et privé travaillent avec les Autochtones et les communautés démesurément touchées pour faire en sorte que les groupes historiquement sous-représentés participent concrètement à l’élaboration de politiques et de plans de relance, tout le monde y gagne. La collaboration, les leçons tirées de la lutte contre la COVID-19 et la confiance grandissante dans le pouvoir de l’action collective pour prendre soin les uns des autres s’intègrent dans la réponse collective à l’urgence climatique. Voilà une occasion sans précédent d’apprendre et d’agir ensemble. **Il manque de données sur les répercussions sur l’équité en matière de santé et sur les groupes démesurément affectés, dont les peuples autochtones. En outre, la collecte de données scientifiques et les méthodes de signalement habituelles ne concordent pas avec les façons traditionnelles d’accumuler et de partager le savoir, ce qui complique l’utilisation des indicateurs actuels pour saisir les répercussions complexes des changements climatiques sur la santé des peuples autochtones. ††Selon Climate Action Tracker, en octobre 2020, la contribution déterminée au niveau national du Canada correspondent à une augmentation des températures mondiales de près de 3oC. Cette augmentation est incompatible avec l’objectif de 1,5 °C de l’Accord de Paris. Malgré les nombreuses promesses de dépasser les cibles de contributions de 2030 (30 % sous le niveau d’émissions de 2005) et d’atteindre zéro émission de carbone d’ici 2050, le gouvernement fédéral n’a pas encore adopté les politiques nécessaires pour respecter ses promesses et continue de soutenir financièrement l’industrie gazière et pétrolière. Source : https://climateactiontracker.org/countries/canada/. 1. Howard, C et al. Lancet Countdown 2019 Policy brief for Canada. Lancet Countdown, Canadian Medical Association, and Canadian Public Health Association. November 2019. Available: https:// www.lancetcountdown.org/resources/ 2. Bush, E. and Lemmen, D.S., editors (2019) Canada’s Changing Climate Report, Government of Canada, Ottawa, ON. 444 p. 3. Lin S, Luo M, Walker RJ, Liu X, Hwang S-A, Chinery R. Extreme High Temperatures and Hospital Admissions for Respiratory and Cardiovascular Diseases. Epidemiology 2009; 20(5): 738-46. 4. Konkel L. Hot Days in Early Pregnancy: A Potential Risk Factor for Congenital Heart Defects. Environ Health Perspect 2017; 125(1): A25. 5. Chersich MF, Pham MD, Areal A, et al. Associations between high temperatures in pregnancy and risk of preterm birth, low birth weight, and stillbirths: systematic review and meta-analysis. BMJ 2020; 371: m3811. 6. Mon climat, ma santé. Online: Vagues de chaleur, Institut national de santé publique du Québec. http://www.monclimatmasante. qc.ca/vagues-de-chaleur.aspx 7. Burke M, Hsiang SM, Miguel E. Climate and conflict. Ann Rev Econom. 2015; 7:577-817 8. Obradovich N, et al. (2019). Nighttime temperature and human sleep loss in a changing climate. Science Adv. 2017. 9. Burke M, et al. Higher temperatures increase suicide rates in the United States and Mexico. Nature Climate Change. 2018;8:723- 729. 10. Wang X, et al. Acute impacts of extreme temperature exposure on emergency room admission related to mental and behavior disorders in Toronto, Canada. J Affect Disord. 2014;155:154-161 11. Xu Z, Crooks JL, Davies JM, Khan AF, Hu W, Tong S. The association between ambient temperature and childhood asthma: a systematic review. Int J Biometeorol 2018; 62(3): 471-81 12. de Lorenzo A, Liaño F. High temperatures and nephrology: The climate change problem. Nefrologia. 2017;37:492–500 13. Watts N, et al. The 2020 report of The Lancet Countdown on health and climate change: responding to converging crises. Lancet 2020; XXX: XXXX–XX 14. Institut national de santé publique du Québec. Surveillance des impacts des vagues de chaleur extrême sur la santé au Québec à l’été 2018. INSPQ. Available online: https://www.inspq.qc.ca/ bise/surveillance-des-impacts-des-vagues-de-chaleur-extremesur- la-sante-au-quebec-l-ete-2018 15. Ford, JD (2012) Indigenous Health and Climate Change, Am J Public Health, 2012 July; 102(7): 1260-1266. 16. C40. How to adapt your city to extreme heat. C40 Implementation Guides, August 2019. Available online: https:// www.c40knowledgehub.org/s/article/How-to-adapt-your-cityto- extreme-heat?language=en_US 17. Williams, K et al (2013) Retrofitting England’s suburbs to adapt to climate change, Building Research & Information, 41:5, 517-531. 18. Castleton H.F. et al (2010) Green roofs; building energy savings and the potential for retrofit, Energy and Buildings, 42:10, 1582- 1591. 19. Ren, Z et al (2011) Climate change adaptation pathways for Australian residential buildings, Building and Environment, 46:11, 2398-2412. 20. World Health Organization. Online: Ambient air pollution: health impacts. https://www.who.int/airpollution/ambient/healthimpacts/ en/ 21. Abelsohn, A and D.M. Stieb. 2011. Health effects of outdoor air pollution. Can Fam Physician 2011 Aug; 57(8): 881–887. 22. Statistics Canada. Table 13-10-0156-01 Deaths, by cause, Chapter XX: External causes of morbidity and mortality (V01 to Y89). 23. National Resources Canada. 2015 Survey of Household Energy Use (SHEU-2015) Data Tables. Available online: https://oee. nrcan.gc.ca/corporate/statistics/neud/dpa/menus/sheu/2015/ tables.cfm 24. Environment and Climate Change Canada (2020) National Inventory Report 1990-2018: Greenhouse Gas Sources and Sinks in Canada. 25. Giles-Corti et al (2010) The co-benefits for health of investing in active transport, N S W Public Health Bull, 21:5-6, 122-1277. 26. World Health Organization (2012) Health in the green economy : health co-benefits of climate change mitigation - transport sector, WHO, 144p., 27. Chapman et al (2018) A Cost Benefit Analysis of an Active Travel Intervention with Health and Carbon Emission Reduction Benefits, Int J Environ Res Public Health, 15(5): 962. 28. World Meteorological Organization (2020) Online: United in Science 2020: Greenhouse Gas Concentrations in the Atmosphere - Global Atmosphere Watch (GAW). Available: https://public.wmo.int/en/resources/united_in_science 29. Pichler P-P, Jaccard IS, Weisz U, Weisz H. International comparison of health care carbon footprints. Environmental Research Letters 2019; 14(6): 064004. 30. Eckelman MJ, Sherman JD, MacNeill AJ. Life cycle environmental emissions and health damages from the Canadian healthcare system: An economic-environmental-epidemiological analysis. PLoS Med 2018;15(7):e1002623. References Organisations and acknowledgements Le concept de ce compte rendu a été élaboré par l’équipe du Lancet Countdown sur la santé et les changements climatiques. Le présent compte rendu a été rédigé par la Dre Claudel P-Desrosiers, la Dre Finola Hackett, Deborah McGregor, Ph. D. et Krista Banasiak, Ph. D. Céline Campagna, Ph. D, et le Dr Robert Woollard, CCMF, FCMF, LM, ont fourni des conseils. La révision au nom de l’Association médicale canadienne a été effectuée par Owen Adams, Ph. D., le Dr Jeff Blackmer, M. Sc. S., FRCPC, CCPE, et Ashley Chisholm, M. Sc. Jessica Beagley et Marina Romanello, Ph. D., ont participé à la rédaction et à la révision du document au nom de l’équipe du Lancet Countdown. LE LANCET COUNTDOWN Le Lancet Countdown sur la santé et les changements climatiques est une collaboration internationale et multidisciplinaire qui vise à analyser les liens entre la santé publique et les changements climatiques. Il réunit 38 établissements universitaires et agences des Nations Unies de tous les continents, s’appuyant sur l’expertise de climatologues, d’ingénieurs, d’économistes, de spécialistes des sciences politiques, de médecins et d’autres professionnels de la santé. Chaque année, le Lancet Countdown publie une évaluation de l’état des changements climatiques et de la santé humaine, dans le but de fournir aux responsables des politiques une orientation stratégique d’une grande pertinence fondée sur des données probantes. Pour lire le rapport complet de 2020, consultez le site www.lancetcountdown.org/2020-report. L’ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE Créée à Québec en 1867, l’Association médicale canadienne (AMC) a entraîné certains des changements les plus importants dans les politiques de santé au Canada. Pour les années à venir, l’AMC concentre ses efforts sur la promotion de la santé de la population et du dynamisme de la profession médicale

Documents

Moins de détails

Proposition de Convention des Nations Unies sur les droits de la personne chez les aînés

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique13925

Dernière révision
2020-02-29
Date
2018-07-25
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Dernière révision
2020-02-29
Date
2018-07-25
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Madame la Ministre, Nous sommes un consortium national d’experts qui défendent les besoins et les droits des aînés et y répondent. Nous nous réjouissons de la nomination récente de la nouvelle ministre des Aînés et nous félicitons l’honorable Filomena Tassi. L’engagement qu’a pris notre gouvernement d’appuyer la santé et le bien-être économique de toute la population canadienne nous encourage et votre promesse d’écouter les commentaires des Canadiens et d’en tirer de l’information nous réchauffe le cœur. C’est dans cet esprit que nous vous écrivons aujourd’hui au sujet de la nécessité pour le Canada d’appuyer l’objectif qui consiste à élaborer et ratifier une Convention des Nations Unies sur les droits de la personne chez les aînés et de faire preuve de leadership dans ce grand dossier. Dans le contexte de la massive évolution démographique mondiale et du vieillissement de la population, une mûre réflexion des dirigeants de nos organismes les a menés à appuyer généralement et fermement la création et l’application d’une Convention des Nations Unies visant à reconnaître et protéger spécifiquement les droits de la personne chez nos aînés. Une Convention des Nations Unies sur les droits de la personne chez les aînés :
enchâssera leurs droits sur le même pied que ceux de tout autre groupe démographique et leur accordera les mêmes droits légaux qu’à tout autre être humain;
précisera catégoriquement que la discrimination contre les aînés est inacceptable partout dans le monde;
clarifiera le rôle de l’État dans la protection des aînés;
donnera à ces derniers une visibilité et une reconnaissance plus grandes tant aux échelons national qu’international, ce qui est vital étant donné la vitesse à laquelle la société canadienne et les autres sociétés vieillissent;
préconisera le droit des femmes âgées chez elles et comme facteur de premier plan dans la politique étrangère du Canada;
aura un effet réel positif sur la vie des citoyens âgés qui vivent dans la pauvreté, où les femmes âgées sont extrêmement nombreuses, en luttant contre l’âgisme qui contribue à la pauvreté, au mauvais état de santé, à l’isolement social et à l’exclusion;
appuiera l’objectif qui consiste à améliorer la vie des peuples autochtones, des membres de la communauté LGBTQ et des minorités visibles et religieuses;
permettra au Canada de jouer un rôle de premier plan aux Nations Unies tout en énonçant plusieurs des objectifs énoncés par le gouvernement du Canada en matière de politique étrangère. Nous avons calculé que le coût et l’effet de l’absence d’une telle convention auraient des répercussions négatives importantes tant sur la santé physique que mentale des aînés du Canada. Cette conséquence profonde et tragique aurait un effet d’entraînement dans tous les domaines de leur vie, y compris les déterminants sociaux de la santé, l’incidence et la prévalence des maladies chroniques, le fonctionnement social et psychologique, sans oublier les coûts financiers massifs pour la société. Ce besoin est reconnu à l’échelon international et, de concert avec d’autres ONG et organisations canadiennes, ILC – Canada intervient activement aux Nations Unies pour aider à mieux faire comprendre comment une Convention des Nations Unies sur les droits de la personne chez les aînés contribuerait à tous les pays. Notre gouvernement a déjà mis en œuvre des changements conformes à une Convention des Nations Unies et harmonisés à celle-ci, notamment en améliorant le revenu des aînés vulnérables du Canada, en injectant de l’argent dans les soins de longue durée et en appuyant les programmes communautaires de lutte contre la démence. Ces initiatives s’inscrivent toutes dans le contexte de l’appui d’une Convention sur les droits de la personne chez les aînés. Elles reflètent aussi l’engagement qu’a pris le Canada de resserrer les liens avec les Nations Unies et permet au Canada de faire preuve de leadership dans un grand dossier international vital. Il s’agit d’une occasion de défendre les valeurs d’un gouvernement inclusif, le respect de la diversité et les droits de la personne, y compris ceux des femmes. Des éléments de preuve scientifiques démontrent que les traités relatifs aux droits de la personne aident à instaurer des changements positifs dans la vie des groupes vulnérables. Dans beaucoup de pays, les lois en vigueur sur les droits de la personne ne protègent pas adéquatement les aînés, car les mentions claires de l’âge sont excessivement rares. Même dans des pays comme le Canada où des cadres juridiques protègent les aînés, une Convention assurerait une protection supplémentaire, particulièrement si elle prévoit un mécanisme intégré de traitement des plaintes. Il faut considérer les adultes âgés comme une ressource humaine croissante, mais sous-utilisée. Si l’on renforce leur rôle actif dans la société, y compris la population active, ils peuvent contribuer à l’économie et au bien-être général de l’humanité par leur capacité, leurs connaissances et leur sagesse énormes. Nous vous demandons de rencontrer nos représentants pour discuter du rôle vital d’une Convention des Nations Unies sur les droits de la personne chez les aînés et du rôle que votre gouvernement pourrait jouer en améliorant la vie des aînés au Canada et dans le monde entier. Le vieillissement au Canada est une raison de célébrer. Nous vieillissons tous, que nous ayons 20 ou 85 ans. Il s’agit là d’une « nouvelle occasion en or » de présenter le Canada comme pays qui cherchera inlassablement à « faire ce qu’il faut » pour l’humanité en appuyant une Convention des Nations Unies qui nous garantira un avenir brillant. Nous vous prions d’accepter nos salutations et nous vous remercions de l’attention que vous porterez à cette demande. Nous attendons votre réponse. Cordialement, Margaret Gillis, présidente, Centre international de la longévité – Canada Dr Kiran Rabheru, président du conseil d’administration, Centre international de la longévité – Canada Linda Garcia, directrice, Institut de recherche LIFE de l’uOttawa c. c. : Le très honorable Justin Trudeau Premier ministre du Canada L’honorable Filomena Tassi Ministre des Aînés L’honorable Jean Yves Duclos Ministre des Familles, des Enfants et du Développement social M. l’ambassadeur Marc-Andre Blanchard Représentant permanent du Canada aux Nations Unies L’honorable Ginette Petitpas Taylor Ministre de la Santé Margaret Gillis Présidente Centre international de la longévité – Canada Dr Kiran Rabheru Président du conseil d’administration Centre international de la longévité – Canada Linda Garcia, Ph.D. Directrice Institut de recherche LIFE Dr Laurent Marcoux Président Association médicale canadienne Andrew Padmos, BA, M.D., FRCPC, FACP Chef de la direction Dani Prud’Homme Directeur général FADOQ Peter Lukasiewicz Chef de la direction Gowling WLG Dr Dallas Seitz, M.D., FRCPC Président, ACGP Dr Frank Molnar Président Société canadienne de gériatrie Dr David Conn Coprésident Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées Claire Checkland Directrice – Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées Joanne Charlebois Chef de la direction, Orthophonie et audiologie Canada Claire Betker Présidente, Association des infirmières et infirmiers du Canada Janice Christianson-Wood, MSW, RSW Présidente Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux François Couillard Chef de la direction Ondina Love, CAE Directrice générale, Association canadienne des hygiénistes dentaires Jean-Guy Soulière Président Association nationale des retraités fédéraux Sarah Bercier Directrice générale Laura Tamblyn Watts Initiative nationale pour le soin des personnes âgées Dre Keri-Leigh Cassidy Fondatrice Fountain of Health Dre Beverley Cassidy Gérontopsychiatrie Santé mentale des aînés Département de psychiatrie, Université Dalhousie Janet Siddall et Jenny Neal Coprésidentes Équipe de direction Mouvement de soutien des grands-mères (GRAN) Kelly Stone Présidente et chef de la direction Families Canada Dre Becky Temple, M.D., CCMF, CCPE Présidente, SCLM Directrice médicale, Nord-Est, Santé du Nord Responsable médicale, Examen du répertoire des privilèges (BCMQI) J. John Van Aerde, M.D., M.A., Ph.D., FRCPC Professeur clinique de pédiatrie – Universités de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, Canada Professeur agrégé – Études en leadership – Université Royal Roads, Victoria (C. B.), Canada Président sortant, Société canadienne des leaders médicaux Rédacteur en chef/ Canadian Journal of Physician Leadership Dr Rollie Nichol, M.D., MBA, CCMF, CCPE Vice-président, SCLM Médecin-hygiéniste en chef adjoint, Services de santé Alberta Dr Shannon Fraser, M.Sc., FRCSC, FACS Secrétaire-trésorière, SCLM Chef, Chirurgie générale Hôpital général juif de Montréal Linda Gobessi, M.D., FRCPC Directrice médicale, Services communautaires de gérontopsychiatrie d’Ottawa Vickie Demers Directrice générale Services communautaires de gérontopsychiatrie d’Ottawa Ging-Yuek Robin Hsiung, MD MHSc FRCPC FACP FAAN Professeur agrégé, Société Alzheimer Ralph Fisher; Directeur de la recherche clinique, Directeur des bourses de recherche en neurologie comportementale, Clinique hospitalière de l’UCB pour le traitement de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés; Division de la neurologie, Département de médecine, Université de la Colombie-Britannique Adriana Shnall Travailleuse sociale principale Services de santé Baycrest Harinder Sandhu, D.D.S., Ph.D. Professeur et directeur sortant, Art dentaire Schulich; et vice-doyen, Faculté de médecine et d’art dentaire Schulich, Université Western Dr Christopher Frank Président de l’Initiative d’éducation et de recrutement en gériatrie Jennie Wells, M.D. Professeure agrégée, Université Western Ontario, Département de médecine; Directrice et chef de la Division de la médecine gériatrique, Institut Parkwood Laura Diachun, M.D. Directrice de programme, Formation de premier cycle en gériatrie, Université Western Ontario; Département de médecine, Division de la médecine gériatrique, Institut Parkwood Sheri-Lynn Kane, M.D. Directrice de programme, Médecine interne Département de médecine, Bureau de l’éducation Hôpital Victoria Niamh O’Regan, MB Ch.B., Professeure adjointe, Université Western Ontario, Institut Parkwood Michael Borrie, MB Ch.B., FRCPC Professeur, Université Western Ontario Département de médecine, Division de la médecine gériatrique, Institut Parkwood Jenny Thain, MRCP (Gériatrie) Professeure adjointe, Université Western Ontario; Département de médecine, Division de la médecine gériatrique, Hôpital Victoria Peter R. Butt, M.D., CCMF, FCMF Professeur agrégé, Département de médecine familiale, Collège de médecine Université de la Saskatchewan Mamta Gautam, M.D., MBA, FRCPC, CCPE Département de psychiatrie, Université d’Ottawa; Psychiatre, Programme d’oncologie psychosociale, Hôpital d’Ottawa; Présidente et chef de la direction, PEAK MD inc. Dr Shabbir Amanullah Président, ICPA Arun V. Ravindran, MBBS, M.Sc., Ph.D., FRCPC, FRCPsych Professeur et directeur, Santé mentale mondiale et Bureau de formation postdoctorale; Département de psychiatrie, Faculté des études supérieures; Département de psychologie et Institut des sciences médicales, Université de Toronto Sarah Thompson, M.D., FRCPC Gérontopsychiatre Équipe de santé mentale des aînés, Programme de toxicomanie et de santé mentale Louise Plouffe, Ph.D. Directrice de la recherche, ILC – Canada (à la retraite) Kimberley Wilson, Ph.D., MSW Professeure adjointe, Développement et vieillissement des adultes, Département des relations familiales et de la nutrition appliquée, Université de Guelph Andrew R. Frank, M.D., B.Sc.H., FRCPC Neurologue, Sciences cognitivocomportementales, Directeur médical, Programme de la mémoire Bruyère, Soins continus Bruyère Ottawa, Canada Diane Hawthorne Médecin de famille B.Sc., M.D., CCMF, FCMF Dr Ken Le Clair Professeur émérite, Université Queen’s; Médecin stratège principal, Consultant auprès du gouvernement de l’Ontario; Initiative de soutien comportemental des aînés, Université Queen’s

Documents

Moins de détails

Document de principes sur la mise en échec chez les jeunes hockeyeurs

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique10758

Dernière révision
2020-02-29
Date
2013-05-25
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Dernière révision
2020-02-29
Date
2013-05-25
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Le hockey est l'un des sports les plus populaires auprès des enfants et adolescents canadiens. Les avantages de l'activité physique et de la participation à des activités sportives pour la santé sont bien établis, mais on s'inquiète de plus en plus de la fréquence et de la gravité des blessures liées au hockey, notamment les commotions. Les études déterminent constamment que la mise en échec est le principal mécanisme associé aux blessures, y compris les commotions, chez les jeunes hockeyeurs. Les politiques pour retarder la mise en échec jusqu'aux ligues bantams (lorsque les participants ont de 13 à 14 ans) réduiront les risques de blessures et de commotions chez les jeunes hockeyeurs. Il faudrait éliminer la mise en échec au hockey non élite et réévaluer l'âge auquel l'autoriser au hockey compétitif. Ces deux initiatives exigent des changements de politiques dans bien des provinces et des territoires et doivent être réévaluées de manière prospective à la lumière des recherches émergentes. Plus de 4,5 millions de Canadiens font du hockey sur glace, à titre d'entraîneurs, d'officiels, d'administrateurs ou de bénévoles, et le hockey est le sport d'hiver le plus populaire chez les enfants et adolescents canadiens.[1] Hockey Canada a déclaré plus de 550 000 joueurs inscrits de moins de 19 ans en 2008, et le taux de participation augmente, surtout chez les filles et les jeunes femmes.[1] Les avantages de l'activité physique et de la participation à des activités sportives pour la santé sont bien établis, mais on s'inquiète de plus en plus de la fréquence et de la gravité des blessures liées au hockey chez les adolescents, notamment les commotions. L'American Academy of Pediatrics (AAP) classe le hockey parmi les sports de contact en raison des contacts corporels non intentionnels et intentionnels qu'il comporte, y compris la mise en échec.[2] En 2000, l'AAP a publié un document de principes sur le hockey chez les adolescents et a recommandé d'interdire la mise en échec chez les enfants de moins de 15 ans.[3] Un débat passionné fait rage sur les facteurs de risque de blessures chez les jeunes hockeyeurs et sur les mérites relatifs de l'introduction rapide ou tardive de la mise en échec. Puisque la mise en échec n'est pas autorisée au hockey féminin (filles ou femmes) au Canada, le présent document de principes porte sur les ligues de hockey masculines (garçons et hommes). Il contient une analyse des publications scientifiques sur les blessures causées par des mises en échec, souligne les positions dans le débat actuel et présente des recommandations sur le moment d'intégrer la mise en échec dans le jeu. LA DÉFINITION DE CONTACT CORPOREL ET DE MISE EN ÉCHEC Le contact corporel est une tactique défensive individuelle visant à bloquer ou à entraver de manière réglementaire le progrès d'un porteur de rondelle offensif. Le joueur défensif se déplace pour restreindre les mouvements du porteur de rondelle partout sur la glace, à l'aide du patinage, de l'angle d'approche ou du positionnement. Le joueur défensif ne peut pas frapper le joueur offensif en se déplaçant en position inverse ou en se projetant vers lui pour initier un contact. Il ne doit pas y avoir de geste pour bousculer le porteur de rondelle, le frapper ou le pousser sur la bande. Par contre, la mise en échec est une tactique défensive individuelle visant à séparer de manière réglementaire la rondelle du porteur. Le joueur défensif projette son corps vers le porteur de rondelle tout en se déplaçant dans une direction opposée ou parallèle, dans un mouvement énergique et délibéré qui n'est pas seulement déterminé par le mouvement du porteur de rondelle.[1] La mise en échec est enseignée dans le cadre d'un programme de développement en quatre étapes exposé par Hockey Canada, comportant la progression des habiletés qui passe du positionnement à l'angle d'approche, à la mise en échec avec bâton, puis au contact corporel et à la mise en échec.[4] L'enseignement de la mise en échec comprend des techniques pour recevoir des mises en échec, respecter les règlements et adopter un jeu sécuritaire. LES RÈGLES SUR LA MISE EN ÉCHEC Hockey Canada regroupe les enfants et les adolescents par tranches d'âge dans six catégories de jeu : initiation (5 à 6 ans), novice (7 à 8 ans), atome (9 à 10 ans), pee-wee (11 à 12 ans), bantam (13 à 14 ans) et midget (15 à 17 ans). Du début des années 1980 jusqu'à la saison 2002-2003, la mise en échec était introduite à 12 ans chez les joueurs de hockey canadiens de sexe masculin. En 2003, quatre des 13 divisions provinciales et territoriales ont autorisé la mise en échec chez les joueurs dès l'âge de neuf ans. En 2009, Hockey Canada a décrété l'introduction de la mise en échec à partir de la ligue pee-wee (de 11 à 12 ans). Le Québec l'a retardée à la catégorie bantam (14 ans de 1978 à 2002, puis 13 ans après un changement d'âge décrété sur la scène nationale). LE DÉBAT Malgré l'absence de données probantes à cet effet, les promoteurs de la mise en échec prétendent qu'il s'agit d'une compétence fondamentale qui, lorsqu'elle est apprise tôt, peut prévenir de futures blessures. Cependant, les données probantes démontrent que la mise en échec est le principal mécanisme de blessure. L'Académie canadienne de médecine du sport et de l'exercice recommande d'introduire la mise en échec seulement dans le cadre du hockey masculin compétitif, et pas avant la catégorie bantam (13 à 14 ans) ou midget (15 à 17 ans).[5] L'AAP recommande d'interdire la mise en échec chez les joueurs masculins de moins de 15 ans.[3] Dans le présent document de principes, la SCP prend position pour la première fois sur le sujet. LA MISE EN ÉCHEC ET LES BLESSURES Le hockey est un sport à haut risque reconnu. La vitesse du jeu, le contact corporel et la mise en échec sont tous des éléments qui contribuent au risque de blessures.[6][7] Le taux de blessures est également élevé, des données canadiennes indiquant que les blessures attribuables au hockey représentent de 8 % à 11 % de toutes les blessures liées au sport dont sont victimes les adolescents.[8]-[10] Malheureusement, de graves blessures comme les commotions, d'autres traumatismes crâniens et les traumatismes médullaires ne sont pas rares au hockey.[6][11] L'incidence de traumatismes crâniens semble être en hausse.[12][13] Les fatalités liées au hockey sont deux fois celles déclarées au football américain, et les taux de traumatismes médullaires et de traumatismes crâniens catastrophiques, près de quatre fois plus élevés chez les joueurs de hockey du secondaire que chez les joueurs de football collégiaux.[14][15] La mise en échec est le mécanisme de blessure qui prédomine chez les jeunes hockeyeurs à tous les niveaux de compétition où elle est permise, représentant de 45 % à 86 % des blessures.[8][16]-[18] Plusieurs études publiées, y compris deux analyses systématiques récentes, ont rendu compte des facteurs de risque de blessures (y compris la mise en échec) au hockey junior.[19][20] Emery et ses collègues ont procédé à une analyse systématique de 24 études et d'une méta-analyse n'incluant que des études qui portaient sur les politiques autorisant la mise en échec comme facteur de risque de blessures. Ils ont déterminé que les politiques autorisant la mise en échec étaient un facteur de risque de tous les types de blessures au hockey, le ratio du taux d'incidence (RTI) sommaire s'élevant à 2,45 (95 % IC 1,7 à 3,6). De plus, ils ont établi que les politiques autorisant la mise en échec étaient un facteur de risque de commotion, le rapport de risque rapproché sommaire s'élevant à 1,71 (95 % IC 1,2 à 2,44). Ces données confirment que la mise en échec accroît le risque de tous les types de blessures, et tout particulièrement le risque de commotion.[20] Neuf études sur dix s'attardant sur les politiques autorisant la mise en échec contenaient des données probantes étayant un risque plus élevé dans les ligues où elle est utilisée.[20] La deuxième analyse systématique a établi que le rapport rapproché (RR) de blessures associées aux politiques autorisant la mise en échec variait entre 0,6 et 39,8. Toutes ces études, sauf une, ont constaté un risque accru de blessures associées à la mise en échec.[19] Cinq nouvelles études ont été menées depuis la publication de ces analyses systématiques. Une étude canadienne de cohorte prospective a comparé le taux de blessures entre les joueurs de hockey pee-wees d'une ligue où la mise en échec est autorisée à 11 ans (Alberta) et les joueurs d'une ligue où elle n'est pas autorisée avant 13 ans (Québec).[21] Pendant la saison 2007-2008, un système validé de surveillance des blessures a permis de recenser toutes les blessures ayant nécessité des soins médicaux ou entraîné du temps de hockey perdu (c'est-à-dire le temps entre la blessure et le retour au jeu) chez 2 154 joueurs. On remarquait un risque trois fois plus élevé de tous les types de blessures liées au jeu (RTI=3,26 [95 % IC; 2,31 à 4,60]) et de blessures entraînant plus de sept jours de temps de sport perdu (RTI=3,30 [95 % IC; 1,77 à 6,17]) chez les joueurs pee-wees de 11 à 12 ans de l'Alberta par rapport à ceux du Québec. On constatait également un risque presque quatre fois plus élevé de commotions liées au jeu (RTI=3,88 [95 % IC; 1,91 à 7,89]) chez les joueurs pee-wees de l'Alberta.[21] D'autres données probantes ont été colligées dans une étude de cohorte sur cinq ans (2002 à 2007) incluant tous les groupes d'âge, qui démontrait un risque de blessure 3,75 fois plus élevé (RTI=3,75 [95 % IC; 1,51 à 9,74]) dans les ligues qui autorisent la mise en échec que dans celles qui ne l'autorisent pas.[22] Dans une deuxième étude de cohorte prospective, Emery et coll. ont tenté d'établir si l'introduction de la mise en échec à 11 ans (Alberta) ou à 13 ans (Québec) influait sur le taux de blessures plus tard (à 13 à 14 ans).[23] Pendant la saison 2008-2009, ils ont utilisé le système de surveillance des blessures cité plus haut pour étudier 1 971 joueurs bantams (de 13 à 14 ans). Ils n'ont constaté aucune réduction du risque de blessures liées au jeu (toutes blessures confondues) dans ce groupe d'âge (RTI=0,85 [95 % IC 0,63 à 1,16]), du risque de commotion en particulier (RTI=0,84 [95 % IC 0,48 à 1,48]) ou des commotions entraînant plus de dix jours de temps de sport perdu (RTI=0,6 [95 % IC 0,26 à 1,41]) dans la ligue de l'Alberta par rapport à celle du Québec. En fait, le taux de commotions observé chez les joueurs pee-wees de l'Alberta était plus élevé que chez les joueurs bantams de l'une ou l'autre des deux provinces.[22][23] Les blessures chez les joueurs bantams entraînant plus de sept jours de temps de sport perdu étaient 33 % moins élevées (RTI=0,67 [95 % IC 0,46 à 0,99]) dans la ligue de l'Alberta, où les joueurs avaient deux ans d'expérience des mises en échec. Cependant, il faut interpréter ces résultats compte tenu du risque de blessures et de commotions de trois à quatre fois plus élevé chez les joueurs pee-wees de l'Alberta, ainsi que du possible " effet du survivant " plus élevé chez les joueurs pee-wees qui passent à la catégorie bantam au Québec par rapport à l'Alberta, où la mise en échec est autorisée dans les ligues pee-wees. De récentes études rétrospectives ont porté sur l'influence des changements de politiques fondés sur les données de surveillance du Système canadien hospitalier d'information et de recherche en prévention des traumatismes (SCHIRPT). On y trouve le taux de blessures chez les garçons qui ont consulté aux départements d'urgence de la région de Kingston, en Ontario, tant avant qu'après le changement de règlement en vue d'autoriser la mise en échec chez les jeunes joueurs. On n'a constaté aucune modification entre le taux de blessures causées par des mises en échec entre 1997 et 2002 (alors que la mise en échec était introduite à 11 ans) et entre 2003 et 2007 (alors que la mise en échec était introduite à neuf ans).[24] En fait, le taux global de blessures a fléchi pendant la deuxième période.[24] Cependant, cette étude rétrospective est peut-être biaisée par une mise en vigueur plus rigoureuse des règles, une meilleure certification des entraîneurs et des baisses temporelles de recours au département d'urgence pour ce type de blessures pendant cette période. Par contre, une recherche rétrospective des données du SCHIRPT provenant de cinq hôpitaux de l'Ontario entre 1994 et 2004 a porté sur le risque de blessures après un changement de règlement adopté en 1998, qui autorisait la mise en échec chez les joueurs de hockey de 9 à 10 ans. Elle faisait état d'un risque de blessures 2,2 fois plus élevé chez les joueurs atomes (9 à 10 ans) après le changement de règlement (RRR=2,2 [95 % IC 1,7 à 2,84]). [25] Une autre étude rétrospective faisant appel aux données du SCHIRPT (de 1995 à 2002) comparaît les blessures subies au hockey par des enfants de dix à 13 ans qui jouaient en Ontario, où la mise en échec était autorisée, à des données du Québec, où elle ne l'était pas. Le risque de blessures liées aux mises en échec était 2,6 fois plus élevé dans ce groupe d'âge lorsque la mise en échec était autorisée (RRR=2,65 [95 % IC 2,21 à 3,18]).[26] D'AUTRES FACTEURS DE RISQUE Après les politiques qui autorisent la mise en échec, les facteurs de risque de blessures les plus étudiés dans les publications scientifiques sont l'âge, le type de séance (pratique ou partie), le niveau du joueur, sa position, sa taille physique et ses antécédents de blessures ou de commotions. La plupart des études qui portaient sur l'âge ont établi une augmentation du risque de blessures avec l'âge. [8][20][27][29] D'autres laissaient croire que le risque de blessures n'augmentait pas dans les groupes plus âgés.[30]-[33] Des chercheurs ont examiné l'âge relatif pour décrire les avantages (ou désavantages) potentiels qui résultent des différences d'âge entre les camarades d'une même catégorie d'âge.[31] Une étude portant sur l'âge relatif entre joueurs de hockey n'a permis d'établir aucunes données probantes selon lesquelles les joueurs plus jeunes (ou plus vieux) d'un groupe d'âge donné couraient un risque plus élevé de blessures.[31] D'autres recherches étayent cette observation dans la catégorie pee-wee, où on n'a remarqué aucune augmentation du risque chez les joueurs qui exerçaient leur sport pour la première année. Cependant, dans les ligues bantams, le risque de blessures était 40 % plus élevé chez les joueurs qui jouaient pour la première année que chez ceux qui en étaient à leur deuxième année.[21][23]. Si on se fie au type de séance, le risque de blessure est considérablement plus élevé pendant les parties que les pratiques, les évaluations du rapport de risque oscillant entre 2,45 et 6,32.[16][18][27][34] Une étude a également indiqué que le taux de blessures était plus élevé pendant le jeu en saison régulière que pendant les parties présaison ou postsaison ou pendant les tournois.[30] En général, les études traitant du niveau de jeu ont établi que le risque de blessure augmente avec l'augmentation des habiletés dans tous les groupes d'âge.[31][35][36] Cependant, une étude a indiqué que seuls les joueurs pee-wees de la division la plus forte couraient un plus grand risque de blessures, aucune augmentation significative ne s'observant selon les habiletés dans les autres groupes d'âge.[8] De plus vastes études de cohorte ont confirmé un risque toujours plus élevé de blessures chez les joueurs pee-wees les plus compétents, mais n'ont pas confirmé cette tendance dans le groupe bantam.[21][23] Lorsqu'ils se sont penchés sur la position des joueurs, certains chercheurs ont établi que les joueurs avant étaient plus vulnérables aux blessures que les défenseurs ou les gardiens de but [30][32], tandis que d'autres déclaraient le risque relatif de blessures 2,18 fois plus élevé chez les défenseurs que chez les joueurs avant.[27] Dans les trois études, les gardiens de but couraient un risque beaucoup plus faible que les autres joueurs. D'autres recherches démontrent un effet protecteur constant chez les gardiens de but des catégories pee-wees et bantams.[21][23] Les recherches sur la taille des joueurs ont donné des résultats conflictuels, certaines études citant un risque plus élevé chez les plus petits joueurs de certains groupes d'âge. Des données canadiennes prospectives révèlent un risque de blessures considérablement plus élevé chez les joueurs pee-wees du 25e percentile le plus faible selon le poids,[21] mais cette observation ne se reflétait pas dans la cohorte bantam.[23] Cependant, d'autres recherches ont déterminé que les joueurs bantams les plus légers couraient un risque plus élevé, tandis que d'autres études relèvent une différence de poids significative, dans toutes les catégories, entre les joueurs qui ont subi une blessure liée à une mise en échec et les autres.[16][30] D'autres recherches s'attardant sur le poids comme facteur de risque de blessures à l'épaule ont établi que les joueurs plus lourds étaient plus vulnérables à ce type de blessure.[37] Une étude s'est intéressée à la taille comme facteur de risque possible de blessures et n'a trouvé aucune données probantes sur l'effet de ce facteur chez les joueurs bantams.[16] Par contre, des antécédents de blessures ou de commotions constituent toujours un facteur de risque important de nouvelle blessure ou de nouvelle commotion, respectivement.[20] Dans une récente étude canadienne de cohorte sur les joueurs pee-wees, le risque de blessures doublait chez les joueurs qui avaient déclaré s'être blessés depuis un an (RTI=2,07 [95 % IC 1,49 à 2,86]), tandis que le risque de commotion triplait chez les joueurs qui avaient déclaré une commotion antérieure (2,76 [95 % IC 1,1 à 6,91]).[21] La cohorte de joueurs bantams affichait également un plus grand risque de nouvelle blessure ou commotion chez les joueurs ayant déclaré s'être blessés (RTI=1,39 [95 % IC 1,13 à 1,71]) ou avoir subi une commotion (RTI=1,87 [95 % IC 1,19 à 2,94]) pendant l'année précédente, respectivement.[21] LA PRÉVENTION DES BLESSURES ET LA RÉDUCTION DU RISQUE Des programmes de prévention des blessures et de réduction du risque sont mis en œuvre mais n'ont pas fait l'objet d'évaluations rigoureuses. Le programme STOP (Safety Towards Other Players, www.safetytowardsotherplayers.com) est appuyé par l'Ontario Minor Hockey Association (www.omha.net) et comporte un volet éducatif ainsi que le badge STOP, qui est cousu au dos de l'uniforme des joueurs pour rappeler aux adversaires de ne pas frapper par derrière. Une étude qui évaluait un autre programme de prévention des blessures, Fair Play, qui accorde des points à l'esprit sportif (selon les minutes de punition) laissait croire à une diminution approximative du risque de blessure d'environ 60 % (RRR=0,41 [95 % IC 0,11 à 1,47]) aux endroits où le programme est en vigueur, mais les résultats n'étaient pas significatifs sur le plan statistique.[38] L'ÉDUCATION Les joueurs, les parents, les entraîneurs et les officiels doivent connaître les risques potentiels du hockey. Hockey Canada dispose de programmes de développement, d'entraînement, d'éducation et de promotion de la sécurité à l'intention des joueurs, ainsi que des ressources destinées aux entraîneurs, aux officiels, aux joueurs et aux parents, à l'adresse www.hockeycanada.ca. Il est essentiel d'être sensibilisé aux commotions. Les athlètes et tous ceux qui s'occupent d'eux doivent en connaître les risques, signes et symptômes et savoir comment prendre en charge les commotions. Le document de principes de la SCP sur l'évaluation et la prise en charge des enfants et des adolescents victimes d'une commotion liée à un sport représente une lecture essentielle [39], et il est possible d'obtenir des renseignements supplémentaires auprès de l'Académie canadienne de médecine du sport et de l'exercice (www.casm-acms.org), de Sauve-qui-pense Canada (www.thinkfirst.ca) et des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis (www.cdc.gov/ncipc/tbi/Coaches_Tool_Kit.htm). CONCLUSION Les études établissent constamment que la mise en échec est le mécanisme principal des blessures liées au hockey, y compris les commotions. On s'attend que le report de l'introduction de la mise en échec à la catégorie bantam et sa restriction aux ligues élites dans les groupes plus âgés réduiront considérablement les risques de blessures et de commotions. Le report de la mise en échec à la catégorie bantam se révélera un véritable bienfait pour la réduction des risques de blessures et de commotions chez les jeunes joueurs de hockey. Il faudrait éliminer la mise en échec du hockey récréatif chez les jeunes et revoir l'âge auquel elle est introduite dans les ligues de hockey compétitives. Ces deux initiatives exigent des changements de politiques dans bien des provinces et territoires du Canada, et il faudra évaluer les changements de politiques régulièrement, à la lumière des recherches émergentes. RECOMMANDATIONS La Société canadienne de pédiatrie recommande ce qui suit : (La qualité des preuves et les catégories de recommandation se fondent sur le Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs.) * Éliminer la mise en échec dans toutes les catégories de hockey masculin récréatif et compétitif non élite organisé (preuve de catégorie II-2A). * Reporter l'introduction de la mise en échec dans les ligues compétitives élites masculines jusqu'à ce que les joueurs aient 13 à 14 ans (catégorie bantam) ou plus (preuve de catégorie III-C). * Mettre en œuvre le programme d'acquisition des habiletés de mise en échec en quatre étapes de Hockey Canada (positionnement du corps, angle d'approche, mise en échec du bâton et contact corporel) dans toutes les ligues. * Éduquer les entraîneurs, les écoles et les décideurs du milieu sportif sur les signes et symptômes des blessures courantes au hockey, particulièrement les commotions. * Améliorer la surveillance des blessures afin de mieux déterminer les facteurs de risque et les mécanismes de blessures au hockey. * Adopter des politiques afin de réduire les blessures et de promouvoir l'esprit sportif au hockey, dans tous les groupes d'âge et toutes les ligues. Les cliniciens qui voient de jeunes joueurs de hockey dans leur pratique devraient donner les conseils suivants : * Les filles et les jeunes femmes devraient continuer à participer à des ligues où il n'y a pas de mise en échec. * Les garçons devraient jouer dans des ligues de hockey récréatives et non élites qui n'autorisent pas la mise en échec. * Les joueurs élites de sexe masculin devraient jouer dans des ligues qui introduisent la mise en échec plus tard, lorsque les joueurs ont 13 à 14 ans (catégorie bantam) ou plus. * Tous les joueurs devraient adhérer à une culture d'esprit sportif et de non-violence. * Les parents et les personnes qui s'occupent d'enfants devraient apprendre les stratégies de prévention des blessures et de réduction des risques, y compris la prévention, le diagnostic et la prise en charge des commotions. TABLEAU 1 : Qualité des preuves et catégories de recommandations [Consultez le PDF] Qualité des preuves Description I Données obtenues dans le cadre d'au moins un essai comparatif bien conçu randomisé II-1 Données obtenues dans le cadre d'essais comparatif bien conçu, sans randomisation II-2 Données obtenues dans le cadre d'études de cohortes ou d'études analytiques cas-témoins bien conçues, réalisées de préférence dans plus d'un centre ou par plus d'un groupe de recherche II-3 Données comparatives de différents lieux et époques avec ou sans intervention; résultats spectaculaires d'études non comparatives III Opinions exprimées par des sommités dans le domaine et reposant sur l'expérience clinique; études descriptives ou rapports de comités d'experts Catégories de recommandations Description A Il y a des preuves suffisantes pour recommander la mesure clinique préventive. B Il y a des preuves acceptables pour recommander la mesure clinique préventive. C Les preuves sont trop conflictuelles pour qu'on puisse recommander l'inclusion ou l'exclusion d'une mesure clinique préventive, mais d'autres facteurs peuvent influer sur la prise de décision. D Il y a des preuves acceptables pour recommander d'exclure une mesure clinique préventive. E Il y a des preuves suffisantes pour recommander d'exclure une mesure clinique préventive. F Les preuves sont insuffisantes pour faire une recommandation, mais d'autres facteurs peuvent influer sur la prise de décision. REMERCIEMENTS Le comité de la pédiatrie communautaire et le comité de prévention des blessures de la Société canadienne de pédiatrie ont révisé le présent document de principes. Les auteurs remercient également les docteurs Claire MA LeBlanc, Stan Lipnowski, Peter Nieman, Christina G Templeton et Thomas J Warshawski pour leur apport à titre d'anciens membres du comité d'une vie active saine et de la médecine sportive en pédiatrie de la SCP. COMITÉ D'UNE VIE ACTIVE SAINE ET DE LA MÉDECINE SPORTIVE EN PÉDIATRIE Membres : Catherine Birken MD; Tracey L Bridger MD (présidente); Mark E Feldman MD (représentant du conseil); Kristin M Houghton MD; Michelle Jackman MD; John F Philpott MD Représentante : Laura K Purcell MD, section de la médecine du sport et de l'exercice en pédiatrie de la SCP Auteures principales : Kristin M Houghton MD; Carolyn A Emery PT, Ph. D. Mai 2013 RÉFÉRENCES 1. Hockey Canada, Rapport annuel 2008. www.hockeycanada.ca/index.php/ci_id/55192/la_id/1.htm (consulté le 4 juillet 2012) 2. Rice SG; American Academy of Pediatrics, Council on Sports Medicine and Fitness. Medical conditions affecting sports participation. Pediatrics 2008;121(4):841-8. 3. American Academy of Pediatrics, Committee on Sports Medicine and Fitness. Safety in youth ice hockey: The effects of body checking. Pediatrics 2000;105(3 Pt 1):657-8. 4. Hockey Canada. Enseigner la mise en échec ? Une approche progressive. 2002. www.omha.net/admin/downloads/Teaching%20Checking.pdf (consulté le 4 juillet 2012) 5. Académie canadienne de médecine du sport et de l'exercice. Énoncé de position : La violence et les blessures au hockey sur glace. 1988. www.casm-acms.org/Media/Content/files/violence%20au%20hockey%202007.pdf (consulté le 4 juillet 2012) 6. Emery CA. Risk factors for injury in child and adolescent sport: A systematic review of the literature. Clin J Sport Med 2003;13(4):256-68. 7. Caine D, Caine C, Maffulli N. Incidence and distribution of pediatric sport-related injuries. Clin J Sport Med 2006;16(6):500-13. 8. Emery CA, Meeuwisse WH. Injury rates, risk factors, and mechanisms of injury in minor hockey [commentaire]. Am J Sports Med 2006;34(12):1960-9. 9. Emery CA, Meeuwisse WH, McAllister JR. Survey of sport participation and sport injury in Calgary and area high schools. Clin J Sport Med 2006;16(1):20-6. 10. Emery C, Tyreman H. Sport participation, sport injury, risk factors and sport safety practices in Calgary and area junior high schools. Paediatr Child Health 2009;14(7):439-44. 11. Tator CH, Carson JD, Cushman R. Hockey injuries of the spine in Canada, 1966-1996 [commentaire]. CMAJ 2000;162(6):787-8. 12. Proctor MR, Cantu RC. Head and neck injuries in young athletes. Clin Sports Med 2000;19(4): 693-715. 13. Kelly KD, Lissel HL, Rowe BH, Vincenten JA, Voaklander DC. Sport and recreation-related head injuries treated in the emergency department. Clin J Sport Med 2001;11(2):77-81. 14. Mueller FO, Cantu RC. Catastrophic injuries and fatalities in high school and college sports, fall 1982-spring 1988. Med Sci Sports Exerc 1990;22(6):737-41. 15. Cantu RC, Mueller FO. Fatalities and catastrophic injuries in high school and college sports, 1982-1997: Lessons for improving safety. Phys Sportsmed 1999;27(8):35-48. 16. Brust JD, Leonard BJ, Pheley A, Roberts WO. Children's ice hockey injuries. Am J Dis Child 1992;146(6):741-7. 17. Bernard D, Trudel P. Marcotte G. The incidence, types, and circumstances of injuries to ice hockey players at the bantam level (14 to 15 years old). In: Hoerner E, éd. Safety in Ice Hockey. Philadephie: American Society for Testing and Materials, 1993:44-55. 18. Benson B, Meeuwisse WH. Ice hockey injuries. In: Maffulli N, Caine DJ, éd. Epidemiology of Pediatric Sports Injuries: Team Sports. Basel: S Karger AG, 2005:86-119. 19. Warsh JM, Constantin SA, Howard A, Macpherson A. A systematic review of the association between body checking and injury in youth ice hockey. Clin J Sport Med 2009;19(2):134-44. 20. Emery CA, Hagel B, Decloe M, Carly M. Risk factors for injury and severe injury in youth ice hockey: A systematic review of the literature. Inj Prev 2010;16(2):113-8. 21. Emery CA, Kang J, Shrier I et coll. Risk of injury associated with body checking among youth ice hockey players. JAMA 2010;303(22):2265-72. 22. Darling, SR, Schaubel DE, Baker JG, Leddy JJ, Bisson LJ, Willer B. Intentional versus unintentional contact as a mechanism of injury in youth ice hockey. Br J Sports Med 2011;45(6):492-7. 23. Emery C, Kang J, Shrier I et coll. Risk of injury associated with body-checking experience among youth hockey players. CMAJ 2011;183(11):1249-56. 24. Kukaswadia A, Warsh J, Mihalik JP, Pickett W. Effects of changing body-checking rules on rates of injury in minor hockey. Pediatrics 2010;125(4):735-41. 25. Cusimano M, Taback N, McFaull S, Hodgins R, Tsegaye B; Canadian Research Team in Traumatic Brain Injury and Violence. Effect of bodychecking on rate of injuries among minor hockey players. Open Medicine 2011;5(1):e59. www.openmedicine.ca/article/view/246/389 (consulté le 4 juillet 2012) 26. Macpherson A, Rothman L, Howard A. Body-checking rules and childhood injuries in ice hockey. Pediatrics;117(2):e143-7 [Erratum in Pediatrics. 2006;117(6):2334-6]. 27. Stuart MJ, Smith AM, Nieva JJ, Rock MG. Injuries in youth ice hockey: A pilot surveillance strategy. Mayo Clin Proc 1995;70(4): p. 350-6. 28. Mölsä, J, Kujala U, Myllynen P, Torstila I, Airaksinen O. Injuries to the upper extremity in ice hockey: Analysis of a series of 760 injuries. Am J Sports Med 2003;31(5):751-7. 29. Björkenheim JM, Syvähuoko I, Rosenberg PH. Injuries in competitive junior ice-hockey. 1437 players followed for one season. Acta Orthop Scand 1993;64(4):459-61. 30. Wiggins W. Implication of introducing body checking in ice hockey at different ages. OpenThesis. Lakehead University, 1998. www.openthesis.org/documents/Implication-introducing-body-checking-in-182710.html (consulté le 4 juillet 2012) 31. Wattie N, Cobley S, Macpherson A, Howard A, Montelpare WJ, Baker J. Injuries in Canadian youth ice hockey: The influence of relative age. Pediatrics 2007;120(1):142-8. 32. Roberts WO, Brust JD, Leonard B. Youth ice hockey tournament injuries: Rates and patterns compared to season play. Med Sci Sports Exerc 1999;31(1):46-51. 33. Williamson IJS. An epidemiological investigation of concussion in youth ice hockey. Simon Fraser University: MSc thesis, 2006. 34. Smith AM, Stuart MJ, Wiese-Bjornstal DM, Gunnon C. Predictors of injury in ice hockey players. A multivariate, multidisciplinary approach. Am J Sports Med 1997;25(4): 500-7. 35. McKay C, Emery CA, Campbell T, Meeuwisse W. The effect of premature return to play on re-injury risk in elite adolescent ice hockey and associated psychosocial predictors [résumé]. Br J Sport Med 2008;42(6):532-3. 36. Willer B, Kroetsch B, Darling S, Hutson A, Leddy J. Injury rates in house league, select, and representative youth ice hockey. Med Sci Sports Exerc 2005;37(10):1658-63. 37. Finke RC, Goodwin Gerberich S, Madden M et coll. Shoulder injuries in ice hockey. J Orthop Sports Phys Ther 1988;10(2):54-8. 38. Brunelle JP, Goulet C, Arguin H. Promoting respect for the rules and injury prevention in ice hockey: Evaluation of the fair-play program. J Sci Med Sport 2005;8(3):294-304. 39. Société canadienne de pédiatrie, comité d'une vie active saine et de la médecine sportive. L'évaluation et la prise en charge des enfants et des adolescents victimes d'une commotion liée à un sport (auteure principale : Laura K Purcell). Paediatr Child Health 2012;17(1):33. www.cps.ca/fr/documents/position/commotion-evaluation-prise-en-charge 40. Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs. New grades for recommendations from the Canadian Task Force on Preventive Health Care for specific clinical preventive actions. CMAJ 2003;169(3):207-8. 41. Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs. Quality of Published Evidence. www.canadiantaskforce.ca/_archive/index.html (consulté le 19 juillet 2012). Avertissement : Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.

Documents

Moins de détails

Le Lancet Countdown sur la santé et les changements climatiques - Compte rendu à l'intention du Canada

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique14257

Date
2019-11-01
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Date
2019-11-01
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Le Lancet Countdown sur la santé et les changements climatiques Compte rendu à l'intention du Canada 1 Constatation : La population canadienne est de plus en plus exposée aux feux de forêt. En effet, parmi les plus de 448 444 personnes évacuées en raison de feux de forêt de 1980 à 2017, plus de la moitié l’ont été au cours de la dernière décennie. Recommandation : Intégrer les enseignements tirés des violents feux de forêt survenus récemment à un programme pancanadien d’intervention d’urgence plus rigoureux permettant d’anticiper les répercussions de plus en plus importantes de ce phénomène au fur et à mesure que le climat change. Constatation : Le pourcentage de combustibles fossiles qui alimentent le secteur des transports au Canada demeure élevé, même si l’électricité et les biocarburants gagnent du terrain. La pollution atmosphérique attribuable aux fines particules générées par les transports a causé la mort de 1063 personnes au Canada en 2015, entraînant une perte de bien-être économique évaluée à environ 8 milliards de dollars. Recommandation : Élaborer des mesures législatives provinciales et territoriales obligeant les constructeurs de véhicules automobiles à augmenter graduellement le pourcentage de ventes annuelles de nouveaux véhicules légers qui ne produisent aucune émission, pour atteindre un objectif de 100 % d’ici 2040. Constatation : Le Canada figure au troisième rang mondial pour ce qui est des émissions de gaz à effet de serre par personne dans le secteur des soins de santé. Ce secteur représente environ 4 % des émissions totales au pays. Recommandation : Créer une initiative de soins de santé durables rassemblant des experts des milieux de la recherche, de l’éducation, de la pratique clinique et de la politique pour aider le secteur canadien des soins de santé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et à prévenir les décès liés à la pollution, conformément au mandat des professionnels de la santé qui consiste d’abord et avant tout à « ne pas nuire » ainsi qu’aux échéanciers et aux objectifs de l’Accord de Paris, avec pour objectif ultime de mettre en place des soins de santé ne générant aucune émission d’ici 2050. Constatation : La santé de la population canadienne est menacée en raison des risques multiples et variés qu’entraînent les changements climatiques, notamment ceux qui sont décrits dans le présent compte rendu (voir la figure 1). Une initiative pancanadienne coordonnée et cohérente doit être mise en place pour instaurer des changements sains, en assurer le suivi et en rendre compte. Recommandation : Intégrer des considérations relatives à la santé dans l’élaboration des politiques liées au climat dans l’ensemble des secteurs au Canada, y compris dans le processus actualisé de 2020 des contributions déterminées au niveau national en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), et établir des cibles plus ambitieuses pour faire en sorte que le Canada s’engage à contribuer à sa juste part dans l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris. Introduction Les changements climatiques constituent la plus grande menace du 21e siècle pour la santé mondiale1, mais notre réaction à ces phénomènes pourrait aussi s’avérer « la conjoncture favorable du siècle »2. « Les changements climatiques auront des répercussions sur la santé des enfants nés aujourd’hui, à chacune des phases de leur existence. Si nous ne mettons pas en place des mesures d’intervention rigoureuses, cette nouvelle ère en viendra à définir l’état de santé d’une génération entière3. » Nous pouvons cependant suivre une autre voie : un monde qui répond aux attentes de l’Accord de Paris et s’adapte de manière proactive pour protéger la santé publique des répercussions climatiques dorénavant inévitables. Le compte rendu de cette année présente les principales constatations et recommandations qui nous guideront dans cette voie. Principales constatations et recommandations Changements climatiques et santé au Canada Les enfants nés aujourd’hui au Canada voient le jour dans un pays qui se réchauffe à un rythme deux fois supérieur au taux mondial, la température moyenne au Canada ayant augmenté de 1,7 °C de 1948 à 20164. Le Nord se réchauffe encore plus rapidement : dans certaines zones du delta du Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest, la température a augmenté de 3 °C depuis 19485. Les effets des changements climatiques sur la santé et les systèmes de santé se font déjà sentir6, comme le démontrent les exemples de la figure 1. Quand les enfants nés aujourd’hui auront atteint la vingtaine, dans tous les scénarios réalisables en matière de réduction des émissions, le Canada aura gagné au moins 1,5 °C par rapport à la période de référence couvrant les années 1986 à 20054. Figure 1 : Exemples des répercussions des changements climatiques sur la santé et les systèmes de santé au Canada Deux scénarios s’offrent à nous pour l’avenir de ces enfants. Le premier : si les émissions de GES continuent d’augmenter au rythme actuel, situation désignée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) comme étant le « scénario d’émissions élevées », ou profil représentatif d’évolution de concentration (Representative Concentration Pathways) RCP 8.5, la température continuera d’augmenter au Canada après 2050, pour atteindre 6 °C par rapport à la période de 1986 à 2005 au moment où les enfants nés aujourd’hui auront atteint la soixantaine4. À l’échelle mondiale, ce taux de réchauffement expose davantage les populations au risque de feux de forêt, de chaleur extrême, de mauvaise qualité de l’air et de catastrophes météorologiques. Il entraînera également une hausse des maladies à transmission vectorielle, de la sous-alimentation, des conflits et de la migration. Ces phénomènes, pour ne nommer que ceux-là, auront des répercussions négatives sur la santé mentale3, notamment en raison de l’écoanxiété8. Ces changements climatiques n’auront pas les mêmes répercussions sur tout le monde, ce qui pourrait amplifier les disparités actuelles en matière d’issues de santé entre les populations et au sein de celles-ci, les populations autochtones, les personnes vivant dans des milieux où les ressources sont limitées28 et les générations futures29 étant disproportionnellement touchées30. Un réchauffement d’une telle ampleur risque de perturber l’infrastructure de santé publique essentielle et de surcharger les services de santé2. Le second : si les émissions mondiales plafonnent bientôt pour rapidement tomber à zéro, conformément au scénario de faibles émissions établis dans le cadre du GIEC (ou RCP 2.6), les températures se stabiliseront à partir de 20404. Pour que ce scénario soit réalisable, des mesures doivent être immédiatement mises en place (p. ex., augmenter les sources d’énergie propre, améliorer les transports en commun et les infrastructures cyclables et piétonnières et adopter un régime alimentaire riche en végétaux et conforme au nouveau Guide alimentaire canadien) afin de réduire les émissions de GES, d’améliorer la santé de la population et de réduire les coûts associés aux soins de santé30. Sur cette question, le Canada est en bien mauvaise posture : en 2016, les émissions totales de GES au pays étaient de 704 tonnes métriques d’équivalents de CO2 (tm éq. CO2), une augmentation de plus de 100 tm depuis 199031. Les politiques et mesures qui sont en cours d’élaboration, mais qui n’ont pas encore été mises en oeuvre devraient permettre de réduire les émissions nationales pour atteindre 592 tm éq. CO2 d’ici 203032, ce qui représente 79 tm éq. CO2 de plus que la cible du Canada pour 2030, qui est de 513 tm éq. CO2 32 – objectif qui est lui-même trop modeste pour représenter une contribution équitable du Canada aux réductions d’émissions nécessaires pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris en matière de changements climatiques. La Terre entière se réchauffe moins rapidement que le Canada, mais encore beaucoup trop vite. Le GIEC et l’Organisation mondiale de la Santé ont souligné qu’il est essentiel de maintenir le réchauffement de la température mondiale sur la surface de la Terre en dessous de 1,5 °C pour obtenir les meilleurs résultats dorénavant possibles pour la santé humaine33,34. Pour ce faire, il faudrait que les émissions mondiales nettes de source anthropique chutent d’environ 45 % de 2010 à 2030 afin d’atteindre zéro émission d’ici 205034. Le processus actualisé des contributions déterminées au niveau national en vertu de l’Accord de Paris doit être présenté d’ici 2020 : les responsables des politiques doivent tenir compte des impératifs en matière de santé dans les interventions proposées. L’année 2019 marque un moment décisif pour l’humanité : les décisions prises et les politiques élaborées en préparation aux soumissions des contributions déterminées au niveau national dans le cadre de la CCNUCC détermineront si le monde s’apprête à suivre le désastreux scénario d’émissions élevées ou à emprunter la voie plus sûre menant vers une diminution des émissions. Les enfants et les jeunes descendent dans les rues pour exiger un monde vivable. Il incombe aux dirigeants politiques actuels et aux autres adultes de faire tout ce qui est en leur pouvoir dans leurs sphères d’influence en vue de déterminer la voie à suivre pour lutter efficacement contre les changements climatiques. Indicateurs des répercussions des changements climatiques sur la santé et mesures d’adaptation Le compte rendu de cette année présente trois indicateurs clés des répercussions des changements climatiques sur la santé ainsi que les mesures d’adaptation nécessaires. Des recommandations supplémentaires sont également disponibles dans les comptes rendus de 2017 et de 20186,24. Feux de forêt Les données du Lancet Countdown indiquent que le nombre d’expositions quotidiennes de la population aux feux de forêt est passé d'une moyenne de 35 300 de 2001 à 2004 à 54 100 de 2015 à 2018, sans parler des personnes exposées à la fumée provoquée par ces feux de forêt. Les données canadiennes indiquent des répercussions de plus en plus importantes, plus de la moitié des 448 444 personnes évacuées en raison des feux de forêt de 1980 à 2017 l'ayant été au cours de la dernière décennie35. En plus de constituer une menace pour la santé publique, ces expositions ont des répercussions majeures sur le plan économique et social. Figure 2 : Nombre de personnes évacuées lors de feux de forêt au Canada de 1980 à 2017.* Source : Base de données sur les évacuations lors des feux de forêt, Ressources naturelles Canada35 (utilisée avec autorisation) De nombreuses mesures peuvent être mises en place pour réduire les répercussions des feux de forêt sur la santé. Les données qualitatives indiquent que les populations qui sont mieux informées du plan d’évacuation local, de même que des moyens de réduire les risques d’incendie pour leur propriété, sont non seulement mieux préparées, mais également moins anxieuses35,38. Les codes du bâtiment peuvent être modifiés de façon à empêcher la fumée de pénétrer à l’intérieur des maisons, les professionnels des soins primaires peuvent veiller à ce que les populations vulnérables reçoivent des systèmes de filtration de l’air pour leur domicile et des médicaments pour les affections respiratoires avant la saison des feux de forêt44, les professionnels de la santé publique peuvent collaborer avec les élus municipaux pour maximiser la planification des activités de plein air selon les prévisions liées à la fumée provoquée par les feux de forêt et la planification des activités intérieures dans des bâtiments disposant d’une bonne ventilation38 et le personnel des services de santé peut veiller à ce que les plans d’évacuation soient clairement communiqués à la population45. Dans un scénario d’émissions moyennes de GES, on prévoit une augmentation des feux de forêt de 75 % d’ici la fin du 21e siècle36, ce qui nécessite des mesures d’adaptation rigoureuses. Les feux de forêt ont notamment les effets suivants sur les personnes : décès, traumatismes et brûlures importantes37, anxiété durant les périodes propices aux feux de forêt35,38 et trouble de stress posttraumatique, anxiété et dépression liés aux évacuations39,40. La fumée provoquée par les feux de forêt se déplace également sur de grandes distances41, augmentant le taux d’exacerbation de l’asthme et de la maladie pulmonaire obstructive chronique, et le lien avec la mortalité, toutes causes confondues, est de plus en plus évident41. Les répercussions sur les systèmes de santé peuvent être graves : pendant l’incendie de Fort McMurray, le personnel de l’hôpital a dû évacuer 103 patients en quelques heures10,42 et les feux de forêt de 2017 en Colombie-Britannique ont entraîné le déplacement de plus de 700 membres du personnel, l’évacuation de 880 patients et la fermeture de 19 établissements par la régie de la santé de la province, à un coût de 2,7 millions de dollars12. Ces incendies dévastateurs génèrent également des émissions importantes, contribuant ainsi aux changements climatiques, lesquels contribuent à leur tour à créer des conditions favorables à de nouveaux incendies43. * Remarque : Les données de 2017 rendent compte uniquement des évacuations recensées jusqu’à la fin de juillet. La pollution liée aux transports nuit à la santé de la population canadienne. La pollution atmosphérique par les particules fines (PM2,5) générées par le transport terrestre a causé la mort de 1063 personnes en 2015 au Canada, entraînant une perte de bien-être économique pour la population canadienne évaluée à environ 8 milliards de dollars24. En outre, le Canada affiche le plus haut taux d’asthme chez les enfants parmi les pays dont le niveau de revenu est comparable, le dioxyde d’azote (NO2) provenant de la circulation étant responsable d’environ un nouveau cas d’asthme sur cinq chez les enfants46. Les transports étaient responsables de 24 % des émissions de GES à l’échelle nationale en 201731 : il est impératif de prioriser la décarbonisation de ce secteur. La situation progresse infiniment trop lentement : la consommation totale de carburant par personne pour le transport routier a diminué de 5,4 % de 2013 à 2016. Même si l’utilisation d’électricité et de biocarburants par personne pour les transports a augmenté de 600 % depuis 2000, ces énergies représentent moins de 4 % de l’énergie utilisée dans les transports (figure 3). À ce rythme, nous n’arriverons pas à respecter le plan de réduction des émissions requis pour assurer la sécurité des enfants, aujourd’hui et à l’avenir. Il faut donc appuyer l’investissement dans les transports en commun47 et dans l’infrastructure cyclable48 afin de créer des solutions où chacun y gagne sur le plan de la santé grâce à l’augmentation du taux d’activité physique et à l’amélioration de la cohésion communautaire, sans parler de la réduction des maladies chroniques, des coûts associés aux soins de santé et des émissions de GES49,50. Les véhicules zéro émission réduisent également la pollution atmosphérique et sont de plus en plus abordables : on prévoit que le coût initial des véhicules électriques deviendra concurrentiel, même sans subventions, à compter de 202451. La Colombie-Britannique a récemment adopté une loi exigeant que tous les nouveaux véhicules vendus à compter de 2040 ne produisent aucune émission52. D’autres provinces gagneraient à faire de même. Émissions dans le secteur des soins de santé Les Canadiens sont fiers des soins qui sont prodigués au pays grâce à leur système universel de soins de santé53. Pourtant, l’analyse du Lancet Countdown révèle que le système de santé canadien occupe le troisième rang mondial en ce qui a trait aux émissions de GES par personne, ce qui devrait donner matière à réflexion à quiconque s’efforce de respecter le principe fondamental qui consiste à « ne pas nuire ». Une analyse précédente a montré que les émissions dans le secteur des soins de santé représentaient 4,6 % des émissions totales à l’échelle nationale54 de même que plus de 200 000 tonnes d’autres polluants, entraînant une perte annuelle de 23 000 années de vie corrigées de l’incapacité (AVCI)54. Dans un système de soins de santé à payeur unique ployant sous le fardeau inexorablement croissant de la maladie, la réduction des émissions dans le secteur de la santé représente une mesure d’atténuation stratégique. Figure 3 : Consommation de carburant par personne pour les transports au Canada. Source : Lancet Countdown Transports viables du point de vue de la santé Alors que les émissions dans le secteur canadien des soins de santé augmentent, l’agence de calibre mondial Sustainable Development Unit, en Angleterre, a signalé une diminution de 18,5 % des émissions de 2007 à 2017 au sein du National Health Service, système national de santé publique et des services sociaux, malgré une augmentation de l’activité clinique55. Même si les soins de santé relèvent de la compétence provinciale, des initiatives pancanadiennes de développement durable doivent être créées afin d’unifier les divers experts de la santé publique, des disciplines cliniques, du secteur économique, du domaine des sciences de la durabilité et d’autres sphères d’expertise. Il faut pour cela sensibiliser les acteurs de l’ensemble du secteur de la santé au moyen de programmes de formation conformes aux efforts existants en vue d’accroître les connaissances des professionnels de la santé en matière d’environnement56. Références 1. Costello A, Abbas M, Allen A, Ball S, Bell S, Bellamy R, et coll. Managing the health effects of climate change: The Lancet and University College London Institute for Global Health Commission. The Lancet, 2009; vol. 373, no 9676 : p. 1693-1733. 2. Watts N, Amann M, Arnell N, et al. The 2018 report of The Lancet Countdown on health and climate change: shaping the health of nations for centuries to come. Lancet 2018; vol. 392: 2479–514. 3. Watts N, Amann M, Arnell N, et al. The 2019 report of The Lancet Countdown on health and climate change: ensuring that the health of a child born today is not defined by a changing climate. Lancet 2019; vol. 394: 1836–78. 4. Gouvernement du Canada. Rapport sur le climat changeant du Canada. Ottawa. (Ontario); 2019. 5. Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Climate Observations in the Northwest Territories (1957-2012) Inuvik * Norman Wells * Yellowknife * Fort Smith. 6. Howard C, Rose C, Hancock T. The Lancet Countdown 2017 Report: Briefing for Canadian Policymakers. The Lancet Countdown and Canadian Public Health Association; le 31 octobre 2017. 7. Rosol R, Powell-Hellyer S, Chan HM. Impacts of decline harvest of country food on nutrient intake among Inuit in Arctic Canada: impact of climate change and possible adaptation plan. Int J Circumpolar Health, 2016; vol. 75, no 1 : p. 31127. 8. Cunsolo A, Ellis N. Ecological grief as a mental health response to climate change-related loss. Nature Climate Change, 2018; vol. 8 : p. 275-281. 9. Yao J, Eyamie J, Henderson SB. Evaluation of a spatially resolved forest fire smoke model for population-based epidemiologic exposure assessment. J Expo Sci Environ Epidemiol, 2016; vol. 26, no 3 : p. 233-240. 10. Hampshire G. Hospital heroes get patients to safety during Fort McMurray fire: 17 buses took 105 patients to safety in dramatic evacuation. CBC News. 2016. [En ligne] Accessible ici : http://www.cbc.ca/news/canada/edmonton/ hospital-heroes-get-patients-to-safety-during-fort-mcmurray-fire-1.3574416. 11. Kirchmeier-Young M, Zwiers F, Gillett N, Cannon A. Attributing extreme fire risk in Western Canada to human emissions. Climatic Change, 2017; vol. 144, no 2 : p. 365-379. 12. British Columbia Interior Health Authority. Wildfire Emergency Response 2017. 2018. 13. Kirchmeier-Young M, Gillett N, Zwieres F, Cannon A, Anslow F. Attribution of the Influence of Human-Induced Climate Change on an Extreme Fire Season. Earth’s Future: American Geophysical Union, 2018. 14. Alberta Health. Impact of Wildfires on the Mental Health of Fort McMurray Residents: Neurotic Disorders, Daily Physician Visits within an Emergency Department 2015 vs. 2016. Alberta Health, Health Standards, Quality and Performance Division, Analytics and Performance Reporting Branch, 2016. 15. Teufel B, Diro GT, What K, Mildrad SM, Jeong DI, Ganji A, et coll. Investigation of the 2013 Alberta flood from weather and climate perspectives. Climate Dynamics, 2017; p. 2881-2899. 16. Canadian Broadcasting Corporation. Alberta Flood 2013: The five people we lost. 2014. [En ligne] Accessible ici : https://www.cbc.ca/calgary/features/ albertaflood2013/alberta-flood-deaths/. 17. United Nurses of Alberta. UNA Calgary office closed, many health facilities affected by southern Alberta flooding. Le 21 juin 2013. 18. Yusa A, Berry P, J JC, Ogden N, Bonsal B, Stewart R, et coll. Climate Change, Drought and Human Health in Canada. Int J Environ Res Public Health; 2015; vol. 12, no 7 : p. 8359-8412. 19. Smoyer-Tomic KE, Klaver JD, Soskolne CL, Spady DW. Health Consequences of Drought on the Canadian Prairies. EcoHealth, 2004. 20. Gouvernement du Canada. Agriculture et Agroalimentaire Canada. Incidence des changements climatiques sur l’agriculture au Canada. (le 22 octobre 2017); [En ligne] Accessible ici : http://www.agr.gc.ca/fra/ science-et-innovation/pratiques-agricoles/changements-climatiques-et-agriculture/ perspectives-d-avenir/incidence-des-changements-climatiques- sur-l-agriculture-au-canada/?id=1329321987305. 21. Cryderman K. Drought in Western Canada is becoming an agricultural nightmare for farmers. 2018. [En ligne] Accessible ici : https://www. theglobeandmail.com/canada/alberta/article-drought-in-western-canada- is-becoming-an-agricultural-nightmare-for/. 22. Ziska LH, Makra L, Harry SK, Bruffaerts N, Hendrickx M, Coates F, et coll. Temperature-related changes in airborne allergenic pollen abundance and seasonality across the northern hemisphere: a retrospective data analysis. The Lancet Planet Health, 2019; vol. 3, no 3 : p. e124-e131. 23. Nelder MP, Wijayasri S, Russell CN, Johnson KO, Marchand-Austin A, Cronin K, et coll. The continued rise of Lyme disease in Ontario, Canada: 2017. Canadian Communicable Disease Review, 2018; vol. 44, no 10 : p. 231-236. 24. Howard C, Rose C, Rivers N. Rapport de 2018 « Compte à rebours santé et changement climatique » destiné aux décideurs canadiens. Association médicale canadienne, Association canadienne de santé publique, The Lancet Countdown; novembre 2018. 25. a. Direction régionale de santé publique de Montréal. Canicule : juillet 2018 – Montréal bilan préliminaire. 2019. b. Vogel MM, Zscheischler J, Wartenburger R, et al. Concurrent 2018 hot extremes across Northern hemisphere due to human-induced climate change. Earth's Future, 2019; vol. 7, 692–703. https://doi.org/10.1029/ 2019EF001189 26. Fenech A. Yes, Mr. Premier, Your Province is Shrinking! 2014; [En ligne] Accessible ici : http://projects.upei.ca/climate/2014/02/16/yes-mr-premier-yourprovince- is-shrinking/ (consulté le 20 septembre 2019). 27. Kelleya C, Mohtadib S, Canec M, Seagerc R, Kushnirc Y. Climate change in the Fertile Crescent and implications of the recent Syrian drought. Proceedings of the National Academy of Science, 2015; vol. 112, no 11 : p. 3241–3246. 28. Berry HL, Bowen K, Kjellstrom T. Climate change and mental health: a causal pathways framework. Int J Public Health, 2010; vol. 55, no 2 : p. 123-132. 29. Walpole SC, Rasanathan K, Campbell-Lendrum D. Natural and unnatural synergies: climate change policy and health equity. Bull World Health Organ, 2009; vol. 87, no 10 : p. 799-801. 30. Watts N, Adger WN, Agnolucci P, Blackstock J, Byass P, Cai W, et coll. Health and climate change: policy responses to protect public health. The Lancet, 2015; vol. 386, no 10006 : p. 1861-1914. 31. Gouvernement du Canada. Émissions de gaz à effet de serre. (le 13 juin 2018); [En ligne] Accessible ici : https://www.canada.ca/fr/environnement-changement- climatique/services/indicateurs-environnementaux/emissions-gazeffet- serre.html. 32. Environnement et Changement climatique Canada. Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement : Progrès vers la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Canada. (le 3 septembre 2019); [En ligne] Accessible ici : https://www.canada.ca/content/dam/eccc/documents/pdf/cesindicators/ progress-towards-canada-greenhouse-gas-reduction-target/2019/progresstowards- ghg-emissions-target-fr.pdf. 33. Ebi K, Campbell-Lendrum D, Wyns A. The 1.5 Health Report--Synthesis on Health and Climate Science in the IPCC SR1.5. 2018. 34. Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Réchauffement climatique de 1,5 OC--Résumé à l’intention des décideurs. Le 8 octobre 2018. 35. Christianson A. Wildland Fire Evacuations in Canada. Ressources naturelles Canada; 2017. 36. Wotton M, Nock C, Flannigan M. International Journal of Wildland Fire, 2010; vol. 19, no 3 : p. 253-271. 37. Cameron PA, Mitra B, Fitzgerald M, Scheinkestel CD, Stripp A, Batey C, et coll. Black Saturday: the immediate impact of the February 2009 bushfires in Victoria, Australia. Med J Aust, 2009; vol. 191, no 1 : p. 11-16. 38. Dodd W, Scott P, Howard C, Scott C, Rose C, Cunsolo A, et coll. Lived experience of a record wildfire season in the Northwest Territories, Canada. Can J Public Health, 2018; vol. 109, no 3 : p. 327-337. 39. McDermott BM, Lee EM, Judd M, Gibbon P. Posttraumatic stress disorder and general psychopathology in children and adolescents following a wildfire disaster. Can J Psychiatry, 2005; vol. 50, no 3 : p. 137-143. 40. Papanikolaou V, Adamis D, Mellon RC, Prodromitis G. Psychological distress following wildfires disaster in a rural part of Greece: a casecontrol population-based study. Int J Emerg Ment Health, 2011; vol. 13, no 1 : p. 11-26. 41. Reid CE, Brauer M, Johnston FH, Jerrett M, Balmes JR, Elliott CT. Critical Review of Health Impacts of Wildfire Smoke Exposure. Environ Health Perspect, 2016; vol. 124, no 9 : p. 1334-1343. 42. Matear D. The Fort McMurray, Alberta wildfires: Emergency and recovery management of healthcare services. J Bus Contin Emer Plan, 2017; vol. 11, no 2 : p. 128-150. 43. Liu Y, Goodrick S, Heilman W. Wildland fire emissions, carbon, and climate: Wildfire–climate interactions. Forest Ecology and Management, 2014; vol. 317 : p. 80-96. 44. Barn PK, Elliott CT, Allen RW, Kosatsky T, Rideout K, Henderson SB. Portable air cleaners should be at the forefront of the public health response to landscape fire smoke. Environ Health, 2016; vol. 15, no 1 : p. 116. 45. Maguet S. Public Health Responses to Wildfire Smoke Events. BC Center for Disease Control; 2018. 46. Achakulwisut P, Brauer M, Hystad P, Anenberg SC. Global, national, and urban burdens of paediatric asthma incidence attributable to ambient NO2 pollution: estimates from global datasets. The Lancet Planet Health, 2019; vol. 3, no 4 : p. e166-e178. 47. Besser LM, Dannenberg AL. Walking to public transit: steps to help meet physical activity recommendations. Am J Prev Med, 2005; vol. 29, no 4 : p. 273-280. 48. United Kingdom Department of Transport. Value for Money Assessment for Cycling Grants. 2014. 49. Woodcock J, Tainio M, Cheshire J, O’Brien O, Goodman A. Health effects of the London bicycle sharing system: health impact modelling study. BMJ, 2014; vol. 348 : p. g425. 50. Maizlish N, Woodcock J, Co S, Ostro B, Fanai A, Fairley D. Health cobenefits and transportation-related reductions in greenhouse gas emissions in the San Francisco Bay area. Am J Public Health, 2013; vol. 103, no 4 : p. 703-709. 51. Willett W, Rockstrom J, Loken B, Springmann M, Lang T, Vermeulen S, et coll. Food in the Anthropocene: the EAT-The Lancet Commission on healthy diets from sustainable food systems. The Lancet, 2019. 52. Zussman R. Legislation introduced to require all new cars sold in B.C. to be zero emission by 2040. Global News Online, 2019. [En ligne] Accessible ici : https:// globalnews.ca/news/5152429/legislation-introduced-electric-cars/2019. 53. Thompson N. More Canadians take pride in symbols of the country’s present than its past: survey. 2019. 54. Eckelman MJ, Sherman JD, MacNeill AJ. Life cycle environmental emissions and health damages from the Canadian healthcare system: An economic-environmental- epidemiological analysis. PLoS Med, 2018; vol. 15, no 7 : p. e1002623. 55. National Health System Sustainable Development Unit. Reducing the use of natural resources in health and social care 2018 report. 2018. 56. Parkes M, Poland B, Allison A, Cole DC, Culbert I, Gislason MK, et coll. In press-Preparing for the future of public health: Ecological determinants of health and the call for an eco-social approach to public health education. Canadian Journal of Public Health, 2019. Organisations et remerciements Le concept de ce compte rendu a été élaboré par l’équipe du Lancet Countdown. Le présent compte rendu a été rédigé par la Dre Courtney Howard, Chris Buse, Ph. D., Caren Rose, Ph. D., la Dre Andrea MacNeill, M. Sc., et Margot Parkes, M.B.Ch.B, MAS, Ph. D. La révision a été effectuée par Owen Adams, Ph. D., Ian Culbert et le Dr Sandy Buchman. Merci à Sarah Henderson, Peter Barry, Brian Wiens et Ashlee Cunsolo, docteurs en philosophie, ainsi qu’à Jeff Eyamie et Robin Edger, LLB, LLM, pour leur aide. Jess Beagley et Nick Watts, MBBS ont participé à la rédaction et à la révision du document au nom de l’équipe du Lancet Countdown. LE LANCET COUNTDOWN « The Lancet Countdown : tracking progress on health and climate change» est une collaboration internationale et multidisciplinaire qui vise à analyser les liens entre la santé publique et les changements climatiques. Il réunit 35 établissements universitaires et agences des Nations Unies de tous les continents, s’appuyant sur l’expertise de climatologues, d’ingénieurs, d’économistes, de spécialistes des sciences politiques, de professionnels de la santé et de médecins. Chaque année, le Lancet Countdown publie une évaluation de l’état des changements climatiques et de la santé humaine, dans le but de fournir aux responsables des politiques une orientation stratégique d’une grande pertinence fondée sur des données probantes. Pour lire le rapport complet de 2019, consultez le site www.lancetcountdown.org/2019-report . L’ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE Créée à Québec en 1867, l’Association médicale canadienne (AMC) a entraîné certains des changements les plus importants dans les politiques de santé au Canada. Pour les années à venir, l’AMC concentre ses efforts sur la promotion de la santé de la population et du dynamisme de la profession médicale. L’ASSOCIATION CANADIENNE DE SANTÉ PUBLIQUE L’Association canadienne de santé publique (ACSP) est un organisme national, indépendant et non gouvernemental qui vise à faire progresser l’éducation, la recherche, les politiques et les pratiques en santé publique au Canada et partout dans le monde en publiant la Revue canadienne de santé publique, ainsi que des énoncés de position, des documents de discussion et d’autres ressources.

Documents

Moins de détails

Directives recommandées de consommation d'alcool à faible risque

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique10143

Dernière révision
2019-03-03
Date
2011-03-05
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Dernière révision
2019-03-03
Date
2011-03-05
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
À noter : Les directives ne cherchent pas à inciter les personnes abstinentes pour des raisons d’ordre culturel, spirituel ou autre à commencer à boire, ni à encourager les gens à boire pour en retirer des bienfaits. Les personnes de faible poids corporel ou celles non habituées à l’alcool devraient boire en deçà des limites présentées. Directive 1 Ne pas boire dans certaines situations Quand vous manœuvrez un véhicule, un outil ou une machine; quand vous prenez des médicaments ou d’autres substances qui réagissent avec l’alcool; quand vous faites du sport ou d’autres activités physiques potentiellement dangereuses; quand vous travaillez; quand vous prenez d’importantes décisions; si vous êtes enceinte ou prévoyez le devenir; avant d’allaiter; quand vous devez surveiller d’autres personnes ou en prendre soin; si vous souffrez d’une grave maladie physique ou mentale ou en cas de dépendance à l’alcool. Directive 2 Si vous buvez, restez dans ces limites moyennes pour diminuer les risques à long terme pour la santé Femmes Hommes 0 à 2 verres standard* par jour 0 à 3 verres standard* par jour Au plus 10 verres standard par semaine Au plus 15 verres standard par semaine Ne pas boire certains jours de la semaine pour minimiser le risque de tolérance et d’accoutumance. Éviter d’augmenter sa consommation jusqu’à la limite supérieure, car les bienfaits pour la santé sont optimaux jusqu’à un verre par jour. Ne pas dépasser les limites quotidiennes indiquées à la directive 3. Directive 3 Si vous buvez, faites-le dans un environnement sécuritaire et limitez votre consommation pour diminuer les risques à court terme Dans diverses situations, chaque verre supplémentaire accroît le risque de blessure. Pour des raisons de santé et de sécurité, il importe de ne pas boire plus de :
trois verres standard* par jour pour une femme
quatre verres standard* par jour pour un homme Boire à ces niveaux supérieurs ne devrait se produire qu’à l’occasion et conformément aux limites hebdomadaires mentionnées à la directive 2. À ces occasions, il est très important de boire en mangeant et non à jeun, de ne pas boire plus de deux verres standard par période de trois heures, de boire aussi des boissons non alcoolisées sans caféine et d’éviter les situations et activités à risque. On recommande aux personnes moins tolérantes, soit de par leur faible poids corporel ou leur âge (moins de 25 ans ou plus de 65 ans), de ne pas dépasser les limites supérieures de la directive 2. Directive 4 Si vous êtes enceinte ou prévoyez le devenir L’option la plus sûre si vous êtes enceinte ou prévoyez le devenir est de ne pas boire du tout. L’alcool présent dans le sang maternel peut nuire au fœtus. Le risque découlant d’une faible consommation pendant la grossesse semble très faible, mais aucune limite n’a donné la preuve définitive de son innocuité. Directive 5 L’alcool et les jeunes L’alcool peut nuire au bon développement physique et mental des enfants et des adolescents. La consommation d’alcool devrait être reportée au moins jusqu’à la fin de l’adolescence et respecter les lois locales sur l’âge minimum pour boire. Quand un jeune a décidé de boire, il devrait le faire dans un cadre sécuritaire, sous la supervision de ses parents et à de faibles niveaux (c.-à-d. un ou deux verres standard* une ou deux fois par semaine). De l’âge légal jusqu’à 24 ans, on recommande que les femmes ne prennent jamais plus de deux verres par jour et les hommes, trois verres par jour. Approuvé par le Conseil d’administration de l’AMC en mars 2011. Révisée et approuvée la dernière fois par le Conseil d’administration de l’AMC en mars 2019. Le texte qui précède est extrait du rapport intitulé L’alcool et la santé au Canada : résumé des données probantes et directives de consommation à faible risque. Disponible à : https://www.ccsa.ca/sites/default/files/2019-04/2011-Summary-of-Evidence-and-Guidelines-for-Low-Risk%20Drinking-fr.pdf (consulté le 1er mars 2019).

Documents

Moins de détails

Couverture des soins de santé pour les migrants en situation irrégulière: Lettre ouverte au gouvernement fédéral canadien

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique13940

Date
2018-12-15
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Éthique et professionnalisme médical
Systèmes de santé; financement et rendement du système
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Date
2018-12-15
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Éthique et professionnalisme médical
Systèmes de santé; financement et rendement du système
Text
Monsieur le Premier ministre Trudeau et les ministres Taylor et Hussen, En tant que membres de la communauté de la santé, nous vous écrivons aujourd’hui pour vous exhorter à agir dans un dossier crucial en matière de santé et de droits de l’homme. Vous savez sans doute que le Comité des droits de l'homme des Nations Unies (CDH) a récemment rendu une décision historique condamnant le Canada pour avoir refusé l'accès à des soins de santé essentiels sur la base du statut d'immigration fondé sur le cas de Nell Toussaint. Nell est une femme de la Grenade âgée de 49 ans qui vit au Canada depuis 1999 et qui a subi des conséquences néfastes pour la santé du fait de un déni d' accès aux services de soins de santé essentiels. La décision du CDH condamne les politiques discriminatoires existantes du Canada et conclut que le Canada viole à la fois le droit à la vie, ainsi que le droit à l’égalité et à l’absence de discrimination. À la suite de son examen du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le CDH a déclaré que le Canada devait indemniser de manière adéquate Nell pour le préjudice important qu'elle avait subi. En outre, ils ont demandé au Canada de faire rapport sur son examen de la législation nationale dans un délai de 180 jours, afin de «garantir que les migrants en situation irrégulière ont accès aux soins de santé essentiels pour prévenir un risque raisonnablement prévisible pouvant entraîner des pertes de vies humaines. ”Le Rapporteur spécial des Nations Unies a plaidé en faveur de la même chose, appelant le gouvernement à “protéger les droits à la vie liés à la santé, la sécurité de la personne et l'égalité des individus et des groupes en situation de vulnérabilité ”. Nell est l'une des quelque 500 000 personnes que l'on compte en Ontario à qui l'accès à une couverture maladie et à des soins de santé est refusé, ce qui met leur santé en danger. En tant que membres du milieu de la santé au Canada, nous sommes consternés par les détails de cette affaire ainsi que par ses vastes implications. Nous invitons le gouvernement à: 1. Se conformer à l'ordre du CDH de réviser les lois et les politiques existantes concernant la couverture des soins de santé pour les migrants en situation irrégulière. 2. Veiller à ce que les ressources soient affectées de manière appropriée, afin que toutes les personnes au Canada bénéficient d'un accès universel et équitable aux services de soins de santé, quel que soit leur statut d'immigration. 3. Fournir à Nell Toussaint une indemnisation adéquate pour le préjudice important qu'elle a subi du fait qu'elle ne reçoit pas de services de santé essentiels. Cordialement, Arnav Agarwal, MD, résident en médecine interne, Université de Toronto, Toronto, Ontario Nisha Kansal, BHSc., candidate au doctorat en médecine, Université McMaster, Hamilton, Ontario Michaela Beder, MD, psychiatre, Toronto, Ontario Ritika Goel, MD, médecin de famille, Toronto, Ontario

Documents

Moins de détails

Lettre ouverte à la ministre de la Santé de l’Ontario concernant le nouveau modèle proposé de « sites de consommation et de traitement »

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique13932

Date
2018-10-31
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Date
2018-10-31
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Madame la Ministre, En tant qu’organismes préoccupés par la santé et le bien-être des Ontarien-nes parmi les plus vulnérables, nous vous adressons la présente en réponse à l’annonce de votre gouvernement en date du 22 octobre de remplacer les sites de consommation supervisée (SCS) et les sites de prévention des surdoses (SPD) à bas seuil par des « sites de consommation et de traitement ».1 Nous saluons l’engagement de maintenir les SCS et les SPD existants en Ontario mais nous sommes profondément inquiets de la nouvelle approche que votre gouvernement a annoncée concernant les services de consommation supervisée. Plutôt que de faciliter la mise à l’échelle rapide d’une diversité de services de consommation supervisée à travers la province, cette approche va créer de nouveaux obstacles à leur mise en place. Ceci est particulièrement troublant, considérant la crise de santé publique qui nous afflige. En particulier, nous sommes préoccupés par la décision d’imposer aux fournisseurs de services un modèle unique de « sites de consommation et de traitement », mettant essentiellement fin aux SPD flexibles et à bas seuil. Ces services salvateurs font partie d’un continuum de modèles de services qui devraient être offerts à toutes les personnes qui consomment des drogues et qui en ont besoin, y compris les plus marginalisées. Les effets de milliers de surdoses ont été renversés grâce à ce modèle et aucun décès n’a été signalé au sein de ces sites. Comme vous le savez, les SPD ont été créés en réponse au besoin criant de déployer rapidement l’accès aux services vitaux de consommation supervisée. Un régime juridique spécifique a été établi en vertu d’une exemption fédérale pour l’Ontario, afin de permettre leur mise en oeuvre rapide en réponse à la crise actuelle. Exiger des SPD et des SCS, y compris ceux qui ont été déjà autorisés, de se soumettre à nouveau à un processus de demande de financement sape les efforts concertés des gouvernements fédéral et provincial en réponse à la crise des surdoses. En plus de reproduire le lourd processus d’exemption au niveau fédéral pour les SCS (exigeant entre autres des consultations communautaires), le nouveau processus de demande imposera des exigences additionnelles et notamment que les requérants offrent des services de traitement et de réinsertion et qu’ils intensifient vraisemblablement les efforts en matière de collecte des données, de surveillance et d’évaluation (tout cela sans accorder cependant de fonds additionnels pour que les organismes s’y conforment adéquatement). Exiger des fournisseurs qu’ils offrent nécessairement des services de traitement et de réinsertion est d’ailleurs contraire aux valeurs de la réduction des méfaits qui consistent à accepter chaque personne là où elle en est. En outre, la décision arbitraire et non fondée de limiter le nombre de sites en Ontario à 21 aura pour conséquence de priver ceux qui vivent loin des 21 sites autorisés d’avoir accès à ces soins salvateurs, alors que le nombre de décès par surdose en Ontario atteint des sommets inégalés avec trois décès par jour en 2017.2 Le refus de financer de nouveaux sites entrainera un plus grand nombre de décès par surdose et d’infections au VIH, à l’hépatite C et d’autres infections pourtant évitables. Nous convenons que les options sont inadéquates en matière de traitement, de services en santé mentale et de logement pour les personnes qui consomment des drogues. Rehausser le soutien à ces services est une initiative louable. Mais cela ne devrait pas se faire au détriment des services de consommation supervisée, y compris de services à bas seuil variés, adaptés et appropriés aux besoins des communautés. Nous vous demandons de revoir votre décision de créer de nouveaux obstacles au financement des services de consommation supervisée et de limiter le nombre de sites à 21. Nous vous demandons de collaborer avec les personnes qui consomment des drogues, les organismes communautaires et d’autres fournisseurs de soins de santé afin d’assurer un accès rehaussé et équitable aux SCS et aux SPD pour tous les individus de l’Ontario. Des vies en dépendent. Signataires : Richard Elliott, directeur général, Réseau juridique canadien VIH/sida Ryan Peck, directeur général, HIV & AIDS Legal Clinic Ontario Dre F. Gigi Osler, présidente, Association médicale canadienne Michael Villeneuve, directeur général, Association des infirmières et infirmiers du Canada Ian Culbert, directeur général, Association canadienne de santé publique Sarah Ovens, coordinatrice, Toronto Overdose Prevention Society En copie: L’honorable Doug Ford, premier ministre 1 Communiqué du Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, « Le gouvernement de l’Ontario dirige les toxicomanes vers des traitements et de la réinsertion », 22 octobre 2018, accessible à : https://news.ontario.ca/mohltc/en/2018/10/ontario-government-connecting-people-with-addictions-to-treatment-and-rehabilitation.html. 2 Santé publique Ontario, « Morbidité et mortalité liées aux opioïdes en Ontario » (23 mai 2018), accessible à : https://www.publichealthontario.ca/fr/dataandanalytics/pages/opioid.aspx#/trends.

Documents

Moins de détails

Lettre ouverte au premier ministre Doug Ford et à la ministre de la Santé Christine Elliott en appui aux sites de consommation supervisée et de prévention des surdoses

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique13931

Date
2018-08-30
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Date
2018-08-30
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
Text
Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre, Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous faire part de notre crainte pour la santé et le bien-être de certains des Ontariens les plus vulnérables, en réaction à la nouvelle que votre administration prévoit entreprendre un examen des preuves inutile sur le bien-fondé des sites de consommation supervisée (SCS)1, et à la nouvelle autrement plus inquiétante que vous prévoyez suspendre l’approbation de nouveaux sites de prévention des surdoses (SPS)2. Toutes les données disponibles, y compris un volume considérable de publications scientifiques évaluées par des pairs, démontrent de façon concluante que ces services de santé sauvent des vies et contribuent à améliorer l’état de santé des utilisateurs de drogues, notamment par l’accès accru aux traitements. Plutôt que de planifier un examen inutile et de retarder l’expansion de ces services, le gouvernement de l’Ontario devrait travailler de concert avec les organisations communautaires et les fournisseurs de soins de santé à accélérer cette expansion. Tout délai entraînera des décès par surdose et de nouvelles infections par le VIH, le virus de l’hépatite C et d’autres pathogènes qui auraient pu être évités. De multiples évaluations des données probantes ont déjà été effectuées, et ont conclu que les SCS et les SPS :
fournissent des services de santé essentiels en réduisant le nombre de décès par surdose et le partage du matériel d’injection (et le risque de propagation d’infections transmissibles par le sang associé);
améliorent l’accès au traitement de la toxicomanie et à d’autres services de santé essentiels;
contribuent au maintien de l’ordre public par une diminution des épisodes d’injection publique3. Comme vous le savez, le Canada est actuellement aux prises avec une crise majeure de surdoses d’opioïdes. En Ontario seulement, les décès par surdose associés aux opioïdes ont connu une hausse de 45 % en 2017, ce qui représente plus de trois décès par jour4. L’épidémie de surdoses d’opioïdes a même été appelée « la pire crise liée aux médicaments de toute l’histoire du Canada »5. Infections par le VIH, hépatite C et autres infections, décès par surdose : tous sont évitables, à condition de prendre les mesures appropriées. Il faudra notamment améliorer l’accès au traitement sur une base volontaire pour les cas de consommation problématique de médicaments (l’Ontario accuse un fort retard), tout en procédant à une expansion des services de réduction des préjudices fondés sur des données probantes comme les SCS et les SPS. Nous vous exhortons à suivre les recommandations des experts en santé publique, des cliniciens de première ligne, du personnel spécialisé en réduction des préjudices et des personnes qui ont une expérience vécue de la consommation de drogues. Plutôt que d’empêcher l’accès à des services qui pourraient sauver des vies, nous vous exhortons à collaborer avec les organisations communautaires et les autres fournisseurs de services de santé pour offrir à toute la population ontarienne un meilleur accès plus équitable aux sites de consommation supervisée et de prévention des surdoses. Signataires Aboriginal Legal Services ACAS – Asian Community AIDS Services Action Canada pour la santé et les droits sexuels Addictions and Mental Health Ontario Africains en partenariat contre le sida (APAA) AIDS Coalition of Nova Scotia AIDS Committee of Cambridge, Kitchener, Waterloo and Area AIDS Committee of Toronto AIDS Committee of Windsor AIDS Committee of York Region AIDS Vancouver Island Alliance pour des communautés en santé Association canadienne de santé publique Association canadienne des centres de santé communautaire Association canadienne pour la santé mentale – division de Thunder Bay Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario Association des infirmières et infirmiers du Canada Association des infirmiers et infirmières en réduction des méfaits Association médicale canadienne Atlantic Interdisciplinary Research Network on Social and Behavioural Issues in Hepatitis C and HIV Black Coalition for AIDS Prevention Breakaway Addiction Services Butterfly (Asian and Migrant Sex Workers Support Network) CACTUS Canadian Students for Sensible Drug Policy Casey House CATIE Centre de santé communautaire Côte-de-Sable Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) Centre for Social Innovation Centre on Drug Policy Evaluation Chinese and Southeast Asian Legal Clinic Cliniques juridiques communautaires – Ottawa Coalition interagence sida et développement (CISD) Comité du SIDA de North Bay et de la région Community Legal Assistance Sarnia Community YWCA of Muskoka Conseil canadien de surveillance et d’accès aux traitements Courage Co-Lab inc. Direction 180 Dopamine Dr. Peter AIDS Foundation Elevate NWO Elgin-Oxford Legal Clinic Four Counties Addiction Services Team Gerstein Crisis Centre Guelph Community Health Centre Haliburton, Kawartha, Pine Ridge Drug Strategy Halifax Area Network of Drug Using People (HANDUP) Health Providers Against Poverty HIV & AIDS Legal Clinic Ontario HIV Edmonton HIV/AIDS Regional Services HIV/AIDS Resources and Community Health Houselink Community Homes Housing Action Now Huron Perth Community Legal Clinic Income Security Advocacy Centre (ISAC) Initiative canadienne de recherche sur l’abus de substances – Prairies Injured Workers Community Legal Clinic Inner City Health and Wellness Program Institut Broadbent Interfaith Coalition to Fight Homelessness Kensington-Bellwoods Community Legal Services L’Anonyme L’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (RNAO) Lake Country Community Legal Clinic Lakeside HOPE House Lanark County Interval House Legal Clinic of Guelph and Wellington County Maggie’s: The Toronto Sex Workers Action Project Maison Fraternité Mental Health Consumer Survivor Project for Simcoe County Mission Services of Hamilton Mississauga Community Legal Services MODIFY: Drug Insight From Youth Moms Stop the Harm mumsDU – moms united and mandated to saving the lives of Drug Users Native Youth Sexual Health Network Neighbourhood Legal Services (London & Middlesex) Nipissing Community Legal Clinic OHIP for All Ontario AIDS Network (OAN) Ontario Positive Asians (OPA+) Ottawa Salus Overdose Prevention Ottawa Parkdale Activity-Recreation Centre Parkdale Community Legal Services Parkdale Queen West Community Health Centre PASAN PHS Community Services Society Planned Parenthood Toronto Queer Ontario Racial Health Equity Network Réalise Reelout Arts Project Regent Park Community Health Centre Regional HIV/AIDS Connection Réseau canadien autochtone du sida Réseau canadien des personnes séropositives Réseau juridique canadien VIH/sida Rideauwood Addiction and Family Services Services de toxicomanie de Thames Valley Société canadienne du sida South Riverdale Community Health Centre Stonegate Community Health Centre Street Health Students for Sensible Drug Policy – Ryerson Superior North Emergency Medical Service Syme Woolner Neighbourhood and Family Centre Tanner Steffler Foundation The Children’s Aid Society of the District of Thunder Bay Thunder Bay Catholic District School Board Thunder Bay Drug Strategy Timmins-Temiskaming Community Legal Clinic Toronto Overdose Prevention Society Toronto People With AIDS Foundation Waterloo Region Community Legal Services WellFort Community Health Services West Neighbourhood House West Toronto Community Legal Services Women and HIV/AIDS Initiative – Ontario YW Kitchener–Waterloo YWCA Hamilton YWCA Niagara Region YWCA Toronto Notes de fin 1 Merali, F. « PCs “playing politics with people’s lives” on injection sites, drug policy expert warns », CBC News, 4 août 2018. [En ligne]. Accessible ici : www.cbc.ca/news/canada/toronto/supervised-injection-sites-waiting-1.4771143. 2 Bueckert, K. « Ontario puts new overdose prevention sites approvals on hold », CBC News, 11 août 2018. [En ligne]. Accessible ici : www.cbc.ca/news/canada/kitchener-waterloo/ontario-overdose-prevention-sites-approval-hold-1.4782132. 3 P. ex., Kennedy, M., M. Karamouzian et T. Kerr. « Public Health and Public Order Outcomes Associated with Supervised Drug Consumption Facilities: A Systematic Review », Current HIV/AIDS Reports, 2017; vol. 14, no 5, p. 161-183. doi: 10.1007/s11904-017-0363-y. [En ligne]. Accessible ici : www.salledeconsommation.fr/_media/public-health-and-public-order-outcomes-associated-with-supervised-drug-consumption-facilities-a-systematic-review.pdf. 4 Santé publique Ontario. Morbidité et mortalité liées aux opioïdes en Ontario, 23 mai 2018. [En ligne]. Accessible ici : https://www.publichealthontario.ca/fr/dataandanalytics/pages/opioid.aspx. 5 Municipal Drug Strategy Coordinators’ Network of Ontario. « Opioid Epidemic: Call for Urgent Action That Can Save Lives Now », 9 décembre 2015.

Documents

Moins de détails

Charte canadienne de la santé des enfants et des jeunes

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique10327

Dernière révision
2018-03-03
Date
2007-05-29
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Dernière révision
2018-03-03
Date
2007-05-29
Thèmes
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
LA SANTÉ DES ENFANTS ET DES JEUNES AU CANADA LEUR CHARTE — NOTRE DÉFI « Rien n'est plus révélateur de l’âme d’une société que sa façon de traiter ses enfants. » Nelson Mandela « Une génération plante les arbres et c’est une autre qui profite de l’ombre. » Proverbe chinois Les enfants et les jeunes ont toujours été une priorité pour les médecins du Canada – l’Initiative sur la santé des enfants et des jeunes lancée par l’Association médicale canadienne, la Société canadienne de pédiatrie et le Collège des médecins de famille du Canada en témoignent. Nos trois organisations ont conjugué leurs efforts pour lancer en novembre 2006 l’Initiative sur la santé des enfants et des jeunes. En septembre 2004, les premiers ministres du Canada se sont engagés à « améliorer l’état de santé de la population canadienne en s’alliant avec des experts », engagement qui a débouché sur un accord comportant des objectifs de santé pour le Canada, dont le premier est : « Nos enfants atteignent leur plein potentiel et grandissent heureux, confiants, en santé et en sécurité. » Sur la scène internationale, la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant énonce les droits généraux des enfants et des jeunes, y compris le droit à l'état de santé le meilleur possible et l'accès aux établissements de traitement de la maladie et de rétablissement de la santé. Nous devons à nos enfants et à nos jeunes de formuler maintenant des buts et des objectifs tangibles dans le domaine de la santé. Dès le début du partenariat, nous savions parfaitement qu’une vaste coalition de société était le seul moyen d’atteindre l’objectif général, soit l’excellence en santé des enfants et des jeunes au Canada. Pour que la santé des enfants et des jeunes devienne une priorité nationale, il faut établir une coalition de promoteurs de la santé des enfants et des jeunes qui regroupe les gouvernements, les parents, les prestateurs de soins de santé, les milieux d’affaires, les écoles, les enseignants et les communautés. Pour lancer le processus, nous avons créé la Charte canadienne de la santé des enfants et des jeunes. Ensuite, comme une charte ne suffira pas à elle seule pour réaliser la vision, soit que les enfants et les jeunes du Canada comptent parmi ceux qui sont en meilleure santé au monde, nous avons lancé le Défi Santé des enfants et des jeunes du Canada, qui se veut un plan d'action pour la Charte. Nous croyons qu'ensemble, ces deux mesures aideront à créer une coalition de promoteurs de la santé des enfants et des jeunes parce qu’elles offrent un point de ralliement aux personnes qui peuvent faire une différence dans ce domaine. La crédibilité et la réussite de la Charte et du Défi passent par une vaste consultation inclusive et un engagement de la société en général envers la santé des enfants et des jeunes. Le Sommet sur la santé des enfants et des jeunes, les 25 et 26 avril 2007, a permis de procéder à une consultation et de susciter un engagement à faire une différence pour la santé des enfants et des jeunes. Ce document contient la Charte canadienne de la santé des enfants et des jeunes, qui a été un des points de convergence du Sommet. Le Défi Santé des enfants et des jeunes du Canada et la Déclaration canadienne sur la santé des enfants et des jeunes sont les autres éléments de notre engagement et une promesse d’intervenir en faveur des enfants du Canada. On trouvera ces documents sur www.nosenfants.ca. La Charte canadienne de la santé des enfants et des jeunes En 2005, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada ont établi des objectifs de santé pancanadiens, dont le premier est le suivant : «Le Canada est un pays où vos enfants atteignent leur plein potentiel et grandissent heureux, confiants, en santé et en sécurité.» Afin de réaliser ce potentiel, les enfants et les jeunes doivent grandir à un endroit où ils peuvent s’épanouir – sur les plans spirituel, affectif, physique et intellectuel – et obtenir des soins de santé de grande qualité lorsqu’ils en ont besoin. Cet endroit doit comporter trois éléments fondamentaux : un environnement sécuritaire et protégé; une bonne santé et un développement sain; un éventail complet de ressources de santé disponibles pour tous. Il faut offrir aux enfants et aux jeunes des populations distinctes du Canada, y compris ceux des Premières nations et les enfants et les jeunes inuits et métis, les mêmes possibilités qu’aux autres enfants du Canada, par des services adaptés sur le plan culturel. Le Canada doit devenir : 1. un endroit qui offre un environnement sécuritaire et protégé : a) eau, air et sol propres; b) protection contre les blessures, l’exploitation et la discrimination; c) familles, foyers et communautés en santé; 2. un endroit où un enfant peut être en bonne santé et se développer sainement : a) soins prénataux et maternels pour qu’il ait la meilleure santé possible à la naissance; b) nutrition nécessaire pour bien grandir et se développer et être en santé à long terme; c) possibilités d’apprentissage au cours de la petite enfance et soins de grande qualité, à la maison et dans la communauté; d) possibilités de participer à des activités physiques et encouragement nécessaire à cette fin; e) éducation primaire et secondaire de grande qualité; f) éducation postsecondaire abordable et disponible; g) engagement envers le mieux-être social et la santé mentale; 3. un endroit qui offre un éventail complet de ressources de santé : a) soins de santé de base, y compris immunisation, médicaments et soins de santé dentaire; b) soins de santé mentale et programmes d’aide en bas âge pour les enfants et les adolescents; c) accès en temps opportun à des services spécialisés de diagnostic et de santé; d) mesure et suivi de la santé des enfants et des adolescents; e) recherche sur les besoins des enfants et des adolescents; f) soins ininterrompus à mesure que les jeunes passent aux services de santé pour adultes et entre les secteurs des soins actifs, chroniques et communautaires, de même qu'entre les régions du pays. NOTES 1. Les principes de la Charte s’appliquent à tous les enfants et les jeunes du Canada sans égard à la race, à l’origine ethnique, aux croyances, à la langue, au sexe, aux capacités physiques, aux capacités mentales, aux antécédents culturels ou au vécu. 2. Les principes enchâssés dans tous les énoncés d'objectifs comprennent les suivants : a. Universalité : La Charte s’applique également à tous les enfants et les jeunes qui habitent le Canada et couvre tous les enfants et les jeunes de 0 à 18 ans. b. Sans fardeau financier : Tous les enfants et les jeunes du Canada doivent avoir accès aux soins de santé, aux services de santé et aux médicaments dont ils ont besoin sans égard à la capacité de payer. c. Libre accès : Tous les enfants et les jeunes, sans égard à leur capacité ou aux circonstances, doivent avoir un accès approprié à des soins de santé et des services de santé optimaux. d. Mesure et surveillance : Des ressources appropriées seront disponibles pour assurer la collecte continue et adéquate de données sur les enjeux qui ont des répercussions sur la santé ou le développement des enfants et des jeunes. e. Communautés sécuritaires et protégées : Les communautés du Canada doivent créer un environnement sécuritaire et protégé où les enfants et les jeunes peuvent grandir. 3. La présente charte vise à faciliter l’élaboration de buts, d’objectifs, d’interventions et de moyens de représentation spécifiques qui amélioreront de façon quantifiable la santé des enfants et des jeunes partout au Canada. 4. La réussite sera déterminée par des buts et des objectifs simples, quantifiables, atteignables et opportuns à l’égard de chacun des 16 énoncés contenus dans la Charte. 5. La première version de la Charte a été produite par les médecins du Canada, qui se sont concentrés sur ce que les médecins peuvent faire le mieux pour améliorer la santé des enfants et des jeunes, mais on encourage et on souhaite l’appui et la participation de toutes les personnes et de tous les groupes qui s’intéressent à la santé des enfants et des jeunes. 6. Les interventions et les mesures de représentation fondées sur la Charte s’adresseront principalement aux gouvernements, organismes ou particuliers qui, en vertu de lois, de règlements ou de politiques, peuvent instaurer des changements pour les enfants. 7. La Charte n’est pas un document légal. Elle représente un engagement des promoteurs de la santé des enfants et des jeunes du Canada envers la santé et le mieux-être de tous les enfants et de tous les jeunes du pays. Organisations ayant donné leur aval à la Charte Au 9 octobre 2007, les organisations suivantes avaient donné leur aval à la Charte des enfants et des jeunes. Academie canadienne de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Alliance nationale pour les enfants Association canadienne des centres de santé pédiatriques Association canadienne des institutions de santé universitaires Association canadienne des soins de santé Association des pharmaciens du Canada Association médicale canadienne Association médicale de Terre-Neuve-et-Labrador Centres d'excellence pour le bien-être des enfants Centre pour la science dans l’intérêt public Clubs garçons et filles du Canada Coalition canadienne pour la santé des enfants et des jeunes Collège des médecins de famille du Canada Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada Déjeuner pour apprendre Institut canadien de la santé infantile Inuit Tapiriit Kanatami Landon Pearson Resource Centre for the Study of Childhood and Children's Rights Muttart Foundation Organisation nationale anti-pauvreté Paediatric Chairs of Canada Sécuri-jeunes Canada, le programme national de prévention des blessures de l'hôpital Sick Children Silken's ActiveKids Movement et Silken and Company Productions Société canadienne de pédiatrie Société canadienne de psychologie

Documents

Moins de détails

Directives canadiennes d’usage de cannabis à faible risque

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique13726

Date
2017-05-26
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Date
2017-05-26
Thèmes
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
Text
Directives canadiennes d’usage de cannabis à faible risque Recommandations
L’usage de cannabis comporte des risques pour ta santé que tu peux éviter en t’abstenant de prendre du cannabis
Attends d’être plus âgé/âgée avant de commencer à prendre du cannabis
Trouve des produits de cannabis à faible risque
Évite les cannabinoïdes synthétiques
Évite de fumer du cannabis brûlé – choisis des modes d’usage sécuritaires
Si tu fumes du cannabis, évite les pratiques d’inhalation nocives
Réduis ta fréquence d’usage de cannabis
Ne prends pas de cannabis avant de conduire un véhi­cule motorisé ou d’utiliser une autre machine
Évite complètement le cannabis si tu es vulnérable aux problèmes de santé mentale ou si tu es enceinte
Évite de combiner les risques décrits plus haut Référence summary Fischer, B., C. Russell, P. Sabioni, W. van den Brink, B. Le Foll, W. Hall, J. Rehm et R. Room. (2017). « Lower-Risk Cannabis Use Guidelines (LRCUG): An evidence-based update ». American Journal of Public Health, vol. 107, no 8. DOI: 10.2105/AJPH.2017.303818. Approbations summary Les directives canadiennes d’usage de cannabis à faible risque ont été approuvées par les organismes suivants : Conseil des médecins hygiénistes en chef (appui de principe) Remerciements Les directives canadiennes d’usage de cannabis à faible risque sont le fruit d’un projet d’intervention fondé sur des données probantes, réalisé par l’Initiative canadienne de recherche sur l’abus de substances (ICRAS) et financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Professionnels de la santé, vous trouverez un sommaire plus détaillé de ces directives dans le site camh.ca. Prendre du cannabis est un choix personnel. Or, la prise de cannabis comporte des risques pour ta santé et ton bien-être. Suis ces recomman­dations pour réduire tes risques. Prendre du cannabis est un choix personnel. Or, la prise de cannabis comporte des risques pour ta santé et ton bien-être. Suis ces recomman­dations pour réduire tes risques. Risques pour la santé liés à l’usage de cannabis Selon de solides preuves scientifiques, l’usage de cannabis est associé à divers risques pour la santé. Ces risques dépendent de ta constitution, du type de can­nabis que tu prends, de la manière dont tu le prends et de ta fréquence d’utilisation. Les principaux risques pour ta santé sont les suivants :
difficultés à réfléchir, problèmes de mémoire ou de coordination physique ;
facultés affaiblies ou hallucinations ;
blessures mortelles et non mortelles, dont celles causées par des accidents automo­biles dus aux facultés affaiblies ;
problèmes de santé mentale et dépendance au cannabis ;
problèmes respiratoires ou pulmonaires chroniques ;
troubles de la reproduction. Si tu choisis d’utiliser du cannabis, tu peux réduire les risques pour ta santé. Pour ce faire, suis ces 10 recommandations des scientifiques portant sur l’usage non médical de cannabis. L’usage de cannabis comporte des risques pour ta santé que tu peux éviter en t’abstenant de prendre du cannabis Pour éviter tout risque, ne prends pas de cannabis. Si tu choisis d’en prendre, tu cours des risques à la fois immédiats et à long terme pour ta santé et ton bien-être. Chaque fois que tu t’abstiens de prendre du cannabis, tu évites les risques qui y sont liés. Attends d’être plus âgé/âgée avant de commencer à prendre du cannabis Si tu commences à prendre du cannabis à un jeune âge, surtout avant tes 16 ans, tu augmentes tes risques de dévelop­per des problèmes sociaux, de santé et d’apprentissage. Évite de prendre du cannabis pendant ton adolescence. En général, plus tu retardes ta première prise de cannabis, moins tu risques d’avoir des problèmes. Trouve des produits de cannabis à faible risque Le cannabis dont la puissance est élevée – c’est-à-dire le can­nabis à forte concentration de tétrahydrocannabinol (THC) – présente pour l’usager un risque plus élevé de méfaits. Certains produits du cannabis ont une plus forte concentration de can­nabidiol (CBD), lequel agit contre certains des effets néfastes du THC. Autrement dit, les produits à teneur élevée en CBD comportent moins de risques que les produits à teneur élevée en THC. Sache reconnaître le produit que tu prends : dans l’idéal, choisis celui qui a le moins de risques de méfaits. Évite les cannabinoïdes synthétiques Comparés au cannabis naturel, les produits synthétiques (p. ex., « K2 », « Spice ») peuvent causer des problèmes de santé plus graves, voire la mort. Si tu prends du cannabis, choisis le cannabis naturel et évite tout produit synthétique. Évite de fumer du cannabis brûlé – choisis des modes d’usage sécuritaires Fumer du cannabis brûlé (dans un joint par exemple), surtout lorsqu’il est combiné à du tabac, peut endommager tes pou­mons et ton système respiratoire. Choisis plutôt un vaporisa­teur ou un aliment contenant du cannabis, tout en sachant que ceux-ci ne sont pas non plus sans risques. Par exemple, les aliments contenant du cannabis sont certes moins dangereux pour tes poumons, mais tu pourrais ingérer une dose de can­nabis plus élevée et éprouver des perturbations plus graves à cause de l’effet psychoactif retardé. Si tu fumes du cannabis, évite les pratiques d’inhalation nocives Si tu fumes du cannabis, évite de prendre de grandes bouffées ou de retenir ta respiration. Bien que ces gestes intensifient l’effet psychoactif, ils augmentent également la quantité de substances toxiques absorbée par tes poumons et ton corps. Réduis ta fréquence d’usage de cannabis L’usage fréquent (chaque jour ou presque) de cannabis est fortement lié à un risque plus élevé de problèmes sociaux et de santé. Que tu le fasses seul/e ou avec d’autres personnes ou amis avec qui tu as l’habitude de prendre du cannabis, utilise le cannabis occasionnellement, par exemple, seulement les fins de semaine ou un seul jour par semaine. Ne prends pas de cannabis avant de conduire un véhicule motorisé ou d’utiliser une autre machine La conduite avec facultés affaiblies par le cannabis augmente considérablement tes risques d’avoir un accident automobile entraînant des blessures ou la mort. Ne prends pas le volant et garde-toi de faire fonctionner toute autre machine après avoir pris du cannabis. Attends au moins six heures après en avoir pris, même plus longtemps au besoin. Prendre du cannabis et de l’alcool en même temps affaiblit encore davantage tes facultés. Assure-toi d’éviter cette combinaison si tu envisages de prendre le volant. Évite complètement le cannabis si tu es vulnérable aux problèmes de santé mentale ou si tu es enceinte Certaines personnes ayant un profil de risque particulier doivent éviter de prendre du cannabis. Si toi ou un membre de ta famille immédiate avez eu des troubles de psychose ou de toxicomanie, tes risques d’avoir un problème de santé mentale lié au cannabis augmentent. Tu dois donc t’abstenir de prendre du cannabis. Les femmes enceintes ne doivent pas prendre de cannabis du tout, car ce dernier peut endommager le fœtus ou le nouveau-né. Évite de combiner les risques décrits plus haut Lorsque tu prends du cannabis, plus ton comportement est risqué, plus tu risques de te faire du mal. Par exemple, si tu commences à prendre du cannabis à un jeune âge ou si tu fumes du cannabis très puissant tous les jours, le risque d’avoir des problèmes immédiats et à long terme est multiplié. Évite de combiner ce genre de choix à risque élevé. Comment réduire les risques pour ta santé liés à l’usage de cannabis © 2017 CAMH 5638 / 06-2017

Documents

Moins de détails

Carter : mémoire de l' AMC sur l’euthanasie et l’aide à mourir [Contenu anglais]

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique13935

Dernière révision
2011-03-05
Date
2014-08-19
Thèmes
Éthique et professionnalisme médical
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  

Insite : mémoire de l'AMC sur le site d’injection supervisée Insite et son programme

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique14129

Date
2011-02-17
Thèmes
Soin de santé et sécurité des patients
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
  1 document  
Type de politique
Mémoire devant la Cour
Date
2011-02-17
Thèmes
Soin de santé et sécurité des patients
Produits pharmaceutiques, ordonnances, cannabis, marijuana, médicaments
Text
Numéro de dossier de la CSC : 33556 COUR SUPRÊME DU CANADA (APPEL D’UNE DÉCISION DE LA COUR D’APPEL DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE) ENTRE : LE PROCUREUR GÉNÉRAL DU CANADA ET LE MINISTRE DE LA SANTÉ DU CANADA Appelants (Appelants/Intimés au pourvoi incident) — et — PHS COMMUNITY SERVICES SOCIETY, DEAN EDWARD WILSON et SHELLY TOMIC, VANCOUVER AREA NETWORK OF DRUG USERS (VANDU) Intimés (Intimés/Appelants au pourvoi incident) — et — PROCUREUR GÉNÉRAL DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE Intimé (Intimé) — et — PROCUREUR GÉNÉRAL DU QUÉBEC, DR. PETER AIDS FOUNDATION, VANCOUVER COASTAL HEALTH AUTHORITY, ASSOCIATION CANADIENNE DES LIBERTÉS CIVILES, RÉSEAU JURIDIQUE CANADIEN VIH/SIDA, INTERNATIONAL HARM REDUCTION ASSOCIATION ET CACTUS MONTRÉAL, ASSOCIATION DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS DU CANADA, ASSOCIATION DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS AUTORISÉS DE L’ONTARIO ET ASSOCIATION OF REGISTERED NURSES OF BRITISH COLUMBIA, ASSOCIATION CANADIENNE DE SANTÉ PUBLIQUE, ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE, BRITISH COLUMBIA CIVIL LIBERTIES ASSOCIATION, BRITISH COLUMBIA NURSES’ UNION Intervenants MÉMOIRE DE L’INTERVENANTE, L’ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE BORDEN LADNER GERVAIS LLP 100, rue Queen – bureau 1100 Ottawa (Ontario) K1P 1J9 Guy J. Pratte/Nadia Effendi Tél. : 613 237-5160 Téléc. : 613 230-8842 Avocats de l’intervenante, l’Association médicale canadienne DESTINATAIRE : Roger Bilodeau, c.r. REGISTRAIRE COUR SUPRÊME DU CANADA AUTRES DESTINATAIRES : Robert J. Frater Procureur général du Canada Édifice de la Banque du Canada 234, rue Wellington, local 1161 Ottawa (Ontario) K1A 0H8 Téléphone : 613 957-4763 Télécopie : 613 954-1920 Courriel : robert.frater@justice.gc.ca Avocat de l’appelant/intimé au pourvoi incident, le procureur général du Canada Robert J. Frater Procureur général du Canada Édifice de la Banque du Canada 234, rue Wellington, local 1161 Ottawa (Ontario) K1A 0H8 Téléphone : 613 957-4763 Télécopie : 613 954-1920 Courriel : robert.frater@justice.gc.ca Avocat de l’appelant/intimé au pourvoi incident, le ministre de la Santé du Canada Joseph H. Arvay, c.r. Arvay Finlay 1350 – 355, rue Burrard Vancouver (Colombie-Britannique) V6C 2G8 Téléphone : 604 689-4421 Télécopie : 604 687-1941 Courriel : jarvay@arvayfinlay.com Avocat de l’intimé, PHS Community Services Society Jeffrey W. Beedell McMillan LLP 300 – 50, rue O’Connor Ottawa (Ontario) K1P 6L2 Téléphone : 613 232-7171 Télécopie : 613 231-3191 Courriel : jeff.beedell@mcmillan.ca Représentant de l’intimé, PHS Community Services Society Joseph H. Arvay, c.r. Arvay Finlay 1350 – 355, rue Burrard Vancouver (Colombie-Britannique) V6C 2G8 Téléphone : 604 689-4421 Télécopie : 604 687-1941 Courriel : jarvay@arvayfinlay.com Avocat des intimés, Dean Edward Wilson et Shelly Tomic John W. Conroy, c.r. Conroy & Company 2459, rue Pauline Abbotsford (Colombie-Britannique) V2S 3S1 Téléphone : 604 852-5110 Télécopie : 604 859-3361 Courriel : jconroy@johnconroy.com Avocat de l’intimé/appelant au pourvoi incident, Vancouver Area Network of Drug Users (VANDU) Craig E. Jones Procureur général de la Colombie-Britannique 1001, rue Douglas, 6e étage Victoria (Colombie-Britannique) V8V 1X4 Téléphone : 250 387-3129 Télécopie : 250 356-9154 Courriel : craig.jones@gov.bc.ca Avocat de l’intimé, le procureur général de la Colombie-Britannique Hugo Jean Procureur général du Québec 1200, route de l’Église, 2e étage Sainte-Foy (Québec) G1V 4MI Téléphone : 418 643-1477 Télécopie : 418 644-7030 Courriel : hjean@justice.gouv.qc.ca Avocat de l’intervenant, le procureur général du Québec Jeffrey W. Beedell McMillan LLP 300 – 50, rue O’Connor Ottawa (Ontario) K1P 6L2 Téléphone : 613 232-7171 Télécopie : 613 231-3191 Courriel : jeff.beedell@mcmillan.ca Représentant des intimés, Dean Edward Wilson et Shelly Tomic Henry S. Brown, c.r. Gowling Lafleur Henderson LLP 2600 – 160, rue Elgin C.P. 466, succursale « D » Ottawa (Ontario) KIP 1C3 Téléphone : 613 233-1781 Télécopie : 613 788-3433 Courriel : henry.brown@gowlings.com Représentant de l’intimé/appelant au pourvoi incident, Vancouver Area Network of Drug Users (VANDU) Robert E. Houston, c.r. Burke-Robertson 70, rue Gloucester Ottawa (Ontario) K2P 0A2 Téléphone : 613 566-2058 Télécopie : 613 235-4430 Courriel : rhouston@burkerobertson.com Représentant de l’intimé, le procureur général de la Colombie-Britannique Pierre Landry Noël & Associés 111, rue Champlain Gatineau (Québec) J8X 3R1 Téléphone : 819 771-7393 Télécopie : 819 771-5397 Courriel : p.landry@noelassocies.com Représentant de l’intervenant, le procureur général du Québec Andrew I. Nathanson Fasken Martineau DuMoulin LLP 2900 – 550, rue Burrard Vancouver (Colombie-Britannique) V6C 0A3 Téléphone : 604 631-4908 Télécopie : 604 631-3232 Avocat de l’intervenant, Dr. Peter AIDS Foundation Ryan D. W. Dalziel Bull, Housser & Tupper LLP 3000 – 1055, rue Georgia Ouest Vancouver (Colombie-Britannique) V6E 3R3 Téléphone : 604 641-4881 Télécopie : 604 646-2671 Courriel : rdd@bht.com Avocat de l’intervenante, British Columbia Civil Liberties Association Sheila Tucker Davis LLP 2800 Park Place 666, rue Burrard Vancouver (Colombie-Britannique) V6C 2Z7 Téléphone : 604 643-2980 Télécopie : 604 605-3781 Courriel : stucker@davis.ca Avocate de l’intervenante, Vancouver Coastal Health Authority Paul F. Monahan Fasken Martineau DuMoulin LLP 333, rue Bay, bureau 2400 Bay Adelaide Centre, C.P. 20 Toronto (Ontario) M5H 2T6 Téléphone : 416 366-8381 Télécopie : 416 364-7813 Courriel : pmonahan@fasken.com Avocat de l’intervenante, Association canadienne des libertés civiles Scott M. Prescott Fasken Martineau DuMoulin LLP 1300 – 55, rue Metcalfe Ottawa (Ontario) K1P 6L5 Téléphone : 613 236-3882 Télécopie : 613 230-6423 Courriel : sprescott@fasken.com Représentant de l’intervenant, Dr. Peter AIDS Foundation Brian A. Crane, c.r. Gowling Lafleur Henderson LLP 2600 – 160, rue Elgin Ottawa (Ontario) K1P 1C3 Téléphone : 613 233-1781 Télécopie : 613 563-9869 Courriel : brian.crane@gowlings.com Représentant de l’intervenante, British Columbia Civil Liberties Association Marie-France Major McMillan LLP 300 – 50, rue O’Connor Ottawa (Ontario) K1P 6L2 Téléphone : 613 232-7171 Télécopie : 613 231-3191 Courriel : marie-france.major@mcmillan.ca Représentante de l’intervenante, Vancouver Coastal Health Authority Julia Kennedy Fasken Martineau DuMoulin LLP 55, rue Metcalfe, Bureau 1300 Ottawa (Ontario) K1P 6L5 Téléphone : 613 236-3882 Télécopie : 613 230-6423 Courriel : jkennedy@fasken.com Représentante de l’intervenante, Association canadienne des libertés civiles Michael A. Feder McCarthy Tétrault LLP 777 Dunsmuir Street, bureau 1300 Vancouver (Colombie-Britannique) V7Y 1K2 Téléphone : 604 643-5983 Télécopie : 604 622-5614 Courriel : mfeder@mccarthy.ca Avocat des intervenants, Réseau juridique canadien VIH/sida, International Harm Reduction Association et CACTUS Montréal Rahool P. Agarwal Ogilvy Renault LLP 3800 – 200, rue Bay Toronto (Ontario) M5J 2Z4 Téléphone : 416 216-3943 Télécopie : 416 216-3930 Courriel : ragarwal@ogilvyrenault.com Avocat des intervenantes, Association des infirmières et infirmiers du Canada, Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario et Association of Registered Nurses of British Columbia Owen M. Rees Stockwoods LLP 77, rue King Ouest Bureau 4130, C.P. 140 Toronto (Ontario) M5K 1H1 Téléphone : 416 593-7200 Télécopie : 416 593-9345 Courriel : owenr@stockwoods.ca Avocat de l’intervenante, Association canadienne de santé publique Brenda C. Swick McCarthy Tétrault LLP 200 - 440 Laurier Avenue West Ottawa (Ontario) K1R 7X6 Téléphone : 613 238-2000 Télécopie : 613 563-9386 Représentante des intervenants, Réseau juridique canadien VIH/sida, International Harm Reduction Association et CACTUS Montréal Sally A. Gomery Ogilvy Renault LLP 1500 – 45, rue O’Connor Ottawa (Ontario) KIP lA4 Téléphone : 613 780-8661 Télécopie : 613 230-5459 Courriel : sgomery@ogilvyrenault.com Représentante des intervenantes, Association des infirmières et infirmiers du Canada, Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario et Association of Registered Nurses of British Columbia Dougald E. Brown Nelligan O’Brien Payne LLP 1500 – 50, rue O’Connor Ottawa (Ontario) KIP 6L2 Téléphone : 613 231-8210 Télécopie : 613 788-3661 Courriel : dougald.brown@nelligan.ca Représentant de l’intervenante, Association canadienne de santé publique Marjorie Brown Victory Square Law Office 100, rue Pender Ouest Bureau 500 Vancouver (Colombie-Britannique) V6B 1R8 Téléphone : 604 684-8421 Télécopie : 604 684-8427 Courriel : mbrown@vslo.ca Avocate de l’intervenant, British Columbia Nurses’ Union Michael A. Chambers Maclaren Corlett 50, rue O’Connor, bureau 1625 Ottawa (Ontario) KIP 6L2 Téléphone : 613 233-1146 Télécopie : 613 233-7190 Courriel : mchambers@macorlaw.com Avocat de l’intervenant, REAL Women of Canada Colleen Bauman Sack Goldblatt Mitchell LLP 500 – 30, rue Metcalfe Ottawa, Ontario KIP 5L4 Téléphone : 613 235-5327 Télécopie : 613 235-3041 Courriel : cbauman@sgmlaw.com Représentante de l’intervenant, British Columbia Nurses’ Union TABLE DES MATIÈRES Partie I – Exposé des faits .1 A. Aperçu 1 B. Intérêt de l’Association médicale canadienne dans l’appel 1 C. Position de l’Association médicale canadienne à l’égard des faits 2 Partie II – Énoncé des questions en litige 3 Partie III – Exposé des arguments 3 A. L’interprétation de la Charte canadienne des droits et libertés doit être axée sur la réalité et non sur une idéologie 3 B. Les dispositions contestées portent atteinte à l’article 7 de la Charte 5 1) Le déni d’accès à des soins de santé nécessaires est contraire à l’article 7 de la Charte 5 2) Il y a eu atteinte aux droits à la vie et à la sécurité des patients 6 3) Les toxicomanes n’ont pas renoncé à leur droit légal et constitutionnel d’être traités 6 4) Il y a eu atteinte au droit à la liberté des intimés (personnes physiques) 8 5) Les principes de justice fondamentale n’ont pas été respectés 9 a) Les dispositions attaquées sont arbitraires 9 b) Les dispositions attaquées sont trop générales 9 C. S’il y a atteinte aux droits garantis à l’article 7, l’article 1 de la Charte ne saurait justifier la Loi 10 D. Redressement 10 Partie IV – Demandes relatives aux dépens 10 Partie V – Ordonnance sollicitée 11 Partie VI – Tableau des sources 12 Partie VII – Lois, règles et règlements 14 PARTIE I – EXPOSÉ DES FAITS A. Aperçu 1. L’accès juste et équitable aux soins de santé nécessaires et fondés sur des données probantes est d’une importance fondamentale pour les patients et les médecins canadiens, ce que la Cour a reconnu dans l’arrêt Chaoulli. 2. Quand la vie ou la sécurité d’une personne est menacée en raison d’un problème de santé tel que la toxicomanie, la Cour doit circonscrire les obligations constitutionnelles du gouvernement ou du législateur d’après les faits. Les partis pris idéologiques sans fondement sur la moralité du patient ne doivent jamais l’emporter sur les avis cliniques fondés sur la recherche médicale reconnue, à défaut de quoi on met arbitrairement en péril la vie, la liberté et la sécurité des patients, ce qui est contraire à l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés (« la Charte »). 3. La position des appelants voulant que les toxicomanes aient renoncé à tout droit d’accès aux soins médicaux est l’antithèse de la raison d’être du système de santé canadien; elle est contraire aux obligations du gouvernement fédéral énoncées à l’article 7 de la Charte. 4. Ni le droit législatif ni la Constitution n’autorisent l’État à refuser l’accès aux soins de santé en raison de choix de « mode de vie » ou par l’effet d’un renoncement présumé à des droits légaux ou constitutionnels. B. Intérêt de l’Association médicale canadienne dans l’appel 5. L’Association médicale canadienne (l’« AMC ») est la voix nationale des médecins canadiens, forte de plus de 74 000 membres d’un bout à l’autre du pays. Elle a pour mission de servir et d’unir les médecins du Canada et de défendre sur la scène nationale, en partenariat avec la population canadienne, les normes les plus élevées de santé et de soins de santé. 6. La réduction des préjudices est un pilier essentiel de la politique générale de l’AMC en matière de prévention des maladies et de promotion de la santé publique. De plus, l’AMC possède une expertise distincte et de vastes connaissances sur de nombreux aspects des lois et des politiques concernant la réduction des préjudices comme méthode de soins de santé éthique et justifiée cliniquement. C. Position de l’Association médicale canadienne à l’égard des faits 7. Par l’effet d’une ordonnance datée du 17 février 2011, l’AMC a été autorisée à intervenir dans le présent appel. 8. L’AMC ne conteste pas les faits déclarés par les intimés. 9. L’appel en l’espèce découle d’actions séparées introduites par certains des intimés sollicitant une mesure qui les dispenserait d’avoir à obtenir une exemption auprès du ministre fédéral de la Santé en vertu de l’article 56 de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (la « Loi »), L.C. 1996, ch. 19. Ainsi, lorsqu’ils se trouvaient dans le site d’injection sécuritaire de Vancouver (l’« Insite »), les patients utilisateurs de drogues n’étaient pas passibles de poursuite pour possession de substance désignée en infraction à l’article 4(1) de la Loi et le personnel ne l’était pas pour trafic de substances en infraction à l’article 5(1). Les exemptions initiales, fondées sur la « nécessité d’un but scientifique », furent accordées pour une période de trois ans commençant le 12 septembre 2003. Elles furent prolongées par la suite jusqu’au 31 décembre 2007, puis jusqu’au 30 juin 2008. L’existence de l’Insite dépendait de ces exemptions. Toutefois, il n’y a pas eu d’autres prolongations. 10. Les intimés, en plus d’invoquer la division des pouvoirs, ont fait valoir que les articles 4(1) et 5(1) de la Loi ne respectaient pas l’article 7 de la Charte, étaient inconstitutionnels et devaient être invalidés. Le juge de première instance et la Cour d’appel leur ont donné raison. 11. Le juge de première instance a conclu que les articles 4(1) et 5(1) de la Loi étaient contraires à l’article 7 de la Charte et les a déclarés nuls et non avenus. 12. Dans l’appel du procureur général du Canada et dans le pourvoi incident des intimés, PHS, Wilson et Tomic, la majorité de la Cour d’appel a déclaré les articles 4(1) et 5(1) de la Loi inapplicables à l’Insite par l’effet du principe d’exclusivité des compétences. 13. Dans ses motifs concordants, la juge d’appel Rowles a elle aussi conclu que les articles 4(1) et 5(1) tombaient sous le coup de l’article 7 de la Charte et que leur application ne s’accordait pas aux principes de justice fondamentale en raison d’une imprécision juridique. 14. L’AMC fait valoir que les conclusions du juge de première instance et de la juge d’appel Rowles, fondées sur la Charte, s’appuyaient sur le fait correct et attesté que la réduction des préjudices était une approche médicale fondée sur des données probantes pour le traitement des patients toxicomanes. Il est inconstitutionnel d’empêcher quelqu’un d’obtenir des soins sous prétexte d’une sanction pénale et de porter atteinte à ses droits à la vie, à la liberté et à la sécurité pour des raisons tenant davantage à des opinions qu’à des preuves. PARTIE II – ÉNONCÉ DES QUESTIONS EN LITIGE 15. Les questions posées dans l’appel en l’espèce ont été ainsi formulées par le juge en chef le 2 septembre 2010 : 1. Les articles 4(1) et 5(1) de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, L.C. 1996, ch. 19, sont-ils inapplicables constitutionnellement aux activités du personnel et des usagers d’Insite, un centre de services de santé de la Colombie-Britannique? 2. L’article 4(1) de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, L.C. 1996, ch. 19, porte-t-il atteinte aux droits garantis à l’art. 7 de la Charte canadienne des droits et libertés? 3. Dans l’affirmative, les droits sont-ils restreints par une règle de droit dans des limites qui sont raisonnables et dont la justification peut se démontrer dans une société libre et démocratique, au sens de l’article premier de la Charte canadienne des droits et libertés? 4. L’article 5(1) de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, L.C. 1996, ch. 19, porte-t-il atteinte aux droits garantis à l’art. 7 de la Charte canadienne des droits et libertés? 5. Dans l’affirmative, les droits sont-ils restreints par une règle de droit dans des limites qui sont raisonnables et dont la justification peut se démontrer dans une société libre et démocratique, au sens de l’article premier de la Charte canadienne des droits et libertés? 16. Les questions deux à cinq, qui ont trait à la Charte, sont particulièrement importantes pour l’AMC et font donc l’objet d’une analyse plus poussée ci-après. L’AMC fait observer que les articles 4(1) et 5(1) de la Loi portent atteinte aux droits garantis à l’article 7 de la Charte d’une manière qui ne saurait être justifiée au sens de l’article premier de cette dernière. PARTIE III – EXPOSÉ DES ARGUMENTS A. L’interprétation de la Charte canadienne des droits et libertés doit être axée sur la réalité et non sur une idéologie 17. Pour déterminer si les dispositions attaquées portent ou non atteinte à la Charte, le tribunal ne doit pas devenir l’arène de débats politiques, mais doit transcender ceux-ci en vérifiant si les politiques générales remplissent le critère constitutionnel. Chaoulli c. Québec (Procureur général), [2005] 1 R.C.S. 791, para 89 [sources de l’AMC, onglet 2]. R. c. Morgentaler, [1988] 1 R.C.S. 30, para 45-46 [sources de l’AMC, onglet 13]. 18. La position des appelants est manifestement fondée sur des idées préconçues au sujet des toxicomanes. Toutefois, comme nous l’enseigne l’histoire de la législation sur le contrôle des naissances au Canada, un cadre législatif établi sur la foi d’idées préconçues quant à la moralité des patients souhaitant réguler leur fécondité peut enfreindre les droits fondamentaux d’une personne. Voir R. c. Morgentaler, précité, au para 62 – La Cour a rejeté des arguments selon lesquelles elle devrait évaluer les structures administratives dans l’analyse : « […] lorsqu’un droit aussi fondamental que la sécurité de la personne est enfreint par la procédure et les structures administratives créées par la loi elle même, les tribunaux ont le pouvoir d’agir ». [sources de l’AMC, onglet 13] 19. Pour bien faire son travail lorsqu’il s’agit d’évaluer la constitutionnalité d’une loi, le tribunal doit examiner les dispositions législatives d’après la preuve disponible. D’ailleurs, il est bien établi qu’une atteinte aux droits à la vie, à la liberté ou à la sécurité d’une personne doit être justifiée par une preuve solide. Taylor, M. et Jamal, M., The Charter of Rights in Litigation, cahier (Canada Law Book : Aurora, 2010), par. 17:15 [sources de l’AMC, onglet 20]. 20. L’exposé des faits n’est pas une simple formalité; c’est un élément essentiel de tout examen sérieux d’une question constitutionnelle : Les affaires relatives à la Charte porteront fréquemment sur des concepts et des principes d’une importance fondamentale pour la société canadienne. Par exemple, les tribunaux seront appelés à examiner des questions relatives à la liberté de religion, à la liberté d’expression et au droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne. Les décisions sur ces questions doivent être soigneusement pesées, car elles auront des incidences profondes sur la vie des Canadiens et de tous les résidents du Canada. Compte tenu de l’importance et des répercussions que ces décisions peuvent avoir à l’avenir, les tribunaux sont tout à fait en droit de s’attendre et même d’exiger que l’on prépare et présente soigneusement un fondement factuel dans la plupart des affaires relatives à la Charte. Les faits pertinents présentés peuvent toucher une grande variété de domaines et traiter d’aspects scientifiques, sociaux, économiques et politiques. Il est souvent très utile pour les tribunaux de connaître l’opinion d’experts sur les répercussions futures de la loi contestée et le résultat des décisions possibles la concernant. MacKay c. Manitoba, [1989] 2 R.C.S. 357, à 361 [sources de l’AMC, onglet 5]. 21. Plus précisément, en ce qui concerne l’article 7 de la Charte, la Cour a confirmé que les tribunaux ont pour fonction de procéder à une évaluation « fondée sur la preuve et non seulement sur le bon sens ou des théories ». La Cour rejette les arguments théoriques sans fondement, se reposant plutôt sur les preuves empiriques et scientifiques produites par les parties : Pour étayer cet argument, le gouvernement a fait témoigner des experts en administration et politiques de la santé. Leurs conclusions reposaient sur la proposition « sensée » voulant que l’amélioration des services de santé passe par l’exclusivité (d.i., p. 591). Ils ne prétendaient pas être des experts en matière de délais d’attente pour un traitement. De plus, ils n’ont pas soumis d’études économiques ni invoqué la situation dans d’autres pays. Ils ont simplement présumé, apparemment en toute logique, que l’assurance accroîtrait l’accessibilité aux services de santé privés et que cela contribuerait à détériorer la qualité des services offerts par le système de santé public. Se fondant sur l’avis d’autres experts du domaine de la santé, les appelants ont exprimé leur désaccord et ont avancé leur propre argument contraire, fondé sur le « bon sens », pour étayer la proposition voulant que l’interdiction de souscrire une assurance maladie privée n’ait rien à voir avec le maintien d’un système de santé public de grande qualité, et ne soit pas nécessaire à cet égard. Selon eux, les soins publics de qualité ne sont pas subordonnés à l’existence d’un monopole, mais sont plutôt une question d’argent et de gestion. Ils ont témoigné qu’autoriser les gens à souscrire une assurance privée accroîtrait l’accessibilité aux soins médicaux parallèles et allégerait le fardeau du système public. Il en résulterait, d’après eux, une amélioration des soins offerts à l’ensemble de la population […] À ce stade, nous sommes aux prises avec des arguments opposés, mais non prouvés, qui sont fondés sur le « bon sens » et qui ne représentent rien de plus que des opinions. Nous nageons ici dans la théorie. Cependant, comme nous l’avons vu, une restriction théoriquement justifiable peut être arbitraire si, en fait, elle n’a aucun lien avec l’objectif visé. Cela nous amène à la preuve que les appelants ont présentée au procès au sujet de la situation qui existe dans d’autres pays développés où le système de santé public permet l’accès aux soins privés. La situation dans ces pays indique qu’en fait il n’existe aucun lien véritable entre l’interdiction de souscrire une assurance maladie et l’objectif de maintien d’un système de santé public de qualité. Chaoulli, précité, para 136 à 149 (voir aussi les paragraphes 115, 117, 136 à 149, 150 et 152, où la Cour cite des études de Statistique Canada et le cas d’autres démocraties occidentales) [sources de l’AMC, onglet 2]. Voir aussi Rodriguez c. Colombie-Britannique (Procureur général), [1993] 3 R.C.S. 519, à 601-602 [sources de l’AMC, onglet 16]. 22. Les toxicomanes ont un problème de santé qui se traite. C’est pourquoi l’Insite est là pour offrir des traitements qui réduisent les effets nuisibles de la consommation de drogue, et peut orienter ses patients vulnérables vers d’autres services de santé. Dans ce contexte, la loi fédérale et les mesures gouvernementales en question reviennent à un déni d’accès à un traitement médical fondé sur des données probantes, déni qui expose des patients à de graves risques pour leur vie et leur sécurité. 23. Une interprétation de la Charte doit reposer sur des faits et non sur la spéculation ou des positions idéologiques, surtout quand il s’agit d’un problème de santé (toxicomanie) pouvant mettre une personne (c’est-à-dire un patient) en danger. En pareil cas, la Cour doit circonscrire les obligations constitutionnelles d’après la médecine factuelle et d’après des avis cliniques indépendants. Chaoulli, précité, para 85 et 107 [sources de l’AMC, onglet 2]. Voir aussi Operation Dismantle Inc. c. La Reine, [1985] 1 R.C.S. 441 à 452-454 [sources de l’AMC, onglet 7]; Auton (Tutrice à l’instance de) c. Colombie-Britannique (Procureur général), [2004] 3 R.C.S. 657, para 66 [sources de l’AMC, onglet 1]. 24. Par conséquent, l’AMC avance que dans le domaine de la santé, où des vies sont en jeu, toute mesure législative ou gouvernementale ayant pour effet de refuser l’accès à des soins médicaux doit à tout le moins reposer sur des preuves solides. B. Les dispositions contestées portent atteinte à l’article 7 de la Charte 1) Le déni d’accès à des soins de santé nécessaires est contraire à l’article 7 de la Charte 25. Si le gouvernement a généralement le droit de promulguer des lois interdisant la consommation ou le trafic de drogue, ces lois (aussi bien intentionnées soient-elles) ne sauraient avoir pour effet de mettre en danger les personnes à risque concernées. Or, la Cour a déjà conclu dans l’arrêt Chaoulli qu’un gouvernement enfreignait l’article 7 de la Charte en empêchant un patient d’avoir accès rapidement à des soins de santé. 2) Il y a eu atteinte aux droits à la vie et à la sécurité des patients 26. Le juge de première instance et la Cour d’appel ont tous deux conclu que les droits à la vie et à la sécurité n’ont pas été respectés en l’espèce. La preuve à cet égard est très claire : [Traduction] 1. La dépendance est une maladie. L’un des aspects de cette maladie est l’état de manque ou le besoin constant de la personne qui en souffre de consommer la substance dont elle est dépendante. 2. L’injection de drogues fait augmenter l’incidence et la prévalence des maladies infectieuses comme le VIH/sida et l’hépatite A, B ou C, ainsi que des infections hématologiques ou cutanées; c’est un facteur important de morbidité et de mortalité se traduisant par des cas fréquents de surdose; et c’est un facteur d’augmentation du nombre d’hospitalisations et de visites aux services des urgences. 3. En s’injectant des drogues en présence de professionnels de la santé qualifiés à Insite, le toxicomane réduit ses risques de morbidité et de mortalité associés à sa dépendance et à sa consommation par injection. 4. Les patients de l’Insite qui souffrent d’une dépendance à l’héroïne, à la cocaïne ou à d’autres substances désignées ne consomment pas à des fins récréatives. Leur dépendance est une maladie souvent, sinon toujours, assortie de graves infections et d’un véritable danger de surdose. Motifs de la décision du juge de première instance, par. 87, 89, 135 et 136, dossier des appelants, vol. I, p. 24-25 et 34. Voir aussi les motifs de la décision de la Cour d’appel de la C.-B., par. 30., dossier des appelants, vol. I, p. 65. 3) Les toxicomanes n’ont pas renoncé à leur droit légal et constitutionnel d’être traités 27. Les appelants n’ont pas vraiment contesté le fait que la toxicomanie est une maladie. Ils ont plutôt défendu leur position en affirmant que les toxicomanes ont « choisi » leur mode de vie et qu’ils sont donc entièrement responsables de leur problème de santé. Pour les raisons exposées plus loin, cette « justification » ne remplit pas le critère constitutionnel. 28. Les appelants font valoir qu’il n’y a pas eu d’atteinte aux droits garantis à l’article 7 de la Charte puisque tout découle selon eux d’un « choix du consommateur », invoquant le fait que 95 % des injections qui se font dans l’Est du centre-ville de Vancouver se font ailleurs qu’à l’Insite. Ils n’expliquent pas en quoi cette affirmation démontre pourquoi les toxicomanes peuvent choisir de ne pas s’injecter de drogues, cette affirmation ne concernant que le lieu des injections. Dans tous les cas, contrairement à l’hypothèse du libre arbitre avancée par les appelants, la preuve dont disposait le juge de première instance et ses conclusions vont dans le sens contraire : les motifs de la dépendance et le besoin qui en découle sont le fait d’un ensemble complexe de facteurs personnels, gouvernementaux et légaux, certains laissant la place au libre choix, mais d’autres non . De plus, le juge de première instance a conclu que c’était la maladie qu’est la toxicomanie et l’échec de son traitement qui avaient causé l’aggravation du mal et le décès. Motifs du juge de première instance, par. 65, 89 et 142, dossier des appelants, vol. I, p. 21, 24-25 et 35. Voir aussi les motifs de la décision de la Cour d’appel de la C.-B., par. 39, dossier des appelants, vol. I, p. 67. Contrairement aux faits dans R. c. Malmo-Levine; R. c. Caine, [2003] 3 R.C.S. 571 [Malmo-Levine] [sources de l’AMC, onglet 12]. 29. La position des appelants revient à prétendre que les usagers de l’Insite auraient en fait renoncé à leurs droits garantis à l’article 7 de la Charte. Bien que la jurisprudence n’indique pas clairement s’il est effectivement possible ou non de renoncer à un droit garanti à l’article 7, il est bien établi que la personne qui renonce à tout droit garanti par la Charte doit le faire volontairement, exprimer ce choix librement et être parfaitement consciente de la raison d’être de ce droit et des conséquences du renoncement à la protection garantie par celui-ci. Or, il n’y a aucune preuve que les patients de l’Insite aux prises avec la toxicomanie auraient, en toute connaissance de cause et sans équivoque, renoncé à leurs droits constitutionnels et plus particulièrement à leur droit à un traitement médical. Voir, p. ex., Godbout c. Longueuil (Ville), [1997] 3 R.C.S. 844, para 71-72; Syndicat Northcrest c. Amselem, [2004] 2 R.C.S. 551, para 96-102; R. c. Richard, [1996] R.C.S. 525, para 22-26; R. c. L.T.H., [2008] 2 R.C.S. 739, para 41-42; R. c. Clarkson, [1986] 1 R.C.S. 383, p. 394-396; Korponay c. Canada (Procureur général), [1982] 1 R.C.S. 41, p. 49; Yorkton Union Hospital v. S.U.N. (1993), 16 Admin. L.R. (2d) 272, para 44 (C.A.) [sources de l’AMC, onglets 3, 17, 15, 11, 8, 4, 18 respectivement]. 30. En effet, les Canadiennes et les Canadiens qui font tel ou tel « choix de vie » ne renoncent pas pour autant à leur droit à des soins de santé ni à leur protection contre les atteintes aux droits garantis à l’article 7. En affirmant que les toxicomanes doivent assumer la responsabilité de leur choix, les appelants adoptent une position contraire à la raison d’être du système de santé canadien, à savoir le droit fondamental de la population canadienne d’accéder à des soins médicaux et les obligations déontologiques et cliniques de leurs fournisseurs de soins de santé (comme l’ont conclu le juge de première instance et la Cour d’appel). 31. Les appelants escamotent la question clinique qui touche les médecins et leurs patients : le médecin a l’obligation professionnelle et déontologique de traiter son patient, que celui-ci semble se faire lui-même du tort ou non. Au Canada, ni l’obligation déontologique de traiter les patients ni le droit légal de se faire traiter ne sauraient être assujettis à une évaluation morale des choix de vie d’un patient. Ce n’est pas parce qu’un patient adopte un comportement téméraire qu’il perd son droit aux soins qu’exigent les pratiques cliniquement établies. 32. Le Code de déontologie de l’AMC (que la Cour a invoqué par le passé ) prévoit à l’article 31 que tous les médecins ont l’obligation de « [r]econnaître que les médecins doivent favoriser l’accès équitable aux ressources consacrées aux soins de santé ». Or, les patients de l’Insite seraient privés d’une ressource bénéfique pour leur santé si l’Insite devait fermer ses portes, voire s’il devait poursuivre ses activités avec le risque constant de sa fermeture. 33. Accepter l’interprétation de la Charte avancée par les appelants créerait un précédent extrêmement dangereux. En effet, s’il fallait appliquer la logique du « choix » à d’autres cas médicaux, par exemple une maladie chronique, les patients devenus diabétiques en raison de facteurs de risque tels qu’une mauvaise alimentation ou le manque d’exercice perdraient, selon cette logique, leur droit d’être soignés. Or, il se trouve qu’en l’espèce, le juge de première instance a estimé qu’une grande partie des facteurs complexes allant au-delà des choix personnels, notamment les facteurs génétiques et socio-économiques, pouvaient contribuer aux causes d’une toxicomanie au même titre que de tout autre maladie. Donc, adopter cette interprétation serait contraire à l’éthique et aux principes cliniques et, surtout, inconstitutionnel. 4) Il y a eu atteinte au droit à la liberté des intimés (personnes physiques) 34. Les tribunaux ont reconnu que la menace d’une poursuite criminelle et la possibilité d’un emprisonnement pour une infraction étaient suffisantes pour justifier une vérification du respect du droit à la liberté garanti à l’article 7. Malmo-Levine, précité, para 84 [sources de l’AMC, onglet 12]. R. v. Parker (2000), 188 D.L.R. 4th 385, para 101 (C.A. Ont.) [sources de l’AMC, onglet 14]. 35. Les patients vulnérables souffrant d’une dépendance et les fournisseurs de soins de santé travaillant à l’Insite sont victimes d’atteintes à leurs droits garantis à l’article 7 de la Charte du fait de la menace d’une poursuite en vertu de la Loi. Par l’incertitude qui le caractérise, le processus ministériel d’exemption de l’Insite à certaines dispositions de la Loi impose un fardeau considérable à des personnes déjà éprouvées par la toxicomanie. En outre, le capricieux mécanisme d’exemption prévu à la Loi expose les professionnels de la santé à des risques qui hypothèquent leur capacité de fournir en temps voulu les services de santé nécessaires et éprouvés à tous les citoyens. 5) Les principes de justice fondamentale n’ont pas été respectés 36. Il est clairement établi qu’une loi arbitraire ou trop générale manque aux principes de justice fondamentale. L’AMC fait observer que le juge de première instance a eu raison de conclure que les dispositions contestées étaient, sinon arbitraires, du moins grossièrement exagérées et beaucoup trop générales. La Cour d’appel a elle aussi jugé les dispositions trop générales. P. Hogg, Constitutional Law of Canada, 5e éd., cahier (Carswell : Toronto, 2007), p. 47-52 à 47-60.1 [sources de l’AMC, onglet 19]. R. c. Heywood, [1994] 3 R.C.S. 761, p. 792-794 [sources de l’AMC, onglet 10]. Chaoulli, précité, para 127 [sources de l’AMC, onglet 2]. Rodriguez, précité, p. 590-591 [sources de l’AMC, onglet 16]. a) Les dispositions attaquées sont arbitraires 37. Une loi est arbitraire lorsque son contenu est sans rapport ou contradictoire avec son objectif. Si une restriction du droit garanti à l’article 7 ne présente que des liens théoriques avec l’objectif de la Charte, mais aucun lien factuel, elle est arbitraire. Chaoulli, précité, para 130-131 [sources de l’AMC, onglet 2]. 38. En l’espèce, le gouvernement a interdit l’accès à des soins médicaux nécessaires fondés sur des données probantes et, ce faisant, a lui-même contribué au problème auquel il veut s’attaquer, à savoir la possession de drogue et la toxicomanie. D’après les meilleures preuves médicales disponibles, les cliniques comme l’Insite sauvent des vies en plus de produire de bons résultats pour la santé et d’élargir les possibilités thérapeutiques pour les patients vulnérables. 39. Au surplus, l’orientation qui consiste à s’appuyer sur des opinions et non des faits pour justifier le refus d’accès aux soins médicaux nécessaires est arbitraire, étant par définition sans lien réel avec les faits. b) Les dispositions attaquées sont trop générales 40. Un principe de justice fondamentale reconnu veut qu’une loi pénale ne doive pas être trop générale. Si, dans la poursuite d’un objectif légitime, le gouvernement adopte des mesures plus générales que nécessaire pour remplir cet objectif, il y aura donc atteinte aux principes de justice fondamentale. Heywood, précité, p. 792-793 [sources de l’AMC, onglet 10]. Voir aussi Malmo-Levine, précité, para 130-131 [sources de l’AMC, onglet 12]. 41. C’est a fortiori le cas quand l’État lui-même a particulièrement intérêt à agir pour protéger les personnes vulnérables. En l’espèce, la preuve présentée au juge de première instance a démontré que la réduction des préjudices s’inscrivait dans la stratégie canadienne de lutte contre la drogue depuis des années. En 2002, le Comité spécial sur la consommation non médicale de drogues ou médicaments de la Chambre des communes a rejeté la dichotomie opposant la réduction des préjudices et un modèle thérapeutique fondé sur l’abstinence. Il a aussi envisagé spécifiquement la création d’un centre d’injection sécuritaire dans l’Est du centre-ville de Vancouver après avoir constaté que ce secteur était le théâtre d’un « désastre de santé publique ». 42. C’est pourquoi, même s’il peut avoir des raisons légitimes de prévenir la possession et le trafic de drogue, l’État ne saurait se doter de lois prohibitives à portée si générale qu’elles nuisent aux personnes ayant besoin de soins médicaux. C. S’il y a atteinte aux droits garantis à l’article 7, l’article 1 de la Charte ne saurait justifier la Loi 43. L’AMC fait observer que, si la Cour devait conclure que les articles 4(1) et 5(1) de la Loi portent atteinte aux droits garantis à l’article 7 de la Charte, les dispositions de ces articles ne sauraient être justifiées par l’article 1 de la Charte, car une loi qui ne respecte pas les principes de justice fondamentale est injustifiable et, plus précisément, ne répond pas au critère de l’atteinte minimale dont il est question dans l’analyse de l’article 1. Voir p. ex., Nouveau-Brunswick (Ministre de la Santé et des Services communautaires) c. G. (J.), [1999] 3 R.C.S. 46, para 99 [sources de l’AMC, onglet 6]; Heywood, précité, p. 802-803 [sources de l’AMC, onglet 10]. D. Redressement 44. La justice fondamentale exige, soit des exemptions permanentes, soit une déclaration selon laquelle la loi contestée est sans effet sur les usagers des sites d’injection supervisés. L’AMC fait valoir que cette position va dans le sens d’une interprétation sensée en droit constitutionnel de l’article 7 de la Charte et protège les patients les plus vulnérables comme l’exigent les obligations déontologiques des médecins et les pratiques médicales fondées sur des données probantes. PARTIE IV – DEMANDES RELATIVES AUX DÉPENS 45. L’AMC ne réclame pas de dépens et demande qu’il n’y ait pas de dépens accordés contre elle. PARTIE V – ORDONNANCE SOLLICITÉE 46. L’AMC demande des réponses affirmatives aux questions constitutionnelles deux et quatre. Toutefois, si la Cour donne ces réponses affirmatives, il conviendrait que les réponses aux questions constitutionnelles trois et cinq soient négatives. 47. L’AMC sollicite auprès de la Cour, en application de l’article 59(2) des Règles de la Cour suprême du Canada, l’autorisation de présenter une plaidoirie orale à l’audition de la présente demande d’autorisation d’appel. Règles de la Cour suprême du Canada, DORS/83-74, dans leur version modifiée, paragraphe 59(2) [Partie VII du mémoire]. LE TOUT RESPECTUEUSEMENT SOUMIS LE 13 AVRIL 2011. Guy Pratt/Nadia Effendi Borden Ladner Gervais LLP PARTIE VI – TABLEAU DES SOURCES ONGLET SOURCES Paragraphe du mémoire où la source est citée Décisions 1. Auton (Tutrice à l’instance de) c. Colombie-Britannique (Procureur général), [2004] 3 R.C.S. 657 23 2. Chaoulli c. Québec (Procureur général), [2005] 1 R.C.S. 791 17, 21, 23, 36, 37 3. Godbout c. Longueuil (Ville), [1997] 3 R.C.S. 844 29 4. Korponay c. Canada (Procureur général), [1982] 1 R.C.S. 41 29 5. MacKay c. Manitoba, [1989] 2 R.C.S. 357 20 6. Nouveau-Brunswick (Ministre de la Santé et des Services communautaires) c. G. (J.), [1999] 3 R.C.S. 46 43 7. Operation Dismantle Inc. c. La Reine, [1985] 1 R.C.S. 441 23 8. R. c. Clarkson, [1986] 1 R.C.S. 383 29 9. R. c. Dersch, [1993] 3 R.C.S. 768 32 10. R. c. Heywood, [1994] 3 R.C.S. 761 36, 40, 43 11. R. c. L.T.H., [2008] 2 R.C.S. 739 29 12. R. c. Malmo-Levine; R. c. Caine, [2003] 3 R.C.S. 571 28, 34, 40 13. R. c. Morgentaler, [1988] 1 R.C.S. 30 17, 18 14. R. v. Parker (2000), 188 D.L.R. 4th 385 (C.A. Ont.) 34 15. R. c. Richard, [1996] R.C.S. 525 29 16. Rodriguez c. Colombie-Britannique (Procureur général), [1993] 3 R.C.S. 519 21, 36 17. Syndicat Northcrest c. Amselem, [2004] 2 R.C.S. 551 29 18. Yorkton Union Hospital v. S.U.N. (1993), 16 Admin. L.R. (2d) 272 (C.A. Sask.) 29 Sources secondaires 19. P. Hogg, Constitutional Law of Canada, 5e éd., cahier (Carswell : Toronto, 2007), p. 47-52 à 47-60.1 36 20. Taylor, M. et Jamal, M., The Charter of Rights in Litigation, cahier (Canada Law Book : Aurora, 2010), par. 17:15 19 PARTIE VII – LOIS, RÈGLES ET RÈGLEMENTS · Charte canadienne des droits et libertés, articles 1 et 7 · Loi réglementant certaines drogues et autres substances, L.C. 1996, chap. 19, art. 4(1) et 5(1), art. 56 · Règles de la Cour suprême du Canada, DORS/83-74, dans leur version modifiée, article 59(2) Canadian Charter of Rights and Freedoms PART I OF THE CONSTITUTION ACT, 1982 Charte canadienne des droits et libertés PARTIE I DE LA LOI CONSTITUTIONNELLE DE 1982 Rights and freedoms in Canada 1. The Canadian Charter of Rights and Freedoms guarantees the rights and freedoms set out in it subject only to such reasonable limits prescribed by law as can be demonstrably justified in a free and democratic society. Life, liberty and security of person 7. Everyone has the right to life, liberty and security of the person and the right not to be deprived thereof except in accordance with the principles of fundamental justice. Droits et libertés au Canada 1. La Charte canadienne des droits et libertés garantit les droits et libertés qui y sont énoncés. Ils ne peuvent être restreints que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique. Vie, liberté et sécurité 7. Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne; il ne peut être porté atteinte à ce droit qu’en conformité avec les principes de justice fondamentale. Controlled Drugs and Substances Act S.C. 1996, c. 19 Possession of substance 4. (1) Except as authorized under the regulations, no person shah possess a substance included in Schedule I, II or III. Trafficking in substance 5. (1) No person shah traffic in a substance included in Schedule I, II, III or IV or in any substance represented or held out by that person to be such a substance. Exemption by Minister 56. The Minister may, on such terms and conditions as the Minister deems necessary, exempt any person or class of persons or any controlled substance or precursor or any class thereof from the application of all or any of the provisions of this Act or the regulations if, in the opinion of the Minister, the exemption is necessary for a medical or scientific purpose or is otherwise in the public interest. Loi réglementant certaines drogues et autres substances L.C. 1996, ch. 19 Possession de substances 4. (1) Sauf dans les cas autorisés aux termes des règlements, la possession de toute substance inscrite aux annexes I, II ou III est interdite. Trafic de substances 5. (1) Il est interdit de faire le trafic de toute substance inscrite aux annexes I, II, III ou IV ou de toute substance présentée ou tenue pour telle par le trafiquant. Exemption par le ministre 56. S’il estime que des raisons médicales, scientifiques ou d’intérêt public le justifient, le ministre peut, aux conditions qu’il fixe, soustraire à l’application de tout ou partie de la présente loi ou de ses règlements toute personne ou catégorie de personnes, ou toute substance désignée ou tout précurseur ou toute catégorie de ceux-ci. Rules of the Supreme Court of Canada (in force on October 13, 2006) Règles de la Cour suprême du Canada. (en vigueur le 13 octobre 2006) 59. (1) In an order granting an intervention, the judge may (a) make provisions as to additional disbursements incurred by the appellant or respondent as a result of the intervention; and (b) impose any terms and conditions and grant any rights and privileges that the judge may determine, including whether the intervener is entitled to adduce further evidence or otherwise to supplement the record. (2) In an order granting an intervention or after the time for filing and serving all of the memoranda of argument on an application for leave to appeal or the facta on an appeal or reference has expired, a judge may, in their discretion, authorize the intervener to present oral argument at the hearing of the application for leave to appeal, if any, the appeal or the reference, and determine the time to be allotted for oral argument. (3) An intervener is not permitted to raise new issues unless otherwise ordered by a judge. 59. (1) Dans l’ordonnance octroyant l’autorisation d’intervenir, le juge peut : a) prévoir comment seront supportés les dépens supplémentaires de l’appelant ou de l’intime résultant de l’intervention; b) imposer des conditions et octroyer les droits et privilèges qu’il détermine, notamment le droit d’apporter d’autres éléments de preuve ou de compléter autrement le dossier. (2) Dans l’ordonnance octroyant l’autorisation d’intervenir ou après l’expiration du délai de dépôt et de signification des mémoires de demande d’autorisation d’appel, d’appel ou de renvoi, le juge peut, à sa discrétion, autoriser l’intervenant à présenter une plaidoirie orale à l’audition de la demande d’autorisation d’appel, de l’appel ou du renvoi, selon le cas, et déterminer le temps alloué pour la plaidoirie orale. (3) Sauf ordonnance contraire d’un juge, l’intervenant n’est pas autorisé à soulever de nouvelles questions.

Documents

Moins de détails

Lignes directrices de pratique clinique pour les personnes sans-abri, logées précairement, ou ayant connu l’itinérance

https://policybase.cma.ca/fr/permalink/politique14165

Date
2019-10-17
Thèmes
Soin de santé et sécurité des patients
Santé des populations, équité en santé, santé publique
  1 document  
Type de politique
Approbations de politiques
Date
2019-10-17
Thèmes
Soin de santé et sécurité des patients
Santé des populations, équité en santé, santé publique
Text
Les populations sans-abri et logées précairement sont hétérogènes et leur nombre ne cesse d’augmenter, tant en milieu urbain que rural, à mesure que les pressions exercées par l’urbanisation se combinent à l’embourgeoisement et aux politiques d’austérité2 . Collectivement, ces populations affrontent des conditions de vie dangereuses et subissent une marginalisation de la part des systèmes de santé3 . Les intervenants sont toutefois bien placés pour améliorer la santé des personnes sans-abri ou logées précairement, et le plus efficacement par des mesures initiales basées sur les données probantes, en travaillant avec les collectivités et en adoptant des pratiques anti-oppressives1,4,5. De manière générale, la situation « d’itinérance » touche toute personne qui ne dispose pas d’un logement stable, permanent et acceptable, et qui n’a pas de perspective en ce sens à brève échéance, faute de moyens ou de capacités6 . Dans de telles conditions, les personnes et les familles se trouvent exposées à un maelström de risques sanitaires, sociaux, mentaux et physiques qui accroissent considérablement la morbidité et la mortalité7,8. Par exemple, les personnes qui sont sans-abri ou logées précairement ont une prévalence considérablement plus élevée de traumatismes, de problèmes de santé mentale et de troubles liés à la toxicomanie comparativement à la population générale7,9. Selon des travaux de recherche canadiens, les personnes en situation d’itinérance ont une espérance de vie d’aussi peu que 42 ans chez les hommes et 52 ans chez les femmes7 . La génération précédente de la population canadienne en situation d’itinérance se composait pour une bonne part d’hommes célibataires d’âge moyen et se retrouvait dans les grands centres urbains10. À présent, l’épidémiologie se transforme et inclut plus de femmes, de jeunes, de personnes autochtones (encadré no 1), d’immigrants, d’adultes âgés et de gens provenant de communautés rurales13,14. Par exemple, l’itinérance des familles (et par conséquent celle des enfants et jeunes à charge) représente une partie substantielle, quoique masquée, de cette crise15. En 2014, parmi un nombre estimé de 235 000 sans-abri au Canada, 27,3% étaient des femmes, 18,7% étaient des jeunes, 6% étaient des immigrants ou migrants récents, et un nombre croissant étaient d’anciens combattants ou des personnes âgées10. LIGNE DIRECTRICE POPULATIONS VULNÉRABLES Lignes directrices de pratique clinique pour les personnes sans-abri, logées précairement, ou ayant connu l’itinérance Kevin Pottie MD MClSc, Claire E. Kendall MD PhD, Tim Aubry PhD, Olivia Magwood MPH, Anne Andermann MD DPhil, Ginetta Salvalaggio MD MSc, David Ponka MDCM MSc, Gary Bloch MD, Vanessa Brcic MD, Eric Agbata MPH MSc, Kednapa Thavorn PhD, Terry Hannigan, Andrew Bond MD, Susan Crouse MD, Ritika Goel MD, Esther Shoemaker PhD, Jean Zhuo Jing Wang BHSc, Sebastian Mott MSW, Harneel Kaur BHSc, Christine Mathew MSc, Syeda Shanza Hashmi BA, Ammar Saad, Thomas Piggott MD, Neil Arya MD, Nicole Kozloff MD, Michaela Beder MD, Dale Guenter MD MPH, Wendy Muckle BScN MHA, Stephen Hwang MD, Vicky Stergiopoulos MD, Peter Tugwell MD n Citation : CMAJ 2020 le 9 mars;192:E240-54. doi: 10.1503/cmaj.190777 Balado du CMAJ : Entrevue (en anglais) avec 2 des auteurs ici : https://soundcloud.com/cmajpodcasts/190777-guide Voir le commentaire connexe (en anglais) ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.200199 POINTS CLÉS
L’évaluation des populations sans-abri ou logées précairement et les soins cliniques à leur intention devraient inclure des approches adaptées au sexe, à l’âge, aux origines autochtones, à l’ethnicité et aux antécédents de traumatismes subis, ainsi que la promotion d’une approche globale aux soins de santé primaires.
Les étapes initiales fortement recommandées pour soigner les populations sans-abri ou logées précairement sont l’accès à des logements permanents combinés avec support et le soutien au revenu.
Des interventions de gestion de cas incluant l’accès à une aide psychiatrique sont recommandées comme étape initiale en complément des soins primaires et pour s’attaquer aux problèmes de santé mentale, de toxicomanie et autres.
Des interventions axées sur la réduction des méfaits, comme des sites de consommation supervisée et l’accès à des agents pharmacologiques pour le trouble lié à l’usage des opioïdes (p. ex., traitement par agonistes opioïdes), sont recommandées dans les cas de toxicomanie. 2 CMAJ LIGNE DIRECTRICE Les intervenants-pivots, les pairs-aidants et les fournisseurs de soins primaires sont particulièrement bien placés pour reconnaître les causes sociales du piètre état de santé de cette population et pour orienter cette dernière vers des centres de médecine de famille (CMF)16,17. Le CMF est une pratique de médecine familiale définie par ses patients comme l’endroit où ils se sentent le plus à l’aise de parler de leur santé personnelle et familiale, ainsi que de leurs problèmes de santé18. Les soins médicaux y sont « faciles d’accès, centrés sur les besoins du patient, offerts à toutes les étapes de la vie et intégrés aux autres services du système de soins de santé et de la communauté » (https://patientsmedicalhome.ca/fr/). Les fournisseurs de soins primaires sont également bien placés pour coordonner les interventions de promotion de la santé, de prévention des maladies, de diagnostic et de traitement, ainsi que les services de réadaptation19. L’accès aux services sociaux et de santé pour les personnes sans-abri ou logées précairement varient toutefois selon les régions, les ressources municipales, la coordination de l’hébergement et les besoins en matière de santé mentale et toxicomanie. De plus, nombre de problèmes de santé physique et mentale restent sous-diagnostiqués ou traités sporadiquement en raison des occasions manquées, de la méfiance des patients à l’égard du système de santé ou de l’accès limité aux services3 . Les personnes sans-abri ou logées précairement peuvent tirer profit d’interventions rapides et efficaces pour leurs problèmes de santé, de toxicomanie ou autres besoins sociaux. Nos lignes directrices proposent des pistes initiales pour la pratique, les politiques et la recherche à venir, et elles visent à établir une collaboration entre cliniciens, responsables de la santé publique et autres professionnels de la santé. Des valeurs telles que des soins centrés sur les patients et adaptés aux traumatismes subis et le respect de la dignité sont essentielles pour susciter la confiance et développer des liens thérapeutiques durables avec les personnes sans-abri ou logées précairement20,21. Portée Ces lignes directrices de pratique clinique ont pour but d’informer les professionnels et les organisations communautaires au sujet des étapes prioritaires et des interventions efficaces initiales à prendre pour les personnes sans-abri ou logées précairement. Elles tiennent compte des besoins sociaux et médicaux en amont (c.-à-d., logement), de même que des conséquences négatives pour la santé d’un logement inadéquat en aval. L’auditoire cible se compose de professionnels de la santé, de responsables des orientations politiques, ainsi que de praticiens et chercheurs en santé publique. Nos lignes directrices ne ciblent pas tous les problèmes de santé associés à l’itinérance et ne traitent pas en profondeur de nombreuses causes de l’itinérance, telles que traumatismes infantiles, marché de l’habitation ou origine des faibles taux d’aide sociale et inégalités économiques. Elles visent plutôt à réorienter l’approche des professionnels vers des interventions efficaces en amont afin de prévenir, traiter et corriger la morbidité et la mortalité associées à l’itinérance. Une série parallèle de lignes directrices de pratique clinique spécifiques aux populations autochtones est en cours de préparation par une équipe indépendante dirigée par des personnes autochtones22. Ce processus reconnaît les droits distincts des peuples autochtones, y compris celui de développer et consolider leurs propres économies et institutions sociales et politiques, les liens directs entre les politiques coloniales passées et actuelles et l’itinérance des personnes autochtones, et la nécessité du leadership et de la participation autochtones dans la recherche concernant les Premières Nations. Recommandations Les membres du comité directeur et du groupe d’experts pour l’élaboration des lignes directrices ont élaboré et approuvé les recommandations visant à améliorer les conditions de vie et la santé des personnes sans-abri ou logées précairement. L’ordre de ces recommandations fait écho aux étapes prioritaires reconnues pour les soins de santé à l’intention des sans-abri. Le tableau 1 présente un sommaire des recommandations et nous proposons notre liste d’énoncés sur les bonnes pratiques au tableau 2. Ces énoncés de bonne pratique se fondent sur un corpus de preuves indirectes et appuient la mise en œuvre des recommandations. Les méthodes utilisées pour élaborer les recommandations sont décrites plus loin dans le document. L’encadré no 2 présente un résumé du mode d’emploi de ces lignes directrices. Logements permanents combinés avec support
Caractériser l’itinérance ou la précarité du logement et la capacité d’envisager des interventions en matière de logement.
Veiller à ce que les personnes sans-abri ou logées précairement aient accès à un coordonnateur au logement ou à un gestionnaire de cas local (c.-à-d., appel au 211 ou intervention d’un travailleur social) pour une orientation immédiate vers des logements permanents combinés avec support ou un système d’accès coordonné (degré de certitude moyen des données probantes, forte recommandation). Sommaire des données probantes Notre revue systématique (Tim Aubry, Université d’Ottawa, Ottawa (Ontario) : données non publiées, 2020) a recensé 14 essais sur les logements permanents combinés avec support Encadré no 1 : Itinérance autochtone Itinérance autochtone est un terme utilisé pour désigner le phénomène par lequel des individus, familles ou communautés des Premières Nations, métisses et inuites sont privés d’un logement stable, permanent et approprié ou des perspectives immédiates, des moyens ou de la capacité d’acquérir un tel logement. Toutefois, ce terme doit être interprété d’un point de vue autochtone si l’on veut comprendre les facteurs qui contribuent au phénomène. Ces facteurs incluent l’isolement des individus, des familles et des communautés qui se trouvent déconnectés d’éléments primordiaux, terre, eau, milieu, famille, proches, entourage, animaux, culture, langue et identité, sans compter le lourd héritage du colonialisme et du génocide11. On estime qu’en milieu urbain, les personnes autochtones sont 8 fois plus susceptibles de vivre en situation d’itinérance que la population générale11,12. CMAJ 3 LIGNE DIRECTRICE Tableau 1 : Résumé des recommandations basées sur les données probantes Recommandations et considérations cliniques Évaluation du degré de certitude des données probantes selon la classification GRADE* Recommandation no 1 : Personne sans abri ou logée précairement Degré moyen de certitude
Caractériser l’itinérance ou la précarité du logement et la capacité d’envisager des interventions en matière de logement.
Veiller à ce que les personnes sans-abri ou logées précairement aient accès à un coordonnateur au logement ou à un gestionnaire de cas local (c.-à-d., appel au 211 ou intervention d’un travailleur social) pour une orientation immédiate vers des logements supervisés permanents ou un système d’accès coordonné. Considérations cliniques : De nombreuses provinces et de nombreux territoires offriront des services d’hébergement « alternatifs » à des populations marginalisées spécifiques, p. ex., Autochtones, femmes et familles, les jeunes et personnes s’identifiant comme LGBTQ2+, personnes handicapées, réfugiés et migrants. Forte recommandation Recommandation no 2 : personne sans abri ou logée précairement en situation de pauvreté, d’instabilité du revenu ou vivant dans un foyer à faible revenu Faible degré de certitude
Détecter les situations de revenu précaire.
Aider les personnes en situation de revenu précaire à trouver des ressources pour le soutien au revenu et à accéder à un revenu. Considérations cliniques : consulter les outils de dépistage de la pauvreté au besoin (p. ex., https://cep.health/clinical-products/poverty-a-clinical-tool-for-primary-care-providers). Recommandation conditionnelle Recommandation no 3 : personne sans-abri ou logée précairement présentant des besoins médicaux complexes ou des comorbidités (y compris problèmes de santé mentale et/ou toxicomanie) Faible degré de certitude
Recenser les situations de maladie mentale grave, par exemple, troubles psychotiques ou de l’humeur et anxieux associés à une invalidité substantielle, troubles liés à la toxicomanie ou besoins médicaux multiples ou complexes.
Promouvoir l’accès à des programmes communautaires locaux en santé mentale, à des services psychiatriques pour évaluation et liaison avec un réseau de gestion de cas intensive, suivi intensif dans le milieu, ou intervention en temps de critique si possible. Considérations cliniques : Composer le 211 ou consulter des fournisseurs de soins primaires, travailleurs sociaux ou gestionnaires de cas qui connaissent les points d’accès locaux et les programmes communautaires en santé mentale moins intensifs. Recommandation conditionnelle Recommandation no 4 : personne sans-abri ou logée précairement utilisant des opioïdes Très faible degré de certitude
Détecter les cas de trouble lié à l’utilisation des opioïdes.
Assurer l’accès au traitement par agonistes opioïdes en soins primaires ou orienter les personnes vers un spécialiste des dépendances, si possible en collaboration avec la santé publique ou un centre de santé communautaire en vue d’interventions pharmacologiques. Considérations cliniques : encourager tous les patients traités par opioïdes à se procurer une trousse de naloxone. Même s’il reste des obstacles à la prescription de la méthadone et de la buprénorphine, il faut connaître les nouveaux règlements qui visent à faciliter l’accès au traitement par agonistes opioïdes (TAO) et les options envisageables dans votre province ou territoire, en particulier en ce qui concerne la buprénorphine. Recommandation conditionnelle Recommandation no 5 : personne sans-abri ou logée précairement présentant un problème de toxicomanie Très faible degré de certitude
Recenser durant l’anamnèse ou l’examen physique les cas de toxicomanie problématiques, incluant alcool et autres drogues.
Déterminer l’approche la plus appropriée ou orienter l’usager vers des services locaux de lutte aux dépendances et de réduction/prévention des méfaits (p. ex., sites de consommation supervisée, programmes de gestion de la consommation d’alcool) par le biais des ressources locales appropriées, comme la santé publique ou les centres de santé communautaires. Considérations cliniques : en cas de trouble lié à l’utilisation des opioïdes, faciliter l’accès du patient au TAO. Les patients devraient être mis au courant de la localisation des sites de consommation supervisée (annexe 1, accessible ici : www.cmaj.ca/lookup/suppl/doi:10.1503/cmaj.190777/-/DC1). Recommandation conditionnelle Note: LGBTQ2+ = personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, en questionnement et bispirituelles. *Voir encadré no 2 pour définitions. †211 est le numéro de téléphone à 3 chiffres facile à retenir réservé au Canada et aux États-Unis à l’intention des organisations offrant des services médicaux, sociaux et communautaires qui peuvent s’y adresser pour des renseignements sur les ressources accessibles. 4 CMAJ LIGNE DIRECTRICE (LPCS)30–43. Plusieurs essais réalisés au Canada et aux États-Unis ont montré que les initiatives en matière de LPCS trouvent plus rapidement un hébergement aux participants que les services usuels (73 c. 220 j; différence absolue ajustée 146,4, intervalle de confiance [IC] de 95%, 118,0 à 174,9)30, font augmenter le nombre de personnes qui maintiennent un logement stable après 2 ans (rapport des cotes [RC] regroupé 3,58, IC de 95 %, 2,36 à 5,43)30,40 et accroissent considérablement le pourcentage de journées passées dans un logement stable41. Aucun essai n’a fait état d’une amélioration importante des symptômes de problèmes de santé mentale comparativement aux soins standards 30,31,33,34,41,42. Deux études ont observé que l’état de santé mentale des participants en LPCS ne s’était pas amélioré autant que celui des participants bénéficiant des soins usuels (p. ex., différence moyenne –0,49, IC de 95 % –0,85 à 0,12)30,31. L’essai At Home/Chez Soi a montré de légères améliorations de la qualité de vie chez les participants en situation d’itinérance ayant des besoins élevés (différence moyenne standardisée ajustée, 0,15, IC de 95 %, 0,04 à 0,24)30 et ayant des besoins modérés (différence moyenne 4,37, IC de 95 %, 1,60 à 7,14) chez les patients bénéficiant de LPCS41. Les jeunes bénéficiant de LPCS ont connu de plus grandes améliorations de leur qualité de vie durant les 6 premiers mois (différence moyenne 9,30, IC de 95 % 1,35 à 17,24), qui ont diminué au fil du temps (différence moyenne 7,29, IC de 95 % –1,61 à 16,18)44. Aucun essai n’a révélé d’améliorations importantes de la toxicomanie comparativement aux soins standards30,33,41–43. La plupart des essais n’ont fait état d’aucun effet du LPCS sur les paramètres de soins actifs (p. ex., nombre de consultations aux services des urgences et pourcentage de participants hospitalisés)30,41. Toutefois, 2 essais laissent entendre que les participants bénéficiant de LPCS ont présenté des taux moindres d’hospitalisation (réduction des taux de 29%, IC de 95%, 10 à 44) et des séjours hospitaliers moins longs (p. ex., différence moyenne –31, IC de 95% –48 à –4)34,38,45. Un essai n’a établi aucun lien entre les LPCS, la stabilité d’emploi, le nombre d’heures travaillées par semaine ou le salaire horaire comparativement aux soins standards46. Les participants bénéficiant de LPCS peuvent avoir eu de meilleures possibilités d’emploi, mais cela dépend de la lourdeur de leurs besoins46. Un essai n’a fait état d’aucun effet sur les paramètres liés au revenu46. Le degré de certitude des données probantes a été jugé moyen, parce que, compte tenu de la nature de l’intervention, aucun des essais que nous avons examinés n’a pu appliquer l’intervention à l’insu des participants et du personnel. En outre, plusieurs essais n’ont pas dissimulé l’attribution des traitements ni appliqué le caractère à l’insu aux mesures d’évaluation des paramètres, ce qui pourrait s’accompagner de risques élevés de biais de détection et d’exécution. Encadré no 2 : Comment utiliser et comprendre ces lignes directrices GRADE (www.gradeworkinggroup.org) Ces lignes directrices offre aux fournisseurs de soins des données probantes sur lesquelles fonder leurs décisions quant aux interventions visant à améliorer les paramètres sanitaires et sociaux chez les personnes sans-abri ou logées précairement. Elles ne sauraient toutefois se substituer au jugement clinique. Les énoncés sur les considérations cliniques, les valeurs et préférences font partie intégrante des recommandations visant à faciliter l’interprétation et la mise en œuvre des lignes directrices. Les recommandations de ces lignes directrices sont catégorisées selon le système GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation) selon qu’elles sont fortes ou conditionnelles. Les fortes recommandations indiquent que la totalité ou la quasitotalité des patients bien informés choisiraient l’intervention recommandée, et indiquent aux cliniciens que la recommandation est appropriée pour la totalité ou la grande majorité des individus. Les fortes recommandations ont le potentiel de devenir des critères de qualité des soins ou des indicateurs de rendement. Les recommandations conditionnelles indiquent que la plupart des patients bien informés choisiraient l’intervention suggérée, mais qu’une minorité appréciable ne la choisirait pas. Avec les recommandations conditionnelles, les cliniciens doivent reconnaître que les choix peuvent varier d’un patient à l’autre, et ils devraient aider les patients à prendre une décision en accord avec leurs valeurs et leurs préférences. Les recommandations conditionnelles ne devraient pas être utilisées comme base pour une norme de pratique (si ce n’est pour promouvoir la prise de décision partagée). Les énoncés de bonne pratique représentent des pratiques logiques et s’appuient sur des preuves indirectes en plus d’être associés à des avantages nets présumés appréciables. Les considérations cliniques formulent des suggestions pratiques pour favoriser la mise en œuvre de la recommandation GRADE. Degré de certitude des données probantes selon la classification GRADE Élevé : des recherches plus approfondies risquent peu de modifier notre niveau de confiance à l’endroit de l’estimation de l’effet. Moyen : des recherches plus approfondies pourraient avoir un impact important sur notre niveau de confiance à l’endroit de l’estimation de l’effet et pourraient modifier l’estimation. Faible : des recherches plus approfondies risquent d’avoir un impact important sur notre confiance à l’endroit de l’estimation de l’effet et changeraient probablement l’estimation. Très faible : toute estimation de l’effet est très incertaine. Tableau 2 : Énoncé de bonnes pratiques pour soutenir la prestation des soins Énoncé de bonne pratique Données probantes indirectes (référence) 1. Les populations sans-abri ou logées précairement devraient recevoir des soins centrés sur les patients et adaptés aux traumatismes subis. 23–26 2. Les populations sans-abri ou logées précairement devraient être mises en contact avec des services de soins primaires complets pour faciliter la prise en charge de leurs multiples besoins médicaux et sociaux. 27 3. Les fournisseurs de soins devraient collaborer avec la santé publique et les organisations communautaires pour assurer l’accessibilité des programmes et des ressources appropriés afin de répondre aux besoins des patients à l’échelle locale. 28, 29 CMAJ 5 LIGNE DIRECTRICE Soutien au revenu
Aider les personnes en situation de revenu précaire à trouver des ressources pour le soutien au revenu et à accéder à un revenu (faible degré de certitude des données probantes, recommandation conditionnelle). Sommaire des données probantes Nous avons recensé 10 essais sur des interventions d’aide au revenu, y compris le supplément au loyer47–56, l’autonomisation financière, les interventions d’entreprises à vocation sociale48, le soutien à l’emploi de type placement et le soutien individuels « Individual Placement and Support (IPS) »48 et la thérapie par le travail rémunéré52. Notre revue systématique a montré l’avantage des interventions de soutien au revenu sur la stabilité du logement (Gary Bloch, Université de Toronto, Toronto [Ontario], et Vanessa Brcic, Université de la C.-B., Vancouver [Colombie-Britannique] : données non publiées, 2020). Le supplément au loyer a augmenté la probabilité d’avoir un logement stable (RC 4,60, IC de 95 % 3,10 à 6,83)56. Le supplément au loyer allié au soutien d’intensité variable a fait augmenter le nombre de jours dans un logement stable par période de 90 jours comparativement à la gestion de cas seule (différence moyenne 8,58, p < 0,004)55. La thérapie par le travail rémunéré a fait diminuer les risques d’itinérance (RC 0,1, IC de 95 % 0,1 à 0,3)52. Aucune des interventions liées au revenu n’a semblé avoir d’effet sur les paramètres en santé mentale47,52,55,56. Les incidences de ces interventions sur les paramètres liés à la toxicomanie ont été mitigées. La remise de bons de logement n’a pas exercé d’effet sur la toxicomanie sur une période de 3 ans55; toutefois, la thérapie par le travail rémunéré a donné lieu à des réductions immédiates des problèmes de drogue (réduction : –44,7 %, écart-type [É.-T.] 12,8 %; p = 0,001) et d’alcool (45,4%, É.-T. 9,4 %; p = 0,001), et du nombre de symptômes physiques liés (–64.4%, SE 8.0%; %; p = 0,001)55. Ces différences ont toutefois eu tendance à s’atténuer avec le temps. Aucun effet significatif n’a été observé de manière globale sur les scores de qualité de vie, les finances, la santé et les relations sociales. La remise de bons de logement a amélioré les scores et la satisfaction sur le plan des relations familiales, de même que la qualité du logement comparativement aux soins standards55. Selon un essai, le supplément au loyer a été associée à une diminution du nombre de consultations aux services des urgences et de la durée des séjours hospitaliers, mais ces réductions n’ont pas été considérablement différentes par rapport au groupe de comparaison56. Les interventions de placement et soutien individuels ont amélioré les taux d’emploi uniquement dans les cas d’étroite conformité au modèle (RC 2,42, IC de 95 %, 1,13 à 5,16)54. L’éducation à l’autonomisation financière et la remise de bons de logements n’ont eu aucun effet sur les paramètres d’emploi47,55. L’éducation à l’autonomisation financière, et le placement et le soutien individuels n’ont eu aucun effet sur les salaires horaires47,54. La remise de bons de logement n’a eu aucun effet sur le revenu mensuel55. Le degré de certitude des données probantes a été jugé faible parce que plusieurs essais ont présenté un risque élevé de biais de détection et d’exécution. En outre, 1 essai a fait état d’un faible taux de consentement de 47% et le rapport d’échantillonnage 1:4 a limité davantage la puissance statistique52. De même, les participants du groupe témoin qui souhaitaient s’inscrire à des programmes d’aide au revenu une fois l’étude terminée ont été incités à passer sous silence leurs symptômes, ce qui a donné lieu à un risque élevé de biais de mesure. Gestion de cas
Recenser les situations de maladie mentale grave, par exemple, troubles psychotiques ou de l’humeur et anxieux associés à une invalidité substantielle, troubles liés à la toxicomanie ou besoins médicaux multiples ou complexes.
Promouvoir l’accès à des programmes communautaires locaux en santé mentale, à des services psychiatriques pour évaluation et liaison avec un réseau de gestion de cas intensive, suivi intensif dans le milieu ou intervention en temps critique si possible (faible degré de certitude des données probantes, recommandation conditionnelle). Sommaire des données probantes Notre revue systématique s’est penchée sur l’efficacité de la gestion de cas standard et des interventions spécifiques de gestion de cas intensive, telles que le suivi intensif dans le milieu « Assertive Community Treatment (ACT) », la gestion de cas intensive et l’intervention en temps critique assortis à la lourdeur des besoins dans les populations sans-abri ou logées précairement (David Ponka, Université d’Ottawa, Ottawa [Ontario] : données non publiées, 2020). Nous avons inclus en tout 56 citations, parmi lesquelles 10 essais ont fait état de gestion de cas standard51,57–65, 8 de suivi intensif dans le milieu66–73, 16 de gestion de cas intensive74–89 et 5 d’intervention en temps de crise90–94. Sur 10 essais sur la gestion de cas standard, les 10 ont évalué la stabilité du logement. Trois seulement ont fait état de diminutions importantes de l’itinérance57,62,63, un effet qui s’est atténué avec le temps selon un essai sur une gestion de cas résidentielle d’une durée limitée dans le cadre de laquelle les participants de tous les groupes accédaient à des niveaux substantiels de services57. Un programme adapté aux femmes a réduit les risques de dépression à 3 mois (RC 0,38, IC de 95 %, 0,14 à 0,99), mais n’a pas amélioré l’état de santé mentale global des femmes (différence moyenne, 4,50, IC de 95% –0,98 à 9,98)64. Un essai a fait état de taux plus élevés d’hostilité (p < 0,001) et de symptômes de dépression (p < 0,05) chez les participantes bénéficiant d’une gestion de cas standard par du personnel infirmier, comparativement à celles qui recevaient des soins standards60. Peu d’études ont mesuré des paramètres liés à la toxicomanie, à la qualité de vie, à l’emploi ou au revenu. Les conclusions relatives à l’effet du suivi intensif dans le milieu sur les paramètres de stabilité du logement, de qualité de vie et d’hospitalisation sont mitigées. Deux essais ont mentionné que les participants ayant bénéficié de l’intervention avaient connu moins de journées d’itinérance (p < 0,01)71 et plus de journées en hébergement dans la communauté (p = 0,006)70, tandis que deux essais n’ont signalé aucun effet sur les épisodes ou le nombre jours d’itinérance66,73. En outre, ces interventions ont 6 CMAJ LIGNE DIRECTRICE eu l’avantage supplémentaire de réduire le nombre d’hospitalisations chez les participants (différence moyenne –8,6, p < 0,05) et de consultations aux services des urgences (différence moyenne –1,2, p = 0,009)67. La plupart des essais sur le suivi intensif dans le milieu n’ont fait état d’aucune différence importante quant aux paramètres de santé mentale, y compris symptômes psychiatriques, toxicomanie ou paramètres reliés au revenu entre les groupes traités et témoins. La gestion de cas intensive a réduit le nombre de jours d’itinérance (différence moyenne standardisée regroupée –0,22, IC de 95 % –0,40 à –0,03), mais non le nombre de jours passés dans un logement stable 78,80,89. Dans la plupart des études, on n’a noté aucune amélioration majeure des symptômes psychologiques entre les groupes traités et témoins. Toutefois, un essai a fait état de réductions considérablement plus marquées de l’anxiété, de la dépression et des troubles de la pensée après 24 mois (changement moyen de la différence c. valeur de départ –0,32, p = 0,007), et d’une amélioration de la satisfaction à l’égard de la vie (différence moyenne 1,23, p = 0,001) avec la gestion de cas intensive86. Un essai n’a fait état d’aucune différence importante sur le plan de la qualité de vie83. Les paramètres liés à la toxicomanie ont été mitigés. Six essais sur les 10 ont établi un lien entre la gestion de cas intensive et des améliorations des comportements liés à la toxicomanie74,78,82,84,87,88. Les participants bénéficiant d’une gestion de cas intensive ont consulté moins souvent aux services des urgences (différence moyenne 19 %, p < 0,05), mais leurs séjours hospitaliers n’ont pas été plus brefs comparativement aux groupes témoins85. La gestion de cas intensive n’a exercé aucun effet sur le nombre de jours de travail ou sur le revenu d’emploi; toutefois, pour les participants, le revenu d’aide sociale a augmenté (p. ex., différence moyenne, 89, IC de 95 %, 8 à 170)78,85. L’intervention en temps critique « Critical Time Intervention (CTI) » a été bénéfique. Elle a réduit le nombre de nuits passées à l’extérieur (différence moyenne –591, p < 0,001) et les risques d’itinérance durant les 18 dernières semaines de suivi (RC 0,23, IC de 95 % 0,06 à 0,90)91. Les participants ayant bénéficié de l’intervention ont été relogés plus tôt que les participants recevant les soins standards95, mais n’ont pas passé plus de jours relocalisés90. Les adultes ayant bénéficié de l’intervention en temps de crise ont montré des améliorations importantes de leurs symptômes psychologiques (différence moyenne –0,14, IC de 95 % –0,29 à 0,01)90. Toutefois, les paramètres concernant la santé mentale des enfants ont été mitigés : les enfants de 1,5 à 5 ans ont montré des améliorations des comportements d’internalisation (coefficient ß –3,65, IC de 95% –5,61 à –1,68) et d’externalisation (coefficient ß, 3,12, IC de 95 %, –5,37 à –0,86), tandis que les changements chez les enfants de 6 à 10 ans et de 11 à 16 ans n’ont pas été importants93. On n’a noté aucun effet significatif des interventions en temps critique sur les paramètres liés à la toxicomanie90, à la qualité de vie90,92 ou au revenu96. Deux essais ont fait état de résultats mitigés pour les paramètres d’hospitalisation; dans 1 étude, la prestation d’interventions en temps de crise a été associée à un risque moindre d’hospitalisation (RC 0,11, IC de 95%, 0,01 à 0,96) et à une réduction du nombre total de nuits passées à l’hôpital (p < 0,05) au cours des 18 dernières semaines de l’étude97. Toutefois, une autre étude a fait état d’un nombre total plus élevé de nuits passées à l’hôpital dans le groupe traité comparativement aux soins usuels (1171 c. 912)98. Le degré de certitude des données probantes a été jugé faible parce que plusieurs essais présentaient un risque élevé de biais de détection et d’exécution. Traitement par agonistes opioïdes
Assurer l’accès au traitement par agonistes opioïdes en soins primaires ou orienter les personnes vers un spécialiste des dépendances, si possible en collaboration avec la santé publique ou un centre de santé communautaire en vue d’interventions pharmacologiques (faible degré de certitude des données probantes, recommandation conditionnelle). Sommaire des données probantes Nous avons effectué une synthèse des revues systématiques sur les interventions pharmacologiques dans les cas de trouble lié à l’utilisation des opioïdes99. Vingt-quatre revues, regroupant 352 études primaires distinctes, ont fait état d’interventions pharmacologiques pour le trouble lié à l’utilisation des opioïdes dans les populations générales100–123. Nous avons élargi nos critères d’inclusion aux populations générales en sachant que la plupart des études portant sur ces dernières devaient avoir une forte représentation de populations itinérantes dans leurs échantillons. Il n’y a pas vraiment lieu de croire que le mode d’action de nos interventions d’intérêt serait différent selon qu’il s’agit d’une population itinérante ou d’une frange de la population générale touchées par la toxicomanie. Les revues concernant les interventions pharmacologiques ont fait état de l’utilisation de méthadone, de buprénorphine, de diacétylmorphine (héroïne), de lévo-a-acétylméthadol, de morphine orale à libération lente et d’hydromorphone pour le traitement du trouble lié à l’utilisation des opioïdes. Nous avons noté des taux de mortalité de toutes causes regroupés de 36,1 et de 11,3 par 1000 personnes-années respectivement chez les participants selon qu’ils avaient bénéficié ou non d’un traitement d’entretien à la méthadone (rapport des taux 3,20, IC de 95%, 2,65 à 3,86), et des taux de mortalité de 9,5 par 1000 personnes-années chez les individus n’ayant pas reçu de traitement d’entretien à la buprénorphine contre 4,3 par 1000 personnes-années chez les individus traités (rapport des taux 2,20, IC de 95 %, 1,34 à 3,61)116. Les taux de mortalité spécifiques aux surdoses ont été similairement affectés, avec des taux de mortalité par surdose regroupés de 12,7 et 2,6 par 1000 personnes-années chez les participants selon qu’ils avaient reçu ou non un traitement d’entretien à la méthadone, et des taux de 4,6 et 1,4 par 1000 personnes-années chez ceux ayant ou non reçu un traitement d’entretien à la buprénorphine116. Comparativement aux approches non pharmacologiques, le traitement d’entretien à la méthadone n’a exercé aucun effet important sur la mortalité (risque relatif 0,48, IC de 95 %, 0,10 à 2,39)110. En ce qui concerne la morbidité, les interventions pharmacologiques pour le trouble lié à l’utilisation des opioïdes ont réduit le risque d’hépatite C (risque relatif 0,50, IC de 95 %, 0,40 à 0,63)112 et d’infection au VIH103. CMAJ 7 LIGNE DIRECTRICE Des événements indésirables ont été signalés avec tous les agents100,109,119,122. Le traitement à la méthadone et à la buprénorphine a été associé à une baisse de l’utilisation illicite des opioïdes (différence moyenne normalisée –1,17, IC de 95%, –1,85 à –0,49)109. La disponibilité du traitement à la buprénorphine a élargi l’accès au traitement pour les patients peu susceptibles de s’inscrire à des cliniques de méthadone et a accéléré l’accès pour les récents utilisateurs d’opioïdes117. Pour ce qui est des paramètres de fidélisation, la supériorité d’un agent pharmacologique par rapport aux autres reste à déterminer; mais l’utilisation de la méthadone a donné de meilleurs résultats que les interventions non pharmacologiques sur le plan de la fidélisation (risque relatif 4,44, IC de 95%, 3,26 à 6,04)110. Le degré de certitude des données probantes a varié de très faible à moyen, principalement en raison d’un manque de cohérence, d’un risque élevé de biais et de données probantes provenant d’études non randomisées. Interventions pour la réduction des méfaits
Recenser les cas de toxicomanie problématiques, incluant alcool et autres drogues.
Déterminer l’approche la plus appropriée ou orienter l’usager vers des services locaux de lutte aux dépendances et de réduction/prévention des méfaits (p. ex., sites de consommation supervisée, programmes de gestion de la consommation d’alcool) par le biais des ressources locales appropriées, comme la santé publique ou les centres de santé communautaires (faible degré de certitude des données probantes, recommandation conditionnelle). Sommaire des données probantes Nous avons procédé à une synthèse des revues systématiques sur les sites de consommation supervisée et les programmes de gestion de la consommation d’alcool99. Deux revues systématiques qui incluaient 90 études observationnelles distinctes et 1 métasynthèse qualitative ont parlé des sites de consommation supervisée124–126. Pour les programmes de gestion de la consommation d’alcool, 1 revue Cochrane127 n’a inclus aucune étude, mais a inclus 2 revues de la littérature grise portant sur 51 études128,129. La mise sur pied de sites de consommation supervisée a été associée à une réduction de 35 % du nombre de surdoses d’opioïdes fatales dans un rayon de 500 mètres de ces établissements (de 253,8 à 165,1 décès par 100 000 personnes-années, p = 0,048), contre 9% ailleurs dans la ville (Vancouver)124. Trois cent trente-six surdoses d’opioïdes ont pu être renversées chez 90 personnes différentes à l’établissement de Vancouver sur une période de 4 ans (2004–2008)125. Des effets protecteurs similaires ont été signalés en Australie et en Allemagne. Des études observationnelles réalisées à Vancouver et à Sydney ont montré que la fréquentation régulière de sites de consommation supervisée était associée à une baisse du partage des seringues (RC ajusté 0,30, IC de 95 %, 0,11 à 0,82), de leur réutilisation (RC ajustée 2,04, IC de 95% 1,38 à 3,01) et des injections pratiquées dans les espaces publics (RC ajustée 2,79, IC de 95 %, 1,93 à 3,87)125. Ces établissements ont facilité l’accès à des services auxiliaires (p. ex., nourriture, refuge) et à des services de santé élargis125,126. La fréquentation des sites de consommation supervisée a été associée à un accroissement du nombre de cas orientés vers des centres de traitement des dépendances et à l’instauration de traitements d’entretien à la méthadone (risque relatif ajusté 1,57, IC de 95 %, 1,02 à 2,40)125. Le degré de certitude des données probantes sur les sites de consommation supervisée a été jugé de très faible à faible, puisque toutes les données disponibles provenaient d’études non randomisées. On ne disposait pas de données probantes de grande qualité au sujet des programmes de gestion de la consommation d’alcool. Peu d’études ont fait état de la mortalité chez les clients de ces programmes128. Quant aux effets des programmes de gestion de la consommation d’alcool sur la fonction hépatique, les résultats sont mitigés. Certaines études signalent une amélioration des marqueurs biologiques hépatiques avec le temps, d’autres montrent des augmentations de l’atteinte hépatique liée à l’alcool129. Toutefois, ces phénomènes ne sont pas forcément liés à une participation à de tels programmes. Cela laisse entendre que les programmes de gestion de la consommation d’alcool donnent lieu à une stabilisation de la consommation d’alcool et peuvent faciliter l’adhésion à des services médicaux et sociaux128. Les clients ont présenté considérablement moins de problèmes sociaux, médicaux, de sécurité et juridiques liés à leur consommation d’alcool129. Les participants à ces programmes ont été moins souvent hospitalisés et on note une réduction de 93 % des recours aux services des urgences128. Les programmes ont aussi favorisé l’amélioration ou la stabilisation des problèmes de santé mentale128 et d’observance thérapeutique129. Répercussions sur le rapport coût–efficacité et les ressources Logements permanents combinés avec support Nous avons recensé 19 études qui ont évalué le coût et le coût net des interventions axées sur le logement30,41,45,130–145. Selon certaines, les interventions de type logement permanent combiné avec support (LPCS) ont été associées à une augmentation des coûts pour les payeurs, et les coûts des interventions n’ont été que partiellement compensés par les économies sur le plan des services médicaux et sociaux par suite des interventions30,41,131–134,142. Six études ont montré que ces interventions avaient généré des économies pour les payeurs135,137,139,141,144,145. Quatre d’entre elles ont par contre appliqué un modèle « avant–après »135,139,141,145. De plus, 1 analyse coût–utilité sur les LPCS a laissé entendre que la prestation de services liés au logement était associée à une augmentation des coûts et à une augmentation des années de vie ajustées en fonction de la qualité (AVAQ), avec un rapport coût–efficacité différentiel de 62 493 $US par AVAQ136. Comparativement aux soins usuels, les LPCS se sont révélés plus coûteux pour la société (coût net 7868 $CA, IC de 95 %, 4409 $ à 11 405 $)138. Soutien au revenu Deux études55,146 ont porté sur le rapport coût–efficacité des interventions de soutien au revenu. Le supplément de loyer pour les clients bénéficiant aussi d’une intervention sous forme 8 CMAJ LIGNE DIRECTRICE de gestion de cas s’est accompagnée de coûts annuels supérieurs à ceux des soins usuels ou des services de gestion de cas seuls55. Pour chaque journée additionnelle d’hébergement, les clients ayant reçu un soutien au revenu ont généré des coûts additionnels de 58 $US (IC de 95 %, 4 $ à 111 $) du point de vue du payeur, de 50 $US (IC de 95 % –17 $ à 117 $) du point de vue du système de santé et de 45 $US (IC de 95 %, –19 $ à 108 $) du point de vue sociétal. Les bienfaits de l’aide financière temporaire ont surclassé ses coûts, avec une économie nette de 20 548 $US146. Gestion de cas Douze publications ont fourni des données probantes sur le coût et le rapport coût–efficacité des interventions de gestion de cas44,55,67,69,73,75,88,96,147–150. Les résultats de ces études ont été mitigés; le coût total pour les clients des interventions de gestion de cas standard a été plus élevé que pour les clients ayant reçu les soins usuels ou standards61,88 et un suivi intensif dans le milieu67,147, mais moindre comparativement à un programme de gestion de cas clinique américain qui incluait des bons de logement et une gestion de cas intensive55. Des études sur le rapport coût–efficacité adoptant un point de vue sociétal ont montré que la gestion de cas standard n’était pas rentable comparativement au suivi intensif dans le milieu pour les personnes présentant de graves problèmes de santé mentale ou un problème concomitant de toxicomanie, puisqu’elle s’est révélée plus coûteuse67. Pour la gestion de cas intensive, le coût du soutien au logement dans le cadre d’un tel programme pourrait en partie être compensé par une réduction du recours aux refuges d’urgence et aux résidences temporaires41. La gestion de cas intensive est plus susceptible d’être rentable si on tient compte des coûts et des bénéfices pour la société41. Une étude avant–après a montré que la prestation de ce programme à de grands utilisateurs de services des urgences a donné lieu à des économies en frais hospitaliers de l’ordre de 132 726 $US150. Les interventions de type suivi intensif dans le milieu ont été associées à une baisse des coûts comparativement aux soins usuels66,67,73,148,149. Nous n’avons recensé qu’une seule étude sur le rapport coût–efficacité des interventions en temps critique ayant fait état de coûts comparables (52 574 $US c. 51 749 $US) pour le traitement comparativement aux services usuels fournis à des hommes atteints de graves problèmes de santé mentale96. Interventions de lutte à la toxicomanie Nous avons recensé 2 revues systématiques qui ont fait état des conclusions de 6 études menées à Vancouver sur le rapport coût–efficacité des sites de consommation supervisée124,125. Cinq études sur 6 ont conclu que les établissements étaient rentables. Une fois pris en compte le fonctionnement des établissements, les sites de consommation supervisée ont permis des économies pouvant atteindre 6 millions de dollars canadiens associés à la prévention des décès par surdose et des cas de VIH incidents. De même, 1,8 million de dollars canadiens ont été économisés annuellement grâce à la prévention des cas d’hépatite C incidents. Considérations cliniques En partenariat avec les communautés directement affectées, les fournisseurs de soins peuvent utiliser une gamme d’outils de navigation et de défense des intérêts/droits pour s’attaquer aux racines de l’itinérance, ce qui inclut la pauvreté par manque d’un accès adéquat à l’aide sociale, la précarité d’emploi, les difficultés d’accès à des services de garde de qualité, les codes sociaux qui favorisent la propagation de la violence dans les foyers et les communautés, l’aide insuffisante pour les patients et les familles aux prises avec des incapacités ou des situations difficiles, et le manque de logement de qualité151. De plus, les fournisseurs de soins devraient adapter leur approche aux besoins et aux caractéristiques démographiques des patients, en tenant compte de l’accès aux services, des préférences personnelles et des autres problèmes de santé152. Les fournisseurs de soins devraient également reconnaître l’importance d’accepter les personnes sans-abri ou logées précairement dans leur pratique clinique sur une base sociale et humaine. Les sections suivantes proposent des données probantes additionnelles au sujet de certaines populations mal desservies et marginalisées. Femmes Une revue exploratoire de la littérature sur les interventions à l’intention des femmes sans-abri (Christine Mathew, Institut de recherche Bruyère, Ottawa [Ontario] : données non publiées, 2020) a identifié 4 revues systématiques153–156 et 9 essais contrôlés et randomisés (ERC)36,60,92,95,157–161 portant spécifiquement sur les femmes sans-abri et logées précairement. Les conclusions ont montré que les LPCS étaient efficaces à réduire le risque de violence conjugale et à améliorer les symptômes psychologiques158. Pour les femmes sans-abri avec enfants, l’accès prioritaire à des suppléments de loyer pour un logement permanent peut réduire la séparation des familles et les placements de leurs enfants en foyer d’accueil, ce qui permet aux femmes de maintenir l’intégrité de la cellule familiale158. De même, les programmes « Logement d’abord (Housing First) » pour les familles, les interventions en temps critique et les communautés thérapeutiques sont associés à une baisse du taux de détresse psychologique, à un accroissement de l’estime de soi et à une amélioration de la qualité de vie des femmes et de leur famille92. Une analyse sexospécifique155 a souligné l’importance de la sécurité, de l’accessibilité des services et de l’autonomisation pour les femmes sans-abri. Nous suggérons aux fournisseurs de soins de s’attarder d’abord à la sécurité des patientes, à l’autonomisation des femmes qui ont fait face à de la violence sexospécifique, et à l’amélioration de l’accès aux ressources, notamment revenu, garde d’enfants et autres services de soutien social. Jeunes Une synthèse systématique sur les interventions spécifiques aux jeunes a fait état des conclusions de 4 revues systématiques et de 18 ERC162. Les logements supervisés permanents ont amélioré la stabilité du logement. De même, la thérapie cognitivocomportementale individuelle a permis d’améliorer considérablement les scores de dépression; les thérapies familiales sont CMAJ 9 LIGNE DIRECTRICE également prometteuses puisqu’elles influent à la baisse sur la toxicomanie chez les jeunes en restaurant la dynamique familiale. Les conclusions relatives aux résultats des entrevues motivationnelles, au développement des capacités et à la gestion de cas ont été variables, certains essais ayant fait état d’un effet positif et d’autres n’ayant noté aucun avantage significatif. Populations de réfugiés et de migrants Une revue systématique qualitative sur les migrants sans-abri (Harneel Kaur, Université d’Ottawa, Ottawa [Ontario] : données non publiées, 2020) a recensé 17 articles qualitatifs ayant porté sur l’expérience des migrants sans abri163–179. Selon les conclusions, la discrimination, la barrière des langues et la rupture des liens sociaux ont eu un effet négatif sur le sentiment d’appartenance des migrants sans-abri et sur leur accès aux services sociaux, comme le logement. Toutefois, les occasions d’emploi ont généré un sentiment d’autonomie et amélioré l’intégration sociale. Méthodologie Composition des groupes participants En vue de la rédaction des présentes lignes directrices, nous avons formé le Réseau de recherche sur la santé des sans-abri (Homeless Health Research Network) (https://methods. cochrane.org/equity/projects/homeless-health-guidelines), composé de cliniciens, d’universitaires et d’intervenants gouvernementaux et non gouvernementaux. Le comité directeur pour les lignes directrices concernant la santé des sans-abri (Homeless Health Guideline Steering Committee) (K.P. [président], C.K., T.A., A.A., G.S., G.B., D.P., E.A., V.B., V.S. et P.T.) s’est réuni pour coordonner la préparation des lignes directrices. On a invité des experts de l’est et de l’ouest du Canada, de l’Ontario, du Québec et des Prairies à faire partie du comité directeur. Cinq autres personnes ayant vécu en situation d’itinérance (ci-après les «experts communautaires180 » ont été recrutés pour participer à la préparation des lignes directrices. Un comité de gestion (K.P., C.K. et P.T.) a supervisé les groupes participants et vérifié l’existence de possibles situations de conflit d’intérêts. Le comité directeur a décidé de préparer une seule publication pour les lignes directrices après une série de 8 revues systématiques. Il a réuni des groupes de travail composés d’experts pour opérationnaliser chaque revue. Chaque groupe de travail était composé d’experts cliniques sur le sujet et d’experts communautaires responsables de la mise en contexte. Le comité directeur a également formé une équipe technique chargée de fournir son expertise pour la conduite et la présentation des revues systématiques et des méta-analyses. En terminant, le comité directeur a formé un groupe d’experts pour l’élaboration des lignes directrices, qui avait la responsabilité de fournir une revue externe des données probantes et d’ébaucher les recommandations. Ce comité était composé de 17 personnes, dont des médecins, des fournisseurs de soins primaires, des internistes, des psychiatres, des responsables de la santé publique, des personnes ayant connu l’itinérance, ainsi que des étudiants et résidents en médecine. Les membres du comité n’ont déclaré aucun conflit d’intérêts financier ou intellectuel. Une liste complète des membres de chaque équipe est présentée à l’annexe 2, accessible ici : www.cmaj.ca/lookup/suppl/doi:10,1503/cmaj.190777/-/DC1. Sélection des thèmes prioritaires Nous avons utilisé une méthode Delphi modifiée en 3 étapes pour obtenir un consensus (Esther Shoemaker, Institut de recherche Bruyère, Ottawa [Ontario] : données non publiées, 2020) pour sélectionner les problèmes de santé prioritaires chez les populations marginalisées sans-abri ou logées précairement. Brièvement, entre mai et juin 2017, nous avons conçu et mené un sondage (en français et en anglais) à l’aide duquel nous avons demandé à 84 experts et 76 personnes ayant connu l’itinérance de classer et prioriser une liste initiale des besoins et des populations. Nous avons spécifiquement demandé aux participants de garder à l’esprit 3 critères de sélection des priorités au moment de répondre au questionnaire Delphi en tenant compte des défis particuliers inhérents à la prestation des soins de santé aux personnes sans-abri ou logées précairement : valeur ajoutée (c.-à-d., possibilité d’une contribution unique et pertinente), réduction des iniquités évitables en matière de santé et réduction du fardeau de la maladie (c.-à-d., nombre de personnes pouvant présenter le problème de santé en question)181. Les 4 premiers besoins prioritaires identifiés ont été les suivants : faciliter l’accès au logement, fournir des services pour les problèmes de santé mentale et de dépendances, assurer la coordination des soins et la gestion de cas, et faciliter l’accès à un revenu adéquat. Les populations marginalisées prioritaires identifiées incluaient : les personnes autochtones, les femmes et les familles, les jeunes, les personnes présentant une lésion cérébrale acquise, une déficience intellectuelle ou un handicap physique et les réfugiés et autres migrants (Esther Shoemaker, Institut de recherche Bruyère, Ottawa [Ontario] : données non publiées, 2020). Chaque groupe de travail a ensuite exploré la littérature à l’aide de Google Scholar et PubMed pour dresser une liste d’interventions et de termes relatifs à chacune des catégories de besoins prioritaires. Chaque groupe de travail est arrivé à un consensus entourant la liste finale des interventions à inclure (tableau 3). Élaboration des lignes directrices Nous avons suivi l’approche GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation) pour l’élaboration de ces lignes directrices de pratique clinique, y compris l’identification des questions cliniques, les revues systématiques des meilleures données probantes disponibles, l’évaluation du degré de certitude des données probantes et la rédaction des recommendations182. Nous avons procédé à une série de revues systématiques pour répondre à la question clinique suivante : Faut-il envisager les LPCS, le soutien au revenu, la gestion de cas, les agents pharmacologiques pour les utilisateurs d’opioïdes et/ou des interventions pour la réduction des méfaits chez les personnes ayant connu l’itinérance? Les revues systématiques concernant chaque intervention ont suivi un modèle logique. On trouvera à l’annexe 3 accessible ici : www.cmaj.ca/lookup/suppl/doi:10.1503/cmaj.190777/-/DC1 une description détaillée de la méthodologie utilisée pour compiler 10 CMAJ LIGNE DIRECTRICE les sommaires des données probantes de chaque recommandation, notamment les mots-clés des interrogations. Nous avons recherché des données probantes sur les questions relatives aux populations, aux interventions et aux comparaisons selon des protocoles publiés a priori183–186. Nous avons utilisé les termes pertinents et structuré les stratégies de recherche dans 9 bases de données bibliographiques pour les ERC et les études quasi expérimentales. L’équipe technique a passé en revue les titres, résumés et textes intégraux des citations relevées, sélectionné les données probantes à inclure et compilé les revues des données probantes, y compris les données sur les rapports coût-efficacité et l’utilisation des ressources avant de les soumettre à l’examen du groupe d’experts pour l’élaboration des lignes directrices. L’équipe technique a recueilli et synthétisé les données sur les paramètres a priori suivants : stabilité du logement, santé mentale, qualité de vie, toxicomanie, hospitalisation, emploi et revenu. Dans la mesure du possible, nous avons procédé à des méta-analyses à effets aléatoires et évalué la certitude des données probantes selon l’approche GRADE. Là où il n’était pas approprié de regrouper les résultats, nous les avons synthétisés de façon narrative. En plus des revues portant sur les interventions et les rapports coût–efficacité, l’équipe technique a procédé à 3 revues systématiques pour recueillir des données contextuelles et spécifiques aux populations priorisées lors de notre processus Delphi (femmes, jeunes, réfugiés et migrants) (Christine Mathew, Institut de recherche Bruyère, Ottawa [Ontario] : données non publiées, 2020; Harneel Kaur, Université d’Ottawa, Ottawa [Ontario] : données non publiées, 2020)162. En outre, nous avons procédé à une revue de la littérature qualitative pour connaître les valeurs et préférences des patients, centrée sur les expériences des personnes sans-abri qui s’engagent à l’endroit des interventions que nous avons sélectionnées20. Rédaction de l’ébauche des recommandations Le comité directeur a tenu une activité de partage des connaissances de 2 jours, intitulée « Sommet sur la santé des sansabri » (Homeless Health Summit) les 25 et 26 novembre 2018. Les participants incluaient des groupes de travail composés d’experts, des experts communautaires, des membres de l’équipe technique et d’autres intervenants gouvernementaux et non gouvernementaux. Les résultats de toutes les revues sur les interventions ont été présentés et débattus conformément au cadre GRADE menant des données probantes à la prise de décision187. Après la rencontre, le comité directeur a rédigé une ébauche des recommandations selon l’approche GRADE (encadré no 2) suite à un processus consensuel itératif. Tous les membres du comité directeur ont participé à de multiples étapes de lecture et de révision de l’ébauche des recommandations cliniques. Tableau 3 : Description des interventions prioritaires Intervention Description Logements supervisés permanents
Hébergement à long terme dans la communauté sans conditions préalables. Le logement peut être jumelé à la prestation de services de soutien individualisés adaptés aux besoins et aux choix des participants, y compris suivi intensif dans le milieu et gestion de cas intensive.
Ces lignes directrices relient le modèle « Logement d’abord » (approche d’aide au logement qui priorise l’offre d’hébergement) aux logements permanents combinés avec support. Soutien au revenu
Prestations et programmes qui améliorent le statut socioéconomique. Cela peut inclure un soutien direct au revenu et des programmes qui aident à réduire les coûts des produits de première nécessité.
Ces lignes directrices regroupent aussi les programmes d’emploi (p. ex., placement et soutien individuels et thérapie par le travail rémunéré) dans cette catégorie. Gestion de cas
La gestion de cas standard permet la prestation d’un éventail de services sociaux, médicaux et autres, avec l’objectif d’aider le client à maintenir un bon état de santé et des relations sociales saines.
La gestion de cas intensive offre le soutien d’un gestionnaire de cas qui coordonne l’accès à une panoplie de services. Le soutien d’un gestionnaire de cas peut être offert jusqu’à 12 heures par jour, 7 jours par semaine et chaque gestionnaire de cas gère souvent 15 à 20 dossiers d’utilisateurs.
Le suivi intensif dans le milieu offre des soins interdisciplinaires à des individus qui présentent des problèmes de santé mentale graves et persistants dans la communauté. Cette équipe devrait être disponible 24 heures par jour, 7 jours par semaine.
L’intervention en temps critique soutient la continuité des soins pour les utilisateurs de services lors de périodes de transition. La gestion de cas est assurée par un responsable de l’intervention en temps critique et il s’agit d’un service d’une durée limitée, qui s’échelonne sur habituellement 6 à 9 mois. Interventions pharmacologiques pour la toxicomanie
Interventions pharmacologiques pour le trouble lié à l’utilisation des opioïdes, y compris méthadone, buprénorphine, diacétylmorphine, lévo-a-acétylméthadol et naltrexone.
Agents pharmacologiques servant à renverser une surdose d’opioïdes : agonistes opioïdes administrés par voie intraveineuse ou intranasale (p. ex., naloxone). Réduction des méfaits liés à la toxicomanie
Sites de consommation supervisée : établissements (indépendants, en colocation ou ponctuels) où les utilisateurs peuvent consommer sous supervision des substances obtenues préalablement.
Programmes de gestion de la consommation d’alcool : refuge, aide médicale, services sociaux et sites de consommation d’alcool contrôlée pour aider les résidents qui ont un grave problème de consommation d’alcool. CMAJ 11 LIGNE DIRECTRICE Examen par le groupe d’experts pour l’élaboration des lignes directrices Nous avons utilisé le cadre GRADE menant des données probantes à la prise de décision pour faciliter la rédaction des recommendations187–189 (annexe 4, accessible ici : www.cmaj.ca/lookup/ suppl/doi:10.1503/cmaj.190777/-/DC1). Nous avons utilisé GRADEpro et le logiciel Panel Voice pour recueillir les commentaires du groupe d’experts pour l’élaboration des lignes directrices190. Les membres du groupe ont fourni leurs commentaires sur la formulation et la force des recommandations de l’ébauche. Ils ont aussi donné leurs points de vue sur leur application clinique. Nous avons demandé que 60 % des membres du groupe appuient une recommandation pour qu’elle soit acceptée. Après l’examen par le groupe d’experts pour l’élaboration des lignes directrices, le comité directeur a passé en revue la dernière version des recommandations avant approbation finale. Énoncés de bonnes pratiques Nous avons rédigé un petit nombre d’énoncés de bonne pratique pour appuyer la mise en œuvre des recommandations initiales basées sur les données probantes. Un énoncé de bonne pratique représente en général des situations pour lesquelles un important corpus de données probantes indirectes vient fermement étayer le bénéfice net escompté d’une intervention recommandée, qui est nécessaire pour la prestation de soins de santé191–193. Les groupes chargés de l’élaboration des lignes directrices considèrent la préparation d’énoncés de bonne pratique lorsqu’ils ont pleinement confiance que les données probantes indirectes viennent appuyer le bénéfice net escompté, lorsqu’il y a une justification claire et explicite reliant les données indirectes, et qu’il serait onéreux et contre-productif, donc peu utile, que le groupe recueille de telles données compte tenu de ses ressources limitées. Le comité directeur est arrivé à un consensus sur 3 énoncés de pratiques optimales à partir de données indirectes. Identification des considérations relatives à la mise en œuvre Nous avons procédé à une étude à méthodes mixtes pour identifier les déterminants de la mise en œuvre des lignes directrices au Canada (Olivia Magwood, Institut de recherche Bruyère, Ottawa [Ontario] : données non publiées, 2020). Brièvement, l’étude a inclus un sondage auprès de 88 intervenants et des entrevues semistructurées avec des personnes ayant connu l’itinérance. Le sondage GRADE sur la faisabilité, l’acceptabilité, le coût (abordabilité) et l’équité (FACE) a recueilli des données sur la priorisation, la faisabilité, l’acceptabilité, le coût, l’équité et les projets de mise en œuvre relatives aux lignes directrices. Nous avons utilisé une analyse du cadre et une série de rencontres (Ottawa [Ontario], le 13 janvier 2020; Hamilton [Ontario], le 16 août 2019; Gatineau [Québec], le 18 juillet 2019) avec les intervenants concernés dans le domaine de la santé des sans-abris pour analyser nos données de mise en œuvre. Gestion des intérêts concurrents Les intérêts concurrents ont été évalués au moyen d’un formulaire détaillé adapté du Uniform Disclosure Form for Potential Conflicts of Interest de l’International Committee of Medical Journal Editors194 et du formulaire type d’Elsevier sur l’accord des coauteurs concernant un projet scientifique, les imprévus et la communication195. Ces formulaires ont été recueillis au début des activités relatives aux lignes directrices après du comité directeur, du groupe d’experts pour l’élaboration des lignes directrices et des experts communautaires. Tous les auteurs ont soumis un formulaire à jour en date de juin 2019 et avant la publication. Le comité directeur a passé en revue de manière itérative ces énoncés et a interrogé les participants si des clarifications étaient nécessaires ou des préoccupations étaient soulevées. A priori, le comité directeur s’est entendu sur l’exclusion des membres concernés par une situation de conflit d’intérêts majeur. Aucun intérêt concurrent n’a été déclaré. Mise en œuvre Notre étude à méthodes mixtes (Olivia Magwood, Institut de recherche Bruyère, Ottawa [Ontario] : données non publiées, 2020) sur les priorités, la faisabilité, l’acceptabilité, le coût, l’équité et l’intention de mise en œuvre des lignes directrices a soulevé les enjeux suivants relativement à leur mise en œuvre. Les intervenants ont rappelé l’importance de sensibiliser davantage les fournisseurs de soins primaires au processus d’inscription aux programmes de LPCS et d’informer les patients au sujet des ressources accessibles dans la communauté. Les principaux enjeux relatifs à la faisabilité concernaient la disponibilité limitée des services existants, tels que le logement, de même que des problèmes sur les plans de l’administration et des ressources humaines. Par exemple, tous les fournisseurs de soins primaires ne travaillent pas dans un modèle global de soins interdisciplinaires et ils n’ont pas tous accès à un travailleur social ou à un coordonnateur des soins capable de faire le pont entre les patients et les services existants. En outre, les listes d’attente pour les LPCS sont souvent longues. Malgré cela, tous les intervenants se sont dits d’accord sur le fait que l’accès aux LPCS était une priorité et une recommandation faisable. Les médecins et autres professionnels de la santé ne sont pas toujours d’accord avec ce nouveau rôle. Certains commentaires évoquent les réticences des médecins de famille dont les consultations avec les patients sont soumises à des contraintes de temps et qui connaissent moins les déterminants sociaux de la santé, comme le logement ou le revenu. Les étapes initiales préconisées dans ces lignes directrices s’accompagneraient d’un coût d’opportunité pour eux. La stigmatisation inhérente à l’itinérance a été reconnue comme un obstacle important aux soins chez les populations sans-abri. Plusieurs intervenants ont reconnu que la mise en œuvre efficace de ces recommandations pourrait nécessiter des coûts modérés pour accroître l’offre de logement, le soutien au revenu et les ressources humaines. Toutefois, les sites de consommation supervisée, avec l’éventail des services qu’ils offrent, ont été perçus comme économiques. Plusieurs interventions ont le potentiel d’accroître l’équité en matière de santé, si elles sont disponibles et accessibles localement. Plusieurs intervenants ont rappelé les occasions où il est possible de faire connaître les étapes initiales et d’en faire la promotion à l’échelle des systèmes afin d’accroître la disponibilité des services. 12 CMAJ LIGNE DIRECTRICE Mesures de rendement suggérées Nous avons élaboré une série de mesures de rendement que les professionnels et les responsables des orientations politiques pourraient envisager dans le cadre de ces lignes directrices :
proportion d’adultes évalués sur le plan de l’itinérance ou de la précarité du logement sur une période d’un an
proportion d’adultes admissibles considérés candidats à un soutien au revenu sur une période d’un an
proportion d’adultes admissibles utilisant des opioïdes à qui on offre un traitement par agonistes opioïdes sur une période d’un an Mises à jour Le Réseau de recherche sur la santé des sans-abri s’engage à mettre ces lignes directrices à jour tous les 5 ans. Autres lignes directrices Cette série de lignes directrices se veut un complément à d’autres lignes directrices déjà publiées. Elle vise à soutenir les prochaines lignes directrices spécifiques aux populations autochtones, qui reconnaîtront l’importance du leadership autochtone et d’une méthodologie adaptée aux causes sousjacentes distinctes de l’itinérance chez cette population (Jesse Thistle, Université York, Toronto [Ontario] : communication personnelle, 2020). L’Organisation mondiale de la santé a élaboré des lignes directrices pour promouvoir des normes de logement saines afin de sauver des vies, prévenir la maladie et augmenter la qualité de vie196. D’autres lignes directrices spécifiques au trouble lié à l’utilisation des opioïdes existent197,198, y compris une série de lignes directrices pour les patients « réfractaires au traitement »199. Au Royaume-Uni, le National Institute for Health Care and Excellence (NICE) a publié des lignes directrices pour le traitement ambulatoire de la schizophrénie et des lignes directrices pour les multimorbidités (www.nice.org.uk/ guidance). Le National Health Care for the Homeless Council des États-Unis a adapté des pratiques optimales pour venir en aide aux travailleurs de première ligne qui prennent soin des populations itinérantes200. En quoi ces lignes directrices se distinguent-elles? S’appuyant sur l’aide de patients et d’autres intervenants, ces lignes directrices suggèrent des étapes initiales et des approches basées sur les données probantes pour les personnes sans-abri ou logées précairement. Elles posent un regard clinique neuf sur des interventions en amont capables de former la base sociale et médicale d’une intégration communautaire. Les étapes initiales appuient la vision du Centre for Homelessness Impact du Royaume-Uni, et pavent la voie à une société où l’expérience de l’itinérance, dans les cas où elle ne peut être prévenue, sera rare, brève, et non récurrente201. Enfin, nous espérons que l’engagement de nos intervenants sera une source d’inspiration et incitera les futurs étudiants, professionnels de la santé et responsables de la santé publique à mettre en œuvre les recommandations concernant les étapes initiales. Lacunes dans les connaissances Les initiatives politiques basées sur les données probantes devront prendre acte de l’accélération des disparités sanitaires et économiques entre les populations itinérantes et la population générale. À mesure que le modèle des centres de médecine de famille prendra de l’expansion pour la prestation des soins primaires27, il sera possible de faire de la recherche sur la façon de mieux adapter les soins en fonction des traumatismes202 et de soutenir ainsi les interventions préconisées dans ces lignes directrices. En effet, la recherche clinique pourra préciser de quelle façon les fournisseurs de soins appliqueront le protocole des étapes initiales : logement, revenu, gestion de cas et dépendances. Quand on aura amélioré les conditions de vie ainsi que la coordination des soins et leur continuité, la recherche et la pratique pourront se consacrer aux maladies traitables, comme le VIH, l’hépatite C, la toxicomanie, la maladie mentale et la tuberculose203. Les formateurs en médecine devront aussi concevoir de nouveaux outils de formation pour appuyer la mise en œuvre des interventions. Il faudra également instaurer des programmes, des cours et des stages pour soutenir la prestation des interventions et des soins centrés sur les patients et adaptés aux traumatismes12. Plusieurs des interventions recommandées dans ces lignes directrices sont tributaires de la collaboration entre les fournisseurs de soins communautaires, les coordonnateurs au logement et les gestionnaires de cas. La recherche interdisciplinaire en soins primaires et le maintien des liens avec ce milieu profiteront des nouveaux réseaux de cliniques de santé créés à l’intention des personnes en situation d’itinérance. La surveillance de la transition des soins et l’accès au logement seront d’importants objectifs de recherche de la Stratégie nationale sur le logement du Canada et du programme connexe Vers un chez-soi. Conclusion L’itinérance est devenue une urgence sanitaire. Parmi les étapes initiales fortement recommandées dans ces lignes directrices pour faire face à la crise, mentionnons la mise en place de LPCS comme priorité immédiate. Les lignes directrices reconnaissent aussi le rôle des traumatismes, de l’incapacité, de la maladie mentale et de la stigmatisation chez les personnes sans-abri ou ayant connu l’itinérance et recommandent d’autres étapes prioritaires : soutien au revenu, gestion de cas intensive en présence de maladie mentale, et interventions axées sur la réduction des méfaitset sur le traitement des dépendances, y compris l’accès au traitement par agonistes opioïdes et aux sites de consommation supervisée. La mise en œuvre réussie de ces lignes directrices dépendra de l’attention accordée aux recommandations initiales, de la confiance, de la sécurité des patients et de la collaboration constante entre les soins primaires, les soins en santé mentale, la santé publique, la population desservie et les organisations communautaires élargies, c’est-à-dire, au-delà du strict milieu de la santé. CMAJ 13 LIGNE DIRECTRICE Références 1. Frankish CJ, Hwang SW, Quantz D. Homelessness and health in Canada: research lessons and priorities. Can J Public Health 2005;96(Suppl 2):S23-9. 2. 31 days of promoting a better urban future: Report 2018. Nairobi (Kenya): UN Habitat, United Nations Human Settlement Programme; 2018. Disponible : https://oldweb.unhabitat.org/wp-content/uploads/2019/01/Final-short-version -UN-Habitat-Urban-October-Report.pdf (consulté le 1 avril 2019). 3. Wen CK, Hudak PL, Hwang SW. Homeless people’s perceptions of welcomeness and unwelcomeness in healthcare encounters. J Gen Intern Med 2007;22: 1011-7. 4. Coltman L, Gapka S, Harriott D, et al. Understanding community integration in a housing-first approach: Toronto At Home/Chez Soi community-based research. Intersectionalities 2015;4:39-50. 5. Hwang SW, Burns T. Health interventions for people who are homeless. Lancet 2014;384:1541-7. 6. Canadian definition of homelessness. Toronto: Canadian Observatory on Homelessness; 2012. Disponible : www.homelesshub.ca/sites/default/files/ attachments/Definition of Homelessness.pdf (consulté le 1 avril 2019). 7. Hwang SW, Wilkins R, Tjepkema M, et al. Mortality among residents of shelters, rooming houses, and hotels in Canada: 11 year follow-up study. BMJ 2009;339: b4036. 8. Nordentoft M, Wandall-Holm N. 10 year follow up study of mortality among users of hostels for homeless people in Copenhagen. BMJ 2003;327:81. 9. Fazel S, Geddes JR, Kushel M. The health of homeless people in high-income countries: descriptive epidemiology, health consequences, and clinical and policy recommendations. Lancet 2014;384:1529-40. 10. Gaetz S, Dej E, Richter T, et al. The state of homelessness in Canada 2016. Toronto: Canadian Observatory on Homelessness Press; 2016. 11. Thistle J. Indigenous definition of homelessness in Canada. Toronto: Canadian Observatory on Homelessness Press; 2017. 12. Belanger YD, Awosoga O, Head GW. Homelessness, urban Aboriginal people, and the need for a national enumeration. Aboriginal Policy Studies 2013;2:4-33. 13. Taylor M. How is rural homelessness different from urban homelessness? Toronto: The Canadian Observatory on Homelessness/Homeless Hub; 2018. Disponible : www.homelesshub.ca/blog/how-rural-homelessness-different -urban-homelessness (consulté le 6 février 2019). 14. Rodrigue S. Hidden homelessness in Canada. Cat no 75-006-X. Ottawa: Statistics Canada; 2016. 15. Gulliver-Garcia T. Putting an end to child & family homelessness in Canada. Toronto: Raising the Roof; 2016. 16. Andermann A.; CLEAR Collaboration. Taking action on the social determinants of health in clinical practice: a framework for health professionals. CMAJ 2016; 188:E474-83. 17. Jackson GL, Powers BJ, Chatterjee R, et al. The patient-centered medical home: a systematic review. Ann Intern Med 2013;158:169-78. 18. A new vision for Canada: family practice — the patient’s medical home 2019. Mississauga (ON): The College of Family Physicians of Canada; 2019. 19. Declaration of Alma-Ata. Proceedings of the International Conference on Primary Health Care, Alma-Ata; 1978 Sept. 6–12. Geneva: World Health Organization. 20. Magwood O, Leki VY, Kpade V, et al. Common trust and personal safety issues: A systematic review on the acceptability of health and social interventions for persons with lived experience of homelessness. PLoS One 2019;14:e0226306. 21. Luchenski S, Maguire N, Aldridge RW, et al. What works in inclusion health: overview of effective interventions for marginalised and excluded populations. Lancet 2018;391:266-80. 22. Thistle JA, Laliberte N. Pekiwewin (Coming Home): Clinical practice guidelines for health and social service providers working with Indigenous people experiencing homelessness. Verbal concurrent session presented at the Canadian Alliance to End Homelessness Conference, 2019 Nov. 4; Edmonton. 23. Stewart MA. Effective physician-patient communication and health outcomes: a review. CMAJ 1995;152:1423-33. 24. Racine N, Killam T, Madigan S. Trauma-informed care as a universal precaution: beyond the adverse childhood experiences questionnaire. JAMA Pediatr 2019 Nov. 4 [Epub ahead of print]. doi: 10.1001/jamapediatrics.2019.3866. 25. Reeves E. A synthesis of the literature on trauma-informed care. Issues Ment Health Nurs 2015;36:698-709. 26. Hopper E, Bassuk E, Olivet J. Shelter from the storm: trauma-informed care in homelessness services settings. Open Health Serv Policy J 2009;2:131-51. 27. A new vision for Canada: family practice — The patient’s medical home. Mississauga (ON): College of Family Physicians of Canada; 2019. Disponible : www.cfpc. ca/A_Vision_for_Canada (consulté le 2 décembre 2019). 28. Valaitis RK, O’Mara L, Wong ST, et al. Strengthening primary health care through primary care and public health collaboration: the influence of intrapersonal and interpersonal factors. Prim Health Care Res Dev 2018;19:378-91. 29. Akhtar-DaneshN, Valaitis R, O’Mara L, et al. Viewpoints about collaboration between primary care and public health in Canada.BMC Health Serv Res 2013;13:311. 30. Aubry T, Goering P, Veldhuizen S, et al. A multiple-city RCT of housing first with assertive community treatment for homeless Canadians with serious mental illness. Psychiatr Serv 2016;67:275-81. 31. Cherner RA, Aubry T, Sylvestre J, et al. Housing first for adults with problematic substance use. J Dual Diagn 2017;13:219-29. 32. Goldfinger SM, Schutt RK, Tolomiczenko GS, et al. Housing placement and subsequent days homeless among formerly homeless adults with mental illness. Psychiatr Serv 1999;50:674-9. 33. Hwang SW, Gogosis E, Chambers C, et al. Health status, quality of life, residential stability, substance use, and health care utilization among adults applying to a supportive housing program. J Urban Health 2011;88:1076-90. 34. Lipton FR, Nutt S, Sabatini A. Housing the homeless mentally ill: a longitudinal study of a treatment approach. Hosp Community Psychiatry 1988;39:40-5. 35. Martinez TE, Burt MR. Impact of permanent supportive housing on the use of acute care health services by homeless adults. Psychiatr Serv 2006;57:992-9. 36. McHugo GJ, Bebout RR, Harris M, et al. A randomized controlled trial of integrated versus parallel housing services for homeless adults with severe mental illness. Schizophr Bull 2004;30:969-82. 37. Rich AR, Clark C. Gender differences in response to homelessness services. Eval Program Plann 2005;28:69-81. doi: 10.1016/j.evalprogplan.2004.05.003. 38. Sadowski LS, Kee RA, VanderWeele TJ, et al. Effect of a housing and case management program on emergency department visits and hospitalizations among chronically ill homeless adults: a randomized trial. JAMA 2009;301:1771-8. 39. Siegel CE, Samuels J, Tang D-I, et al. Tenant outcomes in supported housing and community residences in New York City. Psychiatr Serv 2006;57:982-91. 40. Stefancic A, Tsemberis S. Housing First for long-term shelter dwellers with psychiatric disabilities in a suburban county: a four-year study of housing access and retention. J Prim Prev 2007;28:265-79. 41. Stergiopoulos V, Hwang SW, Gozdzik A, et al.; At Home/Chez Soi Investigators. Effect of scattered-site housing using rent supplements and intensive case management on housing stability among homeless adults with mental illness: a randomized trial. JAMA 2015;313:905-15. 42. Tsemberis S, Gulcur L, Nakae M. Housing First, consumer choice, and harm reduction for homeless individuals with a dual diagnosis. Am J Public Health 2004;94:651-6. 43. Young MS, Clark C, Moore K, et al. Comparing two service delivery models for homeless individuals with complex behavioral health needs: preliminary data from two SAMHSA treatment for homeless studies. J Dual Diagn 2009;5:287-304. 44. Kozloff N, Adair CE, Palma Lazgare LI, et al. “Housing First” for homeless youth with mental illness. Pediatrics 2016;138:e20161514. 45. Gulcur L, Stefancic A, Shinn M, et al. Housing, hospitalization, and cost outcomes for homeless individuals with psychiatric disabilities participating in continuum of care and housing first programmes. J Community Appl Soc Psychol 2003;13:171-86. doi: 10.1002/casp.723. 46. Poremski D, Stergiopoulos V, Braithwaite E, et al. Effects of Housing First on employment and income of homeless individuals: results of a randomized trial. Psychiatr Serv 2016;67:603-9. 47. Booshehri LG, Dugan J, Patel F, et al. Trauma-informed Temporary Assistance for Needy Families (TANF): a randomized controlled trial with a twogeneration impact. J Child Fam Stud 2018;27:1594-604. 48. Ferguson KM. Employment outcomes from a randomized controlled trial of two employment interventions with homeless youth. J Soc Social Work Res 2018; 9:1-21. 49. Forchuk C, MacClure SK, Van Beers M, et al. Developing and testing an intervention to prevent homelessness among individuals discharged from psychiatric wards to shelters and “No Fixed Address”. J Psychiatr Ment Health Nurs 2008;15:569-75. 50. Gubits D, Shinn M, Wood M, et al. What interventions work best for families who experience homelessness? Impact estimates from the family options study. J Policy Anal Manage 2018;37:735-66. 51. Hurlburt MS, Hough RL, Wood PA. Effects of substance abuse on housing stability of homeless mentally Ill persons in supported housing. Psychiatr Serv 1996;47:731-6. 14 CMAJ LIGNE DIRECTRICE 52. Kashner TM, Rosenheck R, Campinell AB, et al. Impact of work therapy on health status among homeless, substance-dependent veterans: a randomized controlled trial. Arch Gen Psychiatry 2002;59:938-44. 53. Pankratz C, Nelson G, Morrison M. A quasi-experimental evaluation of rent assistance for individuals experiencing chronic homelessness. J Community Psychol 2017;45:1065-79. doi: 10.1002/jcop.21911. 54. Poremski D, Distasio J, Hwang SW, et al. Employment and income of people who experience mental illness and homelessness in a large Canadian sample. Can J Psychiatry 2015;60:379-85. 55. Rosenheck R, Kasprow W, Frisman L, et al. Cost-effectiveness of supported housing for homeless persons with mental illness. Arch Gen Psychiatry 2003;60:940-51. 56. Wolitski RJ, Kidder DP, Pals SL, et al.; Housing and Health Study Team. Randomized trial of the effects of housing assistance on the health and risk behaviors of homeless and unstably housed people living with HIV. AIDS Behav 2010;14:493-503. 57. Conrad KJ, Hultman CI, Pope AR, et al. Case managed residential care for homeless addicted veterans. Results of a true experiment. Med Care 1998;36:40-53. 58. Graham-Jones S, Reilly S, Gaulton E. Tackling the needs of the homeless: a controlled trial of health advocacy. Health Soc Care Community 2004;12:221-32. 59. Lapham SC, Hall M, Skipper BJ. Homelessness and substance use among alcohol abusers following participation in project H&ART. J Addict Dis 1995;14:41-55. 60. Nyamathi A, Flaskerud JH, Leake B, et al. Evaluating the impact of peer, nurse case-managed, and standard HIV risk-reduction programs on psychosocial and health-promoting behavioral outcomes among homeless women. Res Nurs Health 2001;24:410-22. 61. Nyamathi AM, Zhang S, Salem BE, et al. A randomized clinical trial of tailored interventions for health promotion and recidivism reduction among homeless parolees: outcomes and cost analysis. J Exp Criminol 2016;12:49-74. 62. Sosin MR, Bruni M, Reidy M. Paths and impacts in the progressive independence model: a homelessness and substance abuse intervention in Chicago. J Addict Dis 1995;14:1-20. 63. Towe VL, Wiewel EW, Zhong Y, et al. A randomized controlled trial of a rapid rehousing intervention for homeless persons living with HIV/AIDS: impact on housing and HIV medical outcomes. AIDS Behav 2019;23:2315-25. 64. Upshur C, Weinreb L, Bharel M, et al. A randomized control trial of a chronic care intervention for homeless women with alcohol use problems. J Subst Abuse Treat 2015;51:19-29. 65. Weinreb L, Upshur CC, Fletcher-Blake D, et al. Managing depression among homeless mothers: pilot testing an adapted collaborative care intervention. Prim Care Companion CNS Disord 2016;18. 66. Clarke GN, Herinckx HA, Kinney RF, et al. Psychiatric hospitalizations, arrests, emergency room visits, and homelessness of clients with serious and persistent mental illness: findings from a randomized trial of two ACT programs vs. usual care. Ment Health Serv Res 2000;2:155-64. 67. Essock SM, Frisman LK, Kontos NJ. Cost-effectiveness of assertive community treatment teams. Am J Orthopsychiatry 1998;68:179-90. 68. Essock SM, Mueser KT, Drake RE, et al. Comparison of ACT and standard case management for delivering integrated treatment for co-occurring disorders. Psychiatr Serv 2006;57:185-96. 69. Fletcher TD, Cunningham JL, Calsyn RJ, et al. Evaluation of treatment programs for dual disorder individuals: modeling longitudinal and mediation effects. Adm Policy Ment Health 2008;35:319-36. 70. Lehman AF, Dixon LB, Kernan E, et al. A randomized trial of assertive community treatment for homeless persons with severe mental illness. Arch Gen Psychiatry 1997;54:1038-43. 71. Morse GA, Calsyn RJ, Allen G, et al. Experimental comparison of the effects of three treatment programs for homeless mentally ill people. Hosp Community Psychiatry 1992;43:1005-10. 72. Morse GA, Calsyn RJ, Klinkenberg WD, et al. An experimental comparison of three types of case management for homeless mentally ill persons. Psychiatr Serv 1997;48:497-503. 73. Morse GA, Calsyn RJ, Klinkenberg WD, et al. Treating homeless clients with severe mental illness and substance use disorders: costs and outcomes. Community Ment Health J 2006;42:377-404. 74. Braucht GN, Reichardt CS, Geissler LJ, et al. Effective services for homeless substance abusers. J Addict Dis 1995;14:87-109. 75. Burnam MA, Morton SC, McGlynn EA, et al. An experimental evaluation of residential and nonresidential treatment for dually diagnosed homeless adults. J Addict Dis 1995;14:111-34. 76. Cauce AM, Morgan CJ, Wagner V, et al. Effectiveness of intensive case management for homeless adolescents: rof a 3-month follow-up. J Emot Behav Disord 1994;2:219-27. 77. Clark C, Rich AR. Outcomes of homeless adults with mental illness in a housing program and in case management only. Psychiatr Serv 2003;54:78-83. 78. Cox GB, Walker RD, Freng SA, et al. Outcome of a controlled trial of the effectiveness of intensive case management for chronic public inebriates. J Stud Alcohol 1998;59:523-32. 79. Felton CJ, Stastny P, Shern DL, et al. Consumers as peer specialists on intensive case management teams: impact on client outcomes. Psychiatr Serv 1995; 46:1037-44. 80. Grace M, Gill PR. Improving outcomes for unemployed and homeless young people: findings of the YP4 clinical controlled trial of joined up case management. Aust Soc Work 2014;67:419-37. 81. Korr WS, Joseph A. Housing the homeless mentally ill: Findings from Chicago. J Soc Serv Res 1996;21:53-68. 82. Malte CA, Cox K, Saxon AJ. Providing intensive addiction/housing case management to homeless veterans enrolled in addictions treatment: a randomized controlled trial. Psychol Addict Behav 2017;31:231-41. 83. Marshall M, Lockwood A, Gath D. Social services case-management for longterm mental disorders: a randomised controlled trial. Lancet 1995;345:409-12. 84. Orwin RG, Sonnefeld LJ, Garrison-Mogren R, et al. Pitfalls in evaluating the effectiveness of case management programs for homeless persons: lessons from the NIAAA Community Demonstration Program. Eval Rev 1994;18:153-207. 85. Rosenblum A, Nuttbrock L, McQuistion H, et al. Medical outreach to homeless substance users in New York City: preliminary results. Subst Use Misuse 2002; 37:1269-73. 86. Shern DL, Tsemberis S, Anthony W, et al. Serving street-dwelling individuals with psychiatric disabilities: outcomes of a psychiatric rehabilitation clinical trial. Am J Public Health 2000;90:1873-8. 87. Stahler GJ, Shipley TF Jr, Bartelt D, et al. Evaluating alternative treatments for homeless substance-abusing men: outcomes and predictors of success. J Addict Dis 1996;14:151-67. 88. Shumway M, Boccellari A, O’Brien K, et al. Cost-effectiveness of clinical case management for ED frequent users: results of a randomized trial. Am J Emerg Med 2008;26:155-64. 89. Toro PA, Passero Rabideau JM, Bellavia CW, et al. Evaluating an intervention for homeless persons: results of a field experiment. J Consult Clin Psychol 1997;65:476-84. 90. de Vet R, Beijersbergen MD, Jonker IE, et al. Critical time intervention for homeless people making the transition to community living: a randomized controlled trial. Am J Community Psychol 2017;60:175-86. 91. Herman DB, Conover S, Gorroochurn P, et al. Randomized trial of critical time intervention to prevent homelessness after hospital discharge. Psychiatr Serv 2011;62:713-9. 92. Lako DAM, Beijersbergen MD, Jonker IE, et al. The effectiveness of critical time intervention for abused women leaving women’s shelters: a randomized controlled trial. Int J Public Health 2018;63:513-23. 93. Shinn M, Samuels J, Fischer SN, et al. Longitudinal impact of a family critical time intervention on children in high-risk families experiencing homelessness: a randomized trial. Am J Community Psychol 2015;56:205-16. 94. Susser E, Valencia E, Conover S, et al. Preventing recurrent homelessness among mentally ill men: a“ critical time” intervention after discharge from a shelter. Am J Public Health 1997;87:256-62. 95. Samuels J, Fowler PJ, Ault-Brutus A, et al. Time-limited case management for homeless mothers with mental health problems: effects on maternal mental health. J Soc Social Work Res 2015;6:515-39. 96. Jones K, Colson PW, Holter MC, et al. Cost-effectiveness of critical time intervention to reduce homelessness among persons with mental illness. Psychiatr Serv 2003;54:884-90. 97. Tomita A, Herman DB. The impact of critical time intervention in reducing psychiatric rehospitalization after hospital discharge. Psychiatr Serv 2012;63:935-7. 98. Jones K, Colson P, Valencia E, et al. A preliminary cost effectiveness analysis of an intervention to reduce homelessness among the mentally ill. Psychiatr Q 1994;65:243-56. 99. Magwood O, Salvalaggio G, Beder M, et al. The effectiveness of substance use interventions for homeless and vulnerably housed persons: a systematic review of systematic reviews on supervised consumption facilities, managed alcohol programs, and pharmacological agents for opioid use disorder. PLoS ONE 15(1):e0227298. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0227298. CMAJ 15 LIGNE DIRECTRICE 100. Bahji A, Bajaj N. Opioids on trial: a systematic review of interventions for the treatment and prevention of opioid overdose. Can J Addict 2018;9:26-33. 101. Clark N, Lintzeris N, Gijsbers A, et al. LAAM maintenance vs methadone maintenance for heroin dependence. Cochrane Database Syst Rev 2002;(2):CD002210. 102. Ferri M, Davoli M, Perucci CA. Heroin maintenance treatment for chronic heroin-dependent individuals: a Cochrane systematic review of effectiveness. J Subst Abuse Treat 2006;30:63-72. 103. Gowing L, Farrell MF, Bornemann R, et al. Oral substitution treatment of injecting opioid users for prevention of HIV infection. Cochrane Database Syst Rev 2011;(8):CD004145. 104. Jones HE, Heil SH, Baewert A, et al. Buprenorphine treatment of opioiddependent pregnant women: a comprehensive review. Addiction 2012; 107(Suppl 1):5-27. 105. Karki P, Shrestha R, Huedo-Medina TB, et al. The impact of methadone maintenance treatment on HIV risk behaviors among high-risk injection drug users: a systematic review. Evid Based Med Public Health 2016;2:pii: e1229. 106. Kirchmayer U, Davoli M, Verster AD, et al. A systematic review on the efficacy of naltrexone maintenance treatment in opioid dependence. Addiction 2002;97: 1241-9. 107. Larney S, Gowing L, Mattick RP, et al. A systematic review and meta-analysis of naltrexone implants for the treatment of opioid dependence. Drug Alcohol Rev 2014;33:115-28. 108. Lobmaier P, Kornør H, Kunøe N, et al. Sustained-release naltrexone for opioid dependence. Cochrane Database Syst Rev 2008;(2):CD006140. 109. Mattick RP, Breen C, Kimber J, et al. Buprenorphine maintenance versus placebo or methadone maintenance for opioid dependence. Cochrane Database Syst Rev 2014;(2):CD002207. 110. Mattick RP, Breen C, Kimber J, et al. Methadone maintenance therapy versus no opioid replacement therapy for opioid dependence. Cochrane Database Syst Rev 2009;(3):CD002209. 111. Minozzi S, Amato L, Vecchi S, et al. Oral naltrexone maintenance treatment for opioid dependence. Cochrane Database Syst Rev 2011;(4):CD001333. 112. Platt L, Minozzi S, Reed J, et al. Needle syringe programmes and opioid substitution therapy for preventing hepatitis C transmission in people who inject drugs. Cochrane Database Syst Rev 2017;9:CD012021. 113. Roozen HG, de Waart R, van der Windt DAWM, et al. A systematic review of the effectiveness of naltrexone in the maintenance treatment of opioid and alcohol dependence. Eur Neuropsychopharmacol 2006;16:311-23. 114. Saulle R, Vecchi S, Gowing L. Supervised dosing with a long-acting opioid medication in the management of opioid dependence. Cochrane Database Syst Rev 2017;4:CD011983. 115. Simoens S, Matheson C, Bond C, et al. The effectiveness of community maintenance with methadone or buprenorphine for treating opiate dependence. Br J Gen Pract 2005;55:139-46. 116. Sordo L, Barrio G, Bravo MJ, et al. Mortality risk during and after opioid substitution treatment: systematic review and meta-analysis of cohort studies. BMJ 2017;357:j1550. 117. Helm S, Trescot AM, Colson J, et al. Opioid antagonists, partial agonists, and agonists/antagonists: the role of office-based detoxification. Pain Physician 2008;11:225-35. 118. Strang J, Groshkova T, Uchtenhagen A, et al. Heroin on trial: systematic review and meta-analysis of randomised trials of diamorphine-prescribing as treatment for refractory heroin addiction. Br J Psychiatry 2015;207:5-14. 119. Thomas CP, Fullerton CA, Kim M, et al. Medication-assisted treatment with buprenorphine: assessing the evidence. Psychiatr Serv 2014;65:158-70. 120. Weinmann S, Kunstmann W, Rheinberger P. Methadone substitution — a scientific review in the context of out-patient therapy in Germany [article in German]. Z Arztl Fortbild Qualitatssich 2004;98:673-82. 121. Wilder C, Lewis D, Winhusen T. Medication assisted treatment discontinuation in pregnant and postpartum women with opioid use disorder. Drug Alcohol Depend 2015;149:225-31. 122. Klimas J, Gorfinkel L, Giacomuzzi SM, et al. Slow release oral morphine versus methadone for the treatment of opioid use disorder. BMJ Open 2019;9:e025799. 123. Maglione MA, Raaen L, Chen C, et al. Effects of medication assisted treatment (MAT) for opioid use disorder on functional outcomes: a systematic review. J Subst Abuse Treat 2018;89:28-51. 124. Kennedy MC, Karamouzian M, Kerr T. Public health and public order outcomes associated with supervised drug consumption facilities: a systematic review. Curr HIV/AIDS Rep 2017;14:161-83. 125. Potier C, Laprévote V, Dubois-Arber F, et al. Supervised injection services: what has been demonstrated? A systematic literature review. Drug Alcohol Depend 2014;145:48-68. 126. McNeil R, Small W. ‘Safer environment interventions’: a qualitative synthesis of the experiences and perceptions of people who inject drugs. Soc Sci Med 2014;106:151-8. 127. Muckle W, Muckle J, Welch V, et al. Managed alcohol as a harm reduction intervention for alcohol addiction in populations at high risk for substance abuse. Cochrane Database Syst Rev 2012;12:CD006747. 128. Ezard N, Dolan K, Baldry E, et al. Feasibility of a Managed Alcohol Program (MAP) for Sydney’s homeless. Canberra (AU): Foundation for Alcohol Research and Education; 2015. 129. Nielsen E, Novotna G, Berenyi R, et al. Harm reduction interventions for chronic and severe alcohol use among populations experiencing homelessness: a literature review. Regina: University of Regina, Carmichael Outreach Inc.; 2018. 130. Basu A, Kee R, Buchanan D, et al. Comparative cost analysis of housing and case management program for chronically ill homeless adults compared to usual care. Health Serv Res 2012;47:523-43. 131. Culhane DP, Metraux S, Hadley T. Public service reductions associated with placement of homeless persons with severe mental illness in supportive housing. Hous Policy Debate 2002;13:107-63. 132. Dickey B, Latimer E, Powers K, et al. Housing costs for adults who are mentally ill and formerly homeless. J Ment Health Adm 1997;24:291-305. 133. Gilmer TP, Manning WG, Ettner SL. A cost analysis of San Diego County’s REACH program for homeless persons. Psychiatr Serv 2009;60:445-50. 134. Gilmer TP, Stefancic A, Ettner SL, et al. Effect of full-service partnerships on homelessness, use and costs of mental health services, and quality of life among adults with serious mental illness. Arch Gen Psychiatry 2010;67:645-52. 135. Hunter S, Harvey M, Briscombe B, et al. Evaluation of housing for health permanent supportive housing program. Santa Monica (CA): RAND Corporation; 2017. 136. Holtgrave DR, Wolitski RJ, Pals SL, et al. Cost-utility analysis of the housing and health intervention for homeless and unstably housed persons living with HIV. AIDS Behav 2013;17:1626-31. 137. Larimer ME, Malone DK, Garner MD, et al. Health care and public service use and costs before and after provision of housing for chronically homeless persons with severe alcohol problems. JAMA 2009;301:1349-57. 138. Latimer EA, Rabouin D, Cao Z, et al.; At Home/Chez Soi Investigators. Costeffectiveness of Housing First intervention with intensive case management compared with treatment as usual for homeless adults with mental illness: secondary analysis of a randomized clinical trial. JAMA Netw Open 2019; 2:e199782. 139. Lenz-Rashid S. Supportive housing program for homeless families: Foster care outcomes and best practices. Child Youth Serv Rev 2017;79:558-63. 140. Lim S, Gao Q, Stazesky E, et al. Impact of a New York City supportive housing program on Medicaid expenditure patterns among people with serious mental illness and chronic homelessness. BMC Health Serv Res 2018;18:15. 141. McLaughlin TC. Using common themes: cost-effectiveness of permanent supported housing for people with mental illness. Res Soc Work Pract 2010;21:404-11. 142. Mares AS, Rosenheck RA. A comparison of treatment outcomes among chronically homelessness adults receiving comprehensive housing and health care services versus usual local care. Adm Policy Ment Health 2011;38:459-75. 143. Pauley T, Gargaro J, Falode A, et al. Evaluation of an integrated cluster care and supportive housing model for unstably housed persons using the shelter system. Prof Case Manag 2016;21:34-42. 144. Schinka JA, Francis E, Hughes P, et al. Comparative outcomes and costs of inpatient care and supportive housing for substance-dependent veterans. Psychiatr Serv 1998;49:946-50. 145. Srebnik D, Connor T, Sylla L. A pilot study of the impact of housing firstsupported housing for intensive users of medical hospitalization and sobering services. Am J Public Health 2013;103:316-21. 146. Evans WN, Sullivan JX, Wallskog M. The impact of homelessness prevention programs on homelessness. Science 2016;353:694-9. 147. Clark RE, Teague GB, Ricketts SK, et al. Cost-effectiveness of assertive community treatment versus standard case management for persons with cooccurring severe mental illness and substance use disorders. Health Serv Res 1998;33:1285-308. 148. Lehman AF, Dixon L, Hoch JS, et al. Cost-effectiveness of assertive community treatment for homeless persons with severe mental illness. Br J Psychiatry 1999;174:346-52. 16 CMAJ LIGNE DIRECTRICE 149. Wolff N, Helminiak TW, Morse GA, et al. Cost-effectiveness evaluation of three approaches to case management for homeless mentally ill clients. Am J Psychiatry 1997;154:341-8. 150. Okin RL, Boccellari A, Azocar F, et al. The effects of clinical case management on hospital service use among ED frequent users. Am J Emerg Med 2000;18:603-8. 151. Hwang SW. Homelessness in health. CMAJ 2001;164:229-33. 152. National Clinical Guideline Centre (UK). Patient experience in adult NHS services: improving the experience of care for people using adult NHS services — patient experience in generic terms. NICE Clinical Guidelines No 138. London (UK): Royal College of Physicians; 2012. Disponible : www.ncbi.nlm.nih.gov/ books/NBK115230 (consulté le 12 décembre 2019). 153. Jonker IE, Sijbrandij M, Van Luijtelaar MJA, et al. The effectiveness of interventions during and after residence in women’s shelters: a meta-analysis. Eur J Public Health 2015;25:15-9. 154. Rivas C, Ramsay J, Sadowski L, et al. Advocacy interventions to reduce or eliminate violence and promote the physical and psychosocial well-being of women who experience intimate partner abuse. Cochrane Database Syst Rev 2015;(12):CD005043. 155. Speirs V, Johnson M, Jirojwong S. A systematic review of interventions for homeless women. J Clin Nurs 2013;22:1080-93. 156. Wathen CN, MacMillan HL. Interventions for violence against women: scientific review. JAMA 2003;289:589-600. 157. Constantino R, Kim Y, Crane PA. Effects of a social support intervention on health outcomes in residents of a domestic violence shelter: a pilot study. Issues Ment Health Nurs 2005;26:575-90. 158. Gubits D, Shinn M, Wood M, et al. Family options study: 3-year impacts of housing and services interventions for homeless families. 2016. doi: 10.2139/ssrn.3055295. 159. Milby JB, Schumacher JE, Wallace D, et al. To house or not to house: the effects of providing housing to homeless substance abusers in treatment. Am J Public Health 2005;95:1259-65. 160. Nyamathi AM, Leake B, Flaskerud J, et al. Outcomes of specialized and traditional AIDS counseling programs for impoverished women of color. Res Nurs Health 1993;16:11-21. 161. Nyamathi A, Flaskerud J, Keenan C, et al. Effectiveness of a specialized vs. traditional AIDS education program attended by homeless and drug-addicted women alone or with supportive persons. AIDS Educ Prev 1998;10:433-46. 162. Wang JZ, Mott S, Magwood O, et al. The impact of interventions for youth experiencing homelessness on housing, mental health, substance use, and family cohesion: a systematic review. BMC Public Health 2019;19:1528. 163. Couch J. ‘My life just went zig zag’: refugee young people and homelessness. Youth Stud Aust 2011;30:22-32. 164. Couch J. ‘Neither here nor there’: refugee young people and homelessness in Australia. Child Youth Serv Rev 2017;74:1-7. 165. Couch J. On their own: perceptions of services by homeless young refugees. Dev Pract 2012;(31):19-28. 166. D’Addario S, Hiebert D, Sherrell K. Restricted access: The role of social capital in mitigating absolute homelessness among immigrants and refugees in the GVRD. Refuge 2007;24:107-15. 167. Dwyer P, Brown D. Accommodating “others”?: housing dispersed, forced migrants in the UK. J Soc Welf Fam Law 2008;30:203-18. 168. Flatau P, Smith J, Carson G, et al. The housing and homelessness journeys of refugees in Australia. AHURI Final Rep No 256. Melbourne (AU): Australian Housing and Urban Research Institute Limited; 2015. 169. Hulín M, Hulínová VA, Martinkovic M, et al. Housing among persons of international protection in the Slovak Republic. Rajagiri J Soc Dev 2013;5. 170. Idemudia ES, Williams JK, Wyatt GE. Migration challenges among Zimbabwean refugees before, during and post arrival in South Africa. J Inj Violence Res 2013;5: 17-27. 171. Im H. A social ecology of stress and coping among homeless refugee families. Vol. 73, Dissertation Abstracts International Section A: Humanities and Social Sciences. University of Minnesota Digital Conservancy; 2012:355. Disponible : http://ovidsp.ovid.com/ovidweb.cgi?T=JS&PAGE=reference&D=psyc9&NEWS=N&AN =2012-99130-061 (consulté le 1 septembre 2019). Login required to access content. 172. Kissoon P. From persecution to destitution: a snapshot of asylum seekers’ housing and settlement experiences in Canada and the United Kingdom. J Immigr Refug Stud 2010;8:4-31. 173. Kissoon P. An uncertain home: refugee protection, illegal immigration status, and their effects on migrants’ housing stability in Vancouver and Toronto. Can Issues 2010;64-7. 174. Mostowska M. Migration and homelessness: the social networks of homeless Poles in Oslo. J Ethn Migr Stud 2013;39:1125-40. 175. Mostowska M. Homelessness abroad: “place utility” in the narratives of the Polish homeless in Brussels. Int Migr 2014;52:118-29. 176. Paradis E, Novac S, Sarty M, et al. Homelessness and housing among status immigrant, non-status migrant, and Canadian-born Families in Toronto. Can Issues 2010. 177. Sherrell K, D’Addario S, Hiebert D. On the outside looking in: the precarious housing situations of successful refugee claimants in the GVRD. Refuge 2007;24:64-75. 178. Sjollema SD, Hordyk S, Walsh CA, et al. Found poetry: finding home — a qualitative study of homeless immigrant women. J Poetry Ther 2012;25:205-17. 179. Walsh CA, Hanley J, Ives N, et al. Exploring the experiences of newcomer women with insecure housing in Montréal Canada. J Int Migr Integr 2016;17:887-904. 180. Kendall CE, Shoemaker ES, Crowe L, et al. Engagement of people with lived experience in primary care research: living with HIV Innovation Team Community Scholar Program. Can Fam Physician 2017;63:730-1. 181. Swinkels H, Pottie K, Tugwell P, et al.; Canadian Collaboration for Immigrant and Refugee Health (CCIRH). Development of guidelines for recently arrived immigrants and refugees to Canada: Delphi consensus on selecting preventable and treatable conditions. CMAJ 2011;183:E928-32. 182. Guyatt G, Oxman AD, Akl EA, et al. GRADE guidelines: 1. Introduction — GRADE evidence profiles and summary of findings tables. J Clin Epidemiol 2011;64: 383-94. 183. Pottie K, Mathew CM, Mendonca O, et al. PROTOCOL: A comprehensive review of prioritized interventions to improve the health and wellbeing of persons with lived experience of homelessness. Campbell Syst Rev 2019;15:e1048. 184. Magwood O, Gebremeskel A, Ymele Leki V, et al. Protocol 1: The experiences of homeless and vulnerably housed persons around health and social services. A protocol for a systematic review of qualitative studies. Cochrane Methods Equity; 2018. Disponible : https://methods.cochrane.org/equity/sites/methods. cochrane.org.equity/files/public/uploads/protocol-_the_experiences_of_homeless _and_vulnerably_housed_persons_around_health_and_social_services.pdf (consulté le 12 décembre 2019). 185. Kpade V, Magwood O, Salvalaggio G, et al. Protocol 3: Harm reduction and pharmacotherapeutic interventions for persons with substance use disorders: a protocol for a systematic review of reviews. Cochrane Methods Equity; 2018. 186. Wang J, Mott S, Mathew C, et al. Protocol: Impact of interventions for homeless youth: a narrative review using health, social, Gender, and equity outcomes. Cochrane Methods Equity; 2018. Disponible : https://methods.cochrane.org/ equity/sites/methods.cochrane.org.equity/files/public/uploads/youth_narrative _review_protocol.pdf (consulté le 12 décembre 2019). 187. Alonso-Coello P, Oxman AD, Moberg J, et al.; GRADE Working Group. GRADE Evidence to Decision (EtD) frameworks: a systematic and transparent approach to making well informed healthcare choices. 2: Clinical practice guidelines. BMJ 2016;353:i2089. 188. Alonso-Coello P, Schünemann HJ, Moberg J, et al.; GRADE Working Group. GRADE Evidence to Decision (EtD) frameworks: a systematic and transparent approach to making well informed healthcare choices. 1: Introduction. BMJ 2016;353:i2016. 189. Schünemann HJ, Mustafa R, Brozek J, et al.; GRADE Working Group. GRADE Guidelines: 16. GRADE evidence to decision frameworks for tests in clinical practice and public health. J Clin Epidemiol 2016;76:89-98. 190. GRADEpro GDT: GRADEpro Guideline Development Tool [software]. Hamilton (ON): McMaster University; 2015 (developed by Evidence Prime, Inc.). Disponible : https://gradepro.org (consulté le 1février 2019). 191. Tugwell P, Knottnerus JA. When does a good practice statement not justify an evidence based guideline? J Clin Epidemiol 2015;68:477-9. 192. Guyatt GH, Alonso-Coello P, Schünemann HJ, et al. Guideline panels should seldom make good practice statements: guidance from the GRADE Working Group. J Clin Epidemiol 2016;80:3-7. 193. Guyatt GH, Schünemann HJ, Djulbegovic B, et al. Guideline panels should not GRADE good practice statements. J Clin Epidemiol 2015;68:597-600. 194. Drazen JM, de Leeuw PW, Laine C, et al. Toward more uniform conflict disclosures: the updated ICMJE conflict of interest reporting form. JAMA 2010;304:212-3. 195. Primack RB, Cigliano JA, Parsons ECM, et al. Coauthors gone bad; how to avoid publishing conflict and a proposed agreement for co-author teams [editorial]. Biol Conserv 2014;176:277-80. 196. WHO housing and health guidelines. Geneva: World Health Organization; 2018. CMAJ 17 LIGNE DIRECTRICE 197. Korownyk C, Perry D, Ton J, et al. Managing opioid use disorder in primary care: PEER simplified guideline. Can Fam Physician 2019;65:321-30. 198. Bruneau J, Ahamad K, Goyer M-È, et al.; CIHR Canadian Research Initiative in Substance Misuse. Management of opioid use disorders: a national clinical practice guideline. CMAJ 2018;190:E247-57. 199. Fairbairn N, Ross J, Trew M, et al. Injectable opioid agonist treatment for opioid use disorder: a national clinical guideline. CMAJ 2019;191:E1049-56. 200. Montauk SL. The homeless in America: adapting your practice. Am Fam Physician 2006;74:1132-8. 201. Teixeira L, Russell D, Hobbs T. The SHARE framework: a smarter way to end homelessness. London (UK): Centre for Homelessness Impact; 2018; Disponible : www.homelesshub.ca/resource/share-framework-smarter-way-end-homelessness (consulté le 12 déembre). 202. Purkey E, Patel R, Phillips SP. Trauma-informed care: better care for everyone. Can Fam Physician 2018;64:170-2. 203. Homelessness & health: What’s the connection [fact sheet]. Nashville (TN): National Health Care for the Homeless Council; 2011. Disponible : https://nhchc.org/wp -content/uploads/2019/08/Hln_health_factsheet_Jan10-1.pdf (consulté le 1 juin 2019). Intérêts concurrents : Gary Bloch est membre fondateur, ex-membre du conseil et actuellement clinicien de Inner City Health Associates (ICHA), un groupe de médecins qui travaillent avec des personnes sansabri à Toronto et qui a financé l’élaboration de ces lignes directrices. Il n’a reçu aucune rémunération pour le travail effectué sur ces lignes directrices et n’a pas participé aux processus décisionnels du conseil de l’ICHA ayant trait à ce projet. Ritika Goel, Michaela Beder et Stephen Hwang sont rémunérés pour leurs services cliniques par l’ICHA, mais n’ont reçu de rémunération pour aucun des aspects des travaux soumis. Aucun autre intérêt concurrent n’a été déclaré. Cet article a été révisé par des pairs. Affiliations : Centre de recherche en soins de santé primaires C.T. Lamont (Pottie, Kendall, Magwood, Shoemaker, Saad, Hannigan, Wang, Kaur), Institut de recherche Bruyère; Département de médecine familiale (Pottie, Kendall, Ponka, Shoemaker) et École d’épidémiologie et de santé publique (Pottie, Kendall), Université d’Ottawa; Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa (Kendall, Shoemaker), Ottawa, Ont.; IRSS (Kendall, Shoemaker); Institut du savoir Li Ka Shing (Kendall), Hôpital St. Michael, Toronto, Ont.; École de psychologie (Aubry), Université d’Ottawa, Ottawa, Ont.; Départements de médecine familiale et d’épidémiologie, de biostatistiques et de santé du travail (Andermann), Faculté de médecine, Université McGill, Montréal, Qué.; Département de médecine familiale (Salvalaggio), Faculté de médecine et de dentisterie, Université de l’Alberta, Edmonton, Alta.; Centre de médecine Besrour pour l’avancement de la médecine de famille à l’échelle mondiale (Ponka), Collège des médecins de famille du Canada, Mississauga, Ont.; Département de médecine familiale et communautaire (Bloch), Hôpital St. Michael; Département de médecine familiale et communautaire (Bloch), Faculté de médecine, Université de Toronto; Inner City Health Associates (Bloch, Bond, Hwang, Goel), Toronto, Ont.; Département de médecine familiale (Brcic), Université de la Colombie-Britannique, Vancouver, C.-B.; Départements de pédiatrie, d’obstétrique et gynécologie et de médecine préventive et santé publique (Agbata), Faculté de médecine, Université autonome de Barcelone; Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa (Thavorn); École d’épidémiologie et de santé publique (Thavorn), Université d’Ottawa; Institut de recherche Bruyère (Mathew), Ottawa, Ont.; Département de médecine familiale et communautaire (Bond, Goel), Université de Toronto, Toronto, Ont.; Faculté de médecine (Crouse), Université Memorial, St. John’s, T.-N.; Département de médecine familiale (Crouse), Université Dalhousie, Halifax, N.-É.; Faculté de médecine (Wang, Kaur, Hashmi), Université d’Ottawa, Ottawa, Ont.; Département de médecine familiale (Mott), Université McGill, Montréal, Qué.; Département des méthodes, des données et de l’impact de la recherche en santé (Piggott, Guenter), Université McMaster, Hamilton, Ont.; scientifique en résidence (Arya), Université Wilfrid Laurier, Waterloo, Ont.; Département de médecine familiale (Arya), Université McMaster, Hamilton, Ont.; Centre des dépendances et de santé mentale (Kozloff, Stergiopoulos); Département de psychiatrie et Institut des politiques de la gestion et de l’évaluation de la santé (Kozloff), Université de Toronto; Département de psychiatrie (Beder), Université de Toronto et Hôpital St. Michael, Toronto, Ont.; Département de médecine familiale (Guenter), Université McMaster, Hamilton, Ont.; Inner City Health (Muckle), Ottawa, Ont.; Centre MAP de solutions en santé urbaine (Hwang), Hôpital St. Michael, Toronto, Ont.; Département de médecine (Tugwell), Université d’Ottawa, Ottawa, Ont. Collaborateurs : Kevin Pottie, Claire Kendall, Peter Tugwell, Tim Aubry, Vicky Stergiopoulos, Olivia Magwood, Anne Andermann, Ginetta Salvalaggio, David Ponka, Gary Bloch, Vanessa Brcic et Eric Agbata ont substantiellement contribué à l’élaboration et aux modèles de l’étude. Kednapa Thavorn a dirigé l’analyse médico-économique. Andrew Bond, Susan Crouse, Ritika Goel, Dale Gunter, Terry Hannigan et Wendy Muckle ont dirigé le Sommet sur la santé des sans-abri. Esther Shoemaker a dirigé le processus de consensus Delphi. Olivia Magwood a dirigé les revues concernant le vécu et la toxicomanie. Tim Aubry a dirigé la revue sur le logement. Gary Bloch et Vanessa Brcic ont dirigé la revue sur le revenu. David Ponka et Eric Agbata ont dirigé la revue sur la gestion de cas. Jean Zhuo Jing Wang et Sebastian Mott ont dirigé la revue sur les jeunes sans-abri. Harneel Kaur a dirigé la revue sur les migrants sans-abri. Christine Mathew et Anne Andermann ont dirigé la revue sur les femmes en situation d’itinérance. Syeda Shanza Hashmi et Ammar Saad ont dirigé la revue sur l’engagement et la compétence des étudiants en médecine. Thomas Piggott a codirigé l’évaluation selon la classification GRADE avec Olivia Magwood, Kevin Pottie, Michaela Beder et Nicole Kozloff ont contribué substantiellement à la revue sur la toxicomanie, et Neil Arya et Stephen Hwang ont fourni l’information cruciale sur les politiques. Tous les auteurs cités qui ont participé à la rédaction et à la révision ont donné leur approbation finale pour la version de la ligne directrice devant être publiée et assument l’entière responsabilité de tous les aspects du travail. Financement : Ces lignes directrices ont bénéficié d’une subvention de Inner City Health Associates dont l’octroi se base sur la révision par les pairs, et de subventions additionnelles versées par l’Agence de la santé publique du Canada, Emploi et développement social Canada, l’Association médicale canadienne et le Réseau local d’intégration des services de santé de Champlain. Le personnel des agences collaboratrices a formulé des commentaires non contraignants durant la préparation des revues systématiques et l’élaboration des lignes directrices. Les agences subventionnaires n’ont exercé aucun rôle dans la conception ou la réalisation de l’étude, la collecte, l’analyse et l’interprétation des données ou la préparation, la révision et l’approbation finale de ces lignes directrices. Les décisions finales concernant le protocole et les enjeux soulevés durant le processus d’élaboration des lignes directrices sont l’entière responsabilité du comité directeur pour les lignes directrices. Remerciements : Les auteurs remercient toutes les personnes qui ont participé à l’élaboration de ces lignes directrices, y compris les experts communautaires, les responsables de l’équipe technique, les membres du groupe d’experts pour l’élaboration des lignes directrices et les membres des groupes de travail. Appuis : Association médicale canadienne, Agence de la santé publique du Canada, Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada, Collège des médecins de famille du Canada, Médecins de santé publique du Canada, Association canadienne des médecins d’urgence, Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance, Association des infirmières et infirmiers du Canada Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées ici ne représentent pas nécessairement celles des agences subventionnaires. Correspondance : Kevin Pottie, kpottie@uottawa.ca

Documents

Moins de détails

15 notices – page 1 de 1.